****·Jeunesse·Nouveau !

Perdus dans le futur #2: piégés

Deuxième tome sur quatre de la série écrite par Damian et dessinée par Alex Fuentes. Parution chez Dupuis en mars 2022.

De mal en pis

Dans le tome 1, nous faisions la rencontre de Sara, Mei, Driss, et Arnold, quatre camarades de classe aux personnalités variées, mais soudés par une forte amitié. Harcelés par Piero, la brute locale, ils sont pris au piège d’un château en ruines et finissent projetés dans un futur hostile dans lequel se sont réfugiés des Templiers du Moyen-Âge.

Les cinq collégiens, aidés par un Templier, sont parvenus à emprunter de nouveau le tunnel temporel, espérant rentrer enfin chez eux. Mais ils ne sont pas encore tirés d’affaire ! Loin d’être revenus à leur époque, ils sont encore dans le futur, cette fois juste après l’effondrement de la civilisation.

Dans ce nouveau monde, presque tous les adultes ont disparu, pour la plupart en se laissant mourir, car ils étaient perdus dans l’univers virtuel qu’ils utilisaient pour fuir la réalité. Parmi les enfants survivants, beaucoup sont devenus féroces et sauvages, privés des normes sociétales et d’empathie. Notre groupe de voyageurs temporels va devoir accomplir des exploits pour se tirer de ce pétrin ! D’autant que le parchemin sur lequel figure la formule du voyage dans la temps leur a échappé, et que leurs différends, notamment ceux avec Piero, ne sont pas tout à fait réglés.

Après un premier tome dynamique et inventif, Damian et Alex Fuentes remettent le couvert pour nos cinq collégiens et leurs imposent de nouveaux déboires temporels. L’intrigue demeure simple, le scénariste ne jouant pas (encore?) la carte du paradoxe temporel et autres schémas temporels alambiqués.

On note également une évolution dans le propos: si le premier tome utilisait le voyage pour sensibiliser le lecteur quant aux harcèlement scolaire, ou encore sur la préservation de la nature, ce second tome tente une mise en abîme et une réflexion sur la technologie et l’omniprésence des écrans et de ses effets préoccupants.

Cependant, Perdus dans le futur est moins une BD à message qu’une BD avec un message. Le ton reste léger et divertissant, et les auteurs ont l’élégance de ne pas verser dans la leçon de morale, laissant à chaque lecteur le soin de se faire sa propre opinion. Les relations entre personnages sont également bien exploités, même si leur nombre relativement important pourrait créer un déséquilibre, l’auteur parvient néanmoins à les faire exister de manière plutôt égale au long de l’album.

Les dessins d’Alex Fuentès sont toujours aussi attractifs, l’empreinte très design de ses personnages et de ses décors fait mouche à chaque planche. Attendue au tournant après le premier tome, la série Perdus dans le Futur ne déçoit pas sur ce second tome !

***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Katsuo #1: Le Samouraï Noir

Premier tome de 58 pages de la série écrite par Franck Dumanche et Stéphane Tamaillon, dessinée par Raoul Paoli. Parution chez Jungle le 23/09/2021.

Kat sue, sang et eau

Le jeune japonais Katsuo n’a pas une existence trépidante, mais elle lui convient tout à fait comme elle est: chiller dans sa chambre et jouer aux jeux vidéos, telles sont ses aspirations du moment. Cependant, sa mère et son grand-père ne le voient pas de cet œil. Pour eux, Katsuo gâche son potentiel, alors qu’il pourrait poursuivre son entraînement au Kendo et ainsi reprendre, le moment venu, la direction du dojo familial.

En effet, le grand-père, quelque peu rigide et à cheval sur les traditions, insiste pour que Katsuo se plie au sacerdoce de la famille, et veille sur l’institution fondée par leur ancêtre Honjo il y a plusieurs siècles. L’adolescent, lui, traîne des pieds en allant s’entraîner et préfère ses écrans aux sabres de bois.

Un soir cependant, Katsuo est intrigué par les allées et venues de son grand-père au sous-sol du dojo, et décide d’aller y jeter un oeil. Alors qu’il pose la main sur le sabre révéré par le vieil homme, il se retrouve mystérieusement transporté dans le japon médiéval, où il fait la rencontre d’un jeune homme nommé Honjo, qui n’a alors rien d’un farouche guerrier, et qui est lui-même confronté aux attentes démesurées de son père.

