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Sorunne

Histoire complète en 108 pages, écrite par Diego Reinfield et dessinée par Guille Rancel. Première édition chez Spaceman Project le 21/09/2021, seconde édition le 25/03/2022.

Pentalogue

Le monde étrange de Gidru répond à cinq commandements, cinq lois primordiales qui émanent du dieu Arduk, et qu’il ne faut en aucun cas enfreindre, la Sorunne. Ces cinq lois interdisent aux habitants de Gidru de lire des écritures, de porter un nom, de manger une fleur de Duyia, de briser une statuette sacrée, et de s’emparer d’un masque de l’arbre des morts.

Les esprits rebelles ou orgueilleux qui s’affranchissent de ces règles reçoivent une marque spéciale pour chaque commandement violé, et, une fois le pentalogue foulé au pied dans son intégralité, sont exécutés sommairement par un mystérieux guerrier en armure, qui les pourfend aux yeux de tous sans autre forme de procès.

Un beau jour, après qu’une nouvelle rebelle ait trouvé la mort des mains de l’exécuteur, un objet non identifié s’écrase sur Gidru, sous le regard médusé du jeune Personne, un petit être innocent engoncé dans sa confortable routine. Personne, respectueux de la Sorunne, va néanmoins se rendre du les lieux du crash pour voir ce qui s’y trouve. C’est là qu’il fait la rencontre d’un étrange voyageur en scaphandre, un homme flottant entouré de fumée, qui écume le cosmos à la recherche de sa divinité. Personne va alors s’embarquer dans une singulière odyssée qui l’amènera à questionner ses croyances et à s’interroger sur sa place dans l’ordre du monde.

Sorunne attire l’œil d’emblée par son graphisme issu de l’animation et ses couleurs dynamiques. Derrière la qualité des ses planches, on retrouve une thématique intéressante relative à la force des croyances et aux dangers de l’ignorance, ces deux éléments conjugués n’ayant jamais rien donné de positif au cours de l’Histoire.

En effet, le récit nous montre bien que, si un dogme religieux suivi à la lettre peut permettre aux individus une vie paisible et sans tourment, il peut aussi dissimuler des vérités essentielles au bien-être l’individu. On le sait tous, la libre-pensée et la religion ont toujours eu quelque chose d’incompatible, il n’est donc pas illogique que tout dogme religieux qui cherche à se perpétuer tente de la combattre. D’où les chasses aux sorcières, d’où les bûchers et les accusations d’hérésie, d’où les exécuteurs en armure qui pourfendent les rebelles en deux avec des épées géantes.

On voit donc bien que l’auteur a ancré son récit dans le réel, malgré l’aspect onirique et le graphisme animation. En atteste le simple fait que la planète Gidru soit régie par une version écourtée des Dix Commandements, composée de cinq lois qui rappellent les Cinq Piliers de l’Islam.

L’ensemble demeure plutôt cryptique si l’on n’est pas familier des religions, mais le final proposé par l’auteur apporte une dimension métaphysique convaincante, qui n’est pas sans rappeler la philosophie nietzschéenne et sa volonté de puissance. On serait tenté au premier abord de proposer Sorunne dans la catégorie Jeunesse, mais le niveau de violence ainsi que la profondeur du thème sont plutôt en faveur d’un public un peu plus mature, disons adolescent.

Encore une fois, Spaceman Project a permis la publication d’un album très intéressant, à lire !

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Elecboy #3: la data croix

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BD de Jaouen Salaün
Dargaud (2022), 62 p., 3/4 tomes parus.

Attention Spoilers!

Joshua est un androïde. La révélation est violente psychologiquement mais également pour son entourage qui le rejette comme un ennemi. Réfugié au sein d’une communauté religieuse très organisée dans une société qui semble utopique il va découvrir les secrets de son origine et de ce qui a provoqué l’apocalypse…

Data croix (La) (par Jaouen Salaün) Tome 3 de la série ElecboyOn ne l’attendait plus, Jaouen Salaün lâche enfin les freins dans cet album charnière tout en révélations. Ce qui nous fait nous demander pour quelle raison il a opté pour un format en quatre plutôt qu’une trilogie plus équilibrée… passons. Outre le titre un peu wtf on a tout bon dans ce troisième volume qui aurait été un carton s’il avait été le premier. Gageons qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir une série lancée!

Cette accélération de rythme nous prend de cours puisque les premières pages forment un surprenant flashback en mode rapide qui détonne diablement avec la torpeur et le contre-temps sur lequel était construite la série jusqu’ici. On nous raconte ainsi l’élimination brutale de cet être par ses proches avant les longues révélations que lui procurent un être synthétique au sein de la Bibliothèque de la Connaissance passée, logée dans une formidable croix formée par un séquoia géant. Le lien entre Joshua, les wastlands, les séquences spatiales et les combats épiques vus jusqu’ici se fait enfin pour notre plus grand plaisir!

