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Le caravage

BD du mercredi

BD de Milo Manara
Glénat (2015-), 52 p., 2 vol parus, série finie.

Couv_351631Couv_241292A l’occasion de la parution du tome 2 de conclusion de cette histoire dessinée par le maître Manara j’ai entrepris la lecture du double album dans son intégralité. Si j’admire le talent de l’artiste italien, comme beaucoup sa bibliographie m’a déçu et je ne parle que des albums non érotiques. La saga ultra violente de Jodorowsky sur les Borgia dépeignait les mêmes lieux (Rome et l’Italie) un siècle avant où Manara reprenait déjà ses thématiques graphiques à la fois fascinantes et redondantes: la plèbe, les ruines de la Cité, les paysages de l’Italie, la violence et la crudité de la vie. Peu attiré par le sujet je profite de l’occasion pour découvrir un double album apaisé où l’on découvre les mœurs de l’époque mais aussi beaucoup le quotidien artistique, le travail des peintres de la Renaissance que l’on n’a jamais aussi bien vu en action.

Michelangelo Merisi arrive à Rome en provenance de Milan après une formation dans l’atelier d’un disciple du Titien. Jeune homme fougueux, ambitieux, son talent est rapidement repéré par un cardinal humaniste qui tente de le protéger de son envie de vérité qui le mets en danger face à deux ennemis: l’intégrisme de la foi et les souteneurs des prostituées qu’il utilise comme modèles…

Les BD sur le Moyen-Age ont ceci de fascinant qu’elles ont souvent un côté naturaliste qui dénote totalement avec les images d’Épinal ou de la Fantasy anglo-saxone. Elles permettent en outre de mettre en lien une vie quotidienne crue et simple avec des œuvres ou événements mis sur des piédestal dans les musées ou narrés par la Geste historique officielle. A ce titre l’album de Milo Manara sur le Caravage ressemble à la magnifique trilogie de Luigi Critone sur François Villon, où l’on retrouvait en outre un style graphique italien de paysages vaporeux (visuels qui inspirent aussi Marini sur sa série Scorpion). Il y a beaucoup de similitudes dans le traitement de ces deux personnages, grands artistes inspirés et hommes simples, soumis à des pulsions violentes qui les entraînent dans des déboires judiciaires. Seule l’admiration de puissants seigneurs humanistes les sauve de leurs démons. La violence des époques, la sexualité et la corruption de sociétés basées sur la force  et la religion sont dépeintes dans ces deux séries.

Dans Caravage les deux albums sont relativement distincts, et c’est ce qui rend la série intéressante. Si les décors romains occupés par des foules besogneuses ont déjà été illustrés par Manara dans d’autres BD, le second album intitulé « Grâce » (dans l’attente de la grâce judiciaire du Caravage suite à son combat du premier album), se déroule dans le sud, entre les territoires lumineux du château de Malte et les villages de Sicile. Quand le premier volume se situait au cœur du pouvoir et des arts, la suite nous dépeint une société d’ordre militaire, celle des chevaliers de Malte, et montre combien ce monde de la Renaissance tout juste échappé du Moyen-Age est morcelé, éloigné et illustre l’absence de Nation italienne à l’époque. Le découpage est un peu abrupte avec une continuité assez décousue et des deus ex machina qui indiquent que Manara reste un grand dessinateur avant d’être un grand scénariste. Mais l’histoire est intéressante et prends par moment la forme de récits d’aventure et de cape et d’épée de par la propension violente du grand peintre. L’auteur a la bonne idée de ne pas faire de sa série  un précis d’histoire de l’art qui aurait étouffé la vision épique. Avec un premier tome plus porté sur l’acte de création et un second plus aventureux, la lecture s’enchaîne très légèrement.

