****·Comics·East & West·Nouveau !

Basketful of heads

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Histoire complète en sept chapitres, écrits par Joe Hill et dessinés par Léomacs. Parution chez DC Comics au sein du Black Label, publication en France chez Urban Comics depuis le 02/04/2021.

Une histoire à en perdre la tête

L’été 1983 commençait très bien sur Brody Island, dans le Maine. June Branch, jeune étudiante en psychologie, sort depuis quelques temps avec Liam Ellsworth, qui a passé son été en tant qu’adjoint au sheriff Clausen. Le jeune homme en a vu de dures, mais son service est enfin fini et il va pouvoir roucouler avec l’élue de son cœur. Cependant, la loi de Murphy s’en mêle et va peut-être même donner à cette idylle estivale une tournure bien plus dramatique…

En effet, alors qu’une tempête frappe l’île comme jamais auparavant, quatre détenus s’évadent après avoir faussé compagnie à leur convoi pénitentiaire. Animé par de mauvaises intentions, le quatuor criminel va débarquer sans crier gare et enlever Liam avant que l’un d’entre eux ne s’en prenne à June. Littéralement au pied du mur, June choisit comme arme pour se défendre, une hache viking trônant dans la collection du sheriff. Sans le savoir, June vient de s’armer d’un objet maudit, qui maintient en vie les têtes coupées de ses victimes. Autant dire que ce soir, à Brody Island, des têtes vont tomber !

Le reste de cette nuit tempétueuse va voir June aux prises avec la vermine qui arpente l’île, et qui n’est pas forcément celle que l’on attendait. La jeune survivante fera néanmoins tout pour secourir son boyfriend en détresse, quitte à faire tomber, littéralement, quelques têtes parlantes au passage.

La tête sans les épaules

Joe Hill n’a désormais rien à prouver quant à la qualité de son travail d’auteur. Le rejeton de Stephen King a su se démarquer de la notoriété paternelle tout en assumant son héritage, et s’est fait un nom dans l’industrie du comics, en commençant pas l’incontournable Locke & Key. Hill s’est ensuite vu confier par DC la création de son propre label, Hill House au sein duquel l’auteur dispose d’une liberté totale quant à ses créations. Durant l’été, nous avions chroniqué Plunge, sorti concomitamment à cet album. Hill y montrait déjà la maîtrise de son écriture ainsi que des codes du genre, par le biais de références bien senties et pertinentes à des œuvres incontournables.

Joli swing !

King junior procède ici de la même façon, en nous plongeant immédiatement dans un récit fleurant bon le slasher cher aux années 80. L’auteur ne se repose pas pour autant sur l’aspect fantastique, qui ne sert pas de colonne vertébrale à l’intrigue, cette dernière demeurant centrée autour de personnages intéressants car dotés de profondeur. La hache maudite et les têtes qui parlent ne sont finalement qu’un accessoire, un assaisonnement qui achève la qualité de l’ensemble.

Le ton semble parfaitement équilibré grâce à certaines touches d’humour. Il ne faut cependant pas avoir peur du grotesque dans certaines situations, car il faut bien avouer que l’auteur s’en donne à cœur joie, que ce soit au travers des dialogues ou des péripéties proprement dites. Le tout parvient donc à maintenir un rythme soutenu, haletant, grâce à de judicieux cliffhangers, tout en conservant un esprit irrévérencieux (mais pas outrancier).

L’émancipation de June, accélérée par la cruauté de l’intrigue, reste engageante pour le lecteur, même si, à titre personnel, j’ai moins adhéré à une certaine décision finale de la protagoniste, qui m’a parue un brin disproportionnée.

Basketful of head reste un grand plaisir de lecture, à réserver aux lecteurs avertis, bien sûr, à moins de vouloir…perdre la tête.

**·BD

Ion Mud

La BD!

Histoire complète en 274 pages, écrite et dessinée par Amaury Bundgen, parue aux éditions Casterman le 20/01/2021.

Le vieil homme et l’Espace

Perdu dans un vaisseau-monde aux proportions cyclopéennes, Lupo oscille entre survie et exploration depuis bien longtemps, probablement des décennies. Marqué par les années d’errance spatiale, le vieil homme semble néanmoins avoir un objectif, celui de retrouver ses amis, desquels il fut séparé suite à des événements dont nous ne connaîtrons pas la teneur exacte.

Ce gigantesque vaisseau, composé d’innombrables niveaux, tous dotés d’une technologie à peine entendable, n’est pas habité que par Lupo. En effet, une armée de drones en assure la maintenance, et d’autres espèces vivantes, plus ou moins hostiles et venues d’autres systèmes semblent avoir été embarquées contre leur gré, comme notre vieux passager. Comme si cela ne suffisait pas, une xéno-forme de vie infecte l’ensemble des passagers et se répand de façon pandémique, forçant les drones à confiner certaines zones du vaisseau pour éviter le crash.

