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Le Dernier Atlas #3

BD du mercredi

Dernier tome de 254 pages de la série écrite par Fabien Vehlmann, Gwen De Bonneval et dessinée/designée par Hervé Tanquerelle, Fred Blanchard, et Laurence Croix. Parution le 03/09/21 aux éditions Dupuis.

Le poids du monde sur les épaules

Coup de coeur! (1)
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Ismaël Tayeb, truand nantais dont l’ingéniosité et le charisme lui avaient permis de grimper les échelons du banditisme, a eu une révélation lors d’une mission en apparence peu commune. Chargé par le dangereux Legoff de récupérer la pile nucléaire contenue dans la carcasse du Georges Sand, le dernier des robots Atlas aujourd’hui tombés en désuétude, il a entrevu une catastrophe à même d’entraîner la chute de l’Humanité.

Cette catastrophe prit la forme d’un être étrange et d’origine inconnue, ayant la faculté d’altérer son environnement , de causer des tremblements de terre, des ondes électromagnétiques ainsi que des retombées radioactives, sans parler des altérations génétiques chez des nouveau-nés.

Pour Ismaël, la vision qu’il a eue, alors qu’il se tenait au bord du gouffre qui vit émerger la créature, était on ne peut plus claire. Le destin du dernier Atlas n’était pas de satisfaire les lubies d’un baron du crime, mais de servir une dernière fois pour stopper cette menace, surnommée l’UMO. Tayeb s’est donc entouré d’une équipe, constituée d’anciens pilotes d’Atlas et d’ingénieures indiennes, afin de remettre le mécha sur pied pour la grande bataille, toujours surveillé par Legoff.

Pendant ce temps, Françoise Halfort, reporter d’investigations, assiste aux perturbations provoquées par l’UMO, et en fait même personnellement les frais. Malgré une ménopause intervenue des années auparavant, Françoise tombe enceinte, d’une enfant qui se révélera très particulière. Alors qu’elle fuit le gouvernement français qui souhaite mettre la main sur sa fille Françoise va croiser la route de David et Hamid, alliés d’Ismaël, qui cherchent à échapper à Legoff et à ses hommes.

Après moult péripéties, le Georges Sand et son équipage feront face à l’UMO en Algérie. La créature, profondément inhumaine et insondable, ne montrera pas de réel signe d’hostilité lors de cette première confrontation et finira même par disparaître assez rapidement, au grand désarroi de l’équipage, qui entre temps s’est déchiré, littéralement, sur la meilleure stratégie à adopter.

Heal the world

Alors que le monde sombre peu à peu dans le chaos, l’UMO surprend tout le monde en réapparaissant, en France cette fois. Mue par une force invisible, la créature/structure mobile se déplace, attirée semble-t-il par la fille de Françoise Halfort, laissant dans son sillage radiations et perturbation telluriques en tous genres. Le dernier Atlas doit donc se préparer pour un second round. Mais Tayeb, lui, doit manœuvrer pour se soustraire au courroux de Legoff, qui n’en a pas fini avec celui qu’il considérait déjà comme son protégé, sinon son successeur.

En effet, vexé d’avoir été doublé par Tayeb, Legoff retient en otage son père ainsi que son épouse, contraignant le gangster algéro-nantais à jouer à un jeu de dupes.

Après quinze longs mois d’attente, voici la conclusion du récit-fleuve mêlant habilement polar, SF et intrigues politiques. Sur fond d’uchronie, les auteurs nous plongent dans un récit haletant et addictif, dont les enjeux augmentent progressivement au fil des chapitres qui le ponctuent. Cet aspect feuilletonesque permet un développement sans faute des nombreux personnages, dont les destins se croisent de sorte à former une toile cohérente et dense.

La conclusion du récit, vient apporter des éléments de réponse obtenus assez logiquement dans sa diégèse sans alourdir le propos. On regrette simplement que Tayeb, désigné assez naturellement comme le protagoniste, ne soit toutefois pas celui qui mette un terme au règne de Legoff. La dernière séquence, cependant, rattrape cette impression en nous offrant un final digne du Parrain, rien que ça.

