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Jamais

BD du mercredi
BD Duhamel
Grand Angle (2018), 54 p. one shot.

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Cet album fait partie de la sélection du prix des médiathèques de l’Ouest lyonnais.

Ouvrage grand format qui donne de l’espace à un découpage aéré. L’album se termine par quelques pages de repérages photos mis en regard des illustrations qu’ils ont inspirés. Album de facture classique, sans commentaire particulier.

Sur la côté normande les falaises s’effondrent. Madeleine, nonagénaire et aveugle ne veut pas quitter sa maison dont la disparition est inéluctable, plongeant le maire dans une solution inextricable. Mais le ce dernier est un crétin et Madeleine n’a besoin de personne…

J’ai découvert Dhuamel avec ma lecture surprise du Retour (… là aussi conseillé via le prix des lycéens, comme quoi les sélections locales ça donne de bonnes découvertes!) qui traitait déjà peu ou prou des mêmes thématiques: l’identité territoriale, le temps qui passe, la contestation radicale, l’humour… Si je devais résumer Jamais, nouvelle grande réussite de cet auteur donc, je dirais qu’on est au croisement exacte entre Le retour et Résultat de recherche d'images pour "jamais duhamel"les Vieux fourneaux, comme si Madeleine était le quatrième larron des affreux de Cauuet et Lupano qui se serait perdu sur la côte normande. Et ce sera le seul bémol éventuel que l’on peut trouver à cette BD qui est très proche de ce que Duhamel a pu faire. Mais quand c’est bien pourquoi se priver?

Car l’auteur a un vrai talent de dialoguiste à coup de punchlines percutantes issues de la culture Audiard. Madeleine est une très forte tête, qui n’est pas là pour faire chier le monde comme une Carmen Cru mais est fondamentalement solitaire dans son monde de silence, accompagnée par son chat obèse et le fantôme de son mari. Elle ne demande rien à personne et seule la confrontation de deux mondes, celui du maire, moderne et réglementé, qui ne conçoit pas que les précautions de sécurité ne soient pas respectées (un vieux c’est dans une maison de retraite et les zones dangereuses on les évacue manu militari!) et celui de la mamie va créer le conflit.

Image associéeGraphiquement on est dans l’école Pilote avec des orientations semi-réalistes par moment, notamment au niveau du découpage et des effets graphiques inspirés (notamment ces pages de souvenir ou de visualisation de l’effet « Daredevil »…) qui peuvent rappeler Janry dans ses années Spirou. Ça n’a rien de révolutionnaire mais c’est très solide dans le style humour, accompagnant ce pour quoi on lit l’album, les dialogues.

Dès la première page Duhamel nous place dans le contexte d’Astérix, avec une tordante variation des engueulades entre le forgeron et le poissonnier gaulois. L’esprit est posé et l’humour avec. On se poile tout le long, tant par les situations que par les tronches que tirent les personnages. Beaucoup moins mélancolique que son précédent album, Jamais est un cri d’amour à la liberté et l’on aimerait qu’il prolonge les aventures de Madeleine, un vrai bon personnage, attachant et fort.

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BD·Jeunesse·Mercredi BD·Nouveau !

La divine amante

BD de Régis Hautière et Arnaud Poitevin
Rue de sèvres (2017), 54p. Série Les spectaculaires, en cours, 2 tomes parus.

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Pour le travail d’édition je renvoie à ma critique du premier album.

La célèbre actrice Sarah Bernhardt, « la divine », est victime de menaces de mort de la part d’un mystérieux personnage déguisé en Mante religieuse. Aussitôt les Spectaculaires sont appelés à la rescousse pour protéger la divine amante

Lorsque le premier tome des Spectaculaires était sorti je reconnais avoir été un peu déçu par le scénario et un esprit gagesque un peu timide. Et bien rassurez-vous, une fois n’est pas coutume, le second est bien meilleur!

On assiste au même syndrome que pas mal de films de super-héros dont l’installation au cours du premier opus est souvent laborieuse par peur de trop en lâcher. Ici, outre la galerie de bras-cassés désormais connue et le systèmes de gags récurrents (la morve de Félix, les « absences » de Pipolet), on a une structure narrative bien plus solide même si  elle reste très classique: une équipée de suspects potentiels part en voyage vers un lieu retiré en Bretagne, spectaculairest2trainpermettant tout un tas de scènes truculentes autour de tel duo ou de telle situation. Les nombreux affrontements avec la Mante sont tous plus poilants les uns que les autres et on savoure d’avance les prochaines rigolades que l’on voit venir aussi loin que l’horizon breton. Les scènes de voyage en mode « carte du trajet » rehaussée de dialogues super-clichés permettent même de balancer quelques piques au snobisme parisien face à une province « reculée et très typique« … On sent des auteurs beaucoup plus inspirés lâcher la bride d’une histoire sur des railles mais qui fait son office. Toujours une petite frustration cependant à ne voir que si peu les morceaux de bravoure des saltimbanques, leur jeunes cheffe étant la véritable héroïne de l’histoire.

spectaculairest2belleille-chateauOn est désormais en terrain familier, comme avec les Vieux Fourneaux, on sait pourquoi on aime les Spectaculaires et on est servis. Clou du spectacle Hautière et Poitevin nous refont en bouquet final le Cluedo à leur sauce et on en redemande. Enfin, contrairement au premier album, La Divine amante me semble lisible par un public relativement jeune, disons 8-10 ans.

2259_p11.jpgNiveau dessin Poitevin est dans la lignée du premier volume avec des personnages totalement cartoon (j’adore le nez péninsulaire de Pipolet, la face de lune de Sarah Bernhardt qui rappelle De Capes et de crocs et les sourcils ronds de Felix), un design général très drôle (les costumes sont totalement ridicules) et des couleurs pastelles fort agréables. En outre on sent déjà l’idée de faire évoluer ses personnages et leur aspect, ce qui serait une très bonne idée pour la suite.

Pour conclure, si j’étais un peu sur ma fin à la clôture du premier, ce second volume d’une série à lire en famille ma fortement remotivé et fait passer une bonne tranche de rigolade. En reprendre-vous avec moi?

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Moka.

Et l’avis de Moka (toujours elle) sur cet album.