***·BD·Guide de lecture

Lastman cycle 2 (#7 – #12)

BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018. Une série animée Netflix est également disponible (1 saison)

[Atention Spoilers!]

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Cela fait dix ans que Richard Aldana croupit dans les cachots de la vallée des rois. Dix ans que Marianne a été tuée et qu’Adrian a disparu. Dans ce nouveau monde Paxtown est devenue une ville respectable dirigée d’une main de fer par le maire Tomie Katana et la vallée des rois est devenue une tyrannie où la justice est devenue expéditive après la réactivation de la Garde royale. Aldana a l’art de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit. Lorsqu’on le fait évader ce nouvel équilibre va rapidement voir surgir le feu et le sang…

mediathequeCe second cycle est un sacré pari tant il est dissocié du premier par une ellipse temporelle assez vertigineuse de dix ans, qui rebat tout ce que nous avons pu découvrir précédemment. Comme en forme de reboot, on démarre très fort avec un premier volume situé essentiellement dans la Vallée et l’on retrouve le constat fait sur les tomes passés: c’est ce contexte qui développe l’intrigue la plus dramatique, la plus solide, la plus intéressante.

LastMan -9- Tome 9Après un sérieux passage à vide sur le tome huit franchement inintéressant en forme de soap basé sur les retrouvailles des personnages, on repart de plus belle en mode feu d’artifice et surtout avec les réparties terribles d’Aldana! Car ce personnage est décidément une belle réussite d’anti-héros qui parvient à apporter à un genre qui a transformé ces personnages en archétypes assez banals. Résolus à surprendre à chaque instant en prenant le lecteur à contre-pied, les auteurs accentuent le côté looser du héros qui ne cesse de s’attirer les foudres de tout le monde avec sa propension à se trouver au pire endroit au pire moment, victime d’injustices à répétition. Mais le barbu à la couenne solide même si l’on prend pitié pour ce pauvre gars bien sympa et bien moins égoïste qu’il ne veut bien le faire croire…

Le problème de ce cycle c’est qu’à force de ruptures on en vient à casser un rythme pourtant redoutablement efficace. Ainsi tous les deux volumes un changement de narration rompt l’itinéraire inéluctable vers un grand n’importe quoi apocalyptique. Ce que j’avais apprécié sur le débilissime Fléau vert de Sanlaville (tout seul) se confirme ici avec du shoot de zombie, du fight de prisonniers évadés, des dragons, des vaisseaux volants, des hommes en jarretelles ou en slip, des barbus, encore des barbus, un peu de cyborg… et toujours cette dynamique folle dans l’action grâce à une technique de dessin d’une immense maîtrise. Le tome dix se consacre à un gros flashback, pas inintéressant hormis le fait d’être narré d’une seule traite, mais adoptant un effet estompé qui n’est pas moche en soi mais qui sur cent-cinquante pages est un peu lassant visuellement. Le double album final (avec cette sympathique couverture séparée en deux parties) reprend dans une Vallée des rois infernale où tout le monde est mort ou presque et une nouvelle réalité est apparue. En ayant laissé la bande d’Aldana presque deux volumes avant on se retrouve un peu perdu. Le grand méchant caché est apparu et le combat final survient, tenant toutes ses promesses bien que l’on ait par moment l’impression d’une improvisation scénaristique avec des deus-ex machina qui passent parce qu’on est dans une série B-Z et parce que le talent brut est là mais qui donnent un peu un sentiment de facilité.Lastman T12 par LABANDEDU9 - La bande du 9 : la communauté du 9ème art

Loin de moi l’envie de laisser une mauvaise impression sur ce second et dernier cycle d’une série inclassable, iconoclaste, qui si elle est bourrée de défauts a pour elle une sympathie et une entièreté d’artistes qui font joujou en pariant que leur amusement sera communicatif. Lastman a les qualités de ses défauts, à savoir l’aspect foutraque, le grand magasin rempli de tout ce qui plait à ces garçons. La perte de Marianne est un vrai gros point noir dans ce cycle et clairement les meilleurs passages sont autour du héros quand le retour d’Adrian est assez transparent et décevant. Si l’émotion du début de cycle fonctionne, elle s’estompe à mesure qu’on perd de vue Aldana et Adrian.  Non que les histoires de magiciens noirs ne soient pas intéressantes mais disons que cela devient plus banal que ce que nous ont proposé les auteurs jusque là. Si vous avez adoré le premier cycle vous pouvez sans soucis continuer, le plaisir (et les personnages!) reste là. Si l’aspect déstructuré du premier cycle vous a chagriné il n’est pas forcément nécessaire de continuer, l’histoire pouvant absolument se passer de sa prolongation.

***·BD

Lastman #4-6

BD de Balak, Vivès, Sanlaville
Casterman (2013-2019), env. 200p./vol., série finie en 12 volumes.
Un album préquelle Lastman Stories est paru en 2018.

