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Doggybags #17

La BD!

Dix-septième et dernier tome de la série d’anthologie créée par RUN, avec Nikho, Florent Maudoux, Diego Royer au scénario, Nikho, Allanva et Petit Rapace au dessin. Parution le 21/05/21 au Label 619 des éditions Ankama.

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur fidélité.

This is the end

Clap de fin pour la série phare du Label 619, qui aura su au fil des numéros s’iconiser toujours plus tout en conservant son crédo d’origine, à savoir intégrer et mettre en avant de jeunes auteurs désireux de revisiter le genre grindhouse.

Ce chant du cygne version 619 nous réserve trois histoires courtes, dans autant de genres différents: De Monocerote, Birds of a Leather et Ténéré.

Le premier chapitre nous ramène chez ces bons vieux vikings, qui se disputent, de gentille arnaque en trahison fratricide, une corne prise à une créature légendaire : la Licorne. Lui prêtant des vertus magiques, les guerriers norrois vont se la disputer égoïstement, aveuglés par leurs désirs de grandeur, avec de bien funestes résultats. Ce récit met en exergue l’avidité intrinsèque de l’homme et la toxicité de ce dernier au sein même des sociétés qu’il a érigées. Le dessin de Nikho s’est amélioré depuis Horseback 1861, mais contient toujours des approximations anatomiques, que l’on pardonne davantage sur un format court tel que celui-ci. On ne peut toutefois s’empêcher de noter que l’auteur a du recourir au script doctoring de Mathieu Bablet, ce qui, conjugué à sa marge de progression manifeste sur Horseback, nous laisse penser qu’il n’est pas encore tout à fait mûr pour se lancer en solo et livrer un album qualitatif.

Le second chapitre, nous plonge dans les méandres de la folie, à travers le regard d’Helen, une femme de sénateur vivant dans l’ombre de la défunte épouse de ce dernier, et victime d’une sorte de délire lui faisant endosser les forces totémiques des fourrures animales qu’elle aime arborer. Ce récit-là nous rappelle un cruel paradoxe qui veut que seuls les humains sont capables d’actes inhumains, les animaux, régis le plus souvent par l’instinct (mais aussi par des émotions, détrompons-nous), n’agissant quant à eux jamais par malice. Si l’on prolonge la réflexion, on s’aperçoit alors qu’il est un tant soit peu malhonnête d’affubler des caractéristiques animales à des traits exclusivement humains (les vautours pour l’opportunisme et l’ambition crasse, par exemple, ou la vanité pour le paon). Au niveau de la narration, Bird of a Leather souffre d’un certain hermétisme lors de la première lecture, mais gagne néanmoins à être lu une seconde fois pour en saisir les subtilités.

La troisième partie prend place au cœur du Sahara, où une famille de touristes inquiets et leur guide sont traqués par des Touaregs. L’attrait de cette dernière histoire réside moins dans son twist final, décelable dès les premières pages, que dans son ambiance inquiétante et son rythme enlevé.

Cette charge finale rend honneur à l’ensemble de la série sans toutefois la transcender. Ce dernier numéro nous rappelle malgré tout l’impact important du Label 619 dans le paysage éditorial français, et l’espace que laisse Doggybags, après dix ans d’existence tonitruante, devra certainement être comblé d’une façon ou d’une autre.

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Kim Trauma #1: silicon carne

BD du mercredi
BD de Florent Maudoux et Rebeca Morse
Ankama (2020), 128p. couleur. Série en cours, univers Freaks’ squeele

bsic journalismMerci à Ankama pour leur fidélité.

Comme d’habitude chez Ankama et Label 619 l’édition est superbe et pleine de goodies. La couverture est moins alléchante que les précédentes propositions de Maudoux (pourtant un des meilleurs « couverturistes » du circuit!) et annonce dès la quatrième que l’on a affaire à un spin-off de la série mère Freaks’ squeele avec des histoires courtes qui peuvent se lire séparément et dans n’importe quel ordre. L’intérieur de couverture comporte quatre sublimes illustrations reprenant les personnages de l’album habillés à la façon des illustrations art Nouveau. Quel dommage de ne pouvoir en profiter en couverture… Une préface de la psychologue clinicienne Marion Haza, spécialiste des troubles de l’adolescence ouvre l’album en nous signalant que Florent Maudoux a illustré son ouvrage sur le sujet. Puis se présentent les deux histoires, l’une intégralement réalisée par Maudoux, l’autre scénarisée par lui et dessinée par Rebeca Morse (à l’œuvre sur Dragons et poisons), séparées par un texte de sept pages (carnet de visites du Traüma center, moyennement intéressant) et une double page d’idées de scénarii pour le jeu de rôle Freaks’ Squeele. Le tout se termine par une planche de stickers illustrés par Maudoux.

