Comics·East & West·Nouveau !

Batman Metal #2: les chevaliers noirs

esat-westComic collectif,
Urban (2018) – DC (2017), 248 p., Batman Metal #2/3

batman-metal-tome-2Suite du volume 1 publié par Urban, ce volume comprend le troisième épisode de la série Batman: Métal (dessinée par Greg Capullo) enchâssé dans les épisodes one-shot relatant l’apparition de chacun des Batmen du multivers noir fusionnés avec l’un des héros de la Justice League. Le gros volume comporte comme le précédent, en prologue un résumé éditorial de contexte, une court synthèse des personnages DC impliqués dans ce volume, en en fin de tome un plan du multivers et une très courte galerie. L’illustration de couverture est particulièrement trash (avec un gros rappel du Deuil de la famille du duo Snyder/Capullo, et franchement magnifique! Pour la composition du volume jetez un oeil à la fiche BDgest.

Dans différentes Terres du multivers, Batman se retrouve confronté à ses terreurs et à ses échecs. Sacrifiant ses amis de la Ligue de Justice, Bruce Wayne, dans ses différentes représentations, capitule et ouvre son cœur à la noirceur de Barbatos, devenant l’un des chevaliers noirs du Multivers noir. Ce sont les récits de ces versions de Batman qui nous sont proposés ici…

Qui sont les 7 Chevaliers Noirs dans Batman Metal ? [la critique du tome 2]Après la lecture de ce second volume du run Metal, deux conclusions: premièrement nous avons là sans doute l’un des arcs les plus ambitieux produits par DC, à la fois graphiquement de très haut niveau et aux incidences thématiques et dramatiques très profondes. Deuxièmement, si vous démarrez du DC là-dessus accrochez vous, la narration est compliquée à souhait entre les trames temporelles, les différentes itérations de Batman et l’art de la complication scénaristique qu’ont les auteurs de comics…

L’album est plus riche que le précédent car plus cohérent. Hormis le troisième épisode de Batman: Metal, sur lequel je n’ai pas compris grand chose (tellement de liens avec l’histoire éditoriale de Batman et de DC), on découvre au travers des histoires des différents chevaliers noirs suivant le Batman qui rit et apparus à l’ouverture du Multivers noir, ce qui a provoqué cette catastrophe. Chacun des scénaristes derrière ces one-shot parvient à créer à la fois une variation super intéressante fusionnant Batman et un des membres de la JL et faire avancer la compréhension de l’intrigue principale.

Là où le volume précédent était un peu rempli pas des épisodes anecdotiques, ici tout se tient et c’est finalement plus le retour de Snyder et Capullo qui nous perd avec cette difficulté à n’avoir jamais de continuité directe d’un épisode à l’autre (à chaque fois on se demande: on est quand? on est où?) et avec des idées WTF qui ressortent de façon étonnante pour un duo créatif qui a produit de si bonnes choses par le passé. Image associéeLes stand-alone parviennent à atteindre une profondeur dramatique vraiment inspirée, notamment sur le dernier épisode « Lost » qui voit Batman perdu dans son esprit et dans le Multivers noir, revivant ses précédentes aventures. L’on se demande alors s’il est vraiment possible que DC ait construit depuis si longtemps des pistes réfléchies menant à Metal… J’en doute mais l’artifice marche superbement! On passe donc tout un album à lire des histoires de Batman sans Batman, des histoires au fonds identiques, sans que l’on ne s’ennuie le moins du monde.

Résultat de recherche d'images pour "batman metal dawnbreaker"La noirceur générale du volume est réellement désespérante et si certains trouveront ça un peu too-much, je trouve que l’objectif est totalement réussi de désespérer le lecteur qui finit l’ouvrage sans aucun espoir de victoire finale et en se demandant si Metal n’aboutira pas simplement à des intrigues situées dans le multivers noir… Je suis le premier à crier aux interminables reboot-relaunch-apocalyptiques des Big-two mais ici je dois reconnaître qu’on est accroché (notamment grâce à l’exigence graphique que personnellement je n’ai jamais vu si haute sur une équipe artistique d’une telle taille). J’ai tellement pris l’habitude d’être déçu à lire des comics de super-héros que je dois reconnaître une assez grosse attente de connaître la chute de ce run! Pour peu que l’on accepte de faire l’impasse sur toute la ribambelle d’artefacts, personnages et concepts issus de 50 ans de publications DC, Les chevaliers noirs apporte une vraie fraîcheur qui peut même donner envie d’aller lire d’autres arcs …

