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Seven to Eternity #3

East and west

Comic de Rick Remender et Jerome Opena
Urban (2019), Ed US Image comics (2018), 3 vol parus.

couv_367583Le troisième tome de l’odyssée mortifère d’Adam Osidis et du Roi fange arrive enfin et je peux vous rassurer de suite: Jerôme Opeña est de retour en intégralité sur ce volume après un intermède très dommageable sur le précédent livre. La couverture puissante invoque le retour du grand archiviste (la mort) entraperçu sur le premier tome. Comme d’habitude, après un lancement attirant avec un prix à dix balles et moultes bonus, Urban nous sert ensuite le service minimum: album, couvertures de chapitres en brut et quelques couv’ alternatives. Je parlais cette semaine de Daniel Maghen, on en est loin et on se demande en quoi consiste le boulot d’éditeur. Bref…

Après la mort de la reine blanche, Garils, le roi fange est libéré de ses liens et peut maintenir son emprise sur Adam Osidis, de plus en plus convaincu qu’il doit lui faire confiance. La quête des sources de Zhal les conduits chez les pirates du ciel, dirigés… par le propre fils du roi Fange. Alors que ce dernier montre encore une fois sa capacité à prendre soin de ses dévoués, la fraternité continue la poursuite, sans savoir qui de Garils ou d’Osidis sera le plus dangereux…

Rick Remender est sans conteste pour moi le plus impressionnant des scénaristes américains en activité. Loin de la notoriété d’un Mark Millar qui peine souvent à aboutir ses exceptionnelles idées, il est une sorte d’aristocrate du comics, ayant officié sur beaucoup de séries de super-héros mais œuvrant depuis des années dans l’indépendant avec une exigence graphique et thématique assez hors du commun. Beaucoup ont pointé le caractère pessimiste, voir dépressif de ses bouquins, ce qui est vrai. Comme tout grand auteur il y a des constantes dans on œuvre, comme la filiation, la responsabilité paternelle et l’insoluble recherche du bon choix…

Il y a de tout cela dans Seven to eternity, série exigeante et dont on sent la recherche de difficulté à chaque choix d’écriture ou de dessin. Il en découle un univers visuel unique proposant des versions totalement originales de grands concepts tels que les pirates, la mort, les ancêtres… Surtout (je le dis dans une critique que deux!) cette série est dotée d’un méchant que je vais qualifier d’aussi charismatique et fascinant que le Thanos du film Infinity war! Sans être le seul moteur de cette histoire, le roi fange permet au scénario de maintenir une tension permanente autour des choix du héros, le torturé Adam Osidis qui tôt dans la série fera le choix de sauver le tyran pour se sauver et sauver sa famille.

Résultat de recherche d'images pour "seven to eternity 3 opena tomber de haut"Dans les deux précédents tomes Osidis était un être en questionnement, assumant difficilement ses choix. L’intervention brutale du fils de Garils et la menace immédiate qu’il fait peser sur son « sauveur », de même que le sauvetage du clan Osidis par les hommes du dictateur poussent le héros à passer à l’action, résolument, pour sauver son « ami ». La subtilité de Remender est de ne pas surjouer le machiavélisme du méchant. Il juxtapose simplement les faits (l’action positive de Garils sur la vie d’Osidis) et les idées. Il confronte Osidis comme un pragmatique face aux idéologues incarnés par Gobelin et la reine blanche. Le lecteur est perturbé comme jamais, se retrouvant dans la peau du personnage sans aucun élément lui permettant de déterminer objectivement ce qui est bien et ce qui est mal. Complexe et intellectuellement passionnant!

