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De mémoire

BD d’Eric Corbeyran et Winoc
Bamboo (2019), 70 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo-Grand Angle pour cette découverte.

couv_368652La couverture de cet album et le pitch l’ont envoyé directement sur ma page des albums les plus attendus… Elle va également illico dans mon top catégorie Couverture tant cette image et le design du titre marquent et donnent terriblement envie de lire l’album. Bravo global pour cette composition à la fois esthétique et efficace… avec le risque que l’envie donnée ne soit pas totalement récompensée (j’y reviens plus bas). Hormis cela rien de particulier niveau éditorial.

Nick est hypermnésique. Il possède une mémoire totale: il se souvient de tout, n’oublie rien. C’est handicapant et l’oblige à organiser sa vie sous ce qui ressemble à des TOC, le rendant particulièrement instable professionnellement et émotionnellement. Un jour il est enlevé, pour ses capacités hors norme…

Résultat de recherche d'images pour "winoc de mémoire"Eric Corbeyran fait partie des vieux briscards du scénario de BD. Il connait son métier et nous propose avec De Mémoire une histoire remarquablement ficelée sur un pitch redoutable. Tout dans cet album tend vers le thriller, de la couverture au déroulement progressif, structuré entre maintenant et l’enfance, avant l’accident que nous montre la couverture. Or s’il en a les habits cet album n’est pas un thriller mais plutôt la chronique d’une vie compliquée pour cet homme qui a perdu son père très jeune et doté de capacités que beaucoup voient comme un super-pouvoir mais que lui tente plutôt de gérer en en atténuant les effets. Sorte de chronique psychologique, De mémoire évite tout ce qui pourrait l’amener vers une BD grand public. Pourtant de l’action il y en a, que ce soit dans la mise en scène ou l’intrigue même. Mais les auteurs s’attachent plutôt à nous présenter la vie sentimentale de Nick, en couple libre avec sa psychiatre, la seule à même de le comprendre et de l’aider. Cette histoire est touchante car elle évite le misérabilisme très français en nous montrant un homme en pleine possession de ses moyens, que sa spécificité rend aussi fier que compliqué. Nick n’a pas réellement de problématique et c’est peut-être cela qui crée un étrange sentiment d’entre-deux à la lecture. L’on ne saurait dire s’il s’agit d’une volonté de Corbeyran de déstabiliser son lectorat par un traitement assez expérimental (on pense par moment aux rythmes d’un Gibrat sur Léna, sorte de thriller politique contemplatif). Comme en structure juxtaposée, le drame est apporté par la partie Passé, qui remonte jusqu’à nous pour nous révéler en fin d’album l’origine de l’hypermnésie de Nick et en quoi son enlèvement est lié à ses parents.

Clipboard01On ne peut pas dire que cela soit un défaut tant la maîtrise de la progression dramatique, des dialogues et des scènes est évidente et efficace. On a plaisir à voir cet esprit libre changer de job comme de chemise, incapable de s’inquiéter et honnêtement heureux avec sa chérie. Tout en détachement, Nick envoie des réparties décalées que seul le lecteur, complice, peut saisir et qui laissent ses interlocuteurs intrigués. Comme un film de genre à la française, De mémoire casse les codes. Selon le public que l’on est cela n’aura pas le même effet. Personnellement je vois le potentiel d’une grande série SF ou d’un thriller conspirationniste. Les auteurs ont plutôt opté pour une histoire simple, peut-être pas assez ambitieuse malgré les enjeux représentés par les recherches du père de Nick. La capacité de Nick pouvait permettre une revisitation su thème super-héroïque en mode réaliste. Plein de choses passionnantes que l’on n’a finalement pas et qui peut laisser un peu déçu.

Clipboard01Graphiquement, le dessinateur propose d’élégantes planches au trait fin et à la colorisation agréable. Si les personnages sont correctes, la partie technique (arrières plans, cadrage) est très réussie et participe à l’efficacité du récit. Les quelques scènes d’action sont très lisibles et l’album propose plusieurs visions graphiques vraiment réussies.

Cet album est donc un étrange objet qui intrigue surtout quand on sait l’attrait de Corbeyran pour le policier. J’ai été un peu frustré de voir ce potentiel bouclé (très convenablement) en un one-shot. Les lecteurs habitués aux BD psychologiques seront sans doute les plus satisfaits et surpris par ce scénario hybride. Les fans de thriller seront sur leur faim. La lecture n’en est pas moins très agréable, donnant envie d’avancer et sans accroc. Un travail très sérieux qui manque sans doute un poil d’ambition.

