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Manga en vrac #28: La Métamorphose – La Divine comédie – L’Iliade et l’Odyssée

Le Docu BD

Format mixte aujourd’hui puisque je vous propose une fournée de manga documentaires issus des différentes collections des éditeurs Kurokawa et Soleil, collection dont vous avez probablement déjà entendu parler en parcourant ce blog…

  • La métamorphose (Sugahara-Kafka/Kurokawa) – 2022, 176p., collection Kurosavoirs, one-shot.

bsic journalism

Merci aux éditions Kurokawa pour leur confiance!

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Après quelques très bonnes pioches chez Kurosavoirs, notamment avec la nouvelle sous-collection des Grandes figures de l’Histoire et sa réalisation de grande qualité, on tombe très bas avec cette « adaptation » de la Métamorphose de Kafka dont les dessins sont franchement rebutant. En choisissant de transposer l’intrigue de cette fable absurde dans le Japon contemporain, on perd en outre l’aspect documentaire et historique qui aurait pu permettre de s’appuyer sur des éléments vintage. Si l’histoire suit assez fidèlement le court roman, aucune analyse ne vient aider à comprendre l’intérêt de cette absurdité. Le choix de cette œuvre pour une adaptation manga aurait justement nécessité soit des dessins de qualité soit une variation dans l’horreur. Or les auteurs ont choisi la forme d’un manga semi-humoristique grossier. La lecture en devient pénible et on ne garde pas grand chose, encore moins l’envie de lire l’original, c’est un comble!

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  • La divine comédie (team Banmikas/Soleil) – 2021 (2008), 192p./volume, one-shot, collection « Classiques en manga ».

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance.

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La Team Banmikas s’est spécialisé depuis plus de dix ans dans l’adaptation manga de grands classiques de la littérature ou de la pensée scientifique. Si leurs manga ne brillent pas par une technique graphique très sophistiquée, ils ont acquis l’expérience de rendre (souvent) accessibles des œuvres pointues, comme cette Divine Comédie, Chant médiéval en huitains  développant autant l’importance de la foi chrétienne que les actions de nombreux personnages contemporains de Dante. La bonne idée du studio est d’avoir regroupé dans un manga court les trois chants (L’Enfer, le Purgatoire et le paradis)  en synthétisant à l’extrême, ce qui aboutit à une grande partie du volume dédiée aux cercles de l’Enfer. Cette première partie de l’œuvre est en effet la plus « graphique » et propice à quelques visions des peines que subissent les pécheurs. Le récit est donc totalement linéaire, Dante n’étant qu’un spectateur de son propre voyage accompagné du poète latin Virgile, à la recherche de son âme sœur Beatrice. Sans grand intérêt graphique, cette proposition aura néanmoins le mérite de permettre facilement à un large public d’avoir une idée de ce qu’est cet ouvrage majeur de la littérature mondiale, faute de montrer son influence (là aussi majeure) sur l’imaginaire graphique jusqu’à aujourd’hui. Une lecture facile bien que très modeste. Pour info Go Nagaï (l’auteur de Goldorak) a déjà proposé une version de la Divine Comédie.

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  • L’iliade et l’Odyssée (Banmikas/Soleil) – 2021 (2011), 224p./volume, série finie en 4 tomes.

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Merci aux éditions Soleil pour leur confiance.

