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Danthrakon # 3: le marmiton bienheureux

La BD!

Troisième tome de 48 pages de la trilogie écrite par Christophe Arleston, et dessinée par Olivier Boiscommun. Parution chez Drakoo le 04/11/2020. 

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Cuisine-moi un mage

Nous avions découvert dans les précédents volumes le personnage de Nuwan, qui par de bien tristes circonstances, s’était vu investi-littéralement-par le pouvoir d’un grimoire magique ancien, le Danthrakon. Le jeune marmiton, apprenti dans les cuisines d’un mage respecté, avait donc du briser sa routine pour partir à l’aventure et trouver une solution à son épineux problème. 

En cela, il était épaulé par Lerëh, apprentie du mage susmentionné, et dont il se trouve être amoureux. Au fil de leurs péripéties, Nuwan et Lereh avait atterri entre les griffes de Lyreleï, la mère de Lereh, qui avait égoïstement pris possession du corps de sa fille. 

Nuwan se retrouve donc seul pour faire face à ses ennemis, parmi lesquels l’Inquisiteur Amutu, qui conspire toujours pour le pouvoir absolu. Le jeune cuisinier aventureux va remonter aux origines du grimoire et s’apercevoir que la solution n’a jamais été très loin, en fin de compte…

Magie réchauffée

Comme évoquée dans les précédentes chroniques, Danthrakon fleure bon la nostalgie liée aux aventures d’un certain apprenti forgeron. En effet, on y retrouve les mêmes éléments de décorum, si bien qu’au fil de la lecture, la cité de Kompiam finit par revêtir des allures de facsimilé de la glorieuse Eckmül. Ce sentiment est renforcé encore davantage par le style très reconnaissable de l’auteur, donnant ainsi aux aventures de Nuwan le marmiton un goût de…réchauffé

Cependant, il ne s’agit pas non plus de se complaire dans la comparaison pour le principe. L’aventure Danthrakon reste prenante et son protagoniste attachant, la lecture reste donc agréable. Certes, certains running gags finissent pas tomber à plat (les bottes de sept lieux), le climax a un caractère un peu décousu, il n’en demeure pas moins que la trilogie prise dans son ensemble représente une entrée plus que correcte dans le genre de la fantasy. On appréciera en outre le début de réflexion engagé sur la thématique de la connaissance et du poids qu’elle peut représenter une fois portée à son apogée. L’ignorance ne serait-elle finalement pas le plus beau des dons ?

Les lecteurs qui n’ont pas été biberonnés aux Lanfeust (il doit y en avoir !) apprécieront sûrement cette aventure pour ce qu’elle est, les autres seront sans doute apaisés d’y retrouver le gout nostalgique d’un succès d’autrefois.  

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Sheïd tome 1: le piège de Mafate

La BD!

Premier tome de 46 pages d’une série écrite et dessinée par Philippe Pellet, parution le 04/11/20 aux éditions Drakoo.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

Mafate, nid d’espions

Après des mois de navigation, Sheïd, mercenaire rugueux mais combinard, rentre à Mafate, la capitale de l’Empire, pour y régler ses affaires courantes avec Mhaus, son commanditaire. En effet, depuis qu’il a quitté les légions impériales, Sheïd vit de chasse à la prime et autres missions que la morale réprouverait sans doute, dépensant ses soldes en substances psychoactives et en compagnie féminine tarifée.

Ce Sheïd ignore, c’est qu’à Mafate se jouent des affaires politiques liées à la résurgence d’un culte ancien maniant une puissance destructrice normalement réservée à une élite. A peine débarqué de son bâtiment volant, Sheid se voir confier une mission relativement simple: enlever un vieil archéologue objecteur de conscience, en opposition avec le pouvoir central.

Seul contre tous

Bien évidemment, les choses ne seront pas aussi simples que Sheïd ne l’aurait souhaité. A cause d’une rivalité mesquine, la mission tourne mal et le vieil archéologue ne survivra pas à la tentative de rapt. Sa petite-fille en revanche, en réchappera et finira sous la protection du mercenaire réticent.

Désormais pourchassé par les soldats de l’Empire et par les sbires de Mhaus, Sheid est donc aussi affublée de la petite Nyl, qui, de surcroît, détient des informations capitales pour les dirigeants de Mafate. Le baroudeur et la jeune fille risquent de ne pas survivre si facilement cette traque impitoyable.

Les duos badass/enfant sont assez répandus en fiction. Le badass est très souvent un homme, viril et combatif, tandis que l’enfant est plus souvent une fille. Si ce duo est si populaire, c’est sans doute à cause des archétypes et stéréotypes qu’il convoque, le masculin y étant représenté comme une force protectrice et tourmentée tandis que le féminin y est mis en avant comme pur mais ayant besoin de protection. La complémentarité du duo fonctionne donc pleinement (malgré les stéréotypes de genre), ce qui explique donc qu’on le retrouve dans plusieurs médias: Lone Wolf and Cub, Piccolo et Gohan dans Dragon Ball Z, Léon et Mathilda,ou encore True Grit, Terminator 2, Code Mercury, Les Mondes de Ralph, Logan…

Les exemples ne manquent pas, Sheïd reprend donc la formule à la lettre pour ce premier tome. L’action est néanmoins au rendez-vous, l’auteur profitant ainsi de sa grande expérience pour créer un univers cohérent grâce à des enjeux clairement établis. Les décors sont dessinés avec brio et ornent quelques pages véritablement somptueuses. Les personnages ne sont pas en reste, notamment grâce à des visages réalistes et très expressifs.

Philippe Pellet maîtrise donc son trait et son scénario, ce qui augure une suite de qualité sur le reste de la série.