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Dceased #2: dead planet

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Comic de Tom Taylor et Trévor Hairsine
Urban (2021) – (DC (2020), one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Urban pour leur confiance!

Publié sous le titre Dceased 2 par Urban, ce volume rassemble les épisodes de Dceased: Dead Planet. Après les épisodes intercalaires (très dispensables) Unkillable et A Hope at world’s end, nous voyons revenir l’équipe créative initiale pour la véritable suite et fin de la saga de l’anti-vie.

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Tout ce qui a commencé doit finir, dit-on. Après s’être fait connaître sur la très grosse série Injustice (dont le dernier tome de l’Intégrale sort cette semaine également), Tom Taylor avait repris sa recette éprouvée sur une variation zombie dans le premier Dceased qui proposait un franc rafraîchissement dans l’univers scans_daily | DCeased: Dead Planet #1planplan de la Justice League. Si le premier tome marquait à nouveau par la liberté très gonflée de Taylor dans le destin définitif des héros, la nécessité de conclure son histoire était un très gros risque de revenir dans la normalité lassante de l’éditeur DC. La question de la réversibilité des décisions scénaristique se posait et je ne vais pas prendre plus de temps pour vous confirmer qu’elle est maintenue! Habitués au Multivers et autres renaissances, préparez-vous, chez Taylor les morts le sont définitivement et sans tabou! La grande force de cette série est donc assumée en s’autorisant à tuer les plus grands héros de la Terre (voir de l’Univers). C’est du reste logique à compter du moment où la mécanique même de Dceased repose (un peu comme dans GOT, toujours lui) sur l’alternance régulière de morts inconcevables. Sur ce point (ainsi que sur les dessins toujours présents sous la talentueuse plume de Trevor Hairsine) le contrat est rempli et le plaisir toujours là.

Malheureusement, outre l’idée d’un happy end incongru, le cahier des charge éditorial revient s’imposer sur ce second volume avec une migration vers les Teen Titans, ligne générale de la plupart des publications DC depuis quelques temps. La pirouette permet aux figures héroïques de ne pas disparaître totalement malgré la mort de leurs porteurs avec les fistons Wayne et El qui prennent la suite de leurs papa (je ne parle pas du Green Lantern dont l’anneau peut choisir un porteur à tout moment). L’intrigue suit donc un retour des héros sur Terre pour chercher un antidote à l’anti-vie. L’idée est clairement bof et casse beaucoup l’atmosphère « je casse mes DCeased: Dead Planet (2020-) Chapter 2 - Page 18jouets » si jouissive précédemment. Très axé sur l’univers de la magie et l’inénarrable John Constantine (le gros point fort de l’album, comme dans toutes les publi où il intervient!), ceux qui ont lu Injustice retrouveront les mêmes ficelles qui, même si elles sont plutôt amusantes, reprennent là encore les défauts de la plupart des publi DC avec une ribambelle de créatures immortelles, défiant les lois de la Nature, et pourtant à mettre au tapis par de simples bourre-pifs… magiques. La toute puissance de Constantine est heureusement compensée par ses réparties toujours drôles.

N’évitant pas quelques étranges blancs dans la continuité des intrigues secondaires qui laissent imaginer des résolutions dans des publications annexes (que deviennent Darkseid et les Néo-dieux?), finissant un peu facilement face à des méchants franchement ridicules, Dceased 2 est donc clairement un ton en-dessous de son prédécesseur. Pourtant malgré le carcan commercial qui le contraint, Tom Taylor reste un des scénaristes américains les plus intéressants dans le genre superslip. Appuyé sur une très belle création graphique il permet de savourer cet album comme une sympathique récréation en pouce café. Dceased aurait clairement pu s’arrêter à la fin du premier tome. Le second n’est pas honteux pour autant.

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Dceased

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Comic de Tom Taylor et Trévor Hairsine
Urban (2020) – (DC (2019), one-shot.

L’album est siglé au symbole de Darkseid (Omega), le grand méchant de l’univers DC. Un texte introductif explique la démarche créative de Tom Taylor et Trevor Hairsine. Chacun des six chapitres présente comme d’habitude la couverture original de l’issue et une grosse galerie de vingt-six cover alternatives !! est proposée en fin d’ouvrage. Édition très correcte donc avec une démarche particulière de DC puisque je ne suis pas certain qu’une précédente publication ait vu autant de cover variantes notamment sur l’édition classique qu’Urban propose en quatre versions (Batman, Joker, Wonder Woman et Superman). Une édition spéciale Angoulême a été tirée en quatre autres versions. Étrangement ces huit cover ne sont pas inclues dans la galerie finale.

