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TMNT #17: Lignes de front

Poursuite de la série avec Kévin Eastman et Tom Waltz au scénario, Dave Wachter et Michael Dialynas sur la partie graphique. Sortie le 06/07/22 chez Hicomics.

Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Lard de la guerre

Depuis la fin des conflits contre les Tricératons, redoutables combattants issus de manipulations génétiques commises par les Utroms sur des dinosaures, la poussière retombe sur New York. Mais ce n’est pas pour autant que les Tortues Ninja auront le loisir de se reposer !

En effet, alors que l’île de Burnow, qui accueillait jusque-là les réfugiés Utroms, devient également le refuge des Tricératons survivants, l’infatigable Agent Bishop lance un assaut de taille avec toutes les forces de la FPT afin d’éradiquer ce qu’il considère comme une menace. Comme on l’a vu dans les précédents tomes, l’atout principal de Bishop n’est pas l’ensemble des troupes de son organisation, mais le contrôle total qu’il exerce sur Slash, un puissant mutant-tortue capable de faire des ravages dans les rangs extraterrestres.

Soucieux de préserver la paix et de sauver leur ami Slash, les tortues tiennent la ligne de front, ce qui va les pousser à une curieuse alliance avec les Utroms… Comme on dit, « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » !

La série TMNT en est déjà à son 17e tome, ce qui démontre une longévité certaine et donc, un savoir-faire de la part des auteurs. Alors que l’on pouvait craindre un redondance, il s’avère au contraire que les auteurs en ont encore suffisamment sous le capot pour poursuivre les aventures du quatuor reptilien sans que l’on ait une impression de déjà-vu. A première vue, cela est du à la richesse du casting et la multiplicité des factions, qui permettent des combinaisons variées en terme de conflits.

Dans ce tome, le passé mystérieux de l’agent Bishop sera exploré via plusieurs flashbacks, ce qui redonne de l’intérêt à cet antagoniste qui est une épine dans le pied de nos héros depuis un long moment déjà. S’agissant de l’intrigue en elle-même, on pourrait dire que l’on est plutôt sur de la « macro-écriture », puisque le sujet principal est la guerre entre les différents camps, ce qui laisse un peu de côté les interactions entre les quatre frères pour le moment.

Sans spoiler, cette guerre aura certaines conséquences dramatiques, les fans devront donc s’accrocher à leur siège à la lecture de ce tome. L’album se termine par un épisode intermédiaire qui reprend la fameuse formule du Chant de Noël de Charles Dickens (dommage que l’on soit en été), et qui met Splinter, le mentor des Tortues, en lumière le temps de l’épisode. Intéressant pour approfondir un peu le père aimant qu’a toujours été Splinter, mais pas indispensable dans le contexte de l’album.

Graphiquement, Dave Wachter s’en sort vraiment très bien, notamment dans les nombreuses pages d’action que comptent cet album. La série maintient donc son rythme et continue de proposer une intrigue engageante et dynamique.

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TMNT #15: L’invasion des Tricératons

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Quinzième tome de la série écrite par Kevin Eastman, Tom Waltz, et Bobby Curnow, dessinée par Damian Couceiro et Brahm Revel. Parution en France chez HiComics le 05/01/2022.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance!

Un dinosaure, ça trompe énormément

Alors qu’ils reviennent de la dimension X où ils se sont assurés que Krang, le tyran interdimensionnel, soit jugé pour ses innombrables crimes, Les Tortues Ninja doivent faire face à un nouveau défi. Les Tricératons, une espèce mutante issue de spécimens de dinosaures prélevés sur Terre il y a près de 70 millions d’années, se téléportent à New York et sèment la zizanie.

Pourtant, les guerriers Tricératons, lassés par toutes les guerres auxquels Krang les a contraint à participer, viennent sur Terre animés par des intentions pacifiques, cherchant simplement à retourner chez eux. Mais leur quête d’un foyer va bien vite percuter la malice des maîtres actuels de la petite planète bleue, les humains.

Accueillis par la Force de Protection de la Terre, Zom et ses soldats à trois cornes subissent un quiproquo qui va mener très rapidement à une escalade de la violence, culminant à une guérilla urbaine en plein New-York. Les Tortues Ninja vont devoir contrer la belligérance de la FPT pour éviter le pire, mais leur plus grand défi consistera à s’opposer à leur père Splinter, qui entend bien résoudre ce conflit grâce à la violence du clan des Foot dont il a pris la tête.

