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Le Batman qui rit #2: Les infectés

Second volume consacré au personnage crée par Scott Snyder et Greg Capullo. Cet album de 289 pages comprend les épisodes suivants : Batman/Superman #1-5, Black Adam: Year of The Villain #1, The Infected: King Shazam, The Infected: Scarab et The Infected: Deathbringer. Parution le 12/06/20 chez Urban Comics.

Rira bien qui rira le dernier

Récemment, lors de la saga Dark Nights: Metal, Batman a du affronter des versions alternatives de lui-même, représentant tout ce qu’il craignait de devenir: un assassin sans remords, un exécuteur sans pitié, et pour l’un d’entre eux au moins, un irrécupérable psychopathe.

Parmi ces reflets déformés issus du Multivers, on a fait la connaissance du Batman qui rit, sorte d’amalgame impie du Chevalier Noir et de son ennemi le Joker. Retors, pervers et sadique comme a pu l’être le Clown Prince du Crime, redoutablement intelligent, prévoyant et manipulateur comme sait l’être le protecteur de Gotham, le Batman qui rit est l’un des êtres les plus dangereux qui soient.

Ayant survécu à ses dernières péripéties, le Bat-sadique n’a pas regagné sa dimension d’origine. Il s’est terré en préparant la phase suivante de son plan: infecter notre monde avec sa toxine du Joker pour le modeler à son image. Il va ainsi mettre ses machinations en branle et infecter six premiers héros, afin de se servir de ces nouveaux messagers pour répandre l’infection.

Qu’il est agréable de mou-rire !

Batman et Superman, la crème de la crème, auront donc fort à faire contre ce Batman qui rit. Aussi intelligent qu’imprévisible, il va donner du fil à retordre au Meilleur Détective du monde, car ce dernier est trop peu habitué à être confronté à un adversaire de son niveau sur le plan intellectuel. On va donc assister à un jeu du chat et de la (chauve)souris entre les deux Bruce Wayne, ponctué de combats contre ces nouveaux infectés.

Si le récit en lui-même n’est pas déplaisant, il faut en revanche admettre que les interludes, eux, ne représentent pas un intérêt primordial, et sont donc de l’ordre du superflu. Ces interludes vont même jusqu’à casser le rythme de la saga, qui n’est en elle-même pas tout à fait palpitante.

Le personnage du Batman qui rit, intéressant, voire fascinant lors de ses premières apparitions, perd un peu de sa superbe étant donné qu’on en a déjà fait le tour auparavant. Il se banalise donc ici en méchant sadique du type « mouahaha« , même s’il faut lui accorder le mérite de nous démontrer que Batman se révèle finalement être un Joker bien plus dangereux que l’original.

La fin de la saga prend un rythme bien plus soutenu mais déroule l’intrigue bien trop facilement. En bref, le Batman qui rit, personnage emblématique de la saga Metal, s’offre le luxe de la redondance mais ne parvient pas à convaincre complètement. A réserver aux fans de Batman et aux lecteurs des précédents tomes.

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Sushi et Baggles #7

esat-west

Sun-Ken Rock #17-19

Couverture de Sun-Ken Rock -17- Tome 17Ces volumes concluent l’arc du combat entre la Sun-Ken team et le gang de Ban-Phuong. Dans le décors dantesque de l’immeuble en ruine rongé par les flammes d’un incendie, les deux chefs de clans s’affrontent dans un combat démentiel. Très peu de blagues dans cette séquence où Boichi peut faire parler sa virtuosité et régaler le lecteur sur ce pourquoi il lit ce manga. Comme depuis le début de la série, les combats sont entrecoupés de respirations sous la forme de dialogues assez plats sur la fraternité, l’identité de l’exilé Ban-Phuong, la vengeance etc. On a l’habitude, c’est un peu philo de comptoir mais dans la bouche de gangsters c’est relativement cohérent. Juste un peu trop redondant pour que l’on s’y intéresse, aussi on passe rapidement sur ces pages pour se régaler avec les planches de baston. Entre-temps Yumin s’est échappé et se retrouve à intervenir au cœur du combat avant l’intervention des forces spéciales du Clan du dragon blanc. Une ribambelle de jeunes filles en tenue très moulantes qui associées à l’amoureuse de Ken que les déboires ont placé en petite tenue, justifiant du fan-service habituel. Malgré toutes ces limites on est ici dans ce qui s’est fait de mieux depuis le début de la série et l’on approche de la fin. A noter que l’irruption des forces spéciales en mode grappin a clairement débouché sur la série dérivée Wall-Man, chroniquée sur l’Etagère et pour moi bien plus équilibrée que Sun-Ken Rock. Fin de la série dans un prochain billet manga.