Car il se trouve que le grand-père d’Honjo, et donc l’ancêtre de Katsuo, était parmi les quatre valeureux guerriers qui ont mis fin au règne de terreur du Samouraï Noir, un guerrier affublé d’une armure magique qui a semé le chaos dans l’achipel sous l’ère d’Azuchi Momoyama (1582). Katsuo a donc voyagé dans le temps, alors même que les quatre vieux guerriers sont attaqués et tués les uns après les autres. Le Samouraï Noir serait-il de retour ?

Aventures à la sauce Samouraï

A priori, le lecteur ne sera pas dépaysé à la lecture du pitch de Katsuo: un jeune garçon a priori lambda mais attachant, va sortir de sa zone de confort et être confronté à une situation extraordinaire qu’il devra résoudre en utilisant un pouvoir magique. Rien de bien neuf sous le soleil, même si l’on ajoute le paramètre du voyage dans le temps, qui promet des situations cocasses de décalage et d’incongruité.

Le thème des traditions et de l’impact qu’elles doivent et peuvent avoir sur la jeune génération reste néanmoins intéressant, la culture nippone, elle-même partagée entre tradition et modernité, étant un terreau idéal pour exploiter cette dichotomie.

On pourra reprocher un manque d’originalité dans l’antagoniste, qui, sous ses airs assumés de Shredder, n’apporte pas grand chose à la thématique du récit. On aurait sans doute préféré un adversaire plus étoffé, et qui, pourquoi pas, aurait lui-même été confronté à une sorte de pression familiale. Au lieu de ça, on a quelque chose de plus basique, et donc, de moins mémorable.

Ce petit manichéisme mis à part, le rythme de l’album reste dynamique, avec une introduction rapide, même si l’exposition est quelque peu pataude, ou en tous cas, très explicite, par moments. Difficile de déterminer si les auteurs ont pris ce parti en raison du lectorat cible ou bien par maladresse, toujours est-il que certains éléments auraient du être amenés avec plus de subtilité.

Une fois Katsuo projeté dans le passé, les actions s’enchaînent de façon fluide et rapide, amenant à un climax bref mais survitaminé. Côté graphique, Raoul Paoli fait le choix de la clarté et de la décompression pour ses planches, usant d’un trait résolument orienté manga, avec des expressions typiques de ce médium et des poses dynamiques.

En bref, un album jeunesse agréable à lire, quand bien même il ne révolutionne pas le genre.

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****·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Retroactive

Histoire complète en 120 pages, écrite et dessinée par Ibrahim Moustafa. Parution chez les Humanoïdes Associés le 02/03/2022.

Ce qui s’appelle courir dans tous les sens

Merci aux Humanos pour leur confiance.

Regarder dans le rétro

En 2057, Tarik Abdelnasser est un agent du BTA, l’agence américaine qui gère les affaires temporelles. En effet, à cette époque, le voyage temporel est possible, et il est utilisé par les grandes puissances pour remodeler le passé à leurs convenances.

Dans ce contexte de guerre froide où tous les pays s’observent et mettent en échec différentes tentatives de modifier le présent, Tarik fait équipe avec Avery au cours d’une mission périlleuse qui consiste à empêcher un voyageur temporel d’exécuter Adolf Hitler. Peu de temps après, Avery, qui a été blessé sur le terrain et qui occupe désormais un poste d’encadrement, assigne une nouvelle équipière à Tarik, et le charge d’une nouvelle mission.

Depuis quelque temps, les agents du BTA ont constaté la présence de vortex temporels, qui ne peuvent être générés par aucun des accélérateurs temporels connus. Qui se cache derrière cette menace, et quel est son but ? Son enquête à peine débutée, Tarik va se retrouver face à une dérangeante vérité et se retrouver piégé dans une boucle temporelle dont même la mort ne peut l’extraire. Parviendra-t-il à s’en extraire avant de sombrer dans la folie?

Rétrogradé

Après L’Évadé de C.I.D. Island, Ibrahim Moustafa change de registre et s’attaque au voyage dans le temps. L’idée d’une agence dédiée à la surveillance et au contrôle des voyages temporels a bien sûr déjà été exploitée: Valerian, la TVA chez Marvel, Umbrella Academy, Prédestination… bon sang, même Jean-Claude Van Damme y est allé de sa contribution !

