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Manga en vrac #22: Les architectes de Babel – L’ile entre deux mondes #2 – Wombs #1

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  • Les architectes de Babel (Ashimo/Glénat) – 2021, 544p., one-shot.

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Merci aux éditions Glénat pour leur confiance!

architectes_de_babel_glenatAï! Quand on tient un blog on lis énormément d’albums et on sélectionne par définition ce qui nous tente. Parfois on tombe sur de mauvais albums, parfois on se trompe de clientèle… Ce très gros volume (regroupant les deux tomes japonais originaux) était une de mes grosses attentes de cet automne, avec une envie d’Histoire et d’architecture… las, je suis tombé sur un assez laborieux shonen pas très bien dessiné et qui hormis quelques idées graphiques comme la représentation du roi Hammourabi et le personnage de Nimrod, n’apporte pas grand intérêt ni dans un esprit d’aventure ni dans un esprit historique.  On pourra être indulgent avec un auteur semi-pro dont c’est la première production éditée (à l’origine réalisée sur le web), mais je suis sceptique sur le créneau de cet album. Un vrai loupé quand au potentiel que pouvait procurer cette histoire…

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  • L’Ile entre deux mondes (Ishii/Pika) – 2021, 2/2 volumes parus.

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Merci aux éditions Pika pour leur confiance!

couv_425710Le premier volume de cette histoire m’avait subjugué par ses planches d’une qualité graphique rare. Ne se contentant pas de dérouler de beaux paysages et visions très graphiques, l’autrice y proposait un découpage très sophistiqué, esthétisant jusqu’aux cases et leur agencement. La lecture d’une histoire en deux parties est toujours compliquée car le plus souvent la césure est plus d’ordre externe (le boulot de l’auteur) que justifiée par le scénario. Ce second volume reprend donc les mêmes qualités que son prédécesseur, à savoir une atmosphère onirique apaisante, une nature magnifique et une cohésion de ce petit monde avec les forces de la Nature. Avec une séquence dans le passé qui déstabilise légèrement la concentration du lecteur, on n’est à la fin de l’histoire pas certain d’avoir tout compris mais néanmoins conquis par cette beauté éternelle qui reflète totalement l’idée d’une harmonie entre les époques, les générations et entre les espèces vivantes… Une des plus belles bouffées de positif de cette année!

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  • Wombs #1  (Shirai/Akata) – 2021, 224p., 3/5 volumes parus.

wombs-1-akataSur une planète lointaine, une guerre coloniale fait rage avec pour enjeu la préservation de l’environnement. L’un des belligérants a mis au point une technologie utilisant les propriétés d’une graine indigène qui, implantée dans l’uterus de femmes-soldats, leur donne la faculté de téléporter tout ce qui se trouve dans leur environnement. Un pouvoir redoutable, qui exige des sacrifices…

badge numeriqueJ’avais vu un très bon bouche à oreille sur cette série du petit éditeur Akata et ai profité du jury BDGEST pour me lancer dans le premier volume, avec plaisir. Si j’ai mis quelques dizaines de pages à me faire aux dessins (et surtout à la « colorisation » numérique franchement grossière et pas très élégante), j’ai fini par entrer dans cet univers à la fois dur mais proposant une idée SF très intéressante. Surtout, le mystère est maintenu subtilement sur la véritable nature de ces graines alors que l’on suit l’entraînement d’une troupe de jeunes porteuses. Le parallèle entre l’inquiétude de la grossesse chez les jeunes femmes et cette hypothèse SF est intéressant et laisse le lecteur seul responsable de son analyse, l’autrice se contentant de développer son propos froidement. Une entrée en matière qui donne bien envie de poursuivre l’aventure,  sans risque sur un format court de cinq volumes.

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Un assassin à New-York

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Manga de Jinpachi Mori et Jiro Taniguchi
Pika (2021) – (1995), 209p., one-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance!

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Benkei est un peintre japonais installé à New-york. Il est aussi « vengeur », un assassin qui élimine les personnes coupables d’atrocités. Expert dans son art, il n’en a pas moins une vie personnelle qu’il tente de protéger des dangers de la pègre autour de laquelle il gravite…

Un assassin à New York, manga chez Pika de Môri, TaniguchiQuelle surprise de voir Pika graphic (le label one-shot d’auteurs des éditions Pika) annoncer un Taniguchi sur un polar des années quatre-vingt-dix! Pour ceux qui ne connaissent pas, Jiro Taniguchi est un des mangaka les plus célèbres en France, édité chez Casterman dès la première vague des manga en France en même temps qu’Akira, Dragonball et Tonkam. C’est pourtant dans les années deux-mille qu’il atteint la notoriété littéraire avec Quartier lointain et le Sommet des dieux (tout juste adapté en film d’animation par des… français) qui parviennent à intéresser la presse classique à des manga qui correspondent aux codes de la BD « sérieuse » et à faire admettre tout le genre comme de la BD à part entière. Cela car après des mangas tout à fait dans les codes, l’auteur francophile (alors peu populaire chez lui) migre vers un style épuré, contemplatif et très proche de la BD franco-belge, si bien que la plupart de ses œuvres sont éditées en France dans le sens de lecture européen sans que cela ne pose de problème. L’auteur est malheureusement décédé à à l’aube de ses soixante-dix ans en 2017.

Benkei in New York 6 Page 15 - a hard boiled story by Taniguchi | New york,  York, CartoonOn retrouve ainsi dans cet assassin à NY une patte tout à fait 90’s, un style graphique très précis notamment dans les décors et les séquences d’actions redoutables d’efficacité et qui démontrent combien Taniguchi était un grand technicien. La distorsion entre la bonhommie non feinte du tueur et son efficacité imparable fonctionne parfaitement. On entre progressivement dans son intimité, sautant d’affaire en affaire. C’est là le principal problème de ce très bel album, sa narration entrecoupée qui malgré un réel fil rouge, nous donne le sentiment d’assister à des séquences isolées. Il manque un certain liant entre ces histoires qui voient le héros tenter de protéger sa compagne gogo danseuse et prostituée à ses heures et naviguer entre sa peinture et ses assassinats. On ne voit pas bien où le scénariste veut en venir, dans une atmosphère toute orientale sans vraiment de linéarité.