Adrian et sa mère débarquent à Paxtown, cité du vice et de la Mafia. Le maître des lieux, Milo Zotis, y organise la Fight Fist Funeral Cup, le plus grand tournoi de combat libre… dont Richard Aldana était le grand champion! Aucunement impressionnée la jeune maman décide de s’inscrire avec Adrian…

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mediathequeCes trois albums marquent la fin du premier cycle des aventures de Mariane, Adrian et Richard… et l’on peut dire que les auteurs nous baladent brutalement d’un environnement à un autre avec le plaisir assumé de la série Z et des nanar de vidéoclubs des années quatre-vingt! Depuis les mésaventures des exilés de la vallée des rois à Nillipoli on sait que Lastman Lastman tome 5 - BDfugue.comva aller vers des aventures urbaines. Si ce monde ressemble au nôtre (ou plutôt à sa version viciée qui rappelle fortement une certaine Sin City…) rapidement les pouvoirs des arts martiaux de la Vallée interviennent et des êtres aux pouvoirs phénoménaux semblent décidés à venir à bout d’Aldana. Fantastique et polar mafieux se côtoient sans que les auteurs ne cherchent à donner une quelconque cohérence à l’ensemble. Ce qui fait le sel de Lastman c’est la liberté créative absolue, l’envie de se faire plaisir (Sanlaville a montré dans toute sa bibliographie combien il était amoureux des nanar). A Paxtown les filles sont des bimbo aux seins ENORMES, les gars des truands vicieux au look vaguement homo ou des golgoth sortis de Ken le survivant. Une nouvelle drogue fait des ravages et Aldana n’en finit plus d’assumer son statut d’anti-héros. Ce personnage présenté comme le cœur de la série s’avère d’ailleurs au final un peu décevant de passivité. A force de se faire défoncer par tous ses adversaires et bien peu doté en stratégie, il surnage surtout par ses répliques pas fines mais hautement sympathique (pour peu que l’on ait accroché avec l’esprit de l’œuvre). Du coup avec la quasi disparition de la mère et de son fils sur les volumes cinq et six on est un peu en manque de focus, les auteurs ne semblant soit pas se préoccuper de cela, soit trop hésiter devant leur galerie de joujoux, entre un super-flic mystérieux, le tout aussi cryptique Cristo Canyon vu au début de la série ou la gonflée Tomie Katana au nom d’actrice porno et destinée à courir partout comme toute bonne bimbo de film d’horreur qui se respecte…Lastman on Twitter: "Cristo Canyon - Lastman, tome 6 https://t.co ...Puisqu’il ne faut pas en demander trop à un scénario assumé comme de série Z, la puissance de cette série réside donc bien dans ses planches qui ne finissent pas de surprendre de simplicité et d’efficacité cinématographique. Le découpage est magistral, le mouvement est dans chaque case et l’on a clairement le sentiment d’avoir affaire à la mise en album d’un long métrage d’animation (tiens donc, les trois auteurs ne viendraient-ils pas de ce secteur créatif?…). Faute d’avoir la BO comprise dans les albums, je ne saurais Lastman : déjà plus de 800 pages d'aventure ! - ActuaBDque vous conseiller de lire Lastman avec une musique pas fine en fonds sonore. Une petite suggestion des auteurs? Bien entendu ce style n’est pas pour tous les goûts et même si vous vous faites à ces dessins à la très grande technique redoutablement camouflée il est impératif de goûter aux films de Schwarzenegger, à MadMax et à Dirty Harry pour bien apprécier la série. Attention, si les auteurs se font un plaisir coupable, dès que les planches reviennent à la Vallée des rois l’intrigue prends une épaisseur soudaine qui nous emmènera vers un second arc/saison introduit par un des Cliffhanger les plus gonflés que j’ai pu lire. Empli d’une générosité foutraque, débordant par moment de n’importe quoi à force d’aimer les films débiles, Lastman est une BD de garçons qui ne s’excusent pas d’aimer les nichons, les muscles et les explosions. Avec une attaque de la base étonnamment feignante et vaguement ennuyeuse, on se dit qu’on s’arrêtera là… avant d’être repris par l’addiction sur la dernière partie du tome six. Et la très grosse envie d’aller regarder l’animé sur Netflix en attendant de lire la suite…

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Sushi & Baggles #32

esat-west

 


  • Lastman #3 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_200428Lastman est décidément bien surprenante! Après une entrée en matière trappue sur un mode tournoi d’arts martiaux qui fleure bon le Dragon Ball, bouleversement total d’univers dès ce troisième volume qui voit Marianne et son fiston quitter la vallée des rois sur sa moto pour tomber dans un univers post-apo à la Mad Max, peuplé de hordes de dégénérés totalement débiles et totalement drôles… On ne cesse d’être bousculés, happés par des découvertes qui aussitôt digérées nous rebasculent ailleurs, avec d’autres. On ne sait toujours pas ce qu’est ce monde (fantasy? non… post-apo? pas complètement,…). Richard Aldana a disparu mais revient en toute fin d’album et semble plus lié à notre chère boulangère qu’il n’y paraissait. On se marre de bon cœur, les séquences d’action loufdingues sont nombreuses et pêchues, l’originalité des décors et des concepts est permanente, bref, Lastman c’est l’éclate et je me régale. Vivement la suite que je pense enchaîner assez rapidement! Difficile de mettre plus de trois Calvin du fait du style de dessins très rapides, mais niveau plaisir on y est.

