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Wynd #2: Le Mystère des Ailes

Second tome de 235 pages de la série écrite par James Tynion IV et dessinée par Michael Dialynas. Parution aux US chez Boom! Studios, et chez Urban Comics en France, le 21/01/2022.

bsic journalism

Merci aux éditions Urban pour leur confiance!

Tempête sous un crâne

Wynd est un jeune garçon introverti qui a passé sa jeunesse à Tubeville, mégapole fortifiée dans laquelle seuls les humains sont tolérés. Manque de chance, Wynd est un Sang-Blêt, un être infecté par la magie qui habite les immenses forêts qui enclavent Tubeville.

Recueilli très tôt par Mme Molly et sa fille Olyve, Wynd mène une existence discrète et doit constamment dissimuler les stigmates de sa condition, à savoir ses oreilles pointues qui pourraient le trahir au yeux de ses compatriotes. Rêveur, Wynd observe souvent la ville, bien à l’abri sur les toits, et s’est amouraché de Ronsse, le fils du jardinier en chef de la maison royale, qui est aussi le meilleur ami du Prince Yorik.

I Believe I can Fly

Yorik est a priori l’enfant gâté archétypal que l’on peut s’attendre à trouver au sein de n’importe quel palais: colérique, capricieux, et inepte, il n’en porte pas moins les espoirs de son peuple sur les épaules. En effet, promis à la succession du trône de Tubeville, Yorik pourrait abolir les Lois du Sang et permettre aux différents Royaumes de s’unir enfin au lieu de se faire la guerre. Malheureusement, les fanatiques sont partout, et le jeune prince devient la cible de partisans d’une cause extrême, tandis que Wynd est démasqué à l’occasion d’une purge.

Poursuivi par le redoutable Écorché, Wynd fait cause commune avec Olyve, Yorik et Ronsse pour s’échapper de Tubeville et rallier Norport, connue pour être plus cosmopolite et plus tolérante. Le quatuor poursuit donc sa quête et fait la rencontre du peuple des fées, et ainsi en découvrir davantage sur les origines du monde et le rôle que chaque espèce doit y jouer.

Néanmoins, le roi de Tubeville n’a pas dit son dernier mot. Prêt à tout pour récupérer son fils, il se compromet avec les dangereux Vampyres, risquant ainsi la sécurité de tous les royaumes.

Après nous avoir emportés avec le premier tome, James Tynion IV poursuit l’exploration de son univers mi-fantasy, mi-steampunk avec ce tome 2. Les personnages sont toujours aussi attachants, et permettent d’explorer les thèmes chers à l’auteur depuis le début de la série, à savoir le passage à l’âge adulte, l’amour, la tolérance et l’altérité.

La série déploie donc littéralement ses ailes, en même temps que le protagoniste, qui illustre avec d’autant plus d’impact la métaphore de l’adolescence et des transformations qu’elle favorise. Fait suffisamment rare pour être souligné, les dialogues sont très bien écrits, et donc bien traduits par l’éditeur, ce qui n’est pas souvent le cas chez d’autres (Panini, c’est toi que je regarde).

Les lecteurs les plus tatillons remarqueront toutefois quelques répliques coups-de-poing clairement destinées à notre monde moderne, mais à peine maquillées dans le contexte géo-politique de l’oeuvre. Il est vrai que l’on aurait pu s’attendre à davantage de subtilité de la part de l’auteur, mais l’ensemble est si qualitatif que ce petit défaut pâlit en comparaison.

Pas besoin d’en dire davantage, Wynd est, depuis la fin de Voro, l’une des meilleures séries jeunesse en cours !

***·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Bleed them dry – Harley Quinn: Black+white+red

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Salut la compagnie! Aujourd’hui petite fournée de deux nouveautés estivales et très graphiques, venues de chez DC et Vault comics, que je vous propose en mode rapidos.