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Zaroff

BD du mercredi
BD de Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes
Le Lombard-Signé (2019), 76., one-shot.
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© Runberg/Miville-Deschênes chez Le Lombard

L’album de Runberg et Miville-Deschênes est une suite d’une nouvelle de Richard Connell et non du film adapté qui lui a valu la gloire. Il a été proposé par le dessinateur à son scénariste de Reconquêtes, avec l’envie de traduire graphiquement les impressions ressenties à la lecture du texte. Le lien avec le texte d’origine est à la fois très fort (l’album comporte une longue introduction rappelant les événements précédents) et étiré notamment par la fin qui annonce une probable extension (j’y reviens). Comme d’habitude chez Signé, nous avons un très bel album (je ne suis pourtant pas super fan de l’illustration de couverture qui semble pourtant avoir été envisagée très vite) agrémenté d’un joli cahier final avec découpage du scénario, commentaires du dessinateur sur ses croquis préparatoires et explications de développement du scénariste. Du tout bon au niveau éditorial.

L’échec de Zaroff sur sa précédente chasse à l’homme l’a laissé dépressif. Réfugié avec ses hommes sur une nouvelle île, il découvre un jour une caméra devant le portail de son fort: la fille d’une de ses victimes a décidé de se venger et lance une chasse dont la proie n’est autre que la sœur et les neveux du comte. La situation chasseur/chassé semble s’inverser. Mais une fois sur le terrain, qui sera le prédateur le plus féroce?

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© Runberg/Miville-Deschênes chez Le Lombard

François Miville-Deschêne fait partie de ces dessinateurs qui teasent beaucoup sur les réseaux sociaux et cette peinture de couverture, étrange avec ce vert et le look du comte circule depuis plusieurs mois, créant une envie certaine. Surtout depuis que j’ai découvert l’auteur en feuilletant en librairie l’intégrale de la saga d’antic-fantasy Reconquêtes, album qui m’a conquis autant par son scénario que par son graphisme quasi parfait. Car le dessinateur québécois est probablement l’un des plus techniques de la BD franco-belge. Juste pour vous prévenir: la lecture des pages de Zaroff ne souffrent d’aucun défaut esthétique! Concernant Sylvain Runberg je l’ai découvert sur la formidable série SF Warship Jolly Roger et je retiens deux choses: d’une part sa capacité à s’adjoindre la collaboration d’excellents dessinateurs, d’autre part l’imprévisibilité de ses scénarios, ce qui les rend très intéressants.

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© Runberg/Miville-Deschênes chez Le Lombard

N’ayant ni lu ni vu La chasse du Comte Zaroff le projet n’avait aucune raison de m’attirer. Pourtant il se justifie par lui-même dans cet étonnant équilibre que les auteurs parviennent à insuffler à leur album, qui jouit de la mythologie du personnage avec la liberté d’une intrigue originale. Ou plutôt une revisitation. Un peu comme ce qu’a fait Abrams sur StarWars7 en remakant Un nouvel espoir.  Du coup on passe les premières pages à se concentrer pour comprendre la chronologie des évènements précédents et le who is who. Je vous épargnerais une recherche internet inutile: hormis Zaroff et les personnages présents dans l’introduction tout ce que vous verrez dans l’album est original. Pourtant il s’insère avec fluidité et l’on a vraiment l’impression que tout cela est issu de l’ouvrage original. Cela s’appelle un background et Runberg est très doué pour développer ce hors champ qui donne une consistance à toute bonne histoire.

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© Runberg/Miville-Deschênes chez Le Lombard

Mais le cœur de l’ouvrage est l’aventure, avec une recette simple: un méchant (très) charismatique, une bande de bandits très armés avec à leur tête une héritière contestée par ces machos irlandais, un environnement naturel plein de pièges, d’animaux sauvages et de décors grandioses,… Soyons clairs, le vrai héros de l’histoire est Zaroff et les auteurs se cachent à peine de leur envie de nous narrer ses prouesses. Il est un monstre mais est chassé par des bras cassés pas forcément plus vertueux. Fiona (la chasseuse) est également réussie avec son guide brésilien, sorte de crocodile Dundee. Mais la donzelle au caractère bien trempé reste dans l’ombre de ce que cherchent à nous narrer Runberg et Miville-Deschênes: ce génie du mal est invincible pour peu qu’aucun tiers ne vienne fausser ses plans. On réalise ainsi progressivement que l’enjeu n’est pas de savoir si Zaroff va s’en sortir mais plutôt combien d’irlandais survivront…

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© Runberg/Miville-Deschênes chez Le Lombard

L’île est un décors improbable mais grandiose, avec des formations géologiques incroyables et des panoramas qui semblent presque issus de mondes Fantasy. Surtout, le dessinateur se régale dans ses palettes de couleurs, ses décors de jungle, ses falaises, ses arrières plans aussi détaillés que les personnages, il semble à l’aise partout. Du fait de l’histoire on peut ressentir une légère monotonie d’environnement mais l’action et la qualité du trait font que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Disons pour chipoter que la partie graphique est légèrement moins impressionnante que sur ses derniers albums, mais cela reste techniquement parfait, notamment dans ces visages et expressions, tous spécifiques et totalement crédibles. Un sacré artiste.

