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BD en vrac #5

  • 2617_couvJakob Kayne #1: la Isabella

La jolie couverture à l’ancienne est efficace et semble proposer de la grande aventure maritime. La focale mise sur le héros avec son masque (qui n’est dans la BD pas aussi important que cette couverture le laisse penser) laisse de côté le cœur de l’intrigue du premier tome: le siège de la cité des Inquisiteurs par les forces du Sultan. Et c’est le principal problème de ce très joli album, on ne sait pas bien vers quoi on va. En effet, si l’univers est plutôt original avec cet affrontement féodo-religieux entre les Omeykhim (inspirés des ottomans du XVIII° siècle) et une Inquisition dirigée par Torquemada qui remplace tout à la fois le Vatican et l’ensemble des puissances catholiques, l’intrigue de ce premier volume se contente de nous montrer les capacités extraordinaires de Jakob Kayne, dernier descendant d’un peuple disparu, les « mange-mémoire » qui outre la possession d’artefacts magiques, ne peut jamais être reconnu… Quelques éléments fantastiques et mystérieux (comme ces hommes-poissons dont on ne sait absolument rien), l’infiltration de Jakob pendant le siège de la cité inquisitrice et c’est tout. On a l’impression d’un album en milieu de cycle ou d’un one-shot en raison de l’absence d’éléments introductifs. Ce n’est pas dramatique mais il faudra attendre la suite pour une série plutôt prometteuse (prévue en trois tomes indépendants) qui sait nous allécher par divers éléments assez sympathiques (même si un peu patchwork) en plus d’un dessin et d’un design donc très sympa.

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  • Conan: La fille du géant de gel

Après la fabuleuse version du toujours bon duo Toulhoat/Brugeas, Robin Recht nous propose un volume assez personnel, extrêmement graphique, dont le scénario est plus un concept qu’une histoire. C’est la concrétisation graphique de grands schélas mythologiques qui intéresse l’auteur, donnant une liberté absolue dans la personnification de la féminité, de la relation homme/femme, de la virilité rageuse des guerriers du Nord et jusqu’au divin.

Ayant opté pour la version grand format noir et blanc cet aspect est encore renforcé puisque l’on se retrouve dans un travail artistique très poussé, uniquement de contrastes et d’expérimentation de textures, proche de ce qu’à pu proposer un Frank Miller sur 300 par exemple. Résultat de recherche d'images pour "la fille du géant de gel recht"Sur un champ de bataille il ne reste plus qu’un homme debout, un colosse brun, un cimmerien. Comme à chaque fois la fille du géant de gel vient chercher ce héros pour le sacrifier à son père. Elle est nue, belle, Conan la pourchasse mais elle semble inatteignable, à travers la neige et la montagne. Ce jeu du chat et de la souris est celui d’une déesse face à un humain. Mais la fin de cette histoire est-elle vraiment inéluctable?… Après ma lecture je ne regrette pas cette version superbe, un magnifique boulot de Glénat et de l’auteur. Pourtant les couleurs que je trouvais un peu passées donnent une lisibilité à ces planches et je dirais malheureusement que les deux versions ne sont pas superflues pour ceux qui aiment suffisamment ce dessinateur. D’une lecture très rapide puisque le récit est essentiellement graphique, la fille du géant de gel vaut le coup. Notamment pour le travail sur le texte graphique, ce qu’on appelle onomatopées mais qui prend ici une véritable dimension visuelle, partie prenante du dessin, presque organique. L’album de Robin Recht n’est pas un récit épique mais plutôt un concept mythologique, comme un artbook expérimental, le lâcher prise d’un auteur qui a mis beaucoup d’envie dans son travail.

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Le Troisième Testament – Julius #5

BD de Alex Alice et Thimothée Montaigne
Glénat (2018), 80p. Série finie.

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La maquette de la série du Troisième Testament est toujours aussi travaillée, avec des pages de gardes et une ligne générale maîtrisée. Une série dont l’harmonie fait plaisir dans la bibliothèque. Pour rappel, « Julius » est la série préquelle du Troisième Testament d’Alice et Dorison, l’une des séries les plus acclamées et qui a lancé le genre de la BD historico-ésothérique (avec le Triangle secret , Le Décalogue, le Scorpion et toute la ribambelle de séries sur l’histoire occulte de l’Eglise).

