***·Comics·East & West·Nouveau !

Kill 6 Billion Demons

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Premier tome de la série écrite et dessinée par Tom Parkinson-Morgan. Parution en France chez Akileos le 06/10/2021.

C’est la fête au McGuffin

La jeune Allison n’a peut-être pas une vie facile, mais au moins ce soir, elle va prendre un peu de bon temps. Résolue à perdre sa virginité, elle s’acoquine avec son petit copain Zaid, qui n’a rien d’un foudre de guerre mais qu’elle aime quand même. Alors que le maladroit Zaid s’échine à la déshabiller, dans un de ces moments gênants que l’on a tous vécu (n’est-ce pas, hein ? hein ??), Allison voit la réalité se déchirer autour d’elle et une horde de démons débarquer d’un portail dimensionnel.

Non, non, allez-y, faites comme si j’étais pas là.

La horde semble poursuivre un étrange chevalier en armure, qui, juste après avoir été décapité, lui insère dans le crâne une boule lumineuse qui fragmente son corps telle une fractale. A son réveil, Allison constate que son petit-ami a été happé dans une dimension infernale par des démons, dont elle est elle-même prisonnière.

Accrochez-vous, puisque cette partie du pitch est, assez étonnamment, la plus facilement compréhensible. A partir de là, Allison va découvrir Trône, la ville gigantesque au centre du Multivers, jonchée des cadavres de divinités antiques, et peuplée de milliards de créatures, parmi lesquelles des démons abjects et des anges pour le moins étranges. Allison découvre qu’elle est désormais la détentrice de la Clé des Rois, un artéfact à l’infinie puissance, objet de convoitises depuis que les sept derniers dieux se sont divisés et se sont répartis les 777 777 univers composant le Multivers.

La jeune femme, perdue dans ce mortel bazar, va se retrouver sous la protection de « Chaîne Blanche » (son véritable nom est « Chaîne Blanche 82 née du néant qui revient pour soumettre le mal »), un Ange gardien de la Paix, qui va tenter de déterminer pourquoi la Clé des Rois s’est retrouvée dans le crâne d’une jeune humaine.

Weird is the new black

L’aventure de Kill Six Billion Demons a commencé en 2013 sous la forme d’un webcomic, ce média alternatif et décomplexé qui a permis à de nombreux auteurs de se faire la main tout en popularisant leurs travaux. Le phénomène ayant pris de l’ampleur, c’est Image Comics qui se positionnera sur le travail de Tom Parkinson-Morgan. Cette BD quasi inclassable se révèle faire en réalité partie d’un genre à part entière, un genre tout particulier puisqu’il se définit essentiellement en opposition par rapport à ses précurseurs: le New Weird.

Alors que la SF, le fantastique et l’horreur ont pris leur essor et se sont codifiés au cours du 20e siècle, la fin du 20e et le début du 21e ont vu un courant d’auteurs chercher à s’affranchir de ces codes, qui entre temps, étaient devenus des clichés pour certains. Il en a résulté un genre en soi, visant à détourner les lieux communs et les codes de la SF, de la fantasy, et autres, sans nécessairement verser dans la parodie.

On retrouve K6BD tout à fait dans cette veine, avec un concept de départ assez classique (une jeune femme doit plonger dans un univers infernal pour sauver son petit-ami: tiens, tiens, un pitch familier et récent), voire même un peu cliché (celui du « Je meurs, prends mon McGuffin« , que l’on peut voir par exemple dans Green Lantern, Saint Seya, Gundam, L’Incal, Casablanca, Le Cinquième Élément, Harry Potter…). Ces clichés seront néanmoins rapidement détournés, et mixés avec d’autres éléments, pour donner un tout délirant et baroque à souhait.

Attention, cependant, les amateurs d’intrigues ordonnées et de dialogues ciselées risquent de sombrer dans la folie à la lecture de cet album. Cela a l’avantage de refléter l’état de confusion dans lequel se trouve Allison face à ce monde inconnu, mais cela peut également noyer le lecteur, sous des répliques cryptiques qui frôlent parfois le non-sens.

Je ne parle pas seulement ici des tartines d’exposition qui nous sont servis à grands renforts de monologues, mais du délire ambiant, inhérent à ce type d’univers. S’agissant de l’exposition, on sent bien que l’auteur s’est senti tiraillé entre la nécessité de livrer les bases de son univers et le risque d’assommer les lecteurs avec. Par exemple, lors de la tirade de l’Ange sur les origines du Multivers, l’auteur insère des vannes visant à mettre en abîme le risque de perdre son auditoire avec ce genre de procédé.