iliade_odyssee_soleilOn termine par une bonne surprise, cette version (très) compacte des deux récits d’Homère, qui fait un très bon boulot de vulgarisation en condensant à l’extrême les quarante-huit chants des deux œuvres. Si les dessins sont minimalistes mais tout à fait acceptables, le travail de condensation a impliqué des coupes assez franches qui surprennent parfois la lecture. Cela est renforcé par l’articulation narrative originellement entrecroisée, voir chaotique, des œuvres, ainsi lorsqu’on commence l’Odyssée sans grande explication de ce que fait Ulysse sur l’ile de Calypso. Il ne faut donc pas en vouloir aux auteurs du manga même s’ils auraient pu retravailler leur intrigue pour la rendre plus fluide. On reconnaîtra donc une démarche de grande fidélité au matériau d’origine tout en permettant une lecture assez accessible malgré la profusion de personnages et de peuples. L’adaptation partie de la source n’a pas dû être facile! Certaines coupes franches ont en revanche été faites sur la partie la plus sympa, l’aventure d’Ulysse, où sont passés sous silence le passage de l’Hadès, les Lotophages, Circé ou Charybde et Sylla pour n’aborder que le retour à Ithaque. Un peu frustrant sur la seconde partie donc mais l’Iliade permet de réviser ses classiques et à certains de découvrir ces récits majeurs de la littérature mondiale.

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Les Enfers: au royaume d’Hadès

La BD!

Histoire complète en 46 pages écrite par Clotilde Bruneau et dessinée par Diego Oddi. Parution le 10/11/2021 aux éditions Glénat, dans la collection La Sagesse des Mythes, dirigée par Luc Ferry.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

L’Enfer, c’est les outres

La mythologie grecque a laissé une empreinte marquante sur la fiction encore aujourd’hui. Ces innombrables mythes, sont devenus pour beaucoup la quintessence de la narration à travers les âges, transformés de telle sorte que l’on prend aujourd’hui plaisir à les redécouvrir sous leur forme originelle.

Prenez Hadès par exemple. Toutes les histoires modernes tendent à le dépeindre de façon péjorative, majoritairement en tant qu’antagoniste, alors que les mythes grecs ne souffrent initialement pas de ce biais. Souvent comparé à Satan en fiction moderne, le Hadès classique est au contraire une figure plutôt neutre, bien qu’intransigeant vis à vis de son rôle et de la nature intrinsèque et inévitable du principe qu’il représente.

Bien loin du Caïn rongé par la jalousie, et l’amertume d’avoir été relégué aux Enfers, Hadès est au contraire dépeint comme un régent juste et sévère du monde souterrain, et l’un des seuls dieux, si ce n’est le seul, à ne pas avoir trompé son épouse, ni fait preuve d’une cruauté infondée envers les hommes. Son royaume, censé être impénétrable (mais bien entendu visité par bien des héros de la mythologie), est doté d’une géographie tout singulière et d’une histoire foisonnante qui méritaient certainement un album à part entière.

Cet album nous plonge donc dans les méandres sinueux des fleuves qui irriguent et encerclent les Enfers, et nous fait découvrir ses différentes régions. Nous avons également droit aux différents mythes qui y sont liés, de Tantale à Sisyphe en passant par les Danaïdes.

Malgré la structure du récit à tiroirs, où une digression en appelle une autre, l’album possède un fil rouge, qui permet de conserver un semblant de structure dramatique tout au long. Le dossier en fin d’album, intitulé « Hadès ou le monde grec face au non-sens de la mort », est complet mais digeste et parvient à rester succin lorsqu’il dépeint des caractéristiques méconnues du dieu grec de la Mort.

En résumé, Les Enfers: au royaume d’Hadès est un album synthétique et très instructif sur une figure tristement controversée et incomprise de la mythologie grecque. Peut être dispensable pour les experts hellénistes, mais idéal pour tout lecteur souhaitant se cultiver.

*****·BD·Jeunesse·Nouveau !·Rapidos

Telemaque#3: la cité des hommes

La BD!