  • Comic de Eliott Rahal, Dike Ruan et Miguel Muerto (coul.) – Hicomics (2021), 164p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

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Dans le futur, l’humanité vit pacifiquement avec les vampires, dans une cité idéale et technologique. Mais une série de meurtres remet en cause les équilibres lorsqu’il apparaît que malgré leur apparente intégration les vampires ne sont pas que de doux collègues…

Sous les atours d’un polar très classique transposé dans une cité futuriste, Bleed them dry propose une variation Ninja du thème du vampire que l’on connait, sa puissance bestiale, sa manipulation mentale et sa victime déchirée entre ses nouvelles capacités et le deuil de son ancienne vie. Etrange projet qui boucle une intrigue sur seulement six chapitres en nous laissant un peu sur notre faim. Alors que le récent These savage shores du même éditeur parvenait à instiller une nouveauté envoutante dans cette trame éculée, l’habillage techno et les dessins superbes du jeune prodige Dike Ruan, s’ils font passer un bon moment en mode Blockbuster bad-ass ne suffisent pas à nous enthousiasmer réellement dans cette trame qui n’a ni le temps ni l’envie de développer un background. On nous raconte bien l’histoire cachée derrière cette cité idéale et les affrontements comme les dialogues sont tout à fait fun mais lorsque l’on aborde un genre aussi fréquenté que le thème du vampire nocturne il est important de proposer un décalage novateur. C’est sans doute ce qui manque à ce donc fort joli album, qui défouraille et tranche sévère. Un conseil, débranchez vos neurones pour apprécier à plein cette « enquête » qui mord…

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  • Comic collectif – Urban (2021), 240p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance!

couv_428643En 2016 DC comics proposait à une ribambelle d’auteurs de BD de proposer leur vision du chevalier noir en mode court, avec comme seule consigne le noir et blanc. Cette année rebelotte avec la plus foldingue des copines des anti-héroïnes de Gotham qui reprend le même format en lui adjoignant (bien évidemment) le rouge. A noter que l’heure est aux anthologies puisque vient de sortir également un Batman The World qui vise à proposer cette fois le Dark Knight à un panel d’artistes non américains, histoire de montrer l’universalisme du personnage.

Au travers de dix-neuf courtes histoires d’une dizaine de pages chacune, c’est une sacrée brochette de stars (mais aussi de jeunes talents) de l’industrie du comics qui nous permet de découvrir une grande variété de styles. Premier constat qui ne surprendra pas les habitués des BD DC, la quantité d’artistes non américains est conséquente, ce qui ne cesse de nous interroger sur la destinée d’une école graphique américaine qui semble en déshérence (ou peut-être orientée plutot vers l’Indé?). J’ai constaté depuis pas mal de temps combien ces étrangers biberonnés à la culture US élèvent le niveau graphique en apportant une sensibilité nécessaire, et c’est tant mieux. Le second constat c’est que les scénarios sont résolument orientés humour avec un personnage de Harley complètement foldingue, qui aime raconter des histoires en mode petite fille trash. Et c’est souvent très drôle. Pour qui entre dans cet univers, on constate également combien l’ex-copine du Joker (oui-oui c’est déjà fini!) a évolué depuis sa naissance dans la série animée des années quatre-vingt-dix, désormais plus ou moins en couple avec Poison Ivy voir chef d’une équipe de super-héros/super-vilains -on ne sait jamais vraiment avec Harley). Au final cette anthologie navigue entre la vraie découverte dans un format idéal, quelques interventions de stars un peu au forceps (on pense au Stjepan Sejic ou au trop rare Adam Hughes) et le produit d’appel destiné à lancer le très très attendu spin-off de Batman White knight: Harley Quinn. Chaque lecteur y verra son intérêt mais on peut dire que l’offre est généreuse et devrait trouver un public assez large.

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**·***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Rétro·Service Presse

Manga en vrac #14: L’atelier des sorciers #8 – survivor’s club #1- Outsiders #2

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  • L’atelier des sorciers (Shrahama – Pika) – (2020) 2021, série en cours, 8/8 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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Après un billet découverte enjoué et un gros billet de rattrapage, on prend une vitesse de croisière sur cette sublime série qui emprunte à l’ambiance graphique des dessinateurs italiens classiques. Avec une réalisation loin de la frénésie d’un Boichi sur Dr. Stone (qui ponds tout de même cinq volumes par an!!!) l’édition française apprend la patience puisque nous suivons de près la parution japonaise (qui sort tout de même deux volumes par an).

Ce volume marque une pause assez conséquente dans l’intrigue puisque de retour dans l’atelier, Coco se retrouve à travailler avec Tarta, le jeune artisan qui a enfin décidé de devenir sorcier. Les deux apprentis vont ainsi travailler à aider le jeune garçon dont les jambes avaient été écrasées lors de l’incident de la rivière du tome deux, en attendant de se rendre à la Fête de la Nuit d’argent. Dans cet intermède Kieffray et les amies de coco disparaissent pratiquement de l’intrigue pour laisser la place à un pure shonen où les enfants vont disserter du rôle de la magie, de l’amitié, des rêves de progrès etc.