Zaroff est typiquement le genre d’album au sujet minimaliste mais que la seule réalisation (sans faute) propulse au rang de blockbuster de la BD. Quand un album vous permet de découvrir deux grands artistes, vous donne envie de lire le texte d’inspiration et vous régale les yeux, il est difficile de résister. Si vous aimez l’aventure et les beaux dessins de style classique, courez, Zaroff est peut-être déjà derrière vous…

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La vampire de barcelone

Le Docu du Week-End
BD de Parra, Ledesma, Gonzalez
Les éditions du long bec (2019), 120 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux Editions du Long bec pour cette découverte.

couv_367812Je n’avais pas prévu cette critique pour la rubrique Docu du Week-End, mais l’aspect historique de l’intrigue et surtout la qualité du travail d’édition sur les annexes font de cet album un vrai documentaire illustré. J’en profite donc pour souligner la qualité du boulot des Editions du Long Bec, que j’avais découvert sur l’excellent Ava Granger en début d’année et qui non seulement publie à une fréquence soutenue mais nous fait découvrir de « jeunes » auteurs étrangers de grande qualité. L’exigence graphique du catalogue de cet éditeur est importante et quand on regarde ce Vampire de Barcelone, avec une préface, une introduction, un épilogue, une conclusion (le tout illustré de journaux d’époque dans une très bonne définition), un cahier graphique et la première BD réalisée, en 1912 sur l’histoire de la Vampire de Barcelone, on ne peut qu’être élogieux. Cela participe grandement à l’appréciation générale sur l’album et l’immersion du lecteur. Joli boulot et un Calvin éditeur.

En 1912 toute la ville de Barcelone est en effervescence après la disparition d’une fillette dans le quartier populaire d’El Raval. Très vite l’enquête révèle une affaire qui n’a rien de banale et semble impliquer des personnalités de la haute société catalane. Entre la personnalité de la suspecte, surnommée « Vampire » et les difficultés de l’avancée de l’enquête, le juge Fernando de Prat voit son professionnalisme mis à rude épreuve…

Résultat de recherche d'images pour "la vampire de barcelone gonzalez"La Vampire de Barcelone intrigue par son titre et une couverture qui fait penser à l’orphelinat du film Les trois brigands. La qualité des encrages (comme souvent chez les dessinateurs espagnols) et des couleurs saute aux yeux dès cette première image au design élégant. Les auteurs nous proposent une véritable enquête policière dont le suspens ne portera pas sur l’identité du criminel (la fameuse vampire sera arrêtée dès les premières pages) mais bien sur la mise au jour d’une machination dont on ne sait si le plus horrible est les actes de la criminelle ou le cynisme des dignitaires qui couvrent ses agissements. La mécanique du scénario est la classique découverte d’éléments successifs, reprenant les confrontations entre juge d’instruction et suspecte, découverte d’indices, intervention de tiers maléfiques etc. Mais l’on sent que nous avons surtout affaire à une chronique de l’époque, des mœurs de l’Espagne d’avant Guerre, une société corsetée dans ses classes sociales et des puissants qui se croient tout permis, y compris le plus flagrant viol de la morale chrétienne et sociale. Ce qui fascine c’est, comme dans tous les documentaires, la confrontation de la BD avec les documents d’époque, le fait de savoir que ces évènements se sont vraiment passés.

Résultat de recherche d'images pour "vampira de barcelona gonzalez"La lecture ne garde pas moins l’aspect thriller avec une machination très efficace à mesure que le juge de Prat découvre les protection dont jouit Enriqueta Marti, qu’il se fait agresser et que les pièces à conviction disparaissent. Nous avons ainsi tout le long ce qui fait le sel des films à dossier avec des officiers idéalistes bataillant avec la procédure malgré des preuves qui devraient condamner l’auteur du rapt très rapidement. Le rythme n’est pas entrecoupé de coups de théâtres mais plutôt constitué d’une certaine linéarité dans la progression de l’enquête. Une sorte de tableau criminel où l’on se demande à chaque évènement si les véritables commanditaires historiques sont allés si loin ou si les auteurs ont pris des libertés. Les textes des annexes nous indiquent que le sujet a été relativement bien traité outre-Pyrénées dans la littérature et que la BD est bien restée au plus près des éléments connus, appuyée sur une documentation assez abondante dès les premières semaines des évènements. Totalement inconnu de par chez nous, on imagine néanmoins les cas similaires qui se sont produits dans l’histoire criminelle de notre pays au début du XX° siècle.