Ce dernier volume reste donc dans la lignée des deux précédents, et son contenu a de quoi le faire entrer dans le panthéon de la franco-belge de ces dernières années.

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Le Dernier Atlas

La BD!

Série en trois tomes, écrite par Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, dessinée par Hervé Tanquerelle. Deux tomes parus, le 15/03/2019 (205 pages) et le 24/06/2020 (228 pages), aux éditions Dupuis.

Obsolescence programmée

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Ismaël Tayeb n’est peut-être qu’un petit tâcheron dans les rouages criminels de Nantes, mais il a tout d’un grand. Consciencieux et méthodique, brutal mais magnanime, il supervise, avec ses compères, un réseau de jeu clandestin très lucratif.

Lorsque son sang-froid et sa clairvoyance lui permettent de sauver la mise au grand patron Legoff, dit « Dieu le père », Ismaël va se voir donner l’occasion de grimper les échelons en prouvant sa valeur. Ainsi, le truand au grand cœur n’aura pas le droit à l’erreur pour sa nouvelle mission: se procurer une pile nucléaire, dans le cadre d’une transaction sensible dans laquelle Legoff lui-même joue gros.

Puisant dans ses souvenirs d’enfance, Tayeb va vite trouver le moyen de contourner cet épineux problème: retrouver la carcasse du Georges Sand, le dernier des Atlas. Les Atlas étaient des engins colossaux, des Mechas utilisés jusque dans les années 70 pour les grands travaux. Démantelés suite à une catastrophe qui a irradié la ville de Batna en Algérie, ils ont aussitôt été relégués au rang des vieilleries, à l’exception du Sand, qui ne doit son salut qu’à un conflit juridique du à sa présence sur le sol indien.

Alors qu’il rend visite à « Dieu le père », exilé en Algérie, Ismaël est témoin d’étranges événements en plein cœur du désert. Au plus profond d’une mystérieuse faille, il perçoit une entité malveillante qui semble affecter la faune et la flore alentours. C’est un moment charnière pour le truand nantais, qui, horrifié par la menace, imagine un plan aussi fou que désespéré pour la contrer: remettre le dernier Atlas sur les rails, et l’utiliser pour stopper ce qui s’extirpera inévitablement de la faille dans le désert. Pour cela, il va devoir prendre d’énormes risques, et jouer double-jeu avec d’impitoyables truands, dont l’altruisme n’est pas la qualité première…

Uchronie et fin du monde

Ce qui débute comme une petite histoire de truands prend rapidement une dimension à la fois épique et eschatologique, avec rien de moins en jeu que le sort du monde. C’est ce virage, opéré dès le premier volume, qui donne tout son intérêt à la série, en accrochant d’emblée le lecteur.

L’aspect feuilletonnesque, permis par la très généreuse pagination, est une qualité supplémentaire, qui permet aux auteurs de tisser une intrigue complexe, mêlant banditisme, luttes de pouvoirs, géopolitique, le tout sous-tendu par les codes du  » caper « .

Un autre point important du Dernier Atlas est son caractère uchronique, puisque les auteurs ont choisi de construire leur récit dans une version alternative de notre monde, dans laquelle la colonisation de l’Algérie n’a pas connu les mêmes évènements ni la même issue, ce qui influence grandement la narration.

Il est intéressant de constater à quel point, même lorsque l’on joue avec une version alternative, ces deux pays sont liés. Un lecteur attentif à ce genre de thématique constatera d’ailleurs, non sans une ironie certaine de la part des auteurs, que le colonialisme a la vie dure, même au sein du banditisme: le chef, Legoff, est un blanc, vivant sur le sol algérien dans une certaine opulence, tandis que la plupart de ses sous-fifres et de ses exécutants, notamment Ismaël, est d’origine algérienne. Il y a aussi, à l’instar de notre monde, des nostalgiques de l’Algérie française, ce qui finit de planter le clou. On trouve également fascinant le background des Atlas eux-mêmes, tant par leur mécanique que par le culte dont ils faisaient l’objet.

