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Sushi et Baggles #8

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Talli, fille de la lune #1 (service presse)

Couverture de Talli, Fille de la Lune -1- Tome 1

Sorti début 2018, ce nouveau manga français d’Ankama est dû à l’auteur Sourya qui a déjà officié sur d’autres albums de l’éditeur (la série spin-off de Freak’s Squeele « Rouge » notamment). C’est là son premier album en solo et je dois dire que dans cette histoire de fantasy relativement classique il s’en sort très bien que ce soit niveau dessin ou scénario. Le style graphique rappelle un peu l’école Miazaky et le design des personnages est plutôt réussi (hormis, chose étonnante… Talli, le personnage principal qui est étrangement hautain et peu sympathique, c’est peut-être volontaire, nous verrons par la suite…). Sans être dans le virtuose, on a un dessin plus que correcte et des personnages typiques du genre manga (le jeune rappelle pas mal le héros de Radiant). Nous suivons donc Talli et son chevalier servant, pourchassés par une horde de guerriers redoutables. Ce premier volume prend donc l’apparence d’une course-poursuite, d’une fuite de l’héroïne et ses amis de circonstance, un bandit repenti et son mystérieux compagnon, aussi mutique que rapide et redoutable au combat à l’épée. La progression dramatique est très carrée, régulière et nous fait découvrir ce monde mythologique en même temps que les différents groupes de personnages qui vont interagir avec les héros, laissant envisager un background assez touffu. L’auteur indique dès le début qu’il a souhaité dans ce manga reprendre les thèmes et structure des RPG des consoles de jeux japonais. On aura donc droit à des chevaliers, magiciens et monstres. Ce volume se clôt avec des révélations alléchantes qui donnent envie de lire la suite.

Talli est une bonne découverte et pour le petit lecteur de manga que je suis je dirais qu’on est dans la lignée d’un Radiant, à savoir un manga de grande qualité sur une base classique japonaise mais réintégré à la culture et aux codes européens.

 

Bloodshot Salvation #2

J’aime bien le personnage de Bloodshot et la lecture du Salvation #1 était une très bonne surprise, avec des dessins vraiment chouettes pour les deux illustrateurs et une intrigue simple mais efficace avec une thématique originale collant à l’actualité sociétale américaine.

Et bien ce volume qui conclut cet arc est une déception… D’abord graphiquement, seul Renato Guedes qui avait proposé parmi les plus belles planches du magnifique X-O Manowar #2 s’en sort dans le début de l’histoire (chacun des deux volumes a un duo de dessinateur différents). Je précise que ma lecture sur fichier numérique était d’assez basse résolution et j’espère que l’édition papier est nickelle comme tout ce qu’a produit Bliss jusqu’ici. Les pages de Doug Braithwaite sont assez banales et correspondent scénaristiquement à des grosses facilités type « Shadowman survient d’un portail au dernier moment pour sauver tout le monde » et la linéarité de l’histoire est étonnante (le Baron samedi n’est décidément pas très coriace pour un seigneur de la mort!). Seul l’épisode en 1916 sur l’histoire de Bloodhound (le chien aux nanites) apporte un peu à ce volume bien faible. L’idée familiale était très bonne et se dilue ici avec la disparition de toute tension dramatique. Salvation aurait pu être un one shot tant on navigue ici entre redites et soupçon de scénario. Vraiment dommage, pour ma part je vais de ce pas retourner sur Reborn pour comprendre enfin ce que sont ces Bloodshot russe, noir et GI…

 

Ninjak #4

Très bonne surprise que ce Ninjak tome 4 dans une série assez irrégulière malgré une structure globale intéressante (l’alternance « dossiers secrets » sur le passé de l’espion et intrigues principales). D’abord le dessin monte d’un cran, mais surtout, on a clairement l’histoire la plus intéressante par-ce que dramatique: Colin voit tout son univers détruit et devient du jour au lendemain un paria… Or jamais les héros ne sont aussi bons que quand ils sont malmenés. En outre la super-méchante Raku est de loin la plus réussie de cette série. Les bad-guys des 7 lames au design un peu foireux (je pense au Fakir avec lequel j’ai vraiment du mal) disparaissent et on ne nous parle pas de magie ni de monde des morts. On revient à la couenne de l’espionnage et c’est plutôt réussi. A noter que le titre est trompeur puisque contrairement au siège du manoir Wayne dans la Cour des Hiboux, ici le King Castle est rasé dès les premières planches et c’est surtout la recherche par Ninjak de son adversaire qui nous intéressera avec de nombreuses révélations sur son passé, et pas des moindres. Le meilleur album Ninjak jusqu’ici.

Ninjak #5

Pour clôturer la première série Ninjak (pas très vieille, le dernier épisode est sorti en 2017), ce volume comprend deux histoires: d’abord la traque un peu étrange d’un vieux Ninjak associé au Guerrier Eternel et qui se retrouvent dans des dimensions parallèles, ensuite la conclusion de la saga Roku avec la formation par la sœur de Darque (le grand méchant de Shadowman) d’un commando destiné à assassiner son frère. Graphiquement le volume est bon de bout en bout, y compris sur les Dossiers secrets, on est sans doute au top de la série Ninjak question dessins. Pour l’intrigue, même remarque que sur les tomes précédents, c’est un peu chaotique avec à la fois une trame générale autour de Roku et les 7 lames mais l’impression d’un manque de continuité avec des histoires relativement insignifiantes. Heureusement les personnages sont plutôt réussis, à commencer par Ninjak et Roku dont la relation, plus complexe qu’il n’y paraît ajoute ici une tension que l’on n’avait pas vu depuis le premier volume. La présence de la magie reste cependant de trop selon moi. Bref, un dernier volume qui se lit très bien mais ne laissera pas une empreinte impérissable. Et il débouche directement sur le très bon Rapture, avant un relaunch très prochain de Ninja-K (à paraître en français en avril).

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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans un prochain billet manga.


Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.


Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.


Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait pensé aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…