Si l’on ne peut pas résolument classer cette série comme parodique, on ne peut pas non plus s’empêcher de déceler un certain degré de pastiche, comme dans les interludes récitant des psaumes de YINSUN. Ces textes, absurdes sur la forme, se révèlent grandement subversifs sur le fond, ne sont ni plus ni moins qu’un middle finger à tous les grands courants religieux et textes sacrés.

Petite touche toute personnelle, j’ai apprécié la représentation faite des anges, du moins dans leur apparence véritable, qui fait référence directement à leur description dans l’Ancien Testament. Le reste des dessins, s’ils peuvent souvent traduire la créativité débridée de Parkinson-Morgan, frisent parfois avec l’amateurisme, ou du moins dans ce qui peut souvent se voir dans certaines BD semi-pro.

Le tout conviendra certainement aux amateurs d’univers violents et déjantés, voire WTF. Attention toutefois au prix, qui peut être considéré comme prohibitif étant donné le format.

****·BD·Rapidos

La Brigade de répression du félinisme

BD du mercredi

Histoire complète écrite par François Szabowski et dessinée par Elena Vieillard. Parution le 04/06/2019 aux éditions de la Boîte à Bulles.

C’est la chat-narchie

François est un homme normal, ce qui en d’autres termes, signifie qu’il a une vie médiocre. Ennuyé par son travail à la RATP, déçu par ce que la vie a à lui apporter, François n’en conserve pas moins un air débonnaire, sans oublier quelques naïves expectations sur l’amour.

L’amour, c’est bien un des seules choses en quoi François est encore capable de croire, la seule chose qui lui apporte encore de l’espoir. Malheureusement, les idéaux de notre héros ordinaire font bien souvent, et violemment, les frais du principe de réalité. Chaque tentative, chaque amourette de François est invariablement vouée à l’échec, et le pauvre hère se retrouve bien souvent à la case départ du je de l’amour et de la séduction.

Étouffé par la sensation intolérable d’être privé de son droit au bonheur, François décèle un schéma, un dénominateur commun dans tous ces échecs: les chats.

Les chats, ces compagnons discrets et distants, prennent paradoxalement une place folle dans la vie de leurs maîtres, à tel point que l’on finit par se demander qui possède qui. Les femmes qui possèdent un de ces animaux, selon François, y trouvent aisément ce qui, dans une relation amoureuse (avec un humain, est-il besoin de le préciser), exige des efforts, du temps, de la patience et de la réciprocité.

C’est donc tout naturellement que les femmes se tournent vers leur chat, au moindre écueil avec leur partenaire amoureux. D’où les ruptures, d’où les échecs, d’où François qui se demande comment remédier à ce griffu problème. Poussé dans ses retranchements, François en vient à une radicale conclusion: il faut se débarrasser des chats, afin de libérer les femmes de cette entrave qui les empêche de tomber amoureuses.

François s’improvise donc justicier. Avec un taser acquis pour la cause, il arpente les rues pour les purger de ses ennemis félins. Mais son action ne prendra toute son ampleur qu’après avoir rencontré Igor-un chat russe qui parle-qui va le seconder dans sa tâche.

Le chat que l’on mérite

Voilà une drôle de fable que cette BRF. L’auteur utilise ce pitch délirant pour adresser une critique toute particulière aux relations homme-femme, ainsi qu’à la capacité très masculine d’attribuer ses échecs à une cause extérieure. Bien évidemment, la morale à la fin de l’histoire n’est pas celle à laquelle on s’attend, ce qui rend les péripéties de François d’autant plus savoureuses.

Le ton est méchamment drôle, jamais vulgaire, et permet de s’identifier facilement aux tourments et interrogations du protagoniste, si discutables soient-ils. Outre la narration ciselée et ironique, le format décloisonné permet d’insuffler un ton facétieux à ce conte surréaliste tout en bichromie.

Une réelle surprise !

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Porchery

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Histoire complète en 144 pages, écrite par Tyrone Finch et dessinée par Mauricet. Parution chez les Humanos le 19/05/2021.

Cochon qui s’en dédit

Ellis Rafferty est un homme brisé. Brisé par des années de prison, durant lesquelles il a ruminé ses échecs et ses fautes, parmi lesquelles la mort de son épouse, Becky, pour laquelle il a été condamné. Néanmoins, Ellis connaît la vérité et l’identité réelle du tueur, et il compte bien profiter de sa liberté conditionnelle pour se faire justice. Ce que toutes les tragédies à travers les siècles nous ont appris, c’est qu’un homme qui n’a rien à perdre est toujours plus déterminé, et donc beaucoup plus dangereux.