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Comme toute université, la FEAH a une infirmerie où l’on peut soigner ses petits bobo. Mais a public particulier, remèdes particuliers… Kim la tatoothérapeute, Val l’infirmière de choc et Castor/pollux le psy utilisent eux-aussi leurs pouvoirs/déviances pour soigner l’âme compliquée des êtres surpuissants qui peuplent cette université des héros…

Si vous êtes nouveau venu dans l’univers si particulier de Flaurent Maudoux, pas de panique, Kim Traüma est une très bonne porte d’entrée pour découvrir si vous êtes compatibles avec ce monde de super-héros truffé de références, de problématiques young-adult et de l’univers personnel de l’auteur. Depuis maintenant douze ans l’auteur formé dans l’animation et creuset des cultures BD des trois mondes (franco-belge, Comics, Manga) développe l’univers de Freaks squeele. J’ai déjà parlé (voir eu début d’article) de la cohérence étonnante entre les auteurs qui composent le Kim Traüma : Silicon Carne (0), bd chez Ankama de Morse, MaudouxLabel 619 et leurs créations qui recouvrent des préoccupations loin d’être mainstream. Après avoir conclu sa série mère, bien entamé sa préquelle héroïque il développe quelques spin-off au gré de ses envies comme le formidable Vetsigiales qui abordait dans une virtuosité graphique folle la question de l’identité sexuelle complexe des générations Y et Z. C’est là qu’arrive Kim Traüma, conçu comme une série et qui prolonge un peu l’envie de jeu de rôle de l’auteur après la publication du jeu basé sur son univers.

Auteur rapide mais très détaillé, Florent Maudoux fait le choix à la fois « économique » (le gain de temps) et essentiel (la conception du travail comme un partage avec d’autres créateurs) de ne réaliser que la moitié de l’album et reprend sa pratique d’insérer des textes au cœur de ses BD. J’avoue que si le concept est cohérent dans une anthologie comme Midnight Tales de son camarade Bablet j’ai trouvé que cela faisait un peu remplissage en apportant très peu au concept hormis, comme les aides de jeu, à développer l’esprit jeu de rôle de son univers hybride. Ce qu’il y a de particulier chez Maudoux c’est la liberté totale, apportant littéralement des Super-Sayan dans une séquence avant de placer les personnages de Breaking Bad ou Captain Marvel sans autre justification que son envie de dessin. Il en va de même pour le design général des décors et des personnages, intégrant un salon de dinner 60′ avec une référence au https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH1068/kmt5-039f5.jpg?1603450938Fonzie de Happy days avant de voir la Valkyrie adopter une tenue issue de Macross… On est en pleine pop-culture et il est toujours très agréable de voir une telle profusion de références, d’imagination, de bon goût (quoi que…) sans besoin de fil conducteur. Il en ressort souvent une impression de foutraque et de WTF mais c’est ce qu’on appellera l’esprit Rock’n’roll du XXI° siècle!