Elecboy tome 3 - La Data Croix - Bubble BD, Comics et MangasOn bascule ainsi résolument dans de la grande SF qui précise son propos sur le Transhumanisme ou le post-humanisme (sujet également abordé dans la récente réédition d’Eden en version Perfect ou encore le grand album récent qu’est Carbone & silicium). Le récit devient alors très classique mais passionnant grâce aux images toujours magistrales de l’auteur. On regretterait presque que la séquence passe si vite tant le déroulé de cette fin du monde nous happe par la richesse des thématiques abordées. Les séquences d’action ne sont pas en reste puisque si cette fois il n’y a pas trace de moins guerrier, l’affrontement mécanisé entre les puiseurs et le clan de Sylvio est tonitruant en une bataille tout à fait explosive. Entre les deux Salaün nous glisse une dénonciation du totalitarisme religieux, plus habituel mais logique dans cet univers, le tout avec un design aux élégances qui montent encore d’un cran.

Bref, on passe pas loin du coup de cœur pour un tome qui coche toutes les cases de la bonne et belle SF et qui réhausse très fortement l’intérêt d’une série qui, si elle maintient ce niveau pour son ultime volume pourrait bien être assez vite réévaluée comme une quadrilogie majeure…

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Invisible Kingdom #3: les confins du monde

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Dernier tome de la série écrite par G.Willow Wilson et dessiné par Christian Ward. Parution en France chez Hicomics le 17/11/2021.

A-foi-fée de pouvoir

Dans le tome 1 et le tome 2, nous faisions la connaissance de Vess, une jeune rooliane qui, poussée par sa foi, s’engageait sur la voie du Sentier, que propose la grande congrégations des Non-Uns, adeptes de l’église de la Renonciation.

Dans tout le système solaire, la Renonciation fait face à la toute puissante Lux, une corporation industrielle et commerciale qui livre ses produits sans délais à travers le cosmos. Entre détachement spirituel et attachement matériel, les habitants du système doivent choisir, mais ce qu’ils ignorent, Vess comprise, c’est que ces deux entités ne sont que les deux faces d’une même pièce, deux conspirateurs qui feignent l’antagonisme pour mieux manipuler les foules.

Après avoir compris cela, Vess se voit traquée par la Renonciation et par Lux, et se voit contrainte de fuir, à bord du Sundog, le vaisseau brinquebalant de Grix, une livreuse Lux qui ne s’en laisse pas conter. Aidée de son équipage, Grix tente d’abord de se débarrasser de cet encombrant paquet, avant de s’apercevoir que la jeune prêtresse dit vrai. N’écoutant que son courage, Grix décide alors de soutenir Vess et choisit de révéler la vérité à tout le système, s’attirant les foudres des deux géants.

Toutefois, nos rebelles se retrouvent le bec dans l’eau, poursuivies de toutes part sans pour autant avoir provoqué le raz-de-marée escompté. Que faudra-t-il faire pour éveiller les consciences ?

Alors qu’elle échappent in extremis au Point de Non Retour, Vess et Grix sont abordées par une frange extrémiste de la Renonciation, les soeurs de la Résurrection, qui semble bien décidée à nettoyer toute cette corruption par le feu. Littéralement. Vess est désormais contrainte de choisir entre sa foi envers le Sentier et son amour récent pour Grix.

Invisible Kingdom avait tous les atouts de son côté pour être une excellente série. Un univers riche et attractif, des thématiques actuelles et puissantes, telles que l’autodétermination, la lutte contre le consumérisme, la Vérité, la Foi, et l’Amour. Le premier tome exploitait très bien ces thématiques, avec une mise en place impeccable et un cliffhanger magistral dans le genre.

Cependant, le soufflet est quelque peu retombé avec le deuxième tome, qui plaçait les protagonistes dans une situation passive durant un temps suffisant pour laisser l’excitation retomber. Confrontées à des réalités cruelles, Grix et Vess ont du se compromettre pour atteindre leur but, permettant à leurs sentiments amoureux d’éclore, mais le tout paraissait déséquilibré, et il en résultait une perte d’élan.

Ce tome 3 poursuit dans la même veine, bien que le rythme reprenne de façon plus dynamique. On demeure sur une sensation de survol, de décousu, tant sur le traitement des personnages que sur la résolution de l’intrigue en elle-même. La question de la Foi est abordée, le dogme de la Renonciation paraît finalement bien abscons, assez fade le plus souvent, surtout dans la bouche du grand gourou dont Vess fait la rencontre dans ce tome.