Résultat de recherche d'images pour "seven to eternity image"Graphiquement Opeña est au top, même si on regrettera des arrière-plans assez vides. Mais ses personnages sont tellement travaillés et surtout le design de chaque créature, personnage, architecture, sont tellement originaux et réussis qu’on lui pardonne volontiers cette économie (… qui permet sans doute de tenir une cadence correcte entre chaque volume). Seven to eternity surprend constamment, que ce soit dans la violence crue, le décalage entre le récit a posteriori d’Osidis qui ouvre chaque chapitre et l’action que l’on découvre. Surtout, Remender nous propose un récit éminemment politique dans lequel on peut trouver sans difficulté un commentaire de notre monde, du rapport des citoyens au pouvoir et du rôle des élites entre esprit visionnaire dictatorial et réponse aux demandes des administrés. Dans une amérique trumpiste fascisante comme jamais on ne peut que saluer la capacité de cet auteur à dresser une analyse si adulte dans un habillage de dark fantasy de loisir. Ce n’est pas si souvent que l’on peut lire de la BD d’aventure à la réflexion si poussée. Pour moi il s’agit de la série la plus réussie de Remender avec le génial Tokyo Ghost.

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X-O Manowar #2: D’empereur à Wisigoth

esat-westComic de Matt Kindt, Clayton Crain, Renato Guedes, Ryan Bodenheim, Ariel Olivetti
Bliss (2018) – Valiant 2017, Tome 2 (épisodes 7-14), 224 p.

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Le volume comprend un résumé des épisodes précédents, un sommaire (que j’apprécie beaucoup car il indique très clairement quels auteurs officient sur quelles sections), les couvertures de chaque fascicule original et en fin de tome des croquis et explications d’intentions passionnantes. Tout cela est habituel chez Bliss mais pas toujours aussi intéressant.

Après avoir gravis les échelons de l’armée Azur au cour d’une guerre permanente semée de trahisons, le voilà empereur de la planète Gorin. Mais lorsqu’un adversaire d’outre-espace survient, la difficulté de maintenir une cohésion entre tous ces peuples antagonistes se fait jour. Aric de la Térre est-il capable d’autre chose que de faire la guerre? Se coupant de tous ses proches, trahis, pourchassé par une bande de mercenaires, loin de la Terre, qu’espère t’il encore de la vie?

Résultat de recherche d'images pour "renato guedes manowar"Lorsque j’avais ouvert le très joli premier tome du reboot de X-O Manowar, j’avais cru avoir loupé un épisode expliquant ce que le héros faisait sur la planète Gorin. Il n’en est rien et dans les bonus de ce second tome les auteurs expliquent justement que l’objectif était de sortir Aric de son confort et le lecteur avec, de le placer dans un environnement totalement nouveau (mais guerrier…) afin d’explorer la psychologie du personnage. Sur ce plan la série est une vraie réussite et après les relations avec l’armure dont il est dépendant mais qu’il ne souhaite pas utiliser, sorte de voix intérieur de sa conscience, il doit affronter ses choix et le vide de sa vie. Rarement un héros aura été aussi malmené émotionnellement, jusqu’au bout du volume. Si je maintiens mes quelques regrets sur une série qui reste essentiellement axée sur la guerre rageuse (ce qui finit par devenir un peu redondant), le travail sur le personnage et la réflexion politique sur l’impossibilité d’imposer la paix par la guerre (ce qu’ont argumenté nombre de conquérants à travers l’Histoire) sont vraiment intéressants.

Résultat de recherche d'images pour "manowar clayton crain"Ce second volume démarre sur le même mode que le précédent, jusqu’à l’irruption des mercenaires, qui provoquent une vraie bouffée d’air. A la fois graphiquement par une bonne grosse claque de Renato Guedes, mais surtout car la section permet l’arrivée de personnages tout neufs, d’un univers très excitant loin de Gorin et de mettre enfin le héros en danger. L’intérêt est pleinement relancé et se poursuit jusqu’à la prise de conscience d’Aric que son destin n’est plus ici. On quitte donc l’action ininterrompue pour du fonds et un chemin qui nous donne soudait très envie de savoir comment va rebondir cette gueule cassée  au bord de la répression (on retrouve l’intérêt pour Bloodshot sur ce plan), avec notamment une conclusion très réussie et forme d’ouverture qui boucle cependant le cycle de Gorin. L’éditeur précise dans une fiche de lecture dont il est coutumier que la suite sera à lire dans le crossover Harbringer Wars 2 à paraître bientôt, avant un troisième volume de X-O Manowar. J’étais resté un peu sur ma faim dans le premier volume y compris sur un personnage que je trouvais un peu monolithique. Ce second tome relance vraiment la machine.