Sur le plan du scénario le premier est tout à fait sympathique, notamment avec l’éclairage psychanalytique de la préface, et associe fonds et forme avec comme souvent dans Freaks Squeele un tout qui aboutit à un combat comme on n’en a jamais vu! On y découvre une cadette de famille de super-guerriers tout droit issus de Dragon-ball qui ne parvient pas à déclencher ses pouvoirs, écrasée par le poids de sa famille… Les marqueurs de Maudoux sont là (les grosses, le tatouage, le mysticisme et la médecine chinoise,…) et mine de rien si nombre d’auteurs franco-belges se sont essayés à des variations françaises du genre super-héroïque, je pense que peu ont réussi autant que Florent Maudoux à créer de la nouveauté en reprenant le thème des adolescents mutants (X-men) mal dans leur peau avec la maîtrise compliquée de leurs pouvoirs dans un contexte hyper-moderne quand aux thématiques abordées (la sexualité, le couple, l’identité, la fonction,…). La seconde histoire, outre qu’on perd la découverte et la présentation des trois personnages fort sympathiques de la clinique, est moins accrocheuse avec ce vampire plein de sève amoureux littéralement d’un Regard Critique - Bandes dessinées - Critique Kim Trauma T.1 de Florent  Maudoux & co.sac d’os en la personne de Gunther, la fille squelette au cœur d’artichaud. Hormis l’étrangeté permanente dans FS et l’idée d’équiper le squelette d’une peau de poupée gonflable, la réflexion est moins profonde et les dessins moins forts.

Pour conclure, cette nouvelle série est totalement dans la ligne de la série mère Freaks Squeele avec les mêmes qualités et devrait plaire sans réserve aux amateurs de Maudoux de la première heure. L’idée d’un spin-off sans trame et pouvant se lire isolément est plutôt une bonne idée qui pourrait élargir le lectorat. Avec son univers très défini et résolument original, Florent Maudoux peut bien entendu faire peur à un lectorat adulte éloigné des préoccupations d’adolescents en construction. A eux il offrira ses planches et encrages toujours superbes, bonne compensation! Cet univers n’est pas facile d’accès et pas destiné à tout le monde malgré l’omniprésence de la pop-culture. Mais la variété de ce que propose l’auteur lyonnais peut permettre de découvrir une facette ou l’autre d’un monde unique dans la BD.

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Funerailles #6: Bad moon on the rise

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #6
BD de Florent Maudoux
Ankama (2020), 87 p. 6 volumes parus.

bsic journalismMerci à Ankama pour leur fidélité.

couv_384511Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas aimé l’illustration de couverture de cet album, pourtant bizarre comme l’univers qu’elle couve mais loin du classicisme épique et de la thématique trinitaire qu’utilisaient les autres volumes. La rupture esthétique est nette, c’est dommage tant cette série avait jusqu’ici peut-être les plus belles couvertures de BD jamais réalisées…

Après la grande bataille contre les guerriers d’Isis et le sacrifice de Mammouth, la XIII° Légion vogue vers la victoire finale à Rem à bord d’une flotte de ballons. Alors que les généraux devisent sur la stratégie pour faire tomber le pouvoir de la Mante Religieuse, Funerailles étudie le processus d’immortalité en recueillant les histoires des soldats de la Légion…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bad moon on the rise"Ce sixième album de la série dérivée de Freak’s Squeele marque la fin du premier arc… mais la série va se prolonger! Depuis le début de la saga Florent Maudoux n’avance qu’au gré de ses envies, de ce dont il a envie de parler, de ce qu’il a envie de dessiner. C’est là toute l’originalité de ses créations (comme de toute la production du label 619) de proposer des albums extrêmement personnels, sans aucun compromis. Cela peut parfois déstabiliser, comme ces récits textuels sur cinq pages qui coupent la narration BD. Les nouvelles sont bien écrites et intéressantes, en nous plongeant dans le passé des personnages comme une sorte de Requiem d’un auteur qui sait que leur histoire va s’arrêter. Si la démarche (qui s’inscrit logiquement dans le scénario de cet album) est louable, son insertion rompt à mon sens la dynamique de la BD qui aurait mérité de voir ces textes compilés en fin d’ouvrage au lieu d’un texte final assez étonnant où l’auteur nous parle des Chevaliers du Zodiaque (Saint Seya en VO) en forme de résumé de la saga…

Hormis cela l’histoire est dans la ligne des précédents, bien construite, centrée sur des personnages et des créations visuelles toujours originales et réussies avec un design général où le plaisir du dessinateur se ressent. Il n’est jamais simple de conclure une histoire et si celle de la XIII° légion l’est très bien, il demeure pas mal de questions sur l’articulation avec la série d’origine. Funerailles aura été plus centrée sur Scipio et Mammouth que sur Pretorius dont on attend toujours de savoir comment il devient le redoutable guerrier de Freak’s Squeele. Gageons que Florent Maudoux sait où il va et a Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bad moon on the rise"prévu dès l’origine la liaison entre les deux séries qui restent à l’heure actuelle assez éloignées (univers contemporain pour FS, plus épique et Fantasy pour Funerailles).