Le Dernier Atlas est une histoire haletante, redoutablement bien écrite, assurément un incontournable du moment !

***·Cinéma

Visionnage: Batman ninja

Film d’animation de DC comics (Warner), sorti en 2018, 85 minutes. Le film est réalisé par une équipe japonaise avec notamment le character designer du réputé Afro Samuraï.

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J’ai profité de l’arrivée de ce film d’animation (qui a déjà deux ans) sur Netflix pour tester ce projet assez WTF… ou pas, vues les excentricités de l’univers DC. Pour être direct, si vous ne l’avez pas deviné, ce film (et le manga qui en est issu en 2019) est un énorme prétexte pour placer Batman dans le Japon médiéval, mais pas que. C’est en fait tout un pan de la culture entertainment nippone qui est adapté dans le batverse. J’ai oui dire depuis quelques années que DC produit de bien meilleurs films d’animation que de films en prise de vue réelle et je veux bien le croire pour cette première incursion. Attention, je ne parle pas d’histoire qui est ici, encore une fois totalement expédiée sans même prendre la peine de faire semblant: le film s’ouvre en plein milieu d’un combat entre Batman et Gorilla Grodd à Arkham où ce dernier a déclenché une machine temporelle… qui propulse tout le petit monde du Batverse directement au japon des Shogun. En moins de cinq minutes on nous explique que la quasi totalité des méchants canoniques de Batman étaient présents ainsi que Catwoman, Alfred, la Batfamille… et la Batmobile. Rien que ça. Pas de justification c’est comme ça. J’imaginais une uchronie démarrant au japon mais non, on déplace juste tout Gotham (sauf Gordon et Batgirl, tiens, ils ne doivent pas aimer les sushi…) au Japon pour pouvoir se foutre sur la gueule avec le Joker et ses potes.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Dit comme ça cela ne doit pas vous engager beaucoup. Je ne vais pas faire le service après vente, je l’ai déjà dit et taggé, ce film est pas mal WTF et l’assume. Dernière pique dans le « scénario », le titre même est trompeur puisque l’on n’a affaire ici qu’à des samouraï et aucunement à des ninja. Ce n’est pas histoire de chipoter, je ne suis pas spécialiste mais visuellement tout est repris des codes des amures des guerriers japonais. Enfin, je remarque (le film est concomitant de l’Event Metal) que le clan des guerriers de la chauve-souris fait furieusement penser au clan du Hibou qui apparaît dans le DCverse depuis la Cour des hiboux je crois.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Non, la première qualité de ce film est clairement graphique, avec d’une part un design très élégant des costumes et personnages (notamment un Joker sous amphet’ particulièrement bien transposé en Shogun dément), des équipements mécaniques de Batman et des méchants et de la technique utilisée, en cell-shading. Comme souvent cette technique est idéale pour permettre de véritables effets BD avec un aspect crayonné (et quelques séquences de variation graphique expérimentale plutôt chouettes) sur une animation que seule la 3D peut rendre si fluide. Du coup l’expérience visuelle, très colorée, est vraiment plaisante. Comme le film est essentiellement une grosse baston sur terre, sur mer et dans les airs, on peut profiter des belles images en débranchant son cerveau et en sirotant une bière (ou un saké). Je parlais d’éléments mécaniques, car on est ici dans une réalité uchronique créée par l’arrivée du Joker où la technologie a évolué (sacrément!) jusqu’à permettre la création de Mechas géants en forme de châteaux médiévaux… Je vous avais prévenu, les créateurs se sont fait plaisir jusqu’à un combat final qui fleure bon le Bioman.

Résultat de recherche d'images pour "batman ninja"Etant donnée la durée assez courte et le plaisir visuel mais surtout un second degré totalement assumé, ce Batman Ninja se laisse absolument regarder. Sans ambition aucune, il ne dispense pas de revoir la magistrale oeuvre avortée de Zack Snyder mais donne envie d’aller jeter un œil vers les autres films d’animation DC.