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  • Ex-Arm #9 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2019

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badge numeriqueJe le présentais, ça y est, ce manga est enfin lancé sur un rythme au niveau de ses graphismes! le cœur de ce volume est un énorme combat entre le personnage masqué déjà aperçu dans son combat contre le Holder de la mafia italienne. Outre le design toujours parfait, les pouvoirs des ex-arm sont vraiment chouettes et prennent tout leur rôle dans une sorte de magie technologique qui me plait énormément dans sa volonté de réalisme techno. Les auteurs commencent aussi enfin à développer certains personnages dont le passé est décrit au travers d’ellipses intéressantes. Du coup ils deviennent autre chose que des bonshommes de combat et tout cela étoffe fortement la moelle de la série. La dimension cyber et IA fait également un saut en se rapprochant de l’ADN de ce manga, Ghost in the shell... grand modèle qu’Ex-arm parvient par moment à dépasser en simplifiant les réflexions philosophiques qui faisaient par moment de l’oeuvre de Shirow un morceau un peu indigeste. Avec toutes ces qualités, la lecture un peu passive et très inégale qui dominait jusqu’ici devient tout à fait addictive à l’approche du tome dix et l’on se prend à regretter que le manga se termine en quatorze volumes au Japon…

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  • Ex-Arm #10 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2019

couv_372107badge numeriqueLe retour d’Alma permet aux auteurs de revenir aux plans Ecchi lors de combats aux cadrages souvent vertigineux. Ce n’est pas grave tant l’action est effrénée dans les différents affrontements où la présence d’androïdes ultra-sophistiqués se multiplie. Au point qu’on se demande comment de simples humains (Minami?) peuvent encore interagir entre les IA (Akira, Ygg), les androïdes ultra-perfectionnés (Alma, la soubrette, les chats), les méchas à la puissance de feu redoutable et les Holders toujours plus nombreux… Ce volume continue la simplification de l’intrigue en rassemblant par une pirouette les protagonistes en un même lieu pour un nouveau coup de théâtre qui commence à révéler les objectifs réels du prince du désert, de l’homme masqué et de l’organisateur de la vente. L’escouade anti-ex-arm se retrouve ainsi un peu sur la touche depuis quelques albums, dépassés par une lutte entre personnes aux capacités surpuissantes. Cet album nous permet enfin une des premières vraie bonne séquence dans le cyber-espace, remplie de bonnes idées dans la matérialisation des concepts informatiques. On prend décidément de plus en plus de plaisir avec Ex-Arm! Dommage que la fin approche très vite…

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**·***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos

Sushi & Baggles #31

esat-west

 


  • Lastman #2 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2013, série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_191184J’apprécie l’envie d’avancer rapidement dans cette série à lecture rapide. Ce tome voit la conclusion du tournoi entamé sur le premier volume et le développement du background de Richard et de sa relation avec le gamin et sa mère. L’univers est toujours surprenant, entre Moyen-Age et contemporain, sans que l’on sache si l’on est dans un monde post-apo ou non. Certainement que les auteurs vont profiter de la fin de ce premier arc pour construire leur univers et un antagonisme qui reste léger pour l’instant, hormis le fameux Lord Ignacio et son champion Cristo Canyon. Que ce soit sur les combats ou non le sens du cadrage et de l’action sont redoutables et confirment le talent de Michael Sanlaville pour transposer le dynamisme de l’Animation en BD.

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  • Ex-Arm #7 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_326423Décidément cette série aux graphismes toujours impériaux fait les montagnes russes avec une vraie difficulté à maintenir une tension dramatique (sans doute du fait d’une intrigue générale assez légère…). Ce volume n’est pas mauvais en soi mais on sent l’aspect Ecchi gratuit (euphémisme?) prendre le dessus. C’est dommage car on commence par la fin du combat entamé au volume précédent et qui, comme toutes les bastons depuis le début est très bien tourné. Ça reste du corps à corps mais le dessinateur propose ce qui se fait de mieux en Manga en matière de cadrages et de dynamisme. Très vite on retombe ensuite dans de longues explications sur les relations entre les différentes mafia et sur le mystérieux « faucon du désert ». Depuis le début de l’arc on a bien compris que tout le monde possédait une Ex-arm et que la baston finale s’annonçait impressionnante. Le volume est donc un (nouvel) intermède permettant de voir Alma nue et les contre-plongées lourdingues sur les jolis arrières trains des demoiselles. On lit rapidos et on attend la suite…

