Comics·East & West·Manga

Sushi & Baggles #13

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  • Une livre de chair (Hickman/Cocker/Urban 2019) – Black monday murders #2/3

couv_360222Le tome 1 avait fait partie de mes coups de cœur de l’an dernier, véritable choc  proposant une revisitation originale de la cabale fantastique en prenant pour objet l’argent et les banques d’investissement qui organisent le capitalisme financier mondial. La grande réussite du premier volume reposait dans son aspect visuel (où la maquette importe autant que les dessins très forts de Cocker), sur l’insertion de documents textuels développant largement le background de cet univers et sur l’effort de concentration demandé pour attraper des bribes de liens, au sein d’une histoire somme toutes assez linéaire. Je dirais que le volume deux perds un peu de cette nouveauté, de ce mystère en dévoilant un peu trop à mon goût la réalité fantastique de la Caïna-Kankrin. Avec quelques facilités scénaristiques qui raccourcissent fortement l’intrigue on perds un peu du charme pour revenir à une excellente BD mais qui se démarque du coup moins des séries proches. La richesse de cet univers reste néanmoins très grande et le talent des auteurs respire de chaque page. Ayant lu dernièrement Lazarus, dont le traitement hyper-réaliste et mystérieux à la fois est assez proche, je place clairement Black Monday murders au dessus, en espérant que le dernier volume (qui aura un peu de retard car sa parution n’a pas commencé aux Etats-Unis) retrouve le charme noir des débuts.

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  • Démon #2-4 (Shiga/Cambourakis)

couv_349890Jimmy est toujours poursuivi par les services secrets à qui il échappe assez facilement. Lorsqu’il découvre que sa fille est également un démon, il se retrouve plus vulnérable et fomente des plans pour la récupérer et éliminer l’agent qui le poursuit. Dans le tome 2 on en apprend beaucoup sur l’origine des démons et le fonctionnement du passage d’un corps à un autre (une sorte de « physique » démoniaque…). Sans oublier les jeux de problèmes sur lesquels s’éclate l’auteur, on est surpris de voir un contexte développé alors que la série démarrait surtout sur un concept absurde et gore. Dans le tome 3, après quelques longueurs décrivant la vie immortelle de Yee et sa fille, le rebondissement au tiers de l’album enchaîne sur l’une des course-poursuite les plus folles qui ait jamais été inventée (… et qui donne furieusement envie qu’un dingue propose une adaptation ciné qui enverrait sans doute Deadpoole au rayon des bleuettes disneyennes!) et s’achève sur un challenge imposé par l’adversaire du duo, immorale en diable et qui vous mettra un sourire de plaisir coupable jusqu’à l’occiput… Le tome 4 déroule l’attaque finale contre la base dont la défense vous aura déjà fait passablement marrer: des forces-spéciales unijambistes, des siamois, une armée de démons… et toujours des idées toutes plus farfelues pour contourner les problèmes dans ces paradigmes aberrants de la réincarnation immédiate.

A noter que, sortie après le manga Ajin (auquel il reprend beaucoup de l’idée « et si on était immortel »), la BD de Jason Shiga s’en inspire sans aucun doute en proposant une variation plus humoristique. Un coup de cœur immédiat et un des « top délire » de 2019!

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  • Sun-ken Rock #20-25

Couverture de Sun-Ken Rock -21- Tome 21Pfiouuu, enfin la conclusion de la saga mafieuse de Boichi, qui m’a fait passer par toutes les étapes: sceptique sur le début, ébahissement visuel sur tout un tas de séquences, ridicule vulgaire sur un gros arc et limites porno sur pas mal de séquences… Pour rappel mon dernier billet sur la série remonte à janvier avec la fin du combat contre Ban Phuong.