La furie du précédent tome provoquera en comparaison une impression de calme qui atténue la force du combat final pourtant très réussi contre Psamathée de la Mantis. La gestion du rythme a toujours été très étonnante, inhabituelle, chez Maudoux, auteur qui a énormément de choses à dire, choses qu’il insère dans des dialogues toujours fournis et rehaussés de bons mots et de vannes de caserne (et pour cause!). Cette construction novatrice nous donne une petite impression d’être au milieu du gué achevant une révolution sans bien savoir sur quoi elle débouchera. A l’image de ces dernières pages de conclusion toutes en couleur et aux visions apocalyptiques, proches des films Hellboy, aussi belles qu’hermétique. Étonnant.

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Midnight Tales #3

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2019), 3 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette découverte.

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Après la chronique des tomes 1 et 2 de ces histoires de l’Ordre de Minuit, voici un tome 3 spécial japon et qui semble préparer de futurs autres tomes thématiques (sur l’Inde?). La couverture est signée Bablet et présente le Kaiju d’Hiroshima. Comme d’habitude, l’intérieur sera composé de cinq courtes BD d’auteurs différents, une nouvelle et des articles de background toujours intéressants, que ce soit sur les thématiques abordées (la place des femmes au Japon, les Kaiju, l’Île fantôme) ou l’univers occulte de l’Ordre de minuit.

Mokusatsu (Pagani/Bablet): le volume s’ouvre sur une origin story avec le combat d’une équipe de Midnight girls contre le Kaiju libéré par les occultistes américaines à Hiroshima. C’est bien mené graphiquement bien qu’un peu facile (l’origine cachée des grandes catastrophes on commence à connaître…). Surtout cela va lancer toutes les autres histoires de ce volume trois qui en découleront. Les dessins de Baptiste Pagani rappellent ceux de Singelin et sont assez sympa bien que les décors atomiques d’Hiroshima laissent peu de place à la virtuosité.

20190524_225919_resized.jpgParasites (Rouzière/Bordier): nouvelle équipe, menée par la fille de l’héroïne d’Hiroshima (Kyoko), qui va combattre des Yokaï (esprits) parasites, alors que sa mère a sombré dans l’alcoolisme et rejette toute sa frustration sur la pauvre jeune fille. Pas franchement convaincu par les dessins alors que le dessinateur Thomas Rouzière présente des illustrations vraiment superbes sur son blog

Bâton de cendre (Maudoux): le comparse Maudoux propose l’histoire la plus forte à la fois graphiquement (peut-être une de ses histoires visuellement la plus réussie?) et scénaristiquement. La construction complexe est très bien menée, lisible et touchante avec ces jeunes japonaises prises entre tradition et modernité… auxquelles s’ajoute le devoir de protection qu’impose l’Ordre. Cette section symbolise totalement le projet Midnight Tales (et plus globalement celui du Label 619) d’allier pop culture et analyse des faits de société. La sensibilité de Maudoux (allez voir Vestigiales, ça vaut le coup!) sur l’altérite est toujours aussi intéressante.

20190524_230117_resized.jpg Les sœurs de Selene (Neb studio/Bablet): très jolie séquence dans un pure style Anime dessinée par les auteurs de La Valise, avec de superbes couleurs, de l’action, du bizarre, bref, du tout bon. Surtout elle ouvre beaucoup l’univers avec l’apparition de cette confrérie inconnue jusqu’ici, qui a opté pour la collaboration avec les esprits dans une sorte de refuge, et qui sont attaquées par leurs ennemies, les Magical Girls… menées par Kyoko, en suivant donc toujours cette filiation de la séquence originelle.

– Epilogue (Bablet): qui conclue cette histoire familiale de Kyoko rendant visite à la tombe de sa mère. Anecdotique mais ces quelques pages permettent de conclure joliment cet album.

