BD·Guide de lecture·Rétro

Sambre et la Guerre des yeux

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A l’occasion de la sortie du dernier volume de la Guerre des Sambre (et troisième du cycle Maxime et Constance), j’inaugure une nouvelle catégorie: le guide de lecture. Ce sont des billets sur une série terminée où je reviens sur la structure de la série, ses bons albums et les clés pour débuter. A priori j’alternerais avec la Trouvaille du vendredi vu qu’on reste dans le rétro.

Alors que la série mère Sambre (7 volumes parus sur 9) raconte l’histoire des deux dernières générations de cette famille, la Guerre des Sambre propose de remonter le temps afin d’éclaircir le mystère de la Guerre des yeux, une mythologie antédiluvienne qui expliquerait la malédiction qui pèse sur les Sambre…

Sur trois cycles en allers-retours temporels, nous saurons presque tout des drames des Résultat de recherche d'images pour "sambre yslaire"gens aux cheveux rouges. Un dernier cycle remontant aux temps immémoriaux  était prévu mais a été abandonné. L’auteur Yslaire, à la baguette sur l’ensemble des ouvrages, a effectué des changements de plan au cours des parutions et si l’arbre général de la série mère et de la Guerre semble actuellement stabilisé, il n’est pas impossible qu’au gré des envies suscitées par les albums il élargisse encore le projet. Il y a des similitudes entre Sambre et les Méta-barons dans cette construction progressive à la fois planifiée et mouvante, deux séries qui fascinent leur auteur, voient des ajouts telles des branches à la structure générale et qui globalement arrivent à transmettre en plaisir de lecteur.

Sambre est une série qui a passé les trente ans. La Guerre des Sambre a elle commencé il y a dix ans. Cette série d’exception illustre le talent d’un auteur à prolonger son œuvre personnelle avec d’autres illustrateurs, dans une démarche totalement artistique. Résultat de recherche d'images pour "sambre yslaire"J’avais fait l’impasse sur la Guerre lors de la sortie du premier Hugo & Iris (pensant que nous avions là un produit commercial d’éditeur sans intérêt). Fasciné par les illustrations de Recht et Bastide j’ai bien été obligé d’admettre que nous avions finalement non seulement une série dépassant graphiquement la série mère mais surtout totalement liée par son auteur Yslaire. Au point que la parution du second cycle Werner & Charlotte, bien en deçà du niveau visuel du premier cycle, est cependant parvenue à maintenir l’intérêt pour une série qui ne subit aucun coup de mou après maintenant 16 albums. Le maintient du dessinateur Marc-Antoine Boidin entre le deuxième et le troisième cycle est dommage. Bien qu’il produise des planches moins flamboyantes que Recht et Bastide, il a su donne un ton particulier à sa vision de Sambre et conserver une homogénéité graphique. Néanmoins dans l’esprit des cycles de la Guerre des yeux il aurait été de bon ton de trouver un autre univers graphique pour le cycle III. Celui-ci, par-ce qu’il clôt la généalogie mystérieuse de la famille (les fameux jumeaux et la période révolutionnaire qui introduit la série d’Yslaire) est fascinant et Boidin n’a rien à envier au créateur de la série sur le plan graphique. Ce cycle est un peu en deçà selon moi mais reste de très bon niveau.

  • Sambre:

La série mère a vu paraître dans les années 80-90 quatre albums qui ont fasciné une génération de lecteurs. Yslaire, pas très précis graphiquement sur le premier tome et accompagné d’un scénariste, a rapidement progressé et réussi à donner une couleur très particulière à son univers… graphique et romantique. L’esprit du romantisme torturé occupe tout entier cette famille au destin éminemment tragique, fait d’amour et de haine, de consanguinité originelle (qui sera développée dans les cycles de la Guerre)… Sambre est longtemps restée l’icône de la BD historique adulte de l’éditeur Glénat. L’auteur a toujours travaillé en work in progress et a commencé par retitrer les albums avant de poursuivre la série. Les parutions des tomes 5-6-7 sont ainsi étalées sur environ sept années chacun et intercalées avec la Guerre à partir du tome 6. La série aurait pu se terminer au quatrième volume mais Yslaire a souhaité, alors que des idées de prolongement germaient dans son esprit, recentrer l’histoire sur Julie, l’amante maudite aux yeux rouge. C’est donc bien son histoire qui est relatée dans le second cycle de la série mère. Il semble qu’Yslaire ait projeté un troisième cycle (centré sur le fils de Bernard et Julie jusqu’en 1871) mais le dernier volume paru semble indiquer que la série se terminera bien au tome 9. A noter un changement total de maquette à partir du tome 5 afin de coller avec celle de la Guerre. L’un des intérêts de cette série, dès l’origine est que cette famille est liée à tous les grands événements de la France depuis la grande révolution et tout au long du XIX° siècle.