Ca reste très beau à regarder, avec tout de même le développement de quelques personnages nouveaux (et fort mystérieux…) et l’on sent le doigt de l’autrice qui nous rappelle les risques pour les jeunes sorciers de vouloir se soustraire des règles d’utilisation de la magie (pour rappel il est interdit de ressusciter et même soigner par la magie). Cet épisode n’est donc pas inutile et a son rôle dans la progression psychologique de Coco… mais ne vous attendez pas à de grands moments d’action ni de paysages fantasmagoriques. C’est donc très sage, avant sans doute un rebonds dès le prochain volume prévu pour la fin d’année.

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  • Survivor’s club #1 (Aosei/Anajiro – Delcourt) – (2017) 2020 série en cours, 1/3 volumes parus.

Une vague de human-bomb survient dans les lycées japonais… L’une des victimes trois ans auparavant, réunit d’autres victimes pour leur dévoiler ses découvertes sur un lien entre tous ces élèves harcelés désespérés au point de vouloir emporter leurs camarades dans la mort…

La jeune équipe de cette trilogie (le dessinateur a une autre série en cours éditée chez nous par Ki-oon et le scénariste en est à sa première réalisation) nous convie dans la problématique du harcèlement scolaire colorée de la violence sociétale japonaise et de la difficile sexualité des lycéens.  Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre il ne s’agit ni réellement d’un survival ni d’un battle royal, mais bien d’un thriller psychologique où un jeu malsain s’installe entre une preneuse d’otage et des élèves sommés de se dénoncer les uns les autres dans des détails bien sordides. On aborde les pulsions sexuelles cachées et la vie en société plus que le harcèlement proprement dit (qui est ici évoqué à des niveaux assez graves!). Le scénario malin met en parallèle la discussion d’une victime-enquêteur qui tente de confondre d’éventuels complices de celui qui a emporté son bras dans son acte kamikaz, et l’action en directe de la prise d’otage. On est assez mal à l’aise devant toute cette malveillance mais sur le point de l’intrigue on peut dire que c’est efficace et qu’on a bien envie de savoir comme cette affaire va tourner, d’autant que le format court implique une avancée rapide et une intrigue relativement simple.

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  • Outsiders #2 (Kanou – Ki-oon) – 2021 série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

outsiders-2-ki-oonJ’avais bien accroché sur le premier tome de cette série originale de chez Ki-oon (dont le premier volume est sorti début 2021), notamment sur un humour bourrin qui donnait une saveur sympa au duo vampire/garou et le développement d’un background qui évitait la fréquente temporisation inhérente au format long des manga. La chute laissait entrevoir des enquêtes fantastiques faisant qu’on avait hâte de lire la suite. Malheureusement ce second tome s’avère assez décevant en bifurquant vers du Shojo pure jus où l’héroïne Ema passe son temps à s’intéresser aux problèmes des copines et sa sœur aux relations, qu’elle croit homosexuelles, des deux êtres fantastiques. D’ailleurs la relation homosexuelle est traitée de façon étonnamment normale dans un manga qui n’est pas spécifiquement Yaoi, avec par exemple deux filles dont on nous parle du mariage sans commentaire particulier. L’histoire laisse un peu de côté l’agence de détectives (alors qu’on venait d’apprendre la vrais nature de l’alliance entre le vampire et le garou) pour nous parler des thématiques classiques de lycées: harcèlement, mal être, jeunes abandonnés par leurs parents, performance sportive,… Ce qui m’avait accroché dans le premier volume, les dessins chargés et l’humour lié aux deux personnages masculins est totalement mis de côté et on avance assez laborieusement vers un démarrage d’enquête autour de deux cadavres retrouvés et qui obligent Ema la curieuse à se lancer dans des recherches. Je n’ai pas compris pourquoi il fallait un tome entier pour commencer une enquête, qui est tout de même l’intérêt premier de cette série… ou pas? Il faudra donc attendre le prochain volume pour voir vers quel genre s’oriente Outsiders car entre les relations adolescentes et les enquêtes paranormales on n’est pas tout à fait sur le même public…

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Avengers #3: La guerre des vampires

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Troisième tome de la série Marvel écrite par Jason Aaron et dessinée par David Marquez. Comprend les numéros 13 à 17, parution le 20/01/2021 chez Panini.

