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Hot space #2: Rage

BD du mercredi
BD de Le Pixx et Celestini (coul.)
Kamiti (2021), 78p./album. Série en cours 2/3 parus.

Avant toute chose je tiens à vous rassurer: oui cette couverture est affreuse et totalement incompréhensible vu le sérieux général de l’auteur et de son éditeur depuis le début de cette série. Autant la couv’ du premier tome était franchement élégante et dans l’esprit SF bad-ass, autant celle-ci, non seulement rate le coche de l’appel à ouvrir l’album sur l’étalage de la librairie, mais donne l’impression d’avoir affaire à une auto-édition amateure avec ses aplats de jaune un peu grossiers. Je m’excuse d’avance auprès de Pierre Le pivain dont je respecte beaucoup le travail et des dessins de grande qualité sur les deux albums parus, mais comme toujours sur ce blog on essaye d’être honnêtes (c’est d’autant plus facile quand l’avis final est positif comme vous allez le voir…). Et pour le coup j’appelle cette couverture une faute de goût et un risque pour les ventes d’une série peu connue, chez un petit éditeur. Autant je critique les méthodes de confier à un tiers la couverture d’un album pour attirer le chaland, autant le rôle d’une couverture est tout de même de faire joli. Bref, je souhaite à Kamiti et Le Pixx que cela ne portera pas préjudice à la carrière de cet album.

couv_426496bsic journalismMerci aux éditions Kamiti pour cette belle découverte!

Alors que l’officier Spector continue son enquête pour démanteler la conspiration militaire elle se retrouve victime d’étranges rêves. Pendant ce temps Kovalski voit le tueur lancé à ses trousses se rapprocher et découvre les étonnantes propriétés du cristal local qui lui a sauvé la vie. Une odyssée mystique commence sur cette planète située au cœur de forces insoupçonnées…

Hot Space - Rage, BD et tomes sur ZOOOn avait laissé la pauvre Kovalski bien mal en point avec un bras robot et un redoutable assassin aux trousses… Après deux ans d’attente on entame cette suite d’étonnante manière, par un prologue nous expliquant le contexte de la conquête spatiale. Comme si l’auteur avait réalisé que son démarrage en trombe en hommage à Aliens dans le premier volume nécessitait quelques explications préalables. En fait de prologue on en aura deux puisque après cette introduction on a droit à une scène qui renforce l’aspect magique de la fin du précédent, autour de cet étrange cristal. Ces précisions sont donc plutôt bienvenues en densifiant le contexte même si elles ressemblent un peu à une V2 contournant l’envie d’action effrénée qui marchait pourtant si bien dans l’ouverture.

Ce deuxième volume est donc assez différent sur plusieurs points. D’abord de Kovalski on n’entendra reparler pratiquement que sur le dernier tiers de l’album. A la place on a droit à une succession de scènes avec la technicienne qui avait découvert la conspiration et le tueur qui devient à son tour une cible pour une Armée qui ne veut pas laisser de traces. Le fond de l’affaire se développe franchement et on y voit plus clair sur le rôle que les personnages tiennent dans ce mic-mac. Cela entrecoupé de plusieurs scènes de rêves ou de visions franchement bien tournées et qui maintiennent un voile de mystère autour de cette planète. Il ressort de ce montage une impression de complexité et de ne plus trop savoir quand et où on est. Ce n’est pas problématique car l’esprit de manipulation est recherché et les personnages sont bien caractérisés et donc reconnaissables, aidant le lecteur à se raccrocher à ces bouées. Bien sur l’action prédomine toujours avec son lot d’explosions gores.

En tant que que tel ce second opus fait franchement bien son boulot en nous tiraillant entre une trame simple recouvrant un développement tortueux qu’on aime découvrir par bribes. Si on regrette un peu l’absence de la super Kovalski ce qui perturbe le plus c’est donc le décalage avec le tome précédent avec une intrigue ici plus sophistiquée. On reste pourtant bien accroché par ces dessins tout à fait sympathiques bien que l’encrage reste un peu épais par moment. Surtout, le découpage et cadrage de Le Pixx sont très inspirés par une envie de cinéma évidente et très bien assumés, avec des design techniques très classes (notamment les plans spatiaux). A mesure que l’aspect mystique prend de l’importance on se demande si l’auteur va basculer dans un délire new-age avec le risque de tomber dans le grandiloquent. Son bon gout jusque ici et sa capacité à digérer ses multiples influences laissent optimistes tant il semble bien mener sa barque au bout de ces deux très sympathiques tomes d’une aventure SF que l’on n’attendait pas si ambitieuse. Assurément une belle découverte de ces dernières années dans un genre pourtant chargé.