BD de Kid Toussaint et Kenny Ruiz
Dupuis (2018-2020), 62 p./album, 3 volumes parus.
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mediathequeA chaque album de cette série mon plaisir grandit et mon appréciation sur la qualité générale avec. Passées la surprise (du tome 1) et la confirmation (tome 2), si intrinsèquement ce troisième tome des aventures délurées de Mac’ et ses potes n’est pas meilleure que les autres, la vision d’ensemble me pousse vers les 5 Calvin! Cet opus est un peu moins complexe que le précédent avec un scénario plus porté sur l’action en abordant les opérations militaires de l’Égée uniquement en Itaque. Du coup cela recentre sur moins de lieux et de personnages et on peut se focaliser sur les aventures pêchues et poilantes des héros. Les auteurs se font plaisir et les dialogues répondent aux gags visuels, avec quelques subtiles jeux sur le nom de Personne, personnage vraiment réussi de cyclope. Les tronches semi-animales d’humains transformés par Circé et les running-gags (comme ce compagnon qui hurle dès que survient une surprise) font le job, avec une bonne grosse larme de rire sur les Lestrygon, sorte de gnomes bleus totalement débiles et adeptes des nœuds… On ne force pas son plaisir entre scènes d’action très efficaces, découpage, couleurs hyper dynamiques et un humour permanent qui justifient totalement la  énième réutilisation de la thématique de l’Odyssée. Avec le luxe d’un super cliffhanger final qui ajoute un atout à un scénario pas que prétexte. Franche réussite tant jeunesse qu’adulte pour cette série dont j’attends avec impatience une intégrale future.

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A partir de 12 ans.

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Achetez-le chez njziphxv

****·BD·Jeunesse·Nouveau !

Telemaque#2

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est « Jean-Pedrovitch »: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Kid Toussaint et Kenny Ruiz
Dupuis (2018-2019), 62 p./album, 2 volumes parus.
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mediathequeNous avions laissé Télémaque et ses amis en mauvaise posture sur l’île de la magicienne Circé à la fin du premier album de cette étonnante série. Ce second volume va les emmener aux portes de l’Hadès…

Salut les enfants! On retrouve le monde mythologique pour cette suite. Comment avez-vous trouvé ce second épisode par rapport à vos souvenir du premier?

JP: j’ai trouvé que le premier avait posé les bases mythologiques qui permettent de continuer sur l’histoire de la bande de Télémaque. De nouveaux compagnons continuent à les rejoindre mais sur la première étape alors que le premier  volume était plus progressif.

Talia: je l’ai trouvé dans la continuité du premier.

Vous pouvez me décrire la construction du récit?

JP: il y a une double trame; la quête de Télémaque et les menaces de guerre sur les Cités grecques, qui se renforcent sur cet album. J’ai bien aimé les passages politiques. C’est plus compliqué à suivre alors que les pages avec Télémaque sont plus axées humour et jeunesse.

Talia: moi j’ai préféré les parties avec Télémaque. Dans les parties politiques c’est beaucoup de dialogues et il y a moins d’action.

L’histoire continue à suivre les pas d’Ulysse avec les différents épisodes de l’Odyssée, parfois un peu rapidement. Est-ce que vous avez eu du mal à reconnaître ces passages?

JP: moi je me souvenais des étapes que l’on voit ici (il y en a quatre comme dans le premier album), grâce à mes souvenirs d’Ulysse 31. Par contre je ne me souvenais pas des guerriers cimmeriens quand ils arrivent à Hadès.

Talia: je ne connais pas tous les passages, notamment Charybde et Sylla.

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Et alors le monde des morts…?

Talia: les pages tournent dans tous les sens, les cases forment un cercle et nous amènent à tourner l’album dans nos mains… C’est la première fois que je vois ça dans une BD. Les personnages sont séparés et les cases bizarres les relient. Ils rencontrent ceux qu’ils voulaient voir depuis toujours, des héros morts et les parents d’Ulysse.

JP: ils entrent dans l’Hadès sans passer par Charon le passeur du fleuve Styx. Ils sont détachés de leur corps et la séquence se passe dans leur imaginaire. Je pense que c’est pour ça que le découpage est dans tous les sens, comme dans un rêve où il n’y a pas de lien logique. C’est un peu énervant de tourner la BD dans tous les sens mais sinon c’est original! L’Hadès nous permet de voir des personnages qu’on ne connaît pas dans l’Odyssée.

Finalement les dieux sont moins acharnés contre Télémaque et ses potes que contre son père, non??