Résultat de recherche d'images pour "vampira de barcelona gonzalez"L’album nous permet de découvrir également un dessinateur (Jandro Gonzalez) de grande qualité, qui nous rappelle Jordi Lafebre et dont ce premier album BD en France laisse présager de très belle choses s’il devait continuer dans l’illustration album tant son talent, notamment dans les encrages et l’expressivité des visages, s’étend du réaliste-glauque au comique. Le rendu des espaces (essentiellement huis-clos), la dynamique des cadrages et une colorisation très élégante en font un bon représentant de l’école hispanique, style que j’adore et qui montre une qualité technique et esthétique redoutable depuis quelques années dans la BD franco-belge.

Cet album est une étonnante surprise de professionnalisme qui montre l’ambition croissante de ce petit éditeur alsacien qui semble se spécialiser pour l’instant dans les auteurs espagnols et italiens. L’alliance de beaux dessins expressifs, d’une documentation de qualité et d’un scénario efficaces font que ce sujet inconnu qui n’avait pas vocation à intéresser outre Espagne deviens une BD grand public qui rend curieux et montre que bien traité tout sujet est passionnant.

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Kiliwatch

BD du mercredi
BD de Eric Herenguel & co
Caurette (2017), 74 p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Caurette pour cette découverte.

kiliwatch-couverture-dc3a9finitive-700-x-1000-px-564x800L’album relié, au format comic comprend treize histoires des bandits Kili et son pote le robot Banjo, pré-publiées dans le mythique magazine Ekllipse (… qui a participé à nombre de découvertes d’auteurs pour votre serviteur!) et dans LanfeustMag. Les quatre premières histoires sont dessinées par Eric Herenguel, d’autres uniquement écrites par lui, certaines où il n’intervient pas. Une quinzaine d’auteurs participent à ce recueil délirant, dont Timothée Montaigne, le dessinateur du Troisième Testament-Julius. Les histoires sont découpées avec page de garde. Chose assez rare, l’album commence par des bulles dans l’intérieur de couverture en mode « ouverture de rideau et fermeture de rideau ». Enfin, un carton propose des bonus à télécharger. Un gros délire de la première à la dernière page, j’adore le concept. Seul bémol, la couverture, malgré la signature de la star maison de l’éditeur (Kim Jung Gi), est terne et assez peu engageante. Étonnant, mais pas suffisant pour ôter le Calvin pour l’édition.

Kili et Banjo ce sont les Bonnie & Clyde d’un futur en mode western, un univers désertique parcouru de camions géants et de stations service. Kili est une redoutable tireuse à la langue bien pendue et au verge très fleuri. Banjo est le dernier modèle des cyborg de type Mephisto, fabuleuse machine à tuer… dotée d’un défaut d’étanchéité qui le rend incontinent à l’huile de vidange!

Résultat de recherche d'images pour "herenguel kiliwatch"Avec Kiliwatch Eric Herenguel a de toute évidence eu envie de rendre hommage à un chef d’œuvre que les quarantenaire ont découvert avec les premières publications de manga par Glénat au milieu des années quatre-vingt-dix: L’Appleseed de Masamune Shirow. On y découvrait dans un monde post-troisième guerre mondiale une vétéran de l’armée, machine à tuer accompagnée de son amoureux transformé en cyborg de type Hecatonshire aux capacités de perception phénoménales… Visuellement Kiliwatch est très proche du manga. Thématiquement on s’en éloigne avec un univers de sale gosse à la mode Fluide Glacial, beaucoup plus proche de Maëster. Les dialogues sont le gros point fort d’un album où on se marre franchement sur des réparties bourrines et vaguement vulgaires de Kili. Évidemment entre les histoires de gros (très gros!) flingues et les problèmes de fuite du robot, les histoires sont bardées d’allusions vaseuses basées sur les problèmes technologiques du robot ou sur la perfidie des bandits et autres salopards rencontrés. Mention spéciale au robot atteint du syndrome de la tourette. Amis de la finesse passez votre chemin!

Allez, sortez gentiment ou mon pote vous finit au bazooka. Et il est locké en mode combat sans échec. Le premier qui descend les mains sous les oreilles je lui frise la tête au 44 Magnum

Résultat de recherche d'images pour "herenguel kiliwatch"Graphiquement malgré la profusion de dessinateurs tout se tient sur un assez bon niveau, mention spéciale pour Herenguel dont la colorisation notamment est remarquable en créant une ambiance rouge-soleil et poussière avec des textures très élégantes. On est étonné de trouver une telle qualité graphique dans une BD d’humour.