Il est donc certain que la thématique du voyage temporel et l’idée d’une police temporelle ont bien cheminé fictionnellement parlant. Toutefois, l’intrigue tissée par Ibrahim Moustafa parvient à séduire dès le premier chapitre, en dépit de cette scène d’introduction qui ne parvient pas à éviter le point Goodwin et le cliché qui lie immanquablement le voyage dans le temps et opportunité d’assassiner Adolf H. On doit cet intérêt principalement à l’action et au charisme du personnage principal, mais une fois cette introduction dépassée, l’intrigue prend son envol et se crée un intérêt propre, grâce à l’ambiance « film d’espionnage » et contexte de guerre froide temporelle.

PARTIE SPOILER A ÉVITER SI VOUS SOUHAITEZ DÉCOUVRIR L’ALBUM PAR VOUS-MÊMES

En ce sens, on peut rapprocher Retroactive d’œuvres récentes telles que Predestination, Looper (pour la fin), ou encore Tenet. Comme dans Predestination et Tenet, le protagoniste appartient à une agence qui utilise une version militarisée du voyage temporel afin d’endiguer ses effets potentiellement dévastateurs. Et comme dans ces deux films, le héros se retrouve confronté aux actions d’une version future de lui-même dont il doit assumer les conséquences (cette comparaison tient surtout avec Predestination, car dans Tenet, la version future du Protagoniste, qui n’est d’ailleurs pas montrée, ne commet pas d’actions malveillantes).

La boucle temporelle dans laquelle se trouve Tarik fait clairement penser à Code Source, ce film dans lequel Jake Gyllenhaal doit stopper un attentat au travers de multiples tentatives dans une boucle temporelle.

Bref, vous l’aurez constaté, Retroactive puise dans de nombreux éléments fictionnels antérieurs pour construire une intrigue classique mais prenante autour du voyage dans le temps. Les dessins d’Ibrahim sont toujours aussi qualitatifs, dans un style réaliste au découpage très cinématique.

Apparemment, l’auteur aurait signé pour trois albums chez Humanoid (la branche US des Humanoïdes Associés), on risque donc de le retrouver bientôt pour une dernière proposition narrative.

****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Perdus dans le futur #1: La Tempête

Premier tome d’une série en 4 parties, écrit par Damian et dessiné par Alex Fuentes. Parution le 04/06/2021 aux éditions Dupuis.

Le Breakfast Club voyage dans le temps

Pour Sara, Mei, Driss et Arnold, ce qui devait être une sortie de classe tranquille se transforme bien vite en aventure cauchemardesque, à cause de l’intervention de Piero, la terreur de la classe dont le passe-temps principal consiste à rendre la vie impossible à nos quatre amis.

Il faut bien l’avouer, ces pas-si-joyeux drilles ont tout de cibles faciles si l’on se fie aux critères du Harcèlement scolaire pour les nuls: Sara est victime d’un handicap qui l’oblige à se déplacer en béquilles, Arnold est en surpoids, Mei est une HPI affublée de doubles-foyers et Driss, un peu trop basané au goût de certains. Ils sont donc malheureusement des cibles toutes indiquées pour l’aimable Piero.

En voulant leur faire peur une nouvelle fois, la brute provoque une chute qui les entraine tous les cinq au fonds d’un puits, qui se remplit dangereusement durant la tempête qui frappe les ruines du château que la classe visite. En ressortant, les miraculés s’aperçoivent à leur grand désarroi qu’ils ne sont plus chez eux. Toujours sur Terre, semble-t-il, mais dans un futur hostile où rôdent de dangereuses bêtes ! Nos quatre victimes et leur bourreau sauront-ils mettre leurs différends de côté pour sortir de ce mauvais pas ?

Péril jeune face à vieux templiers

En explorant plus avant ce nouveau territoire, nos naufragés du temps vont s’apercevoir que des humains parviennent contre toute attente à subsister dans cet environnement hostile. En effet, le château était autrefois le dernier bastion des Templiers, qui, traqués et persécutés, ont choisi d’utiliser leurs savoirs pour ouvrir un tunnel temporel qui les emmènerait loin de leurs bourreaux. Le problème, c’est que le tunnel est une voie à sens unique, et que les habitants du village de Templiers ne voient pas leur arrivée d’un très bon œil.

En effet, les conditions de vie difficiles ont contraint les templiers à adopter une philosophie malthusienne, voulant que chaque arrivée dans la communauté soit synonyme d’un départ.

