**·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #10: Alpi the soulsender 4 – Egregor 6 – Le Tetsu & Doberman 1 – L’ile entre deux mondes 1

esat-west

Petite pioche aujourd’hui avec des séries qui peinent un peu à prendre leur envol après quelques volumes déjà parus…

  • Alpi the soulsender #4 (Rona/ki-oon) – 2021, 4/5 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon pour leur confiance.

alpi-soul-sender-4-ki-oonPetit accident dans ce quatrième volume qui passe un peu à côté avec cette histoire de bibliothécaire fou qui entraîne 2/3 de volumes en mode slasher gentillet et pas très intéressant… Cela permet tout de même d’approfondir de futurs antagonistes mais on lit ce volume en baillant et en attendant le retour des beaux dessins et un approfondissement de l’univers des soulsenders. C’est dommage car le volume précédent nous a renseigné sur les capacités martiales d’Alpi… qui seront finalement bien peu utilisées et son caractère qui a muri après le récit de Sersella ne semble pas avoir évolué ici. Cette intrigue un peu simpliste a tout de même le mérite de nous parler des traditions de colportage (que Magus of the Librarian traite plus en profondeur). C’est bien maigre et la quasi-absence d’Esprit divin sur ce tome est fort surprenante quand on se rappelle de la structure assez géométrique des tomes jusqu’ici avec deux esprits à chaque fois. On reprends espoir avec la confirmation d’un groupe désirant la suppression de toute religion en se disant que ce quatrième opus n’était qu’une introduction à un grand arc plus solide…

note-calvin1note-calvin1


  • Egregor, le souffle de la foi #6 (Skwar-Jae Hwan/Meian) – 2021, 6 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

egregor-6-meianComme attendu, ce tome marque une certaine pause en concluant les multiples combats entamés précédemment et en reprenant l’itinéraire des jeunes héros de cette saga foisonnante. On l’avait déjà constaté, Jay Skwar a une ambition très élevée pour sa série et a tendance à se noyer (et nous avec) dans une intrigue qu’il maintient toujours très cryptique et une ribambelle de personnages que l’on finit par avoir du mal à identifier malgré l’indispensable dramatis personae d’introduction d’album. De même pour une fort jolie carte (conçue par l’auteur d’Albator) pas assez détaillée pour nous assister dans la géographie d’Egregor. L’action continue installée depuis le début permettait de maintenir une accroche, malheureusement lors des pauses on souffre un peu à la lecture de dialogues parfois très « djeun’z » et qui manquent de relecture. Si les dessins restent tout à fait agréables à l’œil et assez lisibles avec des designs toujours réussis, ils ne suffisent pas à compenser une histoire qui peine à s’installer. Du coup on espère la prochaine scène d’action en attendant que les auteurs nous aident à nous attacher un peu à quelques personnages dans ce maelstrom permanent.

note-calvin1note-calvin1


  • L’île entre deux mondes #1 (Ishii/Pika) – 2021, 1/2 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Pikacouv_421997 pour leur confiance.

Tatsumi revient sur son île natale pour enseigner dans le seul établissement scolaire d’Aoshima. Parti à quatre ans, il souhaite renouer avec un passé paradisiaque, en communion avec les éléments. Désormais adulte, il va vivre des expériences inexplicables le rapprochant d’un monde spirituel qui semble naturel aux habitants…

L’ile entre deux mondes est entre le feel-good album et le contemplatif onirique, de ces créations japonaises qui rappellent la richesse des traditions dans la culture et l’identité d’un peuple schizophrène toujours tiraillé entre une hypermodernité mortifère et un passé animiste proche de Gaïa. Sur des planches sublimes tant par les encrages subtiles que les blancs lumineux l’artiste Asuka Ishii (dotée d’une formation artistique solide et également peintre) s’insère dans une atmosphère proche des films de Naomi Kawase où la spontanéité des relations interpersonnelles tranche avec la rigueur sociale habituelle du Japon et où les ambiances, les odeurs, les sensations priment. Sa maîtrise graphique parvient à nous immerger dans ce paradis insulaire fait de langueur et de communion, elle nous fait ressentir la chaleur du soleil, le bruissement des feuils, toutes ces sensations universelles qui ressurgissent ici des pages du manga. Le héros (cultivé) est relativement passif dans ce premier tome où il semble soumis aux impulsions des autres personnages, sa jeune collègue et les deux élèves de sa classe tout comme aux manifestations (peut-être) surnaturelles de la nature. Les évènements étranges qu’il expérimente ne trouvent pas d’explication immédiate mais l’autrice nous maintient dans le récit par ses images qui évitent l’hermétisme que peut recouvrir ce genre de récit. Du coup on prend un grand plaisir à parcourir les plages de l’île, à ressentir le brouillard humide ou à s’immerger dans les flots d’une cascade…

Le découpage en deux volumes et l’attente d’une explication temporisent une note de 5/5 qui sera peut-être réévaluée à la conclusion du diptyque (prévue en juillet). On est très très proche du coup de cœur (parce qu’on est difficiles!).