  • La guerre des Sambre: Cycle I – Hugo et Iris

Image associéePremier cycle qui mets la barre très haut, tant scénaristiquement que graphiquement. Le trop rare Bastide aidé de Robin Recht produisent trois albums totalement magiques, qui font passer Yslaire pour un dessinateur moyen et atteignant une fusion totale avec les thèmes: la cycle raconter les amours du père Hugo (peu vu mais central dans la série mère), sa soi-disant folie, clarifie les relations avec certains personnages obscures de Sambre et surtout introduit la mythologie des Yeux, découverte archéologique qui donnerait un fondement historique à cette guerre généalogique. Pouvant être lu seul, ce cycle est le meilleur de l’ensemble des albums Sambre. Il a en outre le mérite de répondre directement aux premiers albums de la série mère. Un chef d’œuvre.

  • La guerre des Sambre: Cycle II – Werner et Charlotte

Résultat de recherche d'images pour "sambre hugo et iris bastide"Plus modeste graphiquement que le premier, ce second cycle déroute car il saute une génération pour s’occuper des grand-parents et de l’arrière-grand-mère de Hugo, courtisane à la cour d’Autriche au XVIII° siècle. La maladie sanguine, le viol, la consanguinité sont ici traités, dans une intrigue très sombre, voir brutale. Boidin arrive, notamment grâce à des couleurs très réussies, à rehausser son dessin (qui est a l’origine assez enfant ou proche du style Manga) et le cycle, tout en étant différent, parvient à être aussi intéressant que les autres albums. L’environnement géographique qui n’est ni situé en ville ni dans la maison des Sambre participe à cette aération qui évite la redondance. Les personnages sont très puissants et le tragique maintient une tension qui justifie sa lecture. Il est simplement dommage que les auteurs n’aient pas renversés leur cycle 2 et 3 afin de respecter une remontée du temps entamée sur le premier cycle.

  • La guerre des Sambre: Cycle III – Maxime et Constance

Résultat de recherche d'images pour "maxime et constance boidin"Ce dernier cycle de la Guerre des Sambre se déroule pendant la période révolutionnaire et suit la psychologie violente et hantée du père de Hugo. Surtout, en raccrochant aux évènements et personnages historiques (le jeune Robespierre), il nous propose de dévoiler les derniers mystères sur les membres aux yeux bleus et l’origine des branches cousines des Sambre. Dès le premier album Sambre l’on sait que tout s’est joué pendant la période révolutionnaire… dont on nous dit pourtant très peu. J’ai trouve ce cycle moins essentiel, à la fois par une petite baisse graphique et par des sujets moins passionnels. L’histoire est centrée sur la vie de Maxime, enfant battu devenu violent, survivant… dont le destin nous intéresse moins tant qu’il n’est pas lié à la mythologie de la famille. Le cycle II nous parlait du grand-père et de son œil perdu, d’un ancêtre chevalier, le I nous faisait découvrir une pierre rouge dans les mines du Nord… Le III nous fait patienter jusqu’à la guillotine et à l’implication révolutionnaire attendue de Maxime. Probablement à prendre dans un ensemble de la dynastie Sambre qui reste une formidable aventure éditoriale et artistique d’un auteur pugnace et passionné.

 

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BD·Nouveau !

Le loup blanc

BD de Julien Blondel, Robin Recht et Julien Tello
Glénat (2017), 64p. Série Elric: 3 volumes parus (sur 4)
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L’éditeur a fait un joli travail avec un cahier graphique décrivant le processus de création en fin d’album, une galerie d’illustrations d’Elric par différents auteurs et une préface désormais rituelle d’un des papes de la littérature geek (Neil Gaiman ce coup-ci). La couverture est bien plus réussie que sur le tome 2. L’indication du nombre de volumes sur le premier cycle (en quatrième de couverture) est louable.

