BD·Documentaire

La petite bdthèque des savoirs #7

Le Docu du Week-End
Le nouvel Hollywood
BD de Jean-Baptiste Thoret et Brüno
Le Lombard (2016), 98 p., La petite bdthèque des savoirs #7

couv_279621Dans mes prospections sur la BD documentaire j’avais repéré cette collection encyclopédique format BD au Lombard. Du coup je commence la collection par le volume 7 dessiné par Brüno, sur le Nouvel Hollywood.

La collection Bdthèque des savoirs a commencé en 2016 et sort quatre numéros par trimestre, en associant un spécialiste reconnu d’un sujet et un illustrateur de BD, avec pour ambition de ne pas se limiter sur les sujets. Des illustrateurs comme Brüno, Alfred, Guerineau ou Marion Montaigne ont déjà publié dans cette collection qui leur permet de sortir de la rigueur des cases de BD pour illustrer une thématique.

Résultat de recherche d'images pour "le nouvel hollywood brüno"Le numéro sur le Nouvel Hollywood est écrit par Jean-Baptiste Thoret, spécialiste du cinéma américain tendance « Inrockuptible ». Sa connaissance semble sans fin tant l’album raconte dans les plus grands détails cette période passionnante de Hollywood, entre la fin du classicisme et l’émergence de la Réaction reaganienne à l’arrivée des années 80. On y parle de films connus: Easy Rider, considéré comme le film qui lança cette tendance des golden-boys d’Hollywood souhaitant importer la Nouvelle vague française dans l’industrie des studios américains. Les Copolla, Scorsese, Friedkin, Peckinpah, Terrence Malick,… bref, ceux qui sont considérés aujourd’hui comme les monstres sacrés du cinéma américain mais qui ont connu pour la plupart des heures bien difficiles après cette poignée d’années de succès et de révolution culturelle.

Résultat de recherche d'images pour "le nouvel hollywood brüno"L’intérêt de ce récit est qu’il nous montre en quoi le cinéma a transposé des évolutions sociétales américaines sur les écrans, en concomitance avec le mouvement des droits civiques et le Flower Power. Ces réalisateurs ont été ensuite rejetés car ils ont cherché à briser le vernis du mythe américain en narrant les histoires de ratés, de déviants, celles du vrai peuple et non seulement des seigneurs et importants. Certains films ont été censurés et certains réalisateurs du Nouvel Hollywood ont totalement disparu par la suite. On découvre alors que pour Thoret celui qui a mis fin (malgré lui) à cet espoir c’est Georges Lucas (qui a pourtant imaginé sa production galactique hors des studios et donc bien dans l’esprit du Nouvel Hollywood): en produisant un succès mondial via une histoire archétypale, mythologique et manichéenne, en inventant le merchandising et la promo TV, il a remis toutes les clés dans les mains des producteurs…

Image associéeLa mise en image de Brüno est efficace et s’appuie sur l’imagerie contrastée des affiches des films des années 70-80. Je ne suis pas fan de son trait en général mais il faut reconnaître qu’ici ses planches sont très évocatrices. Sa documentation sur les photos et promo des films de l’époque est très importante et vaut pour l’aspect documentaire. Contrairement à des albums d’enquête ou de reportage (type Davodeau), je suis néanmoins dubitatif sur ce qu’apporte le dessin dans des bouquins de ce type. Une iconographie classique dans un livre encyclopédique aurait proposé des affiches et photos de films. Ici ces dernières sont désignées par la pattes de l’illustrateur mais a moins d’être fan de l’auteur cela ne donne pas franchement de valeur ajoutée. Il faudrait voir sur d’autres numéros de la Bdthèque des savoirs si la remarque vaut toujours…

Le projet est néanmoins très intéressant pour qui aime le dessin et la BD et personnellement je soutiens toujours les démarches qui aident à élargir le public BD via des ouvrages de ce type. Je conseille en outre vivement le bouquin à tout amateur de cinéma et d’histoire du cinéma, tant on y apprend de choses dans un récit parfaitement équilibré.

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Il faut flinguer Ramirez

BD de Nicolas Petrimeaux
Glénat (2018), 144 p.

