BD·Comics

BD: l’école hispanique?

Profitant des grâces d’une bibliothèque, j’ai découvert récemment la BD Jazz Maynard, étant complètement passé à côté à l’époque car… je croyais qu’il s’agissait d’une BD sur la musique!

C’est une véritable découverte graphique que l’album dessiné par le barcelonais

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Ignacio Roger, tant je n’avais jamais vu un tel dynamisme associé à une maîtrise technique depuis les grandes heures de Masamune Shirow sur Appleseed 4 (et la mythique baston au couteau à l’épée). Enfin, réflexion faite si, et récemment… sur le Blacksad d’une autre duo espagnol… Même maîtrise technique (anatomies, perspectives,…), même utilisation de l’encrage, même goût pour les ombres, enfin, même ahurissante lisibilité lors des scènes dynamiques… Du coup, interloqué, je me suis penché sur une hypothèse farfelue, celle d’une Ecole ibère en matière de graphisme BD.blacksad_02_iz_24139-3thoom

Après un tour d’horizon je vois cette liste d’auteurs récents d’origine hispanique ou sud-américaine: Guarnido (Blacksad), Roger (Jazz Maynard), Jose Luis Munuera (Sous le signe de la Lune, Les Campbell,…), Montllo (Warship Jolly Roger), Marcial Toledano (Tebori), Guillermo Gonzalez Escalada (le Chevalier à la licorne), José Homs (Shi), Joe Madureira, Joe Quesada, Ignacio Noé, Juan Gimenez,…

tumblr_nw2vd8e2xc1sbbfwho3_1280Ok, tous n’ont pas la même technique des premiers cités. Mais tous (ou presque) ont fait parler de leurs BD sur le plan graphique et notamment par une technique sans accrocs. Lorsque l’on regarde les techniques des illustres « comics-illustrators » que sont Quesada et Madureira la proximité est saisissante avec Guarnido et Roger dans cette approche d’un trait avec forte utilisation des noirs et un mélange de traits presque cartoon et hyper précis à la fois. Chacun sait que Guarnido a bossé chez Disney et que les studios d’animation sont gros consommateurs d’artistes de talent et extrêmement formateurs sur le plan technique. Je ne connais pas les bio de tous les dessinateurs cités dans ce billet mais m’est avis que de telles techniques ne s’acquièrent pas que par leur seule formation ou par l’observation.

A partir de là, beaucoup d’autres hypothèses sont possibles: l’influence du comics (lui-même totalement redigéré depuis les années 80 par une foule d’illustrateurs étrangers ou d’origine latino-américaine) sur les auteurs espagnols? Le poids en France de la Ligne claire par contraste avec d’autres influences outre-pyrénées?

Toujours est-il que ces illustrateurs poussent très loin le dynamisme et la « mise en vie » de leurs cases en prouvant que les mangaka ne sont désormais plus seuls maîtres à bord. Roger est pour moi une énorme claque graphique, la première depuis Ronan Toulhoat ces dernières années et je vous invite à suivre de très près ses prochaines créations.

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2 commentaires sur “BD: l’école hispanique?

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