Lupo cherche une Torana, une porte noire pouvant le mener à ses amis. Pour survivre et atteindre son objectif, l’explorateur devra donc compter sur son expérience, son ingéniosité et sa bonhommie. Cela lui suffira-t-il à encaisser les révélations quant aux raisons de sa présence sur le vaisseau et sa véritable destinée ?

Blame ! it on the Boogey

Convenons-en d’emblée: pour ce premier album, Amaury Bundgen se révèle meilleur dessinateur que scénariste. A l’image de son protagoniste Lupo, l’auteur donne l’impression de s’être perdu dans les vastes méandres de son scénario, qui s’étale sur plus de 200 pages mais dont la narration hachurée déconcerte plus qu’elle n’happe.

Le premier acte, notamment, comporte bien des problèmes puisqu’il n’introduit qu’à grand peine l’univers développé par l’auteur, qui semble confondre mystère bien dosé et confusion. En effet, il se passe une cinquantaine de pages avant qu’un objectif ne soit clairement défini, bien que sur le plan diégétique, Lupo a commencé sa quête quarante ans auparavant. De nombreuses scènes, dont certaines rencontres faites par Lupo, déconcertent car elles n’amènent rien de spécifique à l’intrigue, que ce soit en terme de distillation de l’information (essentielle lors d’un premier acte), ou de caractérisation, et n’ont pas d’impact sur le reste de l’intrigue. Au contraire, d’autres rencontres relancent le rythme de façon plutôt artificielle, pour mener à un final convenable mais tout de même hâtif car composé essentiellement de réponses péremptoires.

L’auteur ne semble donc pas avoir bien saisi l’intérêt de préparer en amont ses péripéties et ses révélations, si bien que certaines d’entre elles semblent abruptes jusqu’en en perdre leur saveur. Le personnage principal demeure néanmoins sympathique, ce qui fait que l’on adhère plus ou moins à sa cause par la force des choses.

Ce constat est bien frustrant, car Ion Mud portait les germes d’un récit de genre à l’univers captivant, mais dont l’exécution hasardeuse manque de maîtrise, ce qui nuit à la qualité de l’ensemble. Il semble d’ailleurs très étonnant, de la part de l’éditeur qui a repéré Amaury lors d’un salon BD, que ce dernier n’ait pas bénéficié d’un suivi éditorial plus resserré qui aurait permis d’éviter les écueils narratifs qu’affiche l’album.

Graphiquement, Amaury Bundgen livre toute l’étendue de son talent en proposant des somptueuses planches en noir et blanc, dans lesquelles il fait montre de maestria quant aux décors.

***·Comics·East & West·Nouveau !

Year Zero #1

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Album de 110 pages comprenant les cinq volumes de la mini-série Year Zero, écrite par Benjamin Percy et dessinée par Ramon Rosanas. Parution en France chez Panini Comics le 17/03/2021.

Dur, dur d’être un zombie

En cette période pour le moins singulière où chacun de nous est un survivant, Panini Comics a jugé opportun de lancer deux nouveaux albums sur le thème de la pandémie. Cet argument de vente, certes opportun, d’en comporte pas moins des promesses de frissons, et, pourquoi pas après tout, de bonnes lectures.

Dans ce Year Zero, nous allons suivre les mésaventures d’un certain nombre de protagonistes, répartis dans le monde et ayant chacun leur manière d’affronter cette fin du monde.

Sara Lemons est en mission dans le cercle polaire, afin d’étudier les couches glaciaires. Elle espère y trouver un remède aux maux qui agitent notre siècle, qu’ils soient climatiques, énergétiques, sociétaux ou médicaux.

A Mexico, Daniel Martinez, jeune orphelin des rues, fait ce qu’il peut pour survivre et échapper aux cartels qui ont tué sa mère, convaincu qu’il survit par la grâce divine.

Saga Watanabe, lui, tue des gens pour vivre, principalement à Tokyo. Il exécute un dernier contrat censé lui offrir une porte de sortie, une retraite bien méritée avec l’amour de sa vie.

Fatemah Shah, quant à elle, vit en Afghanistan, où elle sert d’interprète et d’informatrice aux soldats américains.

B.J. Hool, enfin, est un américain moyen, un survivaliste nihiliste qui a passé sa vie à se préparer à ce genre d’événement.

Comment ces gens très différents vont-ils réagir lorsque les morts vont se relever, victimes d’un pathogène qui en fait des zombies anthropophages ? La réponse est simple: plutôt mal. Mais ça n’empêchera aucun d’eux de poursuivre ses objectifs ou de s’en trouver de nouveaux, car la vie, au contraire de la mort, n’a rien de permanent et évolue sans cesse.

Vaut mieux vivre avec des vrais morts qu’avec des regrets

Il apparaît assez vite après le premier chapitre que ces protagonistes ne sont pas destinés à se rencontrer. Oublions-donc tout de suite la perspective d’un récit choral ou de survie à la Walking Dead. Chacun des protagonistes possède sa propre ligne narrative, qui ne croise à aucun moment celle des autres, excepté celle de Sara Lemons, qui se déroule un an avant la pandémie, et qui influe donc sur le reste.