Au final cet ouvrage vaut pour son caractère patrimonial et rate le statut d’incontournable que l’on aurait attendu au regard de son sujet (on aime toujours ces portraits de tueurs solitaires redresseurs de torts!). Les amoureux de Taniguchi y trouveront leur compte et les dévoreurs de manga une pause originale dans le monde des tueurs nocturnes.

Retrouvez aussi l’avis de l’apprenti Otaku.

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L’attaque des Titans #34

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Dernier tome de la série créée par Hajime Isayama. Sortie le 15/10/2021 aux éditions Pika.

Amour, mort et génocide

Coup de coeur! (1)

Après de lourds sacrifices et de nombreux rebondissements, Eren est parvenu à s’emparer du pouvoir du Titan Originel, coiffant au poteau son demi-frère Sieg qui pensait pouvoir manipuler notre héros afin de mettre à exécution son plan d’éradication douce du peuple eldien, dépositaire involontaire du pouvoir des titans.

Mais Eren avait tout prévu, et ce depuis déjà un moment. Fort du pouvoir véritable du Titan Assaillant, Eren avait fait naviguer sa conscience dans les méandres du passé et du futur, allant même jusqu’à influencer son père lors d’un événement crucial, afin que toutes les pierres sur son chemin s’alignent favorablement et lui permettent d’accéder à la victoire.

Car loin de se résoudre à l’éradication, Eren a opté pour une approche bien plus radicale en vue de régler le conflit qui oppose l’empire Mahr à Eldia: le Grand Terrassement, procédé au cours duquel le Titan Originel libère les milliers de Titans Colossaux enfermés dans les murs de l’île de Paradis, pour qu’ils piétinent tout sur leur passage.

Eren est donc devenu un génocidaire, et c’est à Armin, Mikasa, Reiner, Annie et d’autres guerriers eldiens qu’il revient de tout mettre en œuvre pour le stopper. Fidèle à sa philosophie, Eren fait cependant bien comprendre à ses amis qu’il ne contreviendra pas à leur liberté, alors qu’il le pourrait grâce à l’Originel, mais qu’il utilisera la sienne pour aller au bout de son plan. Alors que les morts s’accumulent, l’escadron final mène une course ventre à terre qui se termine par un assaut désespéré contre le monstre qu’est devenu leur ami d’enfance. Auront-ils la puissance nécessaire pour achever leur mission ? Mais, plus important encore, auront-ils en eux une résolution suffisante pour abattre Eren ?

Mikasa es su casa

Nous y voici, la conclusion la plus attendue depuis celle de Game of Thrones nous parvient enfin, à nous autres lecteurs VF. D’ailleurs, l’auteur a clairement fait référence à la fin plus que controversée de la série médiévale lors d’une interview, expliquant qu’il souhaitait éviter le désastre en fournissant aux lecteurs la fin la plus cohérente et satisfaisante possible.

Il y est parvenu par certains aspects, même si ce chapitre final et son épilogue soulèvent leur lot d’interrogations et de points de friction pour les fans hardcore. Il n’en demeure pas moins que ce final est épique à souhait, et nous offre ce que l’on était en droit d’attendre en terme d’intensité et de tragédie. Isayama fait encore une fois la démonstration de la maîtrise de son œuvre, qui se veut marquante et intemporelle, mais aussi amère et sombre.

Il a été reproché à plusieurs occasions au mangaka une posture fascisante, ses détracteurs s’appuyant sur la philosophie radicale du protagoniste pour présumer que l’artiste en faisait son porte-parole. Effectivement, on peut déceler dans l’écriture d’Isayama, ainsi que dans certaines interviews ou tweets, un vif intérêt pour certains courants politiques ayant œuvré pour la remilitarisation du Japon, ou encore des cercles de penseurs nostalgiques du Japon impérial et colonialiste. Il appartient à chacun de juger de l’impact des opinions supposées de l’auteur sur son œuvre, le principal est d’apprécier les émotions convoquées par le manga en tant que tel.

SPOILER ALERT pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas lu la fin du manga.

La mort d’Eren des mains mêmes de Mikasa était une conclusion logique, presque inévitable, dont les indices étaient semés bien en amont. Le thème du sacrifice d’un être cher pour le bien commun n’est finalement pas si répandu que ça, mais on peut tout de même en trouver quelques exemples (demandez à Agamemnon, ou bien Psylocke, qui tue Archangel dans Uncanny X-Force, ou Wolverine qui tue Jean Grey dans X-men 3…) qui montrent bien que c’est une mécanique puissante sur laquelle Isayama a bien fait de s’appuyer.

Le personnage d’Eren sera donc resté fidèle jusqu’au bout à sa soif de liberté et à son désir d’avancer quels que soient les obstacles. Cependant, les révélations qu’il faites à Armin alors que les deux amis discutent au-delà du temps dans la dimension qui relie tous les eldiens, tendent à montrer qu’Eren n’a finalement fait que suivre un chemin qu’il pensait nécessaire à l’accomplissement de son destin.

La notion de Liberté est donc toute relative pour le mangaka, qui adopte une posture littéralement tragique au travers de ce héros qui aura tout sacrifié au nom de la Liberté dans le seul but d’accomplir une destinée, soit l’antithèse de la liberté. Avec un peu de recul, on réalise d’ailleurs que ce n’est pas un hasard si la dimension d’où chaque titan tire son pouvoir se nomme le Chemin. C’est en fait celui du Destin, une voie toute tracée pour chaque eldien dont même l’Assaillant n’aura su s’écarter.

Outre cette opposition entre liberté et destin, l’auteur nous plonge dans les méandres du temps et du déterminisme, nous révélant qu’Eren, en devenant le Titan Originel, a accédé à un autre plan d’existence, dans lequel passé, présent et futur sont simultanés, ce qui signifie qu’il a, depuis la première page du manga, influé sur les événements dans le but d’aboutir à l’issue qui nous est présentée. En se sacrifiant ainsi, Eren aura donc œuvré pour ses deux objectifs, à savoir éradiquer les titans et assurer l’avenir des siens.