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  • Ex-Arm #8 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2018

couv_345029On finira par s’y faire, dans cette série après un album passable vient toujours un autre excellent. Ce huitième volume des aventures de Minami et Alma l’androïde marquent une entrée dans l’action: les familles mafieuses se lancent dans une chasse sanglante dont il ne doit ressortir qu’une poignée d’enchérisseurs pour la vente des Ex-arm. De nombreux manipulateurs dans l’ombre surgissent et on a droit à de magnifiques combats dont les dessins font toujours autant baver, tant par la qualité du design que par la technique des dessins, jusqu’à la finesse des textures. Encore une fois, Ex-Arm est un manga très grand luxe! Comme l’histoire se développe (notamment des révélations sur le mystérieux roi du désert et ses liens avec Minami avant un combat dans le noir particulièrement tendu) on a moins de vues Ecchi et une intrigue plus linéaire ce qui fait du bien. Restent quelques ellipses brutales comme depuis le début mais cela reste un détail. Ce tome est pour moi le meilleur depuis le début et parvient à véritablement nous happer vers la suite. En espérant que cette tension se maintienne jusqu’au bout!

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***·****·Comics·East & West·Manga·Numérique·Rapidos·Rétro

Sushi & Baggles #30

esat-west

Des trouvailles comics et Manga assez rafraîchissantes cette semaine, avec trois séries que je vais continuer avec plus ou moins d’envie mais sans se forcer non plus…


  • Magical girl Holy shit! #2 (Souryu/Akata) – 2018, série en cours (7 vol Jap/6 vol fr)..

badge numeriquecouv_348205En introduction de ce second volume nous avons droit à un résumé de l’histoire et des protagonistes. Pour un manga de ce genre (à consommation rapide) c’est bien vu. Le premier tome présentait une entrée en matière rapide et très axée action. L’auteur de Magical Girl Holy shit prends ici le temps de se poser un peu en introduisant des nouveaux personnages, dont une journaliste qui permet d’élargir un peu l’univers et de démarrer un erzats de scénario. Après la méga baston entre « gros nichons » et l’héroïne, le manga nous place quelques backgrounds sur cet alter-ego qui attire pour l’instant toute l’attention de Kayo. Mine de rien Souryu arrive à garder un équilibre pas évident entre déconnade pas trop redondantes, troisième degré et action graphique plutôt agréable. Un poil plus sage que le précédent, cet opus fait le job suffisamment bien pour remettre une pièce dans la machine et nous emmener vers un troisième…

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  • Centaures #3 (Sumiyoshi/Glénat) – 2018, 4 vol parus, série en cours.

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badge numeriqueLes deux premiers volumes de cette étonnante et magnifique série m’avaient franchement emballé et la surprise de la chute sonnait comme un KO. Et pour cause, ces volumes formaient une sorte de prologue. Ici commence l’histoire des enfants centaures survivant de la terrible attaque des humains que nous avons vécu. Le ton est désormais beaucoup moins dur, comme le dessin, plus fin, moins estampes mais toujours aussi beau. Les quelques plans de nature en début d’ouvrage sont tout bonnement somptueux. Le monde en guerre que nous avons laissé a donné place quelques années plus tard à une étonnante cohabitation entre centaures et humains, que vont découvrir le fils de Matsukaze et celui de Kohibari. Si la tension a donc franchement baissé, malgré la peur permanente de ce que les centaures peuvent découvrir, l’auteur peut désormais s’atteler à imaginer à quoi peut ressembler une société japonaise civilisée habitée par des centaures. Il y a plein de bonnes idées de background et l’atmosphère de danger permanent instillée dans les deux premiers volumes infuse toujours chez le lecteur en créant une envie de connaître le destin de ces personnages. Les quelques effets brouillons des débuts ont presque disparu pour donner place à un manga très maîtrisé qui s’impose comme une valeur sure.

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  • Lastman #1 (Balak, Vivès, Sanlaville/Casterman) – 2012), série finie en 12 volumes.

mediathequecouv_183304On entend parler de Lastman depuis longtemps, avec un très bon buzz public. Le format me plait bien mais je reconnais que le style de la bande des Vivès/Sanlaville/Merwan/Gatignol, totalement issue de l’animation, me laisse parfois dubitatif. Pour quelqu’un qui aime les encrages précis d’un Toulhoat ou d’un Immonen, ce style épuré, à la fois très maîtrisé techniquement et déformé est perturbant. Le plaisir de lecture des Ogres-dieux ou de Mécanique celeste (mais surtout la sortie du dernier tome cette année!) m’a poussé à me lancer enfin. Du coup on a affaire à un classique tournoi d’arts-martiaux dans un univers composite rehaussé de magie. Le volume introduit un jeune garçon frêle désirant pratiquer les arts martiaux, le mystérieux et très charismatique Richard Aldana, redoutable combattant aussi fruste que déterminé et la jeune maman, une bombe qui attire l’attention et le désir. Le scénario est très fluide, intéressant en proposant un univers déjà riche de mystères et de méchants futurs. Beaucoup repose sur le disruptif Aldana en mode « faux connard » et le contraste avec le gamin attachant. Les dessins ont l’avantage de leurs défauts, pas très beaux mais terriblement efficaces par leur énergie et leur mouvement. On sent l’envie de mettre sur papier un dessin animé et il n’est pas étonnant que la série ait donné lieu à une version animée préquelle (qui m’intéresse pas mal du coup!) dont la première saison (11 minutes par épisode)  est disponible sur Netflix et la seconde le sera en 2021 sur le web de FranceTV. Cette série commence donc très bien, à la fois drôle, dynamique et mystérieuse. Je continue…