Même si l’album est un peu cher pour un format comics et une pagination a peine plus importante qu’un album franco-belge je vous conseille cette virée virile au pays des gros flingues et des bons mots. Je vous passerais la foison de références ciné, vous l’aurez compris, Kiliwatch est une bonne poilade qui donne envie tout autant de relire du steampunk à la mode mad-max que de feuilleter ses albums de Fluide.

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Luminary #1: Canicule

BD du mercredi
BD de Luc Brunschwig et Stephane Perger
Glénat (2019), 120 p., série en cours, 1 vol. paru. Annexes de 10 p.

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Avant de commencer cette critique je tiens à féliciter l’éditeur Glénat qui fait un boulot assez remarquable sur ses albums depuis quelques temps, avec par exemple la collection Conan l’exceptionnel Ramirez l’an dernier et donc cet album: alors que nous avons l’habitude, dans le monde de la BD, du marketing un peu facile sur des vrais-faux TT, les versions noir et blanc pas toujours sérieuses niveau tirage et des bonus maigrelets pour des prix de vente conséquents, l’éditeur grenoblois propose ici pour vingt euros un album de cent-vingt pages avec une superbe reliure et un cahier alliant entretien avec les auteurs et illustrations superbes. Ce que j’appelle une édition collector pour le prix classique vue la pagination. L’amateur de BD en a pour son argent et le sentiment d’être dorloté. Un album qui vous met dans des conditions optimales et qui mérite amplement un calvin éditeur!

A New-York, à l’été 1977 la canicule bat des records. Soudain une lumière aveuglante éclate. en arrivant sur zone les soldats découvre ce qui ressemble à une attaque nucléaire en plein cœur de Manhattan… Qu’ont à voir avec cette explosion Darby le bossu volontaire pour des expérimentations médicales avant-gardistes et Billy, le jeune noir qui semble communiquer avec les animaux? Alors que la haine raciale semble poussée par l’événement et la chaleur, des êtres aux pouvoirs inimaginables vont se révéler…

Résultat de recherche d'images pour "luminary perger"Luminary est presque une découverte totale pour moi. J’ai lu quelques séries de Luc Brunschwig qui est pour moi un scénariste de qualité, très régulier et dont la dimension politique me plait. En revanche je n’ai jamais lu la série de super-héros française Photonik, éditée par les éditions LUG dans les années quatre-vingt et ne connaissais pas le travail assez impressionnant de Stephane Perger. Et puisqu’il faut bien commencer par un côté, les dessins de l’illustrateurs, tout en couleur directe avec très légère retouche numérique à la marge sont un régal pour les yeux de la première à la dernière page. Et comme tout album peaufiné avec amour, les auteurs ont apporté un soin à l’ensemble du bouquin, d’un titre au design très original à la composition en chapitres, reprenant très clairement le format des comics US tout en restant dans la taille franco-belge. Dès la double page de titre on est jeté dans l’image, immense, immergente, explosive. Les auteurs prennent leur temps et c’est efficace pour nous conter cette origin story qui ne veut pas se presser (sans que cela soit ennuyeux). Car en conteur d’expérience, Brunschwig utilise a peu près la même structure en rétroplanning alterné que Bec sur son récent Crusaders mais avec une beaucoup plus grande efficacité. Si ce dernier perdait le lecteur dans son introduction par une trop grande opacité, ici le scénariste reste dans la simplicité, indiquant les bornes temporelles à chaque saut et suivant une structure finalement assez linéaire. Cela fonctionne très bien en nous donnant envie de comprendre tout le long comment ce bossu un peu débile a pu provoquer cette explosion d’énergie… De la même manière l’alternance avec l’histoire du gamin noir, sans être reliée jusqu’ici à notre héros, permet de doubler l’intrigue en maintenant le suspens. Des recettes simples mais toujours efficaces pour qui sait les manier.

Dans un schéma d’histoire de super-héros (peu originale donc), la mise en scène a une importance capitale et je dois dire que les planches sont bluffantes. Pourtant la technique d’aquarelle de Perger est peu évidente, comme le montre la série à succès Descender Dustin Nguyen ne parvient pas à préciser ses arrières plans et donne une impression trop brouillonne. Le dessinateur de Luminary arrive lui à être remarquablement proche d’un dessin classique de la BD, d’abord par son trait précis (les annexes nous montrent l’évolution d’une page du crayonné à la couleur) mais surtout car sa colorisation éclate, dans des tons chaleureux de jaunes ou de rose. La taille des cases permet sans doute cela, mais toujours est-il que la maîtrise graphique est impressionnante et justifie à elle seule la lecture de cet album.

