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Wat la fée

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove , William et Jaquemoire
Bamboo (2021), 48p., one-shot…?

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Wat the fée ? Wat, la fée qui avait perdu ses ailes, planche du tome 1 ©  Bamboo Waterpouf est une fée des villes… A l'aise dans l'environnement  urbain, entre béton et bitume, suite à une rencontre avec un garnement  qu'elle avait reçu pour mission de ...Wat est une fée des villes. Mais lorsqu’au cours d’une mission elle se voit arracher ses ailes par accident, la voilà contrainte à un périple en Terre sauvage en compagnie de son ami Dorg le Troll, un endroit plein de dangers et d’habitants bien différents de ses fréquentations…

Salut Talia! Aujourd’hui on va parler d’une étrange BD qui nous rappelle beaucoup une autre série que l’on suit dans cette rubrique…

Effectivement, Cazenove et William sont les personnes qui font la série BD Les Sisters et Wat (la fée) a beaucoup de ressemblance avec Sammie, l’amie de Wendy. Un personnage semble également issu de Tizombi

Est-ce que tu as l’habitude des histoires fantasy? Sur quels albums?

Oui. L’un de mes styles de livre préférés est la fantasy et je lis beaucoup de romans (fantasy donc, notamment La Guerre des clans). En Bd, j’ai déjà lu Lanfeust, Thorgal…

Que peux-tu nous dire du format un peu particulier de cette (ces) histoire(s)?

Ce sont des sortes de mini-histoires avec une espèce de conclusion, bien que celles-ci s’enchaînent sur une histoire continue. On dirait des parties : comme si l’histoire avait été découpée.Wat -1- La fée qui avait perdu ses ailes

Il y a deux humains dans cette histoire… pas franchement sympathiques…

Au tout début deux enfants humains arrachent les ailes de Wat par mégarde. Ce sont deux gros débiles pourri-gâtés qui ne pensent qu’à jouer à la bagarre. Ensuite ils recherchent Wat et Dorg pour jouer avec et cassent tout en repartant…

Il y a un surprenant côté sexy dans cette BD jeunesse. Est-ce que cela t’a dérangé? Comment vois-tu les personnages féminin représentés dans les BD?

Ça ne m’a pas dérangé, j’ai l’habitude de de lire des BD et des manga où les filles sont souvent plutôt dénudées avec des gros seins. Ce sont des personnages imaginaires du coup ça ne me gêne pas que ce soit différent de la réalité. Dans les sisters ce sont des jeunes qui sont représentés, elles sont inspirées de vraies personnages, du coup c’est plus réaliste. Les fées sont souvent représentées parfaites!

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Merci Talia!

Voilà pour le retour de la fifille. Et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Entré dans l’univers des Sisters pour découvrir ce que lit ma fille et ce qui cartonne dans cette série, j’ai fait la connaissance avec Samy, la cops’ de Wendy que je croyais retrouver sous les traits de cette fée qui a perdu ses ailes… eh bien que nenni, rien à voir hormis le dessinateur qui a repris le faciès de son personnage secondaire. Résolument axé jeunesse, l’album qui ne Wat, la fée qui avait perdu ses ailes - BDfugue.comcomprend pas de tomaison mais laisse envisager très sérieusement une série, a un format hybride entre les gags d’une page des Sisters et l’histoire longue, entrecoupant les séquences par des sortes d’épilogue sépia qui évoquent une légende. On sait l’envie des auteurs de varier les plaisirs avec les super-sisters et ils se sont fait plaisir dans cette petite aventure en « terres sauvages » en compagnie du sympathique troll, en fuite devant deux adolescents débiles. L’album est du coup plus axé aventure qu’humour, avec de vrais méchants, de la magie et une transposition de la fée citadine à la campagne finalement pas si compliquée que cela. Si le thème voulu n’est pas vraiment exploité à fonds, les dessins que l’on connaît jolis et précis nous font passer un très bon moment, sans que l’on sache trop si William et Cazenove voudront développer leur univers ou s’arrêteront en route. Cette parenthèse est de toute façon bienvenue pour profiter de ces auteurs hors de leur cocon, en donnant envie d’aller zieuter un coup du côté de Tizombie et en se disant qu’ils pourraient un jour nous proposer une grande aventure plus adulte…

A partir de 7 ans.

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****·BD

Castelmaure

La BD!