Après les révélations sur le rôle du clan du père de Yumin, fidèle à lui-même Ken abandonne le clan à son ami Tae-soo qui croit nécessaire d’assumer le fonctionnement criminel du clan, devenu la plus grosse organisation criminelle de Corée, rendu par là même visible aux yeux du Clan du dragon blanc. L’affrontement se prépare alors que ce dernier décide d’éliminer la Sun-Ken Rock et de prendre le contrôle de la Corée. Las, Ken décide de passer à l’action pour protéger ses amis et conclue enfin avec Yumin lors d’une soirée d’amour moins vulgaire que d’autres séquences de sexe du manga mais tout aussi explicite. L’affrontement final se déroulera dans le building de Busan où le parrain du Clan a posé ses valises.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"La conclusion de Sun-Ken Rock est à l’image de tout le manga. Totalement sidérant de virtuosité graphique (Boichi est clairement l’un des tout meilleurs dessinateurs japonais), de chorégraphie des combats (l’affrontement au sabre de Yumin est magnifique), lénifiant de blablas interminables, très drôle quand il décale les séquences et tout à fait lourdingue par ses plans prolongés et récurrents sur l’entre-jambe des filles et ses délires SM. Arrivé au terme, je conseille aux lecteurs de démarrer simplement au tome 16 avec l’affrontement contre le gang de Ban-Phuong pour vous éviter ainsi les arcs inutiles sur la chanson et les interminables débilités et cours culinaires.

La série se termine de façon incompréhensible avec plusieurs courts prolongements entrecoupés de sauts temporels, comme si Boichi avait prévu d’autres arcs mais n’avais pas souhaité y passer encore Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"plusieurs années. Enfin, on voit intervenir Wallman… La très bonne série dérivée est sortie en 2013, Sun-Ken Rock se termine en 2016 et reprends donc les personnages créés trois ans plus tôt. Contrairement à ce que je disais, peu de chance donc de voir une suite à Wallman

Sun-Ken Rock reste donc une série très imparfaite, truffée de bonnes idées, de flamboyances visuelles de la part d’un homme au talent incroyable. Gageons que s’il choisit dans la suite de sa carrière de s’allier avec des scénaristes cela bridera ses mauvaises idées et fan-service éhonté. La série vaut néanmoins le coup pour ces moments de combat incomparables pour peu que vous preniez des raccourcis. A bon entendeur, salut Ken!

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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans un prochain billet manga.

 

Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.

 

Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.

 

Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait pensé aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…

Manga

Manga en vrac #4

  • Radian #9

Résultat de recherche d'images pour "radiant 9 valente"La guerre fait rage en Cyfandir: la situation est plus désespérée que jamais, l’alliance entre les barons marchands et l’Inquisition ayant bloqué toute utilisation du Fantasia et donc toute protection aux chevaliers-sorciers. La défaite semble inexorable pour la reine Boadicée qui tente une charge désespérée contre les puissants Thaumaturges… ces derniers n’ont pourtant pas livré toute l’étendue de leur puissance. Ce volume est « l’Empire contre-attaque » de la série de Tony Valente! La convergence des forces de ce vaste et mystérieux univers magique donne lieu à une magnifique bataille épique au possible, faite de désespoir, de trahisons et de l’héroïsme forcené de set et ses alliés. L’originalité des pouvoirs est toujours aussi grande et on est immergé comme jamais (j’avais trouvé la première bataille de Rumble Town un peu brouillon) dans l’action avec mille interventions et rebondissements. L’équilibre entre action/histoire/Humour est toujours aussi réglé. Du très très bon manga!


  • Green blood #1-2:

Résultat de recherche d'images pour "green blood manga"Ce manga en cinq volumes propose de découvrir (un peu à la manière du Gangs of New-York de Scorsese) la préhistoire de la Grosse pomme: une ville boueuse où arrivent par bateaux des hordes d’immigrants crève la faim et prêts à tour pour survivre. Un sous-prolétariat qui va permettre l’essor d’un capitalisme débridé… Dans le manga, le « green blood » est le sang irlandais, basse couche de ce prolétariat, localisé aux Five points, quartier où règlent les gangs sur les bordels et toute l’activité économique. Le Grim Reaper est le tueur du gang des Grave Diggers. Il travaille la nuit pour récolter l’argent qui lui permettra d’échapper à cette misère avec son jeune frère. Cette double vie et les mensonges qui l’accompagne vont faciliter la tâche à ses adversaires… Ce manga a le grand mérite de nous proposer un propos assez politique sur une période mal connue. Dans les premiers volumes la couleur western est assez ténue pour prendre plus la forme d’un polar noire, très noir, ne serai-ce que par le graphisme qui semble sorti d’un film d’horreur, avec des rictus absolument atroces et une violence crue et sans détour.