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Cinéma·Comics

Visionnage: Justice League

Bon ben voilà c’est fait j’ai vu Justice League de Zack Snyder Joss Whedon (ah bon?)… et ce n’est pas la catastrophe annoncée… mais vraiment pas un chef d’œuvre non plus… Pour ne pas tomber très vite dans le Fan-Shoot et de façon un peu moins passionnelle que ma réaction après le suicide Star Wars 8 (je suis pas vraiment un geek du DC univers), je vais revenir à mes attentes, à ce que j’ai vu et surtout à ce qu’aurait pu être ce Justice League qui n’est néanmoins pas plus honteux que les Gardiens de la Galaxie ou Thor Ragnarok (comme quoi les goûts et les couleurs…).

J’ai découvert Zack Snyder sur son premier long métrage, l’Aube des morts (tiens, Dawn of the Dead… puis quelques années plus tard Dawn of justice! c’est rigolo) que j’avais beaucoup aimé pour sa grande fraîcheur visuelle et thématique. Son 300 fut une énorme claque graphique qui permit Sin City et bien d’autres expérimentations visuelles; puis Watchmen… comment dire… La BD réputée inadaptable sur laquelle sont passés tous les plus grands, adaptée avec quelle maestria… Bref, je ne vais pas refaire sa filmo mais c’est un quasi sans faute depuis le début. Son entrée dans la Ligue de Justice (Man of Steel) fut l’un des meilleurs films de superman, doté notamment d’une introduction très forte, l’un des meilleurs films de super-héros et l’un des meilleurs Snyder. Les réticences du public portent selon moi surtout sur la grande faute d’avoir commis une fabuleuse bande-annonce qui laissait envisager le Man of steel définitif et qui pour une raison que j’ignore (le studio? non? vous êtes surs?…) s’est résumée aux premières minutes sur Terre (le Clark itinérant). Il reste que l’équilibre du film est assez impressionnant et débouche sur le Dawn of justice que l’histoire réhabilitera, j’en suis sur. Pour être clair (ça devient habituel à Hollywood), je ne parle que de la version longue, la seule légitime qui me confirme (le studio? non? vous êtes surs?…) que les producteurs sont les tragiques responsables de tous les déboires des films DC depuis pas mal d’années. La version ciné m’avait bien plu malgré quelques grincements. La version longue résout la quasi totalité des problèmes du film diffusé en salle et confirme être la seule version du réalisateur. La principale faute de goût étant le ridicule personnage créé par Jesse Eisenberg pour Lex Luthor. Le choix de l’acteur fut-il celui du réalisateur? Nul ne le saura sans doute jamais, mais toujours est-il que son absence du film Justice League est peut-être une indication de la prise de conscience qu’il valait mieux l’écarter.

Résultat de recherche d'images pour "justice league movie trailer"Tout ça pour dire que quand on connait un peu la filmo et globalement la démarche artistique de Zack Snyder jusqu’ici, il devient évident après visionnage du film que nous avons réellement affaire à un Frankenstein monté par (le studio? non? vous êtes surs?…)… Je ne tirerais pas sur Joss Whedon qui a lui-même subi les affres des producteurs sur son Avengers 2 et qui apporte une démarche Buddy-movie qui aurait pu fonctionner… si elle n’avait pas été l’antithèse de l’univers de Snyder. Dawn of Justice a été critiqué pour son aspect torturé, lourd, sombre, appuyé par une musique en acier trempé… et bien moi je trouve que c’est pertinent et l’introduction de Justice League qui retrouve la fulgurance de Watchmen et se paie le luxe d’introduire un message politique dans un Pop-corn Super-heroes movie confirme que c’est sans doute vers cela que voulait aller Snyder. De même comment ne pas voir une totale schizophrénie entre les premières séquences de Flash, en prison (le réalisme, le social, la famille-background) et le reste du film avec un personnage débile qui est là pour assumer le rôle de Jar-Jar Binks? (oups, j’atteins un point Godwin là je crois…)? Par moment ainsi nous avons des héros sombres (les passages de Wonder Woman à propos de son amour perdu, les rares séquences d’Aquaman parlant de sa famille,…). Surtout, la résurrection de Superman semble bien être celle de Snyder et reste un des moments forts du film. Sa disparition totale du film ensuite jusqu’à la séquence finale est incohérente et l’on peut imaginer que Snyder avait plutôt prévu un épisode « noir » à superman…