Ce premier tome de Perdus dans le Futur nous plonge prestement dans l’action sans ménagement, pour nous faire ensuite découvrir son groupe de personnages attachants. Bien évidemment, les aventures temporelles rocambolesques ne sont finalement que l’écrin dans lequel ces protagonistes vont pouvoir se développer et renforcer leur liens, et l’on assiste au fil de l’album à la rédemption d’une brute antipathique, laissant entrevoir de belles évolutions sur le reste de la série. On apprécie également les thématiques écologiques en sous-texte, bienvenues dans le cadre d’un récit jeunesse.

Le graphisme est lui aussi résolument orienté jeunesse, et fait des étincelles, notamment grâce aux couleurs. En bref, ce premier tome a pour lui une narration fluide et des graphismes agréables, sous tendues par un réseau de personnages attachants et dotés d’une certaine profondeur. A lire !

**·BD

Oliver Page & les Tueurs de Temps

Série en deux tomes de 54 planches, écrite par Stephen Desberg et dessinée par Griffo. Parution le 02/01/20 et le 05/02/20 aux éditions Glénat.

Time will tell

Oliver Page est un jeune londonien, aventurier auto-proclamé, qui coordonne, avec l’élue de son cœur Beatriz, des fouilles archéologique en plein désert, au XIXe siècle. La fouille ne donne pas les fruits espérés, mais Oliver et Beatriz découvrent une momie non identifiée, un trône de pierre assez peu conventionnel, quelques bas-reliefs aux allures d’avertissements, et trois étranges anneaux.

Dans un futur lointain, Wynn, soldat aguerrie, perd son compagnon d’arme alors qu’elle traque une créature malfaisante capable de prendre le contrôle de toute créature vivante qu’elle parvient à investir. A son époque, Oliver découvre avec stupéfaction que le trône de pierre est en réalité une machine à voyager dans le Temps, et que le sarcophage dans lequel il l’a trouvé n’aurait jamais du être ouvert.

Va s’en suivre un chassé-croisé dans les méandres conjugués du passé et du futur, entre Oliver, Wynn et le parasite, avec rien de moins en jeu que le sort du monde.

Course contre le Temps

Ce diptyque aux aspects prometteurs est intriguant par bien des aspects, mais assez décevant au final. Friand d’histoires de voyages temporels, j’ai abordé Oliver Page avec empressement, curieux de connaître les différents rebondissements que connaitrait inévitablement le protagoniste au cours de son aventure.

Effectivement, on retrouve bien les éléments clefs du genre (certains parleront de poncifs), comme le décalage socio-culturel du au voyage temporel, les tentations diverses et variées de changer le cours du temps (Effet Papillon, Retour vers le Futur) et de faire fortune (Retour vers le Futur 2, Timelapse), la confrontation avec ses doubles temporels (Timecrimes)…

Il n’en demeure pas moins que le tout manque de liant, peut-être à cause d’une narration externe qui n’est pas toujours utilisée à-propos ou de façon optimale. Certains fils conducteurs restent sans réponse, ce qui est assez malvenu pour un diptyque duquel le lecteur en exigera forcément. En revanche, le protagoniste reste sympathique et attachant, ce qui est un réel plus pour continuer la lecture.

Le côté SF reste relativement bien géré, avec cette évocation d’un futur hostile et d’une Terre ravagée. L’antagoniste parasite m’a rappelé le film Hidden, et on doit avouer qu’il est bien utilisé, même s’il manque, par nature, de profondeur.

S’agissant du graphisme, la série semble payer assez cher ses délais contraints (deux albums parus à deux mois d’écart). On se doute que la majorité des planches a du être bouclée en amont de la parution du premier tome, force est de constater qu’il se dégage de l’ensemble un sentiment de rush (je n’ose pas dire bâclé) à certains endroits. Les plans rapprochés de Griffo sont souvent justes, mais les plans larges quant à eux, souffrent par leurs décors et les proportions de certains personnages.

Oliver Page & les Tueurs de Temps partait d’une idée ingénieuse et promettait une série d’aventure et de SF rafraichissante, toutefois, son exécution reste en deçà des attentes.

***·BD·Nouveau !·Numérique·Service Presse

L’Ange d’Yeu tome 1: Anges et Démons

La BD!

Premier tome de 46 planches de la série écrite par Pascal Davoz et dessinée Nicolas Bègue. Parution le 17/06/20 aux éditions Paquet.