Récit complet en 152 pages, écrit par Lewis Trondheim et dessiné par Alfred. Parution le 14/10/2020 aux éditions Delcourt

Histoires à dormir debout

Zéphyrin est un mythographe, dont la mission est de parcourir le royaume de Castelmaure, en quête d’histoires orales à retranscrire pour la postérité. Ainsi, il s’entretient avec qui y consent, pour écouter les récits des anciens et forger l’Histoire du royaume. 

Il y a quelques années, Zéphyrin s’était donné une mission bien particulière: celle de retrouver le Roi Eric, monarque adoré par son peuple, disparu dans de mystérieuses circonstances. Après avoir fait chou blanc durant dix ans, le mythographe s’est résolu à reprendre ses activités normales, mais les histoires qu’il entend ça et là ne font qu’épaissir le mystère autour de Castelmaure…

En effet, depuis que le Roi s’est évanoui dans la nature, laissant sa sœur Éléanore régner en intérim avec son époux Marcus, une incessante tempête s’est installée autour du château, qui fut dès lors déserté. Zéphyrin entend également parler du Chasseur Errant, que de nombreux sujets auraient aperçus dans les forêts, avec un sorcière acariâtre. L’historien entend également l’anecdote disant que toutes les femmes du royaume tombèrent enceintes le même jour, ce qui conduisit à de nombreuses tragédies et des enfants mort-nés…pour la plupart. 

Peu à peu, ces histoires singulières vont s’entrecroiser et se télescoper, pour former ultimement la légende de Castelmaure. 

Les parts de vérité dans le gâteau du mythe

On ne présente plus Lewis Trondheim, dont la bibliographie est jalonnée de succès critiques et éditoriaux. L’auteur nous plonge ici dans un récit choral au croisement du conte médiéval fantastique et du thriller, dans lequel chaque détail à son importance. A la manière d’un détective, Zéphyrin va faire office de fil rouge dans cette intrigue, dont les circonvolutions bien emmenées conduisent le lecteur vers un final satisfaisant où tout finit par prendre sens. 

Le scénariste convoque des thèmes connus, comme celui de la différence, d’autres un peu plus touchy comme ceux de la maladie mentale et du remord, le tout en cohérence avec le récit. L’album en lui-même y gagne donc en authenticité, grâce aux personnages bien campés et à l’alternance des situations, tantôts drôles, tantôt grandiloquentes et dramatiques. 

Certains arcs narratifs, notamment ceux de Théodore et Nathanaelle, trouvent une résolution un tant soit peu abrupte dans le feu de l’action, mais cela ne nuit pas à la cohérence du tout, qui conserve une allure de fresque maîtrisée de bout en bout. 

Le dessin d’Alfred réussit à lui seul à établir l’univers de Castelmaure, grâce à un trait épuré et à des décors qui laissent la plupart du temps admiratif. 

Sorti l’an dernier après avoir été repoussé, Castelmaure offre un plaisir de lecture conséquent pour qui aime les intrigues chorales et le ton décalé de Lewis Trondheim. 

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Le garçon-sorcière #2 et #3

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à treize ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic de Molly Knox Ostertag
Kinaye (2021), 208 p. série terminée en trois volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

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Tout semble rentré dans l’ordre depuis qu’Ariel participe aux enseignements magiques de la famille d’Aster. Tous deux continuent de voir Charlie et les cousins et vivent leur vie de collégiens faite de petits moments de bonheur partagés. S’annonce alors le Festival du Solstice sui désigne chaque année le Métamorphe du solstice et la sorcière du solstice. Ce moment festif de partage va réactiver des peurs et rivalités entre les enfants, alors qu’une menace venue du passé d’Ariel mets en danger cet équilibre…

Salut Talia. On se retrouve après un petit moment sur les deux albums qui concluent la série du Garçon-sorcière. Depuis tu as lu quelques autres histoires de sorcellerie, comme l’Atelier des Sorciers. Est-ce que tu peux comparer ces deux univers?

Ce sont des mondes très différents car dans l’un les sorts sont dessinés (secrètement) et dans l’autre ils sont parlés / dits / récités.

Résultat de recherche d'images pour "la sorcière du solstice ostertag"Les familles de Charlie et d’Ariel sont particulières…

Les parents de Charlie sont homosexuels (hommes) et Ariel ne connaît pas sa famille jusqu’à ce que sa tante la contacte (contre son gré) et lui donne un moyen de l’appeler.

Lors du festival du Solstice qu’est-ce qui dérange le grand cousin Métamorphe dans le fait qu’Aster participe au tournoi de sorcière?

