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Les Géants #3: Bora et Leap

Troisième tome de 48 pages de la série écrite par Lylian, dessinée par Luisa Russo. Parution le 16/06/21 aux éditions Glénat. Encore trois autres tomes à paraître.

bsic journalism

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Si les pierres pouvaient parler

Depuis quelques temps, la planète donne à ses habitants des signaux de détresse, qui laissent nous prouvent chaque jour un peu plus l’impact négatif de l’Homme sur la nature. Alors que la crise se fait de plus en plus pressante, d’étranges créatures ont fait leur apparition, semble-t-il réveillées par des enfants aux dons extraordinaires.

Ainsi, Erin a-t-elle découvert son lien symbiotique avec Yrso, un géant élémentaire pouvant commander au règne végétal. Peu de temps après, ce sont les dons de Siegfried qui se sont éveillés, et ont fait sortir Adryel, géant des eaux, de sa torpeur. Pendant ce temps, la méga corporation Crossland a fait une découverte sensationnelle dans les glaces polaires: Alyphar, un autre géant énigmatique dont les réelles capacités sont encore inconnues.

Difficile à contrôler, et sans doute attiré irrésistiblement vers ses ennemis naturels, Alyphar s’est échappé et a été stoppé de justesse par l’intervention d’Yrso, Erin, Adryel et Siegfried. Toutefois, Alyphar n’a pas encore atteint son plein potentiel, et lorsqu’il le fera, deux géants et leurs jeunes compagnons ne suffiront pas à l’arrêter.

Alors que le reste du monde s’émerveille ou s’inquiète de ces nouveaux protecteurs, Bora et Leap, deux jumeaux cambodgiens, survivent tant bien que mal dans les rues de Siam Reap. Obligés de mendier pour vivre, ils subissent au quotidien les brimades des passants sans oublier le courroux alcoolisé de leur père.

Leap, douce et sage de nature, évoque régulièrement ses conversations avec les pierres du vieux temple, au grand désespoir de son frère Bora, qui, plus pragmatique, pense que sa sœur affabule afin de fuir leur dure réalité. La dure réalité, c’est plutôt Bora qui devra la digérer, lorsqu’il se retrouvera face à Kyma, une géante de pierre de 8 mètres de haut et pesant 45 tonnes.

Pierre qui roule n’amasse pas mousse

La série jeunesse initiée par Lylian, à qui l’on doit Titouan, Méto, la Famille Fantastique ou encore La Quête d’Ewilan, poursuit son bonhomme de chemin et parvient ainsi à la moitié de son cycle, avec cette fois un changement de dessinateur. La formule reste globalement inchangée, à savoir de jeunes protagonistes au quotidien étouffé par une problématique (Erin était orpheline et isolée, Siegfried était paraplégique et isolé, Bora et Leap vivent dans la misère et la violence) vont s’émanciper grâce à leur ami géant, tout en devant faire face à la convoitise d’une méga corporation qui agit dans l’ombre en ignorant les lois et en manipulant l’opinion publique.

Le thème de la « Mega Corp » est assez répandu dans les récits de genre (on peut citer de mémoire la Weyland-Wutani, OCP, la Tyrell Corp, la Zorg Corporation, Cyberdine, la Fédération du Commerce, etc), et sert souvent à critiquer le monde moderne et ses dérives en offrant une vision dystopique, et souvent à peine exagérée, dans lesquelles ces puissantes entités régissent l’ensemble du monde grâce à leur pouvoir économique, guidées le plus souvent par l’avidité.

Rien de bien neuf ici, donc, cependant il faut constater que c’est un bon moyen de mettre en lumière la thématique écologique sous-tendue par la série. Pour le moment, en revanche, le discours reste assez manichéen dans son ensemble, d’une part par le biais d’un méchant Crossland aux motivations floues, qui se fiche du devenir du monde et tente de contrôler l’incontrôlable personnification du chaos, et d’autre part à travers l’optimisme et la sagesse de ces enfants, à qui tout arrive mais qui arrivent à tout par la force de leur conviction et grâce à leur symbiose avec leurs amis géants.

Point positif, cet album, à défaut de joutes dantesques entre géants, nous éclaire tout de même sur les origines et motivations de ces formidables créatures, approfondissant ainsi la richesse de l’univers mis en place par Lylian.

