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Une histoire de voleurs et de trolls #2: Muroc

La BD!
BD de Ken Broeders
Drakoo (2021), 55p./album, 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Second d’une trilogie est la traduction d’une série publié en Belgique par l’auteur. Le dernier tome sort en début d’année prochaine.

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Réfugiés en la cité de Muroc, Ysabeau et Delric trouvent l’aide du sorcier rouge doté de puissants pouvoirs, afin de comprendre le rôle de la jeune femme et de retrouver trace de sa sœur… Alors que la Mère des trolls vient en ambassade auprès des elfes, la mystérieuse et redoutable sorcière passe une nouvelle fois la brèche entre les mondes et lance une attaque magique contre nos héros…

Une Histoire de Voleurs et de Trolls (tome 2) - (Ken Broeders) - Heroic  Fantasy-Magie [LIBRAIRIE BDNET NATION, une librairie du réseau Canal BD]L’entrée en matière de cette trilogie belge m’avait laissé un sentiment mitigé. Le gros avantage des licences c’est qu’elles permettent de découvrir une histoire sur la même année, sans laisser se délayer l’intérêt. La série de Ken Broeders en profite puisque l’ouverture, originale mais abrupte, trouve à la fois une simplification et une densification avec ce second tome qui développe de façon importante l’univers et les évènements qui ont précédé. Le cœur de l’histoire reste la relation entre la mystérieuse Ysabeau dont les rêves funestes continuent de parcourir le tome et qui se révèle moins innocente qu’elle ne pouvait le laisser croire, et la terrible sorcière capable d’ouvrir des portails entre les mondes. Le voleur Delric de son côté, s’il continue à mener une vie aux mœurs décousues, est encore trop distant au regard de sa puissance dramatique. Menant son scénario avec toujours autant d’habileté à la manière de ses découpages très graphiques et intéressants, l’auteur nous balade sans beaucoup d’indications sur les liens entre les scènes… qui ont pourtant toute leur importance dans le développement de l’histoire. En tant que lecteur on prend toujours le même plaisir de lecture même si l’on ne sait pas bien pourquoi on passe d’une guerre redoutable dans le précédent volume à une bataille magique ici.

driftwereld 2 een verhaal over tovenaars - moors magazineGraphiquement les planches sont encore un régal en parvenant à dégager  une belle originalité tant technique que dans les designs qui permettent de sortir clairement Une histoire de voleurs et de trolls du tout venant de la fantasy en BD. Que ce soient les décors qui proposent quelques splendides panoramas ou les atmosphères sans oublier la très élégante manifestation de la magie, Broeders est vraiment doué avec ses pinceaux. Mine de rien à force de côtoyer des monstres dégueu dans les BD on finit par oublier combien un bon méchant peut créer une tension dans une histoire: avec sa face ravagée et ses irruptions brutales dans la réalité cette sorcière tire son épingle du jeu sans en nous faisant frissonner… L’arrivée d’un nouveau personnage en la personne du puissant sorcier rouge muscle l’alchimie des personnages et pour peu que Delric obtienne enfin ses moments de gloire on a bien des éléments pour conclure en apothéose cette BD finalement bien plus ambitieuse qu’il ne paraît.

Avec le sentiment que tout reste obscure mais tenu, on fait confiance à Ken Broeders pour mener son dénouement avec cohérence dans le dernier volume qui annonce un voyage de nos héros dans le monde des humains et son lot de révélations sur cette affreuse multi-bras qu’on aura adoré redouter.

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Wat la fée

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove , William et Jaquemoire
Bamboo (2021), 48p., one-shot…?

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Wat the fée ? Wat, la fée qui avait perdu ses ailes, planche du tome 1 ©  Bamboo Waterpouf est une fée des villes… A l'aise dans l'environnement  urbain, entre béton et bitume, suite à une rencontre avec un garnement  qu'elle avait reçu pour mission de ...Wat est une fée des villes. Mais lorsqu’au cours d’une mission elle se voit arracher ses ailes par accident, la voilà contrainte à un périple en Terre sauvage en compagnie de son ami Dorg le Troll, un endroit plein de dangers et d’habitants bien différents de ses fréquentations…

Salut Talia! Aujourd’hui on va parler d’une étrange BD qui nous rappelle beaucoup une autre série que l’on suit dans cette rubrique…

Effectivement, Cazenove et William sont les personnes qui font la série BD Les Sisters et Wat (la fée) a beaucoup de ressemblance avec Sammie, l’amie de Wendy. Un personnage semble également issu de Tizombi

Est-ce que tu as l’habitude des histoires fantasy? Sur quels albums?

Oui. L’un de mes styles de livre préférés est la fantasy et je lis beaucoup de romans (fantasy donc, notamment La Guerre des clans). En Bd, j’ai déjà lu Lanfeust, Thorgal…

Que peux-tu nous dire du format un peu particulier de cette (ces) histoire(s)?

Ce sont des sortes de mini-histoires avec une espèce de conclusion, bien que celles-ci s’enchaînent sur une histoire continue. On dirait des parties : comme si l’histoire avait été découpée.Wat -1- La fée qui avait perdu ses ailes

Il y a deux humains dans cette histoire… pas franchement sympathiques…

Au tout début deux enfants humains arrachent les ailes de Wat par mégarde. Ce sont deux gros débiles pourri-gâtés qui ne pensent qu’à jouer à la bagarre. Ensuite ils recherchent Wat et Dorg pour jouer avec et cassent tout en repartant…

Il y a un surprenant côté sexy dans cette BD jeunesse. Est-ce que cela t’a dérangé? Comment vois-tu les personnages féminin représentés dans les BD?