Pour lui, les garçons doivent être métamorphes et les filles sorcières, et il ne devrait y avoir aucune exception. Le fait qu’Aster soit sorcière et non métamorphe le trouble.

Aster, Ariel et Sedge ont un point commun, lequel?

Ils ne suivent pas la même voie que leur famille. Ils paraissent « différents » , « anormaux »… aux yeux des autres: Aster devrait être métamorphe pour sa famille, Ariel devrait être une sorcière maléfique, Sedge était métamorphe et a choisi de côtoyer les humains normaux dans le collège de Charlie.

Selon toi pour quelle raison Ariel décide de partir avec sa tante en devenant soudain méchante avec ses amis?

Elle a peur de leur faire du mal et préfère aller là où elle est sûre de ne pas pouvoir les toucher. Elle pense peut-être réussir à apprendre à maîtriser ses pouvoirs pour être sûre de ne rien leur faire.

Du coup, entre Harry Potter, l’Atelier des Sorciers (et d’autres?) quelle série a ta préférence et pourquoi?

Je n’ai pas de préférence. L’Atelier et Harry Potter sont plus proches l’un de l’autre, le Garçon-sorcière est le plus différent mais j’aime aussi beaucoup.

Merci Talia! C’est fini pour les aventures d’Aster… Qui sait quelles aventures on va chroniquer la prochaine fois?

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Merci Talia tu peux retourner étudier ton grimoire!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "solcière du solstice ostertag"Après le très bon premier volume, ce qui est désormais une trilogie (clôturée) apparaît comme un vrai miracle de la littérature jeunesse de par la très grande subtilité et intelligence thématique de l’autrice Molly Ostertag. En introduisant le plus simplement du monde des personnages souvent qualifiés de « minorités », elle détourne le caractère de « normalité » avec une approche toujours très positive. Quand les deux papa de Charlie sont bien intégrés, l’un d’eux directeur d’école, ce sont les appartenances magiques qui créent à l’inverse des tensions d’intégration. Le second volume est le plus dur avec ce personnage de sorcière puissante de par sa rancœur intérieure (le « côté obscure de la Force »…) que la bonté d’âme et le positivisme omniprésent de Charlie va forcer à accepter l’aide et l’amitié des autres. Ce personnage est un axe central, de par sa force de caractère, autour duquel les autres personnages plus abîmés vont tourner.

Que ce soit l’identité sexuelle, l’homoparentalité, l’adoption et simplement la différence et la norme familiale, cette série parle aux jeunes avec simplicité, dans un graphisme pas si basique qu’il n’y paraît en montrant la différence de la meilleure façon possible: en la rendant normale. Du coup les problématiques des jeunes deviennes des difficultés de construction très classique chez les ado, faisant comprendre que ce qui est compliqué ce n’est pas ce qui sort de la norme, c’est le fait de savoir qui l’on veut être. Message hautement positif, jamais manichéen et qui fera du bien à tout ado et pré-ado, cette série pouvant se lire assez tôt avec les parents. Un classique!

A partir de 9 ans.

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****·Comics·East & West·Nouveau !

Batman: Curse of the White knight

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Comic de Sean Murphy et Matt Hollingsworth (coul.)
Urban (2020) – DC (2019), One-shot.

Suite directe de White Knight.

Parmi la foultitude de sublimes cover de l’auteur, Urban a choisi quelque chose d’assez banal… Franchement dommage! L’ouvrage s’ouvre sur un résumé de l’épisode précédent et se conclut par un gros cahier comportant les huit cover alternatives, seize planches de l’album crayonnées, six pages de recherches graphiques, cinq illustrations originales et une bio des auteurs. N’en jetez plus! Comme sur le précédent ouvrage c’est très gourmand! A noter qu’une histoire sur Freeze est insérée en intermède avant le chapitre final (… coupant franchement le rythme et sans lien avec l’histoire, je vous conseille clairement de ne le lire qu’à la fin de l’album).

