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By night

esat-westScénario de John Allison, dessin de Christine Larsen, couleurs de Sarah Stern. Paru le 31/01/2020 chez Bliss Éditions. Récit complet en 320 pages.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

badge numeriqueLa fiction nous a appris à de nombreuses reprises que pour se découvrir soi-même, il faut parfois explorer le lointain et se confronter à l’altérité. C’est sur ce paradoxe que surfent l’auteur britannique John Allison et la dessinatrice Christine Larsen, au travers des 12 numéros du comic book By Night, édité en récit complet chez Bliss Comics.

URBI ET URBEX

Jane est une jeune femme brillante, qui occupe un poste de technicienne dans un laboratoire, pour lequel elle est assurément surdiplômée. Peu aventureuse, elle a laissé derrière elle ses ambitions artistiques, elle qui rêvait de faire des films pour montrer le monde au travers de sa caméra. C’est alors que débarque l’impétueuse Heather, amie d’enfance qui a fait ce à quoi Jane n’a pas su se résoudre: voir du pays et crapahuter ça et là, loin du mouroir qu’est devenue leur ville natale, Spectrum. Après leurs impromptues retrouvailles, Heather embarque avec Jane pour une session improvisée d’exploration urbaine (pratique aussi appelée « urbex« ) au travers de ce qui s’apparente désormais à une ville fantôme. Mais leurs insouciantes pérégrinations vont les mener beaucoup plus loin que ce qu’elle imaginaient, à travers les dimensions et les sombres secrets tapis au cœur de la bourgade.

LES COPINES D’ABORD

Jane et Heather vont tomber par hasard sur une étrange machine, cachée dans l’usine qui autrefois donnait tout son ressort économique à Spectrum, et qui ouvre un portail vers une non moins étrange dimension, peuplée de diverses créatures surnaturelles et monstrueuses. Dès lors, les deux amies vont se lancer dans une singulière entreprise: explorer ce nouveau monde et en rapporter des preuves filmées, afin d’en tirer gloire et fortune. Mais les propriétaires de l’usine ne l’entendent pas de cette oreille…

Au fil des 12 épisodes, Jane et Heather vont former ce duo improbable et pourtant complémentaire, qui, tout en composant avec ce qui les oppose, franchiront ce pas difficile qu’est l’âge adulte. Le monde qu’elles explorent pourrait être sorti tout droit d’un épisode de Rick & Morty, et on doit reconnaître aux dialogues de John Allison leur caractère percutant. Ce dernier manie l’ironie avec une aisance indéniable, transformant le moindre échange entre ses personnages en joute verbale drôle et ciselée.

J’ai une réserve quant au personnage de Heather, qui à la première lecture, m’a semblé tout à fait conforme à l’archétype décrié de la Manic Pixie Dream Girl, ne servant finalement qu’au développement du personnage de Jane. Toutefois, leur relation est bien traitée et on ne peut que s’y attacher.

BY NIGHT séduira les amateurs d’aventure et de fantastique, mais également ceux qui recherchent avant tout une intrigue laissant la part belle aux relations entre ses personnages. Une belle trouvaille chez Bliss Comics !

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Savage #1

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Comic de Clay Moore, Clayton Henry et Lewis Larosa
Bliss (2018) – Valiant (2016), série en cours.

bsic journalismMerci à Bliss comics pour cette découverte.

Traitement habituel chez Bliss: descriptif du contenu et crédits et début d’album, galerie de couvertures et analyse de la répartition du travail entre scénariste, dessinateur, encreur et coloriste en fin d’album. Très jolie couverture « sauvage » qui montre le talent de Lewis Larosa

Il y a quinze ans un avion privé s’écrase sur une île déserte. A son bord la famille d’une célébrité du football. Et sur l’île, une faune sauvage… des dinosaures, mais pas que!

Savage n’aurait pu s’intituler autrement tant l’ensemble du projet est porté par le titre. Avec les deux talentueux dessinateurs habitués de Valiant Lewis Larosa (Bloodshot Salvation) et Clayton Henry (Harbringer wars), Bliss nous propose avec  ce faux one-shot – une suite est annoncée en fin d’album – un exercice de style pour l’enfant qui subsiste dans ces dessinateurs et leurs lectures pulp d’alors… Cet album est la variation de Valiant du thème « dinofighting » ou celui de la terre intérieure qui a fait les beaux jours des BD pulp de la première moitié du XX° siècle et du Shanna de Frank Cho

Résultat de recherche d'images pour "savage larosa"L’histoire est simple et (comme souvent chez Valiant) alternée entre maintenant et avant qui permet de changer de dessinateur. Le trait classique et élégant de Clayton Henry appuie la relative normalité du début et le sentiment de contrôle, et tranche avec les sections de son comparse, utilisant allègrement un découpage atypique pour illustrer la violence, la sauvagerie, la folie du jeune survivant devant déployer d’autant plus de rage pour compenser sa nature humaine face aux féroces reptiles. L’album Rocher Rouge critiqué récemment utilisait également cette technique classique du thème du naufragé sur une île (pas) déserte sur une d’un basculement progressif de la normalité à l’horreur. Le gros point fort de cet album est donc sa partie graphique, vraiment impressionnante, tant par le style des auteurs que par leur capacité à s’adapter pour exploiter totalement le média BD pour transcrire une ambiance qui se passe souvent de dialogues. Les scènes de combat du héros contre les dino sont réellement impressionnantes de dynamisme et de rage, notamment via des cases au détour indispensable au dessin. Je découvre Lewis Larosa après Bloodshot et je crois qu’aucun dessinateur ne m’a autant impressionné dans son découpage depuis Olivier Ledroit.. Le principal regret est que le tome soit si court et ne permette pas de développer la vie sur l’île, l’utilisation des dinosaures (certains passages rappellent le mythique Gon). La partie post-apo avec les hommes est un peu plus faible mais permet une ouverture sur la suite qui permettra de donner une vraie stature à ce projet en le sortant du seul plaisir coupable de dessinateurs qui jouent avec leurs jouets.

Cet album (un peu court) est donc une vraie réussite, sans grande ambition mais qui parvient grâce à une intrigue simple et un découpage général très talentueux à donner de l’enjeu à cette chasse continue et se paie le luxe de poursuivre le jeu, avec on l’espère, la même équipe aux manettes!

Un colloque a eu lieu en 2015 et donné lieu à un magnifique article sur le thème du dinosaure dans l’imagerie populaire, avec des centaines d’images et références.

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Et un autre avis très content de l’ami Yradon.