Il était un petit navire

badge numeriqueEn 1936, Ange est un pêcheur expérimenté, qui a dédié sa vie à la mer. Il ne fait qu’un avec son bateau, hérité de son père, l’Ange d’Yeu, baptisé d’après l’île natale du sardinier. Ange aime tant son bateau qu’il fait pour ainsi dire partie de lui, et ferait presque de l’ombre à Agathe, son épouse, et à leur tout jeune enfant.

Gaston, le postier, le sait bien et n’espère qu’une chose: détourner la belle Agathe de son mari afin d’accaparer ses faveurs. Pour cela, le rival est prêt à employer tous les stratagèmes possibles, même les plus perfides. Ange va devoir redoubler de prudence s’il ne veut pas tout perdre sur l’autel de la cupidité du sournois postier.

Toutefois, il n’y a pas que ça. Depuis quelques temps, Ange est hanté par d’étranges rêves, durant lesquels il se voit, à différentes époques, invariablement confronté à un choix: sauver son épouse ou son bateau, et systématiquement, Ange choisit son embarcation, que ce soit face aux romains, aux vikings, aux croisés ou aux royalistes.

Lorsque les conspirations de Gaston emmèneront Ange sur un navire de guerre, ce dernier devra échapper aux nazis s’il veut espérer revoir sa femme…et son bateau.

Triangle (amoureux) des bermudes

Pascal Davoz réussit à nous embarquer dans un récit mêlant mystères oniriques et intrigue amoureuse, le tout étant savamment dosé. Les séquences de rêves et les complots tramés par Gaston dans le présent alternent pour nous mener aux prémisses d’une plus grande aventure.

Quelle est l’origine de ses étranges rêves ? Sont-ils une forme de métempsychose ou un avertissement ? Une fois réellement confronté au choix, Ange choisira-t-il réellement son bateau ? Survivra-t-il à l’Odyssée qui se profile devant lui ?

Le deuxième tome de la série devrait nous éclairer encore davantage, ou qui sait, épaissir encore le mystère !

***·BD·Guide de lecture·La trouvaille du vendredi·Rétro

Thorgal: le cycle de Shaïgan

La trouvaille+joaquim

 

 

BD de Jean Van Hamme et Gzegorz Rosinski
Le Lombard (1991-1997), cycle de 5 volumes.
Disponible dans le quatrième volume de l’intégrale nb chez Niffle. et dans le diptyque du Lombard (épuisé) comprenant étrangement les seuls marque des bannis et La couronne d’Ogotaï.

Ce troisième billet de guide de lecture de la saga s’intéresse au dernier véritable cycle de Thorgal, le Cycle de Shaïgan où le héros va perdre la mémoire et se retrouver dans la peau du terrible pirate Shaïgan. Comme vous le constaterez, à mesure que la sève scénaristique de Van Hamme s’est tarie la taille des cycles a grossi jusqu’à brouiller les bornes. Ainsi, si le cycle du Pays Qâ commence véritablement avec l’apparition du personnage de Kriss de Valnor dans Les archers, celui de Shaïgan débute sur La Gardienne des clés à la fin duquel il décide de quitter les siens. Cet album marque avec L’épée soleil (qui voit le retour de la méchante) une sorte de diptyque préparatoire. On peut donc envisager le cycle de Shaïgan sur sept tomes et non les cinq que j’aborde ici. Après La cage viendront cinq albums solo tout à fait commerciaux et très loin de l’inspiration des origines puis un petit miracle avec la reprise de la série par Yves Sente sur le cycle de Jolan qui aurait dû marquer le point final de la série. Mais j’y reviendrais dans un billet consacré à ce cycle particulier.

L’apparition d’anciens ennemis et les caprices des Dieux ont lassé Thorgal des dangers dans lesquels il met sa famille. Souhaitant les protéger il décide de s’éloigner sans se rendre compte que les conséquences seront plus terribles encore pour Aaricia, Jolan et Louve. Il apprend bientôt qu’une Forteresse invisible, cachée des Dieux, doit lui permettre de se faire oublier des habitants d’Asgard…

