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Movie Ghosts

Premier tome du diptyque écrit par Stephen Desberg et dessiné par Attila Futaki. 72 pages, parution le 27/04/2022 aux éditions Grand Angle.

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Merci aux éditions Grand Angle pour leur fidélité.

Les étoiles ne meurent jamais

Jerry Fifth est un détective privé qui écume les boulevards de Los Angeles. Depuis le temps, il connaît tous les sales petits secrets de ses habitants les plus fortunés, des divas d’Hollywood ou même des prostituées de Sunset Boulevard. Jerry Fifth gagne son pain en retrouvant des victimes, des bourreaux, des époux infidèles et des enfants illégitimes. La ville des stars lui a montré son vrai visage, mais ce n’est pas ce qui tourmente notre enquêteur.

Depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, Jerry est parasité par des acouphènes, des sons qu’il ne parvient pas à étouffer. Lorsqu’il s’y penche de plus près, Jerry constate que ce ne sont pas de simples bruits parasites mais bien des voix, évanescentes et désincarnées, qui appellent à l’aide.

Malgré ce qu’il pourrait croire, le détective n’est pas fou: il entend bien des voix fantomatiques, celles d’anciennes stars décédées au faîte de leur gloire ou bien dans la déchéance, mais toujours avec des regrets et des secrets honteux. Alors qu’il explore ce don particulier, Jerry fait la rencontre des fantômes d’Hollywood auxquels il décide de venir en aide. Il va ainsi explorer le passé de Los Angeles et découvrir que ce qu’il savait déjà n’était que la partie émergée de l’iceberg…

Fantômes sur pellicule

Les lecteurs réguliers de polars connaissent bien la formule et ses éléments incontournables: son détective désabusé, sa ville tentaculaire, parfois corrompue mais toujours emplie de secrets, et sa voix-off aussi amère que sombre. Ajoutez-y une demoiselle en détresse et/ou une femme fatale, mélangez le tout et vous obtiendrez la recette consacrée du polar.

Stephen Desberg (IRS, Le Scorpion, Empire USA) se plie à l’exercice et semble bien connaître ses gammes. Son protagoniste Jerry Fifth se conforme en effet à l’archétype du détective solitaire et désabusé (sans le côté alcoolique), et Los Angeles représente le terrain idéal (voir sine qua none) de tout polar qui se respecte.

La cité des Anges y est représentée comme un personnage à part entière, fondée sur l’âge d’or d’Hollywood, l’auteur nous faisant traverser ses lieux emblématiques, du Sunset Boulevard à l’Observatoire Griffith. Les personnages qu’on y croise sont tantôt fascinants, tantôt inquiétants, et rappellent tous des figures archétypales de la ville, des acteurs, des magnats du cinéma, des malfrats…

L’intrigue prend néanmoins du temps à décoller, Jerry menant au cours de l’album deux enquêtes distinctes, ce qui peut créer un sentiment de césure à même de nuire à la globalité et au rythme. Alors que le pitch promet une rencontre entre Sixième Sens et Chinatown, l’aspect surnaturel n’est pas encore le point de mire du scénariste dans ce premier album, qui préfère se concentrer sur l’ambiance toute particulière du L.A. by night.

L’histoire d’amour que l’on voit naître dans les pages de ce tome 1 est bien pensée, mais, elle paraît quelque peu forcée et prétexte au regard du rythme et de la direction que semble prendre l’intrigue. L’idée d’une romance entre un être immatériel et un être de chair et de sang a déjà été explorée avec brio dans des films tels que Her ou Blade Runner 2049, et il faut avouer que la mise en image du lien entre Jerry et son love interest spectral n’a pas la même puissance que dans ces deux récits.

Sur le plan graphique, l’histoire de Stephen Desberg est magnifiquement servie par le dessin crépusculaire d‘Attila Futaki, que l’on avait déjà croisé l’an dernier dans le Tatoueur.

Sur ce premier tome, Movie Ghosts marque des points sur l’ambiance, mais doit encore se démarquer sur le second tome en prenant une direction plus originale et en explorant davantage l’aspect surnaturel de sa prémisse.

