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Lecture COVID: Sanctuaire Genesis

La BD!

badge numeriqueSanctuaire Genesis est une mini-série dont les deux tomes sont parus en 2015 aux éditions des Humanoïdes Associés. Philippe Thirault et Christophe Bec au scénario, Stefano Raffaele au dessin.

 

Les origines du Mal

Quelques années après avoir conclu en tant que dessinateur son angoissante trilogie sous-marine Sanctuaire, Christophe Bec reprend le flambeau de cet univers crée avec le concours de Xavier Dorison, cette fois en tant que scénariste, afin d’en livrer un préquel, grâce aux dessins de Stefano Raffaele.

Alors que la série principale contait les mésaventures d’un équipage de sous-marin aux prises avec une entité malveillante prisonnière de l’éponyme sanctuaire, cette série nous amène un peu plus avant, à l’aube de la Second Guerre Mondiale, pour raconter la lutte de pouvoirs qui s’est opérée entre les différents belligérants qui souhaitaient exploiter le pouvoir de l’entité à leurs propres fins, ignorant que c’est une force impossible à maîtriser.

Attraper le Diable est une chose, le retenir en est une autre.

Ainsi, l’on va en savoir davantage sur les événements qui ont conduit au désastre de l‘USS Nebraska dans la série originale. Delorme, un archéologue de renom, se voit déjà récolter les lauriers de la découverte d’une immense cité Ougharit, une civilisation ancienne, dont on n’explique pas le soudain déclin. Il traîne derrière lui Marlène, sa réticente épouse, qui aimerait être autre chose qu’un bagage qu’on amène avec soi pour le déposer simplement à chaque étape de son voyage.

Petit problème, les nazis sont sur le coup eux aussi, et vont prendre le couple en otage afin que l’archéologue leur montre la voie du Sanctuaire et de ce qu’il renferme en son sein. Sous la menace constante, le couple va de disloquer, amenant l’épouse déçue dans les bras d’Otto, l’archéologue au service des allemands.

Sanctuaire Genesis s’amuse à nous rejouer la carte des films d’aventure sur une trame assez classique. En effet, la fiction regorge de monstres et d’entités malveillantes, emprisonnés grâce au sacrifice d’un peuple ancien ou une faction occulte dont les derniers descendants gardent encore craintivement le secret (je pense à La Momie, Indiana Jones, Le Prince des Ténèbres…), et réveillés par l’inadvertance ou la cupidité des hommes.

On l’aura compris, Sanctuaire Genesis ne comprend pas d’élément réellement surprenant, ni une recette particulière, cependant, on se laisse prendre par le coté soap apporté par le triangle amoureux Delorme/Marlène/Otto. En revanche, on aurait apprécié en apprendre davantage sur les origines ou le background de Moth, le fameux antagoniste maléfique, qui reste finalement en arrière plan, muet la plupart du temps, ne se distinguant que par l’influence morbide dont on le devine instigateur. Il est possible, sur ce point, que les scénaristes n’aient pas souhaité faire doublon avec le reboot de la série, sorti entre temps, et intitulé Sanctuaire Redux, qui offrait déjà quelques flashbacks très instructifs.

Graphiquement, Stefano Raffaele, que l’on retrouvera de nouveau en tandem avec Christophe Bec sur la série Olympus Mons, faisait déjà ici un très bon travail sur les ambiances et les décors.

Sanctuaire Genesis demeure une agréable lecture, même si elle ne comporte pas d’élément surprise qui changerait le paradigme de la série principale.

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Olympus Mons #6: Einstein

La BD!

Album de 56 planches, écrit par Christophe Bec et dessiné par Stefano Rafaele, paru le 11/09/2019 aux éditions Soleil.

Compte à rebours mortel

En 2026, la course aux étoiles a été gagnée par les russes, qui ont pu mener à bien la première mission habitée sur Mars. Cependant, alors que l’on explore les portes du cosmos, il semblerait que la Terre n’ait pas livré tous ses secrets. Une énigmatique épave, baptisée « Anomalie Un« , est repérée au fond de la Mer de Barents par une équipe de chasseurs de trésors, tandis qu’une autre équipe se rapproche d’une autre épave inconnue aux propriétés nocives. Et pendant ce temps, le médium Aaron Goodwin, en plein milieu d’une enquête, reçoit des visions cryptiques laissant penser que le sort du monde est en jeu. Et pour couronner le tout, sur Mars, la mission prend un virage tragique, laissant la cosmonaute Elena Chevtchenko au pied d’une autre épave cyclopéenne, poursuivie par des drones tueurs.

Christophe Bec, auteur incontournable aux nombreux succès, renoue avec la SF avec Olympus Mons. Il s’associe avec son compère Stefano Raffaele, avec lequel il avait déjà officié sur Sanctuaire Genesis, Deepwater PrisonPromethee et Pandemonium, et compose une intrigue sur plusieurs niveaux, menée tambour battant grâce à un compte à rebours aux enjeux dantesques.

(Pas si) Seule sur Mars

Après des tomes quatre et cinq qui se concentraient davantage sur les personnages que sur l’avancement de l’intrigue, ce sixième tome précipite un peu les choses en Olympus mons tome 6 - BDfugue.comfournissant une conclusion à toutes ses lignes narratives distillées dans les premiers tomes.

En effet, sur Terre, le compte à rebours à l’issue duquel l’Anomalie Un doit exploser arrive bientôt à son terme, forçant Elena, secondée par l’androïde surnommé Einstein, à tenter le tout pour le tout sur l’Olympus Mons pour enrayer le processus apocalyptique.

Au vu des enjeux développés par le récit, on pouvait difficilement imaginer un autre dénouement que celui livré par cette conclusion, qui reste bien menée à défaut de nous surprendre. Raffaele semble ici en vitesse de croisière, et livre des planches correctes, sans toutefois que l’on puisse se départir de l’idée qu’il a déjà fait mieux en terme de finitions.

Pour conclure, Einstein conclue Olympus Mons de façon bienvenue mais sans réelle surprise !