9782344011881-l

Après Zombies nechrologies (que j’ai du coup très très envie de lire), l’artiste lyonnais Nicolas Petrimaux qui a bossé notamment sur le jeu vidéo Dishonored mets tout son talent pour un ride échevelé dans les films policiers des années 80′, une lecture béate, sourire aux lèvres où vous passerez dix minutes sur chaque planches à admirer les couleurs flamboyantes, la minutie des arrières-plans et la précision des cadrages. Il faut flinguer Ramirez est une très grosse claque BD. Ce n’est que l’Acte I. Et c’est le premier album solo du bonhomme…

Arizona, années 1980, la société Robotop s’apprête à lancer en grandes pompes le dernier né de ses aspirateurs. Jacques Ramirez est la star du SAV de Robotop et surtout un adorable bonhomme muet au regard de cocker, adoré de tous. Mais lorsque deux truands croient reconnaître en Ramirez l’assassin d’élite utilisé par les cartels mexicains, un engrenage se mets en place. La paisible cité va passer des heures explosives…

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Il faut flinguer Ramirez est un album-concept. Un projet intégral où l’auteur s’est impliqué de la typo du titre au texte final en passant par l’habillage (des fausses pub et des transitions de chapitres en mode « XL »). Seule manque une bande originale Funk-jazzy pour que l’on se retrouve dans un film. Car dès le début Petrimaux annonce la couleur: « dessiné en mis en scène par…« . Oui, il s’agit de mise en scène et non d’un simple scénario, c’est dit, assumé et totalement confirmé au long de ces 144 pages qui passent bien trop vite. J’avais eu un peu la même impression avec le Shangri-la de Bablet sur lequel on sentait l’investissement total d’un auteur. Ici aussi, dès la couverture on sent que l’on va avoir quelque chose de spécial. On est clairement dans l’affiche de cinoche B des années 70-80. Petrimaux se réclame de Tarantino et d’Edgard Wright et cela se sent (en un peu moins déglingue que chez Tarantino); tout respire le cinéma, est inspiré par le cinéma.

Le travail de colorisation en premier lieu est ce qui marque le plus. Il ne s’agit pas seulement de couleurs vives, l’auteur utilise des filtres pour salir ses images, donner une ambiance de vieille pellicule. Les planches m’ont beaucoup rappelé le formidable Tokyo Ghost de Sean Murphy, tant dans la colorisation très spéciale que dans le trait à la fois fruste et extrêmement précis. Petrimaux marque même un point sur son confrère américain par un encrage fort qui permet de contraster entre premiers plans très noirs et arrières-plans fins et extrêmement précis. Rares sont les auteurs à ne délaisser ainsi aucun plans de leurs images (Petrimaux annonce avoir passé 1 an à préparer et un an à monter l’album), ce qui montre l’investissement et la conviction mise dans le projet.

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Ensuite la mise en scène donc… Le travail de découpage et le choix des plans est sidérante de réflexion et de pertinence. C’est la première fois que je passe autant de temps à zieuter une page montrant des employés en cravate dans une usine d’aspirateurs… La dynamique des cases (comme ce panache de fumée qui s’envole et nous hypnotise) montre un réel talent, jouant comme rarement sur les différents plans, enchaînements de cases et fil de textes. Pas un plan n’est standard, tout est pensé et sert la mise en scène donc. Totalement bluffant.Résultat de recherche d'images pour

Niveau ambiance, on est dans le rétro à fond, à base de lesbiennes braqueuses de banque, de gangsters mexicains semi-débiles et d’une Amérique reaganienne triomphante que l’auteur se fait un plaisir de dynamiter en remplissant son histoire et ses dialogues d’un venin savoureux (amoureux de Lupano vous allez être servis!). L’immersion est totale et même si l’on n’aime pas l’esthétique années 80 (c’est mon cas) la qualité du boulot est telle que cela ne pose aucun problème.Résultat de recherche d'images pour

Étonnamment il n’y a pas tant d’action que cela dans « Ramirez » car Petrimaux sait jouer sur les rythmes, donner envie, faire monter la tension et l’attente en nous en donnant juste ce qu’il faut pour repartir sans tout balancer. Le plus gros risque avec un album de ce type c’est que l’attente et l’envie sont tels qu’il ne faudra pas se louper sur la suite (série prévue en 3 Actes)…

A mesure que je m’enflamme je m’aperçois que ma chronique est finalement assez dérisoire: à un moment il ne reste plus qu’à plonger dans les aventures de Jacques Ramirez et à savourer (avec une musique Funk genre Isaac Hays et une bière!). Vivez ce chef d’œuvre de la BD, un incontournable pour tout amateur de BD et de cinéma. Cela fait très longtemps que je n’ai pas ainsi « vécu » une BD. Merci l’artiste!

