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Uncanny X-Force # 2: La Saga de l’Ange Noir

esat-west

Uncanny X-Force est une série Marvel, écrite par Rick Remender et dessinée par Jérôme Opeña et Mark Brooks. L’édition française est assurée par Panini Comics dans la collection Marvel Deluxe. Le volume 2 est paru le 06/04/2016, contient 194 pages et compile les numéros 11 à 19 parus en 2010. La critique du volume 1 est ici.

Apocalypse programmée

La X-Force est un escadron clandestin émanant des célèbres X-Men, dédié à l’élimination des menaces envers les mutants, qui (à l’époque de la série) ont été décimés par Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge.

Cet état de fait a poussé les mutants dans leurs derniers retranchements, conduisant à la radicalisation de certains d’entre eux, parmi lesquels leur leader Scott Summers, alias Cyclope, qui était autrefois connu pour son idéalisme hérité de son mentor Charles Xavier.

Wolverine, lui, n’a jamais été un idéaliste. Il prie certes pour le meilleur, mais au fond de lui, son instinct le pousse à envisager le pire, façonné qu’il est par toutes les tragédies qu’il a traversées. Aussi prend-t-il sur lui de réunir sa propre version de X-Force, à l’insu même de Cyclope, afin de protéger de façon proactive le peu qu’il reste de mutants…et le monde, accessoirement.

Pour ce faire, il rassemble Warren Worthington III, alias Angel, membre fondateur des X-men, sa compagne Elizabeth Braddock, alias Psylocke, et le mystérieux Fantomex, issu comme Wolverine du programme Arme Plus, auxquels s’adjoindra le délirant Wade Wilson alias Deadpool, et ce quelques années avant son entrée fracassante au box-office cinématographique.

Dans le premier volume, Wolverine et ses assassins-ou plutôt ses farouches défenseurs de la cause mutante-affrontaient une résurgence du terrifiant Apocalypse, aussi connu sous le nom d’En Sabah Nur, un vieil ennemi des X-Men, mutant aussi ancien que puissant, dont la philosophie darwiniste le place en opposition directe avec la vision intégrationniste et pacifique de Xavier. Apocalypse est également connu pour forcer des mutants à devenir ses cavaliers (Mort, Guerre, Peste et Famine), ce qu’il a infligé à plusieurs X-men, notamment Angel, qu’il transforma en Mort. Il faut également noter qu’Apocalypse et si dangereux et si prévalent qu’il existe une ligne temporelle, jugée quasi-inévitable, dans laquelle il règne en maître sur un monde dévasté.

Après sa dernière défaite, En Sabah Nur avait réussi à revenir d’entre les morts, cette fois sous la forme… d’un enfant, tout à fait oublieux de son passé morbide, même si ses partisans s’échinaient à le reconditionner pour qu’il redevienne le tyran qu’il était.

Après avoir douloureusement lutté contre les Cavaliers Ultimes d’Apocalypse, la X-Force est parvenue à atteindre En Sabah Nur, s’apercevant par la même occasion de sa nouvelle condition. Se déchirant entre eux, ils ont du répondre à cet épineux dilemme éthique: peut-on tuer un enfant pour sauver le monde ? Est-il acceptable de supprimer un être encore innocent pour prévenir ce qu’il n’a pas encore fait ?

La réponse sera trouvée par Fantomex, qui face au refus de Wolverine et Psylocke et à l’hésitation d’Angel, prendra la décision de supprimer l’enfant d’une balle entre les deux yeux, sans état d’âme, suivant ainsi sa programmation de Sentinelle, en quelque sorte.

Ange déchu

Ce que les mutants radicaux ignorent, c’est que cet acte a déclenché un processus inéluctable dont il devront souffrir les conséquences. En effet, supprimer définitivement Apocalypse n’a fait que provoquer l’ascension de son successeur désigné, en la personne d’Angel, en qui il avait implanté une Graine de Mort issue de ses maîtres Célestes. Pour éviter à la personnalité de Warren d’être totalement effacée au profit de celle d’Archangel, X-Force va devoir tenter l’impossible et récupérer une Graine de Vie dans le futur, et pas n’importe lequel: la fameuse Ere d’Apocalypse.

Sauf que, règle dramatique oblige, rien ne va se passer comme prévu, Archangel ayant ses propres plans pour l’avenir.

La Saga de l’Ange Noir est fascinante à plus d’un titre. Tout d’abord, les dessins somptueux de Jérôme Opeña, qui servent avec brio la narration âpre de Remender. Ensuite, l’histoire en elle-même, qui est un concentré de ce que Remender a fait de mieux dans sa carrière d’auteur.

Lorsqu’on lit ses œuvres, il apparaît assez clairement que Remender tourne autour d’un certain nombre de thématiques qu’il affectionne (ou qui le terrifient, sans doute). La première et celle de la déchéance du héros, perverti par une influence interne qui lui a été imposée.

En effet, on retrouve souvent ce concept dans plusieurs de ses séries (Archangel dans X-Force, bien entendu, Sentry, et Banshee dans Uncanny Avengers, Ant-Man dans Secret Avengers, Hank Pym dans Rage of Ultron, et bien entendu tous les héros dans Axis), comme si la figure héroïque se devait inévitablement de choir face à un monde intrinsèquement mauvais.

La seconde thématique, qui est un corollaire de la première, est celle de l’inné contre l’acquis, que l’on voit traitée grâce au personnage d’Evan, clone d’En Sabah Nur. Evan, en plus de représenter la faute originelle dont découlent tous les ennuis ultérieurs des héros (notez qu’Evan choisit assez ironiquement l’alias Genesis) représente un défi personnel pour Fantomex, qui en clonant l’enfant qu’il avait assassiné et en veillant à ce qu’il soit élevé positivement, voulait s’assurer que l’inné pouvait être supplanté par l’acquis, le ramenant à son propre conditionnement par le programme Arme Plus.

L’intrigue se veut haletante, les héros étant constamment sur le point d’être vaincus, la situation est à chaque page plus désespérée, jusqu’à un final à la fois tragique et émouvant.

Enfin, ce qui fait d’Uncanny X-force une lecture importante, c’est la portée qu’elle aura pour le marvelverse, vu que ses ramifications s’étendront jusqu’à sa période Marvel Now ! à savoir dans la série Uncanny Avengers.

Rick Remender aura construit son intrigue sur plusieurs séries de très bonnes factures, allant crescendo jusqu’à la mini-série Axis, qui a malheureusement été un échec en demi-teinte, notamment du fait de l’interventionnisme éditorial qui a vidé l’event de sa substance. Mais c’est une autre histoire !

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