Longtemps mal perçu par moi du fait d’une structure compliquée qui semble évoluer au fil des albums, avec la forte impression que le talent brut de Jean Van Hamme permet seul de donner une cohérence à l’ensemble en sortant de son chapeau quelques idées géniales, ma relecture avec ma fille m’a permis de réhabiliter quelque peu ce cycle. Shaïgan correspond à une époque où la nouvelle série Largo Winch aspire toute la sève du créateur (avec un troisième diptyque H/Dutch connection qui est pour moi le meilleur de la série), laissant par exemple le pauvre XIII dans ses laborieuses aventures sud-américaines. A partir de cette époque les lecteurs sentent que le poids financier de ces deux séries oblige ses auteurs à les prolonger sans que ni l’envie ni la nécessité créatrice ne le justifient.  Malgré cela Van Hamme a encore assez de génie pour proposer, notamment sur La marque des bannis et La couronne d’Ogotaï, peut-être les deux meilleurs albums de la série! Si La Forteresse invisible propose une aventure assez classique de Thorgal (donc au-dessus de la moyenne des séries équivalentes), l’album suivant est le seul et unique où le héros est totalement absent! Idée gonflée et superbe qui permet aux auteurs d’assumer une description particulièrement sombre en faisant assumer à la douce Aaricia de terribles supplices. C’est dans la structure narrative que le hollandais maîtrise à la perfection, la chute (qui plus elle sera profonde et terrible plus elle surprendra le lecteur et permettra une ascension dramatique puissante derrière) que l’album sort du lot. Le principe de détruire fort pour rebâtir haut. Cela permet aussi pour la première fois de véritablement faire monter Jolan sur la scène, jeune garçon qui sera au cœur de La Couronne d’Ogotaï, comme son titre l’indique, rattachée au cycle précédent.

Couvertures, images et illustrations de Thorgal, tome 21 : La ...En rappelant le thème SF avec le voyage temporel, le scénariste utilise un gros Deus Ex machina… qui passe pourtant sans problème tant l’album est héroïque et résout partiellement les problèmes du personnage. Ce thème avait déjà été utilisé en one-shot sur le superbe Maître des montagnes, mais ici l’insertion de liens profonds, tels les grands arcs des comics qui convoquent parfois des personnages ou évènements passés il y a des années et des dizaines d’albums, crée une familiarité et un intérêt indéniable. La Mythologie Thorgal fait son effet et c’est là toute la force d’une série qui n’oublie jamais son passé pour le voir ressurgir régulièrement. Ces deux albums, outre de créer de nouveaux personnages importants pour la suite, sont la rampe de lancement vers ce qui tardera un peu à venir, le cycle de Jolan lors du passage de témoin à son successeur Yves Sente.

La suite est assez classique même si on y retrouve de beaux dessins et la mythologie magique chère à la série, et se conclut sur une séquence puissante dans la Cage où refusant un happy end trop facile, Van Hamme montre combien la souffrance d’Aaricia ne peut s’effacer par le simple retour d’un héros toujours naïf. Cette belle histoire d’amour universelle aurait pu s’arrêter là tant tant la boucle semblait bouclée, le lecteur sachant que la fuite en avant pourrait ensuite se prolonger en tirant vers le ridicule.Géants - Tome 22 - Thorgal-BD

Graphiquement Rosinski est toujours au niveau dans son style classique et ne passera en couleur directe (après les expériences de Western et du Comte Skrabek) que sur le dernier album du duo, le Sacrifice, après cinq albums où dessin comme scénarios seront devenus assez piteux. On se contente alors pour les plus fans des couvertures toujours superbes… Le Cycle de Shaïgan mérite d’être (re)lu pour ce qu’il est, le dernier arc d’une série en équilibre entre impératifs économiques et création sincère. Sans doute la transmission à un nouveau scénariste aurait-elle dû être faite dès la fin de ce cycle pour repartir sur de bonnes bases, mais on sent tout de même l’envie de donner une conclusion digne et cohérente à un héros (et sa famille!) en préparant le fils à une relève pertinente.

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Bloodshot Reborn #2-4

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Comic de Jeff Lemire, Butch Guice, Mico Suayan, Lewis Larosa et Tomas Giorello
Bliss (2016)-Valiant (2015), série terminée en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour leur fidélité.

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badge numeriqueSuite de la saga Reborn après un premier volume brillant. Que va donner la suite de cette série en quatre volume seulement?

Disons que chaque album est très différent, et pas uniquement en matière graphique. Il est certain que Mico Suayan et Lewis Larosa mettent le niveau très haut sur les épisodes qu’ils mettent en image et comme à son habitude Valiant fait en sorte que chaque volume soit dessiné en intégralité par un même dessinateur. Ce n’est pas exactement le cas pour toutes leurs sorties récentes mais ici cela tient et c’est très agréable.