Tout était donc pensé et implémenté depuis la genèse de la série, et aboutit donc à une conclusion douce-amère. Il appartiendra ensuite à chaque lecteur de juger cette fin à l’aune de ses propres attentes.

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Manga en vrac #18: Toilet Bound Hanako-Kun #3 – Elio le fugitif #2 et 3 – La guerre des mondes #2

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  • Toilet-Bound Hanako-Kun #3 (Aidalro/Pika) – 2021 série en cours, 3/15 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

toilet-bound-hana-kun-3-pikaLa chronique des deux premiers volumes se trouve ici.

J’avais été comme mes camarades de blog assez enjoué par ma découverte des deux premiers volumes sortis cet été. En entamant ce troisième tome je découvre que contrairement aux précédents le mystère des archives de 16h s’étale sur plusieurs chapitres qui forment l’intégralité de ce volume, ce qui change pas mal la donne en matière de rythme. Ce qui était présenté comme des histoires courtes avec rotation rapide de l’action et des personnages s’installe plus dans la durée, avec approfondissement notamment dans la recherches qu’entreprend Nene sur son maître-allié Hanako. Ce jeune esprit qui nous est décrit ici comme ni plus ni moins que le chef des Mystères de l’école est depuis le début fort mystérieux et on va ainsi se retrouver dans son passé pour comprendre comment il est devenu un esprit. Les pages du volumes sont toujours très agréables dans leur mise en scène destructurée et fourmillant de détails. L’humour et l’action sont en revanche un peu en retrait et j’ai découvert cette intrigue un peu moins enthousiaste, je dois le reconnaître. La difficulté de ce format était dès le début de parvenir à s’inscrire dans la longueur car autant on a regretté le format très court d’un Tetsu & Doberman autant pour Toilet Bound une tomaison sur les doigts de la main aurais sans doute suffi. Je dis cela alors qu’aucune intrigue au long court n’a eu le temps de se mettre en place, aussi il faudra voir (je rappelle que la série compte déjà quinze volumes au japon, ce qui laisse à Pika le temps de développer sa licence)

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  • Elio le fugitif #2-3 (Hosokawa/Glénat) – 2021, série en 5 volumes, terminée au Japon

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

elio-fugitif-2-glenatImpression mitigée et assez tranchée sur les deux volumes, qui recoupent au final le sentiment du premier volume. Le second tome est très faible (du niveau d’un calvin) même s’il met enfin en place une véritable intrigue liée à des vengeances dynastiques. Ce qui était attendu jusqu’ici s’étoffe donc un peu avec un descriptif politique de l’époque qui habille un peu une fuite tout à fait linéaire et que les quelques combats très hachés et coins d’humour shonen ne suffisent pas à rythmer. On attendait soit un récit historique à la Vinland Saga soit un prétexte en mode baston avec des personnages de jeux vidéo… on est au final entre deux et ce n’est guère satisfaisant, d’autant que les dessins juste correctes ne relèvent pas vraiment l’intérêt. Le personnage d’Elio dont le second degré touchait plutôt juste (un jeune gamin hyper-fort qui semble à peine réaliser dans quelles situations il est et s’en sort toujours haut la main) est ici plutôt effacé.

Sur le troisième volume on reprend de l’intérêt avec une histoire qui devient beaucoup plus structurée, simple mais cohérente avec une progression, des flashback sur les personnages et un final qui prépare un affrontement d’arène que l’on imagine aboutir la série sur les deux prochaine volumes. Si du coup le manga se laisse lire plus agréablement, les combats tout à fait rageurs, exagérés (les personnages sont presque aussi forts que dans Dragon ball!) souffrent d’un montage très haché et peu lisible, le lecteur devant fréquemment revenir en arrière avec l’impression d’avoir manqué des cases. Il ressort de tout cela l’impression d’une série de grande consommation destinée à ravir les boulimiques en attendant un prochain tome de Vinland Saga mais sans aucune ambition particulière.

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  • La guerre des Mondes (Ihara-Yokoshima/Ki_oon) – 2021, 170p., 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki_oon pour leur confiance.

guerre_des_mondes_2_ki-oonLa chronique du premier volume (détallant notamment la très jolie édition) est ici.

Ce second tome continue sur la même tonalité que le premier à savoir une course du personnage principal (témoin-photographe) parmi les populations fuyant devant l’avancée meurtrière des martiens. L’intrigue est donc tout à fait linéaire et construite autour des destructions terrifiantes et des quelques lueurs d’espoir qui surgissent avant d’être étouffées. Quelques morceaux de bravoure humaines (un peu désespérées) viennent donc pimenter ce qui pourrait devenir redondant et on enchaîne ces cent-soixante-dix pages à grande vitesse et un plaisir non feint. Les dessins, pas virtuoses mais très correctes et portés par des cardages  qui appuient le désespoir et le drame absolu portent ainsi bien ce récit qui confirme sa qualité et intrigue (pour qui ne se souviendrait pas par cœur du récit original) quand à son dénouement…

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Manga en vrac #17: Ex-arm #13 – Tetsu et Doberman #3 – Centaures #5

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  • Ex-arm #13 (Collectif/Delcourt – 2021 13/14 tomes parus.

couv_430307

badge numeriqueAlors que nous entamons l’avant-dernier tome de cette série qui aura su proposer le meilleur comme le plus commercial, je vous mentirais en vous disant que le meilleur reste à venir. La quasi-totalité des protagonistes ayant été révélés il ne reste plus que cette terrible IA bien décidée à anéantir Tokyo, voir l’humanité toute entière! Cette vraie-fausse fin se résume donc à cette simple question: comment oblitérer le cœur de ce golem d’acier qui commence à dévorer toute l’île olympique sans avoir recours aux bombardiers nucléaires déjà en route? Malgré la puissance de l’Ogre Akira semble bien peu de choses, à moins qu’une aide inattendue vienne lui procurer la puissance infinie des ex-arm…