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Tetsu & Doberman #1 (Ohno/Doki-Doki) – 2021, 1/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Doki-Doki pour leur confiance.

tetsu-dobberman-1-doki

Tsutomu Ohno est assurément un jeune mangaka à suivre! Avec sept manga à son actif et seulement Buchimaru Chaos paru en France avant cette nouvelle série courte en trois tomes, Doki-Doki tient une potentielle poule aux œufs d’or tant on sent un potentiel (graphiquement évident et à voir sur le plan narratif). Jamais engagé sur des séries longues, l’auteur nous propose avec ce premier volume une introduction résolument sympathique sur un pitch simple: un jeune orphelin se retrouve pris sous sa coupe par un homme-chien, légende des limiers d’une corporation de chasseurs associant un humain et un chien humanoïde. Qui dit shonen dit baston, pouvoirs spéciaux issus de l’interaction entre les deux éléments du duo et intrigue simple basée sur l’apprentissage, l’héritage familial et de méchants conspirationnistes. Ce qui marque dès les premières planches ce sont déjà les dessins très maîtrisés et dynamiques, mais également un humour proche de celui de Radiant et qui fait mouche sur une traduction très réussie. Le design général permet aussi de se projeter dans une intrigue qui ne fait ici que commencer, avec un méchant chasseur à peine aperçu mais qui intrigue fortement. Tête brûlée décidée à devenir un super-chasseur pour protéger son orphelinat de la destruction de méchants capitalistes, Tetsu est le héros type de shonen. Légère déception pour Doberman qui, s’il est graphiquement réussi, reste assez en retrait alors que je l’attendais comme un vrai héros légendaire. A la décharge de l’auteur, ce volume de moins de deux-cent pages avance à cent à l’heure, ne nous laissant pas le temps de s’ennuyer, avec le corollaire d’aller toujours un peu vite. On sent dans ce premier volume les mêmes qualités et défauts que dans le récent Demon Tune, avec un manga qui pourrait devenir excellent pour peu qu’il soit parti sur un format plus confortable. Après le très sympathique Ballade de Ran, Doki-Doki montre qu’avec une ambition limitée, Bamboo arrive également à trouver sa place dans le rayon fortement concurrentiel du manga.

A partir de 10 ans.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

***·****·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Manga en vrac #9

esat-west

  • Full Metal Alchemist – Perfect edition #6 (Arakawa/Kurokawa) – 2021, 6/27 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Kurokawa pour leur confiance.

Grosses révélations que l’on attendais sur ce volume! Devant une galerie de personnages qui commence à être conséquente, on apprend enfin les liens entre les méchants alchimistes alors qu’une conspiration au plus haut niveau de l’armée se fait jour… Premier point, je voudrais revenir sur la qualité éditoriale de cette édition Perfect qui ne paye pas de mine mais propose une qualité de lecture comme rarement vue en manga. J’ai assez peu insisté sur ce point jusqu’ici car la quasi absence de bonus m’avait un peu frustré. Pour autant la taille du volume, la qualité du papier et de l’impression y compris sur les pages couleur (ça n’a l’air de rien mais agencer des impressions qui n’ont rien à voir n’est pas toujours évident en imprimerie) offrent un sacrément beau volume qui justifie amplement son prix, qui plus est avec la très importante pagination des volumes de FMA. Revenons à nos moutons: l’équilibre entre bastons super sympa, humour efficace et thriller conspirationniste reste remarquable sur ce tome où l’on avance pas mal dans la découverte de la problématique (on avait jusqu’ici principalement abordé l’histoire des frères Elric et les principes de l’Alchimie). En une poignée de pages l’univers s’étoffe grandement avec la découverte de plusieurs nations et l’arrivée de personnages venus de équivalent chinois dans l’univers de FMA. Il faut un peu s’accrocher car stout au long des deux cent pages on voir revenir tel personnage qui disparaît ensuite pendant un volume entier et redeviennent centraux d’autres que l’on avait perdu de vue depuis les tous premiers tomes. Pour un shonen ça commence à devenir assez complexe et j’apprécie particulièrement une certaine noirceur des personnages parfois très ambigus. Avec son lot de morts, le sixième tome nous tient parfaitement en haleine et si cette fois le cliffhanger reste soft, on trépigne d’attente jusqu’au mois de juin pour le suivant…

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Ashidaka, the iron hero #2 (Sumiyoshi/Kurokawa) – 2021, 2/3 tomes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Bonne nouvelle, les impressions ressenties sur le premier tome se confirment ici avec un volume bien plus lisible, prenant et accrocheur! Une fois les difficultés de mise en place donc, l’autrice peut développer une galerie de personnages aux designs très réussis dans le style arachnéen et qui laisse entrevoir une myriade de possibilités techno-organiques dans l’interaction entre personnages et leurs Arms.. Je signale que ce manga est rangé en Shonen par l’éditeur ce qui correspond en effet à une simplification sans doute en partie responsable du retard à l’allumage. Le besoin de background est satisfait dans cet épisode où l’on voit Ashidaka intégrer une team de chasseur de vers géants après qu’il ait découvert la planque des commando multibras et leur très charismatique chef. Etonnamment ce n’est pas que l’histoire qui se densifie mais aussi les dessins, plus précis, plus lisibles et par conséquent plus immersifs. L’histoire semble ainsi s’orienter vers un périple pour retrouver les différents vers repérés sur la carte du monde qui nous est présentée. Le jeune héro s’associe avec une très balèze jeune-femme dans un volume qui se conclut sur un cliffhanger bien plus prenant que précédemment. Encore quelques petits réglages dans la furie graphique des combats et cette série pourrait rapidement devenir très prenante avec un postulat résolument original dans un univers pas si jeunesse que ça.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Les 7 Ninja d’Efu #7-8 (Yamagushi/Meian) – 2021, 8/10 tomes parus (série finie en 10 tomes au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