Bon sang ne saurait mentir

Retour des Avengers version Jason Aaron. Depuis leur reformation, les Avengers ont repoussé la dernière Armée des Célestes, combattu leur ancien allié Namor ainsi que leurs homologues russes, la Garde d’Hiver. Mais ce qui les attend cette fois va les plonger dans les coulisses ténébreuses de notre monde et révéler un microcosme qui préfère d’ordinaire demeurer caché. 

Les nations vampires qui prospèrent dans l’ombre sont en plein chaos. Partout sur Terre, les différents clans sont en ébullition et s’affrontent dans une guerre sans merci qui risque de mettre en danger bien des vies humaines. Parmi cette débâcle, le Colonel de l’Ombre fait son apparition, secondé par sa Légion des Morts, et cherche à retrouver le roi des vampires, le célèbre Dracula, afin de le détrôner et prendre sa place. 

Le vieux monarque, sentant le danger, sollicite refuge auprès de la Garde d’Hiver, de quoi attiser les tensions déjà existantes entre Avengers et héros russes ! Heureusement, les plus puissants héros de la Terre vont pouvoir compter sur l’aide d’un spécialiste, en la personne de Blade, le diurnambule, chasseur de vampires. Ce qui tombe plutôt bien sachant que le jeune Robbie Reyes, nouveau détenteur du pouvoir du Ghost Rider, est passé malgré lui à l’ennemi. 

Jason Aaron poursuit son run sur la série phare de Marvel, en creusant davantage certains de ses personnages fétiches, comme Ghost Rider, qui s’offre ici une virée en Enfer sensée l’éclairer davantage sur la nature de ses pouvoirs. Le paradigme de départ est assez intéressant, avec un Dracula prisonnier en mode Hannibal Lecter, sournois et sûr de lui, avant de subir un changement et placer le roi des vampires en position de victime de la cruauté de la Garde d’Hiver. 

Certains mystères s’épaississent, comme l’identité de la Veuve Rouge, et font anticiper de fracassantes révélations, dont on espère qu’elles seront à la hauteur de l’attente suscitée. L’action est bien présente dans cet arc court mais efficace, guidée par les dessins qualitatifs de David Marquez

Comme précédemment, on trouve également dans l’album une aparté consacrée aux Avengers préhistoriques, ici la première Iron Fist, Fan Fei. Un troisième album qui maintient la qualité de la série.

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October Faction #2

Deuxième tome de 144 pages de la série écrite par Steve Niles et dessinée par Damien Worm. Il comprend les épisodes 7 à 12 de la série, publiée au US chez IDW. Parution en France chez Delcourt le 26/08/20. 

Family Business

Le premier tome de la série nous faisait rencontrer Fredrick et Deloris Allan, autrefois chasseurs de monstres réputés et craints par leurs ennemis. Quelques années plus tard, la venue au monde de leurs enfants aura eu raison de leur sacerdoce, et Fredrick, dorénavant reconverti en professeur, fit alors tout son possible pour laisser ce sanglant passé derrière lui. 

Cependant, Geoff et Vivian, impressionnés par les exploits passés de leurs parents, n’ont qu’une idée en tête: suivre leurs traces pour reprendre la chasse, comme leurs parents autrefois. Bien évidemment, les parents Allan ne voient pas cette vocation d’un très bon œil, mais pourront-ils réellement dissuader leur progéniture alors que les ennemis de la famille reviennent en force ?

Ce tome 2 débute avec un nouveau status quo. En effet, Lucas, ancien frère d’arme de Fredrick devenu loup-garou, et Dante, fils d’un ennemi de la famille et récemment adopté, ont rejoint le clan pour de nouvelles aventures. Cependant, Fredrick n’est pas décidé à lâcher prise, aussi, sous couvert d’un entraînement exigeant, cherche à décourager ses impétueux enfants. Ce que le père ignore, c’est que sa némésis, Merle Cope, conspire toujours contre lui, si bien qu’il pourrait avoir grandement besoin des chasseurs en herbe pour s’en sortir. 

Morts et déterrés

Encore une fois, les liens familiaux sont au cœur de cette série au ton décalé. Face à la parentalité, avec ce qu’elle a de délicat, les monstres et les malédictions font parfois office de simples distractions. Malgré les dissensions et les révélations difficiles à avaler, la cohésion reste tout de même de mise chez les Allan.