Cependant, Zoey, la sœur de Becky, persuadée qu’Ellis est le coupable, attend sa sortie depuis longtemps pour lui régler son compte. La jeune femme vindicative va vite s’apercevoir que sa sœur fut victime d’une terrible conspiration, dont les ramifications insoupçonnées pourraient bien causer la destruction du monde.

Après sa tentative de vengeance, Zoey s’aperçoit bien malgré elle, qu’Ellis était bien sur la piste du tueur-ou plutôt des tueurs-depuis sa sortie. L’ex-détenu s’en prend violemment à une troupe de cochons…qui parlent !

De la confiture pour les cochons

Ellis explique bien vite à sa belle-sœur, que Becky a été tuée par des cochons démoniaques dont elle avait percé à jour la mascarade. Désireux de couvrir leurs traces, les perfides porcins l’ont taillée en pièce et fait porter le chapeau au mari. Depuis des millénaires, ces démons chassés de la voûte céleste sont piégés dans ces corps animaux, et une catastrophe après l’autre, préparent leur revanche sans rien ni personne pour les en empêcher. Après tout, qui soupçonnerait des cochons d’être en réalité des rejetons de l’Enfer ?

Ce qui suit va être un jeu de massacre (jusque dans un abattoir !) au cours duquel les deux protagonistes vont devoir pondérer leur désir de vengeance tout en se confrontant à une menace totalement improbable.

Violence animalière et humour noir sont les ingrédients principaux de ce cocktail détonant. Les cochons peuvent paraître incongrus en tant qu’antagonistes, mais il s’avère que d’autres esprits tordus les ont déjà utilisés auparavant (Razorback en 1984, ou plus récemment La Traque en 2010). Cependant, ces précédentes itérations se faisaient sous le sceau de l’épouvante et de l’horreur, tandis que Porchery adopte l’angle du second degré tout en assumant son côté série B.

Malgré quelques maladresses mineures (comme des méchants qui capturent nos héros, les suspendent par les pieds façon barbaque mais sans les désarmer au préalable), le tout reste bien écrit et inventif sur le long du récit. Chaque chapitre à l’élégance de terminer sur un joli cliffhanger qui, mine de rien, donne envie de connaître la suite.

Porchery est donc une lecture à conseiller pour qui souhaite voir des khaloufs démoniaques comploter pour prendre le contrôle du monde!

*****·BD·Nouveau !·Service Presse

Valhalla hotel #1: bite the bullet

La BD!
BD de Pat Perna et Fabien Bedouel
Comixburo – Glénat (2021), 54 p., série prévue en trois tomes.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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Flatstone est une charmante bourgade américaine, perdue au milieu du désert et résidence d’adoption d’une étonnante communauté germanique. Des allemands blonds, très blonds… Malencontreusement victimes d’un pépin mécanique en route pour une qualification de Tennis de table, Lemmy et son très bavard coach Malone vont découvrir les joies de l’Amérique profonde et que finalement… on trouve toujours plus con que soi!

Ma découverte de Fabien Bedouel remonte à l’intégrale de Forçats, magnifique histoire sur le combat d’Albert Londres pour en finir avec le système du Bagne. Ce projet était réalisé par le duo désormais inséparable composé d’un dessinateur formé à l’ENSAD (Bedouel) et un journaliste (Perna). Les deux ont continué dans le sérieux avec la trilogie Darnand, toujours aussi dynamique bien qu’un peu compliquée dans sa structure… avant d’aller en récré avec ce bon gros délire et classique immédiat! La technique de Bedouel est donc connue, attendue et au rendez-vous. Sur ce plan ça claque comme une balle ou un coup de pelle. On imagine les envies du duo (sur une idée de Bedouel) qui nous plonge en plein vidéoclub pourri dans la droite ligne de Il faut flinguer Ramirez, du film U-turn ou Lastman. On parle de bagnoles tunées, de grosses pétoires, de flics moustachus, de sexe (un peu) et de yodles . Vous ne voyez pas le rapport? C’est normal, il n’y en a pas! Les auteurs ont juste voulu s’éclater avec une histoire totalement WTF sur une base de film d’horreur: deux débiles se retrouvent bloqués au fin fond du trou du cul des Etats-Unis avec des gens aux mœurs pas très normales. Appuyez sur « ON » et c’est parti pour un festival de dialogues à la con diablement drôles, de pneus qui crissent sans qu’on sache trop pourquoi et de lance-roquette débarqué de nulle part. C’est un poil moins n’imp que du Sanlaville mais surtout c’est foutrement bien maîtrisé! Un peu comme quand on compare le pitch de Pulp fiction et votre cerveau à la fin du film. Tout est dans la mise en scène et sur ce plan on à juste un des meilleurs albums du genre qui ait été produit!