Image associéeTout ce que l’on peut lire sur le net avec une libération progressive de la parole (Snyder aurait en fait bien été viré) confirme que le studio est le seul et unique responsable de la gestion catastrophique de l’univers cinématographique DC. Quand Marvel a mis quatre ans (avec des films Phase I très moyens) avant d’accoucher Avengers, DC a marché au forceps, contraignant des artistes avec des cahiers des charges changeants, sans vision, hésitant sur le ton à donner face au concurrent. Malgré cette supervision des producteurs Man of Steel et Dawn of Justice portent une certaine cohérence (le ton sombre, le lien entre héros et société). Justice League n’a pas cette complexité et l’on ne peut imaginer que Snyder ait choisi lui-même de couper ce qui fait la maturité de ses films de super-héros depuis Watchmen. Le film que l’on a vu est donc un simple film d’action dans la moyenne de ce qui se fait, pas honteux malgré quelques travers un peu ridicules (comment peut-on clôturer un film de façon aussi médiocre? Ah oui Star Wars 8 j’oubliais…)? Finalement ce sont les séquences Snyderesques qui font le plus mal en nous laissant imaginer ce que cela aurait pu être. Et que l’on ne verra sans doute jamais.

Résultat de recherche d'images pour "justice league movie trailer"Comme Disney a suicidé la saga Star Wars, DC a suicidé définitivement son univers cinématographique qui ne pourra désormais plus exister que sous forme de one-shot, via le Batman notamment. C’est dommage car je n’avait jamais cru à la pertinence d’un tel film mais progressivement un certain Zack Snyder m’avait fait miroiter quelque chose d’assez incroyable. Encore une fois la mesquinerie des financiers aura eu raison de la créativité artistique. Triste.

Comics·East & West·Rétro

Justice League: crise d’identité

East and west

Comic de Brad Meltzer et Rags Morales
Urban (2013) – US DC (2005).

NB: les illustrations trouvées pour ce billet sont d’assez mauvaise qualité et reflètent mal l’étalonnage des couleurs de l’album.

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Comme d’habitude chez Urban, très gros boulot éditorial qui justifie les tarifs parfois un peu chers. L’unité de la ligne graphique (tranches noires avec le logo de la série/personnage) plait beaucoup aux amateurs de comics. Il y a donc l’ensemble des superbes couvertures originales faites par le regretté Michael Turner, un textes introductif à la continuité et aux personnages DC (… pas suffisant malheureusement étant donnée la complexité du DCverse), la fiche technique de chaque fascicule, trois histoires annexes en fin d’album (très très old school, perso je passe mon chemin) et une grosse analyse de l’histoire par les auteurs eux-même. Chez DC ces documents complémentaires sont totalement indispensables pour tout lecteur non habitué. On aimerait parfois en avoir autant dans les intégrales de BD franco-belge.

La femme d’Extensiman a été atrocement assassinée. La famille de la Justice League est en deuil. Mais ce n’est que le début: un mystérieux tueur qui déjoue tous les systèmes de sécurité s’attaque aux proches des héros, mettant en péril leur identité secrète et leur intimité. Des failles apparaissent sur les méthodes des différents héros alors que la tension monte…

Résultat de recherche d'images pour "justice league crise d'identité"JL crise d’identité jouit dans l’univers des comics d’une très forte réputation et apparaît très favorablement lorsque l’on cherche les « 10 comics de super-héros qu’il faut avoir lu ». Très rapidement lorsque l’on commence la lecture on comprend que l’on a affaire à quelque chose de différent de la narration habituelle issue du Comics Code authority: le stress est apparent chez ces êtres tout puissants, il y a de vrais morts, du sang, les méchants sont torturés… Je connais assez mal l’univers DC hormis les albums Batman mais j’ai trouvé une proximité avec le pilier du comic adulte qu’est Watchmen. D’abord le style de dessin qui fait assez années 80-90 (Dave Gibbons, l’illustrateur de Watchmen oeuvre sur un épisode de la série). Il est dommage que l’on ne puisse lire cet album en N&B car Morales a une certaine technique, classique de l’illustration américaine, qui rappelle le travail de Gary Gianni. Les couleurs peu subtiles et très informatiques n’apportent en revanche rien au dessin qui s’intéresse quasi uniquement aux visages, assez torturés, ce qui est inhabituel pour une BD de super-héros; les arrières plans et décors sont tout a fait industriels et sans intérêt. Pour résumer l’illustrateur est bon mais la colorisation et le design très rétro et (franchement ridicule par moments) n’aident pas à entrer dans cet univers. Dommage.Résultat de recherche d'images pour "justice league crise d'identité"