Comme pour le premier tome, on peut reprocher à l’histoire de se cantonner à quelques poncifs du surnaturel, la série n’offrant finalement rien de bien neuf de ce côté-là. Les dessins de Damien Worm conservent leurs caractéristiques, instaurant une ambiance toute particulière mais donnant sur ce second tome un léger goût d’inachevé. 

Attendons le troisième tome en espérant qu’il sera une apothéose pour cette famille unie dans la chasse aux monstres.

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October Faction #1

Comic de Steve Niles et Damien Worm
Delcourt (2019) – IDW (2014-…), épisodes 1-6, série en cours, 18 issues parues aux USA et deux séries dérivées.

Portrait de famille

couv_378763Bien souvent, les relations que l’individu entretient au sein de sa famille constituent plus tard le ciment de sa personnalité, et peuvent, également, conditionner certains de ses choix. Les familles fictionnelles ne font bien évidemment pas exception, y compris les familles badass qui chassent des monstres.

Autrefois, Fredrick Allan était un redoutable chasseur de monstres. Rompu à la traque des créatures surnaturelles et exceptionnellement érudit en sciences occultes, il a finalement décidé de se ranger pour mener une vie plus ou moins normale, au grand désarroi de son épouse Deloris, à qui le frisson de la chasse manque terriblement, et de ses enfants Geoff et Vivian, qui ne rêvent que de reprendre l’activité familiale. Fredrick va bien entendu être ramené dans le feu de l’action par des affaires qu’il pensait (littéralement) enterrées.

Les monstres sont parmi nous

Steve Niles, l’auteur de l’incontournable 30 jours de nuit, s’amuse dans October Faction à faire état des liens dysfonctionnels qui unissent les membres d’une famille hors du commun, comme on peut aussi s’en délecter dans Les Indestructibles ou La Famille Adams.

Pas de doute, le scénariste maîtrise bien les codes du genre, et n’hésite pas à employer vampires et loups-garous lors des flash-backs nous donnant un aperçu du glorieux passé du couple Allan. Côté horrifique, je trouve cependant dommage que l’on reste cantonnés à ces créatures, déjà croisées à l’envie dans ce type d’histoire, plutôt que d’explorer des folklores un peu moins exploités, comme dans les univers de Mignola, par exemple.

L’intrigue reste toutefois prenante, car il est difficile de ne pas s’attacher aux membres de cette famille étrange malgré leurs activités morbides. Les liens se renouent au cœur du danger, l’amour refleurit par-dessus les tâches de sang, c’est tout ce que l’on s’attend à lire en voyant la couverture d’October Faction, qui emprunte autant à la Famille Adams qu’aux Winchester de la série Supernatural.

Côté graphique, le travail de l’espagnol Damien Worm fait penser à la fois aux ambiances de Ben Templesmith, qui officiait déjà avec Niles sur 30 jours de nuit, mais aussi à Clayton Crain, qui s’est déjà surpassé sur des ambiances glauques et horrifiques auparavant.

Amateurs de monstres, de frissons, d’épouvante et de cohésion familiale retrouvée, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans cette BD sombre avant d’éprouver vos nerfs sur l’adaptation qu’en a fait Netflix© !

***·BD·Nouveau !

Vampire State Building #1

 
Scénario de Ange et Renault, Dessin de Charlie Adlard, couleurs de Sebastien Gerard
Editions Soleil (2019), 2 vol. parus, 56p. /vol.

Un monstre, un lieu clos, et un secret, il n’en faut généralement pas davantage pour mettre sur pied une bonne histoire d’horreur ou d’épouvante. Ange et Patrick Renault ne s’en sont pas privés, et, secondés par l’immense Charlie Adlard, nous livrent ainsi l’étonnant diptyque Vampire State Building, aux éditions Soleil.

 

La Tour Infernale

Comme nous le disions, Vampire State Building réunit les ingrédients quintessentiels de l’épouvante. Tout d’abord, un lieu clos, et non des moindres: le célèbre Empire State Building, qui fut longtemps le gratte-ciel le plus haut de la Grosse Pomme, le même qui vit tomber le titanesque King Kong, image désormais inscrite dans l’imaginaire collectif. Ensuite, un monstre: et là, les scénaristes, connus respectivement pour La Geste des Chevaliers Dragons et Indicible, sont allés chercher un incontournable du genre, le Vampire. Et enfin, un secret, dont le dévoilement lance l’intrigue: le dieu des Vampires a passé des décennies emmuré au sein de la tour, plongé dans un sommeil réparateur par ses « enfants ». Propulsez dans tout ceci un groupe de jeunes gens innocents et vous obtenez un Die Hard croisé avec 30 jours de nuit , une bd qui va vous maintenir accroché à sa reliure page après page !