Ça ne m’a pas dérangé, j’ai l’habitude de de lire des BD et des manga où les filles sont souvent plutôt dénudées avec des gros seins. Ce sont des personnages imaginaires du coup ça ne me gêne pas que ce soit différent de la réalité. Dans les sisters ce sont des jeunes qui sont représentés, elles sont inspirées de vraies personnages, du coup c’est plus réaliste. Les fées sont souvent représentées parfaites!

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Merci Talia!

Voilà pour le retour de la fifille. Et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Entré dans l’univers des Sisters pour découvrir ce que lit ma fille et ce qui cartonne dans cette série, j’ai fait la connaissance avec Samy, la cops’ de Wendy que je croyais retrouver sous les traits de cette fée qui a perdu ses ailes… eh bien que nenni, rien à voir hormis le dessinateur qui a repris le faciès de son personnage secondaire. Résolument axé jeunesse, l’album qui ne Wat, la fée qui avait perdu ses ailes - BDfugue.comcomprend pas de tomaison mais laisse envisager très sérieusement une série, a un format hybride entre les gags d’une page des Sisters et l’histoire longue, entrecoupant les séquences par des sortes d’épilogue sépia qui évoquent une légende. On sait l’envie des auteurs de varier les plaisirs avec les super-sisters et ils se sont fait plaisir dans cette petite aventure en « terres sauvages » en compagnie du sympathique troll, en fuite devant deux adolescents débiles. L’album est du coup plus axé aventure qu’humour, avec de vrais méchants, de la magie et une transposition de la fée citadine à la campagne finalement pas si compliquée que cela. Si le thème voulu n’est pas vraiment exploité à fonds, les dessins que l’on connaît jolis et précis nous font passer un très bon moment, sans que l’on sache trop si William et Cazenove voudront développer leur univers ou s’arrêteront en route. Cette parenthèse est de toute façon bienvenue pour profiter de ces auteurs hors de leur cocon, en donnant envie d’aller zieuter un coup du côté de Tizombie et en se disant qu’ils pourraient un jour nous proposer une grande aventure plus adulte…

A partir de 7 ans.

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****·BD

Castelmaure

La BD!

Récit complet en 152 pages, écrit par Lewis Trondheim et dessiné par Alfred. Parution le 14/10/2020 aux éditions Delcourt

Histoires à dormir debout

Zéphyrin est un mythographe, dont la mission est de parcourir le royaume de Castelmaure, en quête d’histoires orales à retranscrire pour la postérité. Ainsi, il s’entretient avec qui y consent, pour écouter les récits des anciens et forger l’Histoire du royaume. 

Il y a quelques années, Zéphyrin s’était donné une mission bien particulière: celle de retrouver le Roi Eric, monarque adoré par son peuple, disparu dans de mystérieuses circonstances. Après avoir fait chou blanc durant dix ans, le mythographe s’est résolu à reprendre ses activités normales, mais les histoires qu’il entend ça et là ne font qu’épaissir le mystère autour de Castelmaure…

En effet, depuis que le Roi s’est évanoui dans la nature, laissant sa sœur Éléanore régner en intérim avec son époux Marcus, une incessante tempête s’est installée autour du château, qui fut dès lors déserté. Zéphyrin entend également parler du Chasseur Errant, que de nombreux sujets auraient aperçus dans les forêts, avec un sorcière acariâtre. L’historien entend également l’anecdote disant que toutes les femmes du royaume tombèrent enceintes le même jour, ce qui conduisit à de nombreuses tragédies et des enfants mort-nés…pour la plupart. 

Peu à peu, ces histoires singulières vont s’entrecroiser et se télescoper, pour former ultimement la légende de Castelmaure. 

Les parts de vérité dans le gâteau du mythe

On ne présente plus Lewis Trondheim, dont la bibliographie est jalonnée de succès critiques et éditoriaux. L’auteur nous plonge ici dans un récit choral au croisement du conte médiéval fantastique et du thriller, dans lequel chaque détail à son importance. A la manière d’un détective, Zéphyrin va faire office de fil rouge dans cette intrigue, dont les circonvolutions bien emmenées conduisent le lecteur vers un final satisfaisant où tout finit par prendre sens. 

Le scénariste convoque des thèmes connus, comme celui de la différence, d’autres un peu plus touchy comme ceux de la maladie mentale et du remord, le tout en cohérence avec le récit. L’album en lui-même y gagne donc en authenticité, grâce aux personnages bien campés et à l’alternance des situations, tantôts drôles, tantôt grandiloquentes et dramatiques. 

Certains arcs narratifs, notamment ceux de Théodore et Nathanaelle, trouvent une résolution un tant soit peu abrupte dans le feu de l’action, mais cela ne nuit pas à la cohérence du tout, qui conserve une allure de fresque maîtrisée de bout en bout. 

Le dessin d’Alfred réussit à lui seul à établir l’univers de Castelmaure, grâce à un trait épuré et à des décors qui laissent la plupart du temps admiratif. 