*·BD·Nouveau !·Service Presse

Le Journal, les premiers mots d’une nation

Histoire complète en 56 pages écrite par Patrice Ordas et dessinée par Philippe Tarral.

Merci aux éditions Grand Angle pour leur confiance.

Origines du quatrième pouvoir

En 1781, le jeune Nathan Prius combat les anglais lors de la guerre d’indépendance. Étant l’un des seuls soldats de sa compagnie capable de lire et écrire, il se voit confier la tâche de tenir le journal de bord pour le compte du général La Fayette. Et ça tombe bien, car Nathan a des ambitions journalistiques. En effet, Nathan, au civil, travaille pour Georges Ellis, le propriétaire du Richmond News, journal renommé en Virginie.

Cependant, Ellis est un homme intéressé, vil, et corrompu, qui exploite le talent de Nathan sans le rétribuer à sa juste valeur. Profitant du succès de ses articles, Ellis entend bien s’enrichir sur le dos du jeune soldat journaliste sans se soucier de son devenir. Mais de retour du front, Prius réclame la reconnaissance qui lui est due, ce qui fait naître entre les deux hommes une rivalité qui s’envenimera au fil des ans, l’un tentant de fonder son propre journal tandis que l’autre n’aura de cesse de torpiller ses efforts.

Le sujet de Le Journal arbore une juste résonance avec des thématiques actuelles. Alors que le partage et la fiabilité de l’information sont sans cesse remis en question, ce qui a ébranlé les fondations de certaines démocraties, il était de bon ton de se plonger dans le passé du contre-pouvoir le plus important, à savoir la presse. La réalité étant souvent plus épique encore que la fiction, cela aurait pu donner une chronique captivante sur les coulisses des grands empires éditoriaux américains.

Malheureusement, le conditionnel restera de mise pour cet album. En effet, il m’a paru difficile de ne pas m’ennuyer à la lecture de cette histoire de rivalité, sur fond de dynamique persécuteur/persécuté. Ce genre de ressort scénaristique n’est pas mauvais en soi, bien au contraire, il se trouve que nous avons tous une sympathie naturelle envers les outsiders. Cependant, ici, la narration décousue, à base d’ellipses régulières, et le manque de caractérisation de la majorité des personnages rendent le tout assez indigeste.

Graphiquement, rien de honteux mais un style plutôt désuet (en phase avec le thème historique me direz-vous), qui finit d’opacifier le tout. En résumé, Le Journal tape un peu à côté, ce qui est bien dommage compte tenu du sujet abordé et de son lien avec l’actualité.

***·BD·La trouvaille du vendredi·Rétro·Service Presse

Spoon & White #1 et #9

BD de Yann, Jean et Simon Léturgie
Bamboo (1999-2021), 44p./album., série en cours

La série Spoon & White fait partie des grands ancêtres très réputés, avec une histoire éditoriale un peu compliquée puisque débutée fort logiquement chez Dupuis, la série est ensuite passée chez Vent d’Ouest (plus étrange) avant d’atterrir pour ce neuvième album chez Bamboo qui réédite pour l’occasion l’intégralité de la série. Commencée avec Yann au scénario, le duo Léturgie se retrouve seul à compter du septième volume et voit passer dix ans entre le dernier paru et ce nouvel épisode. Les deux volumes ressortis comportent un cahier graphique de dix pages avec croquis préparatoires, jeux et strip humoristiques dans l’univers de la série.

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Parodie assumée des films d’action policiers des années 90, Spoon & White arrive juste après le double chef d’œuvre de monsieur Maester qui lançait le genre sur Meurtres fatals, déclaration d’amour à Michael Douglas et au FBI qui donne des envies de VHS à tous ceux qui ont découvert L’arme fatale, Seven ou Basic Instinct en salles…

Spoon & white tome 1 requiem pour dingos - BDfugue.comDans un style graphique résolument BD jeunesse, la série s’ouvre sur le tome 1 par un surprenant et très graphique plan cinématographique qui fait monter l’envie assez haut… avant de revenir à des planches plus classique. Cette première page est très étonnante car elle semble montrer une hésitation originelle des auteurs entre de la BD d’action exigeante et de la farce parodique assumée. Le contexte des BD de l’époque est important: Yann est sur la très populaire série Les Innomables issus du Journal de Spirou avec un aspect très cinématographique et plutôt sombre bien que mettant en scène des « gros nez ». Les premières couvertures de Spoon & White sont d’ailleurs tout à fait dans le ton de l’époque (assez minimaliste)  et s’inscrivent dans cet entre-deux BD spirou jeunesse/Bd d’action référencée pour adultes.