 

Sang pour Sang

Au milieu de ce tumulte, on retrouve le protagoniste Terry, jeune homme taciturne qui vient de s’engager dans l’armée, dont le départ pour l’Irak est imminent. En guise de fête d’adieu, ses amis lui organisent une visite au sommet du célèbre building, au moment même où une horde de fanatiques morts-vivants fait irruption pour libérer son impie divinité.

On comprend bien vite que l’engagement de Terry n’est qu’un exil auto-imposé, une façon pour lui de fuir ses problèmes et le deuil de son père. Sauf que là, la fuite sera résolument plus compliquée et deviendra littéralement une question de vie ou de mort.

 

Le Dernier des Morts-vivants

Si la mythologie des vampires conserve ici ses codes principaux, elle est néanmoins revisitée d’une façon fort intéressante, sous l’angle des croyances amérindiennes.

Le décor est utilisé à bon escient, les couloirs de la tour deviennent autant de pièges que les héros auront bien du mal à éviter. Le dessin de Charlie Adlard, qui n’a plus à faire ses preuves depuis The Walking Dead, est sublimé par les couleurs de Sébastien Gérard. Son design des vampires se révèle simple et efficace, et on note un effort particulier quant à l’aspect d’U’tlun’ta, le Manitou Noir.

L’intrigue reste fidèle à l’aspect survival, et la confrontation finale ne manque pas de punch !

En conclusion, Vampire State Building est une série qui tient ses promesses et offrira son lot de frissons aux amateurs du genre !

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***·BD·Jeunesse·Nouveau !

Histoire(s) à dormir debout

BD de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia
Les aventuriers de l’étrange (2019), 89 p. one-shot.

Prenez garde: le regard à la fois vide et hypnotique de ce chimpanzé va vous attirer dans un abîme d’effroi et de terreurs nocturnes !

Histoire(s) à dormir debout est le fruit de la collaboration de Pedro Rodriguez et Jorge Garcia, deux auteurs espagnols ayant déjà collaboré sur Les Aventures du jeune Jules Vernes en 2010. Il s’agit en fait ici d’une réédition de leur album intitulé « Macabre« , lui aussi sorti en 2010, et prend la forme d’un recueil d’histoires courtes, adaptées des récits signés par les grands noms de la littérature fantastique: Edgar Allan Poe, Sheridan Le Fanu, Guy de Maupassant, Robert-Louis Stevenson…

Vous croiserez donc, au fil de ces glaçantes lectures, des spectres, des mains étrangleuses, un vampire, et même… le Diable en personne !

Histoire(s) à dormir debout est une lecture accessible aux plus jeunes lecteurs, mais saura également saisir d’effroi les amateurs de BD plus expérimentés. Ici, point de gore ni de monstruosités, mais plutôt l’ambiance oppressante et l’angoisse propres aux récits d’épouvante qui ont fondé le genre.

Le dessin de Pedro Rodriguez est magnifique, parfaitement adapté aux univers sombres des ces auteurs. Son trait est tel que l’on pourrait croire que l’on regarde un métrage d’animation, couché sur papier ! J’ai pu entendre certains lecteurs se plaindre de l’usage trop répandu du dessin et des couleurs numériques, il n’en demeure pas moins que le résultat est ici très réussi.

S’agissant des différentes intrigues, on pourrait regretter la fin plutôt abrupte de certaines d’entre elles, personnellement, j’aurais apprécié de les voir extrapolées un peu plus.

Pour conclure, Histoire(s) à dormir debout est un très bel album, qui permettra aux petits comme aux grands de frissonner. N’hésitez donc pas à vous plonger dans l’effroi, sans oublier de jeter un œil du côté du catalogue des Aventuriers de l’Étrange !