Les sauts et ellipses entre les différents personnages dynamise le rythme du récit mais donne également une sensation de survol, l’auteur se concentrant sur l’essentiel de sa narration sans étoffer davantage certains points qui auraient mérité de l’être.

Year zero - BDfugue.com

Le point de vue interne des protagonistes reste tout de même très intéressant, chacun d’entre eux ayant des croyances et un vécu qui définissent leur vision du monde, et nécessairement, leur réaction face l’apocalypse zombie. Saga Watanabe et Daniel Martinez recherchent la vengeance, tandis que Fatemah cherche l’émancipation et la rédemption. BJ Hool quant à lui, a vécu isolé toute sa vie et ne découvre que maintenant l’intérêt de créer du lien avec une autre personne.

Le parcours de Sara, qui sert de préquel, a des relents de The Thing (la base polaire, une créature sortie de la glace) mais n’exploite malheureusement pas le vivier horrifique que recèle cette prémisse, du fait des ellipses et du peu de temps consacré à cette partie. Le reste des trames individuelles est ô combien classique, hormis sans doute celle du nerd survivaliste qui tombe amoureux, qui comporte son lot d’ironie et d’humour grinçant.

Year Zero vous sera sans aucun doute un peu survendu par Panini Comics en raison du contexte pandémique, mais pas d’affolement: nous ne sommes pas en présence d’un incontournable du récit de zombies, même si l’exécution reste bonne et agréable à suivre. A priori, un deuxième volume est sorti aux US et ne devrait pas tarder à traîner des pieds jusqu’ici pour tous nous dévorer.

***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Créatures #1: La ville qui ne dort jamais

Premier album de 70 pages d’une série écrite par Stéphane Betbeder et dessinée par Djief. Parution le 08/01/2021 aux éditions Dupuis.

Heurts sur la ville

Le monde tel que nous le connaissions s’en est allé (encore). Après un événement baptisé la Grande Nuit, tous les habitants de New York (du monde?) ont disparu, ou ont dégénéré en une version écervelée d’eux-mêmes. Tous, à l’exception des enfants, qui sont passés d’être insouciants à survivants en l’espace d’une nuit. 

Parmi les ruines de la ville, erre un groupe de survivants. Autour du placide Chief, on trouve l’intrépide Emma « La Crado« , le rebelle Testo et le savant La Taupe. Ce ramassis hétéroclite de nouveaux marginaux apprend bien malgré lui les rudiments de la survie: Éviter les adultes, et trouver de la nourriture, à n’importe quel prix. Alors que la Taupe cherche dans les livres de moyens d’atteindre l’autosuffisance, Chief et La Crado écument les immeubles et les centres commerciaux à la recherches de denrées. C’est là qu’ils croisent le chemin de Vanille, qui veille à la fois sur son frère Minus et sur leur mère-zombie.

Nécessité faisant loi, Chief décide de dévaliser les provisions de Vanille, mais un concours de circonstance va réunir la grande sœur responsable et ces quatre pieds-nickelés de la survie. Pendant ce temps, dehors, se jouent des événements d’une ampleur cataclysmique qui pourraient signer la fin ferme et définitive de notre monde. 

Teenage Wasteland

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en fiction, la fin du monde n’est pas prête de s’arrêter ! Le genre devenu pléthorique ne cesse de faire des émules, avec plus ou moins de succès. Bien qu’il y ait des lieux communs quant aux modalités d’exécution du Post-Apo, chaque auteur a sa propre vision de comment et pourquoi notre monde finit. Ici, le scénariste choisit la version « apocalypse zombie » en faisant de tous les adultes des êtres affamés et privés de libre arbitre, obéissant à la volonté d’une mystérieuse créature mi-monstrueuse, mi-spectrale. En mettant en scène son groupe de jeunes esseulés, Stéphane Betbeder ne néglige pas pour autant la construction de ses personnages, et offre un démarrage fort intéressant à la plupart d’entre eux. 

Quelque part entre « Seuls » et « Daybreak« , Créatures développe un univers singulier où les enfants, émancipés de force, doivent littéralement se confronter au monde des adultes pour survivre. La fin en forme de cliffhanger amène des influences que l’on attendait pas nécessairement pour une œuvre étiquetée jeunesse, ce qui est un point positif. 

Jeunes héros et ambiance horrifique forment un très bon mélange pour cette nouvelle série !

A partir de 10 ans. 

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Alter #2

La BD!

BD de Philippe Pelaez, Laval NG et Daniel Florent (coul.)

Drakoo (2020),104p., série finie en deux tomes.

Nouvelle édition de la série Parallèle parue en 4 tomes chez feu Sandawe.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

La maquette du premier album est reprise avec une couverture élégante. Voir la critique du premier volume pour les éléments d’édition. Le cahier graphique final est moins intéressant que dans le premier tome et propose plutôt les prouesses graphiques de Laval NG et du matériau d’ambiance qui n’aide pas vraiment à mieux pénétrer cet univers faute d’explications des auteurs.