Le scénario tente de recouper la boucle de l’origine d’Akira et de son frère en apportant une intrigue plus importante que sur la plupart de la série, avec par conséquent moins d’action dantesque. On sent le souffle retomber (il faut bien!) même si le volume continue de nous enchanter par des panorama grand luxe avec force pleines pages voir doubles pages. Comme dit précédemment on n’est pas dans une folle originalité (le monstre gargantua on a déjà vu cela mille fois!), pourtant cette série a ce charme des blockbusters hollywoodiens qui copient la formule de leurs aînés avec les moyens de nous en jeter plein la vue. L’histoire aurait pu s’achever là mais un ultime cliffhanger vient nous redonner une décharge, sans doute histoire de donner à Alma un dernier baroude d’honneur…

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  • Tetsu et Doberman #3 (Ohno/Doki-Doki) – 2021 série finie en 3 volumes..

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

tetsu_doberman_3_dokiTrès grosse déception que ce tome de conclusion d’une série que l’on regrettait courte surtout au vu des grandes qualités tant graphiques que de potentiel, vus sur les deux premiers tomes. Il est totalement incompréhensible de comprendre l’objectif de l’auteur et de l’éditeur que une trilogie qui a pris soin de développer un univers, de nombreux personnages (à peine entrevus) et de créer une frustration très efficace en lançant des mystères autour du grand héros Big One Kurogan, les liens familiaux avec le héros, le clan ninja vu dans le #2 ou encore l’histoire de l’orphelinat… Tout cela permettait sans forcer de partir pour une série d’au moins dix volumes, appuyés sur une technique graphique vraiment élégante et des séquences d’actions très fun… Eh bien non content de s’arrêter au bout de trois volumes, l’auteur se contente de clôturer rapidement l’histoire du navire fantôme du volume précédent puis nous balance une histoire solo sans même les héros dont on se demande ce qu’elle vient faire là… En clair il aurait été préférable de se contenter d’historiettes avec des personnages différents sans prendre soin de bâtir un héros… On a quand-même une histoire bonus très réussie et drôle bien que totalement découplée de Tetsu & Doberman, illustrant là encore la difficulté à finir un projet bizarrement monté.

Très grosse frustration donc, quand à un potentiel gâché et sur un auteur de talent qui semble avoir du mal à produire régulièrement… Au prix où sont les manga il n’est pas superflu de faire l’investissement des trois tomes, ne serait-ce que pour l’histoire bonus.

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  • Centaures #5 (Sumiyoshi/Glénat) – 2021 série finie, 5/6 tomes parus.

centaures-5-glenatNous avions laissé cette très belle série sur une conclusion en 2020. Le second cycle n’était pas prévu à l’origine, le troisième pas plus. Si le précédent apportait une autre tonalité à la dureté des débuts, les tomes cinq et six sont un « cycle du passé », nous renvoyant dans la jeunesse de Matsukaze. Si l’apprentissage de la vie naturelle dans les montagnes avec son père et son frère sont très intéressantes bien qu’assez classiques, il en est tout autre du graphisme. La maîtrise de Ryo Sumiyoshi nous avait impressionné dès les premières planches du premier volume, de même que ses expérimentations dans les styles. L’autrice sait toujours manier ses crayons… mais semble avoir du composer avec un emploi du temps très serré ou un impératif éditorial qui aboutit à beaucoup de dessins que l’on n’ose considérer comme bâclés mais qui sont clairement peu finis. L’usage original des trames ne cache pas la misère et si les problèmes de lisibilité constatés sur l’autre série Ashidaka ne sont pas présents ici, on reste frustrés devant un potentiel immense, un thème qui donnait envie de retourner dans cet univers primordial et un style de l’autrice qui enchante autant que sa collègue de l’Atelier des sorciers. On poursuivra sur un sixième opus qui sera très certainement le dernier, avec quelques regrets tout de même…

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Manga en vrac #14: L’atelier des sorciers #8 – survivor’s club #1- Outsiders #2

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  • L’atelier des sorciers (Shrahama – Pika) – (2020) 2021, série en cours, 8/8 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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Après un billet découverte enjoué et un gros billet de rattrapage, on prend une vitesse de croisière sur cette sublime série qui emprunte à l’ambiance graphique des dessinateurs italiens classiques. Avec une réalisation loin de la frénésie d’un Boichi sur Dr. Stone (qui ponds tout de même cinq volumes par an!!!) l’édition française apprend la patience puisque nous suivons de près la parution japonaise (qui sort tout de même deux volumes par an).

Ce volume marque une pause assez conséquente dans l’intrigue puisque de retour dans l’atelier, Coco se retrouve à travailler avec Tarta, le jeune artisan qui a enfin décidé de devenir sorcier. Les deux apprentis vont ainsi travailler à aider le jeune garçon dont les jambes avaient été écrasées lors de l’incident de la rivière du tome deux, en attendant de se rendre à la Fête de la Nuit d’argent. Dans cet intermède Kieffray et les amies de coco disparaissent pratiquement de l’intrigue pour laisser la place à un pure shonen où les enfants vont disserter du rôle de la magie, de l’amitié, des rêves de progrès etc.

Ca reste très beau à regarder, avec tout de même le développement de quelques personnages nouveaux (et fort mystérieux…) et l’on sent le doigt de l’autrice qui nous rappelle les risques pour les jeunes sorciers de vouloir se soustraire des règles d’utilisation de la magie (pour rappel il est interdit de ressusciter et même soigner par la magie). Cet épisode n’est donc pas inutile et a son rôle dans la progression psychologique de Coco… mais ne vous attendez pas à de grands moments d’action ni de paysages fantasmagoriques. C’est donc très sage, avant sans doute un rebonds dès le prochain volume prévu pour la fin d’année.

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  • Survivor’s club #1 (Aosei/Anajiro – Delcourt) – (2017) 2020 série en cours, 1/3 volumes parus.

