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Manga en vrac #20: Carol & Tuesday #1-2 – The cave king #1 – Alma #2-3

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  • Carole & Tuesday (Yamataka/Nobi-Nobi) – 2019-2021, série terminée en 3 tomes.

mediathequeCarole & Tuesday est à l’origine une série d’animation  en une saison, du studio d’animation Bones (qui produit My Hero Academia et autrefois Fullmetal Alchemist), visible en France sur Netflix. Simultanément une version manga est lancée, faisant de la licence un crossmedia.

Série très courte, C&S m’a attiré par son graphisme et l’univers de la musique. Et j’ai été très surpris en déroulant les premières pages (le manga se lit très vite) de voir un contexte SF puisque l’environnement est une planète Mars colonisée et où l’intégralité des industries culturelles sont le fait d’IA. Avant d’entamer les aventures très Shojo des deux filles issues de milieux radicalement opposés (l’une est une émigrée, l’autre une fille de la haute bourgeoisie), on saisie directement la critique très intéressante des industries musicales actuelles qui imposent à une jeunesse formatée des tubes formatés à coups d’Autotune. Si le titre reste bien gentil et très prévisible, le graphisme est plutôt élégant et l’idée de suivre deux jeunes passionnées confrontant leur passion et leur sincérité à une industrie déshumanisée m’a bien plu. Au final C&S est un titre sans prétention mais qui plaira à son public cible (une histoire de copines…) avec quelques perches pour les faire réfléchir un peu à ce qu’elles consomment.

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  • The cave king (Demise-Naehara/Doki Doki) – 2021, série en cours, 2/2 volumes parus.

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Merci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance!

thecaveking-1-dokiAprès le sympathique Shangri-la Frontier chez Glénat je tente un autre shonen formaté pour les gamers avec ce Cave King qui ambitionne de proposer une histoire manga reprenant les codes des Mining-games comme Minecraft. Et je dois dire que sur ce premier volume le concept prend plutôt bien en évitant les longueurs dans une mise en place extrêmement simple (aussi basique qu’un scénario de jeu vidéo) mais très fun. En sautant carrément l’étape d’introduction on comprend que les auteurs ne vont pas traîner en route et enchaînent les découvertes de pouvoirs qui permettent au héros de se comporter comme un joueur de Minecraft et de miner et façonner son île (on devrait plutôt dire « rocher »). Le dessin n’a rien de transcendant mais reste lisible, dans le style type de la fantasy avec quelques bébêtes et une bande de gobelins qui fait office de compagnons pour le personnage. Du coup même s’il manque une intrigue on ne s’ennuie pas, ça rebondit sur une bonne dizaine d’étapes sur le modèle de DR. Stone et la lecture avance sans forcer, à fortiori pour un public Shonen et encore plus pour de jeunes gamers. Très sincèrement, si l’on enlève la comparaison graphique, ce titre n’a pour le moment pas grand chose à envier à la série post-apo de Boichi. A suivre…

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  • Alma #2-3 (Mito-Panini) – 2019-2021, série terminée en 4 tomes.

couv_431117Toujours partant pour une nouvelle aventure SF post-apo avec des machines, j’avais plutôt accroché avec le premier Alma, série courte qui se termine en novembre avec le quatrième tome. Bon format pour une histoire simple je dirais. Je dois dire que si l’introduction, assez linéaire, était fort alléchante, le second tome se complexifie en développant l’univers post-apo fait d’une post-Union européenne dominée par la Russie, la Turquie et l’Allemagne, dans une dernière cité humaine protégeant les quelques centaines de milliers de survivants aux grandes guerres du passé contre les Gajin, ces androïdes dont le système de sécurité a sauté jadis, ce qui a provoqué le génocide… On pardonnera à l’auteur dont c’est le premier manga les quelques difficultés du dessin, notamment anatomiques pour se concentrer sur une volonté de décrire de très beaux designs de vaisseaux et bâtiments et de densifier le background. Côté construction en revanche, comme souvent en SF, la structure faite de visions déstructurées et de bulles à l’auteur pas toujours clair complique la lecture pour pas grand chose mais en créant un ralentissement inutile. Quelques scènes d’actions (pas toujours justifiées) viennent pourtant mettre du rythme jusqu’à l’assaut final du tome trois qui nous rappelle la rage désespérée du final de Matrix. L’épilogue attendu viendra apporter des réponses finales attendues après un cliffhanger assez sympa et des révélations pas révolutionnaires mais cohérentes. Oeuvre perfectible, Alma manque quelque peu de questionnements philosophiques pour hisser son propos, mais arrive à sortir du tout venant par quelques qualités réelles qui plairont aux amateurs de SF. Les autres pourront plutôt se reporter sur des oeuvres plus matures comme Heart gear ou Origin.

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Toilet-bound Hanako-Kun #1-2

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Manga de AidaIro
Pika (2015) 2019, 192p./volume, série en cours, 2/15 vol. parus.