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Darseid est parvenu à ses fins en résolvant l’équation d’anti-vie… qui se retrouve lâchée sur Terre et propagée via les réseaux informatiques. Coupés de leurs moyens de communication les héros tentent difficilement de contrer l’apocalypse qui menace…

MYSTERY COMICS: DCEASED #1, de Tom Taylor, Trevor Hairsine et ...Toujours méfiant à l’arrivée d’une nouvelle mini-série chez DC, les premiers échos de lecteurs étaient plutôt bons, et le fait que Trevor Hairsine (que j’ai découvert sur Divinity et d’autres titres Valiant) soit sur toute la partie graphique était plutôt bon signe. En commençant ma lecture je n’avais pas repéré que le titre était écrit par Tom Taylor, celui qui me bluffe à chaque épisode depuis que j’ai commencé Injustice! Avec un dessinateur venu du catalogue Valiant, bien moins formaté et plus « adulte » que le Big Two et l’auteur du comic de Super-héros le plus gonflé lu depuis longtemps, il n’est pas surprenant que Dceased soit une bonne claque qui rafraîchit (… si je puis dire en parlant de Zombies…) le genre et surtout l’ambition scénaristique.

Pour ceux qui ne connaissent pas Injustice, le concept est en gros de transposer le choc nécrologique d’un Game of Thrones sur la Justice League. Taylor reprend ce concept avec la propagation du virus à vitesse grand-V en tuant les uns après les autres un certain nombre de héros, sans aucune possibilité de savoir si les plus connus seront épargnés. A la différence de Injustice où la longueur nécessite de préserver certains héros et méchants, ici s’agissant d’un one-shot la liberté est totale. Et je dois dire que le morceau est sacrément gonflé si bien que jusqu’à la dernière page on se demande jusqu’où iront les auteurs…

MYSTERY COMICS: DCEASED #6, de Tom Taylor et Trevor Hairsine avec ...Reprenant les principes très codifiés des histoires de zombies (le rassemblement de survivants dans des îlots après que différentes tentatives aient échoué), Dceased est un peu plus qu’une récréation pour dessinateurs, le jeu de massacre sans lendemains que prévoyait le concept. En dynamitant certaines règles induites par le genre super-héroïque (en gros, on peut faire souffrir les héros mais tout doit être réversible), Taylor donne soudain une ambition nouvelle à son ouvrage… dont la fin vous laissera sonné. L’épisode intercalaire (qui n’est pas dessiné par Hairsine) rassemble un certain nombre de ce qu’il y a de plus foutraque chez DC mais cela permet de laisser un petit espoir… qui arrivera sans doute dans la suite annoncée.

La partie graphique est superbe, tant dans l’encrage, le dessin et les couleurs. L’anglais déjà très bon sur Divinity parvient à rester fidèle aux personnages DC  en donnant par son style une épaisseur aux dessins apocalyptiques. Et il était loin d’être évident de parvenir à ne pas tomber dans la monotonie de villes dévastées, de corps enragés et de sang à tous les étages. De la première à la dernière planche les dessins sont un régal.

Publié sous la forme d’une mini-série, Dceased se prolonge ainsi dès cet été avec le spin-off Unkillable centré sur les méchants. Aux Etats-Unis une véritable saga s’annonce puisque Hope at world’s End  (avec le dessinateur de Descender aux crayons) et la suite véritable du présent volume, Dead planet, ont commencé leurs publications (avec Hairsine toujours aux dessins). Le risque est grand de briser ainsi ce qui fait la force de cet album… gageons que Taylor ait suffisamment de liberté pour ne pas diluer déraisonnablement l’idée magnifique.

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Sushi & Baggles #33

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Excellente fournée Manga et Comics qui montre qu’il ne faut jamais désespérer de séries parfois mal embarquées et que les projets les plus improbables mènent parfois à de grandes choses…


  • Ex-Arm #11 (Hi-rock/Shin-Ya Komi/Delcourt) – 2020 série achevée en 14 volumes (Japon)

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badge numeriqueOn approche de la fin avec ce onzième tome où continue une action effrénée et un enchaînement de révélations. Je le répète, si cette série excellemment dessinée depuis le premier volume a un gros retard à l’allumage, dès le commencement de l’intrigue principale au tome 6 on se rapproche très fort du statut de digne successeur de Ghost in the ShellLa bataille finale a déjà commencé avec la disparition de la plupart des familles engagées dans le combat pour la possession de la dernière ex-arm. Confrontée à Alma, Minami se voit dans l’obligation d’assumer son rôle de flic, même si cela doit passer par l’élimination de son amie… Alors que l’arrivée de l’Ogre, ce cyborg à la puissance phénoménale est annoncée, la récupération d’Alma devient impérative pour éviter la destruction de tout le site. Seul Akira et sa puissance de Hacking peut pirater ce monstre via l’IA d’Alma. Alors que les Octopod déversent un déluge de feu qui menace de faire s’effondrer le stade, le propre frère de Minami s’apprête à révéler sa véritable puissance…

Quel plaisir de retrouver ce manga aux scènes d’action parfaites, d’une lisibilité, d’une élégance parfaites et aux thématiques enfin au niveau! Plus que trois tomes avant la conclusion… qui sera prolongée par une suite annoncée et un anime prévu pour cette année. Avec une durée très raisonnable il est vraiment temps de découvrir cette excellente série trop méconnue.