 

Au final ce troisième volume des Midnight tales est assez différent des autres par son homogénéité. J’aimais bien l’idée de volumes thématiques mais (peut-être par manque de temps pour la développer) l’histoire de cette Magical Girl est finalement moins accrocheuse que les histoires de chaque séquences racontées jusqu’ici. Mathieu Bablet continue néanmoins avec ses comparses (en nous permettant de très belles découvertes!) à développer une mythologie assez riche et qui mériterait d’ici quelques temps des albums entiers. A savoir que la trame principale de la série est écrite sur plusieurs volumes et devrait se recentrer sur certains personnages maintenant que le background est installé.

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Midnight Tales #1 et #2

BD concept de Mathieu Bablet & le Label 619
Ankama (2018), 2 vol. parus, environ 130 p./vol, série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour cette découverte.

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Ankama fait partie des éditeurs que j’aime bien car ils soignent leurs productions et lancent des projets originaux, même si je n’accroche pas avec toutes leurs publications. On a donc ici de gros volumes au format comics et papier épais non glacé, une table des matières, couverture à rabats et bibliographie pour aller plus loin. La maquette est très sympa et donne envie avec une alternance de courtes BD, de nouvelles et de textes documentaires ou pseudo-journalistiques qui participent grandement à la matière de cet univers, comme sur le Chateau des Etoiles par exemple. Une bibliographie est insérée sur le rabat à la fin des ouvrages. Hormis deux-trois pages avec un problème de chevauchement d’impression des textes (à moins que ce soit fait exprès pour l’ambiance trouble?) c’est nickel et mérite un Calvin pour l’édition.

Depuis la nuit des temps l’Ordre de Minuit rassemble les sorcières sur la planètes pour protéger notre réalité des puissances d’entre les mondes, ce qu’on appelle les esprits ou démons. En différents points du globe ces jeunes filles voient se chevaucher leurs vies personnelles, leurs difficultés et les dangers de leurs missions de protectrices. Ce sont les chroniques de l’Ordre qui vous sont relatées ici.

Chaque volume rassemble l’équipe du Label 619 dans un ensemble de BD et de contenu hétéroclite fidèle à ce que propose Ankama depuis quelques temps avec Doggy Bags et Gorcery par exemple. Le projet est chapeauté par Mathieu Bablet (qui produit presque tous les scénarii) en visant à développer un univers global autour de cette confrérie et du monde parallèle. L’originalité du projet, outre de rassembler textes et BD est de s’intéresser à des questions sociétales en différents points du monde et d’aborder les sorcières via leurs problèmes humains. Les personnages étant essentiellement des filles le focus est mis sur la perception féminine, les relations mères-filles, l’enfantement, etc. Je constate d’ailleurs que beaucoup de publications du label 619 semblent adopter ce point de vue féminin.

C’est orienté jeunes adultes et c’est particulièrement bien écrit! La maturité créative de ces jeunes auteurs est assez impressionnante, quand aux dessins si quelques cadors mettent le curseur très haut, l’ensemble est plus qu’honnête. Je ne suis pas forcément féru d’ouvrages multi-auteurs mais j’ai été totalement conquis pas le projet, son ambition et le sérieux de sa réalisation.

  • Volume 1

Le volume comprend quatre histoires de fantômes liées à l’Ordre de Minuit, une nouvelle et des articles traitant des femmes en Inde, des mythes des cités englouties, d’un type de fantôme et des sources historiques de la magie.

The last dance: la première histoire relate les aventures d’un groupe de jeunes lycéennes en proie aux problèmes de leur âge alors qu’un Esprit annonciateur de malheurs apparaît. Le dessin de Guillaume Singelin, de type manga, est très propre, dynamique et efficace. On entre bien dans ce monde de spirit slayers.

Samsara: la seconde, dessinée par Sourya voit une équipe de sorcières indiennes accompagner les âmes des morts vers leur dernier voyage. Je ne suis pas passionné pas la société indienne et suis un peu resté en retrait, même si la variation orientale des démons reste originale.

  • Nightmare from the shore: Mathieu Bablet seul aux commandes nous propose un petit apocalypse autour d’un couple d’amies un peu perturbées par leurs conditions sociales et qui passent un pacte avec un démon sorti des eaux… pour le pire. Toujours ces fascinantes pérégrinations urbaines décadentes dont il a le secret.