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Parmi les 7 mystères de l’école Kamome, une rumeur court qu’un esprit habitant dans les toilettes pour filles du troisième étage exaucerait n’importe quel vœu… La jeune Nene Yashiro, peu sure d’elle, souhaite plus que tout se faire aimer d’un garçon de l’école. Mais lorsqu’elle rencontre l’esprit Hanako elle réalise que tout n’est pas si simple et que toute décision entraîne des conséquences. La voilà rapidement liée à ce fantôme qui garde bien des mystères sur le monde paranormal qui régit cette école et ses rumeurs…

Toilet-bound Hanako-kun tome 1 et 2 : La valse des esprits farceurs -  Esprit OtakuLorsque mon partenaire Pika m’a proposé de découvrir sa nouvelle licence je n’étais pas certain d’être le bon public pour ce type de manga, commençant à avoir l’habitude des brouettes d’œuvres sur mesure à l’humour un peu facile. Première surprise en entamant ces deux premiers tomes, la simplicité avec laquelle on pénètre ce monde et ses personnages, la fluidité avec laquelle tout est introduit sans avoir le sentiment que la culture japonaise est décidément si lointaine. Les auteurs derrière le studio AidaIro maîtrisent très bien les techniques de narration et lancent leur histoire sur le rythme d’une histoire courte… alors qu’elle comporte déjà quinze tomes au Japon! Avant dix pages on sait déjà qui sont les deux protagonistes principaux qui vont servir de cadre à la série (avant l’arrivée d’un troisième larron en la personne d’un apprenti exorciste pas encore bien à l’aise avec sa mission familiale): devenue très vite assistante de l’esprit farceur Hanako, ils entament tous deux la résolution d’enquêtes mystiques pour résoudre des mystères. Le schéma est classique: un esprit renferme un drame passé et se venge sur les vivants, il faut donc découvrir la source du mal, en lien avec les amis de Nene.

➤ [ Toilet-Bound Hanako-kun: Pilot, Ch.2 ] | Hanako kun, Toilet bound hanako  kun, HanakoL’autre bonne surprise repose sur un humour très frais, accessible et basé sur un second degré et une répartie très percutante. On sourit très souvent et volontiers à la lecture de ces histoires courtes. Les auteurs prolongent graphiquement, comme ces navets qu’on voit apparaître de ci de là après que Nene ait été éconduite par un garçon qui lui trouve des jambes de… navet! Étrange amalgame qui ne viendrait pas à tout le monde et qui permet, sans appuyer, de légers running-gags. Le fait que Nene passe son temps à récurer les toilettes où habite l’esprit est en soi décalé, sans besoin que les AidaIro n’ait besoin d’appuyer. L’esprit facétieux de Hanako permet par ailleurs de créer une atmosphère bon-enfant et des situations amusantes.

Graphiquement les planches semblent assez basiques, simples, avant de réaliser la qualité des encrages et une profondeur de décors et de détails que l’on ne perçois qu’une fois bien dans l’histoire. On reste dans un style pas hyper original très shonen mais techniquement remarquable.Avis manga : Toilet-Bound Hanako-kun - Tome 1 - A la une

Au final je ressors tout à fait enthousiaste après cette lecture qui plaira à tout public, avec la réserve que l’humour n’est pas le même selon les ages et que les plus jeunes resteront peut-être plutôt sur l’aspect chasse aux fantômes avec quelques moments qui peuvent impressionner avec une certaine noirceur (sans jamais tomber dans le sordide). L’équilibre entre mystère, relations collégiennes et humour est parfaitement équilibré. A voir si cet équilibre et l’intérêt se maintiennent sur plus de dix tomes une fois les sept mystères résolus.

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Manga en vrac #14: L’atelier des sorciers #8 – survivor’s club #1- Outsiders #2

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  • L’atelier des sorciers (Shrahama – Pika) – (2020) 2021, série en cours, 8/8 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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Après un billet découverte enjoué et un gros billet de rattrapage, on prend une vitesse de croisière sur cette sublime série qui emprunte à l’ambiance graphique des dessinateurs italiens classiques. Avec une réalisation loin de la frénésie d’un Boichi sur Dr. Stone (qui ponds tout de même cinq volumes par an!!!) l’édition française apprend la patience puisque nous suivons de près la parution japonaise (qui sort tout de même deux volumes par an).

Ce volume marque une pause assez conséquente dans l’intrigue puisque de retour dans l’atelier, Coco se retrouve à travailler avec Tarta, le jeune artisan qui a enfin décidé de devenir sorcier. Les deux apprentis vont ainsi travailler à aider le jeune garçon dont les jambes avaient été écrasées lors de l’incident de la rivière du tome deux, en attendant de se rendre à la Fête de la Nuit d’argent. Dans cet intermède Kieffray et les amies de coco disparaissent pratiquement de l’intrigue pour laisser la place à un pure shonen où les enfants vont disserter du rôle de la magie, de l’amitié, des rêves de progrès etc.