Une vague de human-bomb survient dans les lycées japonais… L’une des victimes trois ans auparavant, réunit d’autres victimes pour leur dévoiler ses découvertes sur un lien entre tous ces élèves harcelés désespérés au point de vouloir emporter leurs camarades dans la mort…

La jeune équipe de cette trilogie (le dessinateur a une autre série en cours éditée chez nous par Ki-oon et le scénariste en est à sa première réalisation) nous convie dans la problématique du harcèlement scolaire colorée de la violence sociétale japonaise et de la difficile sexualité des lycéens.  Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre il ne s’agit ni réellement d’un survival ni d’un battle royal, mais bien d’un thriller psychologique où un jeu malsain s’installe entre une preneuse d’otage et des élèves sommés de se dénoncer les uns les autres dans des détails bien sordides. On aborde les pulsions sexuelles cachées et la vie en société plus que le harcèlement proprement dit (qui est ici évoqué à des niveaux assez graves!). Le scénario malin met en parallèle la discussion d’une victime-enquêteur qui tente de confondre d’éventuels complices de celui qui a emporté son bras dans son acte kamikaz, et l’action en directe de la prise d’otage. On est assez mal à l’aise devant toute cette malveillance mais sur le point de l’intrigue on peut dire que c’est efficace et qu’on a bien envie de savoir comme cette affaire va tourner, d’autant que le format court implique une avancée rapide et une intrigue relativement simple.

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  • Outsiders #2 (Kanou – Ki-oon) – 2021 série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

outsiders-2-ki-oonJ’avais bien accroché sur le premier tome de cette série originale de chez Ki-oon (dont le premier volume est sorti début 2021), notamment sur un humour bourrin qui donnait une saveur sympa au duo vampire/garou et le développement d’un background qui évitait la fréquente temporisation inhérente au format long des manga. La chute laissait entrevoir des enquêtes fantastiques faisant qu’on avait hâte de lire la suite. Malheureusement ce second tome s’avère assez décevant en bifurquant vers du Shojo pure jus où l’héroïne Ema passe son temps à s’intéresser aux problèmes des copines et sa sœur aux relations, qu’elle croit homosexuelles, des deux êtres fantastiques. D’ailleurs la relation homosexuelle est traitée de façon étonnamment normale dans un manga qui n’est pas spécifiquement Yaoi, avec par exemple deux filles dont on nous parle du mariage sans commentaire particulier. L’histoire laisse un peu de côté l’agence de détectives (alors qu’on venait d’apprendre la vrais nature de l’alliance entre le vampire et le garou) pour nous parler des thématiques classiques de lycées: harcèlement, mal être, jeunes abandonnés par leurs parents, performance sportive,… Ce qui m’avait accroché dans le premier volume, les dessins chargés et l’humour lié aux deux personnages masculins est totalement mis de côté et on avance assez laborieusement vers un démarrage d’enquête autour de deux cadavres retrouvés et qui obligent Ema la curieuse à se lancer dans des recherches. Je n’ai pas compris pourquoi il fallait un tome entier pour commencer une enquête, qui est tout de même l’intérêt premier de cette série… ou pas? Il faudra donc attendre le prochain volume pour voir vers quel genre s’oriente Outsiders car entre les relations adolescentes et les enquêtes paranormales on n’est pas tout à fait sur le même public…

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***·****·Manga·Rétro

Manga en vrac #13: Adam l’ultime robot #4 – Astra lost in space #1 -Alma #1

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Séquence SF ce samedi manga avec deux premiers volumes de série et une conclusion, dans trois registres très différents…

  • Adam l’ultime robot #4 (Azuma – Pika) – (2016) 2021, série finie en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

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La difficulté première du genre SF est de parvenir à boucler des idées et réflexions souvent perchées très haut et qui aboutissent généralement à une fin en suspension (comme dans Origin), cryptique ou qui fait pschit… Très rares sont les œuvres de SF a boucler une thématique de façon satisfaisante, à commencer par le mythique Universal War one, qui se concluait en six tomes seulement. Avec seulement quatre volumes pour boucler une série au rythme plutôt lent, Ryuko Azuma choisit la seconde solution en proposant une fin entre deux eaux, ni pessimiste ni optimiste. S’il n’est pas véritablement en mesure d’expliquer tous les évènements qu’il a mis en place (notamment l’attaque martienne) non plus que la nature des Psyché, il nous révèle en revanche les secrets des personnages dans un final en mode thriller plutôt bien mené. L’innocence paradoxale d’Adam est touchante, fétu technologique balloté dans une complexité humaine emplie de nos pulsions autodestructrices. La réussite de cette série c’est d’avoir réussi à installer une psychologie cohérence pour cette IA en relation avec les humains. L’hypothèse sur l’objectif des Psyché et la destinée d’Adam est plutôt intéressante scientifiquement parlant, même si le déroulement proprement dit des évènements peut laisser sur sa faim avec une chronologie obscure. L’équilibre entre le pédagogique et le mystérieux est toujours compliqué dans une narration et on ne pourra pas reprocher à l’autrice ces quelques chiffonnements, pour une œuvre globalement remarquable de maîtrise, d’ambition et de lisibilité. Une très belle quadrilogie que je conseille à tous les amoureux de science fiction.

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  • Astra – Lost in space #1 (Shinohara – Nobi nobi) – (2016) 2019, série finie en 5 volumes.
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Très sympathique premier tome d’une série courte en cinq volumes, dotée d’excellents dessins qui compensent l’aspect retro absolument assumé! Du titre au design général, on est dans l’hommage complet aux manga et séries TV SF des années soixante à quatre-vingt: une équipe d’adolescents part pour une « classe verte » sur une planète éloignée… avant de se retrouvés projetés ailleurs, loin dans l’espace, perdus, seuls et contraints de survivre par leurs propres moyens… Présenté comme ça on sent un aspect dramatique qui n’est pourtant jamais présent dans Astra! Résolument Shonen, la série est joyeuse, lumineuse mais n’oublie pas pour autant de créer des antagonismes entre certains membres de l’équipée. Une des originalités qui accentuent l’intérêt ce sont les flashback dans l’enfance des différents personnages, qui nous aide à comprendre leur tempérament et leurs actes pour revenir sur leur chère Terre. Remarquablement maîtrisée, les deux-cent pages se lisent d’une traite, comme une bonne série animée en découvrant chaque personnages, leur équipement, leurs défauts, les caractéristiques de la première planète (on va « sauter » sur cinq astres sur l’itinéraire de retour) sans oublier un gros mystère autour de cette mystérieuse boule qui les a aspiré et semble les poursuivre. Manigance des enseignants pour les tester ou véritable anomalie spatiale? Vous le saurez en regardant le prochain épisode des aventures du lycée Caird!