Le Caravage - Tome 2 de Milo ManaraLes dessins ne sont pas les plus précis qu’ait réalisés Manara mais son style est toujours aussi clair, esthétique et ses colorisations rendent parfaitement des ambiances toutes particulières, celle des paysages méditerranéens ou des intérieurs du XVII° siècle, avec nombre de citations graphiques de Piranese et d’autres peintres de la Renaissance. La plèbe permet au dessinateur de montrer les belles formes habituelles de ses demoiselles, mais sans excès, restant sur son sujet. Les expressions faciales en revanche sont réellement très percutantes.

Manara s’est toujours intéressé à la création et l’histoire de l’art (le Giuseppe Bergman critiqué sur ce blog portait déjà sur le sujet). Sa description de l’homme Caravage plus que du peintre permet un récit populaire d’une époque fascinante. Très équilibrée, sa série est probablement l’une des plus intéressantes et accessible de la bibliographie du maître de l’érotisme, associant intérêt graphique, historique et artistique. Il est bien dommage que Glénat n’ait pas anticipé la publication d’une intégrale augmentée pour les fêtes de Noël tant Caravage ferait un très beau cadeau.

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L’armure de Shanhara

esat-westComic de Robert Venditti et Cary Nord
Bliss comics (2017), Ed. US Valiant 2012) 118p. Série X-O Manowar #1/5
Lu en version numérique grâce à Iznéo.

x-o-manowar-tome-1-couverture-bliss-comics-600x923Comme décrit dans mes précédentes chroniques de comics Valiant, l’édition française est remarquable, en proposant systématiquement une cartographie iconographique très originale et qui aide bien à s’y retrouver dans le contexte soit historique comme ici, soit dans l’univers Valiant afin de raccrocher les wagons entre les différentes séries et personnages.

Aric le Wisigoth part dans une guerre perdue d’avance face à la puissance de l’envahisseur romain lorsqu’il est enlevé par une race d’extraterrestres qui vouent un culte à la légendaire armure de Shanhara. Contre toute attente c’est lui, un étranger, qui sera « choisi » comme hôte par l’armure, le dotant de pouvoirs surpuissants. De retour sur Terre plusieurs siècles plus tard, Aric va se retrouver confronté à une conspiration impliquant ce fameux peuple extra-terrestre…

Ce premier épisode de la seconde série X-O Manowar  (la première date des années 90 et la troisième vient de faire l’objet d’une édition intégrale chez le même éditeur Bliss avec des dessins modernisés) introduit l’histoire entre trois univers: l’antiquité tardive pour le début de l’histoire, le vaisseau des Vignes sur une période de plusieurs années d’esclavage et l’époque actuelle à laquelle réapparaît le héros. Tout va très vite et la cohabitation entre ces trois univers graphiques et thématiques intrigue. Les grandes lignes de l’histoire se devinent néanmoins dans les dernières pages avec la découverte de cette armure (qui fait un peu penser à Iron Man) et d’une conspiration initiée en début d’album et qui permettra de se raccrocher sans doute avec les autres arcs et héros de l’univers Valiant, à commencer par Ninjak, dès le second épisode. A noter les très belles couvertures des épisodes et notamment celle du premier, réalisée par l’excellent Esad Ribic.

Cette introduction est assez bateau dans sa trame et l’on a du mal à s’intéresser au personnage principal. Les dernières planches éveillent notre intérêt et j’espère que les choses sérieuses commencent rapidement dans le second volume. L’intérêt de l’univers Valiant est son interconnexion avec certains personnages vraiment attrayants (Ninjak rencontré dans The Valiant, Toyo Harada ou les organisations non gouvernementales). Surtout, les dessins sont assez faibles en regard des autres productions Valiant. Le reboot de la série qui vient de sortir semble dotée de graphismes beaucoup plus forts et personnellement je continuerais sur la nouvelle version.