Un série jeunesse agréable à poursuivre, dont les attraits principaux sont son discours écologique et ses protagonistes attachants.

***·Comics·East & West

Venom vs Toxine: la nuit des tueurs de symbiotes

Recueil de 112 pages de la série Venom, écrite pour Marvel Comics par Cullen Bunn et dessinée par Declan Shalvey. Contient les épisodes 31 à 35 de la série, parution en France chez Panini Comics le 02-01-2019 dans sa collection Marvel Dark

Jamais sans mon hôte

Les fans du spider-verse le savent bien, l’histoire de Venom est pleine de circonvolutions et de coups de théâtres en tous genres, mais elle finit toujours par revenir à ses fondamentaux: la relation particulière qui unit l’entité extra-terrestre à son hôte le plus fameux, Eddie Brock

Ramené sur Terre par Peter Parker à l’issue des premières guerres secrètes, l’être symbiotique Venom, rejeté par son hôte arachnéen, a fini par se lier à Eddie Brock, ancien reporter amer et revanchard ayant une dent contre le Tisseur. De cette terrible union est née l’un des adversaires les plus coriaces de Spider-Man, qui n’aura de cesse de le pourchasser tout en clamant être lui-même le « protecteur létal » des rues new-yorkaises. Doté d’un sens de l’honneur qui lui est propre, le duo infernal a traversé bien des épreuves, jusqu’à ce que le symbiote décide de quitter son hôte malade pour se trouver une nouvelle marionnette humaine. 

Laissant Brock lutter seul contre son cancer, Venom a choisi de se lier à Mc Gargan, autre adversaire du Tisseur précédemment connu comme étant le Scorpion. Enrôlé parmi les Sinistres Douze puis les Thunderbolts, le duo Gargan/Venom durera quelques années, jusqu’à une nouvelles séparation. Sous contrôle gouvernemental, le symbiote sera confié à nul autre que Eugene Flash Thompson, ancien camarade de classe de Peter Parker et vétéran de guerre… 

Entre temps, Brock, lui aura touché le fond avant de remonter la pente. Devenu l’Anti-Venom (je vous passe les détails de cette transformation), puis le nouveau Toxin, Brock s’est lancé dans une croisade visant à débarrasser le monde des parasites extra-terrestres, ce qui inclue son ancien partenaire Venom. Qui que soit le nouvel hôte, aussi bon soit-il, Brock l’a décidé: Venom doit mourir ! 

Bienvenue à Philadelphie

Flash, après quelques aventures mouvementées qui lui ont montré les limites du contrôle qu’il pensait exercer sur le symbiote, décide de prendre un nouveau départ en s’installant à Philadelphie, ville apparemment sans super-héros. Alors qu’il peine à s’acclimater à sa nouvelle vie, Flash/Venom va devoir faire face à la fois à une nouvelle créature hostile, et à un ennemi déjà connu, Brock. Comment notre héros va-t-il s’en sortir face à ces menaces conjuguées ?

Débutée en 2011, la série Venom a été étonnamment bien menée. Centrée sur un duo improbable (qui aurait imaginé Flash Thompson, le bully qui martyrisait Peter Parker, en super-héros ?), elle a su mettre en lumière ces seconds couteaux en exploitant de façon opportune le lore finalement assez méconnu des symbiotes.

La rédemption de Flash est donc plutôt crédible, de brute à soldat pour finir en vétéran mutilé. Un héros sympathique, des pouvoirs difficiles à contrôler, il n’en faut pas beaucoup plus pour provoquer l’adhésion du lecteur. L’idée de l’opposer à Brock/Toxin est plutôt inspirée, Brock étant l’illustre partenaire du symbiote, et Toxin, sa progéniture. L’effet miroir fonctionne donc ici à plein, notamment grâce aux interactions entre les deux hôtes.

Les scènes d’action sont un réel plaisir, même si l’antagoniste extra-terrestre reste assez anecdotique. Les amateurs du personnage apprécieront ce numéro, qui pave la route au grand retour des symbiotes dans Venomverse et Absolute Carnage.

