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Ninja-K

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Comic de Christos Gage, Thomas Giorello, Ariel Olivetti, Juan Jose Ryp et Roberto de la Torre
Bliss (2019) – Valiant (2017), 320 p. contient Ninja-K 1 à 14.

bsic journalismMerci aux éditions Bliss pour cette découverte.

couverture_ninja-k_v4_cmjn-600x923Cette série est un relaunch récent de la série Ninjak de Valiant dont mes critiques sont dispo ici. Il continue donc l’intrigue de la précédente série là où elle s’était arrêtée, avec ceci de nouveau qu’il revient à des considérations beaucoup plus espionnage, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les couvertures sont de l’excellent Trevor Hairsine et les dessins intérieurs d’un très haut niveau avec notamment un Thomas Giorello qui semble plus à l’aise dans l’univers réaliste de Ninjak que dans la SF de X-O Manowar.

Après la destruction de King’s Castle, Ninja-K doute de son employeur, le MI6. Sa relation compliquée avec la psiotique Livewire lui masque ce qui se trame dans l’ombre. Lorsque Ninja-D, l’un de ses prédécesseurs du programme d’espions-assassins, est tué, il mène une enquête qui va lui apprendre le passé de ses homologues et les pratiques secrètes du service de renseignement de Sa Majesté…

Trois parties assez distinctes dans ce volume:

  • Résultat de recherche d'images pour "ninja-k giorello"Une première très espionnage avec des dessins vraiment superbes de Thomas Giorello donc, aborde l’histoire du programme Ninja et l’enquête de Colin King auprès de ses prédécesseurs. On apprend les débuts des premiers Ninja du MI6 pendant la première guerre mondiale, un interlude illustrée par le très doué Ariel Olivetti (qui avait travaillé sur la dernière série X-O Manowar et les zones sombres du programme pour garder le contrôle de ses agents.
  • La seconde dessinée par un Juan Jose Ryp plutôt bon (et qui assure la continuité avec la précédente série où il officiait sur les Dossiers Ninja) est une réunion d’équipe, très sympa, contre un rassemblement de méchants qui voit des personnages de Divinity III intervenir. Après l’introspection place aux grandes batailles et aux enjeux inter-dimensionnels grandioses!
  • La troisième partie est dessinée par Roberto de la Torre que j’avais beaucoup aimé sur Shadowman et Rapture où son style encré et « griffé » se prêtait à un univers de magie noire, d’univers parallèles où la réalité n’est pas évidente… Ici ses encrages restent très chouettes mais moins percutants dans une intrigue où Ninjak infiltre une base en Ukraine en pourchassant une adversaire vue dans l’arc précédent.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k de la torre"Ce gros volume a le grand mérite d’avoir une équipe graphique de haut niveau et de proposer à la fois une immersion en douceur pour les nouveaux lecteurs (du coup ça peut être une porte d’entrée dans Valiant) sur le premier arc espionnage mais aussi de gratifier les lecteurs habituels de Valiant qui retrouveront avec plaisir des personnages connus et leurs interactions avec les différentes dimensions des comics de l’éditeur: Livewire, Ninjak et le Guerrier éternel (Unity), Punk Mambo et Dr Mirage (Shadowman), Kosity l’immortelle (Divinity)… Il s’inscrit dans la chronologie officielle après Unity, Secret weapons,et l’attaque des chasseurs d’armure dans X-O Manowar (série 2016).

Beaucoup moins de fantastique que dans le premier Ninjak (même si on fait appel aux chasseurs de l’étrange Punk Mambo et docteur Mirage…) et surtout une trame cohérente qui relie les trois parties autour du passé du programme Ninja, de la morale d’un assassin et de la fidélité de Colin King qui n’a plus d’autre accroche au monde que son amante Livewire (très réussie et que l’on a très envie de retrouver!). Ce volume marque un tournant dans l’histoire de Ninjak et l’univers Valiant en préparant un Harbringers Wars: Blackout (à sortir très bientôt chez Bliss) qui s’annonce graphiquement et thématiquement grandiose. En tout cas l’effet d’appel est réussi dans ce volume qui joue à la fois sur l’intime et le grandiose multi-héros dans un équilibre particulièrement accrocheur.