Le premier volume qui ressort chez Bamboo avec une nouvelle couverture fonctionne très bien en nous introduisant sans préambule avec ces deux débiles mentaux: Spoon le minus très laid et fana de Dirty Harry tire sur tout ce qui bouge ; le grand White et ses costards élégants se croit plus malin mais est tout aussi crétin. Les deux de bagarrent pour le cœur blindé de la plantureuse journaliste Courney Balcony.  Voilà, vous avez l’histoire qui va servir de prétexte à l’ensemble de la série! Le premier album est assez drôle et l’action plutôt réussie avec cette prise d’otage d’une secte suicidaire. L’ambition visuelle est évidente et plutôt inspirée avec des dessins très lisibles et parfois assez jolis dans leur style cartoon. On n’est pas au niveau de Maëster mais ça fonctionne très bien et je comprend que la série ait bien marché à partir de ce coup d’essai. A noter que l’on n’a aucune information sur qui est qui, les blagues devant caractériser les personnages immédiatement.

Vingt ans après qu’en est-il de la sortie exclusive chez le nouvel éditeur? D’abord la couverture, fort réussie qui cite évidemment un des grands films d’action de ces dernières années, Mad Max Fury Road. Cet épisode nous transporte au fin-fond de l’Amérique, dans la ville natale de Spoon (Mudtown) au sein d’une exploitation de « gaz de Shit » (dans une citation fort drôle d’un ancien premier ministre français…) qui cache bien entendu un plan machiavélique d’un milliardaire que Balcony va aller interviewer. L’aventure nous permet de découvrir les tout aussi débiles sœur et père de Spoon qui est (après mes deux lectures) le véritable héros de cette série. Si l’action enfiévrée de ce dernier épisode est toujours aussi efficace, on note une certaine facilité dans exubérance et les explosions XXL. Les auteurs veulent du gros, du lourd, du sale, au risque de tomber dans le déjà vu et attendu.

Après mes lectures de ce premier et dernier tome je note une étonnante continuité et très peu de changements graphiques notamment. Ma principale interrogation repose sur le cœur de cible de cette série. Graphiquement on est sur de la jeunesse (c’est d’ailleurs édité chez Bamboo) alors que le côté gore (surtout sur le premier tome) et les références à des films plutôt adultes orientent vers une cible adulte. Du coup si l’humour facile fera mouche chez les jeunes ils risquent de passer à côté des références, à l’inverse les plus grands risquent de ricaner sur les blagues et de prendre plus de plaisir sur les parodies. On peut voir ça comme un coup double autorisant une lecture à tout âge ou un risque de perdre son public faute de le repérer. Souhaitons en tout cas à Bamboo et aux auteurs une nouvelle jeunesse à cette série qui jouit sur le plan éditorial d’une très jolie fabrication.

A partir de 12 ans.

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****·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Undiscovered Country #1

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Premier tome de 192 pages, réunissant les 6 premiers numéros de la série écrite par Scott Snyder et Charles Soule, dessinée par Giuseppe Camuncoli. Parution le 06/012021 aux éditions Delcourt.

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Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Mutated States of America

Après de nombreux revers subis aux 20e et 21e siècles, les États-Unis d’Amérique ont unilatéralement décidé de la fermeture complète de leur territoire. Frontières, communications, tout fut subitement clos lors d’un évènement que le reste du monde, 30 ans après, nomme le Scellage. Depuis, les spéculations vont bon train alors que le pays le plus puissant du monde n’a plus donné signe de vie, retranché derrière un mur gigantesque qui couvre tout son littoral.