***·BD·Jeunesse·Nouveau !·Service Presse

Les Géants #1: Erin

bsic journalism

Premier tome de 45 pages d’une série en 6 tomes, écrite par Lylian et dessinée par Paul Drouin. Parution le 26/08/2020 aux éditions Glénat.

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Comme beaucoup de séries jeunesses, Glénat propose un joli habillage pour cet album avec titre gauffré, vernis sélectif en première et quatrième de couverture et une annonce des couvertures des six volumes dès le verso. L’intérieur de couverture présente les six géants avec mise en lumière de celui de l’album qui nous intéresse, un prologue très efficace avec une arrivée de la page de titre en cinémascope avant d’enchaîner sur l’intrigue. Entrée en matière efficace qui se conclut par six parques-page cartonnés très jolis et une page d’annonce du prochain tome. Édition très travaillés et très réussie. Pour une publication jeunesse je suis sur qu’une fiche de personnages en plus aurait été grandement appréciée par les jeunes lecteurs!

L’algarade des Titans

La jeune Erin traverse une période difficile. Seule survivante de l’accident qui coûta la vie à ses parents, elle a été recueillie par des membres de sa famille qui tentent, en vain bien sûr, d’apaiser ses tourments. Seule face à son chagrin, Erin se réfugie dans sa passion pour son jardin, et le lien particulier qu’elle entretient avec les plantes dont elle prend soin quotidiennement.

Alors qu’elle subit une fois de plus les brimades d’un groupe de brutes, la jeune écossaise se rend compte que son attachement pour la nature semble réciproque. En effet, lorsqu’elle s’enfuit dans la forêt, les arbres eux-mêmes s’interposent pour la protéger ! Ce n’est que peu de temps après qu’Erin fait la rencontre de Yrso, un géant élémentaire personnifiant la Nature, avec lequel elle nouera un étonnant lien de symbiose.

Pendant ce temps, au Groenland, les équipes du milliardaire Calvin Crossland mettent la main sur un autre Géant endormi sous la glace, dont la haute stature cache de biens noirs desseins.

Une fille et son Géant

Ce premier tome des Géants nous plonge sans préavis dans un univers fantastique construit sur un ton résolument balisé « jeunesse » mais possédant par ailleurs ses cotés sombres. La première lecture m’a évoqué

Erin - (Paul Drouin / Lylian) - Aventure-Action [LIBRAIRIE M'ENFIN, une  librairie du réseau Canal BD]

quelques références assez surprenantes: la scène des arbres protecteurs m’a rappelé une certaine scène du film La Nurse, tandis que l’introduction avec le monstre prisonnier de la glace fait penser au préquel de The Thing (l’horreur en moins). L’intervention d’une corporation anonyme et malveillante déterminée à séparer la protagoniste de son nouvel ami extraordinaire avec lequel elle a un lien unique, ce serait plutôt à E.T qu’on le doit. Quant au Géants eux-mêmes, ont pourrait les rapprocher des fameux Titans de la mythologie, mais également ceux de l’Attaque des Titans, par la façon qu’ils ont d’être « pilotés » par un humain enchâssé dans leur monumentale carcasse.

L’histoire de Lylian nous présente d’emblée une protagoniste sympathique et attachante. Cette sympathie est causée autant par le deuil qu’elle traverse que par la résilience dont elle tâche de faire preuve. Le reste de l’aventure révèle suffisamment d’informations pour accrocher le lecteur tout en conservant suffisamment de billes pour la suite. On aime quand les scénaristes ne prennent pas les jeunes lecteurs pour des idiots et construisent des histoires avec de vrais méchants et des ramifications inspirées des séries TV. La mise en scène fonctionne très bien en alternant les séquences intimistes avec la famille ou dans l’esprit du géant et les grosses actions déjà vues dans tous les gros blockbusters hollywoodiens. Avec une histoire qui avance vite, beaucoup de révélations, les auteurs sont généreux et l’on se demande comment cet album va se raccrocher aux enfants et aux géants des autres volumes sans nous perdre. Le package semble pourtant très solide (avec une parution rapprochée), une colorisation jeunesse efficace et des schémas bien rodés pour une série sur de bons rails pour devenir un succès de librairie.

Billet écrit à quatre mains par Dahaka et Blondin.

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