Sorti l’an dernier après avoir été repoussé, Castelmaure offre un plaisir de lecture conséquent pour qui aime les intrigues chorales et le ton décalé de Lewis Trondheim. 

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Le garçon-sorcière #2 et #3

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à treize ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic de Molly Knox Ostertag
Kinaye (2021), 208 p. série terminée en trois volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

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Tout semble rentré dans l’ordre depuis qu’Ariel participe aux enseignements magiques de la famille d’Aster. Tous deux continuent de voir Charlie et les cousins et vivent leur vie de collégiens faite de petits moments de bonheur partagés. S’annonce alors le Festival du Solstice sui désigne chaque année le Métamorphe du solstice et la sorcière du solstice. Ce moment festif de partage va réactiver des peurs et rivalités entre les enfants, alors qu’une menace venue du passé d’Ariel mets en danger cet équilibre…

Salut Talia. On se retrouve après un petit moment sur les deux albums qui concluent la série du Garçon-sorcière. Depuis tu as lu quelques autres histoires de sorcellerie, comme l’Atelier des Sorciers. Est-ce que tu peux comparer ces deux univers?

Ce sont des mondes très différents car dans l’un les sorts sont dessinés (secrètement) et dans l’autre ils sont parlés / dits / récités.

Résultat de recherche d'images pour "la sorcière du solstice ostertag"Les familles de Charlie et d’Ariel sont particulières…

Les parents de Charlie sont homosexuels (hommes) et Ariel ne connaît pas sa famille jusqu’à ce que sa tante la contacte (contre son gré) et lui donne un moyen de l’appeler.

Lors du festival du Solstice qu’est-ce qui dérange le grand cousin Métamorphe dans le fait qu’Aster participe au tournoi de sorcière?

Pour lui, les garçons doivent être métamorphes et les filles sorcières, et il ne devrait y avoir aucune exception. Le fait qu’Aster soit sorcière et non métamorphe le trouble.

Aster, Ariel et Sedge ont un point commun, lequel?

Ils ne suivent pas la même voie que leur famille. Ils paraissent « différents » , « anormaux »… aux yeux des autres: Aster devrait être métamorphe pour sa famille, Ariel devrait être une sorcière maléfique, Sedge était métamorphe et a choisi de côtoyer les humains normaux dans le collège de Charlie.

Selon toi pour quelle raison Ariel décide de partir avec sa tante en devenant soudain méchante avec ses amis?

Elle a peur de leur faire du mal et préfère aller là où elle est sûre de ne pas pouvoir les toucher. Elle pense peut-être réussir à apprendre à maîtriser ses pouvoirs pour être sûre de ne rien leur faire.

Du coup, entre Harry Potter, l’Atelier des Sorciers (et d’autres?) quelle série a ta préférence et pourquoi?

Je n’ai pas de préférence. L’Atelier et Harry Potter sont plus proches l’un de l’autre, le Garçon-sorcière est le plus différent mais j’aime aussi beaucoup.

Merci Talia! C’est fini pour les aventures d’Aster… Qui sait quelles aventures on va chroniquer la prochaine fois?

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Merci Talia tu peux retourner étudier ton grimoire!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "solcière du solstice ostertag"Après le très bon premier volume, ce qui est désormais une trilogie (clôturée) apparaît comme un vrai miracle de la littérature jeunesse de par la très grande subtilité et intelligence thématique de l’autrice Molly Ostertag. En introduisant le plus simplement du monde des personnages souvent qualifiés de « minorités », elle détourne le caractère de « normalité » avec une approche toujours très positive. Quand les deux papa de Charlie sont bien intégrés, l’un d’eux directeur d’école, ce sont les appartenances magiques qui créent à l’inverse des tensions d’intégration. Le second volume est le plus dur avec ce personnage de sorcière puissante de par sa rancœur intérieure (le « côté obscure de la Force »…) que la bonté d’âme et le positivisme omniprésent de Charlie va forcer à accepter l’aide et l’amitié des autres. Ce personnage est un axe central, de par sa force de caractère, autour duquel les autres personnages plus abîmés vont tourner.

Que ce soit l’identité sexuelle, l’homoparentalité, l’adoption et simplement la différence et la norme familiale, cette série parle aux jeunes avec simplicité, dans un graphisme pas si basique qu’il n’y paraît en montrant la différence de la meilleure façon possible: en la rendant normale. Du coup les problématiques des jeunes deviennes des difficultés de construction très classique chez les ado, faisant comprendre que ce qui est compliqué ce n’est pas ce qui sort de la norme, c’est le fait de savoir qui l’on veut être. Message hautement positif, jamais manichéen et qui fera du bien à tout ado et pré-ado, cette série pouvant se lire assez tôt avec les parents. Un classique!

A partir de 9 ans.

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Les sisters #15: fallait pas me chercher!

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove et William
Bamboo (2020), 48p., série en cours, 15 tomes parus.

Le billet sur le tome 14 détaille l’édition et le concept de la série.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Les sisters c’est Wendy et sa petite sœur Marine. L’une grandit et arrive à l’âge des amours et des copines quand sa sister n’a pas du tout envie de lâcher ses doudous… A force de se chamailler, la terrible Marine, jamais en manque de bêtises, a pris une décision: cette fois c’est sur, elle remplace sa sister!

