Cinéma·Graphismes·Non classé

Bilan ciné de 2017

Comme on est dans les bilan et que dès le début j’avais envisagé ce blog comme traitant de tout ce qui était graphique, tout média confondu, je vais faire un petit retour ciné sur les films qui m’ont paru le plus visuellement intéressants de l’année passée.

Blade runner 2049

zkrbe1vncvacnuhnocp8J’en ai parlé sur le blog évidemment tant la claque graphique parvient presque à dépasser l’original. Le film de Villeneuve a une âme, une identité propre et un goût d’une grande délicatesse. Premier contact avait déjà donné une idée des originalités visuelles percutantes que pouvait proposer le canadien. Ce réalisateur est à mon sens l’héritier directe de Ridley Scott comme maître d’un cinéma graphique absolu.

Valerian

Résultat de recherche d'images pour "valerian mille planètes artwork"Luc Besson est un besogneux et un têtu. Des années qu’il se fait allumer notamment à chacune de ses adaptations BD. Il faut dire que son OPA sur l’Adèle Blanc-sec de Jacques Tardi que seul un Jean-Pierre Jeunet pouvait prendre en main avait fait du dégât. Si la participation de Mézière au réussi Cinquième élément donnait des gages, tout le monde retenait son souffle craignant le naufrage industriel. J’en ai parlé sur le blog, le naufrage est loin et si au final on a un honnête film d’action SF grand public, visuellement, artistiquement, c’est une grande réussite, très fidèle à l’esprit de la BD. Comme quoi quand Besson mets son âme et oublie les dollars et les Yuan il peut encore être bon (voir très bon).

Logan

Résultat de recherche d'images pour "logan movie artwork"Quelle surprise! Logan montre encore une fois combien Hollywood est capable quand on s’y attend le moins à produire des choses uniques, ambitieuses, artistiques, novatrices. Tout le monde avait proclamé le début de la fin des super-héro movies et la saga des X-men n’en finissait plus de s’effondrer avec un initiateur (Bryan Singer) s’éloignant à chaque film de son coup de génie du premier opus, Sam Mendes avait donné sur le précédent Wolverine un objet commercial informe destiné au marché asiatique… et voilà qu’en adaptant le génial comic de Millar Old-man Logan, il proposait un inattendu one-shot crépusculaire, mettant à l’écran le désespoir poussiéreux que George Miller n’a osé mettre dans son Mad Max Fury Road. Un rôle en or pour Hugh Jackman qui peut ainsi rendre son tablier la tête haute. Si Incassable a montré ce que devait être un film de genèse de super-héros, Logan restera sans doute pour longtemps un requiem de tout un genre.

John Wick 2

Résultat de recherche d'images pour "john wick 2 concept art"Improbable de voir un film de gunfights dans ce top, et pourtant, l’univers urbain et nocturne développé pour cette trilogie participe vraiment à la réussite de l’ensemble. Outre les chorégraphies, le choix des lieux (du métro aux catacombes romaines en passant par les cages à pigeon New-yorkaises), la création d’univers (l’hotel COntinental) donnent aux films un atout visuel que d’autres ambitions (je pense au Grandmaster de Wong Kar-wai) n’ont pas si bien réussi. Personnellement j’ai pris un vrai plaisir visuel à ces visionnages. Des films d’ailleurs dotés de très belles affiches qui donnent le ton.

Kong Skull Island

Résultat de recherche d'images pour "kong skull island artwork"

M’étant dispensé de ciné pour le coup tant ça semblant n’importe-quoi (avec Samuel Jackson on craint toujours le pire), j’ai été très agréablement surpris par l’ambition série-B et la recherche graphique vraiment chouette de cet univers de monstres géants. On est très proche de ce qu’a fait Guillermo Del Toro sur Pacific Rim, avec un background fouillé et un design barbare adapté su sujet. Le travail sur les indiens est excellent, les décors fouillés et terriblement graphiques. Bref, une vraie BD à l’écran. Si le scénario est pas plus mauvais que pour tout blockbuster estival, on reste avec un vrai sourire graphique qui donnerait presque envie de voir la suite. Avec en prime un magnifique générique final (… généralement le travail du générique donne le ton sur l’ambition et le sérieux de la production).