Ca reste très beau à regarder, avec tout de même le développement de quelques personnages nouveaux (et fort mystérieux…) et l’on sent le doigt de l’autrice qui nous rappelle les risques pour les jeunes sorciers de vouloir se soustraire des règles d’utilisation de la magie (pour rappel il est interdit de ressusciter et même soigner par la magie). Cet épisode n’est donc pas inutile et a son rôle dans la progression psychologique de Coco… mais ne vous attendez pas à de grands moments d’action ni de paysages fantasmagoriques. C’est donc très sage, avant sans doute un rebonds dès le prochain volume prévu pour la fin d’année.

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  • Survivor’s club #1 (Aosei/Anajiro – Delcourt) – (2017) 2020 série en cours, 1/3 volumes parus.

Une vague de human-bomb survient dans les lycées japonais… L’une des victimes trois ans auparavant, réunit d’autres victimes pour leur dévoiler ses découvertes sur un lien entre tous ces élèves harcelés désespérés au point de vouloir emporter leurs camarades dans la mort…

La jeune équipe de cette trilogie (le dessinateur a une autre série en cours éditée chez nous par Ki-oon et le scénariste en est à sa première réalisation) nous convie dans la problématique du harcèlement scolaire colorée de la violence sociétale japonaise et de la difficile sexualité des lycéens.  Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre il ne s’agit ni réellement d’un survival ni d’un battle royal, mais bien d’un thriller psychologique où un jeu malsain s’installe entre une preneuse d’otage et des élèves sommés de se dénoncer les uns les autres dans des détails bien sordides. On aborde les pulsions sexuelles cachées et la vie en société plus que le harcèlement proprement dit (qui est ici évoqué à des niveaux assez graves!). Le scénario malin met en parallèle la discussion d’une victime-enquêteur qui tente de confondre d’éventuels complices de celui qui a emporté son bras dans son acte kamikaz, et l’action en directe de la prise d’otage. On est assez mal à l’aise devant toute cette malveillance mais sur le point de l’intrigue on peut dire que c’est efficace et qu’on a bien envie de savoir comme cette affaire va tourner, d’autant que le format court implique une avancée rapide et une intrigue relativement simple.

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  • Outsiders #2 (Kanou – Ki-oon) – 2021 série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

outsiders-2-ki-oonJ’avais bien accroché sur le premier tome de cette série originale de chez Ki-oon (dont le premier volume est sorti début 2021), notamment sur un humour bourrin qui donnait une saveur sympa au duo vampire/garou et le développement d’un background qui évitait la fréquente temporisation inhérente au format long des manga. La chute laissait entrevoir des enquêtes fantastiques faisant qu’on avait hâte de lire la suite. Malheureusement ce second tome s’avère assez décevant en bifurquant vers du Shojo pure jus où l’héroïne Ema passe son temps à s’intéresser aux problèmes des copines et sa sœur aux relations, qu’elle croit homosexuelles, des deux êtres fantastiques. D’ailleurs la relation homosexuelle est traitée de façon étonnamment normale dans un manga qui n’est pas spécifiquement Yaoi, avec par exemple deux filles dont on nous parle du mariage sans commentaire particulier. L’histoire laisse un peu de côté l’agence de détectives (alors qu’on venait d’apprendre la vrais nature de l’alliance entre le vampire et le garou) pour nous parler des thématiques classiques de lycées: harcèlement, mal être, jeunes abandonnés par leurs parents, performance sportive,… Ce qui m’avait accroché dans le premier volume, les dessins chargés et l’humour lié aux deux personnages masculins est totalement mis de côté et on avance assez laborieusement vers un démarrage d’enquête autour de deux cadavres retrouvés et qui obligent Ema la curieuse à se lancer dans des recherches. Je n’ai pas compris pourquoi il fallait un tome entier pour commencer une enquête, qui est tout de même l’intérêt premier de cette série… ou pas? Il faudra donc attendre le prochain volume pour voir vers quel genre s’oriente Outsiders car entre les relations adolescentes et les enquêtes paranormales on n’est pas tout à fait sur le même public…

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Dr. Stone #12-14

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Manga de Riichiro Inagaki et Boichi
Glénat (2020), 14/19 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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Le royaume de la Science a pris la mer en direction du signal et découvre une ile occupée par un peuple impliqué dans la pétrification… 

Attention, Spoilers!

Scan Dr. Stone 102 VF scan • one piece scanNous retrouvons Senku et le royaume de la science dans le douzième tome, partis pour bâtir un gigantesque voilier à moteur destiné à les emmener vers la source de la pétrification. Cela prendra un an, ce qui nécessite plusieurs pages d’ellipses en forme de reportage journalistique permettant de jolis montages graphiques. S’ensuit une grosse révélation sur la pétrification, que l’on n’attendait pas de sitôt, avec un cliffhanger de la mort qui tue! Cela ne veut pas dire pour autant que l’histoire s’accélère car comme à leur habitude les auteurs s’arrêtent à chaque teasing pour un retour en arrière ou un détour dans une nouvelle séquence. Chaque prétexte est bon pour une invention! En introduction Boichi nous rappelle sa passion et sa précision pour tout ce qui est technique, en écho à sa série parallèle, Origin. En fin d’ouvrage, outre les habituels courriers des lecteurs, Glénat nous propose un mot croisé.