Nouvel arc narratif pour les Tortues de Eastman et Waltz. Après un interlude divertissant dans la dimension X consacré au procès de Krang, les auteurs mettent de nouveau nos héros à carapace dans une situation périlleuse et agrémentent le tout d’un conflit de loyauté puisqu’en plus de devoir gérer une invasion, Léo, Raph, Donnie et Mike auront à tenir tête à leur propre père.

C’est sans doute l’élément le plus intéressant de cet arc, qui est tout de même relativement court puisqu’il ne couvre que cinq numéros de la série. Malgré le potentiel qu’il y avait pour un nouveau crisis crossover, il en ressort néanmoins une impression plutôt décevante, comme si le tout était expédié et traité en surface et que la série était en vitesse de croisière, voire en pilote automatique.

On entend par là des obstacles assez peu convaincants (les Tricératons de la série originelle sont sensiblement plus costauds), et une résolution un peu facile, malgré l’escarmouche intrafamiliale du clan Hamato.

Malgré ces défauts, on reste dans une lecture divertissante qui a le mérite d’exploiter tout le bestiaire de l’univers des TMNT. En ce sens, la série fait penser à Savage Dragon, série Image Comics dont le succès ne se dément pas depuis plus de vingt ans, et qui possède désormais un vaste univers composé de centaines de personnages et dont l’auteur, Erik Larsen, parvient encore à utiliser de manière créative.

TMNT a donc le potentiel d’une série qui dure dans le temps, à condition de se réinventer régulièrement et de proposer des histoires plus engageantes, comme cela a été le cas auparavant.

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TMNT 14: Le Procès de Krang

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Kevin Eastman et Tom Waltz au scénario, Cory Smith au dessin, parution chez HiComics le 07/07/2021.

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Merci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Accusé, levez-vous !

Après leurs rocambolesques aventures, les Tortues Ninja du clan Hamato auraient bien mérité une pause. Que nenni, puisqu’ils sont conviés sur la planète Neutrino dans la dimension X, afin d’assister au procès au cours duquel seront jugées les atrocités commises par Krang, tyran interdimensionnel que nos jeunes héros sont parvenus à vaincre dans la première partie de la série. Voici donc Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo repartis pour de nouvelles aventures, qui s’annoncent peut-être plus tranquilles qu’à l’accoutumée. Ou pas ? 

Car c’est bien connu, les TMNT n’ont droit à aucun répis. Même emprisonné, Krang reste une menace, et il s’avère que le cerveau sur pattes a plus d’un atout dans sa manche. Prêt à tout pour échapper à la condamnation, le redoutable Utrom n’hésitera pas à commanditer des assassinats pour couvrir ses traces et discréditer l’accusation. 

Les tortues vont donc se remettre au boulot pour protéger les témoins clés du procès, Ace, B’een Go, Anemon, Souche, Polly et Leatherhead, tout en défendant la planète d’une attaque (pas si) inopinée de Maligna, la reine parasite. Krang parviendra-t-il à ses fins, ou la justice intergalactique finira-t-elle par triompher ?

Verdict tranchant

Avec ce 14e tome, les TMNT font l’économie d’une transition en nous emmenant directement dans les étoiles pour une aventure cosmique à mi-chemin entre le space-opéra et le procedural, montrant par la même occasion le caractère tout à fait syncrétique de leur univers. En effet, avec les Tortues, des ninjas peuvent côtoyer des mutants, autant que des cyborgs et des dieux, sans que cela paraissent choquant ni WTF. Assez étonnamment, on ne se lasse pas des dynamiques perpétuelles entre les quatre frères, qui gardent chacun leurs sempiternelles spécificités à travers le temps. 

Le fil rouge du procès permet de ne pas perdre le rythme entre les différentes péripéties, dont certaines sont néanmoins traitées au travers de salvatrices ellipses. Le verdict final en surprendra certains mais ne manquera pas d’en décevoir d’autres. Toujours est-il qu’il offre de nouvelles perspectives pour la suite de la série. En revanche, si l’interlude qui ouvre l’album enrichit encore davantage l’univers et promet de nouvelles batailles épiques, il pâlit tout de même en comparaison du cœur de l’album, à savoir le procès. 