Quant à la romance entre Grix et Vess, elle n’est pas à jeter mais semble écrite avec les yeux trempés dans la mélasse, à base de « je-me-sens-abandonnée-mais-je-me-sacrifie-quand-même-par-amour », et autres joyeusetés du même acabit. Quant à l’aspect révolutionnaire, on a bien sûr droit à la scène du réveil des consciences, mais l’intrigue s’est trop dispersée entre temps pour que l’on en saisisse toute la portée à ce moment-là.

Vous l’aurez donc compris, je n’ai pas été convaincu par l’ensemble de la trilogie, malgré un excellent premier tome qui semait les graines de l’excellence, sans les arroser suffisamment sur les deux tomes suivants.

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Le Lac de Feu

Intégrale des trois tomes de la série écrite par Nathan Fairbairn et dessinée par Matt Smith. Parution de l’intégrale en France le 11/03/2020 aux éditions Paquet, pour un total de 144 pages.

C’était pas ma Croisade !

En l’an 1220, la croisade contre les Cathares fait rage dans le Sud du royaume de France. Cette hérésie ne peut être tolérée par l’Église, qui a envoyé ses épées les plus valeureuses se fracasser contre les boucliers albigeois.

Les épées les plus valeureuses, certes, mais aussi, parfois, les plus inexpérimentées. Ainsi, Thibaut de Champagne, jeune croisé qui a pour ambition de redorer le blason familial en servant Dieu lors de cette sanglante croisade. Fraichement adoubé et accompagné de son ami Hugues, Thibaut se rend au camp de Messire Monfort, persuadé de sa grande destinée et fredonnant déjà les chansons que l’on composera à sa gloire.

Mais c’est avec une mine moribonde que Monfort va les accueillir. Assez peu satisfait de voire débarquer les jeunes paltoquets, Monfort décide de s’en débarrasser subrepticement en les envoyant sur une fausse piste pour les éloigner du front où ils pourraient gêner. Escortés par le chevalier récalcitrant Raymond de Mondragon, la petite équipée chevauche donc de façon guillerette vers le village de Montaillou, où ils espèrent accomplir la volonté du Seigneur.

Mais ce que nos jeune chevaliers ignorent, c’est que les Cathares ne sont pas les créatures les plus dangereuses qui peuplent les campagnes. Quelques nuits auparavant, la région a vu s’écraser un astronef géant, qui est venu se fracasser sur les flancs d’une montagnes des Pyrénées, et qui abritait en son sein une colonie de prédateurs insectoïdes que les habitants du village ont pris pour des démons.

Aliens vs [figure historique en décalage avec la SF]

Placer des aliens dans un contexte géographique ou historique inattendu est un procédé efficace qui permet de créer un intérêt dramatique immédiat. En 2020, The Spider King utilisait la même prémisse pour un résultat fort bien réussi, dans la même veine que Cowboys & Envahisseurs, qui mettait des pionniers du Far West face à des E.T. hostiles.

Le premier album plante idéalement le décor, en nous dépeignant des protagonistes dont l’ineptie au combat nous laisse espérer une marge de progression (entendre: badassification), sans oublier de retracer le contexte historique de la croisade albigeoise. Le reste de la trilogie laisse la part belle à l’action, avec bien entendu des moments consacrés au développement des protagonistes, le tout formant une mécanique bien huilée qui fonctionne tout à fait en intégrale.

Sans que l’auteur ait besoin de l’expliquer, on parvient aisément à recoller les morceaux de l’intrigue et à comprendre les événements liés au crash du vaisseau, ce qui est en soi un plus, même si l’on aurait tout de même aimé un approfondissement de cette partie.

Le design des aliens, qui opte pour l’aspect insectoïde, est somme toute relativement classique, et leur antagonisme ne représente pas un challenge si extrême que cela pour les chevaliers croisés. J’entends par là que les aliens du Lac de Feu ne sont finalement que des bêtes féroces qui pullulent, cela évite à nos héros la problématique de devoir gérer une technologie ou un armement supérieurs. Cela ne nuit cependant pas à la qualité de l’intrigue, qui bascule ainsi aisément en mode survival, plutôt que guerre interstellaire.

Comme dans tous les récits de genre détournés, on apprécie le propos sous-jacent, ici sur la religion, et comment cette dernière alimente depuis toujours les conflits les plus meurtriers de l’histoire de l’Humanité. L’auteur utilise donc le personnage de l’Inquisiteur pour appuyer son propos, et montrer les ravages de l’extrémisme.

Sur la partie graphique, le dessin de Matt Smith, que nous avions croisé grâce au très bon Folklords l’an passé, est toujours solide et régulier tout au long des trois albums de l’intégrale, hissant ainsi la qualité de ce Lac de Feu.

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Kill 6 Billion Demons

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Premier tome de la série écrite et dessinée par Tom Parkinson-Morgan. Parution en France chez Akileos le 06/10/2021.