Pendant ce temps, le monde a été ravagé par un virus nouveau dénommé l’Azur, qui a forcé les deux grandes puissances, l’Alliance Euro-africaine et la Zone de Prospérité Panasiatique, à conclure une alliance instable pour éviter la catastrophe. En effet, les USA ont formulé un message cryptique pour inviter les deux blocs à leur envoyer une délégation, à qui ils donneront le remède à l’Azur…

Undiscovered Country #3 - Read Undiscovered Country Issue #3 Page 19

Terra Incognita ou Terra Non Grata ?

Le Dr Charlotte Graves, qui est sur le front sanitaire depuis deux ans au détriment de sa santé, est recrutée sans tarder parmi un aréopage hétéroclite afin de se rendre sur ce territoire désormais inconnu. Elle y retrouve son frère, le major Daniel Graves, avec lequel elle est brouillée depuis la disparition de leurs parents en Amérique. Le reste du groupe, deux diplomates rivaux, un héros de guerre, une journaliste et un expert complotiste de la culture américaine, s’embarque donc avec les deux frangins en quête du remède miracle. Mais ce qu’il les attend sur le nouveau-nouveau continent dépasse de loin ce qu’ils auraient pu imaginer… Les murs furent-ils érigés pour empêcher le reste du monde de pénétrer, ou pour empêcher la folie américaine de s’y déverser ?

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Après avoir marqué le Chevalier Noir, Scott Snyder s’attaque cette fois à un univers crée de toute pièce avec la complicité de Charles Soule. Imaginatifs, les deux compères installent dans ce premier tome le contexte géopolitique, avant de s’attaquer au microcosme déjanté qu’est devenue l’Amérique. Non sans rappeler Mad Max et son fameux wasteland empli de fous furieux sanguinaires régis par la loi du plus fort, Undiscovered Country nous fait le coup de l’excentrique métaphore de l’histoire des USA, en reprenant de nombreux symboles et thématiques chers au pays de l’Oncle Sam.

Bien qu’elle soit parsemée de quelques lourdeurs nécessaires (il ne faut hélas pas lésiner sur l’exposition avec un univers aussi complexe), la narration de ce premier tome embarque le lecteur en même temps que les personnages, avec qui il va découvrir l’étrange mutation de ce pays autrefois glorieux. L’idée de faire des USA, pays qui fut autant salué (WW2) que critiqué (Vietnam, Afghanistan, Irak) pour ses interventions extérieures, une enclave impénétrable est délicieusement ironique. Ce renversement de paradigme offre ici des possibilités de satire déguisée qui ne sera pas pour déplaire aux lecteurs en quête de sens et de sous-textes. Attention toutefois, les lecteurs trop perspicaces pourront vite déceler ça et là les foreshadowings insérés par les auteurs quant au mystère derrière le Scellage.

Le thème de la pandémie, s’il est étrangement d’actualité, sert surtout à installer une pression supplémentaire grâce au fameux compte à rebours. L’habillage post-apocalyptique que l’on doit principalement à Giuseppe Camuncoli, connu pour ses travaux arachnoïdes chez Marvel, est à la fois surprenant et franchement fun (des requins qui rampent, sérieusement ?).

Undiscovered Country fait donc une entrée remarquée en ce début d’année. Une fois les bases posées grâce à quelques inévitables séquences d’exposition quelque peu pondéreuses, le reste de l’intrigue se révèle palpitant, et promet une odyssée désaxée et palpitante !

****·*****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Streamliner

BD du mercredi
Bd de ‘Fane (+ Isabelle Rabator à la couleur)
Rue de sèvres-comix buro (2020)- intégrale couleur, 291 p. +XXI p. de dossier graphique final. Album broché couverture à rabat.

bsic journalismMerci aux éditions Rue de sèvres pour leur confiance.

streamliner_integraleCette intégrale reprend en un très gros pavé format comics les deux volumes parus en 2017 en grand format cartonné. Si la maquette et design général sont superbes (suivi par Vatine et le Comix Buro oblige), j’avais trouvé les couvertures des éditions originales comme de cette intégrale vraiment mal mises en valeur, avec par exemple ce titre qui pourrait sortir des années 60… Sans doute une envie de rétro de l’auteur mais commercialement je suis surpris que l’éditeur n’ait pas insisté sur quelque chose de plus accrocheur. Pour dix euros de moins que les deux albums on perd en taille et en qualité de reliure même si on gagne un (faux) cahier documentaire et graphique. J’imagine que la très grosse pagination a obligé Rue de sèvres à maintenir un prix de vente raisonnable mais étant donnée la qualité de cette œuvre il est vraiment dommage d’avoir une édition aussi réduite. Pour le reste cette intégrale est juste un énorme ride plein de bruit et de fureur, de testostérone, d’odeur d’essence et de graisses, des moteurs surchauffés et de pépées enragées…