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***·BD·Guide de lecture·Nouveau !·Service Presse

Midnight Tales #4

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2019), 4 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

couv_377282Fin de saison pour Midnight Tales et l’occasion d’un premier bilan de cette expérience hybride assez motivante bien qu’inégale. L’ouvrage en format comics avec couverture brochée à rabat propose comme d’habitude quatre histoires, un épilogue dessiné par Bablet, une excellente nouvelle (la meilleure des quatre volumes) et quatre articles de background et de développement thématique. Une courte biblio conclut l’ouvrage. La taille des BD est très inégale et j’ai été déçu que la meilleure (celle de Neb studio) soit la plus courte… La couverture est dessinée par Bablet comme d’habitude.

 

Kiriar20191122_140835chie (The neb studio): première petite claque avec cette histoire qui n’est pas reliée à l’ensemble mais très bien dessinée dans un style dessin-animé familier du Neb studio (qui a réalisé La valise et une section du troisième Midnight tales). Très politique, très liée à l’actualité, elle place une jeune fille dans un métro fantôme en proie à des démons l’agressant sexuellement… Rien de sexy dans ces pages mais clairement une tribune contre la violence faite aux femmes, le harcèlement et notamment ces pratiques déviantes dans le métro. C’est pertinent, très bien tourné et assez marquant.

– Maymaygwashi (Secheresse/Rizzo) – 34 p.: grosse histoire située dans les années soixante-dix avec un lac hanté par des créatures aquatiques. On est pas loin de Ctulhu et on reprend le thème de la bande de Midnight girls qui prennent des décisions rapides et se trompent parfois… J’ai beaucoup de mal avec ce dessin et les thématiques me semblent un peu redondantes. Oubliable.

20191122_140908.jpg Zoltar le magnifique (Neyef/Bablet) – 25 p.: l’histoire la plus orientée background avec la jeunesse d’un des agents spéciaux qui seront au cœur de la seconde saison. Dessin très correcte et très dynamiques, histoire simple et intéressante de surgissement démoniaque et final punchy en diable avec l’arrivée du Bourreau, force spéciale de l’Ordre qui donne lieu à une belle séquence d’action badass.

– Devil’s garden #3 (Gilbert/Bablet) : – 42 p. : le plat de résistance de l’ouvrage tombe un peu à plat avec cette vraie-fausse histoire de vampires en Roumanie. On sent l’envie de développer le thème des croyances, la magie à papa en face du vrai surnaturel, mais on passe les deux-tiers de l’histoire à suivre une bande de MG avant de voir arriver les fameuses Johnson et Sheridan qui bouclent avec le background… de très loin. Du coup on ne comprend pas bien en quoi cette troisième partie de Devil’s garden fait avancer l’intrigue… Dommage.

– Epilogue (Bablet): un peu comme pour le précédent, l’épilogue, si il nous montre à nouveau le QG des forces de Minuit et les Midnight trop puissantes retirées du jeu dans les précédents volumes, nous laisse un peu sur notre faim…

Résultat de recherche d'images pour "midnight tales neb studio"Pour conclure cette saison, ce volume est à l’image de l’ensemble, inégal et peut-être victime de sa forme hybride, voulant associer des choses compliquées à mettre ensemble. Si les séquences action et baston démoniaque sont toujours excellentes, si les textes de background sont dans l’ensemble intéressants et nous apprennent des choses, si les histoires one-shot, selon les dessinateurs qui officient, permettent d’élargir les thématiques, on a tout de même régulièrement des histoires pas franchement passionnantes ou pas très bien dessinées. La diversité des dessinateurs complique également les liaisons sur les fils rouges tissés par Mathieu Bablet avec des personnages qui reviennent mais sont parfois difficiles à reconnaître.

Je continue à trouver le projet très motivant dans cette volonté de développer un univers large qui ne soit pas que fantastique mais il faudrait penser à resserrer sur une intrigue plus suivie qui facilite la lecture au lecteur. Si c’est bien cela qui est prévu et que cette première saison avait pour objet l’immersion dans un univers c’est plutôt sur de bons rails…

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****·BD·La trouvaille du vendredi·Numérique·Rétro·Service Presse

Rapaces

La trouvaille+joaquim

La Trouvaille c’est un trésor que vous avez gardé dans votre mémoire, une pépite de votre bibliothèque et qui mérite d’être offerte à l’appétit de vos lecteurs. Une pause de fin de semaine hors du brouhaha des publications récentes…


BD Jeau Dufaux et Enrico Marini
Dargaud (1998-2003), série terminée en quatre volumes, 294 p.

couv_99105La série a été relue sur les albums originaux. Une intégrale augmentée existe ainsi qu’une intégrale en deux volumes. Un Hors-série très dispensable propose de développer l’univers sur des croquis de Marini. Une réedition avec de nouvelles couvertures, plus élégantes, est parue en 2015.