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  • Centaures #4 (Sumiyoshi/Glénat) – 2019, série finie en 4 volumes.

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Ce quatrième volume achève (déjà!!) une série qui se classe nettement dans le très haut panier des mangas publiés depuis pas mal d’années. Pour une première publication, ce double diptyque s’avère d’une maturité impressionnante tant par des dessins qui visent à rappeler l’estampe que par l’ambition du découpage et des thématiques utilisées. Pour rappel les deux premiers volumes narrent la résistance du colosse Matsukaze dans un monde qui persécute et mets en esclavage les centaures. L’auteur avait prévu d’achever son récit sur une note sombre au bout de deux volumes mais devant la qualité du récit un second cycle a été lancé qui s’achève avec cet opus. Après avoir découvert que la guerre était finie et qu’humains et centaures apprenaient désormais à vivre ensemble, le fils de Matsukaze dont le père a fait promettre de se battre jusqu’à la fin des persécutions, se retrouve démuni face à ce nouveau monde et la nécessité du pardon. Le dernier tome nous montre Gonta employé pour transporter des bois sur un chantier commun aux deux Centaures tome 4 - BDfugue.comespèces. Là il trouve un amour qu’il ne sait assumer… Elevé en guerrier, aux habitudes très éloignées de la civilisation humaine, de très nombreux questionnements se bousculent dans sa tête, l’empêchant d’envisager une vie paisible et amoureuse qui lui tend pourtant les bras. Le pardon pour les souffrances infligées par les humains, le renoncement au mode de vie ancien (faut-il porter le kimono, présenté comme civilisé par la nouvelle société ou continuer à se promener la croupe à l’air comme toujours?), l’oubli du père en abandonnant son combat, la liberté individuelle de Tanikaze contre la prédestination, sont autant de thématiques très riches abordées dans ce seul et dernier tome d’une série construite comme deux faces, un premier cycle très dur posant la résistance contre une espèce humaine impitoyable et un second beaucoup plus posé, renvoyant les personnages au passé. Imprévue et subtile, cette construction prends tout son sens dans une conclusion potentiellement ouverte et aussi réussie que l’ensemble de la série. Une série majeure assurément!

Et Glénat annonce déjà la parution du dernier manga (Ashidaka) de cet autrice très talentueuse!

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  • Injustice, les dieux sont parmi nous – Année 1, 2° partie (Taylor/Collectif/Urban) – 2015

badge numeriquecouv_236040Je m’étais pris une grosse claque inattendue en janvier avec ma lecture de la première partie de l’année 1 de cette série. Fort heureusement à partir de l’année 2 de vraies couvertures de comics avec des dessinateurs plus classiques apparaissent et c’est tant mieux… Doté de dessins un peu moins réussis que précédemment, le scénario monte encore d’un cran dans cette fuite annoncée vers le totalitarisme d’un Superman qui a brisé ses chaînes morales. Si la première partie se structurait autour de la constitution de deux camps, la rupture est désormais rompue avec l’équipe du Chevalier noir quand l’Homme d’Acier commet son premier meurtre sur un super-héro… et pas le dernier! Tom Taylor réalise ici ce que personnellement je n’ai vu que dans Watchmen, une déconstruction totale des personnages iconiques, en supprimant tout le vernis éditorial d’autocensure posé jusqu’ici par la horde d’auteurs qui se sont succédé sans jamais oser passer à l’acte. Dans Red Son Superman abordait le rôle de méchant mais avec le soutien de son gouvernement, la dystopie créant une simple bascule d’Ouest en Est. Beaucoup plus ambitieuse la série dirigée par Taylor dit toutes les facettes psychanalytiques sombres des héros, Superman comme Batman, Wonder Woman comme Green Arrow. Tout cet habillage bien pensant auquel on n’a jamais cru, ces bourres-pifs menant les méchants en prison, bref, toute la règle posée par le Comic Code Authority et jamais vraiment démentie jusqu’ici est mise par terre pour nous proposer l’un des premiers récits adultes de super-héros chez DC.

Les seuls bémols que je mettrais sont l’irruption totalement WTF (et franchement mauvais goût) de Lobo, quelques dessins assez médiocres et quelques passages qui semblent rattachés à d’autres volumes et qui paraissent ici un peu perdus dans la trame scénaristique. Pour le reste Injustice est au bout de cette première « année » la meilleure chose que j’ai lu chez le Big Two depuis bien longtemps!

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