Pas très fan des trucs de métalleux et gothiques je n’ai jamais lu leur bible, la saga de Michael Moorcock sur l’albinos et son épée buveuse d’âmes Stormbringer,  même si la réputation de cette œuvre m’intriguait, notamment dans le milieu rôliste (Julien Blondel a commencé comme auteur de jeux de rôle, comme le scénariste de Servitude…). En revanche la dark fantasy me plaît par son côté graphique, via l’univers de Frazetta principalement (qu’on retrouve chez Esad Ribic), Conan et le travail graphique d‘Alberto Varanda sur le jeu de rôle Bloodlust que je pratiquais quand j’étais plus jeune. En voyant arriver cette adaptation auréolée de la préface de l’auteur original et d’Alan Moore (sur le t2), étant grand admirateur du travail de Robin Recht et Jean Bastide je me suis laissé tenter.

planchea_309200Premier constat: c’est sombre, gothique, violent, barbare. Les trois volumes (sur les 4 du premier cycle) sont relativement différents. Le premier est clairement le plus impressionnant, par la puissance des planches portées par Bastide (qui n’officie malheureusement que comme coloriste sur les suivants), par la radicalité des scènes de sexe, de torture, de combat, par les pleines pages, le découpage, les décors, bref, on en prend plein la vue. L’œuvre et l’univers de Moorcock sont assumés sans aucune autocensure et c’est ce qui plait. Un univers païen, mélange du fruste minéral et de la flamboyance des architectures et des costumes orientaux. On retrouve le côté épique, foisonnant, gigantesque qu’Olivier Ledroit avait apporté aux premiers Chroniques de la Lune noire. Le second tome est en deçà, tant au niveau graphique que scénaristique. La quête d’Elric assisté d’élémentaires pour retrouver son impératrice Cymoril est assez linéaire. La violence reste présente (la scène du village est assez trash) ainsi que les démons. Mais le changement de dessinateur principal se ressent et le tout manque quelque peu d’inspiration.

elric20320104.jpgLe Loup blanc marque une certains pause dans la virulence de la série. Elric est exilé dans les jeunes royaumes avec sa seule arme-dieu. Il va entamer une amitié avec un prince-marchand et accepter la mission d’une princesse souhaitant se rendre dans un autre plan de réalité lié à Elric et à sa généalogie. Les explications sur le passé de Melniboné alimentent la narration générale mais le tout reste assez sage. Les décors hivernaux sont très beaux et maîtrisés, les rues et plans larges de la cité sont très détaillés et inspirant. Les costumes sont toujours aussi travaillés et l’on sent que l’équipe s’est régalée visuellement sur ces éléments de décors. Niveau graphique on reste dans l’école Lauffray et c’est plus qu’honnête, avec quelques fulgurances sur certaines pages. La perte de Bastide est indéniable mais le niveau est maintenu par une méthode de travail collectif expliqué dans les annexes très intéressantes. Elric fait partie des quelques rares séries à parvenir à maintenir une homogénéité graphique malgré la multiplication des dessinateurs (comme Avant la Quête) et c’est louable. Niveau intrigue on revient à de l’assez classique en héroïc-fantasy, l’ambiguïté du personnage, de son épée et de sa relation avec le démon Arioch ne survenant que sur les toutes dernières cases de ce troisième tome. On reste dans de la très bonne fantasy mais j’espère que le quatrième opus renouera avec la radicalité et la grandiloquence du premier.

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BD·C'est lundi...·Comics·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #4

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Les lectures bibliothèque de mes enfants, un SP Sarbacane, un SP Arènes BD et enfin mon Esad Ribic quêté en occasion!

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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Un cadeau, un SP Sarbacane, et révision du Roy avant lecture du 3, diantre!

3. Que vais-je lire ensuite ?

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Par-ce que les nouveautés de rentrée faut bien s’y mettre quand-même… Beaucoup de retard avant octobre, pas sur que je me tape les relectures de séries avant les suites prévues cet automne…

En vous que lisez-vous?

 

BD·Comics

L’orgie de la rentrée

Alors ça y est on arrive à la fin d’année, grosse période de sortie de BD mais pas forcément gage de qualité étant données les contraintes posées sur les auteurs pour respecter les fenêtres de tir éditoriales. Le cru 2017 est pourtant selon moi une année exceptionnelle, en tout cas j’ai rarement prévu d’acheter autant de BD issues de séries de très bonne qualité. Voici donc sur quoi je vais baver d’impatience dans les semaines qui viennent:

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  • Troisième testament Julius V
  • Warship Jolly Rogers (annonce 2017 sur le forum BDgest)

+Azimut 4 ??

Si vous avez des infos sur les autres parutions attendues…