Vous me sentez un peu trop enthousiaste pour être honnête, avec en plus ce méchant macaron « service presse » qui habille l’article? C’est comme vous voulez mais de toute façon si comme moi vous aimez les BD d’action à l’humour débile et à la mise en scène digne d’Akira (bon, Akira c’est pas WTF mais la technique de Bedouel rappelle clairement celle d’Otomo sans fausse modestie) vous ne pouvez pas être complètement intello (sinon effectivement il vaut peut-être mieux passer votre chemin…)! 

Le Comixburo publie peu, pas toujours des chefs d’œuvres, mais on sent la présence d’un certain Olivier Vatine derrière l’épaule des auteurs, avec cette patte du producteur invisible qui huile la mécanique. La série (qui a le grand mérite d’annoncer la tomaison en trois volumes, au-delà cela aurait été déraisonnable!) sera inévitablement comparée à Ramirez du tout aussi fou Nicolas Petrimaux. Plus précis techniquement que ce dernier, Bedouel se raccroche surtout à toute une sous-culture US fantasmée par des européens, qui n’a pas attendu Ramirez pour exister. Beaucoup l’ont tenté, des très bons, peu ont aussi bien réussi. Il y a Petrimaux donc, ‘Fane,… et c’est à peu près tout. Bedouel et Perna entrent donc immédiatement dans ce cercle très fermé avec une pétarade et un riff de Mötorhead. D’un gout douteux, mais qu’est-ce que c’est bien!

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***·Comics·Nouveau !

The shaolin cowboy #3

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Comic de Geof Darrow et Dave Steward (coul.)
Futuropolis (2020) – Burlyman (2004-2007) – Dark Horse (2015-2018), 3/3 albums parus.

Pour l’historique de publication je vous renvoie au billet des deux premiers tomes. Ce dernier ouvrage confirme le magnifique travail éditorial de Futuropolis. Contrairement aux deux précédents, celui-ci se concentre exclusivement sur de la BD et n’ajoute qu’une grosse galerie d’illustration originales en fin d’ouvrage (avec notamment un dessin de maître Moebius!).

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Laissé pour mort après son combat contre la horde de zombies, le Shaolin Cowboy doit pourtant se resaisir  car le Roi Crabe le recherche activement et la vie du Shaolin cowboy dissolue dans les affres de la matérialité lui a créé beaucoup d’ennemie. Beaucoup…

Comme il va être compliqué de constituer une collection pas trop chaotique avec cette série TOTALEMENT chaotique de Geof Darrow… Si le premier volume est ce qui s rapproche le plus d’une BD (et donc très clairement si vous ne devez investir que dans un tome c’est celui-là), si le second est un exercice de style, comme un carnet d’exercices anatomiques (… mais avec des zombies!), ce troisième et dernier volume, relativement proche de la parution originale, est un pahmplet contre une Amérique abhorrée, l’Amérique des rednecks, du smartphone, de la vulgarité… l’Amérique de Trump. Et comme d’habitude, avec son influence Métal Hurlant, sans aucune retenue et un mauvais goût affirmé, Darrow se met au niveau de sa cible et envoie du pâté. L’histoire est simple: le Shaolin Cowboy est en très mauvais état et va devoir se tapder deux derniers adversaires pour en finir: un cochon géant ninja dont le Cowboy a tué la mère et le Big Boss, le crabe shaolin, décité à se venger… Comme l’histoire on s’en fout, elle pourrait bien continuer éternellement comme nous l’indique la fin. Bref.

Si cet album se suit plus facilement que le second, il est un poil décevant niveau combat arès un meurtre de vautour digne du héros. Car Darrow a surtout envie de se défouler sur une Amérique dépeinte comme un immnse tas d’immondices parcouru par des enseignes de magasins de cul et habité par des beaufs tatoués et bardés d’armes. Tout est dégueulasse sur ces planches toujours monstrueuses de détails… Le grand n’importe quoi se poursuit donc mais en un poil moins classe que sur le premier où les chorégraphies avaient sommes toutes de la gueule! Ici l’amusement vient de la critique omniprésente pour un pays qu’il rejette en masse et à la grosse Bertha. Du coup les Comic The Shaolin Cowboy: Who'll Stop the Reign? issue 2derniers combats semblent un peu futiles par rapport à ce qu’on a pris dans les dents jusqu’ici. Alors ok le cochon est énorme et lance des pets toxiques (oui, oui!) et S.C. joue du nunchak’ avec deux clébards aux pattes en couteaux (hum…), mais question action Darrow a fait mieux.