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L’épisode Napier a rebattu les cartes à Gotham où Bruce Wayne semble plus déterminé que jamais à en finir avec sa double identité en se révélant à la population comme le Dark knight. Mais lorsque le Joker lance sur l’univers du Batman un chasseur mortel et fanatique, Bruce voit son monde s’effondrer et doit remonter aux sources d’un conflit séculaire à Gotham city…

Sean Murphy avait marqué un grand coup avec son White Knight et la suite très tôt annoncée était un sacré pari au vu du risque de s’embourber dans des prolongations commerciales qui risquaient d’affadir la prise de risque originale. La mythologie Batman a grandement évolué ces dernières années, plus que jamais sans doute pour un personnage vieux de quatre-vingt ans tout de même, et Murphy a avec son dernier ouvrage entamé rien de moins qu’une proposition de conclusion de cette histoire…

Napier a fait beaucoup de bien. Mais il m’a détruit pour y arriver…

Batman: Curse of the White Knight (2019) -8- Book EightDisons-le tout de suite ce second volume est un peu en retrait par rapport au précédent, la surprise en moins sans doute. Si la partie graphique reste de haut vol, notamment avec la présence très charismatique du méchant Azrael, variation DC du Punisher, mais surtout par le talent indéniable de l’auteur à croquer des expressions dans les scènes de dialogues (Harley et le Joker sont à ce titre tout à fait charmants!), l’intrigue est moins innovante. En faisant le choix de mettre au cœur de son intrigue l’histoire secrète d’Edmond Wayne et de la fondation de la dynastie Wayne, Murphy alterne les séquences entre le XVII° siècle et aujourd’hui. Cette fondation est intéressante mais l’on ne peut s’empêcher de penser qu’on nous a déjà fait le coup environ un million de fois, ne serait-ce que dans la Cour des Hiboux. Du coup l’auteur se retrouve, un peu pris à son propre piège de courir après les coups de théâtre pour compenser une intrigue secondaire (l’historique) nécessairement lente puisque calée pour se révéler progressivement jusqu’à la conclusion. Et à ce niveau on peut dire qu’on va être servi avec un Sean Murphy qui assume comme dans le précédent tome une radicalité et une liberté de traitement des personnages assez bluffant. Pour le dire clairement, ça saigne dans Curse of the white knight, ça saigne beaucoup et ça ne s’arrête pas! On pourra dire à nouveau que Game of Thrones est passé par là, ça devient la ritournelle dans un monde de l’Entertainment tellement habitué depuis si longtemps à avoir des personnages increvables. Des morts il y en a déjà eu, exceptionnellement, chez DC, mais toujours de façon réversible. Ici on est pourtant suffisamment décroché du canon officiel pour envisager un côté définitif aux décisions scénaristiques de l’auteur. Surtout c’est l’essence même du projet que de déconstruire, détruire le mythe. Ainsi, Jack Napier a révélé les failles du système Batman et cet album vise à achever cette destruction.

J’ai gâché ta vie Dick…

Ce sont ainsi les liens avec le premier volumes qui posent les séquences les plus intéressantes. Si on perd l’aspect politique sulfureux on va plus loin dans l’exploration du batverse et de son questionnement adulte. Le personnage de Harleen est en cela passionnant comme une sorte d’insertion rationnelle dans un monde de fou, ses interventions sont diablement drôles, sexy, fortes. Bruce est abimé comme jamais, affaibli psychologiquement en nous montrant tantôt Barbara, tantôt Nightwing, tantôt Harleen seuls à même de penser la situation. Le doute a été instillé par le Chevalier blanc plus encore dans l’esprit du Chevalier noir que dans celui de la population. L’ouvrage aurait pu s’intituler Batman Apocalypse car nous assistons à la destruction d’un monde et sa renaissance. Projet sacrément audacieux, cohérent et intelligent.https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH551/batman_cotwk_-_01-7cfbe.jpg?1603631934

Difficile de dire si Sean Gordon Murphy aurait dû s’arrêter au White Knight. Il a pris un vrai risque et s’il ne parvient pas à égaler ce désormais mythique album fondateur, il propose une suite sacrément burnée, graphiquement superbe et profondément dépressive (comme tout bon Batman?). Il enfonce un avant-dernier clou dans un univers dont il se propose d’être un magnifique fossoyeur en offrant une courageuse conclusion à tous ceux qui pensent qu’une histoire doit avoir une fin. Des renouvellements de personnages il y en a toujours eu chez les super-héros, Marvel est un spécialiste de cela et personne n’a d’inquiétude sur la possibilité de repartir avec un nouveau personnage. La véritable conclusion de la trilogie doit arriver après que Murphy aura lancé son nouveau projet indé en crowdfunding, avec Beyond the white Knight. Mais Murphy croit à sa fin et moi, je le suis très volontiers.