Le treizième tome se concentre sur la préparation cosmétique de Kohaku qui doit infiltrer les nouveaux adversaires qui ont à nouveau pétrifié leurs compagnons. Si cela permet de développer des infos sur la chimie naturelle des crèmes, rouges à lèvres et sur la biologie des cheveux ce n’est pas la séquence la plus passionnante même si l’humour (graphique notamment avec une Kohaku décidément craquante!)  est toujours là. Ce volume comprend donc quelques longueurs  même si le rythme reste très rapide et le découpage haché comme depuis le début de la série. Maintenant que les mécanismes sont entendus, les ados adorent cet univers qui correspond parfaitement à leur univers à la fois moderne, décalé et en interrogation. Les ventes affolantes de cette série ne sont donc absolument pas surprenantes pour un Shonen qui rassemble tout ce qui peut plaire à son public cible.

Le quatorzième volume des aventures de Senku et ses amis voit un nouveau drame alors que l’élixir de dé-pétrification a enfin été créé… Car outre l’infiltration du sérail par Kohaku il va être nécessaire de récupérer tous les morceaux des statues de leurs amis, brisées et jetées à l’eau par le royaume pétrificateur! Une bonne occasion d’inventer la bouteille à oxygène avant de pouvoir s’atteler à la création d’un drone capable de récupérer l’artefact Medusa, procurant le pouvoir de changement des corps en pierre. Outre la surprise de ce qu’est Medusa on va apprendre également les véritables équilibres entre les dirigeants du royaume pétrificateur et l’intervention toujours aussi fun de Gen le mentaliste… Si les auteurs étirent toujours leur propos entre séquences grotesques, bavardages pédagogiques et courtes séquences d’action, ils avancent résolument dans notre compréhension de la cause de tout, avec de nouvelles révélations très surprenantes! Comme toute bonne série, le lecteur est complètement accaparé par un verbiage et un montage particulièrement touffus qui ne laissent pas une seconde pour se demander où l’on va. Les problématiques naissent et disparaissent très rapidement et le nombre de séquences d’un seul volume reste assez impressionnant.

On sort de ces trois volumes avec l’impression d’en avoir beaucoup appris tout en n’étant encore que peu avancé dans l’intrigue. Paradoxe d’une série qui semble avancer au plaisir immédiat des auteurs (et des lecteurs) et qui semble toujours en avoir beaucoup sous le coude malgré les réticences à en révéler trop et trop vite.

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Fullmetal alchemist (perfect edition) #3-4

Manga de Hiromu Arakawa
Kurokawa (2020) – Square Enix (2002), env. 260 p./volumes. Série finie en 27 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Voir le descriptif sur la critiques des deux premiers tomes.

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Le récent combat qu’ont mené les frères Elric entraîne des questionnements existentiels sur leurs objectifs et leur être même. Alors que leur amie d’enfance Winry se mobilise pour redonner à Edward l’usage de son automail, leurs deux frangins partent en quête de leur maître et de l’origine de leurs problèmes et de leurs pouvoirs…

Fullmetal alchemist perfect #4 • Hiromu ArakawaAprès deux premiers tomes plutôt engageants ma découverte a été freinée par un tome trois que j’ai trouvé assez faible en se cantonnant à de l’humour très nippon et en laissant complètement de côté tout antagonisme liés à l’assassin Ishval ou à la mystérieuse méchante alchimiste déjà entrevue plusieurs fois subrepticement. Hormis une séquence en mode thriller avec l’un des officiers de l’armée, on a un rythme assez lent très axé sur les relations entre personnages, les bons sentiments un peu mièvres, avec toujours ces arrière-plans très dépouillés… avant le départ des frères Elric vers leur maître.

Alors que je m’interrogeais sérieusement sur ma volonté de continuer une aventure plutôt axée humour et vers de jeunes lecteurs, le quatrième volume m’a complètement remis le pied à l’étrier en donnant le sentiment d’un véritable départ pour cette série. A la fois graphiquement et scénaristiquement, ce long flash-back narrant les événements qui ont conduit les frères à devenir de puissants alchimistes crée un sacré saut qualitatif et fait dérouler la lecture jusqu’à cette séquence très puissante de la tentative dramatique pour retrouver leur mère. Si l’humour reste Full Metal Alchemist Perfect T.4 "Manga BD" - Les Chroniques de Madokatrès efficace (on rit sans forcer), la tension dramatique est sans commune mesure avec les précédents chapitres et l’on se dit qu’avec cette galerie de personnages maintenant posée et intéressante, ce background de guerre civile encore assez mystérieux et l’origin story des frères Elric résolue on va pouvoir passer aux choses sérieuses et affronter ces méchants dont on ne sait encore rien. Surtout, on comprend mieux le cheminement narratif précédent visant à aborder discrètement les questions de la Vie et de l’humain dans une quête alchimique qui était jusque là totalement assimilée à de la magie mais qui soudain se raccroche à la mythologie historique autour de ce concept et de la symbolique de l’ésotérisme en général.