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Les aigles de Rome

BD d’Enrico Marini
Dargaud (2007-2016), 5 tomes parus.

couv_68233Pour sa première série solo (dont le premier tome remonte à dix ans maintenant!), le grand Enrico Marini, toujours féru d’histoire, à mis la barre haut, voir très haut. Si l’on connaît son talent graphique depuis longtemps, l’aventure scénaristique était risquée: nombre de dessinateurs s’y sont cassé les dents, le travail de documentation historique est considérable tant visuellement que scénaristiquement ; enfin et surtout, la série a vu le jour alors que la grande série sur l’antiquité romaine, Murena avait déjà achevé son premier cycle et jouissait d’une renommée très grande notamment pour son sérieux historique. J’avais commencé la série et abandonné dès le premier tome, peu accroché par ce qui me semblait une intrigue cliché entre deux vrais-faux frères, dans un contexte historique déjà vu. Mal m’en a pris, Les Aigles de Rome tient très fièrement la comparaison avec Murena en assumant son identité propre.

Sur le plan matériel nous avons une pagination classique mais une intrigue très dense pourrait faire croire à des albums de 80 pages… Un court résumé des précédents tomes est inséré en début d’album et un glossaire des termes latins à la fin. L’intérieur de couverture comporte une très belle et très utile carte de l’Empire indiquant notamment les noms et localisations des nombreux peuples germains qui sont au cœur de l’intrigue. Tout bon donc côté fabrication éditoriale, si ce n’étaient les couvertures qui sont comme souvent chez Marini très peu inspirées et peu alléchantes. Vraiment dommage lorsque l’on compare à la qualité des dessins intérieurs qui sont d’un niveau rarement atteint par l’illustrateur italien.

Alors que la République touche à sa fin, un général romain se retrouve chargé d’élever son fils et le fils d’un chef germain emmené en « otage » comme signe de soumission à Rome. Alors que les deux fiers adolescents grandissent dans la culture romaine, ils vont se retrouver confrontés à leurs ambitions respectives mais surtout à leur identité de romains mais aussi des peuples conquis. Au travers de cette querelle de  deux frères ce sont les prémices de la bataille de Teutobourg qui nous sont relatés, qui vit la plus grande défaite des légions romaines et l’arrêt quasi définitif de l’expansion de l’Empire en Europe.

Marini - Les Aigles de Rome - Tomes 1 à 3Les Aigles de Rome a été une vraie surprise pour moi. J’aime l’Histoire, je lis Marini depuis le premier Gipsy (et j’ai d’ailleurs fait une rétro sur la série), j’ai adoré la série TV Rome qui a permis ce genre de traitement réaliste dans les fictions… et pourtant quelque chose ne collait pas. Je me suis donc trompé et je considère désormais cette série comme l’une des meilleures productions du dessinateur, d’une maturité qu’aucune de ses autres séries (à part peut-être L’étoile du désert) ne possède!

D’abord le sérieux de la reconstruction donc, et sur ce point la comparaison est tout à fait pertinente avec Murena: dans les deux cas, un personnage historique (Arminius chez Marini, Néron chez Dufaux/Delaby) et son alter-ego fictif se croisent en amitié/concurrence. Murena prend la grande Histoire, Les aigles de Rome a l’intelligence de recentrer sur un événement précis et une série courte, ce qui évite de diluer l’intrigue sur de très nombreux volumes (Murena en est à 10 et ça commence à faire beaucoup…). Choix pertinent tant la quantité d’informations (termes latins, détails de la hiérarchie romaine ou des coutumes sociales, etc) est important, de même que les personnages dont nombreux sont dotés d’un vrai travail de caractérisation.