Batman Metal #3

batman-metal-tome-3Attention, accident industriel! De mémoire de lecteur je n’ai jamais lu un tel effondrement sur une série en trois tomes. Parfois on a une disparition graphique en cours de route (Aquablue, Volunteer, …). Ici cela ne pose pas réellement de problème puisque l’on est dans un agencement d’épisodes d’un Event majeur de DC. Si Urban a généralement réussi plutôt bien à proposer aux lecteurs français une sélection d’épisodes centraux permettant de lire des Event sans se taper toutes les publications, ici cela a tenu deux volumes avant l’explosion en vol. Mes chroniques des tomes 1 et 2 étaient plutôt enthousiastes et laissaient la possibilité aux lecteurs non habitués à DC de lire les albums. Ici tout devient totalement incompréhensible mais pire, les quelques WTF vus dans les deux volumes précédents semblent devenir la norme. On se pince dix fois pour être sur qu’il ne s’agisse pas d’une liberté de traduction mais la correspondance de l’image ne laisse pas de doute: c’est du grand n’importe quoi! Je ne sais pas si les personnages débiles de cet album existent de longue date dans le catalogue DC mais les auteurs (et pourtant pas des moindres) semblent avoir mis un point d’honneur à ressortir tout ce qu’il y a de plus aberrant chez cet éditeur (entre Starro l’étoile de mer, le singe-Batman ou l’œuf de plastic-man…). Bref, j’arrête ici la mise à mort mais je dois avouer que la déception alliée à l’épuisement de cette lecture m’a vaguement dégoûté de tenter d’autres Event de chez DCHeroes in crisis me tentait bien. J’attendrais sagement les retours avant de me lancer.


Ninjak #3

Couv_306583Je continue ma lecture de Ninjak un peu dans le désordre (j’avais lu Shadowman intégrale et Rapture à sa sortie et commence juste à comprendre certaines choses). Une chose est certains, Valiant est monté d’un niveau graphique entre ses premières séries et les reboot récents. Ça reste très correcte mais disons que ce ne sont pas les dessins qui vous feront acheter l’album. Dans le troisième volume en forme de crossover Ninjak est envoyé avec Punk Mambo dans le monde des morts pour récupérer La Pie, la nouvelle forme de Shadowman (je ne spoil pas et vous envoie lire l’intégrale avant la nouvelle série à paraître en France en 2019). On a donc quelque chose proche de ce qui est proposé dans Rapture et qui se passe essentiellement de l’autre côté. Ninjak est toujours aussi invincible et un peu trop lisse par rapport à son inspiration (Batman) à mon goût. L’interaction avec la magicienne vaudou et les Loa est très sympa et les épisodes sont entrecoupés par la légende de la Pie. On oubliera la facilité à entrer chez les morts et à s’y promener  pour profiter de la grande réussite graphique du personnage du porteur de Loa. On est donc plus dans l’esprit de Shadowman et j’avais bien aimé cette série, du coup j’ai préféré ce troisième volume aux précédents même si je ne comprend pas pourquoi l’éditeur associe aussi fréquemment le seul héros sans pouvoirs à son personnage le plus magique, les deux univers ne collant pas selon moi. Si vous attendez des combats Ninja et de l’espionnage il faudra repasser.


Red Sonja: l’autre monde

Dans ce sympathique épisode de Red Sonja (l’alter ego de Conan, créée par Robert E. Howard et vue dans le film Kalidor avec Schwarzie), la guerrière vêtue d’un bikini en écailles de dragon se retrouve transportée à New-York à notre époque du fait d’un portail ouvert par le maléfique sorcier Kulan Gath.  Ce dernier a en effet pris l’identité d’un magnat capitaliste et envisage très naturellement de détruire le monde… Si le scénario, simple mais très bien tenu dans un second degré léger est assez anecdotique, la qualité première de cet album réside dans les dessins de Carlos Gomez, dessinateur argentin talentueux et rare. On est dans un style graphique de l’Ecole hispanique et perso j’adore! Red Sonja est montrée sous toutes les coutures avec sa tenue très aérée, sans que les dessins ne virent dans le vulgaire (la différence entre le fan-service made in USA et le japonais comme chez Boichi). Ça combat, la donzelle est aussi fine que Conan et les interactions anachroniques entre la bourrine amatrice de bibine et les personnages du XXI° siècle souvent drôles. La série est à suivre et le scénario de fantasy, bien qu’improbable, est suffisamment travaillé pour que l’on ait envie de poursuivre… pour peu que les dessins restent à la hauteur. Cet album m’a un peu fait penser aux albums de Frank Cho genre Shanna. Du coup je vais essayer de dénicher d’autres albums de Gomez, notamment sa série Dago, vraisemblablement introuvable. Si quelqu’un a un filon…