Ce démarrage inégal confirme la dimension shonen jeunesse d’un manga avec une absence de linéarité narrative qui peut ennuyer sur certains chapitres. On saisis pourtant le potentiel de cet univers et pour peu que Hiromu Arakawa passe résolument la seconde on risque de partir pour une excellente aventure dans une édition de grande qualité matérielle.

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Alpi, the soul sender #1

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Manga de Rona
Ki-oon (2020), 1n&b, 160 p. environ, 2/4 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

Petite surprise à la prise en main de ce premier volume à la jaquette magnifique dont l’élégance se prolonge dans les planches intérieures: elle est une simple impression numérique sur papier épais… On pourra voir dans cette idée une démarche écologique pour éviter une jaquette plastifiée comme sur la quasi-totalité des mangas… mais cela implique une fragilité certaine de l’objet. Évitez impérativement de vous promener avec cet album dans le métro! Hormis cette remarque, l’album ne comprend pas de bonus hormis la (magnifique) description des quatre créatures divines (imprimée sur la couverture du bouquin) que nous allons rencontrer dans ce premier opus. couv_401482 Lorsque Dieu envoya ses créatures saintes propager leurs bienfaits sur terre, les communautés humaines ne se doutaient pas que cette bénédiction recouvrerait une malédiction: lorsque ces animaux magiques arrivent en fin de vie ils propagent autour d’eux des miasmes détruisant la vie qu’ils ont contribué à créer. Les soul senders sont alors formés pour purifier ces carcasses en en libérant l’âme. Alpi est une soul sender… et c’est une enfant.

Après avoir découvert avec délectation le phénomène L’atelier des sorciers je peux vous annoncer que cette nouvelle série publiée originalement en webcomic au japon n’a pas à rougir devant le manga de Kamome Alpi the Soul Sender tome 1 : un devoir de la plus haute importance -  Esprit OtakuShimahara. Si l’univers des Shojo ne m’intéresse guère, comme dans la BD franco-belge les manga d’autrices proposent une sensibilité vraiment intéressante qui semble compenser certains marqueurs comme le sadisme ou les créatures organiques dont sont friands nombre de mangaka hommes. Comme pour l’Atelier ou Centaures, Alpi intègre dans son projet une esthétique particulièrement poussée sur des costumes et des décores notamment, appuyée sur une technique graphique franchement impressionnante. La précision des détails laisse ébahi en constatant qu’aucune case n’est laissée dans une économie d’arrières-plans. L’esthétique est partout dans cette itinérance d’une jeune fille déterminée à assumer sa fonction purificatrice malgré les souffrances que cela implique. La recherche des parents, l’acolyte bien plus âgé qu’elle, rappellent des thématiques classiques des liens entre génération et l’omniprésence du thème de la nature et de ses Esprits nous plonge dans ce que Miyazaki a popularisé en Occident.

Un peu comme pour le début de Fullmetal Alchemist, on a droit sur ce démarrage à une histoire par chapitre (soit quatre) avec des pages d’interludes permettant de développer un peu les a-côtés des rituels proprement dit. L’histoire avance donc peu puisque l’essentiel du propos est de nous montrer le déroulement des purifications, leurs conséquences et les risques que prend Alpi. Les groupes humains ont tendance à abuser du pouvoir de ces soul senders pour leur confort personnel et le vieil homme qui l’accompagne essaye de la préserver de ses obligations. Ce premier volume est donc principalement axé sur la découverte du monde, des superbes décors et le design absolument superbe des créatures comme des artefacts. Assez modeste, ce tome est néanmoins une très belle entrée en matière qui peut tout autant se prolonger vers une quête que sur d’autres successions d’historiettes. Laissons le temps à la série de s’installer et d’introduire du drama et profitons de ces incroyables dessins et d’un monde que l’on ne demande qu’à découvrir avec Alpi. A noter que si ce titre est indiqué Seinen, il est pour moi tout à fait adapté aux jeunes lecteurs et plus proche de l’esprit Shonen. note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1
****·Comics·Guide de lecture

Les meilleurs albums Valiant

J’ai découvert l’univers des super-héros Valiant assez tôt après avoir lancé le blog et grâce à l’activité très dynamique de l’éditeur Bliss Editions j’ai pu lire un certain nombre d’ouvrages en numérique entre les secondes et troisième génération des héros.