C’est la fête au McGuffin

La jeune Allison n’a peut-être pas une vie facile, mais au moins ce soir, elle va prendre un peu de bon temps. Résolue à perdre sa virginité, elle s’acoquine avec son petit copain Zaid, qui n’a rien d’un foudre de guerre mais qu’elle aime quand même. Alors que le maladroit Zaid s’échine à la déshabiller, dans un de ces moments gênants que l’on a tous vécu (n’est-ce pas, hein ? hein ??), Allison voit la réalité se déchirer autour d’elle et une horde de démons débarquer d’un portail dimensionnel.

Non, non, allez-y, faites comme si j’étais pas là.

La horde semble poursuivre un étrange chevalier en armure, qui, juste après avoir été décapité, lui insère dans le crâne une boule lumineuse qui fragmente son corps telle une fractale. A son réveil, Allison constate que son petit-ami a été happé dans une dimension infernale par des démons, dont elle est elle-même prisonnière.

Accrochez-vous, puisque cette partie du pitch est, assez étonnamment, la plus facilement compréhensible. A partir de là, Allison va découvrir Trône, la ville gigantesque au centre du Multivers, jonchée des cadavres de divinités antiques, et peuplée de milliards de créatures, parmi lesquelles des démons abjects et des anges pour le moins étranges. Allison découvre qu’elle est désormais la détentrice de la Clé des Rois, un artéfact à l’infinie puissance, objet de convoitises depuis que les sept derniers dieux se sont divisés et se sont répartis les 777 777 univers composant le Multivers.

La jeune femme, perdue dans ce mortel bazar, va se retrouver sous la protection de « Chaîne Blanche » (son véritable nom est « Chaîne Blanche 82 née du néant qui revient pour soumettre le mal »), un Ange gardien de la Paix, qui va tenter de déterminer pourquoi la Clé des Rois s’est retrouvée dans le crâne d’une jeune humaine.

Weird is the new black

L’aventure de Kill Six Billion Demons a commencé en 2013 sous la forme d’un webcomic, ce média alternatif et décomplexé qui a permis à de nombreux auteurs de se faire la main tout en popularisant leurs travaux. Le phénomène ayant pris de l’ampleur, c’est Image Comics qui se positionnera sur le travail de Tom Parkinson-Morgan. Cette BD quasi inclassable se révèle faire en réalité partie d’un genre à part entière, un genre tout particulier puisqu’il se définit essentiellement en opposition par rapport à ses précurseurs: le New Weird.

Alors que la SF, le fantastique et l’horreur ont pris leur essor et se sont codifiés au cours du 20e siècle, la fin du 20e et le début du 21e ont vu un courant d’auteurs chercher à s’affranchir de ces codes, qui entre temps, étaient devenus des clichés pour certains. Il en a résulté un genre en soi, visant à détourner les lieux communs et les codes de la SF, de la fantasy, et autres, sans nécessairement verser dans la parodie.

On retrouve K6BD tout à fait dans cette veine, avec un concept de départ assez classique (une jeune femme doit plonger dans un univers infernal pour sauver son petit-ami: tiens, tiens, un pitch familier et récent), voire même un peu cliché (celui du « Je meurs, prends mon McGuffin« , que l’on peut voir par exemple dans Green Lantern, Saint Seya, Gundam, L’Incal, Casablanca, Le Cinquième Élément, Harry Potter…). Ces clichés seront néanmoins rapidement détournés, et mixés avec d’autres éléments, pour donner un tout délirant et baroque à souhait.

Attention, cependant, les amateurs d’intrigues ordonnées et de dialogues ciselées risquent de sombrer dans la folie à la lecture de cet album. Cela a l’avantage de refléter l’état de confusion dans lequel se trouve Allison face à ce monde inconnu, mais cela peut également noyer le lecteur, sous des répliques cryptiques qui frôlent parfois le non-sens.

Je ne parle pas seulement ici des tartines d’exposition qui nous sont servis à grands renforts de monologues, mais du délire ambiant, inhérent à ce type d’univers. S’agissant de l’exposition, on sent bien que l’auteur s’est senti tiraillé entre la nécessité de livrer les bases de son univers et le risque d’assommer les lecteurs avec. Par exemple, lors de la tirade de l’Ange sur les origines du Multivers, l’auteur insère des vannes visant à mettre en abîme le risque de perdre son auditoire avec ce genre de procédé.

Si l’on ne peut pas résolument classer cette série comme parodique, on ne peut pas non plus s’empêcher de déceler un certain degré de pastiche, comme dans les interludes récitant des psaumes de YINSUN. Ces textes, absurdes sur la forme, se révèlent grandement subversifs sur le fond, ne sont ni plus ni moins qu’un middle finger à tous les grands courants religieux et textes sacrés.