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Sylan Kassidy a récupéré sa femme… ou plutôt ce qu’il en reste, convaincu qu’il peut lui rendre sa forme humaine en revenant dans sa réalité. Pendant ce temps sur Terre le temps s’écoule en tenant compte des découvertes de la Terre alternative, dite « Alter ». Mais sans la solidité morale de l’ex-président Saint-John et du capitaine Kassidy, les projets des scientifiques risquent de mener la Terre à un chaos définitif…

Parallèle -3- Moitié, moitiéNous avions laissé le très héroïque capitaine Kassidy abandonnant son équipage pour partir au secours de sa femme. L’album reprend sur un gros flash-back relatant les événements qui ont amené au début du premier tome, déflorant un peu plus l’événement physico-spatial qui a provoqué la projection dans l’univers parallèle. La structure de ce second volume est bien plus complexe que le précédent qui avait le mérite de nous faire suivre l’équipage uni en réduisant les sauts de narration à un unique passé. La grande difficulté des récits de réalité alternative et de paradoxes temporels est qu’ils exigent une très grande lisibilité et une rigueur scénaristique de tous les instants. Sur le premier point le dessin de Laval NG, s’il est toujours aussi élégant, ne permet pas toujours de s’y repérer entre les personnages, surtout que son scénariste complique la tâche en proposant différentes variantes de certains personnages et que d’autres apparaissent sans avoir été introduits (la nouvelle présidente). Du coup la lecture en devient compliquée et nécessite sans doute plusieurs passages pour bien saisir les subtilités du récit.

Le texte en lui-même est toujours aussi agréable et montre que le succès de Philippe Pelaez n’est pas dû au hasard tant son écriture a une fluidité  au-dessus de la moyenne. Alter est un projet ambitieux, surtout pour un scénariste Parallèle tome 4 - BDfugue.comdébutant et sa conclusion me laisse un peu la même impression que sur Brane zéro de Mathieu Thonon: un projet passionnant, très complexe, sur lequel les auteurs ont mis toutes leur passion… mais qu’un peu plus d’expérience aurait sans doute huilé un peu. Sans doute qu’une lecture d’affilée des deux volumes amoindrirait cette impression. Ce volume se concentre sur les conséquences sur les différentes réalités de ce qu’a provoqué le bombardement magnétique de 2070. L’action est bonne, les dessins agréables et les manigances politico-scientifique du Pouvoir nous font basculer d’un récit techno-scientifique (tome un) à un aspect plus conspirationniste. L’histoire est passionnante, mais le montage rend le suivi compliqué, si bien que je ne suis pas certain d’avoir compris la fin qui nous emmène dans une thématique carcérale. Il y a de l’idée pourtant dans ces alternances de pages en regard nous montrant les événements simultanément dans les deux réalités, comme cette excellente séquences initiale nous faisant vivre l’événement des deux vaisseaux. Alter fait partie de ces albums qui demandent au lecteur de travailler et personnellement j’adore. Peut-être que l’ajout d’un narrateur aurait pu accompagner la lecture…

On termine la lecture un peu décontenancé, avec l’impression d’avoir vécu une aventure généreuse, intelligente, ambitieuse et gourmande. Sans doute l’envie de jeunes auteurs de mettre tout ce qui leur plait dans un récit déjà complexe finit-t’il par un léger trop plein. Alter reste pourtant dans le club des très bonnes séries SF et n’a rien à rougir face aux albums de maître Fred Duval.

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****·Comics·Nouveau !·Un auteur...

The shaolin cowboy #1-2

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Comic de Geoff Darrow
Futuropolis (2020) – Burlyman (2004-2007) – Dark Horse (2015-2018), 2/3 albums parus.

L’histoire éditoriale de cet OBNI est aussi complexe que le dessin de son auteur… Le premier volume de cette édition a été publié chez Burlyman avec une traduction chez Panini en 2008-2009). Le second volume correspond à la suite directe publiée chez Dark Horse (2015). Le troisième volume (à paraître) intitulé « qui arrêtera leur règne? » est également paru chez Dark Horse en 2017. Les éditions reliées des trois volumes sont parues chez Dark Horse (le premier après les deux autres…) et correspondent à cette édition Fututopolis. Le premier volume a été nominé aux Eisner Awards pour la meilleure nouvelle série, meilleur dessinateur, meilleure couleur. Darrow a obtenu un de ses trois Eisner sur ce tome comme meilleur auteur réaliste.