7-ninja-efu-8-meianCes deux volumes traitent du Loup de Mibu, un samouraï envoyé dans le passé et qui va prendre parti dans la chasse contre des démons vengeurs. Une des plus longues histoires découpée en pas moins de neuf chapitres, elle est aussi une des plus lisibles jusqu’ici avec une histoire résolument simple qui permet d’apprécier les multiples références historiques et légendaires que comporte l’œuvre de Yamagushi. Cette densification semble être liée à la conclusion proche puisque maintenant que différents protagonistes sont connus on semble s’orienter vers une résolution dans les deux derniers volume avec des personnages (héros ou démons) qui reviennent nous rendre visite, à commencer par le super-samouraï Momotaro et le démon androgyne à visage humain. Le propos se clarifie aussi puisque en même temps que les premières défaites d’Onshin, on voit des héros évoluer dans leur résolution à maintenir l’ordre totalitaire du Bakufu. Reste une narration très typée faite de cartons avec des noms, évènements, lieux, illustrant l’envie documentaire de l’auteur et qui demande toujours un peu de concentration, mais désormais on peut laisser ces informations de côté pour profiter plus facilement de combats dantesques contre des ennemis a priori invincibles. Si elle n’est pas faite pour tout le monde, cette série ne cesse de surprendre, au premier chef les amateurs d’histoire et de culture japonaise.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

****·Manga·Nouveau !·Service Presse

Gannibal #2-4

esat-west

Manga de Masaaki Ninomiya
Meian (2021)  192p./volume, série en cours (7 tomes parus au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

Un premier billet avait présenté la série sur le premier volume.

Enjoué par un premier tome qui ne perdait pas de temps pour nous plonger dans le stress de ce village bien peu accueillant, j’ai totalement plongé dès l’entame du second tome pour ne plus respirer jusqu’à la conclusion du Gannibal #2 et #3 • Masaaki Ninomiyaquatrième! Indéniablement l’auteur a construit un piège manipulatoire redoutable pour ses lecteurs en faisant progresser de façon imperceptible le stress du personnage principal et les interrogation que l’on a à chaque nouvelle affirmation. Si l’on pouvait tiquer sur le comportement du héros, fortement malmené dans le premier volume malgré son statut de policier, on nous en fait comprendre les raisons dès le second volume: doté d’un tempérament orageux et impulsif dans son précédent poste en ville, sa famille a été victime d’un drame et le couple et sa fille sont venus à Kuge pour se reconstruire, avec une forte nécessité de s’intégrer.  Du coup il va naviguer tout le long entre le besoin de protéger sa famille, ses reflexes face à des habitants bien injonctifs et des témoignages sur les possibles pratiques cannibales qui lui imposent d’enquêter. Ce flashback essentiel va donner une grosse densité aux relations entre personnages et nous immerger dans les hésitations du policier.

Gannibal - chapter 2 - #3Le réalisme des dessins appuie le côté « vieux film 80’s » avec une utilisation de photographies retouchées pour les décors. L’auteur utilise massivement un montage juxtaposé qui nous envoie des scènes et des gros plans de visages surgis de nulle part sans précisions temporelles ou spatiales, maintenant une tension permanente sur l’idée d’une incertitude sur le niveau de paranoïa du personnage. L’excellente idée initiale est à la fois de nous envoyer dès le premier volume la violence délirante évidente des Goto, les scènes liées au cannibalisme supposé et des situations étranges en regard de l’énormité de l’idée cannibale. Le rationalisme du lecteur refuse ce que l’auteur présente comme une semi-évidence et le montage fait le reste. Très fort!

Totalement inattendue pour moi, cette série aux couvertures très flippantes et au titre aussi évident que mystérieux est l’un des meilleurs thrillers lu en récit séquentiel depuis fort longtemps. Doté de dessins très élégants sous une apparence de normalité documentaire, Gannibal est un des manga à suivre avec grand plaisir en espérant que l’auteur sache nous tenir en haleine encore longtemps!

note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·***·Manga·Rapidos·Rétro

Manga en vrac #7

esat-west

Au fil de mon immersion dans le manga, de mes déconvenues et de mes découvertes, j’ai progressivement repéré quelques auteurs/séries majeurs qu’il convenait de découvrir… d’où cette fournée rapidos en mode exploratoire…

  • Dead Dead Demon DeDeDeDe Destruction #1 (Asano/Kana) – 2017-…, 9 tomes parus, série en cours (10 vol parus au Japon).

dead-dead-demon-1-kanamediathequeLorsque j’ai demandé à des mangavores chevronnés quels étaient les auteurs majeurs de ces dernières années (j’ai débuté le manga précocement avec Akira et les premiers Glénats et Tonkam dans les années 90 mais depuis je me suis un peu assoupi…) on m’a cité unanimement Naoki Urasawa et Inio Asano. Dont acte! Une recherche d’image me fait tomber sur les planches impressionnantes de précision de cette série qui a sans doute le titre le plus imprononçable de l’histoire…

Dead Dead Demon raconte l’amitié de deux lycéennes alors qu’un vaisseau spatial gigantesque est apparu quelques mois plus tôt dans le ciel de Tokyo en provoquant ce que l’on imagine des affrontements et des morts. On suit donc la vie quotidienne de ces super copines très modernes et un peu foutraques dans ce qui semble être l’An zéro d’une nouvelle ère. Entendons-nous bien, l’OVNI n’est qu’une tapisserie en fonds d’histoire et aurait très bien pu être remplacé par n’importe quelle catastrophe ou événement géopolitique majeur, le but étant surtout de créer cette étrange atmosphère toute asiatique de contemplation semi-burlesque. Il n’y a donc pas vraiment d’histoire, dans un esprit proche de celui d’Urasawa sur Asadora!, à savoir des chroniques de vies de jeunes japonaises dans un pays sans avenir, bloqué par un événement qui peut symboliser l’Etat lui-même. Outre le dessin totalement virtuose (on peut tout de même remercier les assistants pour les décors photo-réalistes), ce sont les dialogues (excellemment bien traduits!) qui marquent, plein d’une modernité et d’une énergie inhabituels dans le genre manga et qui marquent une sensibilité assez européenne de l’auteur que l’on retrouve sur le dernier carton de Ki-oon, My broken Mariko. Je sors de cette lecture du premier tome pas totalement immergé mais très intéressé par un auteur qui semble en parfaite maîtrise de son art.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • 20th century boys #6 (Urasawa/Panini) – 2002-2007, série finie en 22 tomes.