Roi Arthur

Image associéeÉtrange film que cette adaptation par le très visuel Guy Ritchie. Une première séquence d’abord, totalement sidérante de démesure, d’équilibre entre son et image, de puissance de mise en scène muette… Puis un travail d’invention syncrétique entre plusieurs époques pour Londinum. Enfin, un long film banal dans sa mise en scène, dans ses décors, dans l’utilisation de son bagage… Enfin, un combat contre le bosse de fin que n’aurait pas renié Frazetta. Passons donc sur les défauts pour nous concentrer sur la grande réussite du film: les références visuelles, à Frazetta donc (le monstre est très directement issu des illustrations du maître comme jamais auparavant au cinéma), au Seigneur des anneaux et ses Olifants ici démesurés, à ce que le design de chevalerie à fait de mieux (on pense au Boorman d’Excalibur évidemment). Il en résulte une petite frustration que Ritchie n’ait pas produit le grand film barbare qu’il aurait pu, sorte de suite moderne au Conan de John Milius.

Note: Thor Ragnarok comme Les Gardiens de la Galaxie 2 m’embêtent un peu car je reconnais une véritable démarche artistique dans les deux cas (et très proches l’une de l’autre). Si je reconnais en outre une certaine qualité au premier dans l’humour et le décalage avec le MCU, pour les deux films je trouve qu’il y a une faute de goût manifeste et en tout cas quelque chose qui ne m’a pas du tout accroché. Une sorte de fausse bonne idée qui aboutit à quelque chose de moche alors que tant d’argent et tant de talent ont été utilisés sur ces métrages. Dommage, vraiment!

 

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Cinéma·Comics

Infinity War et le MCU

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Depuis une poignée d’année le règne sans partage de Marvel en matière de pop-corn movie et de films de super-héros était remis en cause par l’arrivée à la fois du DCEU (DC extended univers) avec les plutôt bons départs de Man of Steel, Dawn of Justice et Wonder Woman mais aussi la relance de l’univers Star-Wars. En même temps, les derniers Marvel étaient un peu en deçà, avec un Avengers 2 un peu faible (problème de méchant, toujours le méchant!!!), et un déport avec les Gardiens de la Galaxie et Thor Ragnarok partant dans le « Buddy » spatial marrant que j’ai trouvé trop décalés par rapport à l’étendard installé par le premier Avengers. Une des raisons à cela est sans doute l’arrivée de nouveaux personnages moins connus que la triplette Captain America/Iron Man/Spiderman et une complexification de l’univers avec l’arrivée des thématiques des races extraterrestres.

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Avant toute chose je tiens à remarquer (une fois n’est pas coutume) le boulot titanesque des producteurs et notamment Kevin Feige le big boss, qui veille à la cohérence globale de l’univers, à la pertinence des thèmes pour coller avec un public cinoche différent des

comics (dont les tendances aux arcs narratifs tentaculaires est bien connue des lecteurs de BD US!) et la création d’une vraie famille artistique avec des réalisateurs et acteurs fidèles, loin des démarchages un peu mercenaires de la firme DC. Pour moi l’essentiel du succès des Marvel-movies et des difficultés des films DC repose sur l’attitude et le rôle des gardiens du temple. Zach Snyder était parvenu à installer une grammaire visuelle (peut-être perçue comme trop sombre et adultes mais qui avait la clarté d’un vrai choix artistique) à partir de Man of Steel.

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Son départ de Justice League (JL) et les premiers retours publics assez calamiteux sont a mon avis directement issus d’un désaccord artistique. Clairement, en regardant les chiffres DC a probablement dû demander un changement de ton (illustré sur l’assez moyen Wonder Woman) refusé par Snyder. C’est arithmétique: DC a un univers sombre et complexe plus difficilement transposable en film à très grand public que celui de Marvel. Avoir les mêmes entrées que le MCU signifiait donc faire comme Marvel et renier la spécificité DC. Dont acte puisque économiquement parlant Wonder Woman est un grand succès et Justice League (que je n’ai pas encore vu) minimise les dégâts sur le plan des entrées. C’est vraiment dommage car Snyder était celui qui pouvait hisser le DCEU très haut, avec pourquoi pas une reprise de Green Lantern à terne… Entre le formatage extrêmement efficace des Marvel et des films d’auteurs (Snyder, David Ayer) chez DC, pas les mêmes risques…

L’arrivée jeudi dernier de la bande annonce d’Avengers Infinity War est un séisme majeur. Marvel a choisi de tuer Justice League, profitant de l’absence de films de super-héros pour plusieurs mois, en rappelant à chacun ce qu’est la qualité Marvel et en imposant une comparaison. C’est assez malhonnête car une bande annonce reste une bande annonce, mais c’est de bonne guerre et cela risque de faire très mal aux ventes de tickets de JL…