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****·BD·Nouveau !·Service Presse

Gung-Ho – Intégrale #1

BD de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant
Paquet (2013-). série en cours, 4 albums parus et 1 intégrale.
La présente intégrale comprend les trois premiers volumes. Le billet est la mise à jour du billet paru sur la version album.

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur confiance.

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L’intégrale comprend les trois premiers volumes de la série en format compact (proche des comics), même maquette, pagination continue sur 248 p., couvertures de chaque tome intercalée et intérieur de couverture qui montre le plan du camp de base de la communauté. On aurait aimé quelques bonus mais à 35€ contre 51 pour l’équivalent en album cela vaut le coup, surtout que contrairement à certains éditeurs Paquet annonce la couleur et permet un très large choix (album classique, grand format, intégrale) ce que je trouve extrêmement appréciable. J’apporterais juste un bémole sur le HS d’une trentaine de pages qui aurait parfaitement pu intégrer cette intégrale pour en faire un volume vraiment intéressant hormis le prix et la facilité à le ranger dans la bibliothèque. A noter que la série en est actuellement au tome 4, ce qui laisse entendre soit que la série se cloturera au sixième, soit que l’éditeur prévoit d’intégrer ce HS dans la seconde intégrale…wait and see!

Dans un futur proche, ce qu’il reste de l’humanité s’est réfugié dans des villes fortifiées et des colonies qui tentent de recoloniser le territoire en se protégeant du fléau blanc, les Rippers. Lorsque arrivent dans la communauté très réglementée de Fort Apache deux orphelins, Archer et Zack, ils se retrouvent confrontés à l’acceptation de ces règles, à leur transgression par leurs pulsions d’adolescents et au défi de se construire dans ce monde hostile.

gung_ho_page02_blogGung-Ho est une BD post-apocalyptique dans la veine de Walking Dead… sauf qu’ici pas de zombies. Le contexte préalable n’est que faiblement évoqué et si l’on apprend tardivement ce que sont les Rippers, l’on ne sait même pas s’ils sont à l’origine de la réduction de la population. Ce qui intéresse les deux auteurs ce sont les relations entre les personnages et notamment entre groupe des adolescents et des adultes. Cette mini société est absolument passionnante par ce qu’elle transpose en concentré les impératifs de toute société entre justice, liberté et ordre. Derrière ces concepts, les adultes et les adolescents n’ont pas les mêmes visions et vont souvent tester la réactivité de cette société expérimentale et communautaire. Les personnages 9641ee1d5a597fd6db0382413ba5e9f8-gung-ho-manga-comicssont vraiment nombreux et caractérisés à la fois graphiquement et par le scénario. Hormis quelques exceptions (le méchant corrompu), tous sont subtiles et crédibles, le lecteur comprenant leurs motivations qui ne sont jamais simples à condamner. Cela car le travail de contexte est important et la pagination permet de prendre le temps de soigner chaque figure. L’élément déclencheur de l’intrigue est l’arrivée des deux jeunes frères et notamment d’Archer, le joli rocker tête-brûlée (en préambule à chaque album les auteurs nous rappellent que Gung-Ho signifie « tête brulée »), qui ne respecte aucun code et va par ce fait mettre l’équilibre de la communauté et de ses lois en danger. Certaines personnalités sont plus alléchantes, comme la jeune asiatique experte en maniement du sabre ou le chef militaire du groupe. Mais tous semblent vivre leur vie entre les cases.