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  • Alma #1 (Mito – Panini) – (2019) 2021, série finie en 4 volumes.

alma-1-paniniAuréolée de très bons retours j’ai débuté cette récente série courte sans trop savoir où je mettais les pieds mais enthousiasmé par des aperçus graphiques au-dessus de la moyenne. Et je dois dire que ce qui accroche résolument dans ce premier volume qui avance relativement vite entre la séquence d’exposition en la conclusion qui nous révèle la problématique de la quadrilogie ce sont ces superbes décors post-apocalyptiques. On suit en effet un jeune homme parcourant les terres et cités dévastées à la manière du dernier homme sur Terre (Je suis une légende) – et une influence de Blame! évidente – après que son amie robot ait été désactivée brutalement. On trouve ainsi le carcan classique déjà vu dans l’excellent Heart Gear, à ceci près que dans Alma les humains n’ont pas totalement disparu et que le héros bien mystérieux se voit assez vite doté d’une aura messianique. On navigue donc plus sur la nostalgie d’une vie rêvée que sur la relation avec l’Intelligence artificielle (mais l’on sent que ça va venir) et l’atmosphère propagée par ces décors et un background bien plus travaillé que sur Heart Gear nous immergent pour une odyssée qui nous attrape dans un rythme soutenu. Doté d’excellents graphismes et d’un fort joli design, d’une relation originelle qui laisse mélancolique et de mystère déjà en place, il ne reste plus qu’un fort antagonisme pour faire monter la série d’un cran, sans doute dès le prochain tome. 

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***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #12: 008 apprenti espion – Blue period 2&3

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  • 008 apprenti espion #1 (Matsuena – Kurokawa) – 2021, 1/13 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

008-apprenti-espion-1-kurokawaAmis coquinou je vais vous désoler en vous disant que cette nouvelle série shonen d’espionnage n’est pas franchement un ecchi hormis les formes non-euclidiennes de la donzelle en couverture… ce qui ne l’empêche nullement d’être une très sympathique entrée en matière tout à fait classique, pas prise de tête et très efficace dans le genre humour et action débile. Le héros est un adolescent qui galère à intégrer un lycée et se retrouve par hasard appelé au sein d’une prestigieuse académie d’apprentis espions… qui cache bien entendu une organisation secrète redoutable. Si on peut regretter une impression par moment un peu cheap, le dessin est tout à fait correcte, très lisible et surtout l’intrigue parodique avance de façon très linéaire. L’atout charme est incarné par une mystérieuse étudiants très très bien dotée par la nature et qui a l’étrange habitude de ne pas porter de culotte (ou alors très très petite…) mais qui est surtout là pour marquer des acrobaties ninja redoutables. On a donc un naïf incompétent et illégitime qui va montrer que la collaboration et l’intelligence peuvent primer sur la force brute et la tradition, dans un lycée qui soumet ses étudiants à moultes épreuves imprévisibles et potentiellement mortelles. Le ton parodique des dessins et de l’histoire permet d’assumer la légèreté de cette histoire et l’on passe un très bon moment de lecture-métro. Très bonne introduction qui pourrait même gagner un Calvin à mesure que l »action se développe, avec une Battle-Royale annoncée dès le prochain volume…

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  • Blue Period #2 (Yamaguchi – Pika) – 2021, 3/10 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

blue-period-2-pikaAprès un très bon premier tome, on enchaîne sans pause sur l’itinéraire de Yatora dans sa classe de prépa où il s’ouvre progressivement à un tout autre univers, à la fois relationnel, de perspectives et de centre d’intérêt… ce qui ne va pas aller sans heurts car l’insolente facilité apparente de ce jeune homme à qui tout réussit va le confronter à sa non appartenance au monde de l’art. Ce qui avait intéressé se confirme ici avec un accent mis encore plus fort sur les relations entre des personnages jamais caricaturaux (ca change!) et une remarquable construction scénaristique qui parvient à thématiser le volume jusque dans une forme de mise en abyme entre le personnage et l’autrice. La grande force de ce manga est de ne jamais basculer dans une histoire de prépa ou dans le mal être des jeunes mais bien de proposer un tout cohérent qui montre l’ouverture d’un jeune bien dans sa peau à un univers qu’il a touché par accident, suite à une improbable émotion suscitée par un tableau d’élève. Ce qui caractérise Yatora c’est sa capacité de travail et sa détermination, qui lui permettent de progresser sans cesse et de dépasser ses complexes techniques. On nous parle donc beaucoup du système des grandes écoles japonaises avec des informations précises sur les coûts d’entrée et les prépa obligatoires. L’autrice utilise ses personnages pour proposer différentes visions du système et de la création sans nous dire ce qu’il faut penser et l’on comprend que dans un itinéraire c’est vraiment les rencontres, les conseils et influences qui aident les individus à progresser et à se découvrir. Loin de nous présenter un prodige miraculeux comme le font nombre d’histoires, Tsubasa Yamaguchi raconte le destin d’un lycéen relativement ordinaire qui bouscule son destin par curiosité, sans préconçu. Un beau message qui nous dit que tout le monde peut faire ce qu’il souhaite à condition de se donner les moyens. Un manga dont l’intelligence frôle les cinq Calvin mais repose sur un graphisme un peu froid qui n’impressionne pas particulièrement. Ce qui ne doit absolument pas vous dissuader de le lire!