Salut Talia! Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés sur un Avis des kids et ça tombe bien puisque le dernier Sisters vient de paraître. C’est une de tes séries préférées je crois… Peux-tu nous dire ce qui te plaît tellement dans cette série?

J’adore la personnalité des deux sisters et le format en sketch super drôles! Marine n’arrête pas de se faire des délires…

A ton avis est-ce que c’est complètement inventé ou ça te rappelle des choses avec ton grand frère?

Avec mon frère on se chamaille mais pas sur les mêmes choses vu qu’on n’est pas sur les mêmes centres d’intérêt. Marine Titille sa sister pour obtenir ce qu’elle veut. Elle veut toujours savoir ce qu’il y a dans le journal intime de Wendy et l’enquiquine quand elle est avec Maxence parce qu’elle est très jalouse!

Elle ne veut pas voir sa sister grandir?

Depuis le début de la série elles ont à peu près le même âge sauf sur quelques sketch où on les voit petites et la dernière page où on les, voit adultes… et les choses ne changent pas beaucoup…

Peux-tu nous parler des petits bonhommes en haut des pages?

C’est puduk le doudou de Wendy (qui pue par-ce qu’elle ne veut pas le laver) qui résume en une image drôle le thème du sketch. [comme sur la coccinelle de Gotlib]

Est-ce que Marine est tout le temps aussi affreuse?

Non pas toujours. Il leur arrive de faire volontiers des bêtises ensemble, comme avec les cartons de polystyrène qu’elles utilisent comme de la neige… Et parfois c’est Wendy qui lui fait des crasses et se venge en lui tendant des pièges avec les parents!

Est-ce que tous les albums sont identiques et penses-tu que la série se terminera?

Il y a un thème général sur l’album mais sinon les personnages sont toujours les mêmes et les blagues du même type. Ça peut se prolonger à l’infini car il n’y a pas vraiment d’histoire. Tant que c’est drôle…

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Les Sisters - tome 15: Fallait pas me chercher !: Amazon.fr: Cazenove,  Christophe, William, William: Livres

Merci Talia, Nikol crême!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Comme chaque année c’est le retour des Sisters! On est encore loin des vétérans Tuniques bleues mais avec quinze années de publication et une ribambelle de séries dérivées sous divers formats on imagine effectivement que ces blagounettes toujours drôles peuvent durer encore quelques années. Le thème de l’album est donc Marine qui fait la tête à Wendy et les auteurs nous montrent les efforts des copines des deux sisters pour les rabibocher. On voit moins les parents que sur le tome précédent il me semble, et le cœur de la BD reste bien sur la petite peste qu’on adore voir chambouler la vie de sa petite famille! Avec une excellente maîtrise technique qui permet de jolis gags visuels, une palette de couleurs flashy très adaptée à une série jeunesse et des références à tout va, qu’elles viennent de l’histoire de la BD d’humour (les classiques Gotlib, Waterson ou Gosciny) ou de la vie quotidienne de la plupart des familles, les Sisters mérite amplement son succès et arrive à plaire autant aux parents qu’aux enfants.

A partir de 9 ans.

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Nicnevin et la reine de sang

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Comic de Helen Mullane, Dom Reardon  et Lee Loughridge
Les humanos (2020), 128 p. format comic, one-shot

bsic journalismMerci aux Humanos pour cette découverte.

nicnevin_50525_zoomedVoyant régulièrement passer des « évènements » de nouveaux comics indé poussés par une communauté de lecteurs de comics toujours enthousiaste je n’avais pas fait attention à l’évènement que constitue le lancement du label H1. Explication: il s’agit ni plus ni moins qu’une nouvelle collection de comics originaux par des auteurs anglo-saxons lancée par les Humanoïdes associés et leur branche américaine. Avec un certain Mark Waid (auteur du culte Kingdom come) en chef éditorial,  l’enjeu est rien de moins que de proposer à une génération d’auteurs traumatisés par le conservatisme moral et capitalistique du Big Two une alternative européenne sans compromission avec les canons des comics, y compris super-héroïques. Je vous renvoie à la revue de la conférence de presse dont le lien est sur le billet de Dahaka  (Omni) en début de semaine. Les ouvrages sont publiés au format chapitré classique aux Humanos USA avant d’être traduits par la même maison en format album.

Lorsque la mère de Nicnevin, ado métisse très attachée à la connexion de son smartphone, annonce qu’ils partent en vacances dans la vieille maison de famille au fin fond de l’Angleterre, elle sait que les jours qui s’annoncent vont être atroces… Collée à sa musique et à ses échanges avec son ami elle est très loin des traditions locales empreintes de mysticisme et de sorcellerie. Lorsque survient un atroce meurtre rituel, ce petit univers s’anime et l’oblige à faire face à son héritage familial…

Pour Résultat de recherche d'images pour "nicnevin and the bloody queen"ma première lecture de la très qualitative collection H1 des Humanos j’ai été assez conquis par une narration très sophistiquée et réussie en alternance entre quotidien immédiat de l’héroïne et visions fantastiques subtilement agencées de manière à ce que l’on ne sache jamais si elles sont issues de l’esprit de Nicnevin ou totalement découplées. L’histoire ne réinvente rien et rappelle par moments le récent et très réussi Black Magick pour l’idée d’une sorcellerie très féminine et familiale. Le thème n’est pas nouveau mais lorsque c’est réussi cela propose une vision spécifique permettant autant de variations que d’héroïnes. Si la Rowan de Rucka et Scott est une inspectrice dans la force de l’âge et très sensible, l’apprenti-sorcière de Mullane est une ado typique très crédible dans sa contestation de l’autorité, son conflit avec sa mère et sa recherche d’un piment à sa vie… qui coïncide souvent avec la recherche romantique de l’amour.