Résultat de recherche d'images pour "ninja-k ryp"La partie graphique est en revanche très variée, un peu trop sans doute. Techniquement on est sur le niveau d’exigence des dernières séries Valiant, très haut, avec un Thomas Giorello, Ariel Olivetti, ou Roberto de la Torre qui excellent dans leur style respectif. Même Ryp qui m’avais laissé une impression un peu brouillonne sur la précédente série (notamment sur le design général de ses « monstres »), se mets au niveau de ses collègues. Alors que la structure de l’ancien Ninjak était assez découpée avec beaucoup de sections différentes, la relative continuité de l’intrigue ici  fait un peu tiquer quand à ces changements graphiques. Encore une fois ce ne sont pas les artistes qui sont en cause mais peut-être le choix de ceux que l’on a appelé. Un Lewis Larosa aurait mieux collé à Thomas Giorello par exemple… Il reste que ce tome est plutôt une bonne surprise et reste intéressant tout le long. Pas le plus flamboyant des Valiant mais peut être un de ceux qui associent le plus d’éléments de l’histoire éditoriale récente de l’éditeur et qui est susceptible de vous emmener (subtilement) vers beaucoup de séries publiées par Bliss comics.

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Sushi et Baggles #8

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Talli, fille de la lune #1 (service presse)

Couverture de Talli, Fille de la Lune -1- Tome 1

Sorti début 2018, ce nouveau manga français d’Ankama est dû à l’auteur Sourya qui a déjà officié sur d’autres albums de l’éditeur (la série spin-off de Freak’s Squeele « Rouge » notamment). C’est là son premier album en solo et je dois dire que dans cette histoire de fantasy relativement classique il s’en sort très bien que ce soit niveau dessin ou scénario. Le style graphique rappelle un peu l’école Miazaky et le design des personnages est plutôt réussi (hormis, chose étonnante… Talli, le personnage principal qui est étrangement hautain et peu sympathique, c’est peut-être volontaire, nous verrons par la suite…). Sans être dans le virtuose, on a un dessin plus que correcte et des personnages typiques du genre manga (le jeune rappelle pas mal le héros de Radiant). Nous suivons donc Talli et son chevalier servant, pourchassés par une horde de guerriers redoutables. Ce premier volume prend donc l’apparence d’une course-poursuite, d’une fuite de l’héroïne et ses amis de circonstance, un bandit repenti et son mystérieux compagnon, aussi mutique que rapide et redoutable au combat à l’épée. La progression dramatique est très carrée, régulière et nous fait découvrir ce monde mythologique en même temps que les différents groupes de personnages qui vont interagir avec les héros, laissant envisager un background assez touffu. L’auteur indique dès le début qu’il a souhaité dans ce manga reprendre les thèmes et structure des RPG des consoles de jeux japonais. On aura donc droit à des chevaliers, magiciens et monstres. Ce volume se clôt avec des révélations alléchantes qui donnent envie de lire la suite.

Talli est une bonne découverte et pour le petit lecteur de manga que je suis je dirais qu’on est dans la lignée d’un Radiant, à savoir un manga de grande qualité sur une base classique japonaise mais réintégré à la culture et aux codes européens.

 

Bloodshot Salvation #2

J’aime bien le personnage de Bloodshot et la lecture du Salvation #1 était une très bonne surprise, avec des dessins vraiment chouettes pour les deux illustrateurs et une intrigue simple mais efficace avec une thématique originale collant à l’actualité sociétale américaine.