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Cinéma·Graphismes·La trouvaille du vendredi·Rétro

La trouvaille du vendredi #17

La trouvaille+joaquimAxis Mundi
Artbook de Mathieu Lauffray
Ankama-CFSL (2013) 240 p.
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Le site collaboratif d’artistes Café-salé publie depuis plusieurs années des recueils d’illustrations pro et semi-pro publiées sur ses forums (les fameux Art-book café-salé qui proposent une immersion assez incroyables de richesse dans des univers de dizaines d’artistes différents… si vous aimez les images, foncez en acheter un!). En collaboration avec l’éditeur Ankama ils ont sorti en 2013 le second art-book de Mathieu Lauffray. Plus qu’un simple recueil d’illustration, il s’agit d’une somme rassemblant une très grande quantité d’illustrations et de photos de travail de l’artiste et de plusieurs entretiens avec ses collaborateurs, scénaristes BD ou réalisateurs de cinéma pour l’essentiel. C’est assez biographique et permet comme rarement d’entrer dans l’intimité artistique d’un grand illustrateur peu médiatique.

Résultat de recherche d'images pour L’ouvrage de 240 page est de fabrication particulièrement réussie: format carré, signet tissu, couverture épaisse, illustration de couverture et de quatrième très belles. La maquette générale est élégante et l’on pardonnera les économies de relecture qui ont laissé un certain nombre de coquilles dans les textes. L’ouvrage s’ouvre sur une court bio avec photo de l’auteur puis une double page où il détaille la naissance de sa passion pour le graphisme et les imaginaires (tiens, c’est les deux axes de ce blog ça tombe bien !) avec couvertures d’albums et affiches de films influents. Ensuite le bouquin est découpé en 8 sections, dont quatre vouées à la BD et une importante sur le cinéma.

Certains sujets vont toucher vos lecteurs à tous les coups et l’on va vous aimer des les avoir choisis. C’est l’image que l’on aime, pas sa forme. […]C’est ce tiraillement entre le choix du sujet et le goût pour l’expression du sensible qui va faire exister artistiquement.

Lauffray est un visionnaire, dans le sens qu’il conçoit son travail comme des visions graphiques et artistiques d’autres mondes. Certains grand illustrateurs représentent et sont bons pour cela. Ce qui intéresse Lauffray c’est l’idée mystérieuse, inquiétante (il est fondamentalement un auteur « fantastique » en cela) et épique qu’il y a en toute forme. Il recherche le voyage et l’inconnu vaguement inquiétant… Image associéeD’une montagne il fait un pic dantesque hérissé de formes cyclopéennes impossibles (comme dans sa BD Prophet), d’un passant d’une nuit nocturne il fait une forme encapuchonnée qui vous invite à imaginer en quelle grotte de pirates il se terre… Ses références sont éclectiques mais reviennent aux illustrateurs figuratifs d’aventure et aux écrivains qui ont conté les explorations, de Frazetta, Otomo, Druillet à Dumas, Kipling et bien sur Jules Verne. Les illustrations (notamment réalisées pour les projets avortés de films de Christophe Ganz Némo et Lord of the Apes laissent un terrible sentiment de gâchis tant ces images sont évocatrices, vivantes, puissantes… Personnellement beaucoup d’images m’ont donné envie de me précipiter regarder le film pour lequel elles ont été faites.

Résultat de recherche d'images pour Ce livre est un moyen de partage de sa réflexion pour Mathieu Lauffray. L’homme est un vrai intellectuel, réfléchissante et conceptualisant son art. A ce titre, pour qui aime le graphisme, rarement un illustrateur fantastique a pu ainsi expliquer sa vision de l’objet graphique, de ses thèmes, de sa forme. Tout ceci est absolument passionnant, absolument pas intello ni conceptuel. C’est un vrai artiste expliquant son art, propos appuyés par un nombre incalculable d’images souvent inédites.

