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Yojimbot #1: Silence métallique

La BD!

Premier tome de 147 pages d’une série écrite et dessinée par Sylvain Repos. Parution le 29/01/2021 aux éditions Dargaud.

Drone Wolf & Cub

Dans un environnement devenu hostile pour les humains, une communauté de droïdes, partie intégrante d’un parc à thème aujourd’hui en ruines, poursuit inlassablement sa routine malgré la disparition des visiteurs.

Conçus pour être des samouraïs automatisés, les droïdes agitent régulièrement leurs sabres, croisant le fer comme ils le faisaient autrefois pour divertir les clients. Un beau jour, le n°063 découvre un jeune garçon errant dans le parc. Bien vite retrouvé par son père, le jeune Hiro est traqué par une escouade de soldats, acquise à une sombre cause mettant manifestement en jeu le sort de l’Humanité.

D’abord déboussolé par des directives antinomiques, n°63 finit par outrepasser les contradictions de sa programmation et sauve Hiro des cruels soldats, façon bushido.

Malheureusement, ces soldats n’étaient pas les seuls à en vouloir à Hiro, qui est désormais orphelin et a besoin d’assistance, pour laquelle n°63 est en partie programmé… à moins que ?

Débute alors une course-poursuite haletante à travers les ruines du parc, n°63, désormais baptisé Sheru s’étant donné pour mission d’assurer la sécurité du jeune garçon en le remettant aux alliés de feu son père. En chemin, le duo se trouvera d’autres alliés métalliques, et bien sûr, d’autres ennemis acharnés…

Métal muet

Comme évoqué dans nos précédents articles, le thème du duo badass/enfant est largement utilisé en fiction, associant deux figures opposées, l’enfant dépendant du badass pour sa protection, tandis que le badass se découvre ou se redécouvre au contact de l’enfant.

Dans Yojimbot, ce duo prend une coloration particulière, de par la nature mécanique du protecteur. L’ambiance post-apocalyptique est avant-tout reflétée dans l’état de décrépitude du parc, autrefois temple de la consommation, aujourd’hui mausolée abritant les vestiges de la gloriole humaine.

On sent l’attachement du garçon envers son gardien impromptu sincère, tout comme doit l’être celui de l’auteur envers ses personnages. Néanmoins, à première vue, on peut se demander comment des robots, conçus pour le show et le divertissement, peuvent se révéler être des machines aussi létales. Mais comme vous vous en doutez, la règle implicite de coolitude permet de dépasser ce genre d’incongruité, pour un plaisir de lecture débridé.

Si le cœur de l’histoire, à savoir le lien entre Sheru et Hiro, fait mouche, l’univers quant à lui soulève pour le moment beaucoup de questions. Gageons que l’auteur saura révéler ses cartes en temps voulu afin de donner une profondeur bienvenue à ce récit d’action décomplexée dont le titre est bien entendu un hommage au mythique lapin-samouraï Yojimbo.

La partition graphique de Sylvain Repos est impeccable, sa narration éclatée donne de la respiration et du dynamisme à l’album. Ce premier tome interpelle, flatte la rétine et accroche pour la suite !

***·BD·Nouveau !·Service Presse

Carthago #11: Kane

La BD!

Onzième tome de la série et première partie d’un diptyque, écrit par Christophe Bec et dessiné par Ennio Buffi. 54 planches couleurs, parution le 17/06/2020 chez Les Humanoïdes Associés.

bsic journalismMerci aux Humanos pour leur confiance. 

Fugitif Amphibie

La série Carthago nous a évoqué l’existence d’êtres hybrides, issus de croisements entre l’espèce humaine et celle des Tritons Antiques. Ces contacts inter-espèces se sont faits au cours des millénaires, et ont eu un coût exorbitant pour les êtres aquatiques, qui ont frôlé l’extinction et ont du se confiner dans les abysses, pour être ensuite oubliés du reste du monde.

Les hybrides sont donc le témoignage d’un autre temps, et la preuve que le monde recèle encore bien des mystères. Wolfang Feiersinger, surnommé le « Centenaire des Carpates », en sait davantage que le commun des mortels. Depuis des décennies, il utilise son immense fortune pour assouvir sa soif d’exploration, usant de moyens peu conventionnels pour enrichir sa collection cryptozoologique avec l’aide de London Donovan, un aventurier à sa solde pour de bien obscures raisons.

Alors que des forages sous-marins ont libéré des prédateurs antédiluviens qui essaiment les océans, le Centenaire sans scrupule a mis la main sur ce qu’il appelle des « spécimens », des êtes hybrides détenus captifs en vue d’être étudiés.

Parmi ces infortunés, se trouve le sujet Kane, qui n’est autre que le père de Lou Melville, protagoniste de l’intrigue principale ayant hérité de ses traits amphibiens. A cette époque, le jeune Kane n’a pas encore rencontré Kim Melville, qui deviendra plus tard la mère de son enfant. Épris de liberté, il enchaîne les évasions du centre de recherche où il est détenu contre son gré, et tente de rejoindre la mer pour échapper au joug du milliardaire et de ses sbires. Malgré ses efforts, il est systématiquement ramené au bercail, incapable de passer totalement inaperçu.