L’édition proposée par Futuro est franchement royale avec de magnifiques volumes au papier épais et du contenu additionnel. Cela aurait été parfait su l’éditeur avait eu la bonne idée d’un texte explicatif au premier volume aidant le suivi sur les trois tomes. On est un peu abandonné dans le cerveau fou de Darrow

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Le Shaolin cowboy parcourt les terres désertes d’une Amérique réactionnaire, déchue et parsemée de créatures improbables. Sur son mulet à casquette bavard et équipé d’un arsenal improbable, il affronte tout ce que le monde fait de timbrés et de démons… pour sauver sa vie. Et la philosophie on y pensera plus tard…

SNEAK PEEK: Darrow's Original SHAOLIN COWBOY Back in Print | 13th ...Geoff Darrows appartient à une mouvance d’illustrateurs nés au mauvais endroit! Avec les Richard Corben (Grand prix d’Angoulême 2018), Simon Bisley et ses peintures barbares dantesques qui ont influencé notamment Olivier Ledroit, l’italien Liberatore , la mouvance ultra-réaliste trash japonaise, et plus récemment les albums d’Eric Powell il fait partie des auteurs en liberté totale dont l’amitié avec Moebius n’est pas anodine tant son travail semble tout droit sorti du magazine Métal Hurlant. Son nom est sorti du cercle des initié en 1999 lorsque les sœurs Wachowski l’embauchent avec les yeux de Chimène pour mettre en place l’univers visuel et le storyboard des films Matrix. Quand on voit la finesse de son travail on les comprend…

Ce double album (j’y reviens) est un trip sous acide, un mélange entre le artbook déchaîné d’un auteur maniaque, le storyboard détaillé d’un film d’animation qui n’existe pas et une grosse farce sacrément gonflée. Ne cherchez pas de message, de sous-texte ou je ne sais quelle vision! Geoff Darrow utilise son Shaolin Cowboy pour latter du gang dégénéré, du zombie, du requin géant et du cadavre possédé… Vaguement frustrant du fait de la structure totalement apocalyptique du « récit », l’ouvrage est d’une générosité graphique folle car l’auteur ne connaît pas la contrainte. Ainsi le second volume, outre un texte de trois pages relatant des évènements potentiellement précédents et une nouvelle de soixante pages en fin d’ouvrage, reprend le récit au travers d’une sidérante séquence de démontage de zombie sur… cent pages! Cent pages muettes de baston virtuose, le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma qui n’en est pas un, bref, quelque chose de jamais vu et qui ne sera certainement jamais refait. Gonflé, d’une précision diabolique, un peu lassant au bout de cinquante pages, mais quelle expérience!

Shaolin Cowboy #01 by Geof Darrow | Fumetti

Si le second volume est donc dispensable hormis pour les fana de Darrow et les collectionneurs, le premier est un délire totalement foutraque qui enchaîne les dialogues absurdes avec des personnages débiles à l’aspect surréaliste avant d’entamer des hostilités où le Shaolin cowboy fait parler sa technicité au combat en découpant des tranches de cou au katana, expulsant un cœur d’un coup de paume ou donc entamant une danse mortelle armé de son bâton à double tronçonneuse… Tout au long de la lecture on est sidéré autant par le grand n’importe quoi permanent que par le détail des Le Shaolin Cowboy T3 : Dans les entrailles de la ville (0), comics ...immenses planches qui nous donnent parfois le sentiment d’être dans un album « Où est Charlie » pour adulte. Car Shaolin Cowboy est pour les âmes solides et les adeptes du mauvais goût (il est étonnant que Fluide Glacial n’ait pas cherché à éditer ces ouvrages tant ils correspondent à l’esprit sale gosse de l’éditeur).

Le sourire aux lèvres et émerveillé à la fin du premier tome on est franchement frustré à la fin du second. Le troisième tome à paraître semble beaucoup plus narratif, proche du pamphlet contre l’Amérique de Trump et fidèle au premier. L’éditeur a choisi une étrange stratégie de publication  en deux fournées (les tomes 1 et 2 puis le trois) avec bien peu de communication qui ne facilitera pas la transmission au public d’une œuvre qui nécessite d’être accompagnée. J’espère avoir un petit peu contribué à cet accompagnement tant l’œuvre de Darrow mérite que l’amateur de BD s’y intéresse et tant on a rarement vu un album aussi généreux. Si vous aimez l’esprit Fluide, si vous aimez les zombies, si vous aimez Tarantino, si vous aimez les Monthy Python… foncez!

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***·Comics·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Ronin Island #2

Jeunesse

Deuxième tome de 112 pages d’une série écrite par Greg Pak et dessinée par Giannis Milonogiannis. Parution en France le 19/06/2020 aux éditions Kinaye.

Blanche-Neige et les 47 Ronins

badge numeriqueLe premier tome de Ronin Island n’avait pas convaincu le père Blondin, de par une intrigue convenue et des graphismes sans touche particulière. Qu’en est-il de ce second tome ?

Hana et Kenichi ont grandi sur la même île, mais ils ne sont pas du même monde. Dans l’ère féodale du Japon, chacun ne survit que s’il sait rester à sa place, et le système de castes s’assure du respect de ce statu quo. Kenichi, fils d’un samouraï déchu, porte sur ses épaules le poids des traditions et de la gloire perdue de son clan. Hana, quant à elle, rêve d’un avenir meilleur que ce à quoi sa basse extraction semble la promettre.