Le « Murphyverse » prévoit d’autres histoires dans cette chronologie, avec prochainement un album dessiné par Matteo Scalera sur Harley Quinn mais également des ouvrages sur Nightwing et Batgirl annoncés.

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Les sisters #15: fallait pas me chercher!

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!


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BD de Cazenove et William
Bamboo (2020), 48p., série en cours, 15 tomes parus.

Le billet sur le tome 14 détaille l’édition et le concept de la série.

bsic journalismMerci aux éditions Bamboo pour leur confiance.

Les sisters c’est Wendy et sa petite sœur Marine. L’une grandit et arrive à l’âge des amours et des copines quand sa sister n’a pas du tout envie de lâcher ses doudous… A force de se chamailler, la terrible Marine, jamais en manque de bêtises, a pris une décision: cette fois c’est sur, elle remplace sa sister!

Salut Talia! Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés sur un Avis des kids et ça tombe bien puisque le dernier Sisters vient de paraître. C’est une de tes séries préférées je crois… Peux-tu nous dire ce qui te plaît tellement dans cette série?

J’adore la personnalité des deux sisters et le format en sketch super drôles! Marine n’arrête pas de se faire des délires…

A ton avis est-ce que c’est complètement inventé ou ça te rappelle des choses avec ton grand frère?

Avec mon frère on se chamaille mais pas sur les mêmes choses vu qu’on n’est pas sur les mêmes centres d’intérêt. Marine Titille sa sister pour obtenir ce qu’elle veut. Elle veut toujours savoir ce qu’il y a dans le journal intime de Wendy et l’enquiquine quand elle est avec Maxence parce qu’elle est très jalouse!

Elle ne veut pas voir sa sister grandir?

Depuis le début de la série elles ont à peu près le même âge sauf sur quelques sketch où on les voit petites et la dernière page où on les, voit adultes… et les choses ne changent pas beaucoup…

Peux-tu nous parler des petits bonhommes en haut des pages?

C’est puduk le doudou de Wendy (qui pue par-ce qu’elle ne veut pas le laver) qui résume en une image drôle le thème du sketch. [comme sur la coccinelle de Gotlib]

Est-ce que Marine est tout le temps aussi affreuse?

Non pas toujours. Il leur arrive de faire volontiers des bêtises ensemble, comme avec les cartons de polystyrène qu’elles utilisent comme de la neige… Et parfois c’est Wendy qui lui fait des crasses et se venge en lui tendant des pièges avec les parents!

Est-ce que tous les albums sont identiques et penses-tu que la série se terminera?

Il y a un thème général sur l’album mais sinon les personnages sont toujours les mêmes et les blagues du même type. Ça peut se prolonger à l’infini car il n’y a pas vraiment d’histoire. Tant que c’est drôle…

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Les Sisters - tome 15: Fallait pas me chercher !: Amazon.fr: Cazenove,  Christophe, William, William: Livres

Merci Talia, Nikol crême!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Comme chaque année c’est le retour des Sisters! On est encore loin des vétérans Tuniques bleues mais avec quinze années de publication et une ribambelle de séries dérivées sous divers formats on imagine effectivement que ces blagounettes toujours drôles peuvent durer encore quelques années. Le thème de l’album est donc Marine qui fait la tête à Wendy et les auteurs nous montrent les efforts des copines des deux sisters pour les rabibocher. On voit moins les parents que sur le tome précédent il me semble, et le cœur de la BD reste bien sur la petite peste qu’on adore voir chambouler la vie de sa petite famille! Avec une excellente maîtrise technique qui permet de jolis gags visuels, une palette de couleurs flashy très adaptée à une série jeunesse et des références à tout va, qu’elles viennent de l’histoire de la BD d’humour (les classiques Gotlib, Waterson ou Gosciny) ou de la vie quotidienne de la plupart des familles, les Sisters mérite amplement son succès et arrive à plaire autant aux parents qu’aux enfants.

A partir de 9 ans.

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Le garçon-sorcière

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à douze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…

Comic de Molly Knox Ostertag
Kinaye (2020), 210 p. premier volume de la trilogie.