Résultat de recherche d'images pour "nicnevin and the bloody queen"Ce qui permet de rester attaché au personnage de Nicnevin c’est l’alternance de mystérieuses séquences semi-fantastiques où la Nature semble perturbée par les forces souterraines que cherche à convoquer le meurtrier. Dans un style graphique qui me rappelle le dessin anguleux de Phil Hester sur Shipwreck, Nicnevin reste dans une ambiance sombre aux couleurs rappelant le gris du ciel anglais et une nature hivernale vaguement inquiétante. Avec un thème intéressant mais déjà très utilisé par ailleurs et un dessin efficace mais qui ne suffit pas à justifier par lui-même la lecture de l’album, c’est clairement le découpage qui fait ressortir la création d’Helen Mullane de la moyenne des comics de genre. Jouant sur une grande variété de structuration de ses pages, du gauffrier aux cases pleine largeur ou verticales, le dessinateur instille un rythme incertain qui met le lecteur dans la recherche d’indices auxquels se raccrocher en vain. Dans une ambiance lente, où le temps semble arrêté, on saisit des instants peut-être liés, peut-être lointains, qui aident à l’insertion des images d’animaux aux comportements anormaux ou d’une nature que l’on imaginerait volontiers mue par des puissances telluriques.  Comme toujours dans les récits fantastiques c’est l’économie de surnaturel et le maintien d’un mystère narratif qui fait l’ombre dans laquelle le lecteur va se plonger avec envie. Sur ces points Nicnevin est très réussi, respectant parfaitement son canva.

Résultat de recherche d'images pour "nicnevin and the bloody queen"Sur un format one-shot avec une trame classique il est compliqué de proposer quelque chose de très novateur. Ce n’est pas ce que recherchent les auteurs dont la focale porte bien sur cette adolescente au tempérament bien trempé. La couleur de sa peau (elle, sa mère et son frère sont métis) étonne dans une histoire de sorcellerie de l’Angleterre profonde qui nous a plus habitué aux vierges rouquines. Ce petit détail permet de donner une modernité à cette variation dont la principale qualité est la grande précision des textes comme du récit graphique. On peut raconter mille fois la même histoire pour peu que les auteurs aient une sensibilité originale à proposer. C’est le cas ici et cela suffit à nous attirer dans les filets de la reine de sang. Si vous aimez les polars humides et terreux de campagne, si le thème de la féminité naissante au travers du prisme des sorcières vous interpelle, profitez de cette nouvelle réussite du label H1 qui se lit avec grand plaisir.

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Le garçon-sorcière

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à douze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic de Molly Knox Ostertag
Kinaye (2020), 210 p. premier volume de la trilogie.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

couv_385267Le garçon-sorcière est paru chez la maison d’édition américaine Scholastic (spécialisée en publications pédagogiques) en 2018 et suivi de La sorcière cachée et la sorcière de l’hiver fin 2019. L’ouvrage suit l’édition classique des ouvrages Kinaye, format broché, couverture à rabats, vernis sélectif, imprimé en Italie. Le tome deux est annoncé en quatrième de couverture et sur le deuxième rabat avec son résumé. Il s’ouvre sur un arbre généalogique (très utile!) de la famille d’Aster et se conclut sur une double page de recherches de personnages. A priori l’ouvrage a été publié en format one-shot, ce qui explique l’absence d’illustrations de chapitres. La couverture n’est pas la plus attirante que j’ai vu, c’est dommage.

Dans la famille d’Aster les filles apprennent la magie et les garçons se préparent à être des métamorphes, capables de se transformer sous la forme d’un esprit animal. Mais Aster n’est pas comme les autres. Il veut apprendre la magie et ne s’intéresse pas beaucoup aux jeux des garçons. Lorsqu’une menace issue du passé lointain de la famille ressurgit il va devoir assumer ses choix pour sauver ses proches…

Salut Talia. Aujourd’hui on va parler des aventures d’Aster, le garçon qui voulait être une sorcière. Peux-tu nous résumer rapidement cette histoire?

Résultat de recherche d'images pour "the boy witch ostertag"Il y a une grande famille qui a comme tradition que les filles deviennent des sorcières et les garçons des métamorphes. Aster n’arrive pas à trouver d’esprit animalier et préfère la sorcellerie. Il espionne les cours des filles et se fait virer… Du coup il prends des notes dans un carnet et essaye la magie. Au bout d’un moment ses cousins disparaissent et on ne sait pas pourquoi! Un esprit prend alors contact avec lui pour lui proposer de l’aider à condition qu’il ne dise rien à personne…

Est-ce que tu trouve sa famille sympa? Est-ce qu’ils l’aident?

Pas vraiment car il se fait gronder car il ne suit pas les règles. Sa mamie l’aide Résultat de recherche d'images pour "le garçon sorcière ostertag"discrètement.

Et Charlie? Pourquoi Aster aime aller la voir?