Résultat de recherche d'images pour "streamliner 'fane"Désert continental, 1963. La paisible station service Lisa Dora située sur la route 666 est soudain envahie par une horde de pilotes et de bikers attirés par ce qui s’annonce comme la course sauvage du siècle. Cristal O’Neil, fille du légendaire pilote Evel O’Neil se retrouve au cœur d’un maelstrom qui bouleverse son quotidien: entre G-men, criminels en fuite, journalistes voraces et gangsters prêts à tout pur remporter la mythique winchester de chef des Red Noses elle devra sortir de son rôle de gentille hôtesse s’engager dans la rage de la course et de l’esprit Sex-drugs & Rock’n’roll pour préserver sa station…

‘Fane a roulé sa bosse dix ans sur la reprise de Joe Bar Team et partage un héritage graphique entre le cartoon et l’Ecole Vatine. Tout au long de ce monumental album on sent cette influence tiraillée entre des habitudes esthétiques et un besoin d’aller vers plus de réalisme (sa dernière création, Hope One confirme cette évolution). Si ce tiraillement contre nature peut faire réagir sur les premières planches, on se retrouve bien vite emporté par l’envie communicative et le talent brut du récit de ce long métrage sur papier, envie de cinéma que les bonus nous expliquent en fin d’ouvrage.Résultat de recherche d'images pour "streamliner 'fane"Comme le carton de Petrimaux, Streamliner a comme projet principal de faire revivre une nostalgie de USA des années 60, celles de la route 66, des voitures tunées, des gangs de bikers et de pilotes autant hors-la loi que libres penseurs. L’Amérique des expérimentations mécaniques, des barbouzeries du FBI et des chevauchées sanglantes de tueurs motorisés… Cette Amérique est ici fictive, en une sorte de réalité alternative qui perturbe un peu lors du récit sur Evel O’Neill où l’on suit le B52 de retour d’une mission à la Guerre et qui atterrit directement dans le grand désert, semblant compresser les distances! Je vous préviens donc, Streamliner ne se passe pas en Amérique pas plus que dans les années soixante. Il se passe dans un univers fantasmé, reconstruit, permettant d’aligner les archétypes, clichés et images d’Épinal.Résultat de recherche d'images pour "streamliner 'fane"Dès les premières pages au cadrage absolument cinématographique, on est happé par une ahurissante galerie de personnages, par un agencement d’intrigue qui se superposent pour nous diriger vers un unique but: la course! A force de nous dire qu’elle sera sauvage l’attente monte et je dois dire qu’on n’est pas déçus! Disposant d’une luxueuse pagination, ‘Fane prends le temps de poser les séquences dont il a envie et prends l’espace d’imager ce ride motorisé en grand format. Le nuage de poussière du départ nous rappelle ainsi le Fury road de Miller, dans une envie graphique absolue. La légère approximation du trait de l’auteur est bien vite oublié dans l’envie de BD qu’il nous propose. Étonnamment les couleurs d’Isabelle Rabarot sont très estompées, un peu lavées, parfois proches du sépia. Là encore on imagine le souhait de vintage mais quand on sait ce que la dame a produit par le passé, le vif de ses rouges, on se dit qu’un peu plus d’éclatant n’aurait pas fait de mal…

Résultat de recherche d'images pour "streamliner 'fane"Streamliner est un magnifique album qui donne autant de plaisir qu’un Ramirez ou un Indes fourbes et qui loupe de très peu les cinq Calvin en raison d’une édition qu’on aurait aimé plus classieuse. Des BD comme ça font aimer la BD et rendent beaucoup plus difficile la lecture du tout venant. Un grand merci à l’auteur pour ce Rock!

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