Mon travail c’est de conserver l’attention du lecteur, de conserver tout le romantisme que l’on pourrait trouver dans une peinture et de le traduire en art séquentiel

L’ouvrage permet également d’entrer dans la conception des séries BD de l’auteur, Prophet, Long John Silver ou sa participation à la série Légion. Telles des pages de making of, cette partie nous offre des variations sur les techniques utilisées, des crayonnés préparatoires aux encrages et les peintures. Ce qui frappe c’est que chaque technique, chaque étape est magnifique, montrant le niveau technique de Lauffray… dont les albums finaux ne rendent à mon sens rarement toute la mesure (à ce titre Lauffray est réellement plus illustrateur qu’auteur de BD).

Pour ceux qui s’étonnent de la production BD relativement restreinte de Lauffray, cet ouvrage résoudra cette énigme: celui qui se dit illustrateur mais passionné de BD, touche à tout et en particulier au cinéma où il collabore depuis longtemps avec des réalisateurs français qui s’étonnent toujours qu’un tel talent ne se soit pas expatrié à Hollywood… Artiste romantique il privilégie les relations humaines et la confiance dans le travail. Dans cette grosse section abordant ses travaux sur le Pacte des Loups, Saint-Ange, 10.000 BC  et autres projets avortés de jeunes talents du cinéma français, ces réalisateurs sincèrement impressionnés par la discrétion et le talent de Mathieu Lauffray discutent longuement du fonctionnement du cinéma, du processus créatif de l’image, animée ou fixe et du rôle qu’apporte un directeur artistique dans le montage d’un film. C’est passionnant.

Je pourrais parler longtemps et décortiquer ce superbe ouvrage mais il faut bien s’arrêter. Si vous n’avez jamais acheté d’Art-book, si vous bavez devant les planches illustrant ce billet, si vous avez toujours voulu pénétrer dans l’atelier d’un illustrateur foncez, s’il ne vous faut qu’un ouvrage de ce type c’est celui-ci.

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BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

La trouvaille du vendredi #16

La trouvaille+joaquimMeurtres fatals
BD Film N’importe quoi de Maëster
Fluide Glacial (1997-1999), 2 tomes parus (« Grave » et « 002 »), dont une intégrale. N&B.

couv_220744Les messages pleins d’humour (l’inverse aurait été étonnant) postés épisodiquement sur les réseaux sociaux par le grand Maëster depuis l’AVC qui l’a rendu hémiplégique en 2015 m’ont donné envie de rappeler aux lecteurs de ce blog le grand œuvre du fou-furieux, fan absolu de cinoche et obsédé sexuel (peut-on bosser chez Fluide glacial sans l’être?): Meurtres fatals. Et puis du coup ça booste un peu le tag Humour de ce blog qui devient un peu trop sérieux…

L’inspecteur Gotlieb Charolles et son adjoint Maëster Piggs sont chargés d’enquêter sur une série d’assassinats. Une enquête totalement foutraque qui va les entraîner dans le milieu du cinéma.

Résultat de recherche d'images pour "meurtres fatals maester"Je n’ai jamais été un lecteur assidu de Fluide Glacial mais je voue un culte absolu à Marcel Gotlieb qui incarne pour moi la quintessence de la BD d’humour maline, bien dessiné et loufdingue, avec notamment ses Rhâa gnagna et Rhâa lovely. Maëster, connu surtout pour sa série Soeur Marie-Therese des Batignoles (jouissive par son côté rentre dans le lard mais souvent un peu poussive a mon goût) est le disciple du maître (à qui il n’a pas grand chose à envier en matière de technique graphique) qu’il utilise pour jouer le héros de sa double histoire parodique, prétexte à dessiner des scènes et acteurs très connus du cinéma hollywoodien.

« To die by fatal killing death »

Résultat de recherche d'images pour "meurtres fatals maester"Pas vraiment nécessaire de raconter les histoires ni de décrire l' »humour Fluide », je me contenterais de vous citer les grandes références de l’humour absurde à la mode n’importe quoi: des Monty Python aux nuls, de Hot Shots aux films d’animation Aardman (Shaun le mouton, Wallace et Gromit), vous êtes entre de bonnes mains. Comme Maëster aime les jolies filles il en mets un peu partout mais à la mode caricature car c’est son style (faudrait pas trop se prendre au sérieux quand même. Pour avoir vu l’oiseau une fois en dédicace, je peux vous dire que son personnage de Piggs n’est absolument pas fictif: il drague tout ce qui bouge et n’arrête pas de raconter des conneries!