20th_01mediathequeJ’ai découvert Urasawa sur sa dernière série Asadora!, qui m’a pour le moment totalement conquis par une fraicheur, un dynamisme et des personnages aux interactions passionnantes.  Passons outre l’abominable couverture de cette première édition Panini (rassurez-vous, la toute récente réédition en format double « Perfect » corrige totalement le tir à en croire les premières chroniques) pour nous plonger dans un démarrage assez prenant du fait d’une importante galerie de personnages et un art du récit franchement rare, surtout quand on retrouve ce qui semble être sa marque de fabrique: la narration elliptique entre différentes époques. 20th Century boys nous plonge dans une ambiance d’enquête du Club des 5 après le suicide d’un des anciens amis d’un groupe de gamins. Chacun a fait sa vie et rapidement les retrouvailles vont pointer des éléments bien mystérieux reliant leur passé et des morts qui semblent liées à une secte… La construction d’Urasawa est très particulière et un cas d’école dans l’efficacité (quand d’autres séries utilisent cette méthode de façon plus artificielle). C’est découpé sans prévenir, parfois au milieu d’une page… et pourtant on n’est jamais perdu! Le style BD du trait de l’auteur simplifie des visages assez caricaturaux que l’on n’a pourtant aucun mal à repérer et malgré l’aspect très mystérieux de ce début d’enquête on enchaîne la lecture rythmée assez rapidement. On retrouve ainsi immédiatement les marqueurs vus sur Asadora! bien que le dessin de vingt ans plus vieux soit moins marquant. D’un caractère résolument original, tout à la fois très BD dans la technique mais totalement japonais dans les thèmes et contexte, Urasawa nous plonge dans son univers rétro, nostalgique, léger, très difficile à résumer mais qui mérite le détour. Un premier tome pas marquant mais qui donne le ton d’une série qu’on imagine volontiers monter son caractère adictif.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Magus of the library #1 (Izumi/Ki-oon) – 2019, 5 tomes parus (série en cours).

magus-of-the-library-1-ki-oonmediathequeJ’en ai beaucoup entendu parler l’an dernier et l’aperçu vraiment magnifique des planches intérieur m’a donné envie de tenter l’expérience bien que la proximité thématique avec le best-seller l’Atelier des sorciers ou l’imprimerie des sorcières m’ait fait hésiter… Ce premier tome est plutot réussi comme introduction (bien qu’un peu volumineux pour une intrigue assez light) en nous imergeant progressivement dans un monde de fantasy inspiré de l’orient arabe et d’Asie centrale où une confrérie de bibliothécaires parcourt le pays à la recherche de tout contenu écrit pour enrichir la bibliothèque centrale… Le bibliothécaire que je suis fut donc très surpris de trouver en Magus of the Library un quasi documentaire sur le métier de bibliothécaire, jusqu’aux lieux communs que nous vivons (le fameux « vous avez de la chance vous devez lire beaucoup! ») et les détails de conservation liée aux insectes. Je soupçonne l’autrice d’avoir travaillé en bibliothèque tant tout ce qui est rattaché au livre et à ce métier transpire dans chaque page: l’imaginaire, le développement de la culture et du savoir, l’apprentissage de la jeunesse, le conservatisme VS l’ouverture du livre à tous, … Cette introduction qui rapelle par moment le très élégant Alpi introduit le personnage principal, jeune sang-mélé persécuté par tout le village et qui n’aspire qu’à s’imerger dans les livres. Les rares séquences de développement du background se font sur le mode des théâtres d’ombres chinoises, juste assez pour titiller notre curiosité. Simple prologue, ce premier tome est graphiquement superbe, très surprenant dans sa précision et son propos égalitaire et donne envie de prolonger la lecture pour enfin entrer dans le vif du sujet.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1


  • Grand blue #1-2 (Inoue-Yoshioka/Meian) – 2021, 2 tomes parus (série en cours, 16 tomes publiés au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.Manga - Manhwa - Grand Blue Vol.1

Parmi la foison de nouvelles licences que lance Meian cette série a fait un gros buzz sur les réseaux sociaux, aussi lorsque j’ai trouvé les deux premiers tomes dans un envoi de mon partenaire j’étais plutôt optimiste sur cette découverte qui me fait sortir de mes habitudes. Alors disons le tout de suite, Grand blue s’adresse aux young adults en abordant l’entrée à l’université d’un jeune homme confronté aux affres du déjanté club de plongée de son oncle. Archi codifiés, ces deux premiers volumes nous rappellent immédiatement les délires du collège foufoufou, de DR. Slump et autres joyeusetés pas fines de l’humour populaire nippon. C’est d’ailleurs cet aspect énorme  qui fonctionne plutôt bien côté humour. Le schéma est le suivant: le club de plongée est composé de garçons qui passent leur temps à se mettre à poil et à picoler comme des trous, embarquant contraint et forcé le héros qui souhaiterait attirer le regards de l’une de ses cousines quand l’autre le méprise pour sa vulgarité (… bien involontaire vous l’aurez compris). Là où le bas blesse c’est qu’après cent-cinquante pages à rire plutôt volontiers on finit par se lasser des mêmes gags qui tirent la ficelle un peu trop longtemps. L’humour c’est toujours compliqué à régler et il est certain que les auteurs ne nous trompent pas sur la marchandise. Personnellement j’aurais aimé avancer un peu plus dans l’esprit plongée pour aérer un peu la farce permanente du manga et varier les interlocuteurs. Il reste néanmoins de belles séquences de running-gag comme cette séquence de décoration de la chambre qui passe par tout ce pour quoi ne veut pas passer Iori auprès des donzelles… Au final je reconnais que cet humour japonais de taverne m’a souvent laissé de marbre et que si j’ai rigolé par moment, cela ne suffit pas pour enchaîner une série de plus de quinze tomes à ce jour. J’en resterais donc là mais si vous pensez que ce type d’humour vous correspond n’hésitez pas à chausser les bouteilles, dans le genre Grand blue fait plutôt bien le job.