Du reste pour qui aime les super-héros on a ici une histoire de sensibilité européenne, jouant de politique, parlant de la ségrégation et des mécanismes de manipulation des foules à côté de l’histoire typique des expériences clandestines gouvernementales avec savant fou à la manœuvre. Le surgissement de Luminary est puissant, réussi, son affrontement avec sa consœur magnifique et l’histoire du jeune noir touchante. Les auteurs sèment les graines pour une série qui pourra durer longtemps et dont les bases sont suffisamment solides pour nous entraîner dans des aventures fantastiques tout au long des années 2020. Un poil trop formaté pour être un chef d’oeuvre mais assurément un coup de cœur quand à la qualité irréprochable du travail de bout en bout de cet album.

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Reconquêtes

La trouvaille+joaquim
BD Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes
Le Lombard (2011-2016), intégrale, 232 p.
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© Miville-Deschênes, Runberg, Le Lombard,2019

Je profite de la sortie du nouvel album du duo, la suite du film La chasse du comte Zaroff, pour chroniquer l’intégrale de la série Reconquêtes, que je n’avais pas vu passer lors de la sortie de ses quatre tomes et dont l’atmosphère et le dessin m’ont littéralement envoûté en librairie! La très belle édition du Lombard sépare les tomes avec d’immenses doubles-pages reprenant les illustrations originales des volumes, un régal. Elle inclut un cahier graphique de recherches préparatoires de huit pages, très intéressant car il permet de voir l’évolution des premiers jets des personnages, beaucoup plus typés sémites avant leur évolution vers un type européen (j’y reviens). Enfin, une bibliographie des deux auteurs clôt l’ouvrage. Du très beau travail qui vaut un Calvin.

Dans une Antiquité reconstruite, l’avancée des puissants Hittites en Asie Mineure pousse la Horde des vivants à se reformer: cette alliance de trois peuples nomades, redoutables guerriers, va entamer une reconquête de leurs territoires, entre trahisons, suspicions et courage guerrier. Leur chronique sera suivie par une scribe, la très belle envoyée du roi de Babylone Hammurabi…

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© Miville-Deschênes, Runberg, Le Lombard, 2019

Reconquête est un étrange objet, un scénario composite mis en image par l’impressionnant François Miville-Deschênes, que je ne connaissais pas et qui compte indubitablement parmi les plus grands dessinateurs en activité. Ce qui saute aux yeux dès les premières planches c’est la technique parfaite du dessinateur québécois. Que ce soient les animaux, les hommes ou les femmes, tout est précis, détaillé, différencié. Alors qu’un certain nombre de dessinateurs réutilisent le même visage avec de simples changements de coiffures et de costume pour leurs personnages (Bilal par exemple), ce qui peut être gênant pour la compréhension, ici l’hyper-réalisme est extrêmement agréable et donne véritablement l’impression de lire un péplum sur grand écran. Le travail documentaire très conséquent sur les costumes, les décors, mobilier et l’imagination pour rendre cette Antiquité semi-historique crédible sont vraiment remarquables et montrent une passion de tous les instants mise dans ce travail.  Il a toujours été compliqué de représenter l’Antiquité sans tomber dans le kitsch. Le style de Miville-Deschênes accentuait ce risque, en se souvenant des grands dessinateurs réalistes tels Chéret (Rahan) qui ont produit nombre de BD historiques un peu désuettes depuis les années soixante. Or, que ce soit par la colorisation très élégante ou l’esthétique générale, tout est de bon goût, crédible, travaillé. Certains albums font ressentir le travail préparatoire, le développement de l’univers et des personnages. C’est le cas ici, un peu comme dans la grande série Servitude, où les combats ne sont qu’un moment (grandiose!) dans la description ethno-historique de peuples qui combattent pour leur mode de vie.

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© Miville-Deschênes, Runberg, Le Lombard, 2019

Sylvain Runberg nous propose avec Reconquêtes une Antiquité fantasmée, reconstituée par agencement d’éléments distants. Ainsi la scribe qui fait office de narrateur est envoyée par le roi de Babylone Hammourabi (XVII° siècle avant notre ère) pour suivre l’alliance des peuples Sarmate (env. V° siècle av. J.C.), Cimmériens (VII° siècle…) et Callipides (peuple cité par Hérodote) face aux conquérants Hittites (entre XVI° et XI° siècle avant notre ère)… L’ajout de références à l’Atlantide et de quelques créatures mythologiques permettent d’éviter toute  confusion quand au projet de réalisme historique et nous laisse profiter de la reconstitution de ce qu’aurait pu être cette