Résultat de recherche d'images pour "marini aigles de rome"Ces personnages que je craignais très archétypaux lors de ma première tentative s’avèrent assez complexes et dotés de motivations cohérentes ; hormis Varus aucun n’est un gros méchant né pour être méchant, à l’inverse, le héros Marcus nous change du héros parfait à la Scorpion: ténébreux, impulsif mais aimant, il accumule les boulettes tout en étant d’un courage et d’une force exemplaires. Un héros faillible, contrairement à son frère Arminius, que rien ne semble pouvoir faire échouer alors qu’il se transforme progressivement en vrai antagoniste de Marcus. Tout au long de l’histoire on ne sait qui est réellement le héros de Marini, celui de la petite histoire familiale ou celui qui marquera l’Histoire de son nom…

Sur le plan graphique, si l’on a l’habitude de l’excellence, on atteint ici des sommets de reconstitution, que ce soit sur les costumes ou de multiples détails de décors militaires ou des intérieurs. Sachant tout dessiner, Marini est en outre un coloriste hors paire créant des atmosphères variées et évocatrice. Des visages des personnages aux paysage, tout est fin, subtile, précis et beau. Grande maîtrise des cadrages avec des plans dynamiques alors qu’il n’utilise pourtant aucune ligne de mouvement. Les séquences de bataille sont elles aussi impressionnantes de lisibilité et de style. Il est vraiment très fort! Alors il y a bien sur quelques tics graphiques comme les méchants qui sont souvent chauves, pâles et édentés ou la Germanie toujours couverte de brume et constellée d’arbres morts… Mais cela permet aussi une proximité avec le lecteur, une lisibilité qui n’est pas grossière non plus. Sur le plan documentaire comme sur le plan graphique, Les aigles de Rome peut assumer son statut de grande BD d’aventure historique, que personnellement je préfère donc à Murena.

Résultat de recherche d'images pour "marini aigles de rome"Les BD de Marini se bonifient avec l’âge et le bonhomme prends des risques en changeant d’univers: après le volume 2 de son Batman il enchaîne avec un nouvel épisode du Scorpion (la série s’approche de la fin) et travaille actuellement sur un one-shot en mode roman noir. De quoi saliver…

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Le Troisième Testament – Julius #5

BD de Alex Alice et Thimothée Montaigne
Glénat (2018), 80p. Série finie.

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La maquette de la série du Troisième Testament est toujours aussi travaillée, avec des pages de gardes et une ligne générale maîtrisée. Une série dont l’harmonie fait plaisir dans la bibliothèque. Pour rappel, « Julius » est la série préquelle du Troisième Testament d’Alice et Dorison, l’une des séries les plus acclamées et qui a lancé le genre de la BD historico-ésothérique (avec le Triangle secret , Le Décalogue, le Scorpion et toute la ribambelle de séries sur l’histoire occulte de l’Eglise).

Julius est une série compliquée qui demande à son lecteur de la pugnacité. Pour expliquer cela je vais faire un petit rappel… Il y a vingt ans paraissait le premier tome d’une série qui allait révéler deux des auteurs parmi les plus réputés et influents aujourd’hui: Alex Alice (Le château des étoiles, Siegfried,…) et Xavier Dorison (Undertaker, Long John silver, Red Skin,…), deux autodidactes qui révolutionnaient le genre et permettaient à Glénat, éditeur connu pour ses BD historiques (Bourgeon par exemple) de moderniser son catalogue. Des dizaines de séries ont vu le jour suite à cette BD qui étale sa publication sur six ans en proposant un incroyable équilibre entre BD d’action, policière et BD historique, le tout inséré dans un scénario enchevêtré qui exige du lecteur de rester concentré. Tout cela directement inspiré bien entendu par le chef d’œuvre Le Nom de la Rose et surtout son adaptation au cinéma.

Résultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5"Sept ans après la fin de la première série qui se clôturait sur un dénouement impossible à anticiper et complexe quand à ses ramifications, les auteurs faisait sortir une série devant relater l’histoire de Julius de Samarie dont la légende est le point de départ du Troisième Testament. La subtilité des indices semés rendaient la série originelle exigeante mais celle-ci était très rythmée par l’action et les visuels épiques.