Résultat de recherche d'images pour "kenny ruiz Telemaque portes de l'enfer"JP: oui! Finalement tous les adversaires d’Ulysse vont plutôt aider Télémaque. Ou alors Charybde et Sylla qui font des blagues pour faire peur aux gens…

Talia: … en même temps si les potes de Télémaque n’étaient pas là il n’irait pas loin! Télémaque est fougueux et pas très prudent.

Vous avez relevé l’aspect féministe?

Talia: il y a beaucoup de filles. Polycaste est maligne alors que Télémaque est un peu débile, mais c’est vrai que contrairement à elle il n’a pas eu son père pour lui apprendre! Circé n’aime pas les hommes et les transforme en porcs…

JP: … pour leur montrer leur véritable image! La fille de Ménélas veut donner son avis sur son mariage comme Polycaste dans le premier tome. Et c’est vrai que Télémaque est un peu crétin!


Voilà pour le retour des zouzous… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Sans titre.jpgL’opération 48h BD qui nous avait permis de découvrir cette série est décidément l’occasion de vraies trouvailles tant ce second volume confirme amplement les qualités et l’ambition du premier. Avec la réserve que justement on irait presque vers de la BD ado-adulte à la Lanfeust tant les thématiques et la complexité des noms et des péripéties politiques sont moyennement adaptés à de jeunes lecteurs. La carte en deuxième de couverture présente l’itinéraire de la bande sur les albums précédents et en troisième de couverture elle montre la progression de l’album lu. Très jolie carte très utile pour suivre l’intrigue, surtout que certaines ellipses sont un peu abruptes (le passage des lotophages à Charybde et Sylla par exemple… qui montre la difficulté à suivre le cahier des charges des étapes de l’odyssée tout en tenant dans un format d’album). Un résumé en forme de mosaïque (très esthétique également) prends les trois premières pages.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque aux portes enfer ruiz"Comme l’ont dit les enfants, les thématiques politiques, féministe, sont assez étonnantes pour un album jeunesse, alors que par ailleurs les personnages sont tout en décalage avec leur milieu d’origine (Personne et anthropophagisme), procédé fréquent lorsqu’on s’adresse à un public jeune. Si l’intrigue de Télémaque est plus linéaire ici que dans le précédent volume, le développement du conflit entre Cités est un peu ardu à suivre du fait de la multiplicité des noms grecs et des liens diplomatiques. Je suis un peu circonspect sur l’attelage des deux intrigues mais laissons aux auteurs le temps de justifier cela.

Le passage dans l’Hadès est asses fascinant tant le découpage est sophistiqué et intelligent. J’ai rarement vu cela hormis chez un Ledroit ou dans certains comics. Cette séquence majeure confirme l’ambition visuelle d’un dessinateur vraiment très fort et en totale maîtrise de ses planches et que Télémaque est, contrairement à ce que son pitch pouvait laisser penser, une des séries ado majeure du moment. De très grandes qualités qui en font une série à suivre assurément pour peu que la mythologie grecque ne vous rebute pas.

A partir de 12 ans.

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Achetez-le chez njziphxv

****·BD·Jeunesse

Telemaque#1

Rufus Stewart

Nouvelle rubrique sur le blog avec l’envie de parler d’albums destinés à la jeunesse et surtout d’en parler avec des kids, à savoir mes enfants! La rubrique sera en work in progress au début pour trouver la bonne formule (je ne suis pas encore esclavagiste et comme le blog ne rapporte rien je n’oblige pas mes enfants à rédiger des billets…). L’idée étant de donner à la fois mon avis d’adulte et l’avis d’un lecteur jeune je vais commencer par un format question réponse. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est « Jean-Pedrovitch »: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Kid Toussaint et Kenny Ruiz
Dupuis (2018-2019), 62 p./album, 2 volumes parus.
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Ouvrage acheté dans le cadre de l’opération 48H BD.