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  • Blue Period #3 (Yamaguchi – Pika) – 2021, 3/10 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pika pour leur confiance.

blue-period-3-pikaLe troisième tome entre plus encore dans le parcours créatif des artistes en faisant progresser le héros dans la compréhension du rôle des outils (support, taille de la toile, pinceaux, cutter, gommes et tout ce qui peut servir à travailler la peinture mais aussi la toile elle-même). Tout cela en devient passionnant avec une grosse densité qui va même parfois un peu vite dans les transitions. En même temps cela donne une idée du tourbillon psychologique dans lequel est le jeune homme qui absorbe toutes ces connaissances avec l’appétit d’une éponge. Du coup les amis restent un peu en retrait pour une mise en avant des deux enseignants, les très charismatiques prof du cours du lycée qui l’invite à se tester sur un « 100F » (une toile de deux mètres de haut) et la géante prof de prépa dont les entretiens individuels servent énormément Yatora en le bousculant dans une neutralité absolue en lui rappelant que s’il est encore faible techniquement la force d’une création reste son propos et sa composition. Par moment on se met à penser à Dr. Stone en lisant Blue Period, les deux séries ayant en commun une très grande capacité vulgarisatrice, remarquablement équilibrée entre le trop didactique et l’obscure étude sociologique. Il n’y a pratiquement pas de pathos dans ce manga, ce qui permet de rester focalisé sur les pensées de Yatora et de garder une normalité crédible. On dévore ainsi les deux cent pages du volume avec une grosse envie d’avancer sur une série qui compte déjà dix tomes, largement de quoi voir évoluer Yatora sur plusieurs années, avec un immense plaisir!

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*****·Manga·Nouveau !

L’Attaque des Titans #33

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Comprend les chapitres 131 à 134 de la série écrite par Hajime Isayama.

Tabula Rasa

Eren l’avait promis, il l’a fait. Après s’être emparé in extremis du pouvoir incommensurable du Titan Originel, le jeune orphelin revanchard l’a utilisé pour déclencher le redouté Grand Terrassement, qui consiste à libérer simultanément tous les titans colossaux qui sommeillaient dans les murs d’enceinte de l’Île du Paradis. Le monde doit faire face une nouvelle fois à la colère des eldiens, sous la forme d’une implacable horde de titans qui piétinent tout sur leur passage. 

Après avoir jugé ce monde qui lui a tout pris, Eren l’a condamné à la ruine et se fait désormais le bourreau de sa propre sentence. Transformé en une créature lovecraftienne comme on en avait rarement aperçu dans le manga, il préside à son armée de titans, rasant l’empire Mahr sans broncher. Les seuls qui semblent être en mesure de le stopper sont un petit groupe constitué d’amis et d’anciens adversaires, parmi lesquels Armin et Mikasa, ses amis d’enfance, Hansi, Livaï et Conny, compagnons d’armes, puis Reiner, Peak et Annie, trois guerriers Mahr d’origine eldienne, eux aussi détenteurs de titans primordiaux. 

Cet escadron hétéroclite et autrefois ennemi s’est décidé à collaborer, non sans quelques grincements de dents. Ils ont du affronter, dans le tome précédent, les forces eldiennes partisanes d’Eren et de sa croisade. Ensemble, ils sont parvenus à quitter l’île, dans le sillage du Grand Terrassement, et espèrent aborder leur ami par la voie des airs afin de le faire changer d’avis, ou le cas échéant, l’abattre. Mais est-il seulement possible de vaincre un être aussi puissant et résolu qu’Eren avec un hydravion et quelques bombes ?

Guerre Fratricide

Fidèle à sa formule, Hajime Isayama nous offre un dosage parfait entre suspense et réflexion, grâce à un jeu d’alliance et une situation complexe dont les rouages ont été savamment mis en place dans les tomes précédents. L’auteur confronte encore une fois les points de vue autour de sa thématique de la liberté, et du cycle de violence inhérent à l’histoire humaine. Eren aura été de bout en bout un protagoniste fascinant, dont l’évolution est à la fois tragique et parfaitement cohérente.

Dans ce 33e tome, malgré les mesures extrêmes qu’il vient de prendre, il nous est encore donné de voir les doutes qu’il a pu avoir, et les éléments qui ont influencé son choix final. La cohérence thématique est encore de mise, puisqu’en chantre de la liberté, il laisse à ses amis celle de venir l’arrêter, alors qu’il aurait le pouvoir de faire taire, grâce à l’Originel, toute opposition parmi les eldiens. 

Coté intrigue, la tension atteint son paroxysme grâce à cet assaut désespéré et aux mille façons qu’il aurait d’échouer. Obstacles, sabotages, sacrifices, tout est mis en place pour maintenir le lecteur scotché en attendant le dénouement. L’affrontement fratricide n’en est donc que plus déchirant, surtout quand on regarde du côté des intrigues secondaires (Annie, Falco et Gaby) qui vont forcément converger pour le grand final. 

Comme vous vous en doutez, attendre le dernier tome confine à la torture, et il n’est pas question d’aller se spoiler !

**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #10: Alpi the soulsender 4 – Egregor 6 – Le Tetsu & Doberman 1 – L’ile entre deux mondes 1

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Petite pioche aujourd’hui avec des séries qui peinent un peu à prendre leur envol après quelques volumes déjà parus…

  • Alpi the soulsender #4 (Rona/ki-oon) – 2021, 4/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

alpi-soul-sender-4-ki-oonPetit accident dans ce quatrième volume qui passe un peu à côté avec cette histoire de bibliothécaire fou qui entraîne 2/3 de volumes en mode slasher gentillet et pas très intéressant… Cela permet tout de même d’approfondir de futurs antagonistes mais on lit ce volume en baillant et en attendant le retour des beaux dessins et un approfondissement de l’univers des soulsenders. C’est dommage car le volume précédent nous a renseigné sur les capacités martiales d’Alpi… qui seront finalement bien peu utilisées et son caractère qui a muri après le récit de Sersella ne semble pas avoir évolué ici. Cette intrigue un peu simpliste a tout de même le mérite de nous parler des traditions de colportage (que Magus of the Librarian traite plus en profondeur). C’est bien maigre et la quasi-absence d’Esprit divin sur ce tome est fort surprenante quand on se rappelle de la structure assez géométrique des tomes jusqu’ici avec deux esprits à chaque fois. On reprends espoir avec la confirmation d’un groupe désirant la suppression de toute religion en se disant que ce quatrième opus n’était qu’une introduction à un grand arc plus solide…