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour leur confiance.

couv_385267Le garçon-sorcière est paru chez la maison d’édition américaine Scholastic (spécialisée en publications pédagogiques) en 2018 et suivi de La sorcière cachée et la sorcière de l’hiver fin 2019. L’ouvrage suit l’édition classique des ouvrages Kinaye, format broché, couverture à rabats, vernis sélectif, imprimé en Italie. Le tome deux est annoncé en quatrième de couverture et sur le deuxième rabat avec son résumé. Il s’ouvre sur un arbre généalogique (très utile!) de la famille d’Aster et se conclut sur une double page de recherches de personnages. A priori l’ouvrage a été publié en format one-shot, ce qui explique l’absence d’illustrations de chapitres. La couverture n’est pas la plus attirante que j’ai vu, c’est dommage.

Dans la famille d’Aster les filles apprennent la magie et les garçons se préparent à être des métamorphes, capables de se transformer sous la forme d’un esprit animal. Mais Aster n’est pas comme les autres. Il veut apprendre la magie et ne s’intéresse pas beaucoup aux jeux des garçons. Lorsqu’une menace issue du passé lointain de la famille ressurgit il va devoir assumer ses choix pour sauver ses proches…

Salut Talia. Aujourd’hui on va parler des aventures d’Aster, le garçon qui voulait être une sorcière. Peux-tu nous résumer rapidement cette histoire?

Résultat de recherche d'images pour "the boy witch ostertag"Il y a une grande famille qui a comme tradition que les filles deviennent des sorcières et les garçons des métamorphes. Aster n’arrive pas à trouver d’esprit animalier et préfère la sorcellerie. Il espionne les cours des filles et se fait virer… Du coup il prends des notes dans un carnet et essaye la magie. Au bout d’un moment ses cousins disparaissent et on ne sait pas pourquoi! Un esprit prend alors contact avec lui pour lui proposer de l’aider à condition qu’il ne dise rien à personne…

Est-ce que tu trouve sa famille sympa? Est-ce qu’ils l’aident?

Pas vraiment car il se fait gronder car il ne suit pas les règles. Sa mamie l’aide Résultat de recherche d'images pour "le garçon sorcière ostertag"discrètement.

Et Charlie? Pourquoi Aster aime aller la voir?

C’est une amie qu’il a rencontré et elle n’est pas sorcière et ne connaît rien à ce monde. Elle l’aide après que le démon l’a contacté et elle lui donne des conseils car elle n’est pas impliquée dans ce problème de sorcellerie. Elle n’est pas soumise aux mêmes secrets.

A ton avis pourquoi Aster ne se transforme pas?

Ce n’est pas sa faute, il est différent, comme son grand-père Mikasi. Celui-ci a mal tourné car il voulait mélanger magie et métamorphose et se famille l’a rejeté en le chassant.

Et toi tu préférerais être une sorcière ou un métamorphe?

Sorcière… sauf si on peut se métamorphoser en chat! La magie peut faire plein de choses et nous protéger alors que les métamorphes peuvent être blessé même s’ils sont forts.

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Merci Talia tu peux retourner étudier ton grimoire!


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "the boy witch ostertag"Comme à leur habitude les éditions Kinaye nous ont encore dégoté un très intéressant album jeunesse d’une grande richesse thématique. Le titre m’avait fait attendre une histoire sur l’homosexualité… et ce n’est pas tout à fait ça puisque si la différence est bien au cœur de cette histoire, rien n’indique que le personnage principal est homosexuel. C’est simplement un garçon plus attiré par l’univers des filles. L’ouvrage porte plutôt sur les règles sociales et familiales imposées à un individu qui n’a pas vraiment le choix d’être qui il veut. La transposition dans un univers fantastique facilite l’approche pour les jeunes mais j’ai trouvé très subtile ce discours expliquant aux lecteurs qu’une famille peut être oppressante et ne pas laisser libre court à ses capacités personnelles, du fait de règles anciennes que personne ne remet en question et de secrets cachés. On découvrira ainsi avec Aster que cette famille d’apparence si soudée et organisée a des fissures niées ou inconnues. L’amitié avec Charlie, une personne « normale » va aider Aster à assumer ses choix. On pourra bien sur également voir dans le rite de passage et le refus d’Aster de se transformer une parabole sur le passage à la puberté avec la transformation des garçons en animaux (on se rapproche du très bon Coyotes sur ce plan). Tout cela est déroulé de façon fluide avec des dessins agréables, doux et assez peu de scènes dures. Le genre jeunesse est un genre difficile en ce qu’il doit associer simplicité d’approche et profondeur des thèmes qui doivent parler aux jeunes lecteurs. Le Garçon sorcière réussit sur tous ces plans et est donc particulièrement adapté à son lectorat. Ma fille a adoré!

A partir de 9 ans.

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