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**·BD

Les Chroniques d’Under York #3: Confrontations

La BD!

Troisième tome de la série écrite par Sylvain Runberg et dessinée par Mirka Andolfo. Parution le 08/07/2020 aux éditions Glénat.

Un ver dans la Grosse Pomme

Conclusion de la bataille qui oppose le démon babylonien Marduk aux sorciers de l’Under York, ce microcosme souterrain ancré dans les fondations de la Grosse Pomme. 

Allison Walker, qui s’était imposé l’exil à la surface pour ne pas avoir à subir le joug de sa famille, a remis le couvert et s’est lancée, accompagnée de son frère Bayard, dans une mission dangereuse visant à stopper le démon avant qu’il ne s’empare de la ville. 

Alors que les deux précédents tomes abordaient habilement les thèmes de l’acceptation de soi et de l’empowerment féminin, grâce à une habile prémisse, ce troisième volume se concentre sur la conclusion du récit, avec en base thématique le sacrifice. 

Car en magie, on le sait, tout est question d’équilibre et de prix à payer. Le souci qui s’impose toutefois ici, et qui pointait déjà le bout de son nez dans l’album précédent, est que ces règles ne sont peu ou pas expliquées par l’auteur. Bien qu’implicites, elles  auraient gagné à être rappelées dans le cadre du récit, qui aurait ainsi gagné en puissance et en cohérence lors de sa conclusion. 

A la lecture de Confrontations, on est vite submergé par une sensation de hâte, voire de lassitude, que l’on imagine partagée par l’auteur, qui s’empresse d’enchaîner les événements, comme pour franchir enfin la ligne d’arrivée. Les sorciers parviennent à leurs fins, certes, mais de façon mécanique et sans grand intérêt, étant donné le système de « magie douce » qui rend tous les affrontements superfétatoires.

Il aurait été bien plus intéressant qu’Allison et Bayard formulent un plan durant le deuxième tome, grâce à une connaissance acquise chèrement, puis que ce plan, ô surprise, ne survive pas au contact de Marduk, qui au lieu d’assister passivement à la vampirisation du NYPD à la façon d’un rentier qui surveille narquoisement son cash flow mensuel, aurait justement œuvré pour éviter de revivre la même défaite que jadis.

Ceci aurait forcé Allison, Bayard et les autres sorciers à puiser en eux-mêmes pour vaincre le démon en usant d’un autre procédé et le sacrifice final n’en aurait été que plus fort. Une telle articulation, pourtant pas si savante, aurait dynamisé ce troisième acte quelque peu brouillon. 

Le dessin de Mirka Andolfo n’est ici pas en cause, puisqu’il reste dynamique et d’agréable facture, comme pour les deux précédents tomes. Les Chroniques d’Under York se terminent donc par une fausse note, la dysharmonie est d’autant plus forte que la série débutait très bien. 

Gageons que le scénariste Sylvain Runberg a raté cet album, occupé qu’il doit être à confectionner le prochain Wonder Woman avec Miki Montllo… 

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Thorgal: le cycle du pays Qâ

La trouvaille+joaquim

 

 

 

 

BD de Jean Van Hamme et Gzegorz Rosinski
Le Lombard (1986-1988), cycle de 4 volumes.
Edité en intégrale au Lombard (épuisé) et dans le second volume de l’intégrale nb chez Niffle.

Second billet sur cette série hors norme qui ne vieillit pas, cette Trouvaille porte sur le troisième cycle de la série, un cycle majeur de Thorgal et sans doute l’un des cycles les plus réussis de l’histoire de la BD franco-belge, tout simplement! Correspondant aux années les plus fastes de Jean Van Hamme (celle des cinq premiers XIII, du Chninkel,…), certains considèrent que les auteurs auraient pu stopper les aventures de l’enfant des étoiles à ce stade…

Rentré sur son île en compagnie de ses nouveaux amis, Tjall le fougueux et Argun pied d’arbre, Thorgal ne peut se poser longtemps puisque la redoutable Kriss de Valnor surgit pour lui annoncer la terrible nouvelle: elle a fait enlever son fils et Pied d’arbre! S’il veut les retrouver vivants il va devoir l’accompagner dans une mission périlleuse, au-delà de la grande eau, au pays Qâ dirigé par le sanguinaire Ogotaï, qui serait dit-on, doté de pouvoirs divins… C’est un voyage vers ses origines qu’entreprend alors Thorgal en compagnie d’Aaricia, de Tjall… et de Kriss.

