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L’Attaque des Titans #33

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Comprend les chapitres 131 à 134 de la série écrite par Hajime Isayama.

Tabula Rasa

Eren l’avait promis, il l’a fait. Après s’être emparé in extremis du pouvoir incommensurable du Titan Originel, le jeune orphelin revanchard l’a utilisé pour déclencher le redouté Grand Terrassement, qui consiste à libérer simultanément tous les titans colossaux qui sommeillaient dans les murs d’enceinte de l’Île du Paradis. Le monde doit faire face une nouvelle fois à la colère des eldiens, sous la forme d’une implacable horde de titans qui piétinent tout sur leur passage. 

Après avoir jugé ce monde qui lui a tout pris, Eren l’a condamné à la ruine et se fait désormais le bourreau de sa propre sentence. Transformé en une créature lovecraftienne comme on en avait rarement aperçu dans le manga, il préside à son armée de titans, rasant l’empire Mahr sans broncher. Les seuls qui semblent être en mesure de le stopper sont un petit groupe constitué d’amis et d’anciens adversaires, parmi lesquels Armin et Mikasa, ses amis d’enfance, Hansi, Livaï et Conny, compagnons d’armes, puis Reiner, Peak et Annie, trois guerriers Mahr d’origine eldienne, eux aussi détenteurs de titans primordiaux. 

Cet escadron hétéroclite et autrefois ennemi s’est décidé à collaborer, non sans quelques grincements de dents. Ils ont du affronter, dans le tome précédent, les forces eldiennes partisanes d’Eren et de sa croisade. Ensemble, ils sont parvenus à quitter l’île, dans le sillage du Grand Terrassement, et espèrent aborder leur ami par la voie des airs afin de le faire changer d’avis, ou le cas échéant, l’abattre. Mais est-il seulement possible de vaincre un être aussi puissant et résolu qu’Eren avec un hydravion et quelques bombes ?

Guerre Fratricide

Fidèle à sa formule, Hajime Isayama nous offre un dosage parfait entre suspense et réflexion, grâce à un jeu d’alliance et une situation complexe dont les rouages ont été savamment mis en place dans les tomes précédents. L’auteur confronte encore une fois les points de vue autour de sa thématique de la liberté, et du cycle de violence inhérent à l’histoire humaine. Eren aura été de bout en bout un protagoniste fascinant, dont l’évolution est à la fois tragique et parfaitement cohérente.

Dans ce 33e tome, malgré les mesures extrêmes qu’il vient de prendre, il nous est encore donné de voir les doutes qu’il a pu avoir, et les éléments qui ont influencé son choix final. La cohérence thématique est encore de mise, puisqu’en chantre de la liberté, il laisse à ses amis celle de venir l’arrêter, alors qu’il aurait le pouvoir de faire taire, grâce à l’Originel, toute opposition parmi les eldiens. 

Coté intrigue, la tension atteint son paroxysme grâce à cet assaut désespéré et aux mille façons qu’il aurait d’échouer. Obstacles, sabotages, sacrifices, tout est mis en place pour maintenir le lecteur scotché en attendant le dénouement. L’affrontement fratricide n’en est donc que plus déchirant, surtout quand on regarde du côté des intrigues secondaires (Annie, Falco et Gaby) qui vont forcément converger pour le grand final. 

Comme vous vous en doutez, attendre le dernier tome confine à la torture, et il n’est pas question d’aller se spoiler !

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L’attaque des Titans #31 et #32

Deux tomes récents de la série japonaise créée par Hajime Isayama. Parution le 19/08/2020 et le 25/11/2020 aux éditions Pika.

Dans la gueule des géants

Etant donné son phénoménal succès, il est assez peu probable que vous soyez passés à côté du phénomène Shingeki no Kyojin. Néanmoins, dans un souci de clarté, revenons si vous le voulez bien sur les bases de ce manga désormais culte, qui est sur le point d’atteindre sa conclusion. L’attaque des Titans, de quoi ça parle ?

Les Titans sont une mystérieuse race de géants humanoïdes, dont il est dit qu’ils ont exterminé l’Humanité il y a un siècle. Invincibles mais mus seulement par l’instinct, ces derniers ont poussé les survivants à se retrancher derrière trois grands murs concentriques, censés les protéger des invasions de ces inexorables prédateurs anthropophages.

[SPOILER]

Le statu quo bascule lorsqu’un jour, un titan dont la stature dépasse celle des murs surgit, et perce une brèche qui cause le chaos. Eren Jager, jeune garçon têtu mais encore insouciant, voit sa mère dévorée par un titan, à qui il vouera ensuite une haine féroce.