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Les enfants de la colère #2

Rufus Stewart

Cette  rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à douze ans elle aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est Jean-Pédrovitch: à  quatorze ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Radiant, Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Damian et Nico Naranjo
Ankama (2020) volume 2/2

bsic journalismMerci à Ankama pour leur confiance.

Résultat de recherche d'images pour "bdgest les enfants de la colère tome 2"La critique du premier volume est lisible ici.

Après l’attaque surprise de la base du Nord par les méchas des enfants les liens semblent s’être soudés, alors que l’offensive finale se prépare. Les adversaires d’hier rentrent dans le rang et le rapport de force semble se retourner…

Salut les enfants. On retrouve donc la bande de Kir pour un dernier volume plein d’action… Parlez-nous de cette conclusion et votre avis par rapport au premier…

Jean-pé: Je l’ai trouvé aussi bien. Dans le premier c’était un peu facile, à partir du moment où ils avaient leurs robots ils défonçaient tout. Ici ils décident se s’en passer pour ne plus aller à la guerre. Par contre il n’y a pas beaucoup de changements. C’est la même histoire qui se continue.

Talia: Oui, c’est plus difficile. Ils se blessent et sont obligés de faire des choix, obligés par l’attaque des méchants.

Qui sont les méchants désormais et que sont devenus ceux du premier tome?

20200209_163121.jpgTalia: Lia était la meilleure pilote des méchants et est finalement passée du coté des résistants. Son chef est remplacé par un nouveau capitaine du Nord. Désormais ils pilotent les méchas directement et plus à distance.

Jean-pé: Il y a une inversion des méchants: Lia la méchante du premier tome passe avec eux alors qu’ils se fâchent avec le père de Kir. Et le patron de Bechtech envoie une nouvelle équipe remplacer la première défaillante.

 

 

Est-ce que vous avez vu une évolution dans les relations entre les enfants depuis le volume précédent?

Talia: Au début Marek jouait solo et maintenant il joue le collectif…

20200209_164547.jpgJean-pé: … et grâce à Wira ils ont un nouvel allié pour leurs rendez-vous, dans la salle de jeu où ils peuvent s’entraîner.

Talia: Zoya était plutôt peureuse et là elle devient courageuse et c’est elle qui va faire gagner la bataille!

Finalement qu’est-ce qui les fait gagner?

Talia: Lia les a aidé et il y a plus de Méchas, c’est plus équilibré.

Jean-pé: Le combat précédent a provoqué une rébellion dans la population et ils sont aidés, les gens sont moins résignés. Les méchants ne sont pas soudés et se concurrencent au lieu de mettre leurs forces ensemble…

Talia: … comme Marek travaille avec ses copains désormais ça inverse le rapport de force car les enfants sont soudés, eux.

Jean-pé: Quand ils découvrent que ce sont de vrais pilotes ils sont surpris. Ils donnaient leur maximum car ils croyaient n’avoir affaire qu’à des machines pilotées à distance et étaient sans pitié.


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

20200209_164526.jpgCe second et dernier tome démarre de façon surprenante puisqu’il nous plonge en plein milieu de l’action dans la suite immédiate de la fin de précédent. C’est un peu étonnant et aurait sans doute justifié un seul one-shot d’autant que cette conclusion est quasi exclusivement sous le signe de la baston de robots. Sur ce plan les gamins en auront plein les yeux et les auteurs ont montré précédemment leur efficacité dans ces grosses batailles toutes en couleur et formes rondes qui nous rappellent furieusement une chambres de gosse… Avec son esthétique de dessin-animé, Les enfants de la colère fait mouche auprès du public ciblé. Difficile donc de parler de ce tome qui, pris indépendamment peut sembler moins riche que le précédent quand aux thèmes abordés, mais en tant que seconde jambe de l’édifice est totalement cohérent, comme la longue bataille  finale d’un blockbuster Marvel. Je conseille donc de lire les deux tomes comme un seul volume en imaginant bien vite la parution d’une intégrale comme Ankama le fait souvent.