Thorgal - Les Yeux de Tanatloc par Grzegorz Rosinski, Jean Van ...Le cycle du Pays Qâ commence réellement avec le one-shot Les Archers, considéré par beaucoup comme le meilleur album de Thorgal, notamment par-ce qu’il s’agit de celui où apparaît le personnage mythique de Kriss de Valnor. Cette méchante deviendra intime de Thorgal dans le cycle de Shaïgan (moins réussi) avant de donner naissance à une série dérivée quand l’éditeur a lancé (pour des raisons bien commerciales…) le principe des Mondes de Thorgal, différentes séries traitant de la jeunesse de personnages importants. Bien que ce ne soit pas indispensable, il peut être intéressant de lire avant L’enfant des étoiles, série d’histoires courtes dont une raconte la genèse du héros.

La richesse du cycle du Pays Qâ repose sur trois éléments: l’exotisme de voir transposé Thorgal sur plusieurs albums dans un univers totalement différent (cela n’a plus jamais été le cas malgré les espoirs déçus d’aventures orientales sur le dernier cycle, de Ka-Aniel), l’importance relationnelle entre des protagonistes très riches, enfin le rattachement avec l’origine du personnage et cet aspect SF subtile et tellement original dans cette série. La très grande intelligence de Jean Van Hamme a toujours été de laisser dans l’ombre cette dimension pourtant annoncée dès le premier diptyque. Thorgal reste pourtant une série de fantasy et d’aventure. En faisant grandir la famille de Thorgal les auteurs ont créé un lien puissant avec le lectorat. Je n’ai pas souvenir d’un autre héros dont la famille est si présente et où les membres évoluent, vieillissent, jusqu’à pouvoir consacrer des albums entiers sans qu’apparaisse le héros.

Thorgal - Tome 10 - Le Pays Qâ - Grzegorz Rosinski, Jean Van Hamme ...La structure du cycle est ici en deux parties qui se répondent très intelligemment: d’un côté la mission dangereuse qui envoie Thorgal voler le casque du Dieu vivant sanguinaire, de l’autre son fils va rencontrer Tanatloc, un autre Dieu protecteur du dernier peuple résistant à la folie d’Ogotaï. Alors que la vipère Kriss tisse sa toile, bien entendu amoureuse du héros, Thorgal comprend vite que cette mission est plus intime qu’il ne le croyait. Du côté de Jolan (a qui les auteurs ont sans doute prévu très tôt une destinée particulière à en croire les albums Alinoë et Brek Zarith) c’est le passage de l’enfance, de la toute puissance (symbolisée par son pouvoir hérité du peuple des étoiles), à celle d’une meilleure compréhension de son environnement, qui est relaté dans cette histoire. Lié de loin à son père, jusqu’à le sauver, il est tiraillé entre des passions antagonistes, manipulé par les Xinjin alors que Pied d’arbre, occupé à batifoler en oublie de le protéger…

Thorgal – La cité du dieu perdu : 40 ans de mythe ! | NouvellesduglobeComme toujours dans cette série, ce sont les aspects dramatiques, tragiques (ici en plaçant les schémas grecs œdipiens) qui font monter la tension et l’attention du lecteur. La fascination pour ces vaisseaux volants, pour cette cité sanglante sortie des marécages, ne sont que des amuse-bouche vers une confrontation entre l’homme et le dieu. Celui qui sera amené tout au long de sa carrière de héros à côtoyer et courroucer les Ases n’affrontera en réalité qu’un faux dieu. Thorgal aura démis nombre de tyrans mais jamais avec une dimension symbolique si forte. Usant d’un découpage subtile, millimétré, Van Hamme ose naviguer à travers les distances et les ellipses temporelles sans jamais nous perdre, au contraire en renforçant la puissance de son récit.