Le petit bémol que je mettrais est dans le graphisme. Paradoxalement, Clayton Crain, qui est capable du superbe sur Harbringer Wars, Dininity et sur pas mal de couvertures Valiant, peine ici clairement dans les scènes de bataille, fouillis et assez sombres, où sa technique numérique peine un peu en précision. A côté, Renato Guedes, dans une technique de peinture à l’eau peu évidente (proche du travail de Dustin Nguyen sur Descender) produit des planches magnifiques. Est-ce un manque d’intérêt ou une vraie limite de la technique de Crain, toujours est-il que ses planches sont les moins intéressantes. Contrairement au premier tome découpé entre deux illustrateurs au style très proche (et créant une vraie harmonie graphique), ici c’est plus divers, mais cela ne m’a pas dérangé. Tous sont très bons et si Guedes m’a énormément plu, Ariel Olivetti qui conclut l’histoire est une nouvelle énorme claque, une vraie révélation que je vais m’empresser de suivre! Résultat de recherche d'images pour "manowar olivetti"Dans une technique alliant dessin très précis et textures numériques discrètes proches du boulot de Reno sur Aquablue, l’argentin (tiens, est-ce que le secret de Valiant ne serait pas de faire appel à des dessinateurs non états-uniens?) fait exploser les rétines avec des séquences spatiales qui laissent pantois. J’espère vivement qu’il continuera son travail sur Manowar car sur ces planches on atteint clairement le top de ce qu’a produit Valiant jusqu’ici. Et comme je constate une montée graphique à chaque volume depuis l’an dernier, jusqu’où irons nous? J’ai beaucoup hésité à ajouter un quatrième Calvin à ma note en raison des planches de début d’album et d’un démarrage poussif, mais la clôture et la double révélation graphique justifient un 4 qui confirme que ce second album Manowar est meilleur que le premier.

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Le château des étoiles #11-12

BD du mercredi
BD d’Alex Alice
Rue de sèves (2018), cycle 2 « les chevaliers de Mars » épisodes 5/6 et 6/6.

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Le Château des étoiles achève son second cycle « les chevaliers de Mars » avec cette saison de prépublication en gazette (#10-11-12). Pour rappel, chaque cycle de cette série qui occupe Alex Alice (auteur du Troisième Testament et de Siegfried) depuis 2014 comporte deux albums reliés sortant à l’automne, chacun de ces albums étant prépubliés au printemps en trois gazettes. Des versions grand format des albums sont également publiées (… qui restent moins grands que le format journal ici chroniqué).

Séraphin a été abandonné « seul sur mars » et rencontre une étrange princesse qui lui parle par la pensée. S’ensuit une odyssée à la découverte des paysages de la planète rouge au fil des canaux en suspension. Le héros rencontrera différentes castes qui habitent la société martienne et les plans de conquête de l’astre par la puissance coloniale prussienne…

Si la lecture de séries album par album provoque plus ou moins de perte du fil, le redecoupage en épisodes accentue cela. Si les premières planches sur la planète rouge étaient un peu confuses, les deux derniers épisodes ramènent de l’action et des révélations qui vont comme depuis le début nous projeter vers la suite des aventures des chevaliers de l’Ether. Étonnant scénario d’Alice qui enchaîne ainsi ses cycles sans vraie rupture… jusqu’où?