Des années plus tard, Eren, suivi de près par ses amis d’enfance Mikasa et Armin, devient membre des bataillons spécialisés dans la lutte contre les Titans. Ce que le jeune homme ignore, mais ne tardera pas à découvrir de manière assez sanglante, c’est qu’il peut lui même se transformer, quasiment à volonté, en un féroce titan, tout en conservant (plus ou moins) son intelligence humaine. D’abord pris pour cible, Eren devient ensuite un élément crucial dans la reconquête des murs, grâce à ce pouvoir qui lui donne l’avantage sur les autres titans.

Toi et quelle armée ?

Cependant, d’autres titans spéciaux ne tardent pas à faire leur apparition, comme un titan féminin, le colossal qui détruisit les murs, et même un titan pourvu d’une solide cuirasse, tous semblant avoir un dessein centré autour de la capture d’Eren. Tout ceci prendra sens lorsque la vérité, enfouie dans le laboratoire du père d’Eren, sera révélée: les habitants des Murs ne sont pas seulement attaqués par les Titans, ils sont les Titans. En effet, tous appartiennent aux eldiens, le peuple d’Ymir, le premier Titan, qui légua à sa mort le pouvoir des Neufs Titans primordiaux à son peuple, qui l’utilisa pour conquérir le monde.

Lassé de ce bain de sang, l’un des rois eldiens décida de se retirer avec son peuple sur l’île du Paradis, laissant l’empire rival, Mahr, renaître de ses cendres. De nombreux eldiens demeurèrent sur le continent et subirent le joug de Mahr, persuadés de devoir expier les crimes de leurs ancêtres. Utilisant à leur tour le pouvoir des Titans par le biais de leurs esclaves eldiens, les Mahrs se mirent en tête de prendre leur revanche, en s’emparant du pouvoir du Titan Originel, qui était détenu non plus par la famille royale eldienne, mais par… Eren.

Le pouvoir absolu corrompt absolument, le pouvoir titanesque corrompt…titanesquement ?

Suite à une habile ellipse temporelle, nous retrouvons Eren, quatre ans après ces fracassantes révélations. Infiltré chez les Mahrs, Eren observe ses véritables ennemis et prépare sa prochaine action, toujours guidé par son désir de vengeance. Convaincu de la justesse de sa cause, Eren profite d’une manifestation durant laquelle les dirigeants Mahrs déclarent la guerre totale aux eldiens, pour commettre un massacre, tant chez les militaires que chez les civils. Cet acte charnière marque un point de non retour chez notre protagoniste, qui passe donc dans la catégorie des anti-héros.

Peu de temps après, il dévoile son véritable plan, conçu grâce à une information cachée: maîtriser le pouvoir du Titan Originel pour libérer les Titans colossaux qui servirent à ériger les Murs de l’Île du Paradis, et les lancers à l’assaut du monde entier, provoquant ainsi le Grand Terrassement. Ainsi, Eren est allé au bout de sa logique, faire table rase du passé pour mettre fin au cycle de haine et de guerre qui lie les eldiens au reste du monde.

Nous arrivons donc bientôt, avec ces tomes 31 et 32, à la conclusion épique de la saga conçue par Hajime Isayama. Outre le fascinant worldbuilding basé sur différentes mythologies (notamment nordique et grecque), l’auteur impressionne par la qualité et la cohérence thématique de son intrigue. Loin des clichés manichéens, le mangaka utilise un arc narratif négatif pour son protagoniste Eren, ce qui lui permet d’apporter un propos nuancé et une morale relativiste dignes d’un grand seinen. Dans l’Attaque des Titans, aucun personnage n’est foncièrement bon ni mauvais, mais tous tentent de survivre ou agir au mieux en remplissant le rôle qui leur est dévoué. Par opposition à Eren, qui débute en protagoniste naïf pour finir en monstre génocidaire, on trouve le personnage de Reiner Braun, le Titan Cuirassé, qui devient notoire par sa duplicité et sa traîtrise pour ensuite attirer la sympathie du lecteur lorsque l’on en apprend davantage sur ses motivations.

Il va lui falloir un bon ostéo.

Sur le plan macro-narratif, les intentions de l’un ou l’autre des belligérants n’ont rien d’étranger à ce que l’on a pu voir dans notre monde. Comment en vouloir à Mahr de se méfier des eldiens et de les voir comme une menace potentielle ? Et en même temps, comment les excuser d’avoir parqué des eldiens pour en faire de la chair à canon ? Même chose pour Eldia, qui utilisa le pouvoir des Titans comme une arme dirigée contre le monde, avant de se retirer pacifiquement: comment juger des crimes vieux de plusieurs siècles, et comment excuser les actes d’Eren, qui, en voulant venger les torts commis aux eldiens, ne fait que confirmer l’image qu’en avait le monde ? Comme vous pouvez le constater, l’Attaque des Titans, ce n’est pas que des géants qui se cognent dessus (même si c’est important!), c’est aussi une trame complexe faite de personnages nuancés et de questionnements pertinents. L’un des meilleurs mangas de la décennie qui vient de se terminer, et dont la conclusion marquera certainement celle qui vient de débuter !