  • Sun-Ken Rock #14-16:

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock 16"Le combat contre le groupe de Ban-Phuong, téléguidé par le gang yakuzas du dragon blanc dirigé par le père de Yumin… commence. Réfugié dans une tour désaffectée (a l’aspect d’un donjon) le gang semble imbattable. A différents niveaux les membres de la sun-ken rock affrontent un adversaire doté d’une technique spécifique.

Comme lors du précédent combat majeur dans l’hôtel, le manga s’oriente vers un format jeu vidéo avec des niveaux et des boss dotés d’une technique particulière. Étant donnée le côté manichéen de l’intrigue ce que le lecteur attend c’est bien cette mise en scène optimale des combats dans un décors tragique et barbare de ruines urbaines. La série Sun-ken Rock a des hauts et des bas, mais depuis l’épisode 14 l’on sent que l’on rentre dans le dur, la couenne: l’affrontement final pour le leadership en Corée. Le graphisme se fait très sombre, les cases s’élargissent pour des combats furieux dans des décors décadents. Du coup on enchaîne les pages et les volumes sans temps mort et avec quelques retours de l’humour lourdingue mais sympathique de l’auteur. Enfin!

 

East & West·Manga·Rapidos

Manga en vrac #3

East and west

Couverture de Radiant -7- Tome 7 Radiant#7: Seth se retrouve enfermé dans la forêt de Myr et s’y entraîne en compagnie du lutin qui lui révèle la nature du Fantasia et de l’Inquisition… Suite de l’arc chez les chevaliers-sorciers et qui oriente de plus en plus Radiant vers la fantasy écologique. Le personnage d’Ocoho prend de l’importance alors que Grimm a disparu… Comme pour la question des migrants dans le début de la série, la question de l’occupation de la terre par les hommes, de la cupidité du commerce (les barons marchands) et de la cohabitation avec la nature est assumée comme un sujet politique en phase avec la situation du monde réel. Radiant est pour cela un manga intelligent qui pose de vraies questions tout en restant ludique.

Radiant#8: La grande bataille de Cyfandir commence alors qu’on vient juste d’apprendre la conspiration des barons-marchands. Cet album semble une fin d’arc tant s’accumulent les révélations. La grande bataille est très impressionnante, le nombre de personnages conséquent et Tony Valente maîtrise parfaitement l’art d’en laisser sous le coude avec par exemple ces Thaumaturges dont on sait encore bien peu à dont chaque nouveau pouvoir semble plus puissant que le précédent… Visiblement Radiant est parti pour être une série longue puisque dans les échanges avec les lecteurs (en fin de chaque album) l’auteur semble confesser qu’il n’a encore abordé qu’une toute petite partie de l’univers de sa série. Tant mieux car tout ça est fort agréable à chaque tome! Et le tome 9 vient tout jute de sortir

Innocent #9: La première série Innocent se clôture d’étrange manière: reprenant à la césure du tome 8, l’histoire voit Charles-Henri remporter traitreusement son duel sur sa sœur pour la contraindre au mariage. On constatera qu’il est devenu la figure autoritaire et perverse de son père, gardien d’une lignée maudite mais que Marie-Joseph n’a pas dit son dernier mot en ayant parfaitement maîtrisé la situation des femmes et du pouvoir en cette fin de XVIII° siècle. Après des passages vraiment spéciaux inspirés des comédies musicales et des élucubrations sur la vie de cour autour de Marie-Antoinette, les auteurs nous redonnent envie sur la fin avec l’irruption d’une ancienne connaissance, idéaliste projetant d’ouvrir des écoles du peuple pour étendre les Lumières, accompagné d’une réflexion sur les régimes politiques en Occident. Il était temps, cette pourtant excellente série commençait à s’embourber dans les visions un peu farfelues des auteurs. Si la suite Innocent Rouge s’oriente vers la noirceur et la réflexion sociétale des premiers tomes je la lirais très volontiers.