Pour revenir au scénario et au traitement, on est dans de la pure enquête policière, avec interrogatoire, autopsie et jeu sur les ombres. Les comics DC (qui signifient, pour rappel, « Detective comics« ) nous ont habitué à des filatures impuissantes de serial killer, du Silence de Jeph Loeb et Jim Lee au Long Halloween du même Loeb et Tim Sale ou encore (et ben oui), Watchmen. Par contre j’ai ressenti la même difficulté que sur Kingdome Come avec l’univers et les personnages DC qui me sont pour la plupart inconnus et que les auteurs (pour accentuer l’effet fan) nomment par leur patronyme au lieu de leur nom de héros… Du coup on a beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire et comprendre qui parle (les fameuses narrations avec code couleur typiques des comics) avant le premier rebondissement. C’était la force de Watchmen que de recréer un panthéon de toute pièce en évitant de trier entre ses lecteurs familiers et les novices. L’univers DC demeure lui assez hermétique aux non-fans.

Résultat de recherche d'images pour "justice league crise d'identité morales"La seconde partie est plus aérée, linéaire, compréhensible et rehausse l’ensemble avec une chute totalement imprévisible. Le thème de la famille est central dans cet album et trouve des échos dans le Deuil de la famille (du cycle Snyder/Capullo sur le Dark Knight): quand les scénaristes osent des incidences radicales pour des personnages c’est toujours percutant. Du reste les auteurs mettent le focus sur des méchants et héros relativement mineurs; Superman, Batman, Wonder Woman ne font que des apparitions. Seul Flash occupe une position centrale en incarnant une certaine morale.  Car ces évènements (c’est la deuxième force du récit) provoquent un véritable conflit interne à la JL quand aux méthodes (radicales?) à adopter face à des évènements extrêmes. Encore un fois c’est la rigueur morale des super-héros qui est questionnée. C’est intéressant mais on commence à en avoir l’habitude. Personnellement je préfère les histoires assumant justement une part sombre (depuis le Dark Knight de Miller au cycle de Snyder) des personnages. La face privée des héros est en revanche intéressants, notamment la relation de Robin avec son père.

Au final on a un comics plutôt haut du panier, avec un illustrateur classique mais qui mériterait que son travail soit mieux mis en valeur. La complexité inhérente aux histoires DC enchevêtrées et un design très daté empêchent ce comic d’être vraiment excellent et c’est dommage tant le traitement et les questionnements posés  renouvellent plutôt le genre.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #5

Bon ben c’est pas par-ce qu’il neige qu’on s’arrête de lire des BD, donc…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Fournée de bibliothèque oblige je replonge chez Léna, découvre l’excellente série Gung-Ho, le tout aussi impressionnant Vivès et deux rattrapages de la rentrée avec le Largo Winch (plutot pas mal) et le Batman (assez mitigé).

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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couv_261754nils-tome-2-vfCouverture de Yin et le dragon -1- Créatures célestes

J’ai pas mal accroché Sun-ken Rock alors j’enchaîne (… avant Wallman). JL Identity crisis fait partie des comics les plus réputés de ces dernières années, j’en parle très bientôt sur le blog. Et puis le tome 2 de Nils m’attend impatiemment sur ma PAL mais je crois qu’il vaut mieux relire le 1 pour en profiter pleinement. Enfin, une BD qui vient de la bibliothèque à lire avec les choupinous .

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Les tuniques Bleues -61- L'étrange soldat FranklinLe Joueur d'échecs

Le dernier tunique bleues et un comic jouissant de très bonnes critiques, pour Iznéo (deux nouveautés). Deux BD (la première du fabuleux illustrateur jeunesse Davis Sala et un scénar de Zidrou) sorties cet automne, qui me faisaient bien envie et que j’ai eu la chance d’avoir rapidement par la bibliothèque.

 

Et vous? Vous avez pris de l’avance avant Noël?

Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!