Outre les habituels rédactionnels qui continuent de nous détailler les implications terriennes de la conquête de l’Ether ces épisodes introduisent un vrai intérêt sur l’ethnologique des peuples de Mars en transposant le phénomène qui a accompagné la colonisation au XIX° siècle dans un contexte du système solaire. L’idée est excellente! C’est le principe même de la Science-Fiction et, allié à l’élégance des dessins grands formats d’Alice c’est à une véritable exploration exotique que nous assistons. Le principal reproche que l’on pourrait faire à la série est celle d’en garder trop sous le coude, d’hésiter à se lâcher en révélant l’entièreté de la société et des technologies martiennes. Le processus fonctionne puisque le mystère attise la curiosité, mais les articles de la prépublication jouent beaucoup pour enrichir le hors champ et il faudra faire attention à ne pas trop tirer sur la corde au risque de lasser les lecteurs à mesure que la série s’allongera. Disons que le côté épique est peut-être ce qui manque à la série, toute accaparée qu’elle est à exploiter le genre littéraire d’aventure de Jules Verne et de l’époque en générale, très descriptive et sensitive.

Pour l’instant nous n’en sommes pas là et certains liens avec le premier cycle sont introduits, de manière à maintenir une colonne vertébrale et l’auteur sait proposer néanmoins des révélations qui nous laissent coi, tout préparés que nous sommes à un univers naïf, manichéen, romantique du XIX° siècle. Le design général est toujours superbe, proposant de jolies scènes avec la princesse ou le retour du méchant Gudden et toujours ces phénomènes incroyables jouant de la physique que nous connaissons.

Le Château des étoiles  est une série que l’on aime retrouver, avec ses défauts et ses forces et toujours un petit cœur battant pour cet auteur qui sait nous faire retrouver une âme d’enfant.

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Seven to Eternity #2

East and west

Comic de Rick Remender et Jerome Opena
Urban (2018), Ed US Image comics (2016), 2 vol parus

seven-to-eternity-tome-2Je vais aller droit au but sur les deux points négatifs de cet album: l’intervention d’un nouvel illustrateur sur les deux chapitres centraux de l’album (de qualité très moyenne) et la maigreur des bonus proposés au regard des superbes couvertures originales (qu’Urban a choisi de détourer alors que la version US était mise en page au format affiche de cinéma) et des interviews et croquis du t1. Les couvertures alternatives en fin d’album ne compensent pas vraiment ce manque.

Ceci étant dit, parlons de l’album et de la suite du périple des Mosak après leur enlèvement du Roi Fange (la critique du premier tome est ici). Comme je l’avais expliqué, l’univers est touffu, le nombre de concepts très important, mais puisqu’on est dans le second volume ce contexte nous est désormais un peu plus familier. Nous reprenons le voyage alors que des morts ont eu lieu dans la communauté et qu’Adam Osidis est suspecté de vouloir se soumettre au Maître des murmures pour sauver sa vie (il est très malade). Très vite ils sont attaqués et seront contraints de se séparer et c’est bien l’objet de ce volume pour le scénariste (qui semble construire son intrigue un peu comme dans LOW, avec séparation en plusieurs récits parallèles): les trahisons ou suspicions de trahisons au sein de cette « famille » comme Gobelin aimerait la voir.

Résultat de recherche d'images pour "seven to eternity trahison"Le design général est toujours aussi puissant et si le scénario prends plus de temps et propose moins de pages démentielles que l’introduction, la relation avec Garils, le maître des murmures, est centrale et absolument fascinante. Ce colosse sème le doute avec une telle subtilité que le lecteur n’a absolument aucun moyen de savoir s’il est sincère ou manipule les autres. Sans doute un peu des deux et c’est ce qui en fait un méchant incroyable. Avec Seven to eternity Remender est en train d’inventer un nouveau concept: l’anti-méchant, pendant du anti-héros et auquel on tendrait à s’attacher!

Nouveau concept de ce volume, le marais, sorte de monde parallèle omniprésent qui peut corrompre l’âme de ceux qui s’y sont physiquement noyés. Via ce « personnage » les auteurs développent le background sans non plus en dévoiler beaucoup. La lecture reste exigeante et demande de la concentration tant on ne nous fais pas beaucoup de cadeaux explicatifs. Mais les réponses viennent plus loin.