Sun-ken rock #12: le volume s’ouvre sur la fin de la baston contre KG et enchaîne sur une dépucelage de la bande à Ken dans un bordel (ça faisait longtemps que le mangaka n’avait pas eu le loisir de dessiner des filles à poil). On enchaîne sur des histoires de cuisine puis sur l’intro du nouvel arc où la bande va s’engouffrer dans l’immobilier.

Encore un album à oublier. Je ne comprends pas ce qui amène Boichi à se perdre ainsi, loin de son histoire mafieuse ouverte il y a presque six volumes. Les lecteurs aiment SKR pour ses mafieux en costards poseurs, ses bastons dantesque et sa radicalité…

MANGA SUN-KEN ROCKSun-ken rock #13: les choses sérieuses commencent pour la Sun-Ken rock team avec l’arrivée d’une équipe d’assassins professionnels qui ont pour mission d’éliminer ces éléments gênants. Le colosse de la bande se retrouve à affronter un trio de tueurs redoutables. Ouf! ce qui me plaisait dans cette série reprends sur les chapeaux de roue après un peu trop de volumes dispensables. Le sens de l’action, du mouvement, la puissance des dessins de Boichi s’expriment dans les combats. Quelle matière dans ces visages hurlant de toutes leurs veines, appuyés par des traits insaisissables… J’espère que cela ne va plus s’arrêter et que l’auteur va arrêter avec ses délires culinaires ou sexuels…

Sun-ken rock #14: Tae-Soo  découvre que le soutien politique du gang (corrompu) est tombé et tente de savoir qui est derrière la menace alors que l’attitude de Ken fait vaciller la confiance de la Pioche. Alors que Tae-Soo planifie  une embuscade, le Boss prépare la contre-offensive pour montrer aux assassins mais aussi au Hakuryu-kai.

Mine de rien cette série construit à mesure des volumes une photographie sociale et politique de la Corée assez intéressante, avec l’histoire du pays avec ses voisins, la corruption politique, l’immobilier galopant… Étonnant manga avec ses côté vraiment « fan service » ou redondants (la bouffe…), caricaturaux et la noirceur de certaines séquences, la puissance des scènes d’action et la réflexion finalement assez ambitieuse.

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Sun-ken Rock 8# – 11#

East and westUn premier article sur la série a été publié sur le blog. Un deuxième en mode étape de lecture pour les épisodes 3 à 7. Je viens de découvrir l’existence du sous genre Manga Ecchi, qui correspondrait à de la BD érotique chez nous (contrairement au Hentaï qui est porno). C’est vrai que quand on regarde les critères de ce genre on est pas loin. Ceci dit, dans Dragonball il y a des saignements de nez et des petites culottes… Si j’ai bien saisi ça reste de la BD avec une intrigue et un intérêt autre (ici la baston et les histoires d’État et de lutte de pouvoirs), le sexe n’est pas l’objectif premier du manga comme pour le Hentaï. Si je cherche une BD franco-belge dans ce style j’imagine qu’on serait entre Murena, les Borgia (Manara-Jodo) et Druuna (que du A…).Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

L’épisode 8 voit, après un intermède en mode « n’importe quoi », la fine équipe de Ken débarquer en Italie pour rendre visite au Parrain ami du père de Tae-Soo.  Ils rentrent en Corée avec Benito, un « étalon » membré comme un cheval que le Parrain dote d’une mission secrète. Comme vous le voyez, on reste dans le registre sexuel même s’il y a moins de nichons que sur d’autres tomes.

Le volume 9 voit Ken engagé comme chauffeur d’une star de la chanson. Il se retrouve quasi-esclave du manager et soumis à la tentation de la jolie Sun. L’auteur semble avoir voulu explorer le monde des fans et du star-système coréen. Pas franchement convaincu par cet arcRésultat de recherche d'images pour "sun-ken rock volume 8"

Dans le volume 10 un groupe de chanteuses est recruté et mis sous l’aile de Ken qui doit les protéger de l’appétit sexuels du manager et qui va être très tenté par les mœurs très très  libérées des donzelles…

Le volume 11 raccroche avec les thématiques précédentes: mélange de corruption, de traite des femmes et de baston mafieuse. On revient dans la ligne qui fait l’intérêt de Sun-Ken Rock. A noter que le trait évolue vers quelque chose de plus éthéré, noir, moins manga-déconne. Et plus esthétique que jamais!

