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Batman: The dark prince charming #2

East and west

Comic d’Enrico Marini
Dargaud/DC (2018),  66 p.; vol 2/2

couv_333529Sur le premier volume sorti paru il y a peu j’avais été quelque peu mitigé, un peu agacé par la com’ gargantuesque de Dargaud sur l’événement et par le caractère introductif du volume. Après la lecture de ce second tome qui clôt très joliment l’histoire, des confirmations et une information. Niveau fabrication, hormis une chouette couverture et une élégante maquette, on a le minimum syndical; un carnet comme sur le tome 1 n’aurait pas été un luxe.

La petite Alina  a été enlevée par le Joker, qui l’utilise pour faire chanter Bruce Wayne. Le « prince charmant fou » souhaite offrir à sa dulcinée Harley Quinn le plus gros diamant du monde. Mais pendant que le Joker se débat avec ses contradictions, le Chevalier noir mène l’enquête…

Je reconnais que je me suis trompé! L’impression mitigée sur le premier volume était bien due au découpage et confirme que l’éditeur aurait été inspiré de ne publier le volume qu’une fois clôture (surtout que la parution des deux tomes est très rapprochée). L’affaire est donc réglée puisque plus personne n’aura a attendre entre deux albums et je gage que Dargaud sortira à noël une intégrale joliment augmentée.

Cet album est, me semble-t’il, encore plus axé sur le Joker que le premier et donne lieu à un humour noir très réussi, notamment dans la relation entre le clown, la gamine et Harley. C’est bien là l’innovation de ce titre qui introduit une lignée à un Bruce Wayne habituellement considéré comme incapable d’enfanter et d’avoir une vie relationnelle. Même si c’est par accident, on nous montre néanmoins le passé du jeune Bruce (ainsi que celui du Joker… ce qui est assez rare dans l’ensemble de l’édition Batman…) et ce qui aurait pu lui désigner une autre vie. Les scènes intimistes sont nombreuses et permettent de développer une psychologie complexe à un joker finalement pas si monstrueux que cela. Si la violence et le caractère adulte de « Dark prince charming » sont présents, Marini ne suit cependant pas les traces du tandem Snyder/Capullo (l’une des plus impressionnante variation mais aussi très noire). Comme je l’avais noté sur le premier volume, la filiation visuelle avec la trilogie de Christopher Nolan est cependant dommage (outre que je n’ai pas accroché avec cette esthétique réaliste) car elle perd l’originalité que l’on aurait attendu de l’artiste italien, qui semble néanmoins avoir pris un énorme pied à s’immiscer dans le monde du Detective. Néanmoins quel plaisir de voir un Gotham redevenu gothique et l’ombre de la chauve Résultat de recherche d'images pour "marini dark prince charming 2"souris fondre sur les truands!

Ce second tome donne lieu à quelques séquences remarquables, comme ce récital au piano du Joker dans une usine désaffectée montrant la bêtise de sa jolie copine, une citation de « singing in the rain » ou ce tordant face à face entre un Joker grimé en drag-queen et un Bruce Wayne bourru au possible. Comme souvent dans les histoires de Batman c’est donc encore une fois le Joker le clou du spectacle. L’auteur jour d’ailleurs très subtilement sur un quiproquo attendu concernant le titre: le Sombre prince charmant n’est pas forcément celui que l’on crois, notamment via une ultime pirouette vraiment réussie.

Niveau action, Marini sort la grosse artillerie et maîtrise toujours aussi superbement son cadrage, son découpage, son rythme. Il parvient ainsi sur son double album à rendre aussi intéressantes les scènes de dialogues entre personnages, DPC2.jpgles panoramas nocturnes, les clowneries du Joker et les séquences testosteronées. Je pointerais juste une petite déception sur Catwoman, toujours aussi garce mais un peu délaissée. Il est vrai que sur une telle pagination il est compliqué de donner toute leur place à tous les personnage du panthéon batmanien et Marini semble avoir jeté son dévolu plutôt sur Harley Quinn (… logique vu que le focus va plus sur le Joker que sur le héros!).