Ce qui a marché dans Walking dead (la transposition de la société dans une situation de crise extrême) fonctionne aussi ici avec l’accent mis sur l’adolescence et les thèmes qui lui sont liés (la transgression, la musique, le flirt, l’alcool, le passage au stade adulte,…). En revanche, si la série de Robert Kirkman est dotée de dessins loin d’être virtuoses, ici Thomas Van Kummant (passé par le design et l’infographie) fait des miracles avec sa palette graphique. maxresdefaultSi vous êtes allergiques au dessin numérique vous pouvez passer votre chemin… pourtant vous aurez tort! Comme Miki Montllo sur la formidable série Warship Jolly Rogers (leur technique est proche, entre des formes plates et des textures et contrastes très sophistiqués) il parvient à donner une grande expressivité aux visages et une harmonie improbable quand on regarde les dessins à la loupe. Élément par élément on peut même trouver cela moche, mais l’ensemble est très léché, entre le photoréalisme des arrière-plans et les éclats de couleur des personnages. Comme Bastien Vivès, Van Kummant parvient à donner un réalisme à ses dessins en faisant appel à notre mémoire visuelle, transformant quelques traits ou touches de peinture en une anatomie et mouvement très parlant. Mais surtout les auteurs nous donnent un vrai plaisir à suivre tous ces personnages, pas seulement les héros. L’esprit est celui d’une bonne série TV que l’on veut voir durer des années. Ainsi sur un canevas simple ils parviennent à nous attraper, nous faire craindre pour untel, souhaiter un avenir à un autre, etc.

ckizmgtwsaa2j5oGung-Ho est une vraie réussite et une très bonne surprise sur tous les plans, tant graphique que thématique. Deux auteurs inconnus arrivent à confirmer l’essai d’un projet montrant que l’on peut raconter mille fois la même histoire en intéressant toujours différemment. Par l’intelligence et la spécificité de chaque auteur tout simplement.

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****·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro·Service Presse

La Trouvaille du vendredi #11

La trouvaille+joaquim

Rocher rouge,
BD d’Eric Borg et Michaël Sanlaville
Casterman (2009) collection KSTR, 117 p. Album ressorti en 2018.

Couverture de Rocher rouge - Tome 1

Une bande de jeunes, enfants de riches, vont passer trois jours sur une île déserte. Trois jours de farniente, d’aventure, de drague… Sauf qu’une légende raconte que ce Rocher rouge serait le territoire du terrible Maboukou croqueur de têtes…

La définition d’une série B c’est un thème éculé mais prenant, traité avec conviction… Rocher rouge est donc bien une série B, illustrée par un collègue de Bastien Vivès et dotée des mêmes qualités graphiques que ce dernier: avec un trait grossier, cartoonesque, simpliste, il parvient à créer un dessin paradoxalement très précis par son évocation du mouvement, du bruit et des regards. Derrière des atours de dessin rapide c’est très technique (notamment sur les anatomies). Les personnages sont ceux d’un film d’horreur classique: un couple pas si stable que cela, des lesbiennes, un puceau, un costaud… et des filles en bikini. Tout cela sur une plage de sable fin avec un monstre qui rode et un rationalisme forcené des héros. Le décors est planté.

Résultat de recherche d'images pour "rocher rouge sanlaville"Et lorsque les personnages et le thème sont familier, ce qui fait prendre la mayonnaise c’est le rythme. Ça tombe bien puisque cet album est édité par la collection KSTR de Casterman qui se présente comme la collection « du mouvement et des jeunes auteurs ». Cet album ne vise pas à l’esthétique mais bien (comme ceux de Vivès) le dynamisme, les effets comiques ou terrifiants. Les auteurs, comme dans un film, jouent donc très efficacement sur les cadrages et utilisent la déformation des corps comme des effets optiques ou pour produire un style dessin-animé, comme si la persistance rétinienne pouvait être remplacée par la mémoire graphique du lecteur. Et ça marche! Les pages s’enchaînent, rythmées par les dialogues et le mouvement. Les dessins et les scènes sont sexy juste ce qu’il faut, les personnages attachants pour certains, détestables pour d’autres et l’on attend avec impatience le premier mort et la confrontation avec le monstre. Résultat de recherche d'images pour "rocher rouge sanlaville"Du coup l’album se lit d’une traite sous des couleurs numériques éclatantes et provoque une petite frustration tant on est pris par les aventures violentes de cette bande. Le scénariste a sorti un second album avec un autre dessinateur, pour ceux qui voudront prolonger l’aventure.

Les auteurs parviennent à nous surprendre avec ce scénario pourtant attendu, d’abord par la frénésie des enchaînement des scènes, des dialogues (on passe d’un thème, d’une blague à une autre), mais surtout par une fin vraiment bien vue et totalement inattendue. On aimerait une prolongation, que l’on prenne plus de temps passé sur cette plage en compagnie de cette joyeuse bande, mais cela aurait sans doute été au détriment de ce dynamisme donc, et l’on fait confiance aux auteurs tant le résultant est enthousiasmant. Attention, comme tout film d’horreur c’est gore et brutal. Mais le dessin permet que cela ne soit très vivable pour peu que l’on ne craigne pas le genre.Résultat de recherche d'images pour "rocher rouge sanlaville"

Personnellement j’ai passé un excellent moment sur la plage du Rocher rouge et n’attend qu’une adaptation ciné qui pourrait donner un autre regard. J’ai bien envie de lire la suite mais cela dépendra beaucoup du dessin qui me semble moins efficace, et je vais prospecter les albums de Sanlaville qui m’a contre toute attente (comme Vivès) conquis.