A noter qu’une série animée en douze épisodes et un film en live-action sont sortis au Japon.

note-calvin1note-calvin1

**·***·****·Manga·Nouveau !·Service Presse

Manga en vrac #5

esat-west Depuis plusieurs mois les billets de critiques en vrac ont disparu du blog (j’en ai expliqué les raisons sur les bilans mensuels). Exceptionnellement je vous propose une salve de critiques manga sur des séries en cours dont le premier tome a déjà été abordé sur un long billet solo.

bsic journalismMerci aux éditions Ki-oon, Meian et Kurokawa pour leur confiance.

  • Alpi the Soul Sender #2 (Rona/Ki-oon) – 2020, 2 tomes parus, série en cours (4 vol parus au Japon).
couv_405129Le premier tome de cette étonnante série aux dessins superbes a été critiqué il y a deux mois. Je vous y renvoie pour la description physique et le résumé de l’intrigue. Les quelques réserves sur le rythme des chapitres et un séquençage un peu trop illustratif tombent dès l’entame de ce ce court volume qui ne perd pas de temps en exposition pour introduire le nouveau personnage qui sera la colonne vertébrale du récit. L’intrigue est toujours basée sur les Esprits (deux cette fois) mais permet désormais de s’installer dans la durée avec la rencontre avec la Soul Sender expérimentée Sersela. Cette dernière bouscule Alpi dans sa pratique dangereuse du rituel et rejoint son assistant qui insiste depuis le début des aventures de la jeune fille pour qu’elle se préserve. Si les comportements d’Apli pouvaient être un peu manichéens dans le premier volume, l’intervention de Sersela, aussi performante qu’élégante, nous rappelle que l’héroïne n’est qu’une enfant et que son manque de maturité influe sur sa pratique. Loin d’être un antagoniste, l’autre Soul Sender rappelle à Alpi qu’elle n’agit pas que pour elle-même mais qu’elle doit tenir compte des réactions des villageois qui demandent leur aide. On retrouve également bien entendu le grand thème écologique de la symbiose, pas toujours paisible, entre humains et Esprits, profitant des bienfaits de ces derniers mais pâtissent parfois des effets destructeurs de leur présence. Au final ce second tome qui se conclut sur un cliffhanger, accélère fortement le rythme et pose un récit moins anecdotique et commençant un développer une intrigue longue. L’esprit Shonen est toujours présent et les planches restent superbes avec un design des créatures divines toujours aussi incroyable. L’intérêt est désormais bien là et le potentiel pour devenir une grande série également est réel. note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1
  • Les 7 Ninja d’Efu #6 (Yamagushi/Meian) – 2020, 8/10 tomes parus (série finie en 10 tomes au Japon).
7-ninja-efu-6-meianSérie par moment complètement foutraque, les 7 Ninja d’Efu mérite de prendre le temps d’apprécier l’investissement de l’auteur (signalé par les notes d’intention insérées en fin d’ouvrage et sa grosse bibliographie qui montre le travail documentaire ) et ses objectifs, qui ne sont pas tant une chronique d’histoire politique que bien peu de français seront à même de saisir mais plutôt des tranches de vie populaire fortement inspirées par les traditions, le folklore multiple de l’archipel qui n’était à cette époque aucunement unifié. A travers la violence et la cruauté, le point commun entre ces histoires ce sont ces personnages simples plongés dans la violence malgré eux, ces tribus traditionnelles massacrées ou soumises par les atroces féodaux,… Ce sixième tome conclut l’histoire de la forteresse humains Burokken, véritable Gundam avant l’heure et confirme l’envie de l’auteur de proposer des armures proches de Saint-Seiya sans rechercher la moindre explication ou vraisemblance. Une fois compris cela et l’inutilité de chercher une trame générale entre les arcs, on peut ainsi apprécier les très beaux dessins, le design d’une folle originalité et des histoires simples et manichéennes axées sur les concepts de vengeance ou d’amour. L’approche de la série n’est pas facile mais elle s’améliore à l’usage pour devenir vraiment intéressante en s’approchant de la conclusion au dixième tome. Les intrigues, même si elles sont à cheval sur deux tomes chaque fois, se simplifient et deviennent plus intelligibles. note-calvin1note-calvin1note-calvin1
  • Egregor #5 (Skwar/Huan/Meian) – 2020, 5 tomes parus (série en cours).
couv_400396Après une découverte enchaînée sur les quatre premiers tomes et une impression plutôt positive, ce cinquième tome d’Egregor reprend en plein cœur du combat contre le Comte et enchaîne sur les différents théâtres d’affrontement… sans que l’on n’ait trop le temps de souffler ni même de comprendre où on a basculé. En introduisant toujours de nouveaux personnages, certes plutôt classes à défaut d’être fins, Jay Skwar a tendance à nous perdre dans un trop plein. Cet album est l’illustration de la nécessité de respiration dans un scénario. Faute des séquences politique des précédents volumes et avec des décors urbains assez semblables, on ne sait plus trop qui est qui, où on est, et toujours ces méchants à peu près invincibles. Ce qui a accroché jusqu’ici, une rage guerrière, un mystère maintenu autour des Faucheurs, des dialogues très verbeux, aurait besoin de débouchés, d’étapes. La bataille de Waldgarth dure depuis maintenant trois volumes sans que l’on ne voit une quelconque ouverture ni début de révélations. L’ambition d’Egregor est très large et le scénariste a construit un monde complexe. Il ne faudrait pas oublier le lecteur en chemin. note-calvin1note-calvin1
  • Fullmetal alchemist #5 – Perfect edition (Arakawa/Kurokawa) – 2020, 5/27 tomes parus.
couv_407964Confirmation immédiate de l’espoir ressenti sur le tome 4 et du sacré saut qualitatif d’une série qui est désormais sur les bons rails. Ce cinquième tome, le meilleur depuis le début pour le moment, fait entrer l’intrigue dans le vif du sujet maintenant que les personnages ont été introduits et leur histoire racontée. On a donc deux-cent-soixante-dix pages (assez volumineux pour un tome de manga) qui se lisent d’une traite, sans souffler en enchaînant de magistrales bastons excellement bien dessinées à coups de tatanes dans la face, d’épée tranchantes (et sanglantes!) et bien entendu d’alchimie. Le Maître entre en action et même Al qui était un peu gamin et passif jusqu’ici montre ses talents de bretteur. Alors qu’il est enlevé par des truands dotés de capacités intrigantes, plusieurs personnages partent à sa recherche, plus à coups de mandales que via une enquête très poussée. Volume donc résolument orienté action pour notre plus grand plaisir! L’humour n’est pas en reste et je dois dire que je n’ai pas du me forcer pour me bidonner devant les situations décalées que l’autrice se plait à placer au milieu de séquences qui se veulent sérieuses et elle en profite pour envoyer une petite attaque aux macho qui se regardent les biscoto… Avec des méchants très puissants, une histoire militaire (le fameux génocide Ishval) bien obscure et qui cache de vérités pas très propres, on sent que le rythme n’est pas prêt de s’arrêter. Ca tombe bien il y a encore vingt-deux volumes à découvrir! La série gagne un Calvin sans forcer et il se pourrait bien qu’on se rapproche des cinq du coup de cœur par la suite… note-calvin1note-calvin1note-calvin1note-calvin1
*·Manga·Rapidos·Service Presse