Le fait de changer complètement de décors (un général romain au visage de Marlon Brando…) est d’abord troublant pour un lecteur qui aurait lu la première série (je préconise d’ailleurs vivement de lire la totalité dans l’ordre de parution chronologique). Outre le changement de dessinateur au second tome (on gagne en qualité de dessin, Montaigne étant vraiment talentueux), ce choix va diriger une progression scénaristique laborieuse que je ne m’explique que par le départ de Dorison après la mise en route du premier tome. Le talent de scénariste n’est pas donné à tout le monde et malgré la grande qualité de ses ouvrages solo, Alice n’est pas du niveau du scénariste d’Undertaker… Ainsi, si la progression du personnage principal de général romain avide et incroyant à celui de prophète est bien amenée, l’intrigue générale est cahoteuse: après un premier tome très construit et qui amène notamment les fameux guerriers corbeaux qui pimentent la série, l’on part dans un étonnant périple en deux volume (subdivision interne de Julius… pourquoi ?), ce qui coupe l’intrigue. Dans les deux derniers volumes, et notamment le volume 5 l’on a d’incessants va et viens à la fois géographiques et dans la relation et les choix de Julius et du Sar Ha Sarim. L’on a bien compris que la série était structurée autour de cette dualité par ailleurs très intéressante (sorte de trinité avec Julius âgé, sa fille son gendre: Père-Fille-Saint-esprit?). Mais soit par mauvais choix scénaristiques soit par hésitations, on sent des flottements qui rendent l’évolution d’autant plus laborieuse que toute l’histoire tourne autour de ces personnages. Et à la différence de la première série, assez peu d’action vient finalement dynamiser cela et surtout la dimension fantastique est pratiquement absente jusqu’au dernier tome alors que les interventions du sénateur Modius, versé dans les arts noirs, était un des points forts du premier album… Le questionnement autour de l’identité du Sar ha Sarim, du rôle divin de Julius, sont complexes, et jamais aucun élément ne viendra expliquer l’origine des guerrier-corbeaux, ce qui sera une des rares fautes du scénario, laissant une des grandes questions de la série totalement inexpliquée…

Résultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5"Malgré toutes ces réserves, qui me faisaient craindre l’album de clôture, Julius reste une série unique, ambitieuse et assez fondamentale pour finir de comprendre la série mère. Le tome cinq nous amène à ce titre une conclusion très digne (toujours bringuebalant dans sa construction mais ramenant enfin ce fantastique et ce côté épique tant aimés). Construit autour du siège de Jérusalem par les armées romaines puis par les armées d’hommes corbeaux, il resserre l’intrigue comme un drame de théâtre en un lieu unique où tous les personnages vont converger. Tout se dénoue et à ce titre la série garde une grande cohérence générale. Les scènes de bataille apocalyptiques sont belles et bien faites, on aRésultat de recherche d'images pour "troisieme testament julius 5" de l’héroïsme, bref, c’est chouette. Graphiquement c’est majestueux, encré, et très lisible ; la série aura permis de révéler un artiste très talentueux qui devrait compter à l’avenir. La maîtrise des plans impressionnants, de la zone grise entre le magique divin et l’historique cartésien sont vraiment bien gérés. De même les personnages sont subtiles et tous intéressants, même s’il aura été compliqué tout au long de la série de savoir quels personnages étaient importants: paradoxalement le plus visible, le colosse Shem n’est finalement qu’un acolyte mineur… Les failles principales sont les grosses ficelles (Julius rentre dans Jérusalem assiégée comme dans un moulin et en ressort aussi tranquillement) et le découpage des albums et de la série (le voyage en orient, pour intéressant qu’il soit nécessitait-il deux tomes?). Je dirais que chaque volume individuellement est remarquable, que la série rejoint et explique la série mère, mais qu’en tant que série elle reste assez bancale dans sa construction. Je pense que ceux qui auront aimé le Troisième Testament devraient lire Julius d’une traite et y trouveront grand plaisir, mais les cinq tomes de Julius pris isolements restent dispensables.

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Noukette.

Et en bonus une interview du dessinateur à l’occasion de la sortie de l’album: