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BD en vrac #14

  • UCC Dolores #2 (Tarquin/Lyse/Glénat) – 2019, 2 vol parus.

couv_376763Cette série a provoqué beaucoup d’attentes avec un dessinateur avec qui a grandi toute une génération de bdvores, de superbes couvertures et la promesse d’une grande saga SF. Le premier album nous laissait un peu sur notre faim avec une mise en place prometteuse et quelques séquences d’action péchues… Prenant la suite directe du premier, ce second tome peine à décoller. On nous raconte le passé de gladiateur de Kash et l’album propose quelques séquences très inattendues dans l’interaction des trois personnages principaux, mais l’intrigue piétine un peu et je crains que la série souffre du syndrome des albums de dessinateurs: très beaux, proposant des choses graphiquement intéressantes, mais qui oublient d’accrocher le lecteur par un mystère de fonds. Ainsi on s’aperçoit en refermant l’album que toutes les séquences qui nous ont accroché ou donné des informations reposaient sur un seul design, mouvement, action. Heureusement, cette série dans laquelle le couple Tarquin a mis beaucoup de cœur prévoit un premier cycle de trois volumes, ce qui évitera dans le pire des cas d’éterniser une histoire faible et au mieux permettra de rebondir dès le prochain tome.

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  • Angel wings #6: Atomic (Yann/Hugault/Paquet) – 2019

couv_378949bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur confiance.

 

Comme à son habitude Romain Hugault a prévu pas moins de quatre couvertures pour quatre éditions différentes. Les éditions Paquet sont toujours aussi généreuses en éditions variées… qu’il serait bien de sortir en simultané afin de laisser le lecteur avec le choix…

Atomic conclut le deuxième cycle de la série Angel Wings et de l’enquête d’Angela afin de découvrir le responsable de la mort de sa sœur. Je précise que si j’ai bien lu le premier cycle et le précédent album (critiqués sur le blog), il me manque le premier volume de ce cycle, ce qui peut expliquer ma gêne devant cet ultime album: très peu d’avions pour une fois et une narration un peu décousue avec des séquences intercalées illustratives de l’époque Résultat de recherche d'images pour "angel wings atomic"mais qui perdent la linéarité même si elles développent le background, ce qu’aime comme jamais le dessinateur. Si les précédents albums montraient parfois une Angela un peu passive, ce n’est pas le cas ici puisqu’elle tient son enquête. En revanche on ne comprend pas bien les interventions de ses connaissances et certaines séquences qui semblent n’être rattachées à rien. L’alternance de récit passé, actuel et de récit dans le récit ne facilitent pas la compréhension. En outre le contexte du projet Manhattan semble totalement anecdotique et on aurait aimé voir Angela liée via l’OSS à une bonne histoire d’espionnage que nous laissaient deviner les autres albums. Ainsi, comme l’image de couverture trompeuse (mais très jolie comme l’intérieur), la fin de l’album nous laisse un peu dans l’expectative, avec une image finale en forme d’énigme de résolution… très original mais cette page montre la difficulté qu’a eu le scénariste à lier trois lignes de sa série: proposer une illustration de l’époque en faisant plaisir à son dessinateur, parler du projet Manhattan, parler des WASPS et construire une histoire cohérente avec cela… Un peu inabouti.

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BD en vrac #6

Salut les bdvores! pour cette nouvelle fournée de BD je vais faire une spéciale éditions Paquet, l’un de mes partenaires. J’ai découvert cet éditeur via les albums d’un de mes auteurs préféré, Romain Hugault et j’ai constaté que cette maison était assez attentive à la qualité de ses bouquins, avec notamment de fréquentes éditions grand format et intégrales, choses appréciées des lecteurs, qui ont ainsi le choix du format de leurs lectures. En outre l’éditeur est assez attaché à la qualité des dessins.

 

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

Je suis assez fan des BD de Romain Hugault, pourtant je n’avais pas démarré la série Angel wings (qui semble pourtant partie pour durer…), par crainte de redondance thématique. Mon billet sur le premier cycle (lien sur le titre de ce billet) suite à une lecture en bibliothèque m’avait pourtant séduit, tant graphiquement que pour le réalisme minutieux des auteurs. Paquet a la très bonne idée de proposer ses albums en format classique, grand format toilé et intégrale par cycles de trois albums. N’ayant pas lu le #4 Paradise Birds qui voit l’héroïne rejoindre l’OSS (ancêtre de la CIA) dans un contexte de préparation du projet Manhattan, je prends donc ce second cycle en cours de route. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier encore et toujours les très grandes cases: Hugault dessine entre quatre et cinq cases par planches en moyenne, pour laisser la possibilité de panoramas, quand il n’envoie pas carrément des pleines pages d’un ciel écumé de chasseurs et bombardiers!

Résultat de recherche d'images pour "angel wings black sands"Angela est en route pour l’ile d’Iwo Jima où elle va devenir sauveteur-aviateur, seule possibilité qu’on lui laisse de voler malgré son pedigree d’Angel Wing. Si elle reste toujours en retrait de grands événements qui permettent au duo de proposer toujours autant de scènes d’aviation magistrales, l’album n’en propose pas moins un vrai scénario proposant une histoire d’amour compliquée, les relations hommes/femmes toujours difficiles dans l’armée tout en continuant de suivre le déroulement stratégique des derniers mois de la guerre et de la capitulation du Japon après la bataille d’Iwo Jima. Je pense que je me procurerais l’intégrale du cycle en fin d’année lors de la sortie du troisième volume.

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bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

couv_359087J’avais proposé il y a deux ans un long billet de synthèse sur la série que j’avais découvert et beaucoup apprécié. Je rappelle que Paquet propose chaque volume en intégrale et en version grand format divisée en deux tomes, ce qui revient quand-même à 50€ le volume 4 pour le grand format avec cahier graphique…).

Le dernier volume se terminait sur l’exclusion d’Archer pour le viol de Céline et le départ des ado pour lui porter secours dans la zone de danger. On retrouve ici le même plaisir graphique avec essentiellement des paysages naturels (peu de séquences dans la colonie) et les tensions entre les deux groupes d’adolescents. La grande force de la série est ses personnages et là encore les « méchants » sont très travaillés et évitent le manichéisme. Clipboard01.jpgHolden, le blond agaçant de service fait des coups pendables mais toujours avec une raison et détaille sa vision divergente des frères Goodwoody. Progressivement malgré ces tensions (les auteurs n’hésitent pas à marquer les protagonistes dans leur chair) on voit se créer une opposition frontale entre les jeunes et les adultes, alors que la menace de renégats et des Ripers se fait plus menaçante. Bagster, le pourri de la série cristallise ces tensions autour de la fidélité de groupe plus que du statut d’adulte, remis en question par le contexte qui replace le statut majeur sur le critère de la capacité combattante plus que sur celle de la morale. Intéressant! Du coup on évite (par une description de contexte sérieuse) le simplisme méchants adultes contre gentils ado intelligents pour voir plutôt des oppositions de vision de cette nouvelle société. Je suis toujours aussi fan de ces contextes qui remettent en jeu les notions de base de démocratie, de violence légitime et de justice. Et avec ce traitement « série TV », ces superbes planches, et ce cliffhanger terrible Gung Ho est en passe d’acquérir le statut de série majeure de la BD franco-belge!

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  • Le collecteur d’âmes (Alma Cubrae #1)

bsic journalismMerci aux éditions Paquet pour leur partenariat. Lu en numérique.

Couverture de Alma Cubrae -1- Le Collecteur d'ÂmesAttention, grosse surprise que ce premier tome d’une saga de Dark Fantasy espagnole, dessinée par un impressionnant Sergio Sandoval, vétéran des collaborations graphiques au cinéma fantastique, notamment les films de Guillermo del Toro. Et outre les dessins (que l’on peut ranger dans la catégorie hyper-réaliste comme Christophe Bec ou Michael Lark), c’est surtout le design général de cet univers qui bluffe! Les auteurs prennent leur temps pour installer un univers cohérent, dès l’introduction en forme de genèse de ce monde barbare où une ancienne guerre a confronté les trois grandes Cités à des armées de monstres dirigés par les Druides. Comme pour Game of Thrones et la série BD Servitude, le principe est de bâtir un monde sophistiqué, cohérent, en plaçant des vestiges des temps anciens, plus mystérieux qu’expliqué mais participant grandement à l’intérêt de la série. Ce tome présente du reste l’itinéraire (un peu complexe niveau articulation temporelle) de la Garde blanche vers les marches du royaume où un baron semble devenu moyennement coopératif. On retrouve les grands marqueurs des deux œuvres citées, à savoir la trahison permanente, la menace maléfique invisible et l’intervention d’une puissance hors norme, incarnée ici par un chevalier qui ressemble fortement au Ginea Lord de la Complainte des Landes perdues.Résultat de recherche d'images pour "alma cubrae sandoval"

Vous l’aurez compris, hormis quelques réglages de déroulement, les dessins sont superbes (y compris leur mise en couleur), le design génial (je veux dire VRAIMENT génial et rarement vu en fantasy européenne), les scènes d’action barbares et dynamiques et les références à peu près parfaites. Une très grosse surprise pour ce qui peut devenir une série fantasy majeure des prochaines années et qui, j’espère s’étalera sur un certain nombre de tomes.

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****·BD·Mercredi BD

Gung-Ho

BD du mercredi
BD de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant
Paquet (2013-). 80p/album, 4 albums parus /5.