En résumé, ce quatorzième tome de TMNT maintient son niveau qualitatif, que ce soit sur l’intrigue, le rythme, ou le graphisme. 

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Ninja malgré moi

Roman graphique de 128 pages, imaginé par Ricardo et Adara Sanchez et dessiné par Arianna Florean. Parution le 10 mars 2021 aux éditions des Humanoïdes Associés.

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Merci aux Humanos pour leur fidélité

Dur dur d’être un ninja

Rena n’a pas la vie facile. Victime de phobie sociale, quitter le havre sécurisant du foyer parental est une épreuve qui se répète au quotidien pour elle. A cela s’ajoutent les difficultés inhérentes à la vie d’une adolescente, à savoir les railleries incessantes des bullies et autres contrariétés.

Pour soigner sa phobie, Rena suit une thérapie cognitive qui lui impose de sortir de sa zone de confort par petites étapes, comme lever la main pour s’exprimer en classe ou choisir une activité périscolaire. Un véritable calvaire pour la jeune fille mal dans sa peau, qui n’aspire qu’à être invisible aux yeux d’autrui afin de faire l’économie de la moindre interaction sociale embarrassante.

Un jour, Rena découvre une académie bien singulière, où l’on n’apprend ni le solfège, ni le chant, ni le théâtre, ni toute autre activité qui viendrait à l’esprit pour soigner une phobie sociale, mais une discipline tout à fait singulière, le Ninjutsu. Poussée à la fois par sa thérapeute, par sa mère, son meilleur ami, et les éloges du Maître de l’école, Rena se laisse convaincre et accepte d’intégrer la formation.

En effet, quoi de mieux que l’art de la furtivité pour une jeune fille maladivement timide ?

Commence alors l’initiation de Rena, à qui l’on révèle que les ninjas œuvrent dans l’ombre pour le bien de tous depuis des siècles, et qu’elle est l’objet d’une prophétie promettant aux clans ninja le retour d’un élu doué de capacités exceptionnelles, nommé le Spectre. Loin de la décourager, cette pression supplémentaire permettra à Rena de se dépasser pour dévoiler tout le potentiel qui est en elle.

[Insérer le nom du protagoniste] à l’école des [Insérer une discipline mystique et mystérieuse promettant de l’action et des rebondissements]

Forte de son statut d’élue, Rena progresse rapidement et acquiert progressivement une meilleure confiance en elle. Certes, on ne guérit pas aussi facilement d’une phobie sociale, néanmoins les progrès sont visibles, ce que même la mère de Rena, pourtant absorbée par son travail sur la création d’une nouvelle IA, constate.

Pressée de mettre à l’épreuve ses nouveaux talents, Rena insiste pour se voir confier sa propre mission et découvre alors que son Maître prépare en effet une opération importante à laquelle il a l’intention de l’impliquer.

Avec cette série Shy Ninja (titre en VO), les Humanos lancent une nouvelle collection orientée jeunesse, ce qui se distingue des titres généralement orientés SF et au ton mature que l’on trouve dans leur catalogue.

La particularité de ce récit et qu’il fut initialement inspiré par la fille de l’auteur, Adara Sanchez. Son père, intrigué par le concept, a donc monté ce projet avec l’éditeur en incluant la jeune fille à chaque étape du processus de création, pour aboutir à ce projet, paru initialement dans la branche américaine des Humanoïdes Associés.

Le ton est assez léger bien que la thématique soit sérieuse et que les enjeux existent au sein du récit. L’identification au personnage de Rena fonctionne la plupart du temps, malgré des répliques sarcastiques qui ne font pas toujours mouche et ne semblent a priori pas forcément en phase avec le caractère de Rena et sa phobie sociale.

On se plaît à la voir progresser et maîtriser l’art des ninjas, sans qu’il en soit fait une esbroufe outrancière (pas de combats à la Naruto), cette initiation étant le symbole de sa guérison progressive. Les récits d’empowerment ont de toute façon le vent en poupe, alors autant en profiter et se plonger dans cette BD initiatique avec candeur.

Certes, les lieux communs ne sont pas toujours évités, comme celui de la prophétie et de l’élu. Cependant, les auteurs parviennent à s’en distancier de façon diégétique d’abord, avec quelques répliques ironiques sur cette ficelle narrative suivies d’une révélation à la Blade Runner 2049, puis de façon non-diégétique au travers des bonus qui exposent clairement les influences utilisées.

Ninja Malgré moi est donc un bon divertissement muni d’un message fort d’émancipation, auquel les jeunes lecteurs ne resteront pas insensibles.

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TMNT #13: Les grands remèdes

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Treizième volume de la série Teenage Mutant Ninja Turtles, écrite par Tom Waltz et Kevin Eastman, dessinée par Mateus Santolouco. Comprend les numéros 66 à 70 de la série, parution le 17/02/2021 aux éditions HiComics.

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Merci aux  éditions Hicomics pour leur confiance.

Seuls contre tous

Après avoir du gérer une crise impliquant le Clan des Foot, désormais dirigé par Maître Splinter, et d’autres dangereuses factions telles que les Dragons Pourpres et les Fantômes des rues, le Clan Hamato, composé de Léonardo, Raphael, Michelangelo et Donatello doit désormais affronter de nouveaux ennemis, qui travaillent cette fois sous la Bannière Étoilée.

Ces nouveaux défis vont mettre à l’épreuve les quatre frères à carapace, ces derniers ayant des choses à se prouver depuis que Splinter les a laissés prendre leur envol. Seront-ils les dignes protecteurs de cette ville ? Et surtout, le seront-ils tout en gardant leur intégrité et en restant solidaires ?

Alliances inattendues

Alors que l’Agent Bishop rassemble ses forces pour la contre-offensive, Raphael ouvre l’album par une rapide excursion en Alaska afin de retrouver son amie Alopex, qui lutte encore contre l’influence de la démoniaque Kitsune.Une fois de retour, le guerrier farouche, qui paradoxalement n’aspire qu’au repos, va devoir se battre de nouveau au coté de ses frères. Léonardo, quant à lui, hésite et flanche face au poids de ses nouvelles responsabilités. Et ce n’est qu’en unissant leurs forces que les frères pourront échapper à la traque sans merci de Bishop et de sa nouvelle arme, Slash.

Slash était un ami-ennemi occasionnel des Tortues, désormais sous la coupe de l’agent. Guerrier inarrêtable, il va donner du fil à retordre aux frères Hamato ainsi qu’à sa famille d’adoption, les Mutanimaux.

Encore une fois, Tom Waltz, accompagné de Kevin Eastman, co-créateur des tortues, convoque habilement le lore des TMNT pour créer une trame cohérente et familière à la fois. En effet, les initiés reconnaîtront l’ensemble du casting, qui est dépeint assez fidèlement. La qualité graphique, déjà présente sur le reste de la série, est au rendez-vous ici aussi.

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Demon Tune #4

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Manga de Yuki Kodama,
Kurokawa (2021) – Série achevée en 4 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Keith a finalement fusionné avec le Yokaï présent dans le rouleau du cataclysme et commence à étendre son emprise sur les habitants de Wizard city. Yokimaru a récupéré ses capacités et se prépare à l’affrontement final, entouré du MBI et de son fils qui apprend tout juste à maîtriser son Ninpô…

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Arrivé à la conclusion de cette série courte on est un poil frustré par un ultime volume qui se concentre (logiquement) presque exclusivement sur la bataille finale contre le gros démon né des peurs et de la colère du frère du chef du MBI. Au travers de cette étonnante figure de traumatisé c’est la relation à l’autre qui est abordée. Au-delà des différences, on touche à la problématique japonaise bien connue de l’anonymat ayant court dans les grandes villes et générant des pathologies psychiques lourdes, jusqu’au suicide. Demon tune reste un manga de loisir grand public mais ses thématiques, mine de rien, sont fort intéressantes et questionnent.Demon tune #4

Malgré cela on a donc une rupture avec une intrigue de fait hautement simplifiée dans la seule stratégie nécessaire pour venir à bout du gros Yokai passé en mode Kaiju géant et à peu près invincible. Le personnage de Keith nous rappelle ici fortement le Tetsuo d’Akira, dépassé par ses peurs et un pouvoir qui a pris le dessus. Si l’interaction des personnages et de leurs différents pouvoirs dans ce dernier acte est sympathique, on sent l’auteur moins inspiré par son sujet et une fois passée cette séquence, nous avons droit à un gros épilogue… qui est le passage le plus intéressant du tome puisque axé sur les relations entre les personnages et la chasse contre les Demon tuners, gros point fort du manga. La conclusion laisse la place à une potentielle suite qui pourrait être fort intéressante une fois le passage de témoin fait entre Yukimaru et son fils.