  • Résultat de recherche d'images pour "bloodshot reborn guice"Le deuxième volume est le plus faible. Le dessin très classique de Butch Guice fait très bien le job mais n’apporte pas le truc en plus qui enthousiasme sur les autres épisodes. Surtout, il clôture l’intrigue lancée par le premier tome mais sans le gros plus qu’étaient les voix intérieures de Bloodshot incarnées par la géomancienne et l’excellent Bloodsquirt. On a donc une bonne intrigue qui reprends l’enquête de l’agent Festival (quel nom!) qui cherche à en savoir plus sur le Rising Spirit Project et les bastons de Bloodshot sans le côté psychologique. Ça reste sympa mais dans la grande moyenne des comics Valiant.
  • Le troisième volume nous bouscule en nous envoyant directement trente ans dans le futur, dans une dystopie post-apocalyptique où la nano-technologie a pris le pas sur la civilisation et où une élite s’est retranchée dans des cités fortifiées et alimentées en eau. Le reste? Désertique et parcouru par des bandes sauvages… On est en plein Mad-Max ou plutôt Old-man Bloodshot (en référence au culte Old-man Logan de Mark Millar dont il reprend exactement le principe, avec un vieux Ninjak qui vient demander l’aide du soldat ultime pour sauver un monde devenu fou…). Le dessin et le découpage incroyable du grand Lewis Larosa (que l’on retrouvera sur la série suivante Salvation) font le reste pour vous mettre une bonne grosse claque dans la tronche. Un monument du niveau de l’ouvrage de Millar et Steve MacNiven, dont la seule faiblesse est de paraître comme une repompade. Mais quel plaisir de voir transposé ce concept dans l’univers Valiant!

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  • Le quatrième volume intitulé Bloodshot Island, est une grosse baston sur une île, avec le retour de Mico Suayan aux dessins. C’est très beau (malgré un personnage de Deathmate très numérique avec des effets pas terribles) et permet de découvrir les différents bloodshot créés au travers de différentes guerres. Ce principe (déjà vu notamment sur la dernière série Ninja-K) commence à sentir le réchauffé mais ça permet au dessinateur de créer des variations sympathiques. Du reste on est dans le dialogue de bidasse testostéroné, ce n’est pas très subtile. Cet épisode permet de découvrir différentes séquences des Bloodshot passés, avec un Tomas Giorelo bien moins en forme que sur le X-O Manowar mais cela reste très agréable à lire.

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Cette série, comme on m’en avait averti le spécialiste de l’Antre des psiotiques, est l’une des meilleurs choses qu’ait produit Valiant, même si l’on peut regretter la mauvaise habitude générale à l’ensemble des comics d’en garder vraiment beaucoup  sous le coude. Beaucoup d’éléments de construction d’univers et bien peu de réponses. Le principe de Bloodshot restant celui de la manipulation conspirationniste, on se rapproche de XIII et l’on s’éloigne des fusillades bourrin avec destruction corporelle gore auxquelles nous avait habitué le tueur aux yeux rouges. On est ainsi surpris de le voir très peu mourir. Est-ce une réorientation complète ou un simple intermède? Le gros apport de cette saga est la relation amoureuse et la culpabilité de Ray Garrison (qui sera prolongée dans la suite Salvation). Sur le PRS et le GATE on n’en sait pour l’instant que bien peu, c’est dommage. Mais pour peu que la mini-série Bloodshot USA clôture enfin cet arc (je vous dis ça très vite), l’ensemble est de haut niveau et une bonne façon de découvrir en douceur les éléments de cet univers super-héroïque.

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Dans l’abîme du temps

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Manga de Gou Tanabe
Ki-oon (2019), one-shot, n&b.
Prix de la Série Prix de la série Angoulême 2020

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour cette découverte.

couv_374328Les éditions Ki-oon continuent leur adaptation des manga de Gou Tanabe sur Lovecraft avec une qualité éditoriale toujours aux petits oignons: couverture simili-cuir (… que j’aurais préféré couleur cuir comme pour les Montagnes Hallucinées), cahier couleur en début d’ouvrage, titres de chapitres en anglais et français. Une courte bio de l’auteur et de Lovecraft est proposée en fin d’ouvrage. Seule remarque, qui était difficilement corrigeable par l’éditeur français (comme pour le précédent ouvrage) les bulles n’ont pas de queue, aussi il est parfois malaisé de savoir qui parle lorsque plusieurs personnages se côtoient dans une case.