Petite touche toute personnelle, j’ai apprécié la représentation faite des anges, du moins dans leur apparence véritable, qui fait référence directement à leur description dans l’Ancien Testament. Le reste des dessins, s’ils peuvent souvent traduire la créativité débridée de Parkinson-Morgan, frisent parfois avec l’amateurisme, ou du moins dans ce qui peut souvent se voir dans certaines BD semi-pro.

Le tout conviendra certainement aux amateurs d’univers violents et déjantés, voire WTF. Attention toutefois au prix, qui peut être considéré comme prohibitif étant donné le format.

***·BD·Nouveau !·Service Presse

La grande peste

La BD!
BD de Cedric Simon et Eric Stalner
les Arènes (2021), série achevée en deux volumes (128p et 113p.)

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Merci aux éditions Les Arènes pour leur confiance!

Entre 1347 et 1352 la Peste noire ou Mort noire s’étend sur l’Europe, emportant 25 millions d’habitant et laissant les territoires déserts et ravagés. Baldus et Alixe sont témoins de ces évènements. Victimes et bourreaux, ils incarnent leur époque et pourchassent le quatrième Cavalier de l’Apocalypse par qui dit-on arrive la Grande Peste…

La grande Peste - BD, informations, cotesEric Stalner est féru d’histoire et incarne dans son style graphique un passage entre la BD historique classique de chez Glénat et une évocation fantastique plus proche des Lauffray, Montaigne et Alice époque Troisième Testament. Dans un thème proche (l’odyssée de témoins d’un grand évènement historique) sa Saint-Barthélémy m’avait beaucoup plu dans sa capacité à créer une histoire intéressante qui ne soit pas qu’un prétexte.

Allié à Cedric Simon depuis plusieurs albums qui adaptent le patrimoine littéraire national, Stalner revient donc pour un diptyque inégal dont on ne comprend pas toujours la structure. Si le premier gros volume – qui laisse de la place à l’artiste pour s’exprimer confortablement et globalement avec un grand plaisir pour le lecteur – intéresse sous sa forme de cours d’histoire très pédagogique et illustratif de différents évènements qui accompagnèrent la Peste (les buchers de sorcières, les sectes de flagellants, les danses de Saint-guy qui ont inspiré Guérineau récemment), la bascule du second tome vire au quasi-fantastique et laisse un peu dubitatif quand à l’objectif des auteurs. Accompagnant son scénario de cartes destinées à appuyer historiquement son contexte, Cedric Simon réussit ainsi comme historien, moins comme scénariste. La Grande Peste T. 2 - Par Éric Stalner et Cédric Simon - Les (...) -  ActuaBDCar si le démarrage est plutôt inspiré en proposant des fièvres graphiques impliquant le Cavalier de l’Apocalypse dans des allégories parlantes, la quête qui s’ensuit autour d’un artefact lié à cette fin du monde et aux personnages semble un peu hors sol et nous sortir de l’intérêt du contexte. Ce qui fonctionne c’est bien d’illustrer (comme dans Saint-Barthélémy) la réalité crue d’une époque ravagée, là où Stalner excelle avec ses gueules de gueux et ses féroces chevaliers.

En outre l’itinéraire mental des personnages devient peu cohérent entre les deux tomes. Si l’on comprend le traumatisme du rescapé Baldus et la vengeance de la féministe Alixe, on ne sait ensuite plus bien si l’on a migré dans un récit fantastique, la contextualisation se délitant et l’intérêt avec. On ne comprend ainsi pas bien le découpage en deux volumes qui semblent ne pas viser le même projet. Si le plaisir est là dans le tome un (notamment pour les amateurs de Stalner), on est un peu perdu dans cette quête artificielle et vaguement grandguignolesque dans le second volume où les beaux paysages et ma maîtrise graphique du dessinateur ne suffisent plus à maintenir notre attention. Inégal disais-je…

 

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Invisible Kingdom #2: La Bordure

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Second tome de 110 pages de la série écrite par G. Willow Wilson et dessinée par Christian Ward. Parution le 19/05/21 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Le prix de la rébellion

Dans le premier tome, nous faisions la connaissance de Vess, une jeune Rooliane qui quittait le confort relatif de son foyer pour s’engager auprès de l’église de la Renonciation, un culte intergalactique aux milliards de fidèles. Ce faisant, Vess savait qu’elle faisait défaut aux attentes placées en elle par son peuple, dont les traditions exigeaient d’elle qu’elle se reproduise pour perpétuer l’engeance Rooliane.

Alors qu’elle découvrait les arcanes secrètes de la Renonciation, qui prône le détachement matériel et la frugalité, Vess fit la rencontre de Grix et de son équipage, qui travaillent pour comme livreurs galactiques pour la méga-corporation Lux.