Thorgal - BD, avis, informations, images, albums - BDTheque.comGraphiquement Rosinski est à l’acme de son art. La coloration est parfois un peu datée, parfois très réussie. On se souviendra que les techniques de l’époque n’étaient pas toujours formidables et on lit sans difficulté la qualité des seuls dessins, que la récente édition n&b permettra d’apprécier de façon très confortable. Le dessinateur polonais assume la totalité de ses planches, sans attendre la couleur (qui ne donne aucune information supplémentaire), ce qui donne une qualité inégalée aux dessins. C’est d’ailleurs exactement à cette époque que sort Le grand pouvoir du Chninkel, monument absolu du 9° art. Lorsque de tels dessinateurs parviennent à sortir plusieurs albums en simultané, de cette qualité, de cette pagination, c’est qu’ils se régalent et sont en pleine maîtrise de leur art. C’est le cas sur ce cycle.

Tout est parfait dans cette aventure, jusqu’au format en cinq volumes progressifs et parfaitement équilibrés. Très rares sont les séries pouvant être relues à l’infini. Cet arc narratif est ce qu’il se fait de mieux en BD, tout simplement. Indémodable, indépassable. Parfait. De ce qui vous fait aimer passionnément la BD et remercier infiniment ces deux grands messieurs pour ces moments.

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Sushi et Baggles #10

esat-west

  • Volcano Trash

bsic journalismMerci aux éditions Kinaye pour cette découverte.

La toute jeune maison d’édition Kinaye nous propose de découvrir l’auteur et illustrateur Ben Sears avec son couple d’aventuriers Plus Man et son robot philosophe Hank. L’éditeur vise à proposer des ouvrages de BD jeunesse américains et si graphiquement on peut dire que c’est le cas de ce Volcano Trash (qui comprend les deux premières aventures du duo), les dialogues se rapprocheraient plutôt de la tradition du strip de presse à la Calvin et Hobbes. Cet humour stoïque est assez percutant ; je ne suis pas certain que de jeunes lecteurs capteront toute la subtilité mais la linéarité du scénario et l’aspect général s’adressent en effet à des enfants. Outre un certain côté décalé de cet univers, j’ai beaucoup aimé le trait vraiment particulier de Sears, qui donne une matière à un monde aux formes arrondies, avec parfois l’impression de se trouver dans une chambre… d’enfants. La technologie de Plus man est rétro et lui permet d’à peu près tout faire, le héros s’en sort toujours avec le sourire dans une relation avec son robot qui reprend donc celle des héros de Watterson avec un humain bourrin à souhait et son acolyte très réfléchi. Il n’y a pas vraiment de sens à l’histoire, plutôt des prétextes à des situations absurdes et acrobatiques. La première histoire nous propose un château hanté dans un univers SF (ne cherchez pas à comprendre la logique), la suivante, plus longue, mets nos héros aux prises avec une sorte de secte belliqueuse dont l’insistance fait parfois penser aux policiers de Miyazaki. Hank sera emprisonné ce qui obligera Plus man à préparer son évasion dans un design très jeu vidéo de plateforme… Bien délire et une jolie découverte!

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  • Radiant #11

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur envoi.

Les aventures de Seth continuent, de retour sur l’Artémis avec la suite de la course en balais très inspirée de Mario Kart de l’aveu de l’auteur. Partis à la recherche de Grimm vers Bôme (le pays des Domitor) la bande de Seth est toujours aussi riche en idées et intéressante à suivre. Difficile de noter un manga et encore plus un volume isolé dans une série, mais pour l’ensemble de la série et par-ce que ce onzième volume parvient à allier poilade, dialogues que j’irais jusqu’à qualifier de virtuose et vrai gros travail de background, beaucoup plus que sur les autres épisodes, Tony Valente mérite 5 Calvin (… le premier de 2019!). Si le contexte de l’Inquisition et des Némésis avait été un peu mis de côté sur l’Arc de Cyfandir on revient ici à fond avec l’apparition de nouveaux inquisiteurs, des infos sur le monde du dessous, sur le conseil des Mages,… bref, un tombereau de background, ce qui différencie souvent une bonne BD d’une grande BD.

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  • couv_359231Dragonball Super #6

Comme d’habitude le volume est à cheval entre plusieurs séquences. On termine donc la méga baston entre les dieux de la destruction, vraiment chouette et où l’on voit apparaître un nouveau méchant potentiel. Puis Goku est chargé de rassembler son équipe pour le grand tournoi des champions des univers: un Battle Royal (tous contre tous!) avec 12 champions par univers… un joyeux bordel qui s’annonce et Goku a beaucoup de mal à trouver des héros du niveau suffisant, surtout que notre univers est réputé l’un des plus faibles, et va être contraint de faire appel à quelqu’un que personne ne souhaitait revoir… On retrouve donc Tortue Géniale (maître Kamesenin), Krillin (dont la fille n’a pas de nez!!), C17 en défenseur de la nature et C18 glaciale au possible. L’auteur développe les vies privées des personnages, nous montre ce qu’il se passe sur d’autres planètes et introduit tout doucement les personnages qui seront l’attraction principale de ce nouveau tournoi. Il égratigne au passage Goku, toujours aussi débile et gourmand. On trouve quelques lacunes graphiques sur certains nouveaux personnages qui s’éloignent un peu du canon Toriyama mais ce n’est pas bien grave, le plaisir est toujours là.