C’est une amie qu’il a rencontré et elle n’est pas sorcière et ne connaît rien à ce monde. Elle l’aide après que le démon l’a contacté et elle lui donne des conseils car elle n’est pas impliquée dans ce problème de sorcellerie. Elle n’est pas soumise aux mêmes secrets.

A ton avis pourquoi Aster ne se transforme pas?

Ce n’est pas sa faute, il est différent, comme son grand-père Mikasi. Celui-ci a mal tourné car il voulait mélanger magie et métamorphose et se famille l’a rejeté en le chassant.

Et toi tu préférerais être une sorcière ou un métamorphe?

Sorcière… sauf si on peut se métamorphoser en chat! La magie peut faire plein de choses et nous protéger alors que les métamorphes peuvent être blessé même s’ils sont forts.

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Merci Talia tu peux retourner étudier ton grimoire!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "the boy witch ostertag"Comme à leur habitude les éditions Kinaye nous ont encore dégoté un très intéressant album jeunesse d’une grande richesse thématique. Le titre m’avait fait attendre une histoire sur l’homosexualité… et ce n’est pas tout à fait ça puisque si la différence est bien au cœur de cette histoire, rien n’indique que le personnage principal est homosexuel. C’est simplement un garçon plus attiré par l’univers des filles. L’ouvrage porte plutôt sur les règles sociales et familiales imposées à un individu qui n’a pas vraiment le choix d’être qui il veut. La transposition dans un univers fantastique facilite l’approche pour les jeunes mais j’ai trouvé très subtile ce discours expliquant aux lecteurs qu’une famille peut être oppressante et ne pas laisser libre court à ses capacités personnelles, du fait de règles anciennes que personne ne remet en question et de secrets cachés. On découvrira ainsi avec Aster que cette famille d’apparence si soudée et organisée a des fissures niées ou inconnues. L’amitié avec Charlie, une personne « normale » va aider Aster à assumer ses choix. On pourra bien sur également voir dans le rite de passage et le refus d’Aster de se transformer une parabole sur le passage à la puberté avec la transformation des garçons en animaux (on se rapproche du très bon Coyotes sur ce plan). Tout cela est déroulé de façon fluide avec des dessins agréables, doux et assez peu de scènes dures. Le genre jeunesse est un genre difficile en ce qu’il doit associer simplicité d’approche et profondeur des thèmes qui doivent parler aux jeunes lecteurs. Le Garçon sorcière réussit sur tous ces plans et est donc particulièrement adapté à son lectorat. Ma fille a adoré!

A partir de 9 ans.

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Midnight Tales #4

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2019), 4 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

couv_377282Fin de saison pour Midnight Tales et l’occasion d’un premier bilan de cette expérience hybride assez motivante bien qu’inégale. L’ouvrage en format comics avec couverture brochée à rabat propose comme d’habitude quatre histoires, un épilogue dessiné par Bablet, une excellente nouvelle (la meilleure des quatre volumes) et quatre articles de background et de développement thématique. Une courte biblio conclut l’ouvrage. La taille des BD est très inégale et j’ai été déçu que la meilleure (celle de Neb studio) soit la plus courte… La couverture est dessinée par Bablet comme d’habitude.

 

Kiriar20191122_140835chie (The neb studio): première petite claque avec cette histoire qui n’est pas reliée à l’ensemble mais très bien dessinée dans un style dessin-animé familier du Neb studio (qui a réalisé La valise et une section du troisième Midnight tales). Très politique, très liée à l’actualité, elle place une jeune fille dans un métro fantôme en proie à des démons l’agressant sexuellement… Rien de sexy dans ces pages mais clairement une tribune contre la violence faite aux femmes, le harcèlement et notamment ces pratiques déviantes dans le métro. C’est pertinent, très bien tourné et assez marquant.

– Maymaygwashi (Secheresse/Rizzo) – 34 p.: grosse histoire située dans les années soixante-dix avec un lac hanté par des créatures aquatiques. On est pas loin de Ctulhu et on reprend le thème de la bande de Midnight girls qui prennent des décisions rapides et se trompent parfois… J’ai beaucoup de mal avec ce dessin et les thématiques me semblent un peu redondantes. Oubliable.

20191122_140908.jpg Zoltar le magnifique (Neyef/Bablet) – 25 p.: l’histoire la plus orientée background avec la jeunesse d’un des agents spéciaux qui seront au cœur de la seconde saison. Dessin très correcte et très dynamiques, histoire simple et intéressante de surgissement démoniaque et final punchy en diable avec l’arrivée du Bourreau, force spéciale de l’Ordre qui donne lieu à une belle séquence d’action badass.

– Devil’s garden #3 (Gilbert/Bablet) : – 42 p. : le plat de résistance de l’ouvrage tombe un peu à plat avec cette vraie-fausse histoire de vampires en Roumanie. On sent l’envie de développer le thème des croyances, la magie à papa en face du vrai surnaturel, mais on passe les deux-tiers de l’histoire à suivre une bande de MG avant de voir arriver les fameuses Johnson et Sheridan qui bouclent avec le background… de très loin. Du coup on ne comprend pas bien en quoi cette troisième partie de Devil’s garden fait avancer l’intrigue… Dommage.