Avec une intrigue ténue, une narration qui avance vite et un parti-pris graphique original, Demon tune sait attirer l’attention de son lecteur, loin de la bataille entre grandes séries mainstream. Dans un registre Shonen cette série est dépourvue d’aspect malsains même si certains passages et l’atmosphère générale très sombre, celle d’un polar noir, peuvent dissuader les plus jeunes. En abordant des thématiques généralement dissociées (les ninja, la magie noire, la pègre, les agences gouvernementales, la filiation, la drogue,…) Yuki Kodama est parvenu à créer un univers original qui se tient, sans temps morts, à l’ambition certes modeste mais au plaisir réel. Si la fin est un ton en dessous, je recommande néanmoins ce manga pour sa solidité générale.

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****·Manga·Rapidos·Service Presse

Demon Tune #3

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Manga de Yuki Kodama,
Kurokawa (2020) – 2/4 volume paru.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Yukimaru s’est réveillé et menace de dévoiler le véritable responsable de son état! Pendant que l’équipe de Zeth est sur le point de mettre la main sur le Rouleau du Cataclysme, le jeune Koyukimaru va voir son puvoir de ninja, le Ninpô, se révéler…

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Ma relation aux manga est toujours un peu complexe puisque cherchant à éviter les séries longues, je suis souvent chagriné de devoir attendre plusieurs volumes pour être accroché. La lecture de Demon tune est pour cela un vrai plaisir puisque sa lecture se déroule sans forcer, avec de vraies qualités et une profondeur d’intrigue franchement inattendus. Parvenant à se glisser dans un interstice entre le Seinen noir et le Shonen rigolo, le manga progresse sans coups de mou, en donnant envie d’en savoir plus alors même que tous les tenants et aboutissants semblent avoir été révélés à la conclusion de ce troisième volume. DJ9Ximdj7k3jKz9Kdxps5nYt8pHpzZVCC3W22cMwCela s’appuie sur une intrigue simple qui justifie la brièveté du manga, une action omniprésente et une galerie de personnages à la fois resserrée et très réussis. Outre le charisme du chef du MBI et la figure amusante de Shinka qui provoque des séquences où l’on rit franchement, c’est bien entendu l’enfant ninja Koyukimaru qui est abordé ici sous un angle beaucoup plus psychologique avec une interrogation sur son perfectionnisme et sa relation au père qui le pousse à refuser son statut d’enfant pour viser un mythe inatteignable. Je trouve souvent les réflexions sur les jeunes assez manichéennes dans les manga et ce n’est pas le cas ici. De même avec la complexité psychologique du méchant qui fait entrer dans des strates psychanalytiques de l’émergence du Mal, très intéressant! Le curseur entre simplicité, concision et justesse sont réunis pour une série qui pourrait viser les cinq Calvin avec des graphismes plus ambitieux.

Avant de lire le quatrième et dernier tome je n’ai aucune inquiétude tant l’ensemble des volumes est jusqu’ici d’une remarquable solidité.

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TMNT #11: Leatherhead

Onzième volume de 128 pages de la série de Kevin Eastman, Bobby Curnow et Tom Waltz (scénario) et Mateus Santolouco et Dave Watcher (dessin). Parution le 21/08/20 aux éditions HiComics.

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Merci aux éditions HIcomics pour leur confiance.

Crocodile Dandy

Après un dixième tome réussi, voici la suite des rocambolesques aventures des célèbres Tortues Ninja. Alors que Maître Splinter continue sa régence du Clan Foot, Leo, Raph, Donnie et Mike retournent sur l’île où git le Technodrome, gigantesque engin de guerre du Général Krang, laissé après la défaite des Utroms.

Les quatre frères, convoqués sur l’île par leur ami Fugitoïde, vont devoir prendre toutes les précautions car l’île a été terraformée pour n’être habitable que par des Utroms. Sur place, ils vont entreprendre de libérer des Utroms pacifiques, et rencontreront un nouvel allié de circonstance: Leatherhead, un saurien mutant gardien de l’île.