Valiant est une maison d’édition fondée dans les années 90 et basée au départ sur des licences d’adaptation de jeux-vidéos en comics. Rapidement des personnages super héroïques originaux apparaissent, avec des dessinateurs comme Joe Quesada… Après une disparition et une recréation dans la foulée, les licences sont relancées à plusieurs reprises (X-O Manowar, la version Valiant d’Iron man, en est actuellement à sa troisième version). En France, Panini disposait de la licence avant de l’abandonner. Cette licence est reprise par Bliss comics en 2016 qui ressort d’anciennes séries avant d’enchaîner sur les relaunch qui font montre d’un saut de qualité graphique notamment tout à fait notable chez Valiant. Avec un catalogue d’auteurs non exclusifs (la plupart ont travaillé chez le Big Two) mais fidèles, souvent non américains, des Lewis Larosa, Raul Allen&Patricia Martin, Renato Guedes, Ariel Olivetti ou Trevor Hairsine, proposent une qualité graphique moyenne bien supérieure aux publications de Marvel et DC. Le faible nombre de titre et le fait que de petites équipes travaillent sur une série dans son intégralité aident en cela.

Thomas, le spécialiste de Valiant de la blogosphère m’a beaucoup aidé à m’immerger dans cette galaxie de héros plus ou moins reliés. Avec pas mal de critiques de ce catalogue sur l’Etagère je m’autorise donc à vous proposer un petit florilège des meilleurs albums du catalogue. Je précise que je n’ai pas encore lu les suites de Harbinger, Imperium et Vie et mort de Toyo Harada (critique sur tout l’arc prochainement), considérés par certains comme la colonne vertébrale de cet univers que je vous invite à découvrir!

Je précise également (ce n’est pas un détail!) que les éditions Bliss font un boulot remarquable en proposant à des prix défiant toute concurrence de très épais volumes absolument gavés de bonus graphiques et de création. Quasiment tous leurs bouquins sont un sans faute sur le plan éditorial…


  • Pour démarrer le mieux est de lire The Valiant, véritable porte d’entrée que vous pourrez prolonger par l’excellent Bloodshot Reborn (bien meilleur que la série originale). Bloodshot Salvation (la suite de tout cela) commence très fort avant de faiblir fortement sur le dernier volume.

the-valiant-couverture-bliss-comics Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est couverture_bloodshotreborn_integrale_rgb-600x923-1.jpg bsalvation_1_couv_recto_rgb-600x923

  • Divinity est pour moi la mini série la plus puissante, peu reliée au reste et qui se prolonge par Eternity.

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  • Côté psiotiques Secret weapons est vraiment chouette mais peut nécessiter de lire Harbinger avant pour être introduit dans ce monde de mutants. Blackout est très réussi en format crossover (lire donc Secret weapons, Ninjak et Bloodshot avant).

couv_332550 Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est COUVERTURE_HW2-600x924.jpg

  • Le monde de Shadowman est ce qu’il y a de plus original chez Valiant et pour une fois la première série est aussi forte que la seconde (et un peu plus complexe), avec le très sympathique Rapture à lire dans la foulée.

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  • Enfin, X-O Manowar est magnifique visuellement, comporte quelques séquences très réussies mais outre le fait de ne pas être introduit si vous n’avez pas lu la précédente série, a une trame très linéaire finalement assez faible. A réserver pour la fin une fois que vous aurez découvert des pans plus grand public de ce catalogue.

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***·Jeunesse·Manga

Fullmetal alchemist (perfect edition) #1-2

Manga de Hiromu Arakawa
Kurokawa (2020) – Square Enix (2002), env. 260 p./volumes. Série finie en 27 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Sortie en 2001 au japon, la série comporte 27 volumes (un des tous premiers manga publiés par Kurokawa à partir de 2005) et 13 volumes d’intégrales (regroupant 2 volumes volumes par album) sortis à partir de 2012. La présente édition est « remasterisée » et propose un superbe papier glacé, un format plus grand, de jolies illustration couvertures qui réparent le tort causé par les vraiment pas belles jaquettes d’origine. On pourra jaser sur le passage de moins de 7 euros  à presque douze mais étant donnée la qualité de fabrication il est difficile de râler. Simplement dommage que l’éditeur arrête l’édition classique… en tant que lecteur je préfère quand plusieurs formats sont proposés mais on peut imaginer que c’est compliqué à gérer commercialement et puis les lecteurs ont quand-même eu une bonne vingtaine d’année pour le lire…

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Les frères Elric sont des alchimistes de renom. Châtiés par leur imprudence dans la manipulation magique,  ils se retrouvent pour l’un avec un bras et une jambe en moins, sans corps pour l’autre, dont l’âme est désormais rattachée par un sceau à une armure de métal. Ces deux adolescents parcourent le monde issu de la Guerre civile à la recherche de la pierre philosophale, seul moyen de récupérer leurs corps…