Je vous laisse savourer ça et noter la date…

illuminati-les_0Personnellement je ne sais qu’attendre tant la phase 3 a eu ses très hauts (Captain America Civil War considéré par beaucoup comme le vrai Avengers 2) et ses très bas (Gardiens de la Galaxie vol.2 totalement WTF et dans une moindre mesure Thor Ragnarok, les deux premières fautes de gout du MCU selon moi…). La bande-annonce de Black Panther m’a semblé tout aussi faible que celle de JL mais du coup celle d’Infinity War me redonne la patate pour un personnage que j’avais pourtant vraiment apprécié sur Civil War. D’autant que les spéculations sur la Phase 4 (… vers l’infini et au delà!) vont bon train et que les quelques infos et constats faits ces derniers mois m’incitent à avancer une hypothèse, celle d’un tournant majeur et un passage des Avengers aux Illuminati

Je suis un  connaisseur très moyen de l’univers des comics Marvel (plus le temps pour ces conneries) mais en me documentant j’ai appris que les Illuminati sont un groupe de héros surpuissants rassemblées dans une organisation occulte pour contrer des menaces majeures d’outre-espace ou d’autres dimensions. Un changement de registre, périmant les élucubrations du SHIELD et du Captain America. La plupart ont été abordés au cinéma et cette évolution serait une transition naturelle, Kevin Feige ayant toujours déclaré que les Avengers auraient une fin (dissolution qui ne finit pas de s’éterniser depuis… le premier Avengers!). Histoire de contrats, certains acteurs anciens du MCU devraient reprendre bientôt leur liberté et la nécessité de renouvellement devrait inciter à donner une place majeure aux héros choisis pour clore la phase 3: Dr. Strange et Panther Noire.

Sont membres des illuminati:

  • Charles Xavier: le chef des X-men et le plus puissant d’entre eux. Les droits ciné des X-men sont à la 20th century Fox… mais ceux qui ont su trouver un accord pour faire apparaître Spider-man dans le MCU devraient trouver une solution pour les X-men.
  • f808c48de5bbaaef0307742d152df0a0-gabriele-marvel-dcNamor: encore jamais vu, Namor (traité dans un graphic novel par le magnificent Esad Ribic) a des très furieuses ressemblances avec l’Aquaman de DC… L’éditeur de Batman prends un coup d’avance pour une foi! C’est un atlante, souvent en position d’anti-héros, assez sombre. Peut-être que ça ne collera pas avec le ton du MCU a moins de prendre le risque de froisser les fans hardcore…
  • Flèche noire: chef des Inhumains, que Marvel a tenté de façon assez pathétique de lancer dans un show TV, avec une annulation très rapide et la disparition du projet de film du calendrier MCU. Il est volontairement muet à cause du pouvoir destructeur cataclysmique de sa voix, que l’on peut voir en action dans les comics Infinity où il affronte Thanos en utilisant son cri à pleine puissance…
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  • d8ba101ca58f741dbe42136a2ae15cf9-comic-superheroes-marvel-comicsDr. Strange: de par ses pouvoirs sur les dimensions et sa possession de l’œil d’Agamotto (une pierre d’Infinité)il est sans doute le plus puissant de tous les Avengers et considéré dans les comics comme le chef des Illuminati. Personnage le plus intéressant des nouveaux venus de la Phase 3, il est logique qu’il prenne la place de Tony Stark (Iron Man) comme personnage central du MCU.
  • Black Panther: son film clôt la Phase 3 et a la lourde responsabilité de préparer à Inifinity War. Etant donné que le Captain America (comme son acteur) a vocation à passer la main on peut supposer que Marvel a prévu bien plus qu’un film de sidekick et que les films Black Panther aient à l’avenir le même rôle que ceux du Cap’, c’est à dire le fil conducteur.
  • Mister Elastic: Red Richards est avec Hank Pym (Ant-Man) et Howard Stark (Iron-Man) un représentant des génies scientifiques impliqués dans beaucoup d’histoires de Marvel. Apparu à quatre reprises au cinéma dans des films (4 fantastiques) globalement très dispensables, Marvel pourrait contourner ce manque de popularité en l’introduisant à la manière de Hulk, devenu le plus populaire des héros du MCU malgré l’absence de film autonome (les précédentes tentatives ne sont pas prises en compte par le MCU).