Toutefois, sur l’île des Ronins, chacun peut faire la démonstration de sa valeur, et c’est ainsi que les deux jeunes gens ont pu suivre l’entraînement du même maître, Ito, qui a fait d’eux des combattants dévoués à la cause commune. L’isolement insulaire de cette petite communauté va cependant être rompu par l’incursion des soldats du Shogun, seigneur local qui envoie ses hommes réquisitionner tout ce qui peut l’être, pour l’aider dans la grande lutte contre les Byonins, démons invincibles qui ont dévasté le pays.

Kenichi, Hana et Ito vont donc être embarqués de force à la rescousse du Shogun, qui va s’avérer n’être qu’un lâche machiavélique et cruel. Nos héros vont donc devoir conspirer, à la manière des 47 Ronins de la légende, dans le but de se débarrasser de l’indigne seigneur et ainsi préserver leur île.

Roninera bien qui Roninera le dernier

Le problème, c’est qu’Hana et Kenichi ont chacun leur idée sur la meilleure façon de protéger les intérêts de l’Île. Parviendront-ils à repousser les Byonins tout en évitant le pire à leur communauté ?

Comme le soulignait Blondin, l’intrigue de Ronin Island promettait quelque chose d’intéressant, pour peu que l’on soit intéressé par les univers nippons et la culture des samouraïs. L’utilisation des créatures-qui-ne-sont-pas-techniquement-des-zombies nous ramène nécessairement aux poncifs liés à ce genre de récits, et à la lecture, on sent bien que Greg Pak, scénariste pourtant confirmé, a du mal à s’en départir.

L’intrigue tient néanmoins debout, même si quelques retournements de situations peuvent donner un sentiment d’inconstance chez les héros. Mais même cet aspect-là peut s’entendre, les héros étant jeunes et dans une situation qui les force à s’adapter sans cesse. A ce stade de l’intrigue, on distingue d’ailleurs assez bien les différences de point de vue entre les deux guerriers, et les causes qui expliquent ces façons de penser différentes.

Les créatures quant à elles, sont un exact miroir de celles que l’on peut trouver dans Green Class, la cause de la transformation étant ici clairement attribuée à un champignon. Les dessins de Giannis Milonogiannis lorgnent résolument, et de façon assez logique, du côté du manga, sans nécessairement taper dans l’appropriation culturelle.

Forte de ses deux tomes, la série Ronin Island reste une lecture agréable, prenante et engageante, dont on a hâte de découvrir la suite notamment grâce à des personnages attachants et en pleine construction.

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Dceased

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Comic de Tom Taylor et Trévor Hairsine
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est siglé au symbole de Darkseid (Omega), le grand méchant de l’univers DC. Un texte introductif explique la démarche créative de Tom Taylor et Trevor Hairsine. Chacun des six chapitres présente comme d’habitude la couverture original de l’issue et une grosse galerie de vingt-six cover alternatives !! est proposée en fin d’ouvrage. Édition très correcte donc avec une démarche particulière de DC puisque je ne suis pas certain qu’une précédente publication ait vu autant de cover variantes notamment sur l’édition classique qu’Urban propose en quatre versions (Batman, Joker, Wonder Woman et Superman). Une édition spéciale Angoulême a été tirée en quatre autres versions. Étrangement ces huit cover ne sont pas inclues dans la galerie finale.

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Darseid est parvenu à ses fins en résolvant l’équation d’anti-vie… qui se retrouve lâchée sur Terre et propagée via les réseaux informatiques. Coupés de leurs moyens de communication les héros tentent difficilement de contrer l’apocalypse qui menace…

MYSTERY COMICS: DCEASED #1, de Tom Taylor, Trevor Hairsine et ...Toujours méfiant à l’arrivée d’une nouvelle mini-série chez DC, les premiers échos de lecteurs étaient plutôt bons, et le fait que Trevor Hairsine (que j’ai découvert sur Divinity et d’autres titres Valiant) soit sur toute la partie graphique était plutôt bon signe. En commençant ma lecture je n’avais pas repéré que le titre était écrit par Tom Taylor, celui qui me bluffe à chaque épisode depuis que j’ai commencé Injustice! Avec un dessinateur venu du catalogue Valiant, bien moins formaté et plus « adulte » que le Big Two et l’auteur du comic de Super-héros le plus gonflé lu depuis longtemps, il n’est pas surprenant que Dceased soit une bonne claque qui rafraîchit (… si je puis dire en parlant de Zombies…) le genre et surtout l’ambition scénaristique.