**·Manga·Nouveau !·Service Presse

Cautious Hero, #1- 2

Série en cours avec Tuchichi Light au scénario, Koyuki au dessin. Les deux premiers tomes paraissent en France le 09/09/2020 aux éditions Doki-Doki (même niveau de publication au japon).

bsic journalism Merci aux éditions Doki-Doki pour cette découverte.

Prudence est mère de sureté

Le domaine unifié des dieux s’est donné une mission, d’importance capitale: sauver autant de mondes que possible à travers le cosmos. Les joies de la bureaucratie étant ce qu’elles sont, les mondes en détresse sont classifiés, selon la difficulté rencontrée pour les sauver.

La déesse Ristarte, relativement jeune, n’a pas un tableau de chasse mirobolant à son actif. Et pourtant, elle va se voir confier le sauvetage de Geanburande, une mission labélisée D, le plus haut niveau de difficulté !

Pour l’aider dans sa mission, chaque divinité peut invoquer un héros, choisi au hasard parmi l’ensemble des mondes. Alors qu’elle browse les dossiers des potentiels candidats, Ristarte découvre le profil de Seiya Ryûgûin, dont les statistiques défient toute proportion. La jeune déesse en est persuadée, Seiya est un héros comme on n’en trouve qu’un sur des millions. Persuadée par cette aubaine, Ristarte invoque aussitôt le jeune homme.

Toutefois, elle s’est peut-être emballée un peu vite. Seiya a un potentiel sans limite, certes, mais il est si prudent que son attitude vire presque à la paranoïa. Questionnant tout ce que la déesse lui fait découvrir, il se révèle être moins un atout imparable qu’un formidable boulet pour l’impétueuse Ristarte. Quand les choses se gâteront sur Geanburande, Seiya sera-t-il à la hauteur de ses fantastiques talents ?

Le Magicien Dose (et ose)

Pour cette nouvelle entrée dans le genre Isekai, l’auteur est parti sur un postulat intéressant: Et si un héros pouvant tout, n’osait rien ? Bien souvent, les histoires de Fantasy classiques n’ont qu’un questionnement dramatique: le héros aura-t-il la force de triompher de son adversaire ? Ici, la réponse, en théorie du moins, est claire: oui, Seiya peut sauver Geanburande. La véritable interrogation est de savoir si son défaut, la prudence excessive, le lui permettra.

Durant les premiers chapitres, l’auteur joue avec ce paradigme autant qu’avec les nerfs de sa protagoniste Ristarte, qui désespère de voir son champion passer à l’action. Il est assez amusant de voir comment Seiya prépare et anticipe chaque combat, chaque situation, et de voir comment un être sensé s’engagerait dans une quête de cette ampleur.

Le souci qui se présente assez vite, c’est que ce qui est sensé être un défaut venant compenser un statut quasi-divin finit par s’effacer. J’entends par là que ce qui, dans nos attentes de lecteurs, devrait entraver Seiya dans sa mission et le forcer à changer, s’avère finalement être son grand atout puisque c’est justement cela qui le tire de mauvais pas éventuels. D’excessivement prudent, il en devient excessivement préparé, ce qui, en fait, lui donne l’avantage sur tous les antagonistes, dont on s’aperçoit de façon systématiques qu’il a anticipé tous les coups bas, prévoyant en conséquence.

Pour faire une comparaison avec les comics, c’est comme si on décidait finalement que la kryptonite ne tuait pas Superman, mais qu’elle ne lui allait tout simplement pas au teint.

Ce ressort dramatique manqué donne à Seiya des allures de Mary Sue, le distanciant ainsi du potentiel sympathie des lecteurs. Il n’en demeure pas moins que Cautious Hero est une série au démarrage dynamique, empruntant aux codes des univers Fantasy mais plus particulièrement aux RPG. On attend encore l’écueil qui forcera Seiya à prendre des risques, peut-être dans le tome 3 ?