Pas franchement intéressant, cet arc se déroule sur 4 volumes et est surtout un prétexte pour des séquences de nu en mode « huile et t-shirt mouillé » en laissant de côté les bastons et l’affrontement avec le Hakuryû-kai. On dira que ça dénonce vaguement la domination sexuelle masculine (c’est d’actualité)… Après cet écart, la série reprend vraiment à partir du tome 12…

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Sun-ken Rock 3# – 7#

East and west

Un premier article sur la série a été publié sur le blog.

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La poursuite de la série (et le plaisir de lecteur) m’a donnée envie de prolonger le billet au cours de l’avancée, sorte de billet d’étape.

Si les deux premiers volumes n’ont rien d’exceptionnel tant au niveau du scénario que du dessin (mais donnent le ton sur le côté pas sérieux, très sexy et tente-sixième degré de l’humour), le manga commence à devenir véritablement intéressant à partir du volume 3 où Ken et sa bande suivent un entraînement hardcore auprès de moines-soldats du mont Ji-ri. Dans le volume 4 ils mettent à profit leurs nouvelles capacités physiques et de combattants en éliminant un gang de Séoul et en devenant les protecteurs du quartier.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"Le volume 5 marque un tournant tant graphique que scénaristique dans la série: Yumin explique qu’elle est la fille du premier chef Yakuza du Japon et l’on comprend aussitôt que cela sera le fil conducteur du reste du manga. C’est aussi l’occasion pour Boichi de s’envoler visuellement: des combats nocturnes, gunfights et katana, des gros plans et des pleines pages chorégraphiées… l’artiste se fait plaisir et nous fait plaisir! Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"La bascule est étonnante entre l’avant et l’après volume 5. A partir de là l’action ne s’arrête plus et on prend un vrai plaisir sur certaines cases ou pages. La maîtrise anatomique du coréen est impeccable et si ses visages empruntent légèrement à la tradition manga (des gros yeux) on sent une attraction sensible vers le réalisme avec une utilisation de traits hachurés qui cassent le côté industriel de l’impression manga et permettent un incroyable dynamisme sur les scènes d’action. La fureur marque beaucoup de dessins et cela pourra paraître trop à certains. Pourtant comme je l’avais dit dans le premier billet (mes premières impressions) on reste dans un genre codifié: le manga de baston mafieux, organisé sur le modèle du jeu vidéo avec niveaux (les chapitres du manga sont des « level ») et boss de fin. Tout est exagéré dans Sun-ken rock, des mafieux bourrins et graveleux aux filles se vautrant de tous leurs charmes aux pieds du héros.

Dans les volumes 6 et 7 s’engage une guerre pour la prise de l’Imperial Cacino afin de devenir le premier gang de Corée.

Résultat de recherche d'images pour "boichi sun-ken rock"Ce que j’apprécie notamment dans ce manga c’est sa radicalité et son absence de censure. Si beaucoup de manga et (tous) les comics de super-héros montrent les personnages (et les filles) dans des tenues hyper moulantes et suggestives mais « techniquement habillées », Boichi ne s’ennuie pas avec des cache-sexe: ses personnages sont hypertrophiés (hyper musculeux pour les garçons, hyper sexués pour les filles), beaucoup de scènes sont des excuses non voilées pour illustrer des scènes de cuisines ou des filles nues (étrange juxtaposition des deux mais c’est la réalité de ce manga). L’auteur semble un brin obsédé par la chose et très macho (attention, certaines scènes virent presque au Hentai… mais finalement pas plus que Manara), mais après tout c’est son manga et si l’image de la femme y est très chosifiée, celle de l’homme n’est pas franchement tendre: totalement poseurs, clichés mafioso et attitudes puériles systématiques, je ne suis pas sur que la gente masculine soit mieux traitée. L’envie graphique de Boichi est évidente et je crois qu’il ne faut pas se poser plus de questions que cela.