Lux est une métaphore à peine dissimulée de géants commerciaux bien réels comme Amazon, qui s’oppose depuis toujours aux idéaux prônés par la Renonciation. Toutefois, Vess découvre bien malgré elle un lien secret entre les deux entités, rendant caduc tout ce en quoi elle croyait. Depuis le début, Lux et l’église conspirent ensemble pour manipuler les foules planétaires, et maintenir un équilibre dont eux seuls semblent bénéficiaires. Consommez par-ci, mais renoncez par-là, les habitants de la galaxie semblent piégés dans cette seule alternative.

Témoins gênantes et alliées bien malgré elles, Vess et Grix sont poursuivies par la corporation à travers la Bordure, et échouent dans une région inhospitalière, où le vaisseau de Grix, véritable épave spatiale, tombe en rade. Était-ce là le prix de leur révolte ?

On retrouve donc dans ce tome 2 nos protagonistes en fâcheuse posture, perdues au milieu d’un champ de débris, promise à une lente agonie, et surtout, la proie des pirates qui écument la région. Désormais prisonnières, les deux rebelles vont devoir lutter pour leur survie, en mettant de côté leurs différends, alors même quelque chose de nouveau semble poindre entre elles…

Après un premier tome qui offrait une métaphore acerbe sur notre société de consommation et sur la assujettissement des masses, Invisible Kingdom met la contestation et le débat philosophique en pause pour se consacrer au développement de la relation entre ses deux héroïnes. Tout en augmentant les enjeux de leur survie, la scénariste se consacre à semer les graines de leur romance, une romance quelque peu attendue et qui n’offre pas de grande surprise en soi.

Ce tome 2 donne donc la sensation de n’être qu’un interlude, puisque l’équipage de Grix se retrouve durant un bon moment dans une situation passive, eux qui avaient pris dans le premier tome une décision courageuse. Lux et La Renonciation sont bien évidemment citées, mais de telle façon qu’on ne peut qu’avoir l’impression de s’éloigner de l’intrigue principale.

Si une histoire est traditionnellement découpée en trois actes, le second est classiquement considéré comme celui où l’auteur tient ses promesses, celles faites dans le premier acte. Or, ici, force est de constater que ce n’est pas le cas. Espérons que le troisième tome se recentrera sur l’intrigue principale, celle qui fait tout l’intérêt d’Invisible Kingdom.

***·BD·Nouveau !·Rapidos

UCC Dolores #3: Cristal rouge

La BD!
BD de Didier et Lyse Tarquin
Glénat (2021), 62p., premier cycle achevé en volumes.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

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Kash gravement blessé et sans pilote pour mener le Dolorès à bon port, Mony va bientôt découvrir l’origine de cette folle quête du cristal rouge, son passé et la véritable nature des Nouveaux pionniers…

Résultat de recherche d'images pour "tarquin cristal rouge"C’est peu de dire que cette première série en solo de Didier Tarquin a fait le yo-yo avec nos envies. Annoncé en grande pompe comme une saga de Space-opera majeure, le premier tome avait démarré un peu lentement et le second avait franchement déçu… Et je suis ravi de vous dire que ce troisième tome conclusif du premier cycle (un second est déjà annoncé avec la couverture du prochain tome) redresse franchement la barre pour donner suffisamment envie de continuer l’aventure.

Les problèmes scénaristiques ne sont pas totalement résolus avec nombre de points toujours très obscures, notamment en ce qui concerne le background (sans parler des libertés avec la physique qu’on excusera dans une œuvre de space-opera à la star-wars). Les auteurs (puisque le couple Tarquin est aux commandes de l’histoire) ont eu la bonne idée de nous proposer un gros flashback introductif tout ce qu’il y a de plus musclé, gore et sexy, en résumé de l’esprit qui prévaut sur cette série depuis le premier volume. Outre le fait de nous révéler enfin l’origine de ce vaisseau et de sa figure de proue, éclairant grandement l’intrigue générale, ce flashback permet l’apparition (enfin) d’un grand méchant et de donner une respiration à une narration jusqu’ici très (trop) linéaire. L’histoire peut ensuite reprendre sur de bonnes bases en proposant donc sans aucun doute le meilleur tome de la trilogie.

https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/b2/06/be/12453554/1520-2/tsp20201026070300/UCC-Dolores.jpgA tarder ainsi à dérouler les tenants et aboutissants de leur histoire les auteurs se sont retrouvés dans la situation d’un Georges Lucas contraint de tout balancer dans son Star Wars Episode III pour avoir gaspillé son temps sur les épisodes précédents. On a un peu le même sentiment ici et la bonne nouvelle c’est d’une part que Didier et Lyse Tarquin ont respecté le format en trois tomes avec cerise sur le gâteau une chute à la fois gonflée et très ouverte pour la suite, mais surtout qu’ils semblent être conscients du retard à l’allumage. Comme album solo Cristal rouge est franchement réussi dans son aspect révélations, trahisons et combat final. Ce n’est pas suffisant pour corriger les lacunes précédentes mais l’univers et les personnages installés permettront de bien belles choses pour la suite.