Et bien ce volume qui conclut cet arc est une déception… D’abord graphiquement, seul Renato Guedes qui avait proposé parmi les plus belles planches du magnifique X-O Manowar #2 s’en sort dans le début de l’histoire (chacun des deux volumes a un duo de dessinateur différents). Je précise que ma lecture sur fichier numérique était d’assez basse résolution et j’espère que l’édition papier est nickelle comme tout ce qu’a produit Bliss jusqu’ici. Les pages de Doug Braithwaite sont assez banales et correspondent scénaristiquement à des grosses facilités type « Shadowman survient d’un portail au dernier moment pour sauver tout le monde » et la linéarité de l’histoire est étonnante (le Baron samedi n’est décidément pas très coriace pour un seigneur de la mort!). Seul l’épisode en 1916 sur l’histoire de Bloodhound (le chien aux nanites) apporte un peu à ce volume bien faible. L’idée familiale était très bonne et se dilue ici avec la disparition de toute tension dramatique. Salvation aurait pu être un one shot tant on navigue ici entre redites et soupçon de scénario. Vraiment dommage, pour ma part je vais de ce pas retourner sur Reborn pour comprendre enfin ce que sont ces Bloodshot russe, noir et GI…

 

Ninjak #4

Très bonne surprise que ce Ninjak tome 4 dans une série assez irrégulière malgré une structure globale intéressante (l’alternance « dossiers secrets » sur le passé de l’espion et intrigues principales). D’abord le dessin monte d’un cran, mais surtout, on a clairement l’histoire la plus intéressante par-ce que dramatique: Colin voit tout son univers détruit et devient du jour au lendemain un paria… Or jamais les héros ne sont aussi bons que quand ils sont malmenés. En outre la super-méchante Raku est de loin la plus réussie de cette série. Les bad-guys des 7 lames au design un peu foireux (je pense au Fakir avec lequel j’ai vraiment du mal) disparaissent et on ne nous parle pas de magie ni de monde des morts. On revient à la couenne de l’espionnage et c’est plutôt réussi. A noter que le titre est trompeur puisque contrairement au siège du manoir Wayne dans la Cour des Hiboux, ici le King Castle est rasé dès les premières planches et c’est surtout la recherche par Ninjak de son adversaire qui nous intéressera avec de nombreuses révélations sur son passé, et pas des moindres. Le meilleur album Ninjak jusqu’ici.

Ninjak #5

Pour clôturer la première série Ninjak (pas très vieille, le dernier épisode est sorti en 2017), ce volume comprend deux histoires: d’abord la traque un peu étrange d’un vieux Ninjak associé au Guerrier Eternel et qui se retrouvent dans des dimensions parallèles, ensuite la conclusion de la saga Roku avec la formation par la sœur de Darque (le grand méchant de Shadowman) d’un commando destiné à assassiner son frère. Graphiquement le volume est bon de bout en bout, y compris sur les Dossiers secrets, on est sans doute au top de la série Ninjak question dessins. Pour l’intrigue, même remarque que sur les tomes précédents, c’est un peu chaotique avec à la fois une trame générale autour de Roku et les 7 lames mais l’impression d’un manque de continuité avec des histoires relativement insignifiantes. Heureusement les personnages sont plutôt réussis, à commencer par Ninjak et Roku dont la relation, plus complexe qu’il n’y paraît ajoute ici une tension que l’on n’avait pas vu depuis le premier volume. La présence de la magie reste cependant de trop selon moi. Bref, un dernier volume qui se lit très bien mais ne laissera pas une empreinte impérissable. Et il débouche directement sur le très bon Rapture, avant un relaunch très prochain de Ninja-K (à paraître en français en avril).

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Sushi et Baggles #7

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Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans un prochain billet manga.

 

Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.

 

Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.

 

Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait pensé aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…

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Sushi et Baggles #4

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Dr Stone #3

couv_344015Déjà le troisième tome de cette série très joliment dessinée par un Boichi en mode kawai qui semble se retenir pour ne pas dépoiler ses personnages féminins… On sent de plus en plus l’influence du jeu vidéo et ce tome plus qu’un autre reprend le fonctionnement des jeux de gestion avec l’acquisition de compétences et de niveaux progressifs pour la civilisation scientifique: d’abord l’age de pierre, puis du fer, puis du feu et enfin de l’électricité… Ce volume est centré sur la découverte par le héros du village de la jeune fille rencontrée au tome 2 et peuplé de natifs de l’après pétrification. L’humour et l’intérêt pédagogique retombent un peu par manque de révélations. On se rend compte que si le concept des découvertes scientifiques expliquées comme dans un Sciences et vie est sympa, il ne suffira pas à tenir en éveil le lecteur pendant des dizaines de volumes. A la vitesse à laquelle Senku avance dans l’histoire des sciences on commence à saisir que l’objet du manga n’est finalement pas la survie dans la nature mais plutôt la confrontation de deux civilisations surgies ex-nihilo, du world-building en manga. Il faudrait que ça rebondisse assez vite derrière sinon je risque de me lasser.

 

Couverture de Ninjak -1A- L'ArmurerieNinjak #1&#2:

Première relative déception depuis que j’ai commencé à lire des comics Valiant! Alors que Ninjak est un personnage central de l’univers partagé, très charismatique (une sorte de Batman moins perturbé et beaucoup plus fort physiquement), cette série est assez mineure pour son début, avec cette histoire d’infiltration d’une multinationale du crime dirigée par des super-assassins freaks. Les séquences d’infiltration sont très chouettes et l’univers des super-espions fun. On aurait pourtant aimé une origin story et l’on doit se contenter d’une avancée très progressive et décousue de la formation du héros entrecoupée de combats enCouverture de Ninjak -2- La Guerre des ombres mode boss de fin de niveau et parfois un peu WTF. Le dessin est inégal, entre les très bons Segovia et Man et les dessins médiocres de Juan José Ryp qui tranchent avec une certains classe à la James Bond qui sied au personnage. Les deux autres volumes permettront peut-être de rehausser l’intérêt, mais pour un début, sans être mauvaise, cette BD est assez dispensable. Dommage, j’espère que le reboot que Bliss sort en avril prochain sera plus ambitieux.

 

Lazarus #3: Conclave

couv_258057Le terrible chef de famille Hock a mis la main sur Jonah, le frère de Forever et traître à la famille Carlyle. Un Conclave, réunion judiciaire de toutes les familles, est réuni pour trouver une solution au problème de cette détention. Enfermés sur une luxueuse plateforme en mer, Carlyle et Hock manigancent pour éliminer l’autre en usant de toutes les manipulations techniques ou d’allégeance des autres clans. Alors que Forever retrouve dans les autres Lazares des proches, la question de son appartenance réelle à la famille Carlyle revient sur la scène…

Cette série perturbe un peu par ses changements brutaux d’environnement, tantôt les déchets, ici le gratin des familles, Forever restant le seul fil conducteur. Ce personnage impitoyable, fort et dans le doute est touchant et très bien construit, comme tous les personnages du reste. Ce volume est le plus intéressant depuis le début de ma lecture, à la fois graphiquement et thématiquement. Encore une fois on s’accroche devant les dessins en essayent de trouver de la précision dans les visages… Encore plus frustrant quand on voit les très jolies couvertures originales. Bref… Quand je découvre qu’une série TV est en préparation chez Amazon mon sang ne fait qu’un tour et j’imagine déjà dans cette future série le successeur à Game of Thrones!

Lazarus #4:

couv_276885Même constat que précédemment avec la mauvaise idée de casser à chaque début volume les très bons cliffhangers du précédent avec une rupture chronologique ou géographique complète. Du coup on mets quelques dizaines de pages à se raccrocher, le trait particulier n’aidant pas à repérer les personnages. Après un prologue intriguant on découvre un monde où la guerre déclarée entre Hock et Carlyle fait rage. Ce tome est un concentré d’action puisque Forever est plongée en pleine zone de guerre et va pouvoir faire parler ses incroyables talents guerriers. Je découvre que la série (ou plutôt le premier cycle) s’arrête dès le tome 5 alors que l’on commence juste à entrer dans le feu de l’action… Ce tome est néanmoins l’un des plus réussi depuis le démarrage.