Pour ceux qui ne connaissent pas Injustice, le concept est en gros de transposer le choc nécrologique d’un Game of Thrones sur la Justice League. Taylor reprend ce concept avec la propagation du virus à vitesse grand-V en tuant les uns après les autres un certain nombre de héros, sans aucune possibilité de savoir si les plus connus seront épargnés. A la différence de Injustice où la longueur nécessite de préserver certains héros et méchants, ici s’agissant d’un one-shot la liberté est totale. Et je dois dire que le morceau est sacrément gonflé si bien que jusqu’à la dernière page on se demande jusqu’où iront les auteurs…

MYSTERY COMICS: DCEASED #6, de Tom Taylor et Trevor Hairsine avec ...Reprenant les principes très codifiés des histoires de zombies (le rassemblement de survivants dans des îlots après que différentes tentatives aient échoué), Dceased est un peu plus qu’une récréation pour dessinateurs, le jeu de massacre sans lendemains que prévoyait le concept. En dynamitant certaines règles induites par le genre super-héroïque (en gros, on peut faire souffrir les héros mais tout doit être réversible), Taylor donne soudain une ambition nouvelle à son ouvrage… dont la fin vous laissera sonné. L’épisode intercalaire (qui n’est pas dessiné par Hairsine) rassemble un certain nombre de ce qu’il y a de plus foutraque chez DC mais cela permet de laisser un petit espoir… qui arrivera sans doute dans la suite annoncée.

La partie graphique est superbe, tant dans l’encrage, le dessin et les couleurs. L’anglais déjà très bon sur Divinity parvient à rester fidèle aux personnages DC  en donnant par son style une épaisseur aux dessins apocalyptiques. Et il était loin d’être évident de parvenir à ne pas tomber dans la monotonie de villes dévastées, de corps enragés et de sang à tous les étages. De la première à la dernière planche les dessins sont un régal.

Publié sous la forme d’une mini-série, Dceased se prolonge ainsi dès cet été avec le spin-off Unkillable centré sur les méchants. Aux Etats-Unis une véritable saga s’annonce puisque Hope at world’s End  (avec le dessinateur de Descender aux crayons) et la suite véritable du présent volume, Dead planet, ont commencé leurs publications (avec Hairsine toujours aux dessins). Le risque est grand de briser ainsi ce qui fait la force de cet album… gageons que Taylor ait suffisamment de liberté pour ne pas diluer déraisonnablement l’idée magnifique.

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*****·BD·Nouveau !·Service Presse

Alter #1

BD du mercredi

BD de Philippe Pelaez, Laval NG et Daniel Florent (coul.)

Drakoo (2020),104p., série en deux tomes.

Nouvelle édition de la série Parallèle parue en 4 tomes chez feu Sandawe.

bsic journalism Merci aux éditions Drakoo pour cette découverte.

Superbe édition que cette ressortie chez Drakoo en deux tomes (le second arrive cet été, sauf report lié au COVID). Outre une très belle illustration de couverture à la fois représentative et esthétique, une maquette élégante, l’ouvrage comporte une illustration d’intérieur de couverture type blueprint et un Carnet de bord (cahier graphique) de huit pages en fin, comprenant une chronologie, des fausses affiches de contexte renforçant le background, une interview fictive d’un protagoniste et quatre pages d’illustrations originales contextualisées. Très généreux, j’espère que le second tome sera doté pareillement. Un bon point pour l’édition qui mets dans les meilleures dispositions pour la découverte…

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En 2082 le capitaine Sylan Kassidy est envoyé avec  le vaisseau Hybris et son équipage au fin fond de la galaxie pour rechercher un exil pour une humanité au bord de l’extinction. Échoué sur une planète de glace, il rend compte en directe à son armateur, le président des Etats-Unis, sur Terre. Soldat héroïque, meneur d’hommes implacable, Kassidy va pourtant rapidement comprendre que cette étrange planète cache un secret terrifiant remettant en cause toutes les théories physiques connues…

Parallèle T. 1 : New York, New York - Par Philippe Pelaez ...Parallèle faisait partie des séries que j’avais repéré à l’époque où Sandawe publiait à un rythme élevé grâce au soutien des lecteurs-financeurs. Quelques séries avaient réussi à passer plusieurs tomes et jouissaient d’une bonne réputation. Philippe Pelaez n’était pas encore connu… C’est la seconde BD que je lis de lui et je dois dire que sa réussite actuelle n’est pas le fait du hasard tant cet Alter est une sacrée claque, la première de cette année!

L’album prend la forme d’une histoire de zombie où un équipage très bien armé se fait progressivement décimer sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive. Plaçant son scénario dans un contexte de SF futuriste et scientifique, il joue ainsi sur les deux tableaux d’une action immédiate efficace comme toute histoire de zombies et compense le vide de fonds de ce genre d’intrigues par un background solide de guerre nucléaire et d’interrogations spatio-temporelles. Les presque cent pages de cette version ne sont donc pas de trop pour nous abreuver de problématiques que personnellement j’adore! La SF scientifique a pour étalon inaccessible Universal War one et il est toujours compliqué d’assumer une ambition du Parallèle -1- New York, New Yorkmême type. Plus modeste, Alter réussite cependant son pari d’une progression dramatique qui nous fait passer de l’action inquiétante à la Aliens (le début nous place au cœur de la tempête de neige alors que des membres de l’équipage sont perdus sous la menace des monstres) à des débats scientifiques sur les conséquences de la guerre. Alternant son récit avec des flashback redoutablement découpés par son compère Laval NG, Pelaez donne du souffle à une action qui prenait le risque d’un album un peu vide. Avec des dialogues également très efficaces, la grande réussite de la BD est sans aucun doute ce personnage de capitaine impérial comme on n’en a pas eu en fiction depuis longtemps. Dans une période plus propice aux anti-héros et personnages torturés, les auteurs assument la grandeur de leur héros qui mène ses hommes sans hésitation, combat vaillamment les créatures et discours d’égal à égal avec le président des Etats-Unis. De la classe!