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© Miville-Deschênes, Runberg, Le Lombard, 2019

antiquité oubliée. Si la pâleur des peaux surprennent au début, habitués que nous sommes à des typologies sémites pour les peuples antiques, elles illustrent le sérieux documentaire des auteurs puisque nous savons que les peuples Scythes étaient de type « caucasien », blonds et à la peau claire… Ce qui fascine c’est la cohérence de l’ensemble, avec des styles vestimentaires reconnaissables (et la propension des guerrières Sarmates, sortes de proto-amazones, à vivre torse nu…), la rudesse des combats et des mœurs, l’originalité de ces palais mobiles dans lesquels ces rois nomades se déplacent. Les auteurs ne nous épargnent rien de la violence de l’époque, avec des soldats souvent balafrés, des sacrifices humains bien gores et quelques séquences de sexe sans insistance. Si François Miville-Deschênes se fait plaisir en matière d’anatomie féminines aux plastiques parfaites, les planches restent très élégantes et cela ne tombe jamais dans le grivois. Qu’il s’agisse d’éléphants de guerre, de vieux magiciens ou de cavalières sarmates tout est élégance du début à la fin dans cet album.

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© Miville-Deschênes, Runberg, Le Lombard, 2019

L’intrigue est dramatique, dans le sens théâtral. Si les combats en cinémascope sont nombreux et parfaitement lisibles, le cœur de l’histoire repose sur les relations entre les trois souverains qui jouent entre respect, concurrence et méfiance. Un élément perturbateur est venu perturber l’équilibre de la Horde et une conspiration va semer la discorde en imposant aux trois dirigeants un choix: risquer la disparition de tous pour l’honneur de leurs peuples ou respecter l’alliance au risque de trahir leurs traditions propres. Ce dilemme qui les taraude du début à la fin est passionnant et permet de connaître les spécificités de trois peuples que seul le nomadisme et l’esprit guerrier tient ensemble. Reconquêtes pose sa focale sur le peuple des femmes et se rapproche en cela du récent Cœur des amazones mais en bien plus réussi car il n’oublie pas le spectacle.

Reconquêtes est la série que je n’attendais plus, un peu lassé de la Fantasy et peu intéressé par des BD historiques qui restent souvent figées dans leur aspect documentaire. Runberg aime tordre l’histoire tout en gardant ses bases comme sur sa récente série Jakob Kayne. Il propose avec son comparse un modèle de BD grand public à la fois héroïque, belle et bien écrite. Un régal.

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L’Histoire de Siloé

BD du mercredi
BD de Serge Letendre et Stephane Servain
Delcourt (2000-2019), série finie en 3 volumes.

Histoire de Siloë 3. Big-bang

Attention, événement comme il y en a peu dans le petit monde de la BD! L’histoire de Siloé fut lors de sa sortie il y a … 19 ans!! un des projets SF les plus attendus et réussis avec un partenariat de deux valeurs sures du Franco-belge: Serge Letendre (le co-créateur de la Quête de l’oiseau du temps) et Servain, dessinateur typique des premières grandes séries Delcourt (l’esprit de Warren avec Brunschwig) et récemment de Holly Ann. Pour des raisons que j’ignore (je n’ai pas trop cherché…), la série prévue en trois tomes s’était arrêtée après le second alors que le dessinateur avait pourtant tenu les délais sur des albums de 70 pages. Rangée depuis presque vingt ans au cimetière des grandes séries inachevées, la saga dotée de l’ambition d’un Akira était considérée comme une grosse perte pour beaucoup tant l’intrigue et le dessin étaient réussis. Il faut croire que les personnes impliquées savent parfois tenir leur langue car c’est avec une immense surprise que Delcourt a mis en ligne il y a quelques semaines une date de sortie. Servain parlait en 2015 sur le forum BDgest de sa reprise a zéro du tome 3 dont les 2/3 avaient déjà été réalisés… et depuis plus rien. Pour le coup, si les arcanes des relations dessinateur/scénariste/éditeur restent souvent obscures sans que l’on sache à qui la faute, pour ce coup Delcourt a été très patient et fidèle jusqu’au bout puisqu’il propose en simultané la sortie du T3 et de l’intégrale qui permettra aux personnes à qui cette interminable attente aura été épargnée de découvrir la série d’une traite. Pour les autres il faudra relire, ce que je viens donc de faire avec attention.

