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Ninja-K

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Comic de Christos Gage, Thomas Giorello, Ariel Olivetti, Juan Jose Ryp et Roberto de la Torre
Bliss (2019) – Valiant (2017), 320 p. contient Ninja-K 1 à 14.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

couverture_ninja-k_v4_cmjn-600x923Cette série est un relaunch récent de la série Ninjak de Valiant dont mes critiques sont dispo ici. Il continue donc l’intrigue de la précédente série là où elle s’était arrêtée, avec ceci de nouveau qu’il revient à des considérations beaucoup plus espionnage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les couvertures sont de l’excellent Trevor Hairsine et les dessins intérieurs d’un très haut niveau avec notamment un Thomas Giorello qui semble plus à l’aise dans l’univers réaliste de Ninjak que dans la SF de X-O Manowar.

Après la destruction de King’s Castle, Ninja-K doute de son employeur, le MI6. Sa relation compliquée avec la psiotique Livewire lui masque ce qui se trame dans l’ombre. Lorsque Ninja-D, l’un de ses prédécesseurs du programme d’espions-assassins, est tué, il mène une enquête qui va lui apprendre le passé de ses homologues et les pratiques secrètes du service de renseignement de Sa Majesté…

Trois parties assez distinctes dans ce volume:

  • Résultat de recherche d'images pour "ninja-k giorello"Une première très espionnage avec des dessins vraiment superbes de Thomas Giorello donc, aborde l’histoire du programme Ninja et l’enquête de Colin King auprès de ses prédécesseurs. On apprend les débuts des premiers Ninja du MI6 pendant la première guerre mondiale, un interlude illustrée par le très doué Ariel Olivetti (qui avait travaillé sur la dernière série X-O Manowar et les zones sombres du programme pour garder le contrôle de ses agents.
  • La seconde dessinée par un Juan Jose Ryp plutôt bon (et qui assure la continuité avec la précédente série où il officiait sur les Dossiers Ninja) est une réunion d’équipe, très sympa, contre un rassemblement de méchants qui voit des personnages de Divinity III intervenir. Après l’introspection place aux grandes batailles et aux enjeux inter-dimensionnels grandioses!
  • La troisième partie est dessinée par Roberto de la Torre que j’avais beaucoup aimé sur Shadowman et Rapture où son style encré et « griffé » se prêtait à un univers de magie noire, d’univers parallèles où la réalité n’est pas évidente… Ici ses encrages restent très chouettes mais moins percutants dans une intrigue où Ninjak infiltre une base en Ukraine en pourchassant une adversaire vue dans l’arc précédent.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k de la torre"Ce gros volume a le grand mérite d’avoir une équipe graphique de haut niveau et de proposer à la fois une immersion en douceur pour les nouveaux lecteurs (du coup ça peut être une porte d’entrée dans Valiant) sur le premier arc espionnage mais aussi de gratifier les lecteurs habituels de Valiant qui retrouveront avec plaisir des personnages connus et leurs interactions avec les différentes dimensions des comics de l’éditeur: Livewire, Ninjak et le Guerrier éternel (Unity), Punk Mambo et Dr Mirage (Shadowman), Kosity l’immortelle (Divinity)… Il s’inscrit dans la chronologie officielle après Unity, Secret weapons,et l’attaque des chasseurs d’armure dans X-O Manowar (série 2016).

Beaucoup moins de fantastique que dans le premier Ninjak (même si on fait appel aux chasseurs de l’étrange Punk Mambo et docteur Mirage…) et surtout une trame cohérente qui relie les trois parties autour du passé du programme Ninja, de la morale d’un assassin et de la fidélité de Colin King qui n’a plus d’autre accroche au monde que son amante Livewire (très réussie et que l’on a très envie de retrouver!). Ce volume marque un tournant dans l’histoire de Ninjak et l’univers Valiant en préparant un Harbringers Wars: Blackout (à sortir très bientôt chez Bliss) qui s’annonce graphiquement et thématiquement grandiose. En tout cas l’effet d’appel est réussi dans ce volume qui joue à la fois sur l’intime et le grandiose multi-héros dans un équilibre particulièrement accrocheur.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k ryp"La partie graphique est en revanche très variée, un peu trop sans doute. Techniquement on est sur le niveau d’exigence des dernières séries Valiant, très haut, avec un Thomas Giorello, Ariel Olivetti, ou Roberto de la Torre qui excellent dans leur style respectif. Même Ryp qui m’avais laissé une impression un peu brouillonne sur la précédente série (notamment sur le design général de ses « monstres »), se mets au niveau de ses collègues. Alors que la structure de l’ancien Ninjak était assez découpée avec beaucoup de sections différentes, la relative continuité de l’intrigue ici  fait un peu tiquer quand à ces changements graphiques. Encore une fois ce ne sont pas les artistes qui sont en cause mais peut-être le choix de ceux que l’on a appelé. Un Lewis Larosa aurait mieux collé à Thomas Giorello par exemple… Il reste que ce tome est plutôt une bonne surprise et reste intéressant tout le long. Pas le plus flamboyant des Valiant mais peut être un de ceux qui associent le plus d’éléments de l’histoire éditoriale récente de l’éditeur et qui est susceptible de vous emmener (subtilement) vers beaucoup de séries publiées par Bliss comics.