Alors qu’il donne un cours d’économie à l’université, le professeur Peaslee est victime d’un malaise. Il reprends connaissance… cinq ans plus tard et découvre qu’il a été victime d’une amnésie aussi longue, pendant laquelle son esprit a eu accès à des visions monstrueuses. A l’orée de la folie, soutenu par son seul fils aîné, il entreprend de comprendre ce qui lui est arrivé et d’où lui viennent ces visions dantesques…

Résultat de recherche d'images pour "dans l'abime du temps tanabe"Étonnante série que ces adaptations de Lovecraft par un mangaka que je n’aurais sans doute pas lu sur un autre sujet… Au premier abord j’avais tiqué sur les visages lors de ma lecture de la précédente adaptation. C’est le style du dessinateur et il ne changera probablement pas, aussi soit on s’y fait soit il s’avérera compliqué de continuer. Assez statiques hormis lors des séquences de sidérations (fréquentes dans le fantastique), ces personnages étaient difficiles à identifier dans le décors antarctique. Ici c’est moins problématique car nous sommes pour l’essentiel dans des décors de la Nouvelle Angleterre, des maisons et de l’université. Surtout les personnages sont réduits à Peaslee, son fils Wingate, quelques médecins et, surprise, le professeur Dyer. Cette présence (je ne sais pas s’il est cité dans la nouvelle originale) indique donc très rapidement que nous nous situons dans la suite chronologique et le même espace-temps que les Montagnes hallucinées. C’est une très bonne idée puisque cela permet de structurer les ouvrages de Tanabe comme une série à suivre, avec la révélation progressive du Mythe de Ctulhu.

Résultat de recherche d'images pour "the shadow of time tanabe"Construit en incessants aller-retour entre le voyage psychique de Peaslee dans un futur indicible (le fameux Abîme du temps) et le présent, à mesure qu’il se remémore des passages de son amnésie, l’album alterne pages classiques de l’homme ravagé par le doute, la recherche de ce qui lui est arrivé et de longues itinérances sur fonds noir dans le monde de la Grande race de Yith, laissant libre cours à la force du dessin de l’auteur sur les décors et architectures. Sur ce plan Tanabe a une vraie qualité appuyée sur la bizarrerie des formes pas toujours compréhensibles, ce qui correspond totalement à l’idée des mondes de Lovecraft où la conscience humaine ne peut interpréter ce qu’elle voit. Notamment du fait de trames dont la finesse et la précision sont pour moi du jamais vu. Cette « colorisation » par dégradés tout à fait spécifique au genre du manga Résultat de recherche d'images pour "gou tanabe shadow of time"reste particulière mais dans le domaine on atteint du très haut niveau et cela joue grandement de l’étrange en créant des reflets, des arrondis qui perturbent le regard.

Bien plus que dans les Montagnes Hallucinées racontées sur une ligne très cartésienne, nous sommes conviés à partager l’esprit d’un homme au bord de la folie, ne sachant jamais où ni quand il se situe. Le concept de créatures voyageant psychiquement sur l’espace-temps est assez fascinant et me rappelle l’un des meilleurs films de SF de ces dernières années, le Premier Contact de Denis Villeneuve qui proposait l’idée que le langage pouvait modifier la perception du temps et donc provoquer de fait une sorte de voyage temporel en distordant la réalité par la seule perception. Dès lors Gou Tanabe nous raconte l’histoire de cette race sur le même mode que le précédent ouvrage nous relatait l’histoire de la planète et des Anciens. Il n’est pratiquement pas fait référence aux divinités maudites du Mythe ici. On a une petite impression de redite par rapport à l’histoire précédente mais ce n’est pas très gênant tant l’univers est riche et le récit fluide. Résultat de recherche d'images pour "dans l'abime du temps tanabe"Rassemblée en un seul volume j’ai trouvé cette histoire plus concentrée et de ce fait à la fois plus facile à lire, sans temps morts et dont plutôt meilleure. Les visions ne rivalisent pas avec les incroyables cités noires de l’Antarctique mais les personnages et le récit, moins linéaire, plus intellectuel, sont supérieurs. Juste de quoi nous donner envie de replonger dans le monde de Lovecraft en espérant visiter bientôt la cité de R’lyeh…

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me met dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont on peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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