On ne peut pourtant pas dissocier cette trilogue superbement éditée par Futuropolis et mise en couleur par Dave Stewart tant chaque volume reflète à la fois une envie de l’auteur et revêt un aspect très différent. Les amoureux du graphisme et de la radicalité de l’auteur prendront un immense plaisir à parcourir cette odyssée (Darrow parle de ballade sur la longue interview qu’il a donné au site 9° art et que je vous invite vivement à lire pour comprendre le personnage). Les moins fans pourront donc en rester au premier tome déjà bien foutraque et, donc, le meilleur.

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***·BD·Guide de lecture

Lastman cycle 2 (#7 – #12)

BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018. Une série animée Netflix est également disponible (1 saison)

[Atention Spoilers!]

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Cela fait dix ans que Richard Aldana croupit dans les cachots de la vallée des rois. Dix ans que Marianne a été tuée et qu’Adrian a disparu. Dans ce nouveau monde Paxtown est devenue une ville respectable dirigée d’une main de fer par le maire Tomie Katana et la vallée des rois est devenue une tyrannie où la justice est devenue expéditive après la réactivation de la Garde royale. Aldana a l’art de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit. Lorsqu’on le fait évader ce nouvel équilibre va rapidement voir surgir le feu et le sang…

mediathequeCe second cycle est un sacré pari tant il est dissocié du premier par une ellipse temporelle assez vertigineuse de dix ans, qui rebat tout ce que nous avons pu découvrir précédemment. Comme en forme de reboot, on démarre très fort avec un premier volume situé essentiellement dans la Vallée et l’on retrouve le constat fait sur les tomes passés: c’est ce contexte qui développe l’intrigue la plus dramatique, la plus solide, la plus intéressante.

LastMan -9- Tome 9Après un sérieux passage à vide sur le tome huit franchement inintéressant en forme de soap basé sur les retrouvailles des personnages, on repart de plus belle en mode feu d’artifice et surtout avec les réparties terribles d’Aldana! Car ce personnage est décidément une belle réussite d’anti-héros qui parvient à apporter à un genre qui a transformé ces personnages en archétypes assez banals. Résolus à surprendre à chaque instant en prenant le lecteur à contre-pied, les auteurs accentuent le côté looser du héros qui ne cesse de s’attirer les foudres de tout le monde avec sa propension à se trouver au pire endroit au pire moment, victime d’injustices à répétition. Mais le barbu à la couenne solide même si l’on prend pitié pour ce pauvre gars bien sympa et bien moins égoïste qu’il ne veut bien le faire croire…

Le problème de ce cycle c’est qu’à force de ruptures on en vient à casser un rythme pourtant redoutablement efficace. Ainsi tous les deux volumes un changement de narration rompt l’itinéraire inéluctable vers un grand n’importe quoi apocalyptique. Ce que j’avais apprécié sur le débilissime Fléau vert de Sanlaville (tout seul) se confirme ici avec du shoot de zombie, du fight de prisonniers évadés, des dragons, des vaisseaux volants, des hommes en jarretelles ou en slip, des barbus, encore des barbus, un peu de cyborg… et toujours cette dynamique folle dans l’action grâce à une technique de dessin d’une immense maîtrise. Le tome dix se consacre à un gros flashback, pas inintéressant hormis le fait d’être narré d’une seule traite, mais adoptant un effet estompé qui n’est pas moche en soi mais qui sur cent-cinquante pages est un peu lassant visuellement. Le double album final (avec cette sympathique couverture séparée en deux parties) reprend dans une Vallée des rois infernale où tout le monde est mort ou presque et une nouvelle réalité est apparue. En ayant laissé la bande d’Aldana presque deux volumes avant on se retrouve un peu perdu. Le grand méchant caché est apparu et le combat final survient, tenant toutes ses promesses bien que l’on ait par moment l’impression d’une improvisation scénaristique avec des deus-ex machina qui passent parce qu’on est dans une série B-Z et parce que le talent brut est là mais qui donnent un peu un sentiment de facilité.Lastman T12 par LABANDEDU9 - La bande du 9 : la communauté du 9ème art