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  • Egregor, le souffle de la foi #6 (Skwar-Jae Hwan/Meian) – 2021, 6 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

egregor-6-meianComme attendu, ce tome marque une certaine pause en concluant les multiples combats entamés précédemment et en reprenant l’itinéraire des jeunes héros de cette saga foisonnante. On l’avait déjà constaté, Jay Skwar a une ambition très élevée pour sa série et a tendance à se noyer (et nous avec) dans une intrigue qu’il maintient toujours très cryptique et une ribambelle de personnages que l’on finit par avoir du mal à identifier malgré l’indispensable dramatis personae d’introduction d’album. De même pour une fort jolie carte (conçue par l’auteur d’Albator) pas assez détaillée pour nous assister dans la géographie d’Egregor. L’action continue installée depuis le début permettait de maintenir une accroche, malheureusement lors des pauses on souffre un peu à la lecture de dialogues parfois très « djeun’z » et qui manquent de relecture. Si les dessins restent tout à fait agréables à l’œil et assez lisibles avec des designs toujours réussis, ils ne suffisent pas à compenser une histoire qui peine à s’installer. Du coup on espère la prochaine scène d’action en attendant que les auteurs nous aident à nous attacher un peu à quelques personnages dans ce maelstrom permanent.

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  • L’île entre deux mondes #1 (Ishii/Pika) – 2021, 1/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pikacouv_421997 pour leur confiance.

Tatsumi revient sur son île natale pour enseigner dans le seul établissement scolaire d’Aoshima. Parti à quatre ans, il souhaite renouer avec un passé paradisiaque, en communion avec les éléments. Désormais adulte, il va vivre des expériences inexplicables le rapprochant d’un monde spirituel qui semble naturel aux habitants…

L’ile entre deux mondes est entre le feel-good album et le contemplatif onirique, de ces créations japonaises qui rappellent la richesse des traditions dans la culture et l’identité d’un peuple schizophrène toujours tiraillé entre une hypermodernité mortifère et un passé animiste proche de Gaïa. Sur des planches sublimes tant par les encrages subtiles que les blancs lumineux l’artiste Asuka Ishii (dotée d’une formation artistique solide et également peintre) s’insère dans une atmosphère proche des films de Naomi Kawase où la spontanéité des relations interpersonnelles tranche avec la rigueur sociale habituelle du Japon et où les ambiances, les odeurs, les sensations priment. Sa maîtrise graphique parvient à nous immerger dans ce paradis insulaire fait de langueur et de communion, elle nous fait ressentir la chaleur du soleil, le bruissement des feuils, toutes ces sensations universelles qui ressurgissent ici des pages du manga. Le héros (cultivé) est relativement passif dans ce premier tome où il semble soumis aux impulsions des autres personnages, sa jeune collègue et les deux élèves de sa classe tout comme aux manifestations (peut-être) surnaturelles de la nature. Les évènements étranges qu’il expérimente ne trouvent pas d’explication immédiate mais l’autrice nous maintient dans le récit par ses images qui évitent l’hermétisme que peut recouvrir ce genre de récit. Du coup on prend un grand plaisir à parcourir les plages de l’île, à ressentir le brouillard humide ou à s’immerger dans les flots d’une cascade…

Le découpage en deux volumes et l’attente d’une explication temporisent une note de 5/5 qui sera peut-être réévaluée à la conclusion du diptyque (prévue en juillet). On est très très proche du coup de cœur (parce qu’on est difficiles!).

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  • Tetsu & Doberman #1 (Ohno/Doki-Doki) – 2021, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

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Tsutomu Ohno est assurément un jeune mangaka à suivre! Avec sept manga à son actif et seulement Buchimaru Chaos paru en France avant cette nouvelle série courte en trois tomes, Doki-Doki tient une potentielle poule aux œufs d’or tant on sent un potentiel (graphiquement évident et à voir sur le plan narratif). Jamais engagé sur des séries longues, l’auteur nous propose avec ce premier volume une introduction résolument sympathique sur un pitch simple: un jeune orphelin se retrouve pris sous sa coupe par un homme-chien, légende des limiers d’une corporation de chasseurs associant un humain et un chien humanoïde. Qui dit shonen dit baston, pouvoirs spéciaux issus de l’interaction entre les deux éléments du duo et intrigue simple basée sur l’apprentissage, l’héritage familial et de méchants conspirationnistes. Ce qui marque dès les premières planches ce sont déjà les dessins très maîtrisés et dynamiques, mais également un humour proche de celui de Radiant et qui fait mouche sur une traduction très réussie. Le design général permet aussi de se projeter dans une intrigue qui ne fait ici que commencer, avec un méchant chasseur à peine aperçu mais qui intrigue fortement. Tête brûlée décidée à devenir un super-chasseur pour protéger son orphelinat de la destruction de méchants capitalistes, Tetsu est le héros type de shonen. Légère déception pour Doberman qui, s’il est graphiquement réussi, reste assez en retrait alors que je l’attendais comme un vrai héros légendaire. A la décharge de l’auteur, ce volume de moins de deux-cent pages avance à cent à l’heure, ne nous laissant pas le temps de s’ennuyer, avec le corollaire d’aller toujours un peu vite. On sent dans ce premier volume les mêmes qualités et défauts que dans le récent Demon Tune, avec un manga qui pourrait devenir excellent pour peu qu’il soit parti sur un format plus confortable. Après le très sympathique Ballade de Ran, Doki-Doki montre qu’avec une ambition limitée, Bamboo arrive également à trouver sa place dans le rayon fortement concurrentiel du manga.

A partir de 10 ans.

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