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BD·Mercredi BD·Nouveau !

Une soeur

BD de Bastien Vivès
Casterman (2017), 208p.

9782203147164

Bastien Vivès est un auteur qui prend de la place et Casterman la lui donne dans ce gros volume sobre et élégant. Rien de particulier à dire côté édition sinon que le titre (doté d’un vernis sélectif) et la couverture, pourtant simplissimes, touchent juste.

Antoine, 13 ans, va en vacances dans la maison de famille habituelle. Avec son petit frère Titi cela s’annonce calme comme chaque année. Mais apparaît Hélène, la fille d’amis de ses parents, 16 ans, qui va passer l’été avec eux. Commence une découverte entre sensibilité et tentations adolescentes, loin des parents, loin du frère. Une sœur?

Résultat de recherche d'images pour "une soeur vivès"J’ai découvert Bastien Vivès sur Polina (depuis adaptée au cinéma), fascinant croquis d’une apprenti danseuse, dont la subtilité du traitement m’a littéralement fasciné. Le dessin de Vivès, très épuré, n’est pourtant pas ce qui m’attire le plus en graphisme, mais la pertinence de sa technique et le sentiment général de profondeur restent assez uniques dans la BD actuelle. Polina jouit de la même force, sur un tout autre sujet. Il y a très peu de dialogues chez cet auteur et son style lui permet de nous toucher au plus profond de notre ressenti intime, de notre mémoire collective, lorsqu’en deux coups de feutre il croque un regard qui ne nécessite pas de dialogues, une expression complexe d’Hélène entre tentation et inquiétude. Le dessin est toujours un art fascinant quand il montre une image très précise en ne faisant que l’évoquer. On touche à l’impressionnisme…

Mais il n’y a pas que le dessin chez Vivès. Le personnage d’Hélène fascine autant le lecteur que le personnage principal. Consciemment ou pas, l’auteur lui donne des poses, des expressions, des silences issus du Lolita de Kubrick. Le lien entre les films est indéniable pour moi, hormis que le personnage masculin est totalement différent. La jeune fille a ce mystère divin, cette Eve à la fois intrigante, tentatrice, accompagnant, fidèle,… Résultat de recherche d'images pour "une soeur vivès"La subtilité des non-dits fait que tout le long on alterne comme Antoine, ne sachant pas si elle est avec lui, manipulatrice ou sincère? Une sœur ou une amoureuse? Une proche ou une aventure de vacances? La fragilité d’Antoine (tiens, dessinateur comme l’auteur…) est également très bien montrée, sur un rythme langoureux, estival.

Ce que j’avais beaucoup aimé sur Polina (que je vois comme un anti-Black Swan) c’est la capacité à intéresser par une véritable intrigue totalement dénuée de pathos. Il n’y a pas de mal dans le monde de Vivès, juste la vie, faite d’irrégularités, d’incompréhensions. Des personnages pures qui tentent d’entrer en contact, de jeunes gens qui apprennent la vie doucement. Deux-cent pages de beauté. Et un sacré trait.

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez les  Mo’.

Caro l’a chroniqué également

****·BD·Mercredi BD

Gung-Ho

BD du mercredi
BD de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant
Paquet (2013-). 80p/album, 4 albums parus /5.

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L’éditeur Paquet nous a habitué à proposer de très beaux ouvrages, souvent en grand format, doté de couvertures attrayantes et au travail éditorial qualitatif. Essentiellement connu pour les (très bonnes) séries d’aviation de Hugault ou pour le manga best-seller Usagi Yojimbo, Paquet propose avec Gung-Ho de découvrir deux auteurs allemands pleins de talent, déjà créateurs de la série Chroniques immortelles. Les albums ont été publiés en deux sorties de 40 pages par tome puis en album de 80 pages grand format et enfin en édition deluxe (encore plus grand format). A 17€ l’album ce n’est pas une arnaque. Un court cahier graphique accompagne le premier tome.  La maquette est fidèle à l’univers, prenant comme couverture un des personnages principaux à chaque tome. L’intérieur de couverture représente le cadre géographique de la colonie qui accueille l’intrigue. Du beau travail qui rehausse cette excellente BD.

Dans un futur proche, ce qu’il reste de l’humanité s’est réfugié dans des villes fortifiées et des colonies qui tentent de recoloniser le territoire en se protégeant du fléau blanc, les Rippers. Lorsque arrivent dans la communauté très réglementée de Fort Apache deux orphelins, Archer et Zack, ils se retrouvent confrontés à l’acceptation de ces règles, à leur transgression par leurs pulsions d’adolescents et au défi de se construire dans ce monde hostile.