Fullmetal Alchemist (Perfect Edition) - (Hiromu Arakawa) - Shonen [KRAZY  KAT, une librairie du réseau Canal BD]Lorsque l’on cherche sur internet les meilleurs shonen jamais publiés on tombe inévitablement sur Dragon ball, one piece, Naruto et… Fullmetal Alchemist. Toujours un peu sur ma réserve lorsque je parcours des planches de manga jeunesse surtout lorsqu’ils ont vingt ans (!!), j’ai d’abord été séduit par l’habillage de cette Perfect edition qui vise à réediterdans une belle édition un classique. Un peu ce que fait Glénat avec Akira. C’est commercial mais aussi une manière de ne pas abandonner les classiques et de permettre aux nouveaux venus dans le manga de découvrir les grandes séries. Cette édition a pour atout essentiel sa taille et la qualité du papier, l’intérieur ne comportant aucun bonus autres que quelques croquis imprimés sur la couverture intérieure (sous la jaquette). Je suis toujours surpris de la frilosité des éditeurs français en matière de bonus quand on regarde les standards en comics (notamment chez Bliss et parfois chez Urban sur les gros volumes un peu chers). Je suis convaincu que le matériau (interviews, croquis préparatoires, etc) existe et il est dommage de ne pas profiter de ces belles éditions pour mettre le paquet. Bref.

Ces deux premiers volumes introduisent donc les aventures des frères alchimistes dans ce monde Steampunk où l’Alchimie fait office de magie. Si le style de dessin peut faire enfantin au premier abord (on est dans un shonen), dès les premières pages et le premier combat on est frappé par la technique de l’auteur. Avec des décors assez vides mais des noirs très présents, j’ai été plutôt conquis par ce dessin qui prend toute sa force sur les gros plans et les séquences d’action, assez fréquentes. L’intrigue, comme souvent dans les manga, commence par plusieurs courtes aventures qui font avancer l’histoire très discrètement mais permettent surtout de découvrir l’univers et notamment cette alchimie très sympathique visuellement. Le ton est assez sombre puisque dès la première planche couleur du prologue on voit Edward Elric, le fameux Fullmetal alchemist ensanglanté, avant que des méchants n’hésitent pas à désintégrer des protagonistes, les découper ou les exploser simplement dans une marre de sang. Aucune insistance sur la violence mais c’est plutôt le ton de ces deux orphelins parcourant un monde se remettant à peine d’une terrible guerre civile qui marque. Pour contrebalancer cela l’humour est très présent, notamment via le très réussi personnage d’Alex Louis Armstrong, aussi costaud qu’intelligent.

I laughed so hard when I read this part xD #ALex #Armstrong #Ed #Elric  #Ihavecomeforyou #FMAB #OhShit | AnimeAu bout de seulement deux volumes on est déjà bien immergé dans ce qui s’annonce comme une conspiration impliquant le gouvernement ou l’armée avec une méchante peu présente mais aux apparitions marquantes. Les pages de combat sont rudes, percutantes en proposant de puissants antagonistes à ce qui restent deux fragiles adolescents, tout surdoués en matière d’alchimie qu’ils soient. J’ai beaucoup aimé cette approche d’Arakawa qui évite ma mièvrerie et la simplification. Son monde est dur, les méchants ne sont pas des enfants de cœur et les affres de la guerre, la perversion des âmes et la douleur des corps mutilés ne sont pas cachés. Avec son apparence toute bonhomme, Alphonse, enfermé dans son armure n’en souffre pas moins et les mutilations régulières qu’il subit avec son frère sur leurs parties mécaniques ne sont pas anodines pour leurs jeunes psychés. Le manga reste pourtant lisible par des ado dès dix ans dans la veine de Dragon ball ou Dr. Stone que de One Punch man ou Death note. Cette première immersion confirme donc totalement la qualité reconnue de cette série, un vrai shonen, qui sait allier habillage jeunesse avec un propos intéressant et une approche de la magie plutôt originale.

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Dr. Stone #11

Salut les mangavores! On commence un week-end spécial Boichi avec d’abord la critique du dernier Dr. Stone, le Shonen qui cartonne, et demain ma poursuite de la magistrale série SF robotique Origin. Let’s go!

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Manga de Riichiro Inagaki et Boichi
Glénat (2020), 11/16 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Remarque amusante: l’éditeur commun à Dr. Stone et Dragon Ball Super a croisé les couvertures des deux volumes 11 de ces séries avec un thème commun: le pain. Aucun autre rapport que cet amusement des auteurs à partager une thématique graphique…

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Alors que la construction du navire devant les emmener à l’autre bout du monde se poursuit, Senku continue comme à son habitude à développer de nouvelles inventions. L’une d’elle va entraîner un bouleversement majeur dans sa connaissance de la pétrification…https://i.pinimg.com/564x/e5/ad/54/e5ad54e0539a2a9973e7a10f9b31a103.jpg