A partir de 9 ans.

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BD et vrac #11

Aujourd’hui pas de jeunesse ni de docu mais une fournée spéciale nouveautés toutes fraîches avec de grosses sorties très grand public. Après la grosse artillerie de com’ autour de ces albums, en vrai qu’est-ce que ça vaut?

  • Le dernier dragon #2 (Pecau/Pilipovic/Delcourt) – 2019, 2 vol parus.

Critique réalisée sur version numérique pour Iznéo.

bsic journalismbadge numeriqueLe premier tome de cette série est paru en mars dernier et nous voilà déjà avec la suite d’une très bonne surprise du printemps. Si la couverture est tout aussi magnifique que la première, l’album souffle le chaud et le froid et l’on se demande du coup s’il n’a pas été réalisé un peu vite… Le scénario très étrange commence sur des récits de Léonard de Vinci avant de nous faire retrouver l’héroïne envoyée en Terre-sainte pour finir par retrouver les protagonistes des toutes premières pages de la série. Les sauts sont du coup un peu brutaux et le scénariste pourtant chevronné oublie un peu de développer son background et la liaison entre les séquences. Même chose pour les dessins de Pilipovic, parfois superbes et précis, parfois manquant étrangement de netteté. Le duo a un talent certain et le matériau est riche mais les affrontements dragoniers ne suffisent pas à maintenir l’intérêt au niveau du premier volume. Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de mou car il serait vraiment dommage que cette série tombe dans une banalité du tout venant Fantasy.

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  • Danthrakon (Arleston/Boiscommun/Drakoo) – 2019, 1 vol/3 parus.

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bsic journalismAprès des années passées chez Soleil où son univers fantasy a très grandement participé à marquer la ligne éditoriale de l’éditeur toulonnais, Arleston a accepté de prendre en charge le nouveau label Drakoo de chez Bamboo, avec en ouverture de bal ce Danthrakon, série jeunesse prévue en trois tomes. Si vous suivez ce blog vous savez que je considère les séries de plus de six volumes comme des démarches commerciales, aussi ce format me met dans de bonnes dispositions. Je connais l’univers d’Arleston et ai toujours aimé Lanfeust (au moins les deux premiers cycles), en revanche si j’aime bien les images des BD de Boiscommun je n’avais rien lu de lui jusqu’ici. Cet album nous présente un univers (ou plutôt une cité) de magie ou différentes races cohabitent et se rangent par fonction. Les mages prennent des apprentis à leur service dans des maisonnées organisées comme les domaines du XVIII° siècle. Une caste d’inquisiteurs surveille l’utilisation de la magie dont la variante « magie du sang », considérée comme primale et incontrôlable, est interdite. Le héros, jeune marmiton un peu niais (ça ne vous rappelle personne?) se retrouve dépositaire de la puissance magique d’un ancien grimoire, qui le transforme en bête surpuissante… Résultat de recherche d'images pour

J’avoue avoir été un peu déçu par cet album qui se confirme être destiné à un lectorat jeune, avec une simplicité d’action et de textes qui se justifient en cela. Tout d’abord le dessin d’O.G. Boiscommun est étonnamment faible et brouillon par rapport à ce qu’il a produit jusqu’ici. Je soupçonne l’encrage et la colorisation (réalisées par deux autres personnes) assez plate et informatique d’être la cause de cela puisque le cahier graphique de fin de tome montre de superbes dessins. Ce dessinateur nous a habitué à apprécier ses couleurs directes et le style que l’on apprécie est ici perdu, c’est très dommage! Pour ce qui est de l’univers et de l’histoire il n’y a rien de très surprenant. Encore une fois l’efficacité d’Arleston plaira probablement aux jeunes lecteurs mais contrairement à Lanfeust et d’autres séries du scénariste les adultes risquent d’avoir du mal à se laisser tenter. Pour l’originalité on attendra de voir les autres tomes mais pour l’heure on reste avec de la BD très formatée dont on peine à détecter la plus-value dans l’océan de la BD fantasy. Pour un démarrage de collection j’attendais quelque chose de plus qualitatif, surtout que ce qui s’annonce chez Drakoo semble plutôt alléchant.note-calvin1note-calvin1


  • Time lost #1 (Sala/Khaled/Soleil) – 2019

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On ne va pas se mentir, ce pulp plein de nazis, de soldats amérloques malpolis, de pom-pom girls, de dino et de Mechas se lit très très vite. Si tout est dans la couverture et que certains pourront trouver le ratio prix d’achat/temps de plaisir un peu dur, il est indéniable qu’Afif Khaled est un super dessinateurs qui maîtrise à merveille la technique numérique et que son dessin ne souffre que de très peu de défauts avec une minutie des détails remarquable. Jean-Luc Sala est un scénariste expérimenté qui aime les univers d’aventure décalés (son très bon Spynest et le plus complexe Cross-fire avec Pierre-Mony Chan) et il aurais pu nous en donner un peu plus pour cette entrée en matière. Du coup je crains la série à rallonge très commerciale… Il n’en demeure pas moins que l’on prend un plaisir certain dans cette immersion pop-corn proche de ce que va nous proposer Herenguel avec son Kong Crew: c’est chatoyant, plein de testostérone, de clichés qu’on aime, bref une BD de garçon coupable qui souffre surtout de dialogues franchement bof avec beaucoup de bons mots qui tombent à plat. Mais ce n’est pas très grave puisqu’on est là pour les dessins et l’action.

Et un autre avis chez Constellation. https://blogconstellations.home.blog/2019/09/27/time-lost-01-operation-rainbow-2-jean-luc-sala-et-afif-khaled/

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Les enfants de la colère

Rufus Stewart

Cette nouvelle rubrique vise à présenter un album jeunesse  en regard croisé parent/enfants. Mes deux zozo parlent donc d’un album en mode question-réponse, puis vous trouverez en fin d’article mon avis dans un format plus classique. En espérant que ça vous plaise. N’hésitez pas à me donner votre avis et idées sur la formule en commentaires!

  • Ma fille c’est « Talia » (c’est un pseudo): à onze ans elle a aime beaucoup Buddy Longway, La Rose écarlate, les Mythics, Harmony, les carnets de Cerise, Dragon Ball ou Flying Witch…
  • Mon fils c’est Jean-Pédrovitch: à  treize ans il a déjà lu une grosse partie de ma bdthèque, notamment Universal War 1&2, Thorgal, Blake et Mortimer, Largo Winch,…

BD de Damian et Nico Naranjo
Ankama (2019) volume 1/2

bsic journalismMerci à Ankama pour cette découverte.

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère bd"Sur la planète Aegis, le Nord, supérieur technologiquement, entame une conquête d’un Sud ravagé par la guerre et en résistance. Lors d’un assaut meurtrier, un robot de combat ennemi est capturé par les résistants. C’est le début d’un programme de reconquête qui commence…

Alors aujourd’hui on parle de Science fiction les enfants. Est-ce que vous pouvez présenter cette nouvelle série?

Talia: Il y a le Nord qui attaque le Sud avec des Mechas et les défenseurs récupèrent des méchas pour se défendre… Les enfants sont en colère car on a tué leur famille. Ils sont manipulés par les militaires pour former la résistance.

Qu’est-ce que c’est des Méchas? Vous avez des exemples?

Jean-Pédrovitch: Ce sont des sortes d’exosquelettes géants pour le Sud. Pour le Nord ils sont contrôlés à distance, ils sont beaucoup plus forts technologiquement, ils dominent. Les héros sont plus malins, se sont des enfants qui dirigent directement les Méchas qu’ils ont bricolés, car ils sont plus vifs et compensent le manque technologique. J’en ai vu dans les séries Aquablue ou Météors.

Les Méchas sont donc différents? Lequel préférez-vous?

Jean-Pédrovitch: Ceux du Nord sont faits en série et sont identiques. Ceux des héros sont bricolés et ont leurs particularités: un sniper, un épéiste, un boxeur,… J’aime bien le robot du chef des méchants.

Talia: Les méchas ressemblent aux enfants: celui qui a un couteau pilote un robot avec une lame en fusion,…

Les personnages principaux ne sont pas vraiment des héros invincibles…

Talia: Ils sont traumatisés et veulent se venger. Ils mènent leur enquête tout seuls. Les enfants généralement ne font pas la guerre.

Jean-Pédrovitch: Oui, il y a un personnage impulsif qui mets les autres en difficultés par-ce qu’il prend des décisions tout seul. Les autres essayent de travailler en équipe, c’est la seule solution pour contrer les adversaire. Les autres ont presque tous un problème, une est accro aux jeux vidéos, un autre est violent, etc.

Et visuellement comment vous avez trouvé l’album?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"Talia: Les dessins ne sont pas très réalistes, plutôt enfantins et ne correspondent pas trop à l’histoire. J’ai pas trop aimé le dessin, sauf les méchas qui sont très différents. On retrouve le caractère des enfants dans leur robot. Les couleurs sont un peu bizarres, parfois il n’y a pas de fonds dans les cases.

Jean-Pédrovitch: Les dessins sont irréguliers, parfois très simplistes et parfois poussés. Ça ne me gène pas sur les mangas par exemple mais en BD ce n’est pas pareil. Les couleurs sont assez grossières.

Alors vous continuerez sur la suite de l’histoire?

Talia et Jean-Pédrovitch: Oui par-ce que l’histoire est sympa.


Voilà pour le retour des enfants… et le vieux qu’est-ce qu’il en dit?

Résultat de recherche d'images pour "les enfants de la colère naranjo"En entamant la lecture des Enfants de la colère je ne pensais pas lire un album jeunesse… C’est pourtant le cas et cela ne m’a absolument pas gêné tant la mise en case est dynamique, utilisant les techniques du manga pour illustrer la rapidité d’action. J’ai notamment beaucoup aimé l’utilisation très poussée des onomatopées qui sont ici un vrai personnage graphique, prenant une place importante dans l’image, suivant des courbes et des formes qui apportent à l’impression souhaitée au-delà de la sonorité même du texte. Ce n’est pas absolument nouveau mais assez rare et j’aime beaucoup ce genre d’innovation dans le genre BD qui est assez formaté.

L’intrigue est une trame simplifiée d’un récit guerrier avec méchants soldats hyper-équipés et gentils résistants avec un groupe d’enfants abîmés qui se vengent en utilisant des robots. Car c’est là le gros atout de la BD et l’envie des auteurs: proposer aux enfants une histoire de Mechas. Leur design est très réussi, permettant aux lecteurs d’identifier le caractère de chaque robot à l’enfant qui le pilote. Je pense d’ailleurs que Talia et Jean-Pédrovitch ont surtout accroché à cet élément. Les dialogues sont plutôt sympa, les personnages très archétypaux mais variés et la bande de jeunes est une mécanique habituelle aidant les jeunes lecteurs à s’immerger dans l’intrigue. Graphiquement Nico Naranjo se rattache plutôt à l’école Miyazaki avec des contours ronds et des hachures qui textures les formes. Il hésite un peu entre deux styles, ce qui a pu perturber les enfants, avec en effet une histoire assez dure et des dessins jeunesse. Le découpage en revanche est très dynamique et renforce l’action, assez omniprésente dans ce premier volume.

Comme pour Garbage Night qui proposait un post-apo aux jeunes, l’album des espagnols Damian et Nico Naranjo a le mérite d’initier les enfants à de la SF militaire (pas toujours drôle!) et aux combats de robots.

A partir de 9 ans.

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