gung_ho_page02_blogGung-Ho est une BD post-apocalyptique dans la veine de Walking Dead… sauf qu’ici pas de zombies. Le contexte préalable n’est que faiblement évoqué et si l’on apprend tardivement ce que sont les Rippers, l’on ne sait même pas s’ils sont à l’origine de la réduction de la population. Ce qui intéresse les deux auteurs ce sont les relations entre les personnages et notamment entre groupe des adolescents et des adultes. Cette mini société est absolument passionnante par ce qu’elle transpose en concentré les impératifs de toute société entre justice, liberté et ordre. Derrière ces concepts, les adultes et les adolescents n’ont pas les mêmes visions et vont souvent tester la réactivité de cette société expérimentale et communautaire. Les personnages 9641ee1d5a597fd6db0382413ba5e9f8-gung-ho-manga-comicssont vraiment nombreux et caractérisés à la fois graphiquement et par le scénario. Hormis quelques exceptions (le méchant corrompu), tous sont subtiles et crédibles, le lecteur comprenant leurs motivations qui ne sont jamais simples à condamner. Cela car le travail de contexte est important et la pagination permet de prendre le temps de soigner chaque figure. L’élément déclencheur de l’intrigue est l’arrivée des deux jeunes frères et notamment d’Archer, le joli rocker tête-brûlée (en préambule à chaque album les auteurs nous rappellent que Gung-Ho signifie « tête brulée »), qui ne respecte aucun code et va par ce fait mettre l’équilibre de la communauté et de ses lois en danger. Certaines personnalités sont plus alléchantes, comme la jeune asiatique experte en maniement du sabre ou le chef militaire du groupe. Mais tous semblent vivre leur vie entre les cases.

Ce qui a marché dans Walking dead (la transposition de la société dans une situation de crise extrême) fonctionne aussi ici avec l’accent mis sur l’adolescence et les thèmes qui lui sont liés (la transgression, la musique, le flirt, l’alcool, le passage au stade adulte,…). En revanche, si la série de Robert Kirkman est dotée de dessins loin d’être virtuoses, ici Thomas Van Kummant (passé par le design et l’infographie) fait des miracles avec sa palette graphique. maxresdefaultSi vous êtes allergiques au dessin numérique vous pouvez passer votre chemin… pourtant vous aurez tort! Comme Miki Montllo sur la formidable série Warship Jolly Rogers (leur technique est proche, entre des formes plates et des textures et contrastes très sophistiqués) il parvient à donner une grande expressivité aux visages et une harmonie improbable quand on regarde les dessins à la loupe. Élément par élément on peut même trouver cela moche, mais l’ensemble est très léché, entre le photoréalisme des arrière-plans et les éclats de couleur des personnages. Comme Bastien Vivès, Van Kummant parvient à donner un réalisme à ses dessins en faisant appel à notre mémoire visuelle, transformant quelques traits ou touches de peinture en une anatomie et mouvement très parlant. Mais surtout les auteurs nous donnent un vrai plaisir à suivre tous ces personnages, pas seulement les héros. L’esprit est celui d’une bonne série TV que l’on veut voir durer des années. Ainsi sur un canevas simple ils parviennent à nous attraper, nous faire craindre pour untel, souhaiter un avenir à un autre, etc.

ckizmgtwsaa2j5oGung-Ho est une vraie réussite et une très bonne surprise sur tous les plans, tant graphique que thématique. Deux auteurs inconnus arrivent à confirmer l’essai d’un projet montrant que l’on peut raconter mille fois la même histoire en intéressant toujours différemment. Par l’intelligence et la spécificité de chaque auteur tout simplement.

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mille et une frasques.

BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #5

Bon ben c’est pas par-ce qu’il neige qu’on s’arrête de lire des BD, donc…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Fournée de bibliothèque oblige je replonge chez Léna, découvre l’excellente série Gung-Ho, le tout aussi impressionnant Vivès et deux rattrapages de la rentrée avec le Largo Winch (plutot pas mal) et le Batman (assez mitigé).

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

sunkenrock2_06092008_130314sunkenrock3_06122008_233626justice-league-crise-d-rsquo-identite

couv_261754nils-tome-2-vfCouverture de Yin et le dragon -1- Créatures célestes

J’ai pas mal accroché Sun-ken Rock alors j’enchaîne (… avant Wallman). JL Identity crisis fait partie des comics les plus réputés de ces dernières années, j’en parle très bientôt sur le blog. Et puis le tome 2 de Nils m’attend impatiemment sur ma PAL mais je crois qu’il vaut mieux relire le 1 pour en profiter pleinement. Enfin, une BD qui vient de la bibliothèque à lire avec les choupinous .

3. Que vais-je lire ensuite ?

Couverture de Les tuniques Bleues -61- L'étrange soldat FranklinLe Joueur d'échecs

Le dernier tunique bleues et un comic jouissant de très bonnes critiques, pour Iznéo (deux nouveautés). Deux BD (la première du fabuleux illustrateur jeunesse Davis Sala et un scénar de Zidrou) sorties cet automne, qui me faisaient bien envie et que j’ai eu la chance d’avoir rapidement par la bibliothèque.

 

Et vous? Vous avez pris de l’avance avant Noël?

Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!