– Epilogue (Bablet): un peu comme pour le précédent, l’épilogue, si il nous montre à nouveau le QG des forces de Minuit et les Midnight trop puissantes retirées du jeu dans les précédents volumes, nous laisse un peu sur notre faim…

Résultat de recherche d'images pour "midnight tales neb studio"Pour conclure cette saison, ce volume est à l’image de l’ensemble, inégal et peut-être victime de sa forme hybride, voulant associer des choses compliquées à mettre ensemble. Si les séquences action et baston démoniaque sont toujours excellentes, si les textes de background sont dans l’ensemble intéressants et nous apprennent des choses, si les histoires one-shot, selon les dessinateurs qui officient, permettent d’élargir les thématiques, on a tout de même régulièrement des histoires pas franchement passionnantes ou pas très bien dessinées. La diversité des dessinateurs complique également les liaisons sur les fils rouges tissés par Mathieu Bablet avec des personnages qui reviennent mais sont parfois difficiles à reconnaître.

Je continue à trouver le projet très motivant dans cette volonté de développer un univers large qui ne soit pas que fantastique mais il faudrait penser à resserrer sur une intrigue plus suivie qui facilite la lecture au lecteur. Si c’est bien cela qui est prévu et que cette première saison avait pour objet l’immersion dans un univers c’est plutôt sur de bons rails…

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***·BD·Guide de lecture·Nouveau !·Service Presse

Midnight Tales #3

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2019), 3 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette découverte.

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Après la chronique des tomes 1 et 2 de ces histoires de l’Ordre de Minuit, voici un tome 3 spécial japon et qui semble préparer de futurs autres tomes thématiques (sur l’Inde?). La couverture est signée Bablet et présente le Kaiju d’Hiroshima. Comme d’habitude, l’intérieur sera composé de cinq courtes BD d’auteurs différents, une nouvelle et des articles de background toujours intéressants, que ce soit sur les thématiques abordées (la place des femmes au Japon, les Kaiju, l’Île fantôme) ou l’univers occulte de l’Ordre de minuit.

Mokusatsu (Pagani/Bablet): le volume s’ouvre sur une origin story avec le combat d’une équipe de Midnight girls contre le Kaiju libéré par les occultistes américaines à Hiroshima. C’est bien mené graphiquement bien qu’un peu facile (l’origine cachée des grandes catastrophes on commence à connaître…). Surtout cela va lancer toutes les autres histoires de ce volume trois qui en découleront. Les dessins de Baptiste Pagani rappellent ceux de Singelin et sont assez sympa bien que les décors atomiques d’Hiroshima laissent peu de place à la virtuosité.

20190524_225919_resized.jpgParasites (Rouzière/Bordier): nouvelle équipe, menée par la fille de l’héroïne d’Hiroshima (Kyoko), qui va combattre des Yokaï (esprits) parasites, alors que sa mère a sombré dans l’alcoolisme et rejette toute sa frustration sur la pauvre jeune fille. Pas franchement convaincu par les dessins alors que le dessinateur Thomas Rouzière présente des illustrations vraiment superbes sur son blog

Bâton de cendre (Maudoux): le comparse Maudoux propose l’histoire la plus forte à la fois graphiquement (peut-être une de ses histoires visuellement la plus réussie?) et scénaristiquement. La construction complexe est très bien menée, lisible et touchante avec ces jeunes japonaises prises entre tradition et modernité… auxquelles s’ajoute le devoir de protection qu’impose l’Ordre. Cette section symbolise totalement le projet Midnight Tales (et plus globalement celui du Label 619) d’allier pop culture et analyse des faits de société. La sensibilité de Maudoux (allez voir Vestigiales, ça vaut le coup!) sur l’altérite est toujours aussi intéressante.

20190524_230117_resized.jpg Les sœurs de Selene (Neb studio/Bablet): très jolie séquence dans un pure style Anime dessinée par les auteurs de La Valise, avec de superbes couleurs, de l’action, du bizarre, bref, du tout bon. Surtout elle ouvre beaucoup l’univers avec l’apparition de cette confrérie inconnue jusqu’ici, qui a opté pour la collaboration avec les esprits dans une sorte de refuge, et qui sont attaquées par leurs ennemies, les Magical Girls… menées par Kyoko, en suivant donc toujours cette filiation de la séquence originelle.

– Epilogue (Bablet): qui conclue cette histoire familiale de Kyoko rendant visite à la tombe de sa mère. Anecdotique mais ces quelques pages permettent de conclure joliment cet album.

 

Au final ce troisième volume des Midnight tales est assez différent des autres par son homogénéité. J’aimais bien l’idée de volumes thématiques mais (peut-être par manque de temps pour la développer) l’histoire de cette Magical Girl est finalement moins accrocheuse que les histoires de chaque séquences racontées jusqu’ici. Mathieu Bablet continue néanmoins avec ses comparses (en nous permettant de très belles découvertes!) à développer une mythologie assez riche et qui mériterait d’ici quelques temps des albums entiers. A savoir que la trame principale de la série est écrite sur plusieurs volumes et devrait se recentrer sur certains personnages maintenant que le background est installé.

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****·BD·Guide de lecture·Nouveau !·Service Presse

Midnight Tales #1 et #2

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2018), 2 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette découverte.