L’inspecteur de New-York Vicky Lenor est une incorruptible. Avec son collègue Spiaggi, elle enquête pourtant sur une série de meurtres rituels qui semblent inexplicables rationnellement. Lorsqu’elle découvre une conspiration impliquant les plus puissants dirigeants de la ville et jusque dans la police, elle se retrouve contrainte d’entrer en clandestinité pour mettre au jour une lutte ancienne qui va faire basculer son monde…

Image associéeSi vous lisez régulièrement ce blog vous savez que Marini fait partie des auteurs que j’admire et suis depuis ses premières séries. D’ailleurs c’est le premier auteur pour lequel j’ai fait plus d’une TrouvailleRapaces est l’incursion de l’auteur italien dans l’univers sombre et sexuel de Jean Dufaux, un auteur que j’apprécie assez moyennement, mais qui a permis durant quatre volumes à Enrico Marini de dépeindre les paysages urbains et gothiques qui lui donneront plus tard envie de réaliser son diptyque sur le Chevalier noir ou encore son projet actuel sur le polar noir. Car Marini c’est tout autant l’histoire (le Scorpion, L’étoile du désert, Les aigles de Rome) que le polar d’action urbain, même si ses longues et très rentables séries feraient presque oublier le second.

Résultat de recherche d'images pour "marini rapaces"Rapaces est une variation sur le thème des Vampires, de la domination clandestine d’une caste surnaturelle qui prévaut à la destinée du monde des hommes. Le conspirationnisme mêlé au fantastique le plus classique auquel le scénariste apporte ses visions sexualisées SM qui font à mon sens beaucoup de mal à cette série. Car l’atmosphère gothique qui parcoure ces pages est très riche et Marini y a déjà atteint un niveau graphique élevé et minutieux (on est avant le Scorpion et après une Étoile du désert déjà très beau). Le scénario, simple, relativement court et bien structuré avec une progression difficile à anticiper procure du plaisir en nous plongeant dans les tanières de cette caste qui rappelle énormément les familles de la série de Thierry Smolderen. Le choix d’insérer dans chaque album des scènes de sexe assez ridicules et surtout la tenue des deux Résultat de recherche d'images pour "marini rapaces"rapaces qui ornent fièrement chacune des couvertures de la série fait terriblement penser à un cupide argument commercial. Marini est sans doute sensible aux tenues de cuir si l’on regarde sa biblio et a toujours eu un dessin sexy, mais comparé au toujours élégant Scorpion on frise souvent le vulgaire. C’est vraiment dommage car cela empêche cette série d’être le chef d’œuvre qu’il aurait pu être.

Les thèmes et la richesse graphique de la série sont en effet impressionnants en permettant d’aller de l’Espagne de la Reconquista aux bidonvilles indiens en passant par les grattes-ciel art déco new-yorkais ou les bas-fonds des clubs échangistes. La maestria visuelle du dessinateur et les formidables plans proposés par son scénaristes font de chacun des tomes de Rapaces de vrais bijoux. Résultat de recherche d'images pour "marini rapaces"La vraisemblance n’est pas de mise et l’on sent l’envie de fantasmer sur chaque bâtiment, chaque personnage, chaque costume, chaque plan pensé comme une séquence de cinéma. L’intrigue, si elle ne révolutionne pas un genre auquel il est courageux de s’attaquer, propose néanmoins de vraies innovations. On se plaît à découvrir l’histoire de ces immortels chassés par deux des leurs, à souffrir avec un inspecteur Lenore dépassée et ballottée entre puissances, à découvrir à chaque tome qui est ce mystérieux nouveau personnage… Jean Dufaux est un scénariste chevronné qui sait se montrer efficace et fait plaisir à son dessinateur avide de monde nocturne. Ne serait-ce ces fautes de goût citées plus haut donc, ils proposent avec Rapace une série majeure des années quatre-vingt-dix, au dessin très maîtrisé et qui change beaucoup des univers auxquels nous habituera ensuite le grand Marini. Si vous aimez cet auteur, si les décors de son Batman vous ont subjugués, dépêchez-vous de lire cette courte série vampirique avant l’arrivée de son œuvre au Noir

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Bientôt…