Loin de moi l’envie de laisser une mauvaise impression sur ce second et dernier cycle d’une série inclassable, iconoclaste, qui si elle est bourrée de défauts a pour elle une sympathie et une entièreté d’artistes qui font joujou en pariant que leur amusement sera communicatif. Lastman a les qualités de ses défauts, à savoir l’aspect foutraque, le grand magasin rempli de tout ce qui plait à ces garçons. La perte de Marianne est un vrai gros point noir dans ce cycle et clairement les meilleurs passages sont autour du héros quand le retour d’Adrian est assez transparent et décevant. Si l’émotion du début de cycle fonctionne, elle s’estompe à mesure qu’on perd de vue Aldana et Adrian.  Non que les histoires de magiciens noirs ne soient pas intéressantes mais disons que cela devient plus banal que ce que nous ont proposé les auteurs jusque là. Si vous avez adoré le premier cycle vous pouvez sans soucis continuer, le plaisir (et les personnages!) reste là. Si l’aspect déstructuré du premier cycle vous a chagriné il n’est pas forcément nécessaire de continuer, l’histoire pouvant absolument se passer de sa prolongation.

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Apocalypse selon Lola

Semaine très humour avec la ressortie d’une BD qui, après celle de mercredi, coche toutes les cases de l’humour Fluide

La BD!

BD d’Arthur Qwak
Akiléos (2020), 66p. + cahier graphique de 37 pages, couleur. One-shot.
Réedition de l’album « Lola Cordova », paru en 2005 chez Casterman.

bsic journalismMerci aux éditions Akiléos pour cette découverte.

Bel album relié au vernis sélectif, avec illustration d’intérieur de couverture, préface et introduction à cette réedition par le fondateur d’Akiléos et très imposant cahier graphique. Des couvertures d’un faux magazine ont été introduites au sein de l’album. Jolie édition avec nouveau titre (… je n’aime jamais trop cette méthode qui brouille le statut d’ancien album) et pitch redoutablement drôle et parlant… Très bonne édition globalement.

Lire la suite « Apocalypse selon Lola »

****·Comics·Nouveau !·Un auteur...

The shaolin cowboy #1-2

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Comic de Geoff Darrow
Futuropolis (2020) – Burlyman (2004-2007) – Dark Horse (2015-2018), 2/3 albums parus.

L’histoire éditoriale de cet OBNI est aussi complexe que le dessin de son auteur… Le premier volume de cette édition a été publié chez Burlyman avec une traduction chez Panini en 2008-2009). Le second volume correspond à la suite directe publiée chez Dark Horse (2015). Le troisième volume (à paraître) intitulé « qui arrêtera leur règne? » est également paru chez Dark Horse en 2017. Les éditions reliées des trois volumes sont parues chez Dark Horse (le premier après les deux autres…) et correspondent à cette édition Fututopolis. Le premier volume a été nominé aux Eisner Awards pour la meilleure nouvelle série, meilleur dessinateur, meilleure couleur. Darrow a obtenu un de ses trois Eisner sur ce tome comme meilleur auteur réaliste.

L’édition proposée par Futuro est franchement royale avec de magnifiques volumes au papier épais et du contenu additionnel. Cela aurait été parfait su l’éditeur avait eu la bonne idée d’un texte explicatif au premier volume aidant le suivi sur les trois tomes. On est un peu abandonné dans le cerveau fou de Darrow

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Le Shaolin cowboy parcourt les terres désertes d’une Amérique réactionnaire, déchue et parsemée de créatures improbables. Sur son mulet à casquette bavard et équipé d’un arsenal improbable, il affronte tout ce que le monde fait de timbrés et de démons… pour sauver sa vie. Et la philosophie on y pensera plus tard…

SNEAK PEEK: Darrow's Original SHAOLIN COWBOY Back in Print | 13th ...Geoff Darrows appartient à une mouvance d’illustrateurs nés au mauvais endroit! Avec les Richard Corben (Grand prix d’Angoulême 2018), Simon Bisley et ses peintures barbares dantesques qui ont influencé notamment Olivier Ledroit, l’italien Liberatore , la mouvance ultra-réaliste trash japonaise, et plus récemment les albums d’Eric Powell il fait partie des auteurs en liberté totale dont l’amitié avec Moebius n’est pas anodine tant son travail semble tout droit sorti du magazine Métal Hurlant. Son nom est sorti du cercle des initié en 1999 lorsque les sœurs Wachowski l’embauchent avec les yeux de Chimène pour mettre en place l’univers visuel et le storyboard des films Matrix. Quand on voit la finesse de son travail on les comprend…