Guerre des clans

Tandis que les Tortues s’échinent à régler la question Utrom, Splinter doit faire face aux machinations ourdies par l’immortelle Kitsune. La Clan Hamato sera-t-il à la hauteur sur les deux fronts ?

Encore une fois, les auteurs s’amusent à nous embarquer dans l’univers fou et décalé des Tortues Ninja, sorte de grand fourre-tout dans lequel des ninjas peuvent côtoyer des extra-terrestres et des pigeons mutants sans que cela ne nuise à la cohérence de l’ensemble. Dans ce tome 11, l’introduction de Leatherhead reprend le caractère ambigu du personnage initial, tantôt ami, tantôt ennemi.

Kevin Eastman et consorts reprennent donc efficacement le lore des TMNT pour refondre une série moderne et bien rythmée, dont les enjeux nous donnent envie de découvrir la suite !

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These savage shores

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Comic de Ram V, Sumit Kumar et Vitorio Astone (coul),
Hicomics (2020) -Vault Comics (2018), 148p. One-shot.

bsic journalismMerci aux éditions Hicomics pour leur confiance.

Attention, cet album commence fort dès l’édition, avec une superbe couverture aux dorures ouvragées incrustées. Une des plus belles de cette année… ce qui se poursuit sur les cinq chapitres au design redoutable et une galerie des couvertures en deux version. Hormis quelques bonus de création qu’on aurait aimé, l’édition nous mets dans l’atmosphère avant d’avoir tourné la première page. Très efficace!

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Inde, XVIII° siècle. Un jeune noble est exfiltré d’Angleterre après avoir manqué de discrétion sur sa condition: il est vampire… Sur place il découvre une société ancienne, élégante, une chaleur moite et une armée coloniale britannique déjà installée et jouant de rivalité entre les seigneurs locaux. Bien vite il apparaît que cet être surnaturel est bien jeune au regard des êtres anciens qui habitent cette terre…

These Savage Shores - BD, informations, cotesCet album arrivé sans coup férir va marquer cette rentrée BD tant il semble exempt de défauts et inspiré par la grâce! Les histoires de vampires ont généralement du mal à sortir du lot de par des intrigues ultra formatées et basées sur l’éternel duo Eros/Thanatos. Le début de l’histoire laisse craindre cela avec un jeune vampire contraint de fuir sur un navire, terrifiant l’équipage en référence à l’originel roman de Bram Stoker qu’a brillamment adapté Georges Bess l’an dernier. La présence d’un redoutable chasseur de vampire fait penser que l’on va avoir droit à une chasse orientale assez classique mais plutôt bad-ass… pour immédiatement être décontenancé par la tournure de l’intrigue. Car le scénario de Ram V, non content d’être très élégamment écrit via la forme de l’épistolaire, multiplie les chausses-trappe pour un lecteur pensant avoir compris où il se trouvait. Ces multiples rebondissements rendent la lecture exigeante, impliquante car sans être complexe on navigue entre plusieurs narrateurs et entre les deux axes de cette histoire, ce mystérieux personnage fantastique d’abord, le contexte de la guerre coloniale ensuite. Les deux sont liés de par le rôle que joue le personnage principal au sein de la société noble indienne et ce contexte très particulier, peu abordé dans les littératures imaginaires, invite à se renseigner sur la période historique pour mieux apprécier l’œuvre. Rien d’obligatoire mais en parcourant la richesse de ce background et l’intelligence du récit on a envie de l’apprécier jusqu’au bout en apprenant une page de l’Histoire.

Ram V. on the craft (and ferocious nature) at the heart of 'These Savage  Shores' — DoomRocketPour revenir au mètre-étalon, l’histoire d’amour n’est pas loin bien sur mais sous une forme très originale, peut-être platonique, entre cette danseuse et cet être antédiluvien. Truffé de références discrètes mais enrichissantes, l’album aborde la belle et la bête, Dracula et son amour impossible, le colonialisme naissant et les manigances politico-territoriales de la Compagnie des Indes orientales (les passages les plus complexes), et jusqu’aux récits de genèse, le tout sous une forme graphique vraiment superbe et dans une alchimie parfaitement nouvelle.  Sumit Kumar a su retranscrire avec une technique classique à la fois l’élégance incroyable des architectures indiennes mais aussi d’une végétation voulue comme ancestrale. Que ce soient les ruelles de Londres, les palais ou les odorants marchés indiens, on ressent la texture du lieu, la moiteur, la poussière de cet orient exotique. Chaque page est un régal pour les yeux avec une variété de découpages cinématographiques et une maîtrise totale des codes de la narration BD.