Parallèle -2- Donnant, donnantGraphiquement c’est également héroïque avec un dessinateur que je ne connaissais pas mais sur lequel il faudra compter dans les années à venir tant il est solide et doté d’un style très caractérisé. Rappelant par moment Matteo Scalera (influence très probable avec des combinaisons qui ressemblent à celles de Black Science) sa technique à l’ancienne très élégante est fortement rehaussée par une colorisation superbe de Florent Daniel. Comme pour beaucoup de dessinateurs les décors et arrières-plans pourraient être plus pointus mais le cadrage très serré, facilitant l’action et l’ambiance huis-clos permet de ne pas souffrir de cela et de profiter de designs SF très réussis. Ayant fait ses armes sur les derniers tomes de la saga Ballade au bout du monde et des albums historiques, son incursion dans la SF montre qu’il est à l’aise dans tous les styles et à voir les illustrations finales on peut attendre d’ici peu un album choc de Laval NG. Il en a le talent.

Dans un genre très fourni mais donnant souvent des albums inaboutis ou peu originaux, Alter arrive à se glisser dans les interstices très balisés avec une vraie verve cinématographique truffée de références visuelles et d’un souffle épique indéniable. Élégant, efficace, punchy et par moment touchant, c’est une très grande réussite que ce premier volume dont j’attends la suite avec impatience!

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**·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Ronin island #1

Comic de Greg Pak, Giannis Milonogiannis et Irma Kniivila (couleurs)
Kinaye (2020)- Boom studio (2019), 96p., 1 vol paru sur 3.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

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L’album est comme tous les ouvrages Kinaye en format comics a couverture brochée à rabats avec bio des auteurs sur le premier rabat et pub sur une prochaine parution sur le deuxième. L’histoire est composée de quatre chapitres et se termine par un cahier de onze pages de couverture.

Après le Grand vent les survivants se sont regroupés sur une ile où toutes les différences ont été balayées et où fut fondée une société égalitaire. Hana la roturière et Kenichi le jeune homme de bonne famille s’affrontent pour le titre de meilleur guerrier… quand survient une troupe envoyée de l’extérieur par le nouveau Shogun. Coupés du monde, les habitants n’ont pas eu connaissance de l’instauration d’un nouveau pouvoir ni de la menace que représentent les Byonin, démons morts-vivants qui ont conquis une grande partie de l’empire. Les deux jeunes gens vont alors se retrouvés embarqués dans une lutte qui les dépasse et dont la morale risque de se confronter à la devise de Ronin Island: l’union fait la force…

Résultat de recherche d'images pour "ronin island milonogiannis"Je dois dire que les premiers visuels envoyés par l’éditeur pour cette nouvelle série courte (trois volumes) m’avaient plutôt alléchés en proposant des dessins plus adultes que les précédentes parutions du catalogue. Habitué à traduire des séries qui ont déjà quelques années, Kinaye sort ici un album dans la foulée directe de sa publication US. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle tant Ronin Island m’a paru décevant et banal. J’ai toujours eu du mal avec les histoires dans l’univers des samouraï, qui contrairement à beaucoup ne me fait pas spécialement fantasmer et qui implique une complexité géographique, sociale et politique qui ne me semble pas tellement propice à une publication jeunesse…

Soyons beau joueur, l’ouvrage se lit avec plaisir, rempli d’action et de personnages que l’on attend: le grand général austère, la mamie sage et combative, le jeune impétueux et les politiques retors… Le nom du réputé Greg Pak ne suffit pas à donner du souffle à cette BD qui semble trop formatée sur des lignes formatées de ce genre d’histoire. Pour faire simple, on a affaire à une invasion zombie Résultat de recherche d'images pour "ronin island milonogiannis"qui oblige les deux héros antagonistes mais forcés à collaborer à se porter au secours du Shogun et découvrent une conspiration machiavélique… Peut-être que des enfants qui découvriront cet univers pourront y trouver leur compte, notamment du fait du personnage de la jeune fille combative et de l’aspect cracra des Byonins. Les nombreuses allusions à des termes japonais risquent de les perdre en revanche.

Plutôt bien dessiné (avec toutefois des décors très pauvres, comme de coutume malheureusement dans la BD américaine), Ronin Island peine à nous enflammer par un scénario un peu feignant. Le titre appelait le thème des samurai rônins, des sans-maîtres rebelles à l’ordre établi. Cette idée est quasiment absente puisque l’on quitte très vite l’île dont le background était intéressant, pour partir affronter des vagues de zombies. Les combats sont plutôt bien dessinés et prouvent que c’est bien Giannis Milonogiannis qui sauve les meubles d’une série dont on se demande un peu quel est l’objectif. Dommage.

A partir de 12 ans.

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