Ce double album (j’y reviens) est un trip sous acide, un mélange entre le artbook déchaîné d’un auteur maniaque, le storyboard détaillé d’un film d’animation qui n’existe pas et une grosse farce sacrément gonflée. Ne cherchez pas de message, de sous-texte ou je ne sais quelle vision! Geoff Darrow utilise son Shaolin Cowboy pour latter du gang dégénéré, du zombie, du requin géant et du cadavre possédé… Vaguement frustrant du fait de la structure totalement apocalyptique du « récit », l’ouvrage est d’une générosité graphique folle car l’auteur ne connaît pas la contrainte. Ainsi le second volume, outre un texte de trois pages relatant des évènements potentiellement précédents et une nouvelle de soixante pages en fin d’ouvrage, reprend le récit au travers d’une sidérante séquence de démontage de zombie sur… cent pages! Cent pages muettes de baston virtuose, le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma qui n’en est pas un, bref, quelque chose de jamais vu et qui ne sera certainement jamais refait. Gonflé, d’une précision diabolique, un peu lassant au bout de cinquante pages, mais quelle expérience!

Shaolin Cowboy #01 by Geof Darrow | Fumetti

Si le second volume est donc dispensable hormis pour les fana de Darrow et les collectionneurs, le premier est un délire totalement foutraque qui enchaîne les dialogues absurdes avec des personnages débiles à l’aspect surréaliste avant d’entamer des hostilités où le Shaolin cowboy fait parler sa technicité au combat en découpant des tranches de cou au katana, expulsant un cœur d’un coup de paume ou donc entamant une danse mortelle armé de son bâton à double tronçonneuse… Tout au long de la lecture on est sidéré autant par le grand n’importe quoi permanent que par le détail des Le Shaolin Cowboy T3 : Dans les entrailles de la ville (0), comics ...immenses planches qui nous donnent parfois le sentiment d’être dans un album « Où est Charlie » pour adulte. Car Shaolin Cowboy est pour les âmes solides et les adeptes du mauvais goût (il est étonnant que Fluide Glacial n’ait pas cherché à éditer ces ouvrages tant ils correspondent à l’esprit sale gosse de l’éditeur).

Le sourire aux lèvres et émerveillé à la fin du premier tome on est franchement frustré à la fin du second. Le troisième tome à paraître semble beaucoup plus narratif, proche du pamphlet contre l’Amérique de Trump et fidèle au premier. L’éditeur a choisi une étrange stratégie de publication  en deux fournées (les tomes 1 et 2 puis le trois) avec bien peu de communication qui ne facilitera pas la transmission au public d’une œuvre qui nécessite d’être accompagnée. J’espère avoir un petit peu contribué à cet accompagnement tant l’œuvre de Darrow mérite que l’amateur de BD s’y intéresse et tant on a rarement vu un album aussi généreux. Si vous aimez l’esprit Fluide, si vous aimez les zombies, si vous aimez Tarantino, si vous aimez les Monthy Python… foncez!

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***·Manga·Numérique·Rapidos

Lecture COVID: Renjoh desperado #1

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Les sources de lectures Covid que j’ai identifié sont les suivantes (vérifier sur les sites la durée de disponibilité variable). Si vous avez un compte Iznéo, les promo sont basculées mais en vrac entre les promo payantes et les véritables gratuits). N’hésitez pas à signaler en commentaire de ce billet des liens intéressants vers d’autres éditeurs!


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Manga de Ahndongshik
Kurokawa (2018-), 200 p./volume série terminée en 6 volumes.

badge numeriqueCette première série de l’auteur aurait fort pu trouver sa place dans la collection WTF de l’éditeur Akata tant l’idée semble totalement délirante: Renjoh Desperado propose de suivre une jeune ronin-desperado dotée d’un bras robot pouvant servir ce canon-propulseur (on pense à Berserk entre autres) et lancée dans une recherche de l’amour parfait… tout cela dans un croisement parfait entre l’Ouest des Renjoh Desperado tome 1 : à la recherche du parfait amour - Esprit ...cow-boys et le japon des samouraï… Clairement l’auteur a voulu se faire plaisir en un bon gros délire (fort bien dessiné du reste) où une succession de courtes histoires solo mettent l’héroïne dans des situations souvent similaires mais dont le ressort principal ressort sur l’improbable. Et je dois dire que cela fonctionne très bien, à la fois par un graphisme très clair, un design et une atmosphère originaux et un humour mêlé d’action très efficaces. Au sortir de ce premier volume on ne sait encore pas grand chose de ce cœur d’artichaut ni de ce qu’il est arrivé à son bras, seul élément steampunk du manga pour l’instant mais petit détail bien sympathique. Côté action ça défouraille fort, ça chevauche au grand air dans la rocaille rocailleuse et ça braque volontiers les trains quand un lézard des sables géant ne vous découpe pas la troupe en un tour de griffe. J’ai pris plaisir à cette lecture avec la seule réserve que des histoires courtes sur plusieurs volumes risquent de lasser le lecteur. J’espère qu’une intrigue générale sera construite par la suite mais en attendant, pour de la lecture rapide et délire ce manga fait clairement le job!