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  • Generation gone #1

La nouvelle publication de Hi Comics se veut innovante en proposant une revisitation du thème des jeunes gens aux pouvoirs brutalement déclenchés via une conspiration gouvernementale associée à un génie à moitié fou… Le thème d’Akira et Harmony en somme, avec la difficulté de se comparer à ces deux glorieux aînés. J’ai été fort attiré par le pitch, le traitement radical et violent (qui peut rappeler par moments un Jupiter’s Legacy) mais suis resté un peu sur ma faim avec l’impression d’un potentiel réel (notamment l’utilisation des mathématiques pour déclencher la mutation) butant sur quelques difficultés techniques à la fois scénaristiques et graphiques. Ainsi le dessin est plutôt chouette quand aux visages mais subit de réelles lacunes anatomiques et dans l’animation des corps. On sent pourtant une influence de Quitely et des dessins hyper-dynamiques chez Araujo et le découpage et mise en scènes sont très efficaces. Mais souvent on coince sur une image ou un saut temporel. De petites choses qui empêchent de profiter pleinement d’une intrigue résolument moderne et SF. Je gage que le projet tienne à cœur aux auteurs et que l’expérience effacera ces petits problèmes, Generation Gone (et sa conclusion) reste une plutôt bonne surprise dans l’univers du comic Indé.

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****·BD·Mercredi BD·Nouveau !·Service Presse

Hot space #1: Crash program

BD du mercredi
BD de Le Pixx
Kamiti (2019), 78p./album. Série en cours 1/3 parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kamiti pour cette belle découverte!


couv_356121Kamiti est un jeune éditeur que j’aime bien car il fait de la très bonne SF, propose de superbes couvertures et que ce n’est pas facile de se faire une place dans la BD grand public aujourd’hui… J’avais apprécié Red Sun l’an dernier et attendais leur prochaine sortie. Sur le plan éditorial, c’est très propre, une maquette simple et cohérente, de bons visuels et une impression de qualité (en Lettonie). L’intérieur de couverture est vierge, comme c’est de plus en plus le cas en BD… dommage, j’aime bien les images grand format un peu énigmatiques que l’on trouvait autrefois dans les albums.

 

Le pilote Nohraïa Kovalski, forte tête de la flotte de la fédération, est mutée sur l’astéroïde Ouranos après une altercation musclée. Envoyée en opération sur une planète désertique, elle se retrouve au cœur d’un feu nourri, dans une conspiration qui la dépasse. Seule et livrée à elle-même elle va devoir laisser sortir sa rage face à des soldats envoyés pour l’éliminer…

Résultat de recherche d'images pour "hot space bd"Hot Space est l’oeuvre de Pierre Le Pivain (alias Le Pixx), illustrateur œuvrant de longue date dans le jeu de rôle et la communication. Pour sa première BD il propose des planches très propres qui sans être virtuoses entrent dans le canon des BD d’action SF Soleil-Delcourt. J’ai trouvé l’encrage un peu grossier, ce qui est dommage car ses personnages ont de vraies trognes et certains visages sont vraiment réussis. Mais ce qui caractérise son dessin 100% BD c’est une très grande lisibilité vraiment remarquable car ce n’est vraiment pas le cas de la majorité des BD d’action! Avec une couverture très percutante, la partie graphique fait le job.

Mais ce qui accroche dans Hot Space c’est résolument le scénario et le découpage. Le Pixx se fait plaisir en proposant avec une grande maîtrise de la structure narrative des découpages serrés ou de pleines pages selon le besoin. Certaines BD d’action se lisent trop vite  quand d’autres sont inutilement bavardes. Ici l’équilibre est parfaitement trouvé avec une intrigue simple reprenant la structure des films de série B d’action: une héroïne bad-ass est la cible de tous les salauds de l’espace mais a décidé de ne pas se laisser faire!Résultat de recherche d'images pour "hot space le pixx" La conspiration, assez vite révélée, n’est pas ridicule et permet surtout de mettre le lecteur dans de bonnes dispositions psychologiques pour attendre la prochaine tuile qui tombera sur son héroïne. La narration alterne entre Kovalski, une technicienne située sur la base orbitale et que l’on devine venir en aide à sa collègue dans les autres tomes et les méchants. Simple mais efficace.