****·Manga·Nouveau !·Service Presse

La couleur tombée du ciel

Histoire complète en 184 planches, écrite et dessinée par Gou Tanabe, d’après le roman du même nom de H.P. Lovecraft. Parution le 05/03/2020 aux éditions Ki-oon dans la collection Les Chefs-d’œuvre de Lovecraft.Blondin avait critiqué les Montagnes hallucinées et Dans l’Abime du temps.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

La chose au fond du puits

Un jeune technicien venu de la ville enquête sur la Lande Foudroyée, lopin de terre que les habitants de la région redoutent et décrivent comme maudit. Pour glaner encore quelques informations en vue de la construction prochaine d’un barrage destiné à engloutir la région, le technicien va se rendre auprès d’Ammi, un vieil homme esseulé et à la raison vacillante. Toutefois, Ammi, loin d’être totalement fou, va révéler à notre protagoniste une singulière histoire défiant la logique…

Ainsi, il y a cinquante ans, un mystérieux corps céleste s’est écrasé dans la propriété des Gardner, au grand étonnement de Nahum, le chef de famille. D’abord enthousiasmé par la gloriole qu’il peut retirer de ce phénomène, Nahum accueille avec une gouaille innocente les scientifiques venus étudier le phénomène. Mais bientôt, les choses vont dégénérer pour les Gardner: Alors que le météore se désagrège, la nature tout autour commence à changer, lentement, horriblement, pour ne finalement plus être qu’un reflet corrompu de ce qu’elle fut. La nuit, il se dégage de la végétation une lueur inconnue, une couleur impossible que nul n’a jamais contemplé.

L’horreur cosmique au pas de la porte

Lovecraft est un des auteurs dont l’influence a traversé les décennies et s’est exportée à travers différents médium, si bien qu’on lui attribue aujourd’hui la paternité d’un genre (rien que ça), celui de l’Horreur Cosmique. En effet, toute l’œuvre de H.P. Lovecraft est centrée autour de créatures extraterrestres à l’apparence indescriptible, aux motivations malsaines et hostiles, et dont la simple vue peut plonger un homme dans la folie, cette thématique ayant été reprise ensuite par de nombreux artistes.

Le souci qui pouvait se poser à l’adaptation d’un récit de Lovecraft est celui de la fidélité. Comment retranscrire à l’image une telle horreur ? Comment donner forme à l’indicible ? Certains auteurs comme John Carpenter s’y sont risqués avec un certain succès dans leurs propres travaux (The Thing, principalement), cependant, la gageure demeure pour ce qui est des adaptations littérales.

Concernant La Couleur tombée du ciel, la difficulté résidait justement dans cette couleur inconnue, et impossible à décrire. Gou Tanabe, fort de ses précédentes adaptations de Lovecraft, a géré cette problématique en conservant le noir et blanc propre au manga, rendant ainsi caduque la question chromatique.

Son graphisme reste sage mais joue habilement sur les ombres et lumières pour suggérer l’horreur. A plusieurs reprises, l’auteur semble mettre l’accent sur les réactions des personnages, employant le gros plan pour nous permettre de calquer nos impressions sur celles des protagonistes.

Signalons enfin la beauté du livre en tant que tel, avec sa couverture en imitation de cuir de toute beauté. Une lecture indispensable pour les fans du genre !

****·Guide de lecture·Manga·Rapidos·Rétro

Hunter x Hunter: en faveur de la saga des Chimeras Ants

esat-westHunter x Hunter: manga shonen écrit et dessiné par Yoshihiro Togashi. 36 tomes parus en France, aux éditions Kana.

Une série à part

Depuis 2000, Hunter X Hunter représente une série à part parmi le paysage Shonen publié en France. Yoshihiro Togashi, connu pour la série Yuyu Hakusho, y a crée un univers étrange et cruel peuplé de personnages bigarrés mais attachants, le tout autour de concepts originaux qu’il a développé au fil des tomes.

Comme tout Shonen qui se respecte, Hunter x Hunter raconte pour l’essentiel le parcours initiatique de Gon Freecs, un jeune garçon ingénu souhaitant marcher sur les traces d’un père qu’il n’a pas connu, et ainsi devenir un Hunter afin de le retrouver. Ces derniers sont une caste d’aventuriers exceptionnels pouvant parcourir le monde entier et embrasser n’importe quelle cause, ou se mettre à la poursuite de n’importe quel trésor, souvent au péril de leurs vies. Pour être adoubé en tant que Hunter, Gon devra néanmoins réussir les épreuves notoirement difficiles de l’examen, et se fera en route autant d’amis que d’ennemis.

Pour pouvoir parler de la très décriée saga des Chimeras Ants, il convient de dresser un rapide portrait des arcs narratifs précédents, afin de mieux saisir le cheminement de la série et de ses protagonistes.

L’Examen: C’est le premier arc de la série. Gon quitte son île natale pour se rendre aux épreuves, et fait ainsi la connaissance de Kirua, de Leolio et de Kurapika, chacun d’entre eux ayant ses raisons de passer l’examen: Kirua appartient à une redoutable famille d’assassins et souhaite tracer sa propre voie; Leolio aspire à devenir médecin et compte sur l’argent qu’il gagnera en revendant sa licence; Kurapika, enfin, n’a qu’un seul désir, celui de venger son clan, dont il est le dernier survivant. L’amitié du groupe va se forger dans le feu des épreuves, jusqu’à l’épreuve finale.