Regorgeant de bonnes idées et d’une classe dans la mise en scène que l’on connaît chez Didier Tarquin, ce volume expédie un peu vite l’affrontement final contre un adversaire visuellement proche d’un monstre de manga et bien cracra. Le plaisir à dessiner des paysages, des costumes et vaisseaux est évident et contagieux avec le lecteur. Depuis le premier tome seul le pilote permettait un ajout salutaire au duo héroïque, ce qui faisait bien peu. Ici on est bien plus généreux et l’interaction entre personnages s’en trouve bien meilleure, préparant l’achèvement de la transformation de sœur Mony en Captain Bad-ass.

On pardonnera donc à ces scénaristes débutants une origin-story un peu longue qui aurait pu se dérouler en deux volumes. Cristal rouge n’est pas exempt de défauts et de facilités mais respire une liberté créatrice qui fait plaisir et un esprit sale gosse exempt de toute censure que l’on ne voit plus depuis pas mal de temps en BD franco-belge. De quoi souhaiter bon-vent à monsieur et madame Tarquin et leur héroïne pour la suite de leurs aventures.

****·Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Invisible Kingdom #1: Le Sentier

Premier tome de 120 pages d’une série écrite par G. Willow Wilson et dessinée par Christian Ward. Parution le 14/10/20 en France chez HiComics

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

ÉCONOMIE DE LA FOI

Lux sait ce qui est bon pour vous. Lux, en quelques clics seulement, peut faire votre bonheur en vous prodiguant tout ce que vous désirez. Les bottes antigravité qui feront parler de vous au bureau ? Pas besoin d’attendre votre anniversaire, Lux peut vous les dénicher n’importe où dans la galaxie. L’écran plat dont vous rêvez depuis une semaine ? Plus besoin d’attendre, il est déjà sur le pas de votre porte, prêt à être déballé. 

Grix sait déjà tout ça. Non pas qu’elle y croit, mais elle sait que la mégacorporation fera tout son possible pour inonder le marché de ses produits en les rendant indispensables aux yeux de ses clients, avant de leur livrer sans délai partout dans le système solaire. Grix est une sorte de livreuse de l’extrême, embarqué dans son vaisseau le Sundog, épaulée par un équipage disparate de personnalités marginales. Habituée aux galères, elle est néanmoins heureuse de pouvoir compter sur ce job, qui lui permet de garder son petit frère avec elle, même si cela implique de travailler non-stop pour un salaire de misère, dans des conditions qui confinent à l’esclavage. 

Vess, elle, n’a rien connu de tout ça. Issue d’une famille aisée, elle a pris le contre-pied de son éducation et décidé de rejoindre le culte de la Renonciation, une religion prépondérante dans le système solaire. La Renonciation exhorte ses initiés à se détacher du monde matériel et de la surconsommation suggérée par Lux, pour se rapprocher du Royaume Invisible, où seule la foi et la pureté de l’esprit comptent, pas l’accumulation des biens. Depuis toujours, Vess est animée par une foi inébranlable qui la conduit à rejoindre le culte interplanétaire, malgré l’assentiment de ses parents. 

Ce fragile équilibre, ce sourd antagonisme entre Lux et la Renonciation, va être remis en question lorsque, chacune de son coté, Grix et Lux vont lever le voile sur une conspiration qui pourrait bien lier les deux entités dans le mensonge. Grix va dès lors entamer une course ventre-à-terre pour sa survie et celle de son équipage, tandis que Vess devra faire le choix entre l’obéissance aveugle à sa mère supérieure et la quête de vérité.

Jesus he buys me

La quête de Vérité est un pan inévitable de la psyché humaine moderne. Longtemps, elle fut détenue par quelques initiés, puis répandue verticalement aux pauvres âmes pour le salut du plus grand nombre. Les différentes églises qui se sont succédées ou qui cohabitent encore aujourd’hui se veulent toutes dépositaires de la seule et unique Vérité sur le monde qui nous entoure. Cependant, aujourd’hui, la Vérité n’est plus simplement une quête spirituelle. A mesure que le monde progresse dans la modernité, l’information se complexifie, et avec elle, la notion même de Vérité. Chacun peut détenir la sienne, certains peuvent même jouer avec de façon si convaincante qu’elle finira par perdre son caractère objectif. 

Au milieu de cet affaiblissement de la Vérité, il ne reste plus aux individus qu’à étouffer leurs questionnements existentiels à grands renforts d’achats en ligne. Là où la Vérité était autrefois révélée, du haut vers le bas, elle nous est aujourd’hui jetée en pâture, dans des petites boîtes en carton dont le contenu est censé nous rappeler le meilleur moyen d’obtenir la salut. Si la religion est l’opium proverbial du peuple, la consommation en est assurément devenue la morphine. 