Julius est une série compliquée qui demande à son lecteur de la pugnacité. Pour expliquer cela je vais faire un petit rappel… Il y a vingt ans paraissait le premier tome d’une série qui allait révéler deux des auteurs parmi les plus réputés et influents aujourd’hui: Alex Alice (Le château des étoiles, Siegfried,…) et Xavier Dorison (Undertaker, Long John silver, Red Skin,…), deux autodidactes qui révolutionnaient le genre et permettaient à Glénat, éditeur connu pour ses BD historiques (Bourgeon par exemple) de moderniser son catalogue. Des dizaines de séries ont vu le jour suite à cette BD qui étale sa publication sur six ans en proposant un incroyable équilibre entre BD d’action, policière et BD historique, le tout inséré dans un scénario enchevêtré qui exige du lecteur de rester concentré. Tout cela directement inspiré bien entendu par le chef d’œuvre Le Nom de la Rose et surtout son adaptation au cinéma.

Résultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5"Sept ans après la fin de la première série qui se clôturait sur un dénouement impossible à anticiper et complexe quand à ses ramifications, les auteurs faisait sortir une série devant relater l’histoire de Julius de Samarie dont la légende est le point de départ du Troisième Testament. La subtilité des indices semés rendaient la série originelle exigeante mais celle-ci était très rythmée par l’action et les visuels épiques.

Le fait de changer complètement de décors (un général romain au visage de Marlon Brando…) est d’abord troublant pour un lecteur qui aurait lu la première série (je préconise d’ailleurs vivement de lire la totalité dans l’ordre de parution chronologique). Outre le changement de dessinateur au second tome (on gagne en qualité de dessin, Montaigne étant vraiment talentueux), ce choix va diriger une progression scénaristique laborieuse que je ne m’explique que par le départ de Dorison après la mise en route du premier tome. Le talent de scénariste n’est pas donné à tout le monde et malgré la grande qualité de ses ouvrages solo, Alice n’est pas du niveau du scénariste d’Undertaker… Ainsi, si la progression du personnage principal de général romain avide et incroyant à celui de prophète est bien amenée, l’intrigue générale est cahoteuse: après un premier tome très construit et qui amène notamment les fameux guerriers corbeaux qui pimentent la série, l’on part dans un étonnant périple en deux volume (subdivision interne de Julius… pourquoi ?), ce qui coupe l’intrigue. Dans les deux derniers volumes, et notamment le volume 5 l’on a d’incessants va et viens à la fois géographiques et dans la relation et les choix de Julius et du Sar Ha Sarim. L’on a bien compris que la série était structurée autour de cette dualité par ailleurs très intéressante (sorte de trinité avec Julius âgé, sa fille son gendre: Père-Fille-Saint-esprit?). Mais soit par mauvais choix scénaristiques soit par hésitations, on sent des flottements qui rendent l’évolution d’autant plus laborieuse que toute l’histoire tourne autour de ces personnages. Et à la différence de la première série, assez peu d’action vient finalement dynamiser cela et surtout la dimension fantastique est pratiquement absente jusqu’au dernier tome alors que les interventions du sénateur Modius, versé dans les arts noirs, était un des points forts du premier album… Le questionnement autour de l’identité du Sar ha Sarim, du rôle divin de Julius, sont complexes, et jamais aucun élément ne viendra expliquer l’origine des guerrier-corbeaux, ce qui sera une des rares fautes du scénario, laissant une des grandes questions de la série totalement inexpliquée…

Résultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5"Malgré toutes ces réserves, qui me faisaient craindre l’album de clôture, Julius reste une série unique, ambitieuse et assez fondamentale pour finir de comprendre la série mère. Le tome cinq nous amène à ce titre une conclusion très digne (toujours bringuebalant dans sa construction mais ramenant enfin ce fantastique et ce côté épique tant aimés). Construit autour du siège de Jérusalem par les armées romaines puis par les armées d’hommes corbeaux, il resserre l’intrigue comme un drame de théâtre en un lieu unique où tous les personnages vont converger. Tout se dénoue et à ce titre la série garde une grande cohérence générale. Les scènes de bataille apocalyptiques sont belles et bien faites, on aRésultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5" de l’héroïsme, bref, c’est chouette. Graphiquement c’est majestueux, encré, et très lisible ; la série aura permis de révéler un artiste très talentueux qui devrait compter à l’avenir. La maîtrise des plans impressionnants, de la zone grise entre le magique divin et l’historique cartésien sont vraiment bien gérés. De même les personnages sont subtiles et tous intéressants, même s’il aura été compliqué tout au long de la série de savoir quels personnages étaient importants: paradoxalement le plus visible, le colosse Shem n’est finalement qu’un acolyte mineur… Les failles principales sont les grosses ficelles (Julius rentre dans Jérusalem assiégée comme dans un moulin et en ressort aussi tranquillement) et le découpage des albums et de la série (le voyage en orient, pour intéressant qu’il soit nécessitait-il deux tomes?). Je dirais que chaque volume individuellement est remarquable, que la série rejoint et explique la série mère, mais qu’en tant que série elle reste assez bancale dans sa construction. Je pense que ceux qui auront aimé le Troisième Testament devraient lire Julius d’une traite et y trouveront grand plaisir, mais les cinq tomes de Julius pris isolements restent dispensables.

