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King in Black

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Mini-série en quatre volumes, avec Donny Cates au scénario, secondé par Jason Aaron, Al Ewing, Clay Mc Leod Chapman, Seanan Mcguire, Christopher Cantwell, et Torunn Gronbekk. Au dessin, Ryan Stegman, Danilo Beyruth, Vakueva, Nina, Vilanova, Guiu. Parution en France chez Panini Comics, de juillet à octobre 2021.

Les symbiotes ça dépote

Tiré de son sommeil millénaire par Kletus Casady, tueur en série plus connu sous le nom de Carnage, le dieu des symbiotes, Knull, s’est dit qu’il était temps de rendre une petite visite à la planète bleue, histoire de la raser entièrement à l’aide de son armée de symbiotes dragons et de sa célèbre Nécro-épée. La Terre, qui se remet à peine de la guerre entre les Skrulls, les Krees et les Cotatis (confère War of the Realms), doit mobiliser une nouvelle fois ses héros pour faire face à cette menace.

Ce sont donc encore une fois les Avengers dans leur entièreté qui vont se dresser, mais également les X-men et les Quatre Fantastiques, menés de façon étonnante par Eddy Brock, le fameux Venom, réuni pour la première fois depuis longtemps avec son symbiote éponyme. Pour les lecteurs peu familiers du marvelverse, les symbiotes, dont le véritable nom est Klyntars, sont une espèce vivante intelligente et semi-parasitique, dont les individus doivent, pour survivre, se lier à un hôte dont ils amplifient les capacités.

Après des décennies de mystère quant aux origines véritables des symbiotes, on découvre qu’ils ont été créés par Knull, une entité primordiale personnifiant l’abysse qui précédait la création. En guerre contre les Célestes à ce sujet, Knull a façonné la Nécro-épée, le tout premier symbiote, pour décimer les géants de l’espace au cours d’une guerre cosmique. Blessé, Knull perdra un temps son arme, qui atterrira plus tard dans les mains d’un certain Gorr, qui donnera du fil à retordre à Thor. Trahi par ses symbiotes, Knull sera enfermé par ces derniers, qui se sacrifieront en masse afin de l’emprisonner dans une gigantesque structure symbiotique, qui de loin pourrait passer pour un corps astral, la fameuse planète Klyntar.

Donc, réveillé par les machinations de Carnage, Knull se dirige vers la Terre, ayant quelques comptes à régler avec certains de ses habitants. Nos héros parviendront-ils à lutter encore contre cette armée de monstres et leur invincible créateur ?

La saga commence par le grand débarquement de Knull et de ses symbiotes-dragons. Décrit comme une menace mortelle depuis plusieurs mois maintenant, son retour a effectivement de quoi être attendu par le lecteur. Nos héros, résolus à sauver le plus de monde possible, lancent une frappe préventive en utilisant les carcasses piégées de vaisseaux krees et skrulls encore en orbite autour de la Terre après les évènements de War of the Realms.

L’attaque ne fait que ralentir la progression de Knull, c’est pourquoi Captain America prend les devants et joue son va-tout en envoyant Sentry. La sentinelle dorée, figure controversée du marvelverse, va rapidement faire les frais de ce mécanisme narratif, qui veut que pour établir à quel point un antagoniste est badass, il doit mettre au tapis un personnage réputé puissant (pensez par exemple à Thanos au début d‘Infinity War, qui met une raclée à rien de moins que Hulk, dont ce sera la seule véritable défaite durant tout le MCU). Après avoir connu les affres de la mort et de la résurrection et démontré son incapacité à mourir (Thor l’a jeté dans le Soleil à l’issue de la saga Siege, et ça n’a pas suffi à l’époque), Sentry se voit infliger une mort tout à fait ironique, car elle rappelle simultanément deux de ses grands moments, à savoir la fois où il a déchiré Carnage en deux (New Avengers), et celle où il a fait la même chose à Arès (Siege).

Une fois cette formalité accomplie, on passe à la phase suivante qui veut que tout dégringole assez rapidement. Knull englobe la Terre dans un impénétrable dôme symbiotique et entreprend la dévastation de la planète. Il prend également possession, via ses symbiotes, de la première vague de héros, ne laissant que quelques survivants pour affronter ses hordes. Eddy Brock, quant à lui, était visiblement destiné, par Donny Cates, à être le protagoniste de cette saga de crise, celui qui, après une franche rédemption, œuvrerait pour vaincre Knull. Mais Cates crée la surprise en supprimant son héros dès le début de la crise, peu après que toutes les options prévues par les héros aient échoué.

Des ténèbres sorties de Knull-part

Le reste de l’histoire est réparti dans des ties-in, qui narrent les évènements secondaires se déroulant durant l’invasion des symbiotes: Spider-Gwen, munie d’un symbiote artificiel, affronte son amie Mary Jane possédée par un nouveau Carnage, tandis que le Black Knight affronte les monstres en Chine et attire l’attention de Knull en utilisant sa Lame D’Ébène, Spider-Man se demande comment affronter cette catastrophe dont il se sent responsable, Black Panther défend son pays comme à l’accoutumée et les Valkyries découvrent l’origine de la puissance de la Nécro-épée.

Pris dans leur ensemble, ces ties-in n’ont qu’un intérêt tout relatif, et peuvent même, dans certains cas, contredire la série principale. Ainsi, dans le numéro 3, le Silver Surfer déplore que le dôme symbiotique qui emprisonne la Terre soit infranchissable, alors que Black Panther, dans son tie-in, parvient à y percer un trou bien avant l’arrivée du Surfeur.

La série principale quant à elle, manque assez cruellement d’originalité, puisqu’encore une fois, elle met en scène un vilain surpuissant sans respecter la continuité ni les échelles de puissance, et qui n’affiche pas un charisme extraordinaire. Pour tout dire, Knull, qui était mentionné depuis un long moment et dont on était censés redouter la venue, s’avère unidimensionnel, relativement plat et les quelques apparitions qu’il fait ne sont pas de nature à marquer les esprits.

C’est d’autant plus regrettable lorsqu’on considère la montée en puissance et l’accumulation de tension dramatique dont il avait fait l’objet jusque-là. Pire encore, la résolution, qui intervient dans le cinquième numéro présent dans le quatrième volume, a de forts relents de deus ex machina. En effet, Donny Cates, ne sachant certainement plus comment se dépêtrer de son tout-puissant vilain, utilise sa carte « continuité rétroactive » (je déteste cette carte) pour sortir de son chapeau la Force Enigma et en faire l’opposé de Knull, dans un affrontement classique de lumière vs ténèbres. Mieux amené, cela aurait pu être une bonne révélation, si on ignore le fait que dans la continuité classique, les hôtes successifs de Captain Universe n’ont jamais été montrés comme étant mûs par le besoin de lutter contre les symbiotes ou les ténèbres de Knull.

Nous sommes donc dans un cas assez classique de « Sorti du chapeau » qui finit d’enfoncer le clou mortifère dans le cercueil symbiotique. Tel qu’il est écrit, Knull est soit invincible pour on ne sait quelle raison et tue des personnages dont le niveau de puissance préétabli ne devrait pas le permettre, soit il meurt en quelques pages après un power-up de dernière minute sorti de nulle part.

Vous l’aurez compris, inutile de vous encombrer avec les quatre volumes de King in Black, qui déçoit par de nombreux aspects après une préparation qui était pourtant prometteuse.

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