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Ankama fait partie des éditeurs que j’aime bien car ils soignent leurs productions et lancent des projets originaux, même si je n’accroche pas avec toutes leurs publications. On a donc ici de gros volumes au format comics et papier épais non glacé, une table des matières, couverture à rabats et bibliographie pour aller plus loin. La maquette est très sympa et donne envie avec une alternance de courtes BD, de nouvelles et de textes documentaires ou pseudo-journalistiques qui participent grandement à la matière de cet univers, comme sur le Chateau des Etoiles par exemple. Une bibliographie est insérée sur le rabat à la fin des ouvrages. Hormis deux-trois pages avec un problème de chevauchement d’impression des textes (à moins que ce soit fait exprès pour l’ambiance trouble?) c’est nickel et mérite un Calvin pour l’édition.

Depuis la nuit des temps l’Ordre de Minuit rassemble les sorcières sur la planètes pour protéger notre réalité des puissances d’entre les mondes, ce qu’on appelle les esprits ou démons. En différents points du globe ces jeunes filles voient se chevaucher leurs vies personnelles, leurs difficultés et les dangers de leurs missions de protectrices. Ce sont les chroniques de l’Ordre qui vous sont relatées ici.

Chaque volume rassemble l’équipe du Label 619 dans un ensemble de BD et de contenu hétéroclite fidèle à ce que propose Ankama depuis quelques temps avec Doggy Bags et Gorcery par exemple. Le projet est chapeauté par Mathieu Bablet (qui produit presque tous les scénarii) en visant à développer un univers global autour de cette confrérie et du monde parallèle. L’originalité du projet, outre de rassembler textes et BD est de s’intéresser à des questions sociétales en différents points du monde et d’aborder les sorcières via leurs problèmes humains. Les personnages étant essentiellement des filles le focus est mis sur la perception féminine, les relations mères-filles, l’enfantement, etc. Je constate d’ailleurs que beaucoup de publications du label 619 semblent adopter ce point de vue féminin.

C’est orienté jeunes adultes et c’est particulièrement bien écrit! La maturité créative de ces jeunes auteurs est assez impressionnante, quand aux dessins si quelques cadors mettent le curseur très haut, l’ensemble est plus qu’honnête. Je ne suis pas forcément féru d’ouvrages multi-auteurs mais j’ai été totalement conquis pas le projet, son ambition et le sérieux de sa réalisation.

  • Volume 1

Le volume comprend quatre histoires de fantômes liées à l’Ordre de Minuit, une nouvelle et des articles traitant des femmes en Inde, des mythes des cités englouties, d’un type de fantôme et des sources historiques de la magie.

The last dance: la première histoire relate les aventures d’un groupe de jeunes lycéennes en proie aux problèmes de leur âge alors qu’un Esprit annonciateur de malheurs apparaît. Le dessin de Guillaume Singelin, de type manga, est très propre, dynamique et efficace. On entre bien dans ce monde de spirit slayers.

Samsara: la seconde, dessinée par Sourya voit une équipe de sorcières indiennes accompagner les âmes des morts vers leur dernier voyage. Je ne suis pas passionné pas la société indienne et suis un peu resté en retrait, même si la variation orientale des démons reste originale.

  • Nightmare from the shore: Mathieu Bablet seul aux commandes nous propose un petit apocalypse autour d’un couple d’amies un peu perturbées par leurs conditions sociales et qui passent un pacte avec un démon sorti des eaux… pour le pire. Toujours ces fascinantes pérégrinations urbaines décadentes dont il a le secret.

  • Devil’s garden #1: enfin Gax nous raconte l’histoire de la fille du Diable, Lilith, sur le point de rejoindre son géniteur alors qu’un chevalier de l’Ordre surgit pour empêcher la catastrophe. Très bonne ouverture de l’univers fantastique, un peu brouillon visuellement (l’esprit graph du Label 619, on aime ou pas) mais qui dessine de très bonnes perspectives.

  • Volume 2

Midnight-tales-volume-2-ankama-extraitWitch O’Winchester: histoire de maison hantée dessinée par le génial Florent Maudoux, la première BD du recueil nous raconte la chronique de la veuve de la famille Winchester (la carabine) contrainte de bâtir une maison tentaculaire si elle ne veut pas mourir. C’est très beau comme d’habitude même si l’on aurait aimé en savoir plus sur cette jeune guide membre de l’Ordre.

  • L’étrange cas de M. Bartholomew: des sorcières égyptiennes sont contactées par un riche occidental envoûté et rendu minuscule. L’histoire est un peu anecdotique et permet surtout de parler de la mythologie égyptienne, du monde des morts et de l’histoire coloniale de l’Egypte.

L’amulette: retour de Bablet tout seul pour une assez courte histoire qui donne lieu à quelques fascinantes visions de l’autre monde. Trop court pour être vraiment marquant mais cela permet d’introduire le plus intéressant article depuis le lancement de la série, celui sur la Society for Psychical Research.

Résultat de recherche d'images pour "mathilde kitteh midnight tales" Devil’s garden #2: la suite du précédent, dessiné cette fois par Mathilde Kitteh, nous présente une Midnight girl Thaï extrêmement puissante et qui ne parvient à contrôler son pouvoir qu’en s’épuisant dans les drogues et l’activité. Elle se retrouve contrainte de cohabiter avec l’âme de l’une de ses victimes avant l’intervention de l’Ordre. La séquence est un peu redondante mais permet de développer un peu le background de l’Ordre de Minuit.

Le volume s’achève sur une passionnante réflexion sur le passage des esprits à la religion et de la religion à la science dans l’Égypte antique.

 

La critique du T3 est ici.

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