G. Willow Wilson a voulu, dans son Royaume Invisible, nous mener à une réflexion -pas si subtile, certes, mais comment l’être dans ces circonstances-sur les dérives consuméristes du monde moderne, tout en n’hésitant pas à attaquer l’institution religieuse. Ici, le thème centrale de la série est une collusion secrète entre les deux, une corruption de l’une par l’autre. Dans quel but ? Que couvrent les mensonges de Lux et de la Renonciation ? Espérons que le tome 2 nous donnera quelques pistes sur les enjeux réels de cette mascarade. 

Si les thèmes abordés par G. Willow Wilson paraissent riches et profonds, ils sont pour le moment drapés dans une histoire généreuse en action, courses-poursuites et batailles spatiales. Les dessins de Christian Ward sont très bons, bien qu’honnêtement je les aie trouvés légèrement surcotés (Ward a néanmoins gagné l’Eisner Award 2020 du meilleur artiste numérique).

Une bien belle découverte qui nous amène à nous interroger sur notre monde, vivement la suite ! 

****·Manga·Nouveau !·Service Presse

Alpi, the soul sender #1

esat-west
Manga de Rona
Ki-oon (2020), 1n&b, 160 p. environ, 2/4 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

Petite surprise à la prise en main de ce premier volume à la jaquette magnifique dont l’élégance se prolonge dans les planches intérieures: elle est une simple impression numérique sur papier épais… On pourra voir dans cette idée une démarche écologique pour éviter une jaquette plastifiée comme sur la quasi-totalité des mangas… mais cela implique une fragilité certaine de l’objet. Évitez impérativement de vous promener avec cet album dans le métro! Hormis cette remarque, l’album ne comprend pas de bonus hormis la (magnifique) description des quatre créatures divines (imprimée sur la couverture du bouquin) que nous allons rencontrer dans ce premier opus. couv_401482 Lorsque Dieu envoya ses créatures saintes propager leurs bienfaits sur terre, les communautés humaines ne se doutaient pas que cette bénédiction recouvrerait une malédiction: lorsque ces animaux magiques arrivent en fin de vie ils propagent autour d’eux des miasmes détruisant la vie qu’ils ont contribué à créer. Les soul senders sont alors formés pour purifier ces carcasses en en libérant l’âme. Alpi est une soul sender… et c’est une enfant.

Après avoir découvert avec délectation le phénomène L’atelier des sorciers je peux vous annoncer que cette nouvelle série publiée originalement en webcomic au japon n’a pas à rougir devant le manga de Kamome Alpi the Soul Sender tome 1 : un devoir de la plus haute importance -  Esprit OtakuShimahara. Si l’univers des Shojo ne m’intéresse guère, comme dans la BD franco-belge les manga d’autrices proposent une sensibilité vraiment intéressante qui semble compenser certains marqueurs comme le sadisme ou les créatures organiques dont sont friands nombre de mangaka hommes. Comme pour l’Atelier ou Centaures, Alpi intègre dans son projet une esthétique particulièrement poussée sur des costumes et des décores notamment, appuyée sur une technique graphique franchement impressionnante. La précision des détails laisse ébahi en constatant qu’aucune case n’est laissée dans une économie d’arrières-plans. L’esthétique est partout dans cette itinérance d’une jeune fille déterminée à assumer sa fonction purificatrice malgré les souffrances que cela implique. La recherche des parents, l’acolyte bien plus âgé qu’elle, rappellent des thématiques classiques des liens entre génération et l’omniprésence du thème de la nature et de ses Esprits nous plonge dans ce que Miyazaki a popularisé en Occident.

Un peu comme pour le début de Fullmetal Alchemist, on a droit sur ce démarrage à une histoire par chapitre (soit quatre) avec des pages d’interludes permettant de développer un peu les a-côtés des rituels proprement dit. L’histoire avance donc peu puisque l’essentiel du propos est de nous montrer le déroulement des purifications, leurs conséquences et les risques que prend Alpi. Les groupes humains ont tendance à abuser du pouvoir de ces soul senders pour leur confort personnel et le vieil homme qui l’accompagne essaye de la préserver de ses obligations. Ce premier volume est donc principalement axé sur la découverte du monde, des superbes décors et le design absolument superbe des créatures comme des artefacts. Assez modeste, ce tome est néanmoins une très belle entrée en matière qui peut tout autant se prolonger vers une quête que sur d’autres successions d’historiettes. Laissons le temps à la série de s’installer et d’introduire du drama et profitons de ces incroyables dessins et d’un monde que l’on ne demande qu’à découvrir avec Alpi. A noter que si ce titre est indiqué Seinen, il est pour moi tout à fait adapté aux jeunes lecteurs et plus proche de l’esprit Shonen. note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1