Au secours de Kirua: Il s’avère que Kirua a échoué à l’épreuve finale de l’examen. Il rentre donc au domaine des Zoldick, sa famille d’assassins. Gon et les autres décident d’aller le chercher et découvrent l’environnement dans lequel Kirua a grandi, ainsi que l’influence néfaste de son frère Illumi. Finalement, le père de Kirua l’autorise à partir.

La Tour Céleste: Gon et Kirua commencent leurs aventures en duo et se rendent à la Tour Céleste, où ils rencontrent leur mentor Wing, qui leur apprendra le secret de la force des Hunters: les techniques du Nen. Gon y affrontera Hisoka, un Hunter de sa promotion aussi doué que sadique, et qui présente un intérêt malsain pour le jeune héros.

York Shin City: Gon reçoit un message de son père Gin le mettant au défi de le rejoindre sur Greed Island, un jeu mythique qui ne s’acquiert qu’aux enchères à prix d’or à York Shine City. Là, ils retrouveront Kurapika, qui se prépare à affronter les assassins de sa famille, la Brigade Fantôme, à laquelle appartient Hisoka. Le chassé croisé est tendu et très périlleux, mais Gon et Kirua s’en sortent in extremis.

Greed Island: Gon et Kirua parviennent à entrer dans le jeu, qui a été crée par Gin. Là, ils rencontreront Biscuit, qui les aidera à compléter leur maîtrise du Nen, juste assez pour pouvoir affronter Boomer, un joueur cruel qui n’hésite pas à assassiner les autres participants afin de remporter le jeu. Après un brutal combat au cours duquel Gon montre sa détermination, le jeune garçon parvient à remporter le jeu, mais s’aperçoit que cela ne lui donnera pas pour autant le droit de rencontrer son père, qui est décidément aussi facétieux qu’insaisissable.

Chimeras Ants: la quintessence de HxH ?

La saga des Fourmis-Chimères débute sans ambages après la conclusion de Greed Island. Espérant enfin être en présence de Gin, Gon et Kirua tombent nez à nez avec Kaito, disciple de Gin et figure paternelle de substitution pour le jeune garçon. Les deux Hunters vont donc profiter de l’occasion pour se former auprès de leur aîné en le suivant sur une nouvelle mission.

C’est là que tout va dégénérer: Dans un pays protectionniste et obscurantiste, Kaito, Gon et Gin vont tomber sur une nouvelle race de super prédateurs, les Fourmis-Chimères, dont les attributs leur permettent d’absorber les caractéristiques de ceux qu’elles dévorent, y compris les humains, et y compris les utilisateurs de Nen… Après une cuisante déroute qui les force à fuir en laissant Kaito derrière eux, Gon et Kirua vont devoir se remettre en question et progresser encore davantage s’ils veulent pouvoir espérer se joindre à l’effort de guerre contre les Chimères et vaincre le Roi.

Cette saga, elle-même divisée en plusieurs parties, a été assez décriée parmi les fans de la série: trop longue, trop éclatée, dessins en dessous du niveau habituel… et pourtant, à mon sens, elle représente la quintessence de la série, même si elle laisse de côté certains protagonistes qui étaient centraux lors du premier arc.

On peut à plusieurs égards comparer Gon à San Goku, le célèbre héros de Dragon Ball. A ceci près que, là où Goku démontre un compas moral manichéen dont l’échelle passe du noir au blanc, celui affiché par Gon tout au long du manga paraît bien plus complexe, et passerait plutôt du bleu à l’orange. En effet, Gon a une idée toute particulière de ce que représentent le bien et le mal, et l’arc narratif des Chimeras illustre tout à fait ce principe. Toutes les épreuves traversées par le jeune Hunter mettent son sens moral à l’épreuve (le combat contre Knuckle, la rencontre avec Meléoron, et l’affrontement final contre Neferupito) complétant son parcours jusqu’à un climax autant physique qu’émotionnel.

Meruem | Hunterpedia | FandomLes autres personnages ne sont pas en reste durant cette saga, et on peut suivre les aventures simultanées de tous les héros sans que l’on sente de déséquilibre au fil des chapitres. Certes, le tome 22, qui met le focus sur la Brigade Fantôme, paraît à première vue dispensable, le tout n’en demeure pas moins cohérent, l’auteur démontre sa capacité à gérer un casting choral et à faire monter progressivement la tension jusqu’au combat final.

Le combat contre le Roi et sa garde rapprochée, envisagé dès le tome 20, débute au tome 25 et se conclue au tome 30, et comprend les affrontements les plus spectaculaires de la série, des combats où l’auteur exploite très adroitement les règles du système qu’il a lui-même établies (quoi qu’on en dise,le Nen de HxH est un des systèmes hard magic les mieux conçus du genre Shonen).

Pour conclure, ce qui fait selon moi de la saga des Chimeras l’arc emblématique et quintessentiel de la série, c’est, outre les enjeux colossaux, la parfum de conclusion qu’il apporte pour son protagoniste, qui atteint pour ainsi dire son objectif lors d’un épilogue émouvant, à l’issue duquel la série aurait très bien pu se terminer.

N’hésitez pas à nous donner votre avis en commentaire !

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***·Cinéma

Visionnage: Ghost in the shell (2017)

Film de Rupert Sanders
(2017), 1h47
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En 1989 le mangaka Masamune Shirow publie Ghost in the Shell (suivi de deux albums quelques temps plus tard), ouvrage qui va révolutionner les concepts cyberpunk et déboucher sur ce que certains considèrent un dépassement absolu du manga: l’adaptation en film d’animation par Mamoru Oshii ( qui a notamment traumatisé les Wachowski et leur a directement inspiré Matrix…). Après de très longues années (l’adaptation live remonte à l’achat des droits pas Spielberg en 2008) et plusieurs actrices et réalisateurs, le film hollywoodien voit enfin le jour, accompagné d’une bande-annonce qui fascine les journaux mais fait craindre un copier-coller de la version de Oshii

Je n’ai vu que les deux films d’Oshii et lu le manga (GITS compte deux séries animées et d’autres films d’animation ayant développé l’univers avec l’implication plus ou moins directe de Shirow) et craignais l’adaptation comme toutes les adaptations de Manga, rarement réussies et chaque fois américanisées. Le premier mérite que l’on peut rendre à Rupert Sander et à son film c’est son respect de l’univers d’origine et notamment la localisation asiatique. C’était loin d’être évident et dans un monde cyberpunk où un visage ne signifie rien la présence d’acteurs américains ne pose pas problème outre mesure. Mais le premier défaut du film est… son respect de l’univers d’origine et surtout du film d’Oshii. Très clairement, ce que laissait envisager la bande-annonce se produit: la version 2017 est une adaptation très fidèle du film d’animation et non du manga. Ce respect va jusqu’à la reprise de la musique de Kenji Kawaï (notamment sur la séquence d’introduction et le générique de fin) et de séquences entières. C’est troublant car on ne saisit pas trop l’intérêt hormis de représenter un sas pour le grand public américain qui n’a jamais vu un film d’animation japonais…

Résultat de recherche d'images pour "ghost in the shell 2017"Le film a certaines vertus, comme d’expliquer certains certains éléments du manga (les yeux de Batou) et du film d’animation. Mais globalement c’est un étrange objet qui ne vise qu’à rendre hommage, sans apporter grand chose de neuf, sans vision d’auteur. Peut-être est-ce le problème des remake hollywoodiens, quand un Ridley Scott parvient à se réadapter lui-même, la plupart des remake ne sont vus que comme des machines à cash remettant à neuf des films SF un peu défraîchis à cause des effets spéciaux ou pour profiter de l’aura de jeunes acteurs bankables.

Résultat de recherche d'images pour "ghost in the shell 2017"Du reste, pris seul, ce n’est pas un mauvais film, le travail esthétique, tant sonore que de design général est intéressant même si les séquences en images de synthèse sont étonnamment laides pour un film si récent (et pour Weta, société fondée par Peter Jackson pour le Seigneur des Anneaux et qui a remplacé ILM comme référence). Cela pose surtout problème quand on adapte un film d’animation particulièrement réussi esthétiquement et que l’on va jusqu’à en reprendre des plans entiers. Du coup, lorsque l’image capte des décors et des acteurs réels c’est intéressant, dès que l’on bascule dans l’image numérique on perd toute originalité pour dégrader des images déjà vues chez Mamoru Oshii en mieux. De même, énormément de l’ambiance graphique est une redite plus colorée  de Blade Runner. On peut difficilement reprocher au réalisateur de si bonnes références, mais encore une fois, citer Ghost in the shell et Blade Runner fait-il un film? Même Blade Runner 2049 (situé dans le même univers donc) était parvenu à dépasser sa source à la fois thématiquement et graphiquement. Mais tout le monde n’est pas un auteur…

Résultat de recherche d'images pour "ghost in the shell 2017"

La dernière partie du film assume une certaine divergence avec le métrage original et le manga en simplifiant une trame particulièrement philosophique au départ par l’évacuation de la question de l’Intelligence Artificielle (pour rappel le manga tourne autour de la chasse d’une IA ayant acquis son autonomie et débouche sur la question de ce qu’est le plus humain entre une nouvelle forme de vie numérique ou un cyborg). Cela permet de faciliter la compréhension et d’élargir le public, mais y gagne t’on sur le plan filmique et artistique? Pas sur.