On retrouve dans ce onzième volume du Shonen best-seller ce qui a fait son succès: les découvertes et l’humour visuel des situations! Afin de nourrir l’équipage du navire un nouveau personnage est réveillé et commence à préparer de succulents petits plats au royaume des sciences… histoire de permettre à Boichi de faire parler son amour de la gastronomie! L’invention de la Montgolfière ne servait pas qu’à dessiner de beaux paysages mais à inventer la photographie aérienne permettant de repérer le champ pétrolifère nécessaire à lancer le bateau… Pendant ce temps l’agriculture est inventée ainsi que le sonar. Mais c’est bien en utilisant la radio que se produit l’événement majeur depuis le début de la série: on commence enfin à se rapprocher de l’origine de l’événement lorsqu’une voix apparaît dans l’enceinte… et la tension monte d’un coup en nous donnant très envie de tourner les pages et de passer au volume suivant! Les auteurs sont sans doute capables de beaucoup de circonvolutions encore avant le bouquet final mais le fait d’avoir désormais un horizon fait que l’on lit le manga de façon très impliquée. Si le premier arc posait comme seul objectif la victoire contre le royaume de Tsukasa, le nouveau nous donne une idée beaucoup plus claire de l’itinéraire des inventions et c’est tant mieux! Allez, on continue en se demandant quelles découvertes va nous expliquer Senku la prochaine fois… et on remercie Glénat d’avancer aussi vite dans le rattrapage de la série japonaise puisque l’on tient un rythme de quasiment un album tous les deux mois, ce qui devrait permettre de rattraper la publication originale à l’été prochain!

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Dr. Stone #10

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Manga de Riichiro Inagaki et Boichi
Glénat (2020), 10/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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La guerre est terminée et le royaume des sciences l’a emporté! Il est désormais temps de concentrer les forces physiques, techniques et intellectuelles sur un nouvel objectif: la découverte de la source du rayonnement qui a pétrifié l’humanité il y a des milliers d’année! Pour cela ils devront se rendre de l’autre côté du Globe… C’est l’ère des grandes explorations!

A l’occasion de la sortie du dixième tome (la productivité de Boichi est tout bonnement sidérante!) qui marque une grosse étape dans la série avec la fin effective de la première partie autour de l’affrontement entre le royaume de sciences de Senku et celui de la force de Tsukasa il est temps de faire un petit bilan d’étape.

Dr. Stone -10- Les Ailes de l'humanitéDr. Stone est la première incursion de l’auteur sud-coréen dans le Shonen, associé au scénariste Inagaki. Il peut ainsi mettre à profit son incroyable technique (je trouve notamment ses textures et ses encrages virant au pinceau magnifiques) sous contrôle en ne se vautrant pas dans le terrible fan-service qui rend sa série phare Sun-ken rock si inégale. Dans ma lecture des premiers tomes j’avais un peu oublié l’aspect Shonen et si j’avais beaucoup aimé l’aspect scientifique (assez unique il me semble dans la BD grand public…) j’avais trouvé l’intrigue et les dialogues un peu légers. J’insiste donc sur le fait que ce manga se destine à un public de jeunes… ce qui n’interdit en rien de l’apprécier lorsqu’on est adulte et lecteur coutumier de manga. Elle peut même être une porte d’entrée si vous voulez découvrir le manga et ses codes si particuliers. C’est un dessin agréable, facile qui vous permettra de vous familiariser avec cet univers culturel et si le pitch de départ est un peu WTF, l’approche des découvertes en mode jeu-vidéo est vraiment la qualité première de ce manga.

Dans ce dixième volume on passe donc véritablement un cap puisque les différentes intrigues annexes convergent maintenant que Tsukasa a été vaincu. Nous avions appris Scan Dr. Stone 85 VFvia les passages dans le passé avec le père de Senku que le rayonnement pétrificateur se situait en Amérique du Sud, aussi notre héro qui ne capitule jamais devant l’adversité entreprend un voyage en bateau de l’autre côté de la planète! Comme chaque fois on tique en se disant que cette fois ils va un peu vite en besogne mais entre l’annonce et la réalisation surviennent plein d’étapes permettant de découvrir de nouvelles étapes de la civilisation… matérialiste.

Si ce volume a les mêmes qualités que tous les autres je reconnais que pour la première fois j’ai tiqué sur l’apparition de l’argent et la présentation du pétrole comme formidable, sans que quiconque ne trouve à redire. Quand on met en parallèle la vision antagoniste très intéressante de Tsukasa qui estimait que la pétrification avait permis de purger le monde de ses perversions les plus graves (et notamment écologiques) on ne peut qu’espérer que les auteurs utilisent simplement cette découverte pour créer un nouveau méchant. A voir sur la suite mais le risque est très grand de transformer une série jeunesse très vertueuse en un plaidoyer pour la découverte technologie sans morale.

Je vous passe les différentes découvertes de ce tome et vous invite si ce n’est fait à découvrir cette série dont le succès est amplement justifié tant elle semble faite pour incarner l’essence du shonen.

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