These Savage ShoresDes albums très beaux il y en a beaucoup. Des comics homogènes de bout en bout, moins. Mais ce qui impressionne dans ce one-shot c’est la nouveauté de cette proposition qui nous offre autant un pan de la culture des auteurs (d’origine indienne) qu’une variation tout à fait originale d’un thème de la culture populaire, dont on a déjà vu une version sur le Rapaces de Marini, en plus grossier et moins abouti. Je trouve formidable quand des auteurs parviennent à offrir un album de genre qui peut convenir à un public non habitué en ouvrant la porte, via l’Histoire et l’Orient. Sur la même année Hicomics a sorti trois albums majeurs issus de la sphère indépendante. Le premier empruntait à la culture Cajun, le second (récent Eisner Award!) donnait une vision très politique de la chasse aux monstres dans l’Amérique raciste, le troisième donc, revisite les légendes vampiriques à la couleur de l’Inde des Moghol. Trois créations mondialisées, ethniques, qui ont digéré l’imaginaire collectif en y apportant une sensibilité artistique très personnelle. C’est généralement le meilleur creuset pour produire de grands albums.

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****·Manga·Rapidos·Service Presse

Demon Tune #2

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Manga de Yuki Kodama,
Kurokawa (2020) – 2/4 volume paru.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Koyukimaru a retrouvé son père… dans un sale état! Décidé à le venger, son tempérament bouillonnant de ninja va devoir se conformer aux règles du MBI, l’organisation très structurée sous les ordres d’un chef autoritaire. L’enfant décide d’accompagner les enquêteurs en mettant son flair de ninja au service de la traque du Bogeyman…

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Le plaisir continue sur cette petite série qui ne paye pas de mine mais arrive à créer un réel intérêt global dans le genre pléthorique du Shonen. Les impressions du premier volume sont amplement confirmées avec une montée en puissance par un remarquable équilibre entre action, enquête et révélations. Les séries courtes courent toujours le risque de couper la surprise par des révélations trop rapides. C’est partiellement le cas ici puisque l’on apprend déjà qui est le Bogeyman, ce méchant particulièrement charismatique découvert au volume précédent. Un peu dommage tant j’aurais aimé prolonger le mystère, mais bien d’autres révélations et nouveaux mystères se révèlent en nous Demon Tune 7 | MangaSakidonnant envie d’avancer rapidement. Le développement de l’univers nous montre sa richesse surprenante. Comme on le dit toujours, ce qui est important ce n’est pas les idées révolutionnaires mais un traitement novateur d’idées connues. C’est le cas ici avec une thématique des démons possédant des humains, coutumière dans les manga. Mais l’arrivée d’éléments technologiques associés à cette magie « démonique » et surtout la présence de personnages vraiment réussis, du père (pourtant inerte tout le long du volume…) au chef du MBI en passant par le duo d’enquêteurs alliant comique et action sexy, tous impriment leur présence avec des dialogues adultes et cohérents. Je tique souvent dans mes lectures manga sur des dialogues un peu faciles voir assez piteux. Ce n’est pas le cas ici et ce Demon Tune s’avère une surprise que je n’attendais pas du tout et qui me donne très envie de continuer. Graphiquement c’est toujours à la fois simple et élégant, et l’on ressent sous des aspects enfantins des personnages, une très bonne maîtrise technique de l’auteur. Je noterais juste (pour les puristes) les surprenants changements de maquette de l’éditeur d’origine, où les jaquettes des volumes un et deux ne se structurent pas de la même manière, avant des volumes trois et quatre qui semblent avoir stabilisés la maquette. Kurokawa aurait peut-être pu reprendre cela pour plus de cohérence…

Au final, Demon Tune est un vrai plaisir à la lecture facile et l’un des meilleurs Shonen que j’ai lu depuis pas mal de temps!

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