Résultat de recherche d'images pour "servain big bang siloë"Alors qu’il s’apprête à lancer l’expérience finale de ses travaux sur le Temps et la Matière, le professeur MacGuffin constate que sa femme, enceinte a pénétré l’enceinte du laboratoire… Devenu veuf avec une fille dotée de pouvoirs difficiles à comprendre, le professeur se retrouve au centre d’une lutte de pouvoir entre le président des Etats-Unis et une secte chrétienne très organisée. Poursuivi de toutes part il va devoir protéger sa fille et tenter de comprendre les implications de l’accident originel…

Cette série est compliquée à critiquer tant il est nécessaire de séparer les envies, les souvenirs et la comparaison avec les autres BD SF du même type. Tout d’abord les trois tomes de Siloë sont très différents, tant graphiquement que dans les rythmes de l’histoire. Serge Letendre a une grande ambition au départ, faire le récit d’une famille détruite par la science en même temps qu’une anticipation politique et un habillage scientifique autour de l’espace-temps. Dès les premières pages l’on sait que le professeur MacGuffin ambitionne de révolutionner (comme son scénariste?) la connaissance de la physique. Malheureusement le lecteur reste un peu sur sa faim quand aux développements des implications de ces recherches. Car très vite tout tourne autour des pouvoirs de sa fille, avec des mécanismes de mystère efficaces. Que sont ces chauves-souris qui surviennent autour de ses crises? D’où sortent les losty connectés mentalement avec la fillette? La secte des Esséniens?… On voit très vite différents thèmes repris d’Akira (on peut difficilement regretter les références à une telle bible): la secte religieuse, le pouvoir politique semi-démocratique, la crise institutionnelle, l’expérience qui dérape, l’enfant-mutant,… Le soucis est que passer après un tel monument nécessite d’apporter une autre vision d’auteur si ce n’est des éléments novateurs. Résultat de recherche d'images pour "servain big bang siloë"Et c’est principalement ici que le bas blesse: le manque d’ambition au final. C’est étrange car les deux premiers volumes lancent des pistes et proposent une intrigue qui monte en puissance et qui laissait supposer un grand final. Mais comme ces séquences action très bien menées individuellement mais peu articulées dans les albums, trop timides, on a l’impression d’un manque de passion du scénariste pour ses personnages, pourtant assez réussis: les méchants comme le major West n’interagissent pas avec les héros, le super vétéran de l’armée dont l’on imagine l’intervention déterminante reste un spectateur un peu piteux, Siloë est  passive tout le long et le président Steiner comme le chef des Esséniens sont cantonnés dans leurs bureaux. Comme un dramaturge qui ne saurait pas gérer la diversité de lieux on a un sentiment de juxtaposition d’événements, d’actions, de personnages, sans liens.

Logiquement il en est de même pour les planches de Servain, capable de dessins très subtiles, il alterne ici entre très beaux décors, vaisseaux qui semblent l’inspirer et personnages parfois rapidement dessinés. Le cadrage est hésitant comme s’il n’avait pas eu trop de direction de son scénariste… La séquence spatiale finale est par exemple très réussie mais ne se termine pas vraiment de même que son démarrage n’est pas préparé… il en est ainsi de beaucoup de scènes qui manquent de liant. Si le style a légèrement évolué (sans problème de cohérence pour autant), c’est surtout la colorisation qui est plus subtile aujourd’hui qu’à l’époque du tome 1 mais reste dans des tonalités un peu ternes. Avec un style rapide, Servain propose toutefois par moment de très beaux plans calmes ou des graphisme puissants lorsque le contraste de la case l’oblige à rajouter de l’encrage.

Résultat de recherche d'images pour "servain big bang siloë"Je ne voudrais pourtant pas laisser croire que l’on a affaire à une mauvaise BD. Sans doute que l’attente et les portes ouvertes ont créé de la déception. Mais dans l’univers très concurrentiel de la Hard SF très peu de séries parviennent à assumer leur ambition (Universal War est un peu une singularité). L’art des faiseurs d’histoire est celui du bon agencement des emprunts. Et l’on peut dire que Serge Letendre connaît ses classiques en proposant une Terre futuriste où les déviances actuelles sont à peine poussées: la montée du fondamentalisme, la dépendance envers les technologies (les Dreamboxes rappellent d’ailleurs le récent Paris 2119), le pouvoir des  médias,… Comme pour le Niourk de Vatine, on a le sentiment de quelque-chose qui n’est pas parvenu à sortir de sa chrysalide et qui nous laisse un peu penaud. Pas sur que le problème soit lié à la taille de la série (on a tout de même trois albums de soixante-dix pages, soit quasiment six tomes) mais bien plutôt à assumer le statut de série grand-public, d’associer l’intime, la réflexion scientifique et le spectacle. Essai moyennement transformé donc, qui reste malgré tout un projet original qui se classe dans le haut du panier SF avec l’oeuvre de Fred Duval.

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