The unwanted undead adventurer #1

Manga de Haiji Nakasone et Yu Okano
Meian (2020 ), 164p., 2 volumes parus (5 vol. au Japon).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

3028

Lendt est un médiocre aventurier qui parcourt les donjons en quête de monstres à tuer et de trésors à récupérer pour monter en niveau. Un jour il se retrouve face à un dragon et se réveille… squelette! Refusant son nouveau sort de monstre errent, il entreprend de récupérer sa forme humaine avec un premier objectif: sortir du donjon…

CHAPTER III nozomanu fushi no boukenshaLa couverture comme le pitch de cette nouvelle série étaient alléchants avec une perspective d’aventures au second degré (un peu comme le récent Cautious Hero chroniqué par Dahaka) autour de cet univers de jeux de rôles très codifié. Malheureusement les romans d’aventure japonais sont souvent à un premier degré tout à fait étonnant qui rend assez vite cette histoire inintéressante. Plongé dans le problème de Lendt dès les toutes premières pages, on suit ses réflexions (… puisqu’il n’a plus de cordes vocales pour parler!) avec une vague curiosité avant de comprendre que l’auteur va se contenter de nous narrer la progression du personnage comme dans un jeu vidéo. La faiblesse du concept n’est pas rédhibitoire et certaines séries s’en sortent soit par l’humour (Magical girl holy shit) soit par le graphisme. Le problème c’est qu’ici il n’y a donc à peu près pas d’humour et que les dessins sont particulièrement pauvres du fait de décors qui se limitent en des murs de pierre rectiligne et quelques squelettes répétitifs. La maîtrise technique du mangaka reste correcte mais on cherche donc un point qui puisse donner envie de prolonger l’expérience au-delà de cet album introductif particulièrement pauvre. A réserver aux fanatiques de RPG sur ordinateur ou aux japonais perdus en France… Pour les autres vous pouvez clairement passer votre chemin. Les 1 calvin sont très rares sur ce blog, en voici malheureusement un nouveau…

note-calvin1

***·Manga

Gannibal #1

esat-west

Manga de Masaaki Ninomiya
Meian (2020)- Nihon Bugeisha (2018), série en cours, 2 vol parus (7 vol parus au Japon)

3019

Lorsqu’un policier débarque avec sa famille dans le village japonais de Kuge pour remplacer le précédent fonctionnaire qui a disparu, il se heurte à l’hostilité de la famille Goto. Clan historique du village, ils sont chez eux et leur comportement violent inquiète l’agent. Avec cette intégration difficile s’ajoute le message laissé par le policier disparu: ce village serait occupé par des cannibales… Sans vouloir verser dans la paranoïa, Daigo commence l’enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé…