Cependant, le désir de liberté est plus fort que tout et Kane va tenter une ultime évasion. Parviendra-t-il à se soustraire à la féroce convoitise de Feiersinger ?

Le Prince des Mers

Après un dixième tome au travers duquel transparaissait un essoufflement certain de la série et de son intrigue, Christophe Bec s’offre une petite respiration par le truchement du flash-back, sur l’énigmatique père de Lou Melville.

Le personnage traqué nous est immédiatement sympathique, car sa différence en fait à la fois un marginal et une victime des travers humains, tout comme l’ont été ses ancêtres tritons. Ainsi, Kane n’est pas en mesure de rester en mer trop longtemps, mais n’est pas tout à fait à son aise sur terre non plus. Déchiré entre deux éléments, entre deux horizons contraires, il ne parvient pas à se projeter dans une vie normale ni à nouer des liens avec les autres, en tous cas pas avant sa rencontre prochaine avec Kim.

Ennio Buffi produit ici de très belles planches, avec une attention particulière portée aux décors et aux ambiances, ce qui renforce le sentiment que le dessinateur était en pilote automatique sur le dernier tome.

Ce onzième tome, exempt de révélations quant à l’intrigue principale, n’en redonne pas moins un air de fraîcheur à une série qui laissait craindre un enlisement.

****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Hot space #1: Crash program

BD du mercredi
BD de Le Pixx
Kamiti (2019), 78p./album. Série en cours 1/3 parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kamiti pour cette belle découverte!


couv_356121Kamiti est un jeune éditeur que j’aime bien car il fait de la très bonne SF, propose de superbes couvertures et que ce n’est pas facile de se faire une place dans la BD grand public aujourd’hui… J’avais apprécié Red Sun l’an dernier et attendais leur prochaine sortie. Sur le plan éditorial, c’est très propre, une maquette simple et cohérente, de bons visuels et une impression de qualité (en Lettonie). L’intérieur de couverture est vierge, comme c’est de plus en plus le cas en BD… dommage, j’aime bien les images grand format un peu énigmatiques que l’on trouvait autrefois dans les albums.

 

Le pilote Nohraïa Kovalski, forte tête de la flotte de la fédération, est mutée sur l’astéroïde Ouranos après une altercation musclée. Envoyée en opération sur une planète désertique, elle se retrouve au cœur d’un feu nourri, dans une conspiration qui la dépasse. Seule et livrée à elle-même elle va devoir laisser sortir sa rage face à des soldats envoyés pour l’éliminer…

Résultat de recherche d'images pour "hot space bd"Hot Space est l’oeuvre de Pierre Le Pivain (alias Le Pixx), illustrateur œuvrant de longue date dans le jeu de rôle et la communication. Pour sa première BD il propose des planches très propres qui sans être virtuoses entrent dans le canon des BD d’action SF Soleil-Delcourt. J’ai trouvé l’encrage un peu grossier, ce qui est dommage car ses personnages ont de vraies trognes et certains visages sont vraiment réussis. Mais ce qui caractérise son dessin 100% BD c’est une très grande lisibilité vraiment remarquable car ce n’est vraiment pas le cas de la majorité des BD d’action! Avec une couverture très percutante, la partie graphique fait le job.

Mais ce qui accroche dans Hot Space c’est résolument le scénario et le découpage. Le Pixx se fait plaisir en proposant avec une grande maîtrise de la structure narrative des découpages serrés ou de pleines pages selon le besoin. Certaines BD d’action se lisent trop vite  quand d’autres sont inutilement bavardes. Ici l’équilibre est parfaitement trouvé avec une intrigue simple reprenant la structure des films de série B d’action: une héroïne bad-ass est la cible de tous les salauds de l’espace mais a décidé de ne pas se laisser faire!Résultat de recherche d'images pour "hot space le pixx" La conspiration, assez vite révélée, n’est pas ridicule et permet surtout de mettre le lecteur dans de bonnes dispositions psychologiques pour attendre la prochaine tuile qui tombera sur son héroïne. La narration alterne entre Kovalski, une technicienne située sur la base orbitale et que l’on devine venir en aide à sa collègue dans les autres tomes et les méchants. Simple mais efficace.

Niveau action c’est clair, net et précis, un peu bourrin, vaguement gore (à base de cerveaux explosés ou de bras arrachés) sans occuper pour autant toute l’attention de l’auteur qui déroule étape par étape son récit. Des éléments fantastiques finissent par poindre en fin de volume et l’on devine que ce sera le développement principal de la vengeance de la pilote, avec une chute très ironique pour un personnage que l’auteur a décidément décidé de faire vivre un max de difficultés… pour notre plus grand plaisir.

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