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Une petite vidéo illustrant les reprises littérales…

 

 

**·BD·Manga·Rapidos

City Hall #6

Manga de Guillaume Lapeyre et Rémi Guérin
Ankama (2012-2015) 7 volumes (série finie).

Couverture de City Hall -6- Tome 6

Un billet sur le premier cycle (tomes 1-3) a été publié sur le blog, ainsi qu’un rapidos sur les tomes 4 et une BD de la semaine pour l’excellent tome 5.

La quête se poursuit alors que Jules Verne a rencontré Nikola Tesla, seul capable d’activer la porte vers le Monde à l’envers. Le volume se structure sur le conflit (historique) entre Tesla et Edison et voit l’intervention de HP Lovecraft, maîtrisant le voyage entre les dimensions et envoyé par le président des États-Unis Abraham Lincoln. Des conflits cachés entre les personnages apparaissent et la fine équipe va bientôt embarquer sur le plus réputé des submersibles, pour l’ultime voyage.

Clairement ce volume n’est pas le meilleur. La faute aux nombreux sauts temporels qui cassent un récit déjà souvent verbeux. Le design général est un ton en dessous, moins de personnages interviennent et les découvertes sont moins nombreuses que d’habitude. On a le sentiment que les auteurs ne se sont pas lâchés, dans un entre deux avec un tome 5 vraiment excellent et un final pour lequel ils se sont peut-être préservés…

 

****·BD·Manga·Mercredi BD

City Hall #5

Manga de Guillaume Lapeyre et Rémi Guérin
Ankama (2012-2015) 7 volumes (série finie).

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Un billet sur le premier cycle (tomes 1-3) a été publié sur le blog, ainsi qu’un rapidos sur le tome 4 pour comprendre le concept de la série.

Je fais une petite entorse en publiant un manga (normalement réservé au lundi) et un volume de série en cours. Ceci car ce volume 5 est vraiment une très grosse surprise et atteint  une qualité digne d’un album one-shot justifiant une BD de la semaine…

Dans cette série Steampunk de style Manga, entre humour et action et caractérisée par un rythme effréné (qui peut parfois épuiser le lecteur!), Jules Verne accompagné d’Arthur Conan Doyle et d’une agent spéciale envoyée en Europe par par Eliott Ness se retrouvent à Paris à la recherche du texte descriptif du méchant Black Fowl afin de sauver son père. Le tome commence directement dans le Monde à l’Envers, de l’autre côté du Miroir (le monde d’Alice au pays des Merveilles) où le Chat de Cheshire soumet Houdini (envoyé là par son double maléfique) à des énigmes redoutables. L’histoire progresse ainsi en parallèle entre les mésaventures de Houdini qui rencontrera le créateur de ce monde parallèle, Lewis Caroll, et les héros qui sont eux recueillis par un Victor Hugo membre d’une  résistance occulte comprenant rien de moins que Maupassant, Agatha Cristie, Edgar Poe, Tolkien et Maurice Leblanc (Arsène Lupin)… ouf!

Résultat de recherche d'images pour "city hall 5 lapeyre"Vous l’aurez compris, la grande force de cette série est l’extraordinaire imagination et le patchwork cohérent qu’ont réussi à créer les auteurs autour de ce monde où le papier permet de générer une réalité par sa simple description. Sortes de sorciers dotés de crayons à la place de baguettes, les personnages sont tous des figures de l’histoire littéraire  (mais également Lincoln, Graham Bell, Malcolm X,…). Le concept est extrêmement audacieux et excitant et si les premiers volumes souffraient de quelques défauts de jeunesse, les auteurs atteignent ici pleine maturité de leur récit. On reste dans du manga ce qui implique une relation entre les personnages un peu manichéenne, des dialogues un peu ado et des découpages où le rythme est la vertu cardinale. Mais l’ensemble reste assez lisible et surtout le design général est vraiment alléchant. L’ambiance steampunk laisse le champ libre à toutes les possibilités scénaristiques concernant des innovations technologiques à vapeur (les auteurs s’inspirent des découvertes récentes… à la sauce Révolution industrielle). Les grande auteurs, tous dotés d’une créature imaginaire issue de leurs crayons sont dessinés de façon totalement libre et fantasmée, comme des héros de jeux-vidéo. Les conspirations, agences secrètes et histoire occulte foisonnent dans cet univers, si bien que malgré la grosse pagination, on trouverait presque que tout va trop vite et l’on souhaiterait que la série continue (elle s’achève au septième tome). Ce volume comporte plus de découvertes que d’action mais reste sur un très bon équilibre entre les dialogues too-much de Jules Verne, l’univers fantasmagorique de l’autre côté du miroir (même la Reine de cœur apparaît!) et la confrérie occulte de Victor Hugo.