Résultat de recherche d'images pour "sun-ken rock"La série permet du reste de découvrir une partie de la vie quotidienne coréenne, beaucoup de recettes de cuisines (parfois insérées dans des situations improbables comme lors du combat de l’Imperial Hotel) et une réelle dénonciation de l’histoire politique et du système institutionnel coréen réputé pour sa forte corruption et qui fait justifier l’axe central de Sun-Ken Rock: dans un état corrompu, une organisation criminelle structurée est-elle plus nocive pour la société que l’État officiel?

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East & West·Guide de lecture·Manga·Rétro

Sun-ken Rock #1

East and west

Manga de Boichi
Doki-Doki (2008)
A partir de 15 ans

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Ken est un jeune japonais parti en Corée pour suivre la fille qu’il aime, engagée dans la police de Séoul. Se retrouvant à la tête d’un gang local, il va gravir les échelons entre ses idéaux de justice et le pragmatisme de la vie de criminel…

Boichi est l’un des prodiges du manga asiatique. Contrairement à son personnage, il est coréen et vit au Japon. Sun-Ken Rock est l’un de ses premiers manga; sur le plan graphique le premier volume ne sort pas de l’ordinaire de la masse des BD japonaises… ce qui changera rapidement dès les tomes suivants, jusqu’à fournir certaines planches absolument sublimes et un niveau moyen très au-dessus des standards. Boichi est précis, ses personnages sont caractérisés et son dessin impulse une énergie propre au média Manga mais qui sort ici vraiment du lot. La maîtrise des anatomies (hum…), des plans et cadrages délirants, font de cette série un must du manga d’action.

9_largeSur le plan de l’histoire, dans ce volume de démarrage on est vite dans le n’importe quoi, les scènes d’humour débile étant plus nombreuses que des scènes de combat improbables, assez rapidement menées et dotées d’un découpage parfois abrupte… Ce qui anime Boichi et ce manga ce sont la baston, les gags et les filles dénudées. Sun-Ken Rock n’est d’ailleurs pas à mettre entre toutes les mains car c’est assez cru et violent par moments. Les jeunes hommes sont des machines de combat et les filles de la chair fraîche à abuser ou à défendre: on est dans la psychologie et l’univers des mafia. On est néanmoins surpris de lire certains échanges assez intelligents (le débat sur le statut de l’Etat et celui du gang, la responsabilité de la Corée dans sa participation à la guerre du Vietnam) et qui entraîne des réflexions que l’on ne s’attend pas à trouver au milieu de ces planches délirantes.

gallery_474_10_220429Je ne m’étendrais pas sur un scénario assez dérisoire sur le premier volume et qui va se poursuivre dans une ascension du héros au sein des guerres de gang, scénario linéaire, simple, permettant les successions d’affrontements verbaux ou aux poings. On reste dans l’esprit de beaucoup de Mangas: humour décalé et combats.

Je découvre juste cet auteur et en parcourant les planches de ses différentes œuvres (qui commencent à être nombreuses) je retrouve une maestria que je n’ai jamais retrouvé depuis le chef d’œuvre de Masamune Shirow: Appleseed 4, notamment dans les scènes de combat. C’est brut, c’est cru, c’est violent, c’est précis. C’est le Manga comme je l’aime! sun-ken-rock-2346447Boichi a en outre le mérite de réaliser des séries assez courtes, ce qui permet de garder l’intensité nécessaire à ces histoires de rage et de fureur. Je lis peu de manga car j’ai du mal à trouver (un peu comme dans le comics) autre chose que de la grande consommation reproductible. Parfois pourtant je déniche des auteurs, comme Shin’ichi Sakamoto sur Ascension et en général c’est la baffe. Boichi et le manga c’est un peu comme quand on compare un comics de Jerôme Opena ou de Travis Charest au commun des BD US… on voit la différence! Dans la foulée je vais me lire sa dernière publi en France: Wallman, série sur un assassin en 3 volumes qui s’annonce dantesque.

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Un second billet d’étape de lecture se poursuit ici.