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Sushi & Baggles #30

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Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Magical girl Holy shit! #2 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr)..

badge numeriquecouv_348205En introduction de ce second volume nous avons droit à un résumé de l’histoire et des protagonistes. Pour un manga de ce genre (à consommation rapide) c’est bien vu. Le premier tome présentait une entrée en matière rapide et très axée action. L’auteur de Magical Girl Holy shit prends ici le temps de se poser un peu en introduisant des nouveaux personnages, dont une journaliste qui permet d’élargir un peu l’univers et de démarrer un erzats de scénario. Après la méga baston entre « gros nichons » et l’héroïne, le manga nous place quelques backgrounds sur cet alter-ego qui attire pour l’instant toute l’attention de Kayo. Mine de rien Souryu arrive à garder un équilibre pas évident entre déconnade pas trop redondantes, troisième degré et action graphique plutôt agréable. Un poil plus sage que le précédent, cet opus fait le job suffisamment bien pour remettre une pièce dans la machine et nous emmener vers un troisième…

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  • Centaures #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueLes deux premiers volumes de cette étonnante et magnifique série m’avaient franchement emballé et la surprise de la chute sonnait comme un KO. Et pour cause, ces volumes formaient une sorte de prologue. Ici commence l’histoire des enfants centaures survivant de la terrible attaque des humains que nous avons vécu. Le ton est désormais beaucoup moins dur, comme le dessin, plus fin, moins estampes mais toujours aussi beau. Les quelques plans de nature en début d’ouvrage sont tout bonnement somptueux. Le monde en guerre que nous avons laissé a donné place quelques années plus tard à une étonnante cohabitation entre centaures et humains, que vont découvrir le fils de Matsukaze et celui de Kohibari. Si la tension a donc franchement baissé, malgré la peur permanente de ce que les centaures peuvent découvrir, l’auteur peut désormais s’atteler à imaginer à quoi peut ressembler une société japonaise civilisée habitée par des centaures. Il y a plein de bonnes idées de background et l’atmosphère de danger permanent instillée dans les deux premiers volumes infuse toujours chez le lecteur en créant une envie de connaître le destin de ces personnages. Les quelques effets brouillons des débuts ont presque disparu pour donner place à un manga très maîtrisé qui s’impose comme une valeur sure.

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  • Lastman #1 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2012), série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_183304On entend parler de Lastman depuis longtemps, avec un très bon buzz public. Le format me plait bien mais je reconnais que le style de la bande des Vivès/Sanlaville/Merwan/Gatignol, totalement issue de l’animation, me laisse parfois dubitatif. Pour quelqu’un qui aime les encrages précis d’un Toulhoat ou d’un Immonen, ce style épuré, à la fois très maîtrisé techniquement et déformé est perturbant. Le plaisir de lecture des Ogres-dieux ou de Mécanique celeste (mais surtout la sortie du dernier tome cette année!) m’a poussé à me lancer enfin. Du coup on a affaire à un classique tournoi d’arts-martiaux dans un univers composite rehaussé de magie. Le volume introduit un jeune garçon frêle désirant pratiquer les arts martiaux, le mystérieux et très charismatique Richard Aldana, redoutable combattant aussi fruste que déterminé et la jeune maman, une bombe qui attire l’attention et le désir. Le scénario est très fluide, intéressant en proposant un univers déjà riche de mystères et de méchants futurs. Beaucoup repose sur le disruptif Aldana en mode « faux connard » et le contraste avec le gamin attachant. Les dessins ont l’avantage de leurs défauts, pas très beaux mais terriblement efficaces par leur énergie et leur mouvement. On sent l’envie de mettre sur papier un dessin animé et il n’est pas étonnant que la série ait donné lieu à une version animée préquelle (qui m’intéresse pas mal du coup!) dont la première saison (11 minutes par épisode)  est disponible sur Netflix et la seconde le sera en 2021 sur le web de FranceTV. Cette série commence donc très bien, à la fois drôle, dynamique et mystérieuse. Je continue…

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