Meian propose régulièrement de nouvelles petites séries, plutôt dans un registre violent voir gore (comme les 7 Ninja d’Efu) pour enrichir un catalogue dominé par le best-seller Kingdom. Gannibal est une série récente d’un auteur dont c’est (a priori) la première création… et je dois dire que c’est sacrément bien Amazon.fr - Gannibal - Tome 1 - Ninomiya, Masaki - Livresmaîtrisé pour une entrée en matière! Commençant par une couverture très réussie, à la fois intrigante, inspirée par le sang et dynamique dans le cadrage, le manga démarre sans mise en place en nous expliquant dès la première page le pitch de départ. Au bout de dix pages le premier cadavre est trouvé et le policier menacé un fusil sur la tête par un membre du clan Goto. On peut dire que ça ne traîne pas et les dessins appuient bien cette tension par des cadrages très serrés et des visages aux yeux exorbités tout à fait parlant. Ninomiya connaît parfaitement ses gammes du cinéma d’horreur et enchaîne les séquences où le héros se trouve isolé, menacé et fourni de tout ce qu’il faut d’indices poussant vers la thèse proposée par le manga dès la première page: celle des cannibales. Tout l’intérêt de l’ouvrage est donc le doute entre ce qu’on nous annonce comme évident et l’aspect « trop gros ». On a pour le moment peu de doutes sur les mœurs de la famille Goto mais toujours un élément de doute vient nous titiller, surtout après une mise en place aussi rapide. Le déroulement implique deux possibilités: soit une confirmation qui va faire évoluer la série vers un survival terrifiant, soit une remise en question qui permettra de développer l’enquête. Le seul petit bémol est l’acceptation un peu grosse du policier face à toutes ces remises en cause violentes de son autorité, sans qu’il n’envisage de montrer les muscles, jusqu’à la séquence finale bien stressante. A la conclusion de ce premier volume on ressort plutôt conquis par un album parfaitement maîtrisé, sans défauts apparents ni addiction franche mais un ouvrage qui fait sacrément bien le job dans un genre pas si représenté en manga.

***·Manga·Service Presse

Egregor #1-4

esat-west

Manhwa de Jay Skwar et Kim Jae Hwan
Meian (2019-2020), 2010 p./volumes, Nb et couleur, 5 volumes parus, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur confiance.

Egregor est le reboot de l’adaptation en manga du roman fantasy de l’auteur  français Jay Swar. Une première série Egregor est sortie en 2017 avant ce Reboot avec le dessinateur coréen de la version manga de Warcraft. C’est donc un Global Manga, type d’édition particulière qui voit des auteurs français publier des manga en France ou asiatiques publier nativement chez des éditeurs français (confirmant le poids du marché manga dans notre pays!). Après le Tsugumi project de chez ki-oon, c’est donc Meian qui sortait comme son premier titre cette saga de fantasy très originale. Le projet inclut un « journal de Foa » sur internet, comprenant déjà 185 pages et visant à détailler l’univers d’Egregor en prolongeant la lecture volume par volume. Excellente idée transmedia qui démontre l’ambition et le travail passionné du scénariste.

couv_358382couv_373442

couv_374535couv_386619

Le monde de Soteria est marqué par les « Moissons » lors desquelles des villes et villages entiers sont massacrés par les Faucheurs, guerriers impitoyables et inarrêtables. Un corps de chevaliers, les Egides, a été constitué pour protéger les populations de ce fléau. Lors d’une de ces moissons Foa un jeune forgeron et ses amis assistent à un évènement inhabituel et réchappent au massacre. Ils vont bientôt être emmenés pour être formés au sein des différents corps de combattants de Soteria pour assurer la relève…

Très étonnante série qu’Egregor, dont les illustrations de couverture absolument sublimes sont parmi les plus remarquables des étalages des librairies de manga! Il est surprenant que la série ne soit pas plus connue tant elle se démarque de ce à quoi on a l’habitude dans le secteur manga. Orienté vers un public d’adolescents (je ne parlerais toutefois pas de Shonen), Egregor reprend une esthétique empruntée à la fois aux RPG de jeux vidéo japonais, à l’univers de la Fantasy et à l’animation. Le scénariste explique dès les premiers tomes qu’il a été marqué par Game of Thrones, ce qui se ressent à la fois dans l’ambition du projet mais aussi dans son aspect sombre et complexe. Au sortir des quatre premiers volumes je dois dire que si le premier tome est un peu confus du fait de la plongée sans avertissement dans les effets des pouvoirs des Egides, la complexité des dialogues et la profusion de personnages et lieux géographiques rendent la lecture plutôt passionnante et concentrée sans jamais ressentir une influence trop voyante du modèle. Lire la suite « Egregor #1-4 »

***·Manga·Nouveau !·Rapidos·Service Presse

Les 7 ninja d’Efu #4-5

Salut, à tous! Exceptionnellement pas de C’est lundi cette semaine. En remplacement, une fournée de manga et comics très récents (et franchement WTF!) grâce à nos partenaires,  avec les derniers Teenage Mutant Ninja Turtles et Rick &Morty de chez Hicomics, le dingue Shaolin Cowboy et on terminera la semaine avec un nouveau guide de lecture sur le cycle de Shaïgan de Thorgal et le dernier Dr. Stone!

Allez, on commence tout de suite avec la suite de l’étonnant 7 Ninja d’Efu proposé par Meian.

esat-west

Manga de Takayuki Yamaguchi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 5 tomes parus en VF (9 en VO).

Les volumes comprennent en introduction un résumé et un sommaire des chapitres et des cycles, qui aide bien à s’y retrouver dans cette histoire aux coupures sèches entre les parties. Je vous renvoie au billet sur le début de la série pour la description physique des volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour leur fidélité.

couv_393872couv_398627

  • Tome 4:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...On termine l’intrigue commencée sur les îles Ryukyu situées à l’extrême sud de l’archipel japonais avec la trahison du seigneur fou Hideyori Toyotomi qu’une armée est venue sauver. Soumettant son ancien allié (et désormais considéré comme un « chien » à d’atroces sévices, il provoque la naissance d’un nouvel (et dernier) Onshin. Comme depuis le début, la description physique de certains personnages, le nombre de ceux-ci et le rythme très rapide de l’histoire fait que l’on peut avoir du mal à distinguer certains protagonistes et s’y perdre un peu. Il faut donc rester vigilants malgré des planches tournées vers l’action et à la lecture rapide.