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L’éditeur Paquet nous a habitué à proposer de très beaux ouvrages, souvent en grand format, doté de couvertures attrayantes et au travail éditorial qualitatif. Essentiellement connu pour les (très bonnes) séries d’aviation de Hugault ou pour le manga best-seller Usagi Yojimbo, Paquet propose avec Gung-Ho de découvrir deux auteurs allemands pleins de talent, déjà créateurs de la série Chroniques immortelles. Les albums ont été publiés en deux sorties de 40 pages par tome puis en album de 80 pages grand format et enfin en édition deluxe (encore plus grand format). A 17€ l’album ce n’est pas une arnaque. Un court cahier graphique accompagne le premier tome.  La maquette est fidèle à l’univers, prenant comme couverture un des personnages principaux à chaque tome. L’intérieur de couverture représente le cadre géographique de la colonie qui accueille l’intrigue. Du beau travail qui rehausse cette excellente BD.

Dans un futur proche, ce qu’il reste de l’humanité s’est réfugié dans des villes fortifiées et des colonies qui tentent de recoloniser le territoire en se protégeant du fléau blanc, les Rippers. Lorsque arrivent dans la communauté très réglementée de Fort Apache deux orphelins, Archer et Zack, ils se retrouvent confrontés à l’acceptation de ces règles, à leur transgression par leurs pulsions d’adolescents et au défi de se construire dans ce monde hostile.

gung_ho_page02_blogGung-Ho est une BD post-apocalyptique dans la veine de Walking Dead… sauf qu’ici pas de zombies. Le contexte préalable n’est que faiblement évoqué et si l’on apprend tardivement ce que sont les Rippers, l’on ne sait même pas s’ils sont à l’origine de la réduction de la population. Ce qui intéresse les deux auteurs ce sont les relations entre les personnages et notamment entre groupe des adolescents et des adultes. Cette mini société est absolument passionnante par ce qu’elle transpose en concentré les impératifs de toute société entre justice, liberté et ordre. Derrière ces concepts, les adultes et les adolescents n’ont pas les mêmes visions et vont souvent tester la réactivité de cette société expérimentale et communautaire. Les personnages 9641ee1d5a597fd6db0382413ba5e9f8-gung-ho-manga-comicssont vraiment nombreux et caractérisés à la fois graphiquement et par le scénario. Hormis quelques exceptions (le méchant corrompu), tous sont subtiles et crédibles, le lecteur comprenant leurs motivations qui ne sont jamais simples à condamner. Cela car le travail de contexte est important et la pagination permet de prendre le temps de soigner chaque figure. L’élément déclencheur de l’intrigue est l’arrivée des deux jeunes frères et notamment d’Archer, le joli rocker tête-brûlée (en préambule à chaque album les auteurs nous rappellent que Gung-Ho signifie « tête brulée »), qui ne respecte aucun code et va par ce fait mettre l’équilibre de la communauté et de ses lois en danger. Certaines personnalités sont plus alléchantes, comme la jeune asiatique experte en maniement du sabre ou le chef militaire du groupe. Mais tous semblent vivre leur vie entre les cases.

Ce qui a marché dans Walking dead (la transposition de la société dans une situation de crise extrême) fonctionne aussi ici avec l’accent mis sur l’adolescence et les thèmes qui lui sont liés (la transgression, la musique, le flirt, l’alcool, le passage au stade adulte,…). En revanche, si la série de Robert Kirkman est dotée de dessins loin d’être virtuoses, ici Thomas Van Kummant (passé par le design et l’infographie) fait des miracles avec sa palette graphique. maxresdefaultSi vous êtes allergiques au dessin numérique vous pouvez passer votre chemin… pourtant vous aurez tort! Comme Miki Montllo sur la formidable série Warship Jolly Rogers (leur technique est proche, entre des formes plates et des textures et contrastes très sophistiqués) il parvient à donner une grande expressivité aux visages et une harmonie improbable quand on regarde les dessins à la loupe. Élément par élément on peut même trouver cela moche, mais l’ensemble est très léché, entre le photoréalisme des arrière-plans et les éclats de couleur des personnages. Comme Bastien Vivès, Van Kummant parvient à donner un réalisme à ses dessins en faisant appel à notre mémoire visuelle, transformant quelques traits ou touches de peinture en une anatomie et mouvement très parlant. Mais surtout les auteurs nous donnent un vrai plaisir à suivre tous ces personnages, pas seulement les héros. L’esprit est celui d’une bonne série TV que l’on veut voir durer des années. Ainsi sur un canevas simple ils parviennent à nous attraper, nous faire craindre pour untel, souhaiter un avenir à un autre, etc.

ckizmgtwsaa2j5oGung-Ho est une vraie réussite et une très bonne surprise sur tous les plans, tant graphique que thématique. Deux auteurs inconnus arrivent à confirmer l’essai d’un projet montrant que l’on peut raconter mille fois la même histoire en intéressant toujours différemment. Par l’intelligence et la spécificité de chaque auteur tout simplement.

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mille et une frasques.