Image associéeC’est plein, ça déborde de cœur et d’envie de la part des auteurs (comme cette double illustration en transparence!) qui ont voulu mettre tout leur amour des imaginaires dans leur création et je vous invite vraiment à découvrir ce très bon manga français (surtout si vous n’êtes pas férus de manga) qui fait de la littérature classique un monde d’action, d’énigmes et d’aventure!

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mille et une frasque.

C'est lundi...

C’est lundi, que lisez-vous? #10

C’est les vacances, lectures plaisir et je prends le temps de replonger dans la biblio d’auteurs que j’aime…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

 Couverture de Xoco - Intégrale cycle 1 - Tomes 1 à 2couv-ira-dei-hd9782344027554-g

 Couverture de Wallman -3- Tome 3couv_257475Couverture de Bob Morane - Renaissance -1- Les Terres Rares

Couverture de Bob Morane - Renaissance -2- Le village qui n'existait pasCouverture de City Hall -5- Tome 5

Terminé le Wallman de Boichi qui est excellent, des lectures de la bibliothèque (dont deux séries que je suis et que j’ai chroniqué sur le blog) et deux nouveautés: Dragonball super et Ira Dei du duo Toulhoat/Brugeas.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

105767501 GUERRE SAMBRE T01 MAX&CONS[BD].indd501 GUERRE SAMBRE T02 MAX&CONS[BD].indd

Couverture de Red Skin -1- Welcome to AmericaCouverture de Red Skin -2- JackyUne bible - édition de luxe

Couverture de Le singe de Hartlepool - Le Singe de Hartlepool

Replay sur Sambre, une série de Dorison qui me tentait bien à sa sortie (fortement inspirée du design de Libery Meadows de Frank Cho), et un livre illustré par Rebecca Dautremer chez Gauthier Languerau (deux gages de qualité…) et qui me permet de parler un peu d’illustration hors BD. Enfin je fais mon retard sur la biblio de Lupano avec le multiaclamé Singe de Hartlepool que je n’ai toujours pas lu…

3. Que vais-je lire ensuite ?

la-quete-de-l-oiseau-du-temps-avant-la-quete-05-l-ordre-du-s9782749308487-lCouverture de Angel Wings -1- Burma Banshees

Couverture de Angel Wings -2- Black WidowCouverture de Angel Wings -3- Objectif BroadwayCouverture de City Hall -6- Tome 6

Deux nouveautés et la dernière série de Romain Huguault, auteur « aérien » que j’adore même si ce thème sur la guerre du pacifique m’avait moins tenté (récupéré à la bibli). Enfin, le tome 5 de City Hall (excellent!) m’a donné envie de continuer la série.

Et vous, que lisez-vous? Commentez et suggérez, ça m’intéresse!

BD·Jeunesse·Rapidos

Les légendaires: origines

Les enfants c’est à la fois une richesse et un drame niveau lecture: on découvre plein de trucs qu l’on aurait pas lu… et on se retrouve à la bourre. J’avais passé sur le phénomène Légendaires découvert de visu à Angoulême (pauvre Sobral enchaîné avec un nombre de dédicaces dantesque pour des hordes de gamins les yeux brillants) du fait de graphismes vraiment bof-bof. Nouvel Arleston (entendre « poule aux oeufs d’or »), Sobral s’est donc attaché les services d’une jeune illustratrice visiblement autodidacte pour renforcer le style Manga de la série dérivée. Très chouette de lancer ainsi une amatrice dans le grand bain et sacrée progression de Nadou quand on regarde sa galerie.

les_lc3a9gendaires_origines_tome_2_jadina_page_03.jpgL’histoire raconte tout simplement comment chacun des Légendaires est devenu un héros. Une « origin story » comme on dit à Hollywood, dont l’histoire est simple mais bien construite, clairement à destination des enfants et ado. Le style Manga et l’humour présent se laissent apprécier, mais l’atout maître repose clairement sur les dessins de la qualité d’un Anime nippon. La gestion des couleurs de l’illustratrice est de très haut niveau et pour peu que l’on aime le style, le trait très propre, plus même que sur un autre « jeune auteur » Guillaume Lapeyre sur City Hall. Si bien qu’outre cette série commerciale ciblé sur un public précis, j’attends de voir ce que peut donner cette dessinatrice prometteuse sur d’autres séries (en espérant qu’elle ne s’enferme pas dans le commercial).