Tout le monde connaît l’histoire d’Ulysse, parti dix ans avec les armées grecques à la guerre de Troie et égaré autour de la méditerranée à son retour vers Itaque. Ce que nous ne savons pas c’est ce qu’a fait son fils Télémaque pendant ce temps: il est parti à sa recherche aidé de compagnons très hétéroclites, dans des aventures hautes en couleur!

Salut les enfants! Est-ce que vous connaissiez la mythologie grecque avant de lire Telemaque?

JP: Oui j’avais lu l’Odyssée en abrégé à l’Ecole des Loisirs. On avait vu Ulysse 31 aussi et ça aide bien. C’est bien de connaître l’histoire d’Ulysse avant de lire la BD.

Talia: J’ai lu Les Agents secrets de l’Olympe (une série de romans jeunesse). Et Ulysse 31.

Et du coup pouvez-vous nous dire comment la BD est reliée à l’Odyssée?

JP: On reconnait des personnages (comme Polyphème qui a déjà perdu son œil et parle d’Ulysse). Il y a aussi Circée la magicienne et les Sirènes qui ont une forme de Harpie. Télémaque refait les aventures d’Ulysse mais à sa manière.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Talia: Polyphème appelle Ulysse « l’homme aux mille ruses » mais le héros dit s’appeler « personne ». Le fils de Polyphème est rajouté par rapport à l’histoire d’Ulysse et il aide Télémaque et sa copine car il ne veut pas manger d’humains et dit à son père que c’est en essayant de manger les humains qu’il a perdu son œil. Il est fan d’Ulysse car il admire son intelligence et sa ruse.

JP: Les premières pages racontent la Guerre de Troie avant que commence l’aventure de Télémaque.

Alors Télémaque c’est un peu Ulysse en plus jeune?

JP: Il a le même courage que son père mais est assez bête! Pas de bol, il arrive après son père, et ses victimes en veulent à son fils.

Talia: Il est assez imprévisible… Il est bien moins rusé et sa copine (Polycaste) l’aide beaucoup à se sortir de ses problèmes. Télémaque est très impatient, maladroit et prétentieux, il n’a pas voulu attendre le retour de son père  et se précipite dans le danger.

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Visuellement quel style de BD on a? Qu’est-ce qui vous a marqué?

JP: C’est très « jeunesse », parfois ça fait trop dessin-animé.

Talia: Les dessins sont exagérés, les personnages font des sauts géants… C’est plutôt drôle.

Un dernier mot?

JP: Derrière le côté jeunesse c’est finalement assez politique et plus complexe que ça en a l’air. Il y a besoin de quelques références. J’ai trouvé ce tome assez amusant et j’attends la suite!

Talia: C’est intéressant mais ca reste une BD d’aventure et on ne la lit pas pour se documenter sur la mythologie grecque.


Voilà pour le retour des zouzous… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "telemaque ruiz"Très bonne surprise que ce Télémaque, avec notamment une découverte, l’excellent dessinateur espagnol Kenny Ruiz, au style proche du manga  et aux encrages forts issus de l’école espagnole. L’équilibre n’est jamais évident à trouver pour les séries estampillées jeunesse, entre un intérêt scénaristique et une simplification qui parle aux jeunes. Les auteurs ont trouvé cet équilibre avec un vrai réalisme littéraire dans les noms grecs et la complexité mythologique comme politique du contexte de l’Egée antique. Les enfants pourront trouver cela un peu compliqué mais les férus de mythologie (ils sont nombreux) s’y retrouveront. L’action et le style manga est en outre diablement efficace, avec des personnages drôles et une succession de péripéties qui s’enchaînent en suivant l’itinéraire de l’Odyssée  de façon fluide et non forcée. Dans l’esprit on est proche d’Aliénor Mandragore, avec le même humour décalé et des personnages semblant des transposition de héros mythiques. Télémaque est cependant plus efficace visuellement et en matière d’action. Et le principe de l’équipée de copains aux caractéristique bien particulières qui revisitent l’itinéraire d’Ulysse permet des perspectives sur une série longue. Une vraie réussite!

A partir de 10 ans.

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