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Noukette.

Et en bonus une interview du dessinateur à l’occasion de la sortie de l’album:

BD·Nouveau !

Ira dei #1: l’or des Caïds

BD de Vincent Brugeas et Vincent Toulhoat
Dargaud (2018), 64 p., 2 vol paru, cycle 1 terminé.
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Le couple d’auteurs BD Brugeas/Toulhoat est l’un des mes favoris depuis pas mal d’années maintenant, après la découverte uchronique Block 109... et toutes leurs autres séries que j’ai lu avec grand plaisir malgré quelques défauts parfois. Après un échec sur la (pourtant excellente) série SF Chaos Team qui a remis en question pas mal de choses chez eux, ils ont été acclamés par la critique et le public avec leur polar mafieux médiéval Le Roy des Ribauds. Ronan Toulhoat ayant une productivité proprement hallucinante (il doit en être à une moyenne de 2-3 albums par an avec des paginations d’environ 100 pages par album…), il remets le couvert cette année avec un premier opus d’une nouvelle série médiévale (le second arrive en fin d’année il me semble) avant la sortie d’un album sur l’univers de Conan le Barbare cet été chez Glénat.

En l’an Mille la Méditerranée est au carrefour des peuples et de l’Histoire: l’empire Byzantin encore puissant occupe les îles italiennes face aux seigneurs occidentaux et aux musulmans. En Sicile le siège d’une cité stratégique va permettre au seigneur Normand Tancrède de fomenter sa vengeance contre un ennemi mystérieux, dans une alliance trouble avec l’Eglise…

Résultat de recherche d'images pour "toulhoat ira dei"J’avais laissé le premier cycle du Roy des Ribauds sur une note mitigée. La sortie d’un nouvel album ne m’a guère surpris, en revanche, qu’il se situe encore au Moyen-Age et la description de l’éditeur ne m’avaient pas donné envie, pour la première fois concernant ce duo! J’étais donc assez sceptique et pas du tout sur d’acheter l’album. Quelques visites sur le forum bdgest et des retours assez positifs, mais surtout le fait que la série s’articule sur des cycles de 2 albums m’a convaincu de me laisser tenter, notamment pour la graphisme toujours aussi classe de Ronan Toulhoat. Et donc?

iradeip22Je dirais que si le style scénaristique et graphique ressemblent au Roy, le côté ouvert, la structure en aller-retours entre passé et présent, les couleurs de la Sicile rendent la série suffisamment attrayante pour distinguer Ira Dei. Il est d’ailleurs surprenant que l’éditeur des séries historiques (Glénat) ne se soit pas laissé tenter tant le travail documentaire est sérieux (Brugeas a une formation d’historien pour ceux qui en doutaient). Le principal défaut de la série est donc bien d’arriver après le Roy des Ribauds, ce qui en atténue la fraicheur. Cela contentera parfaitement les fans d’action et d’aventure médiévale, ceux qui attendaient de la nouveauté seront un peu déçus.

Pour ne pas faire un faux procès et critiquer cette BD pour ce qu’elle est et non pour ce qui était attendu, elle reste un excellent moment de lecture, doté de plans très forts comme Toulhoat sait les faire, notamment lors des scènes de siège et de bataille. Les ombres et lumière sont toujours aussi beaux et si les arrières-plans sont un peu délaissés (rapidité de production oblige), le niveau reste très élevé. Personnellement j’aime toujours autant le graphisme de cet artiste. Ce qui me plait dans ses dessins publiés sur Facebook et dans ses premiers album c’est le côté barbare que l’on perd un peu à mesure que le lectorat s’agrandit je pense. L’incursion chez Conan me démentira peut-être. Cet album permettra (je l’espère) à de nouveaux lecteurs de découvrir ce duo talentueux et pour les familiers il se lira un peu comme le nouvel opus d’un XIII ou d’un Largo Winch: sans surprise mais avec plaisir. Comme je l’ai dit dans un précédent billet, un lecteur n’attend pas la même chose de tous les auteurs. Aux très bons on peut demander de l’excellence.

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BD·Mercredi BD·Nouveau !