Cette aventure à Gotham d’Enrico Marini lui aura permis de se faire plaisir autant qu’à nous et de proposer aux novices en matière de super-héros une introduction franco-belge qui pourrait être le sas idéal pour pénétrer le monde des comics. Parvenant à respecter les codes de l’univers Batman sans trahir sa technique, Marini réussit haut la main la transposition. A se demander s’il est capable de rater quelque chose…

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Et une intéressante interview de Marini chez Branchés culture et la critique de l’atelier du comics.

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Batman: The dark prince charming

East and west

Comic de Marini
Dargaud/DC (2017), Vol 1/2

batman-par-enrico-marini-tome-1-vfL’annonce de la parution en co-édition Dargaud/DC d’un Batman par le grand Enrico Marini a créé un bouillonnement rare dans le milieu BD cet automne. Accompagné par une campagne promo (que l’on qualifiera d' »américaine »…) de Dargaud et de Marini lui-même, cet évènement a occulté pas mal d’autres très grosses sorties, à commencer par exemple par le premier Largo Winch post-Van Hamme…

J’avoue que j’étais assez méfiant, agacé par cette campagne rarement vue dans la BD franco-belge, trouvant les premières images un peu trop « claires » pour une BD du Dark Knight et la couverture pas plus excitante que ça (bon, les couvertures de Marini en général ne sont pas ce qu’il fait de mieux). En outre le format BD paraît étrange et je me demande s’il n’aurait pas fallu préférer un format comics éventuellement agrandi. Le Marini que j’ai adoré, celui du Gypsy, de Rapaces et du Scorpion m’a un peu laissé sur ma fin ces dernières années avec une série Les aigles de Rome qui ne m’a pas accroché…

23078Ce premier volume d’une histoire en deux parties présente une intrigue sommes toutes classique de Batman: le Joker a enlevé une petite fille qui pourrait être la fille de Bruce Wayne… Il s’agit d’une mise en place, avec les personnages principaux de la galaxie Batman: Harley Quinn, le commissaire Gordon, Killer Croc, Catwoman, Alfred et bien sur le Joker… qui est peut-être le personnage le plus réussi de l’album. L’histoire ne fait que commencer et devra être résolue en un seule volume, ce qui peut être court… Très clairement si certains plans sont particulièrement réussi (avec plusieurs doubles-pages du Batman en mode « sentinelle »), ce n’est pas la mise en scène qui marque dans cet album peut-être un peu trop sage et respectueux, mais bien les personnages. Étonnamment le Batman comme Bruce Wayne sont quasiment absents de cet album, pour laisser la part belle au Joker et sa dulcinée. Marini s’est visiblement fait plaisir sur la Némésis de la chauve-souris ainsi que sur sa réappropriation graphique, plus inspirée des films de Christopher Nolan que de ceux de Tim Burton. Ainsi la batmobile et la batcave sont très réussies (mais peu vues). Les plans larges de Gotham sont beaux mais pas très travaillés. Les costumes de Batman et de Catwoman en revanche ne m’ont pas paru très originaux. Il me semble que l’auteur a peut-être été impressionné par le personnage (il révèle dans une préface assez sympa qu’il réalise un rêve de gosse) et n’a pas osé surprendre, hormis avec une relation déjà un-joker-menac3a7antassumée entre Wayne et Selina Kyle mais qui n’est pas réellement utilisée dans l’album. Encore une fois, l’intrigue n’est pas inintéressante mais n’est qu’ébauchée et aurait sans doute gagné à être publiée en un seul volume (d’autant que Marini est un dessinateur rapide). Je me demande au final si Marini n’a pas réalisé son album un peu vite…

Marini est un grand dessinateur populaire qui maîtrise son art (même s’il lui faudrait travailler ses perspectives et ses éléments techniques, mais ça on le savait déjà). Mais le Batman est l’un des personnages ayant le plus été illustrés et il passe après certains Jim Lee et les albums de Capullo/Snyder qui ont marqué un nouvel étalon en la matière (tant graphique que thématique). Il devient impératif d’adopter une patte graphique ou une idée radicale si l’on veut sortir du lot. Il faudra attendre le second volume pour être fixé et savoir si nous auront au final un bel album illustratif ou une vraie bonne histoire de Batman. Personnellement le White Knight que publie Sean Murphy m’excite pour l’heure beaucoup plus.

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