On voit bien le potentiel de ces personnages, qui ont le mérite à la fois de reprendre certains traits archétypaux des actuels Avengers, de monter d’un étage en matière d’enjeux et d’apporter le renouvellement nécessaire. Car Marvel a bien compris une chose depuis longtemps: sans bousculer le spectateur et ses personnages il n’est pas possible de construire de la narration et de la tension, deux choses qui font aimer les histoires. Pour l’heure Marvel studios fait un quasi sans faute avec une patience impériale pour construire petit à petit un monument inédit de l’histoire du cinéma, un tel enchevêtrement de dizaines de films étant a ma connaissance jamais vu.

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Cinéma·Graphismes

Blade runner 2049

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L’Etagère étant un blog surtout centré sur la BD, je précise lorsque je m’éloigne du 9° art que vous trouverez aussi ponctuellement ici des billets sur des films ou des artistes dont le caractère graphique sont indéniables. Le premier billet de ce type fut pour Georges Hull et son incroyable travail sur Jupiter Ascending des Wachowski (… et sur Blade Runner 2049, si-si!).

Blade Runner n’a jamais été mon film SF préféré (bien que je reconnaisse son immense qualité graphique, que je sois un fan absolu de Ridley Scott et que BR fut à l’époque une étape majeure dans l’avancée vers une SF moderne au cinéma). L’intrigue m’avait toujours parue un peu trop intellectuelle et obscure, les débats sur la nature de Replicant de Deckard, sur les cocotes en papier et sur les différents montages du film confirmant mon impression. Pour moi la grande saga SF est et reste Alien (du même bonhomme, tiens tiens). C’est d’ailleurs sur ce dernier que Ridley Scott a fait sa première expérience d’un nouveau concept: l’auto-remake-suite-préquelle… Ayant intégré les impératifs de fructification des franchises par Hollywood, l’auteur a préféré s’occuper lui-même des remakes de ses films (avec les moyens qui accompagnent généralement le lancement d’un nouveau culte pour une nouvelle génération!) en leur intégrant une véritable démarche artistique. Quoi de plus fascinant que de revisiter soi-même ce que l’on a créé il y a 30 ans en en changeant le prisme pour développer de nouveaux thèmes? Sur Blade Runner, s’il ne s’est pas occupé de la réalisation, Scott reste la cheville ouvrière de cette véritable et passionnante suite.

statueMais revenons à nos moutons graphiques. Si l’articulation scénaristique entre les deux films est parfaitement agencée, c’est sur le plan graphique que le film de Denis Villeneuve surpasse assez largement son aîné. J’avais remarqué sur Sicario et Premier Contact la tendance à la lenteur et aux plans très graphiques (notamment aériens) du réalisateur canadien. Celui qui travaille déjà sur la nouvelle adaptation de Dune apporte à l’univers de Blade Runner une cohérence et une exigence d’univers graphique à la fois beau et cohérent qui happe pendant 2h40 (c’est long, je ne suis pas le premier à le dire).

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 Rarement un si long métrage a ainsi généralisé l’ambition graphique sur chaque plan, ce qui donne très envie d’aller regarder du côté des designers qui ont travaillé sur le film. La principale différence avec le film de 1982 est l’exploitation du jour (précédemment tout se déroulait de nuit pou en intérieur). Cela permet de travailler des aplats de blanc, d’orange, de bleu beaucoup plus fins que les noirs profonds du film de Ridley Scott. La séquence à Las Vegas est à ce titre sublime, tant par les décors que par la lumière. Alors oui l’intrigue est cérébrale, lente, longue, mais comment se plaindre d’une telle plénitude oculaire pendant près de 3h?

 

BD·Cinéma

Et alors Valérian?

Rapidos mon retour sur le Valérian de Luc Besson qui comme à l’accoutumée chez ce réalisateur va du chaud au froid entre immenses attentes et bashing violent.

valerian-02Clairement, l’adaptation est réussie, tout en restant dans l’univers de Luc Besson, très très compatible avec celui de Mezière (c’est quand même ce dernier qui a quasi créé l’univers du 5° élément). Les deux acteurs sont physiquement irréprochable (par rapport aux personnages de la BD) et notamment Dane DeHaan excellent… en revanche Cara Delevingne est une terriblement mauvaise actrice, non aidée par un doublage catastrophique en français! Mais bon, ici on parle d’univers graphique et chacun devra reconnaître que sur ce plan, c’est virtuose, empli de bon gout et d’idées fabuleuses comme ce Big Market qui emprunte un peu à celui de Hellboy II en développant bien plus avant l’idée du monde parallèle.  En clair on n’a pas été autant rafraîchi visuellement depuis le Jupiter des Wachowski et… le Matrix des mêmes. Luc Besson est un créateur visionnaire et plein d’humour, Valérian le confirme.V2

