****·Comics·East & West·Nouveau !

Basketful of heads

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Histoire complète en sept chapitres, écrits par Joe Hill et dessinés par Léomacs. Parution chez DC Comics au sein du Black Label, publication en France chez Urban Comics depuis le 02/04/2021.

Une histoire à en perdre la tête

L’été 1983 commençait très bien sur Brody Island, dans le Maine. June Branch, jeune étudiante en psychologie, sort depuis quelques temps avec Liam Ellsworth, qui a passé son été en tant qu’adjoint au sheriff Clausen. Le jeune homme en a vu de dures, mais son service est enfin fini et il va pouvoir roucouler avec l’élue de son cœur. Cependant, la loi de Murphy s’en mêle et va peut-être même donner à cette idylle estivale une tournure bien plus dramatique…

En effet, alors qu’une tempête frappe l’île comme jamais auparavant, quatre détenus s’évadent après avoir faussé compagnie à leur convoi pénitentiaire. Animé par de mauvaises intentions, le quatuor criminel va débarquer sans crier gare et enlever Liam avant que l’un d’entre eux ne s’en prenne à June. Littéralement au pied du mur, June choisit comme arme pour se défendre, une hache viking trônant dans la collection du sheriff. Sans le savoir, June vient de s’armer d’un objet maudit, qui maintient en vie les têtes coupées de ses victimes. Autant dire que ce soir, à Brody Island, des têtes vont tomber !

Le reste de cette nuit tempétueuse va voir June aux prises avec la vermine qui arpente l’île, et qui n’est pas forcément celle que l’on attendait. La jeune survivante fera néanmoins tout pour secourir son boyfriend en détresse, quitte à faire tomber, littéralement, quelques têtes parlantes au passage.

La tête sans les épaules

Joe Hill n’a désormais rien à prouver quant à la qualité de son travail d’auteur. Le rejeton de Stephen King a su se démarquer de la notoriété paternelle tout en assumant son héritage, et s’est fait un nom dans l’industrie du comics, en commençant pas l’incontournable Locke & Key. Hill s’est ensuite vu confier par DC la création de son propre label, Hill House au sein duquel l’auteur dispose d’une liberté totale quant à ses créations. Durant l’été, nous avions chroniqué Plunge, sorti concomitamment à cet album. Hill y montrait déjà la maîtrise de son écriture ainsi que des codes du genre, par le biais de références bien senties et pertinentes à des œuvres incontournables.

Joli swing !

King junior procède ici de la même façon, en nous plongeant immédiatement dans un récit fleurant bon le slasher cher aux années 80. L’auteur ne se repose pas pour autant sur l’aspect fantastique, qui ne sert pas de colonne vertébrale à l’intrigue, cette dernière demeurant centrée autour de personnages intéressants car dotés de profondeur. La hache maudite et les têtes qui parlent ne sont finalement qu’un accessoire, un assaisonnement qui achève la qualité de l’ensemble.

Le ton semble parfaitement équilibré grâce à certaines touches d’humour. Il ne faut cependant pas avoir peur du grotesque dans certaines situations, car il faut bien avouer que l’auteur s’en donne à cœur joie, que ce soit au travers des dialogues ou des péripéties proprement dites. Le tout parvient donc à maintenir un rythme soutenu, haletant, grâce à de judicieux cliffhangers, tout en conservant un esprit irrévérencieux (mais pas outrancier).

L’émancipation de June, accélérée par la cruauté de l’intrigue, reste engageante pour le lecteur, même si, à titre personnel, j’ai moins adhéré à une certaine décision finale de la protagoniste, qui m’a parue un brin disproportionnée.

Basketful of head reste un grand plaisir de lecture, à réserver aux lecteurs avertis, bien sûr, à moins de vouloir…perdre la tête.

***·Manga·Service Presse

Egregor #1-4

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Manhwa de Jay Skwar et Kim Jae Hwan
Meian (2019-2020), 2010 p./volumes, Nb et couleur, 5 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

Egregor est le reboot de l’adaptation en manga du roman fantasy de l’auteur  français Jay Swar. Une première série Egregor est sortie en 2017 avant ce Reboot avec le dessinateur coréen de la version manga de Warcraft. C’est donc un Global Manga, type d’édition particulière qui voit des auteurs français publier des manga en France ou asiatiques publier nativement chez des éditeurs français (confirmant le poids du marché manga dans notre pays!). Après le Tsugumi project de chez ki-oon, c’est donc Meian qui sortait comme son premier titre cette saga de fantasy très originale. Le projet inclut un « journal de Foa » sur internet, comprenant déjà 185 pages et visant à détailler l’univers d’Egregor en prolongeant la lecture volume par volume. Excellente idée transmedia qui démontre l’ambition et le travail passionné du scénariste.

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Le monde de Soteria est marqué par les « Moissons » lors desquelles des villes et villages entiers sont massacrés par les Faucheurs, guerriers impitoyables et inarrêtables. Un corps de chevaliers, les Egides, a été constitué pour protéger les populations de ce fléau. Lors d’une de ces moissons Foa un jeune forgeron et ses amis assistent à un évènement inhabituel et réchappent au massacre. Ils vont bientôt être emmenés pour être formés au sein des différents corps de combattants de Soteria pour assurer la relève…

Très étonnante série qu’Egregor, dont les illustrations de couverture absolument sublimes sont parmi les plus remarquables des étalages des librairies de manga! Il est surprenant que la série ne soit pas plus connue tant elle se démarque de ce à quoi on a l’habitude dans le secteur manga. Orienté vers un public d’adolescents (je ne parlerais toutefois pas de Shonen), Egregor reprend une esthétique empruntée à la fois aux RPG de jeux vidéo japonais, à l’univers de la Fantasy et à l’animation. Le scénariste explique dès les premiers tomes qu’il a été marqué par Game of Thrones, ce qui se ressent à la fois dans l’ambition du projet mais aussi dans son aspect sombre et complexe. Au sortir des quatre premiers volumes je dois dire que si le premier tome est un peu confus du fait de la plongée sans avertissement dans les effets des pouvoirs des Egides, la complexité des dialogues et la profusion de personnages et lieux géographiques rendent la lecture plutôt passionnante et concentrée sans jamais ressentir une influence trop voyante du modèle. Lire la suite « Egregor #1-4 »