Un quartier très très affamé de la ville (c’est à dire tellement mal famé qu’on peut dire pas famé du tout, donc affamé, du préfixe privatif « af », comme dans « afficionado »: privé de la moindre intelligence),…

Résultat de recherche d'images pour "meurtres fatals maester"Donc dans les deux volumes de Meurtres fatals (de même qualité), les deux héros vous transportent dans tous les grands blockbusters des années 80-90, d’Alien aux X-files, de Pulp Fiction à Titanic en passant par Batman et Blanche neige et les 7 nains (il se paie même le luxe de nous placer le bain turc d’Ingres)… C’est toujours un peu fripon mais surtout, SURTOUT, chaque séquence, que dis-je, chaque case est le prétexte à un bon mot et surtout à l’insertion de mille détails à la con qui font mourir de rire. Maëster a 10.000 idées débiles par dessin et le pire c’est que tout ça tient parfaitement, est totalement lisible et appuyé par des dessins vraiment chouettes. De quoi souhaiter qu’il s’essaye un jour (très peu probable à moins qu’il tombe en dépression…) à une « vraie » BD avec une vraie histoire.Résultat de recherche d'images pour "meurtres fatals maester"

Vous passerez votre lecture à décortiquer chaque centimètre pour voir une idée textuelle ou dessinée débile, une référence à un des membres de l’équipe Fluide ou à un film, avec souvent un entrecroisement de tout ça, si possible dans la même image…

« Larcenet, ta mère elle aime Nagui »

Pour conclure, si vous vouez un culte à Marcel Gotlieb et aux Monty Pythons, courez acheter l’intégrale des Meurtres fatals, pour vous dérouiller les zygomatiques!

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BD·Comics·Rapidos

Red skin

BD de Xavier Dorison et Terry Dodson
Glénat (2014-…), 2 vol. parus.

Couverture de Red Skin -1- Welcome to AmericaComme beaucoup la couverture tape à l’œil du tome 1 m’a fait de l’œil justement, avant de voir les noms des auteurs de ce comics publié en France (je ne sais pas comment il faut l’appeler du coup vu que le scénariste est français et les codes franco-belges mais le dessinateur américain avec un style comics…) et quels noms: l’un des tout meilleurs scénaristes depuis pas mal d’années maintenant et un auteur chevronné (que je ne connaissais pas) au style très proche du grand maître Frank Cho et sa Liberty Meadows, excusez du peu.

Il s’agit donc bien d’une BD de super-héros (moderne= sans pouvoirs): dans les années 80 Red Skin est une espionne envoyée en Amérique pour décrédibiliser une candidate à la Maison-Blanche qui risque de faire de ce pays une théocratie de fondamentalistes chrétiens. Outre ses capacités de combat hors norme, elle va surtout aider la production d’un remake porno du film de chevet des bigots de l’Amérique de la Bible-belt…

Alors certains ont trouvé une malhonnêteté dans des couvertures (Dodson se fait plaisir en mode Pin-Up) et un pitch qui pouvaient laisser imaginer une BD sexy. En réalité on reste très comics-compatible dans cette BD (la série est publiée aux Etats-Unis) et c’est surtout l’environnement (le porno californien) et les courbes divines de l’espionne qui pimentent cette BD au demeurant pas plus chaude qu’un Largo Winch. En revanche l’esprit très frais, les réparties drôles entre la donzelle et son hébergeur-réalisateur porno ronchon et les scènes d’action en font une BD plaisir vraiment sympatoche. Outre une histoire qui parvient à nous accrocher malgré un côté dérisoire (la maîtrise de Dorison se ressent), la grande force de Red Skin c’est le personnage principal, absolument craquante à chacune de ses apparitions. Le talent de Dodson y est pour beaucoup, si bien qu’on a envie de passer plein de temps avec cette drôle de nana à la fois désarmante de naïveté et forte comme le roc. Surement une incarnation du fantasme masculin auquel les auteurs répondent intelligemment sans verser dans le nu inutile (le reproche que je faisais à Boichi sur Sun-ken Rock justement).

Une bonne BD rafraîchissante qui se poursuivra sur un troisième volume.

Un autre avis sur Blog Brother