Le bémol scénaristique (gros coup de mou sur la deuxième partie après un festival graphique d’une heure) confirme que Besson devrait vraiment prendre des scénaristes chevronnés pour l’aider. Il commet la même erreur que Georges Lucas sur Star Wars épisode 1. N’est pas scénariste qui veut…

Même erreur également sur l’utilisation des CGI totalement dispensables concernant le peuple des Pearl qui auraient grandement gagné à n’être que maquillés et non entièrement créés en performance capture.

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Tout ceci n’est que détails et Valérian et la cité des mille planètes reste l’un des meilleurs films SF de l’année et un très bon cru dans la filmo malmenée de Besson ces dernières années. Gageons que comme Le 5° élément le film gagnera des fans au fil des ans et deviendra une référence du genre. Rappelons également qu’adapter une BD au cinéma est généralement signe de catastrophe et rien que pour cela, Valérian mérite les louanges (on est bien au-dessus d’Adèle Blanc-sec qui s’éloignait trop de l’univers de la BD).

Cette année Valérian est de grande qualité, il faut en profiter avec un très bon numéro spécial de Pilote déjà sorti en librairie et la version BD de Mathieu Lauffray pour très bientôt.

Le blog Fifty Shades of books en parle aussi.

Cinéma·Graphismes

Jupiter et George Hull

Dans la fascination grandissante envers les films de SF et fantastiques, une grande part tient au design et à la créativité des artistes géniaux embauchés par troupeaux et qui créent des univers dans lesquels on se demande souvent après coup quel a été le rôle du réalisateur… Ces artistes la plupart du temps inconnus (comme du reste l’essentiel des techniciens) sont pourtant l’âme de ces films. Quelles qu’aient été les visions des réalisateurs de ces films, Alien n’existerait pas sans Giger, Star Wars sans Ralph McQuarrie, et Le Seigneur des anneaux sans Alan Lee et John Howe. Je me remémore la séquence des DVD Star Wars où George Lucas passe tamponner en quelques secondes les illustrations validées ou non sans un regard aux graphistes anxieux…ja_titus_open_fin5

Parmi les réalisateurs les plus inventifs de ces dernières années se trouvent les Wachowski, sans doute les plus grands apports à la SF depuis George Lucas. Si Matrix est entré dans l’imaginaire collectif, une incompréhension sur les volumes 2 et 3 a atténué l’aura de ces inventeurs d’univers auprès de la presse du du public. Leur film Cloud Atlas est significatif de cette gêne autour de leurs oeuvres, les critiques semblant désemparées au visionnage sans pour autant critiquer. Les visionnaires sont souvent victimes de tels problèmes.

set_titusdockjumperfront_fin5fJupiter Ascending (je vous dispense de son abominable titre français), leur dernier métrage, bien que victime de quelques difficultés de studio, est à ce titre au moins un chef d’œuvre graphique (je vous renvoie à la critique d’écran large, à laquelle je souscris, pour la partie cinéma) et est pour beaucoup sorti de l’univers de George Hull, designer ayant travaillé sur tous les films Wachowski mais aussi sur Star Wars, les Gardiens de la galaxie, Tree of life, Transformers et Blade Runner 2049 excusez du peu !

Le film est un maelstrom visuel presque exempt de faute de gout et150113_zerocoloreddrngv3_gh proposant une alchimie des arts culturels humains jamais vue depuis Star Wars (encore, oui, je sais). Du design des vaisseaux à la planète centrale qui parvient à se démarquer de Coruscand (pas simple pourtant), tout fascine dans les tableaux dessinés par Hull. Encore une fois, étant donné le fonctionnement artistique des Wachowski il est probable que beaucoup d’idées soient issues de leurs cerveaux, mais je vous laisse parcourir les différentes galeries de ce très grand designer (dont je n’ai malheureusement pas trouvé trace d’Art-Book) pour vous faire une idée de sa cohérence et de son style inimitable et original. Personnellement je ne me suis toujours pas remis des armures exo-angéliques…