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Rapture

Comic de Matt Kindt, Cafu et Roberto de la Torre
Bliss (2018)/Valiant (2017), 152 p.

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L’édition de Rapture est un classique Bliss: couvertures originales, court résumé du contexte, table des matière complète des épisodes, couvertures alternatives en fin de volume et galerie de planches n&b très intéressantes pour comprendre le travail de colorisation. A noter une interview du scénariste Matt Kindt sur le site de l’éditeur.

Tama la géomancienne doit monter une équipe de toute urgence: le mage noir Babel, celui-là même qui était parvenu à percer les cieux avec sa tour dans l’Antiquité, a décidé de reproduire son « miracle » depuis le monde des morts. Seule l’aide du Shadowman peut empêcher la catastrophe. Mais ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même en subissant l’influence du Mal… La Géomancienne va devoir faire appel à Ninjak, Punk Mambo et un vieux guerrier de l’au-delà…

Mon odyssée dans l’univers des héros Valiant est un peu méfiante car il y a parfois un écart entre une envie plutôt solide, les échos presse et blogs (comme sur la reprise de X-O Manowar) et mon ressenti. Ainsi on varie entre hauts en bas (les hauts sur The Valiant, Shadowman ou Harbringer Wars, les bas sur xo ou warmother…). Rapture fait clairement partie des hauts. Notamment, ne nous le cachons pas, grâce à des graphismes qui sont pour moi l’album les plus aboutis et constants de la gamme Valiant. Seuls deux artistes interviennent sur cette histoire, notamment Roberto de la Torre dont j’avais beaucoup apprécié les planches du monde des morts sur Shadowman. On a donc une vraie implication et un travail vraiment propre de Cafu sur la partie principale et De la Torre sur les parties de récit sur l’histoire de Babel. La lecture de comics nécessite tellement souvent une adaptation à des changements de dessinateurs de niveau inégal que je ne cache pas mon plaisir devant cet ouvrage sans faute graphique du début à la fin, malgré un décors nécessairement pauvre puisqu’il s’agit de l’au-delà. Résultat de recherche d'images pour "rapture de la torre"Les artistes parviennent néanmoins à développer des concepts intéressants, sur les démons, les costumes ou les quelques décors naturels.

Côté scénario ensuite, si l’histoire est un peu court – c’est bon signe niveau plaisir de lecture! – et aurait mérité un autre volume pour permettre une entrée en matière et une clôture moins sèches, le thème simple mais évocateur est très bien choisi: une revisitation du mythe de Babel, quoi de plus pertinent pour une aventure entre mythologie (la Géomancienne) et monde des esprits (Shadowman). En outre la très bonne surprise est que ce volume peut faire office de suite directe de The Valiant (je suis loin d’avoir tout lu des comics Valiant et j’ai parfaitement raccroché les wagons entre ce Rapture et l’album introductif au guerrier éternel et la géomancienne). La narration de Matt Kindt est très fluide et relevée par des dialogues et des situations plutôt drôles avec un jeu sur le quatrième mur puisque Tama a potentiellement connaissance de toute l’histoire grâce à son livre qui décrit les événements à venir. Résultat de recherche d'images pour "rapture de la torre"Là aussi c’est un vrai plaisir tant on à l’habitude des scénarios artificiellement compliqués du côté des USA. Je conseille néanmoins d’avoir lu au moins The Valiant auparavant pour être un peu familiarisé et si possible Shadowman, mais la lecture en one-shot est également tout à fait possible et compréhensible, les auteurs faisant en sorte que l’on sache qui est qui.

Rapture est une vraie réussite en ce qu’il parvient à allier dans la simplicité un plaisir de lecture d’une histoire d’action qui prolonge et éclaircit le récit global de l’univers Valiant, avec l’ambition de thèmes imaginaires puissants en ce qu’ils se raccrochent à un mythe fondateur de la culture judéo-chrétienne. Lorsque la BD parvient à être jolie, agréable et intéressante, on peut considérer que la mission est remplie, non?

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