Niveau action c’est clair, net et précis, un peu bourrin, vaguement gore (à base de cerveaux explosés ou de bras arrachés) sans occuper pour autant toute l’attention de l’auteur qui déroule étape par étape son récit. Des éléments fantastiques finissent par poindre en fin de volume et l’on devine que ce sera le développement principal de la vengeance de la pilote, avec une chute très ironique pour un personnage que l’auteur a décidément décidé de faire vivre un max de difficultés… pour notre plus grand plaisir.

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Visionnage: Les indestructibles 2

Film de Brad Bird
(2018) 1h58.

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"Les Indestructibles premier du nom est encore très présent dans ma mémoire (et pas que la mienne visiblement), comme l’un des tous meilleurs films de super-héros de l’histoire avec Incassable et Watchmen. L’esthétique rétro, l’humour Pixar toujours aussi efficace, le scénario à la James Bond,… étaient un concentré de bonnes références re-digérées idéalement en un film joli, marrant et plein d’action. Et l’intrigue classique des films de super-héros (la loi interdisant leur activité, sujet vu dans Watchmen ou X-men) le rattachait pleinement à la lignée des comic-books.

On savait qu’un second épisode était prévu et malgré l’impatience, la durée de l’attente était un gage que ce numéro 2 ne sortirait pas pour des raisons commerciales mais par envie réelle du réalisateur Brad Bird, l’un des plus talentueux artistes de Pixar (déjà à l’origine d’une revisitation du mythe de King-Kong avec son Géant de Fer, considéré comme l’un des meilleurs dessins-animés jamais produits). Le rachat de la boite par Disney entre temps pouvait faire craindre une contamination de bien-pensance. Qu’en est-il?

Alors que la famille Parr voit la disparition du programme de réinsertion des super-héros, un étrange mécène propose de les embauches pour réhabiliter le rôle des héros dans la société. Ce sera Elastigirl qui fera le test en se lançant à la poursuite de l’Hypnotiseur…

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"Et bien personnellement j’ai passé un excellent moment avec la famille indestructible! Le principal manque est celui de la nouveauté. C’était inévitable mais du coup on est forcément en terrain connu, surtout pour ceux qui ont vu le court-métrage sur Jack-Jack et ses pouvoirs, qui coupe un peu le principal apport de ce film. Le bébé apparaît en effet un peu comme le Scrat de l’Age de glace, focalisant les meilleurs séquences sur ses capacités. Mais contrairement au film givré tout le métrage ne repose pas que sur ces moments et c’est tant mieux.

Le film débute immédiatement après la fin du premier, c’est du coup un peu perturbant de se remettre dans le bain après quatorze ans d’attente et je conseille vivement de se revoir le premier épisode avant (bien que ce ne soit pas indispensable, mais ça aide à se rappeler le contexte). Le film voit le retour de Frozone, Edna et des voix françaises particulièrement réussies. Les séquences d’action sont nombreuses mais ce sont bien les problèmes de famille qui restent dans les mémoires en tirant sur les zygomatiques. Les affres de la garde d’un super-bébé, le combat contre le raton-laveur, les conséquences de l’effacement de mémoire sur la vie sentimentale de Violette sont autant de moments qui nous rappellent la force de cette franchise et de tout bon film de super-héros: les éléments de la vie quotidienne pour des personnes anormales…

Résultat de recherche d'images pour "les indestructibles 2"La brochette de nouveaux héros est dotée de pouvoirs très originaux et l’équipe du film s’éclate à créer des situations tordantes à partir de ces pouvoirs. Visuellement j’ai été un peu déçu par rapport au premier. Le design général est très proche mais le cadre plutôt nocturne et urbain ne permet pas le dynamisme que comportait ne premier film avec la maison d’Edna, l’ile secrète ou le look rétro de la maison Parr.

Malgré ces très petits bémols, Les indestructibles 2 est largement à la hauteur du premier et on hésite à vouloir une nouvelle suite tant il sera difficile de proposer un scénario qui bouleverse réellement l’intrigue et le risque de tomber dans la redondance.

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