Shalin

BD de David et Bourgier
Soleil (2017), 50p., Série Servitude en cours, 5 tomes parus sur 6.

couv_312847La maquette est toujours aussi élégante, avec pour la première fois de la série un personnage de dos. Également comme d’habitude un extrait de texte ancien introduisant le peuple Riddrak cette fois-ci. Pas de glossaire (peut-être dans le t6?). Comme expliqué sur le précédent article concernant Servitude, le tirage de tête à venir est vivement conseillé pour profiter pleinement de la finesse des extraordinaires dessins…

Après le siège d’Al Astan qui a vu la fuite des Fils de la terre, après  l’exil des Drekkars accompagnant l’Hégémon Sekal d’Aegor et les esclaves Riddrak libérés, toutes ces factions semblent se diriger vers Shalin, la cité sortie des sables du désert. Là, alors que le navire Iccrin transportant F’lar et Kiriel atterrit en catastrophe, une rude négociation commence entre les différents peuples. Le félon Othar de Vériel commence le siège de Shalin et Sékal commence un intriguant voyage solitaire aux confins du désert…

Le cinquième tome de Servitude est là, tragiquement car ce devrait être le dernier (zut) et que c’est finalement l’avant-dernier (youpi): les auteurs expliquent en petite post-face qu’ils ont été contraints de scinder le dernier album en deux parties pour éviter de repousser la sortie d’un volume de 100 pages. Personnellement cela ne m’aurait pas gêné mais l’on peut imaginer que l’éditeur a souhaité une telle solution. 9782302065055_pgPas grave, on replonge dans le royaume des Fils de la terre et l’on ne va pas s’en plaindre. A la fermeture de l’album la frustration est immense. D’abord par-ce que cet album coupé en deux ne se clôt pas vraiment (logique). Mais surtout par-ce que le rythme reste celui adopté depuis le début: lent mais fourmillant de détails, mystérieux, soulevant autant de question qu’il en pose. Comment vont faire les auteurs pour boucler avec brio un tel monument? Personnellement je leur fais confiance étant donné le sans faute total de cette série.

Cet album est un peu différent des autres puisqu’il s’agit principalement de discussions entre seigneurs et chefs de guerre (Vériel et les Drekkars, les mercenaires qui l’accompagnent, le chef Riddrak et le roi Arkanor,… Peu de découverte ethnologiques cette fois hormis les magnifiques passages muets montrant des éléments de la vie pratique des gens de ce monde (cuisson des briques, marchands dans leur échoppe, gestion de l’eau). Car l’une des spécificités de cette série c’est l’intérêt tout particulier porté au détail et à la cohérence de chaque société. C’est en cela que je la comparais à l’œuvre de Bourgeon. Alors oui il y a des batailles toujours excellemment bien menées, il y a des paysages contemplatifs, un peu moins de décors (on est dans le servitudet5-4.jpgdésert) mais des trognes toujours incroyables (et très balafrées!). Tout est frustrant dans Servitude, avec des auteurs maîtres de l’ellipse, qui permet sans doute de tenir cette intrigue et cette ambiance si particulière. Le combat s’interrompt au premier coup d’épée, des personnages charismatiques disparaissent brutalement (là encore un peu de Game of Throne), des scènes muettes intrigantes restent sans explication, des personnages majeurs n’intervenant que sur une page… On voudrait le même espace que celui dont a joui Bablet sur Shangri-la, des volumes de 80 pages… mais le travail incroyable déjà accompli aurait sans-doute signifié des attentes de 5 ans par album.

Dans Shalin l’on comprend un peu mieux les intérêts des différentes factions et notamment les évènements du tome 3 (qu’éclairent pas mal les bonus intégrés au second tirage de tête rassemblant les tomes 3 et 4). Mais Servitude est un tout formidablement ficelé et plus qu’aucune autre série il est conseillé de lire l’ensemble des tomes depuis le premier. Une telle maîtrise scénaristique sur plus de deux-cent pages au total est vraiment un tour de force. Pas un plan, pas une phrase, pas un arrière-plan n’est inutile, tout se tient, tout se relie. Vous pouvez avoir une phrase ou une scène graphique illustrant ou expliquant une séquence du tome 1 ou 3 par exemple. Quel plaisir pour le lecteur que de voir une telle harmonie! Ce tome illustre également la complexité des personnages, sans aucun manichéisme. Toute décision s’explique, toute trahison est logique selon la morale du personnage. Hormis Othar de Vériel il n’y a pas réellement de méchant dans Servitude. Car l’objet de la série est bien la servitude volontaire de ces différents peuples auprès du Créateur dont l’intervention pointe enfin dans les toutes dernières cases…

11887859_879954945387684_5514333905975523886_nServitude, je ne le dirais jamais assez, est une lecture totalement indispensable à tout amateur de BD, quel que soit son genre de prédilection. Une lecture relativement exigeants, qui demande de s’immerger dans un monde total (je renvoie à mon précédent billet sur ce point). Je ne mets pas 6 Calvin par-ce que j’ai pas le droit mais bon… 🙂

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mo