Résultat de recherche d'images pour "seven to eternity harren"Par certains éléments on revient vers une fantasy plus classique (le village des elfes ailés, proches de la nature) et des thèmes récurrents chez Remender (l’écologie), qui font un peu perdre de l’originalité. Ces passages correspondent aux deux sections centrales dessinées par James Harren et c’est là que le bas blesse. Malheureusement situées en plein cœur du récit, qui plus est avec plusieurs scènes d’action importantes, ce graphisme vraiment pas terrible brise la lecture à la fois thématiquement et quand à l’immersion dans cet univers fantastique. La section finale dessinée par Opena et mettant en face Osidis et ses choix est très puissante et permet de revenir dans l’histoire mais cette rupture de milieu d’album est dommageable sur le plaisir global. J’espère vraiment que cette incursion n’est que passagère et que Opena réalisera l’entièreté du prochain album (à paraître cet été aux Etats-Unis). Du coup je retire un « calvin » à la note du premier tome, sur une série qui reste néanmoins majeure.

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Ajin, semi-humain #1

East and west

Manga de Tsuina Miura et Gamon Sakurai
Glénat (2015) – ed. japonaise Kodansha (2012). 228 p., 11 volumes parus (série en cours).

couv_250672Les couvertures des albums (assez ternes mais très homogènes) m’avaient attiré l’œil et j’avais mis ce titre de côté (je lis peu de manga et j’essaye de sélectionner vraiment la qualité). A l’occasion d’une critique pour Iznéo j’ai sauté le pas et c’est une excellente surprise. D’abord par la rapidité de l’introduction: en moins de 10 pages l’on sait qu’il y a sur terre des Ajin, humains ressuscités que les Etats tentent de récupérer afin de les étudier. Le Japon en a trois et fait des expériences barbares sur eux. Un jeune lycéen perd la vie et se révèle un Ajin, désormais en fuite avec l’aide de son ami d’enfance…

Alors que nombre de BD et de Manga mettent plusieurs volumes à faire durer le suspens, rarement une série m’avait aussi rapidement et pédagogiquement immergé dans son background. Le premier volume nous a déjà installé dans une poursuite entre le héros, des agences gouvernementales, des factions d’Ajin, les pouvoirs que l’on découvre progressivement, etc. De même, les manga tournent souvent autour du seul japon; ici dès les premières pages l’on nous parle de cette course entre nations pour avoir ses Ajin et en découvrir les secrets. Le contexte de fonds est à la fois clairement révélé mais garde bien certains mystères évoqués. Le lecteur n’a pas la crainte d’une intrigue au long cours tant les événements et les informations s’enchaînent, sans aucune difficulté à les digérer. Je dois dire que par ce traitement à la fois frontal, conspirationniste et à la divulgation d’info maîtrisée me fait fortement penser à X-files. Les auteurs ne tournent pas autour du pot puisque le lecteur connaît le pitch. Celui-ci est donc balancé en quelques planches pour s’attaquer directement au développement de l’intrigue. Je trouve ça super agréable!

 

Résultat de recherche d'images pour "ajin tome 1"Ajin nous présente donc une intrigue classique mais que personnellement j’adore: certains humains ressuscitent et se trouvent dotés de pouvoirs. L’on comprend que loin d’être un petit nombre, beaucoup n’ont pas été repérés par les autorités et s’organisent dans l’ombre d’une guerre entre factions dans une guerre occulte. La réflexion sur l’attitude des humains qui ne cherchent que gloire et argent en « attrapant un Ajin » permet d’élever le manga au-dessus du simple fantastique. Très vite se pose la question de qui est humain et qui ne l’est pas, les actes rendent-ils humains, tout le monde n’est-il pas un Ajin en puissance?Résultat de recherche d'images pour "ajin tome 1"

Les dessins sont standards dans le genre manga mais plutôt de bon niveau, notamment au niveau des mouvements (peu étonnant vu le média). Je scrute régulièrement les séries manga à succès et suis rarement accroché par ce que j’en lis. Ici je comprends le succès de cette série qui sait se sortir de la masse des publications. Si vous aimez le fantastique et les conspirations cela devrait vous plaire.

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