***·BD·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

DC Infinite Frontier: Justice Incarnée

Recueil des cinq chapitres de la mini-série écrite par Joshua Williamson et Dennis Culver et dessinée par Andrei Bressan et Brandon Peterson. Parution en France chez Urban Comics le 08/07/2022.

Merci aux éditions Urban pour leur confiance.

Comme vous le savez, le Multivers a le vent en poupe. Si vous suivez l’actualité comics et celle des adaptations cinématographiques, vous saurez alors que le concept d’univers parallèles ne date pas d’hier et qu’il offre aux scénaristes a) des possibilités narratives très vastes et b)la possibilité de créer des ponts entre les différentes sagas et univers, ce qui peut dégénérer, dans le cas cinématographique, vers le fanservice.

Chez DC comics, on peut affirmer sans se tromper que le multivers est inscrit dans son ADN, puisque l’éditeur a du, très tôt dans son histoire, justifier les différentes incarnations de ses héros phares, qui avaient changé entre le golden age et le silver age. Les lecteurs de comics sont donc supposément familiers du concept de terres parallèles et des variations multiples d’un même personnage.

S’agissant de DC Infinite Frontier, on peut la résumer comme une nouvelle saga cosmique impliquant le multivers. La Ligue de Justice Incarnée, qui s’est formée spécialement à l’occasion de cette crise cosmique, réunit plusieurs héros issus de mondes différents, comme le Président Superman de Terre-23 ou le Batman de Flashpoint. Autour de cette variation du world’s finest, on trouve Aquawoman (variation féminine d’Aquaman), Captain Carrot (hein?), Mary Marvel (soeur de Captain Marvel/Shazam), Thunderer et Dino-Flic (ersatz de Savage Dragon). Face à l’ampleur de la crise, le groupe sera rejoint par Docteur Multivers (là aussi, un erzatz de Captain Universe, pour ceux qui ont lu les Avengers de Jonathan Hickman), qui est une sorte de système de défense du Multivers contre les menaces externes.

Lors des événements précédents, Darkseid a utilisé Psycho-Pirate afin qu’il manipule Barry Allen, l’incontournable Flash, dont la vitesse, issue de la Force Véloce, est l’un des rares pouvoirs capables de percer la membrane qui sépare les univers. Sous cette néfaste influence, Flash a déchiré le multivers et crée la Plaie, que le seigneur d’Apokolips compte bien utiliser pour son propre bénéfice. Afin de pouvoir l’arrêter, la Justice Incarnée doit elle aussi compter dans ses rangs son propre Flash. Ce sera Avery Ho de Terre-0, ressortissante chinoise possédant la Force Véloce, et qui voit notre bon vieux Barry comme son ami et mentor. Ce groupe ainsi formé parviendra-t-il à stopper les plans de Darkseid, et de quiconque tire les ficelles en coulisse ?

Dr Manhattan, pion multiversel. Je n’aimerais pas être celui qui a du annoncer ça à Alan Moore…

Cette mini-série en cinq chapitres poursuit la saga initiée par Josh Williamson sensée secouer une nouvelle fois la ruche DC Comics. Si l’intrigue avance rapidement, c’est certainement au détriment de certains personnages et de certaines interactions, qui sont mises de côté au profit de grandes révélations qui seront certainement exploitées plus tard.

En effet, l’équipe se retrouve rapidement divisée, et les pérégrinations de la première moitié, coincée dans la Maison des Héros qui sert de QG au groupe, ne portent pas le même impact que celles du trio formé par Président Superman, Batman Flashpoint et Docteur Multivers. D’ailleurs, en parlant de ces trois-là, il faut vous avertir qu’il est conseillé d’avoir lu les oeuvres précédentes, comme Multiversity ou Flashpoint, pour mieux appréhender les personnages qui en sont issus et qui constituent la Justice Incarnée. A minima, il faudra être au fait des différents archétypes que représentent ces personnages dans la mythologie DC pour en apprécier les variations et comprendre leurs motivations.

L’intérêt principal de l’album réside dans les révélations qu’il apporte sur les différentes crises traversées par l’univers DC, de Crisis on Infinite Earths à Final Crisis en passant par Doomsday Clock, voire même des classiques comme Kingdom Come. En effet, si l’on se réfère à ce qui est révélé dans ces pages, toutes les crises citées ont été initiées par les Grandes Ténèbres pour détruire l’Omnivers, ce qui induit que Superboy Prime, Magog, Extant et même Dr Manhattan ont été manipulés par cette entité. Dans le jargon, on s’approche de ce qui se nomme un retcon, ce qui signifie continuité rétroactive, lorsqu’un auteur introduit un élément qui influence ou remet en question des éléments préétablis de continuité.

Quoi qu’il en soit, l’album reste de bonne facture, mais ne sera conseillé qu’aux lecteurs réguliers de DC Comics en raison d’un encrage assez profond dans la continuité récente et passée.

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s