Le volume démarre ensuite le « cycle des guerriers légendaires et des démons » où l’apparition d’un ronin légendaire va simplifier l’histoire, plus linéaire et plus facile à suivre. Son affrontement contre un démon rattaché à une chrétienne va occuper le reste du tome. Comme depuis le début, âmes sensibles s’abstenir, l’auteur fait œuvre de grande cruauté et de manipulations corporelles que ne renierait pas David Cronenberg…

  • Tome 5:

Efu no Shichinin - Raw chap 25, Read Efu no Shichinin - Raw chap ...Ce volume comprend la fin du récit du guerrier Musashi (l’histoire la plus simple et la meilleure jusqu’ici) et continue sur deux chapitres traitant de l’armure géante Burokken. L’aspect « mecha » par les différentes armures et carapaces d’Onshin prend de l’importance et accentue l’originalité de cette étonnante série dont la complexité narrative ne doit pas cacher une vraie création artistique, parfois sensiblement influencée par Berserk. L’aspect organique des dessins, très en phase avec un pan de l’imagerie manga et les magnifiques couvertures couleurs donnent une vraie particularité à une série qui demande un peu de patience, le temps que l’intrigue se mette véritablement en route.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

**·East & West·Manga·Nouveau !·Service Presse

Jormungand #1-3

esat-west

Manga de Keitaro Takahashi,
Meian (2019-), 190 p./tome, 5 tomes parus en VF (11 en VO).

bsic journalismMerci aux éditions Meian pour cette découverte.

Deuxième lecture d’une série chez Meian après l’étonnant (et violent!) 7 Ninja d’Efu. Cet éditeur est issu d’un des historiques de la distribution d’Anime japonais, IDP home video et s’est lancé dans l’édition papier depuis peu, avec notamment la publication du carton Kingdom pour lequel ils proposent une innovante formule d’abonnement, permettant d’assurer des pré-ventes et d’alléger un peu le budget des lecteurs sur de grosses séries.

Le titre de la série Jormungand fait référence au serpent-monde de la mythologie nordique, sans que l’on comprenne bien (au stade où j’en suis) le lien entre les deux. Les volumes comprennent une table des matières avec titres en anglais, à partir du volume deux une double page rappelant les personnages et en fin d’ouvrage une courte séquence humoristique décalée, que l’on retrouve assez fréquemment dans les manga.Jormungand, Tomes 1 et 2 | Le tempo des livres

Jonah est un redoutable enfant-soldat enrôlé dans l’équipe de la marchande d’arme Koko Hekmatyar. Son travail consiste à protéger sa patronne des assassins, clients et concurrents prêts à tout, dans un univers sans lois où la violence est la vertu première. Paradoxalement Koko a entrepris d’éduquer Jonah à une morale humaniste…

Le thème de la série est celui des marchands d’arme et de cet univers souterrain rassemblant syndicats du crime, armées semi-officielles et zones de guerre et sans loi. Les références de l’auteur sont clairement les films d’action violents et le cinéma de Hong-Kong. Le concept est plutôt intéressant et a tendance à m’attirer. On rentre Jormungand Tome 1 - Comics de comiXology: Webpourtant assez mal dans la création de Keitaro Takahashi puisque propulsés dans le premier tome en plein milieu d’une course-poursuite en voitures destinée à nous en mettre plein la vue en matière de fusillade motorisée en mode XXL. Sur ce plan c’est plutôt efficace et l’on pardonne les difficultés de lisibilité des dessins (le découpage va un peu trop vite avec une maîtrise technique pas suffisante pour faciliter la clarté de l’action) pour ces premières pages professionnelles de la carrière de l’auteur. L’histoire de Jonah et sa relation avec Koko ne seront pas expliqués avant plusieurs volumes, aussi il faut se concentrer sur le background à savoir l’équipe de super-crac des opérations spéciales qui accompagnent Koko. L’aspect ado et l’humour manga me laissent un peu de marbre (problème de génération sans doute…) mais le fonctionnement des personnages est assez efficace. La suite du volume est très laborieuse puisque Koko part sans que l’on ne sache ni pourquoi ni comment, signer un contrat en Ukraine (je suppose). Le déroulé de l’histoire est difficile à suivre et très mal appuyé par les dessins. L’auteur a un style qui semble influencé par le design de la série de jeux vidéo Metal Gear Solid. C’est esthétique par moment et permet des aspects rageurs à l’action mais cela reste trop brouillon pour immerger le lecteur comme il faudrait.

Dès le second tome les choses s’arrangent puisque l’on retrouve une linéarité et une simplicité propices avec l’équipe de Koko débarquée à Dubaï et prise en chasse par une organisation d’assassins. Cela permet, après ce premier tome bien peu original, de commencer à développer sérieusement le background et d’ouvrir des possibilités. Si la construction reste assez redondante avec des missions à remplir et des pages d’action à coup de sniper, de mitrailleuse lourde et de couteaux de combat, on commence à accrocher sur les basiques de la série. Pour le personnage principal tout cela reste bien mystérieux et périphérique, chose étonnante alors qu’on nous présente Jonah comme le personnage principal. Le dévoilement peut être progressif mais il ne faudrait tout de même pas trop tarder à faire commencer une histoire un peu complexe.

L’explication du passé de Jonah intervient au tome trois qui propose un court flashback détaillant le recrutement par le frère de Koko… avant de passer à une nouvelle mission en Afrique du sud impliquant un agent américain renégat particulièrement collant. Hormis une escarmouche sur le porte container avec des pirates africains ce tome retombe dans une certaine confusion du premier… Il ressort de cette lecture du début de la série une impression de travail semi-pro qui pourra vous intéresser si vous êtes passionné par l’univers des armes et des trafics internationaux, mais en exigeant une concentration assez conséquente du fait d’un manque de lisibilité à la fois graphique et dans les intrigues. Cette série manque clairement de peps et d’un plus qui donnerait envie de s’y accrocher.

note-calvin1note-calvin1

Achetez le sur Decitre, librairie en ligne, achat et vente livres