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X-O Manowar #2: D’empereur à Wisigoth

esat-westComic de Matt Kindt, Clayton Crain, Renato Guedes, Ryan Bodenheim, Ariel Olivetti
Bliss (2018) – Valiant 2017, Tome 2 (épisodes 7-14), 224 p.

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Le volume comprend un résumé des épisodes précédents, un sommaire (que j’apprécie beaucoup car il indique très clairement quels auteurs officient sur quelles sections), les couvertures de chaque fascicule original et en fin de tome des croquis et explications d’intentions passionnantes. Tout cela est habituel chez Bliss mais pas toujours aussi intéressant.

Après avoir gravis les échelons de l’armée Azur au cour d’une guerre permanente semée de trahisons, le voilà empereur de la planète Gorin. Mais lorsqu’un adversaire d’outre-espace survient, la difficulté de maintenir une cohésion entre tous ces peuples antagonistes se fait jour. Aric de la Térre est-il capable d’autre chose que de faire la guerre? Se coupant de tous ses proches, trahis, pourchassé par une bande de mercenaires, loin de la Terre, qu’espère t’il encore de la vie?

Résultat de recherche d'images pour "renato guedes emperor"Lorsque j’avais ouvert le très joli premier tome du reboot de X-O Manowar, j’avais cru avoir loupé un épisode expliquant ce que le héros faisait sur la planète Gorin. Il n’en est rien et dans les bonus de ce second tome les auteurs expliquent justement que l’objectif était de sortir Aric de son confort et le lecteur avec, de le placer dans un environnement totalement nouveau (mais guerrier…) afin d’explorer la psychologie du personnage. Sur ce plan la série est une vraie réussite et après les relations avec l’armure dont il est dépendant mais qu’il ne souhaite pas utiliser, sorte de voix intérieur de sa conscience, il doit affronter ses choix et le vide de sa vie. Rarement un héros aura été aussi malmené émotionnellement, jusqu’au bout du volume. Si je maintiens mes quelques regrets sur une série qui reste essentiellement axée sur la guerre rageuse (ce qui finit par devenir un peu redondant), le travail sur le personnage et la réflexion politique sur l’impossibilité d’imposer la paix par la guerre (ce qu’ont argumenté nombre de conquérants à travers l’Histoire) sont vraiment intéressants.

Ce second volume démarre sur le même mode que le précédent, jusqu’à l’irruption des mercenaires, qui provoquent une vraie bouffée d’air. A la fois graphiquement par une bonne grosse claque de Renato Guedes, mais surtout car la section permet l’arrivée de personnages tout neufs, d’un univers très excitant loin de Gorin et de mettre enfin le héros en danger. L’intérêt est pleinement relancé et se poursuit jusqu’à la prise de conscience d’Aric que son destin n’est plus ici. On quitte donc l’action ininterrompue pour du fonds et un chemin qui nous donne soudait très envie de savoir comment va rebondir cette gueule cassée  au bord de la dépression (on retrouve l’intérêt pour Bloodshot sur ce plan), avec notamment une conclusion très réussie et forme d’ouverture qui boucle cependant le cycle de Gorin. L’éditeur précise dans une fiche de lecture dont il est coutumier que la suite sera à lire dans le crossover Harbringer Wars 2 à paraître bientôt, avant un troisième volume de X-O Manowar. J’étais resté un peu sur ma faim dans le premier volume y compris sur un personnage que je trouvais un peu monolithique. Ce second tome relance vraiment la machine.Résultat de recherche d'images pour "manowar clayton crain"

Le petit bémol que je mettrais est dans le graphisme. Paradoxalement, Clayton Crain, qui est capable du superbe sur Harbringer Wars, Dininity et sur pas mal de couvertures Valiant, peine ici clairement dans les scènes de bataille, fouillis et assez sombres, où sa technique numérique peine un peu en précision. A côté, Renato Guedes, dans une technique de peinture à l’eau peu évidente (proche du travail de Dustin Nguyen sur Descender) produit des planches magnifiques. Est-ce un manque d’intérêt ou une vraie limite de la technique de Crain, toujours est-il que ses planches sont les moins intéressantes. Contrairement au premier tome découpé entre deux illustrateurs au style très proche (et créant une vraie harmonie graphique), ici c’est plus divers, mais cela ne m’a pas dérangé. Tous sont très bons et si Guedes m’a énormément plu, Ariel Olivetti qui conclut l’histoire est une nouvelle énorme claque, une vraie révélation que je vais m’empresser de suivre! Résultat de recherche d'images pour "xo-manowar renato guedes"Dans un style alliant dessin très précis et textures numériques discrètes proches du boulot de Reno sur Aquablue, l’argentin (tiens, est-ce que le secret de Valiant ne serait pas de faire appel à des dessinateurs non états-uniens?) fait exploser les rétines avec des séquences spatiales qui laissent pantois. J’espère vivement qu’il continuera son travail sur Manowar car sur ces planches on atteint clairement le top de ce qu’a produit Valiant jusqu’ici. Et comme je constate une montée graphique à chaque volume depuis l’an dernier, jusqu’où irons nous? J’ai beaucoup hésité à ajouter un quatrième Calvin à ma note en raison des planches de début d’album et d’un démarrage poussif, mais la clôture et la double révélation graphique justifient un 4 qui confirme que ce second album Manowar est meilleur que le premier.

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