***·Cinéma·Comics

Jupiter’s Legacy: la série

Salut à tous!

On commence cette semaine avec un retour sur la série Netflix dont la première saison de huit épisodes est diffusée à partir de mai 2021. Si vous ne savez pas de quoi on parle allez jeter un œil sur l’une des plus enthousiasmantes revisitation du thème superslip depuis Watchmen (si-si!) dont les chroniques des deux albums sont sur le blog (ici et ici). Qui dit deux albums dit deux saisons prévues (et peut-être trois puisque le spin-off en comics Jupiter’s circle développait le passé des super-héros)… qui s’arrêteront au milieu du gué. En effet, de manière assez incompréhensible, moins d’un mois après la mise en ligne de cette série à gros budget adaptée d’un monument BD Netflix annonçait l’annulation du show qui n’aura donc (probablement) jamais de conclusion. Les amis de Comicsblog ont depuis détaillé les raisons, principalement financières et de production, qui ont de fait avorté le projet avant même sa sortie. Un destin tragique mais de moins en moins rare dans les studio hollywoodiens très financiarisés (c’est un comble quand on connaît le thème de Jupiter’s legacy!) où le succès public et critique des créations audiovisuelles ont de moins en moins d’effet sur leurs suites (dernièrement avec la saga Snyder et ses projets chez DC où on rappelle que le mal aimé Dawn of Justice a rapporté 873 millions de dollars dans le monde, ce qui n’a pas suffit pour maintenir Zack Snyder à la baguette).

Alors que sort cette semaine la suite du comics original (et en attendant le second Magic Order dessiné par Immonen!!!) il est temps de revenir sur la version audiovisuel et de vous confirmer à la fois que le visionnage vaut le coup et combien il est dommage que la plus intéressante partie ne nous soit jamais montré (enfin, on fait confiance à Millar et Quitely, producteurs exécutifs, pour relancer la machine si les comics cartonnent). Le premier élément positif porte sur l’adaptation, un véritable travail de réappropriation qui ne se contente pas de transposer les scènes de la BD. Cette première saison alterne en effet deux époques, l’année 1939 qui a mené aux super-pouvoirs des personnages et notre époque où le code moral de l’Union est battu en brèche par l’évolution de la violence. Si la famille dysfonctionnelle d’Utopian est présentée, le cœur du show repose sur la jeunesse des premiers héros, dans une esthétique rétro très élégante et qui permet aux acteurs de montrer leur talent. Sans grosse tête d’affiche (économie pertinente), Jupiter’s legacy permet aux acteurs de s’exprimer avec charisme et sans le ridicule (il faut le dire) des perruques et costumes de l’autre époque.

Les lecteurs de la BD ne s’ennuieront donc aucunement puisque c’est une histoire presque originale qui nous est narrée (du moins placée entre les évènements du comic), en repoussant à la saison deux toute la partie politique et « occupy wallstreet » qui faisait le sel si radical du projet. C’est intelligent car cela permet de rester grand public tout en permettant la bascule entre deux parties. D’où la frustration, partiellement compensée par l’aspect origin story qui nous fait comprendre comment les originels se sont rendus sur l’Ile (pour rappel une énorme ellipse les y envoyait chez Millar et Quitely). La surprenante folie d’Utopian permet aussi d’expliquer sa morale d’airain sur le Code (qui renvoie bien entendu au Comic code Authority des comics que Millar a largement mis à terre dans son œuvre) et décortique un peu plus l’amitié très forte avec le futur Skyfox.

Clairement la partie contemporaine, outre des look assez kitsch pour les héros, est la plus faible et semble bouche-trou puisqu’il n’est pas vraiment prévu que le scénario ne se révèle avant la saison suivante. Étant donné l’historique de ce show il est donc préférable de prendre ce visionnage comme un bonus servant de prequelle à la BD et qui peut presque se suffire à lui-même de cette manière. Comme je l’ai dit, les acteurs sont vraiment impliqués et plutôt bons (avec notamment un excellent Walter Sampson avec des airs de Tom Hiddleston), quelques belles séquences de combat et d’effets spéciaux sont proposés et la mise en scène est tout sauf honteuse en regard de ce qui se fait sur Netflix. Les stat de visionnages avaient d’ailleurs confirmé une plutôt bonne accroche pour un budget certes conséquent mais moindre que Stranger things ou The Witcher (dont les retours sont plutôt moyens). Bref, encore un bien beau gâchis créatif qui montre combien la gestion de la production est souvent plus importante que le talent créatif ou l’originalité d’un projet.

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