  • Devil’s garden #1: enfin Gax nous raconte l’histoire de la fille du Diable, Lilith, sur le point de rejoindre son géniteur alors qu’un chevalier de l’Ordre surgit pour empêcher la catastrophe. Très bonne ouverture de l’univers fantastique, un peu brouillon visuellement (l’esprit graph du Label 619, on aime ou pas) mais qui dessine de très bonnes perspectives.

  • Volume 2

Midnight-tales-volume-2-ankama-extraitWitch O’Winchester: histoire de maison hantée dessinée par le génial Florent Maudoux, la première BD du recueil nous raconte la chronique de la veuve de la famille Winchester (la carabine) contrainte de bâtir une maison tentaculaire si elle ne veut pas mourir. C’est très beau comme d’habitude même si l’on aurait aimé en savoir plus sur cette jeune guide membre de l’Ordre.

  • L’étrange cas de M. Bartholomew: des sorcières égyptiennes sont contactées par un riche occidental envoûté et rendu minuscule. L’histoire est un peu anecdotique et permet surtout de parler de la mythologie égyptienne, du monde des morts et de l’histoire coloniale de l’Egypte.

L’amulette: retour de Bablet tout seul pour une assez courte histoire qui donne lieu à quelques fascinantes visions de l’autre monde. Trop court pour être vraiment marquant mais cela permet d’introduire le plus intéressant article depuis le lancement de la série, celui sur la Society for Psychical Research.

Résultat de recherche d'images pour "mathilde kitteh midnight tales" Devil’s garden #2: la suite du précédent, dessiné cette fois par Mathilde Kitteh, nous présente une Midnight girl Thaï extrêmement puissante et qui ne parvient à contrôler son pouvoir qu’en s’épuisant dans les drogues et l’activité. Elle se retrouve contrainte de cohabiter avec l’âme de l’une de ses victimes avant l’intervention de l’Ordre. La séquence est un peu redondante mais permet de développer un peu le background de l’Ordre de Minuit.

Le volume s’achève sur une passionnante réflexion sur le passage des esprits à la religion et de la religion à la science dans l’Égypte antique.

 

La critique du T3 est ici.

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Bring the kids home

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #5
BD de Florent Maudoux
Ankama (2018), 78p. 5 volumes parus.

bsic journalismMerci aux éditions Ankama pour leur confiance.

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Rien de particulier niveau édition pour ce tome qui ne comporte aucun bonus contrairement à ses prédécesseurs. A mesure que l’histoire se recentre sur Mammouth les couvertures lui font la part belle, en gardant toujours la structure ternaire des trois personnages.

La XIII° Légion renégate de la République de Rem a survécu et se repose dans la cité d’Urkesh dont l’Archonte lui a offert la protection en échange de la sécurité. Jusqu’à ce qu’apparaissent les chevaliers d’Isis, une déesse ancienne aux pouvoirs incommensurables. Plongés dans le chaos les nouveaux Méta-guerriers vont tenter d’éliminer la menace…

La structure de cet album est étonnamment simple: après le repos, le combat, auquel Bring the kids home fait la part belle entre deux blagues de bidasse dont Mammouth a le secret et la finesse… La transition entre le T4 et le T5 est un peu étrange en ce que le précédent se conclut sur la vision de la procession d’Isis et que le suivant reprends semble-t’il plusieurs semaines plus tard avec des personnages qui semblent découvrir cette menace. Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bring the kids"Passons. Ce volume permet à Florent Maudoux de se régaler dans des dessins architecturaux de type fantasy que l’on avait déjà vus sur la série mère mais peu sur Funerailles. Le plan de la cité est suivi très précisément, ce qui est rare en BD et l’on surprend des scènes situées dans un même plan à différents moments de l’album. J’aime beaucoup cette idée. Les cités grandioses, leur vie et leurs habitants insufflent toujours une grande force d’imaginaire dans ce genre de récits.

Le thème de l’album porte sur l’oisiveté, nocive pour des soldats habitués à l’action mais surtout permet à l’auteur de se livrer à une grosse bataille à la Chevaliers du Zodiaque (son grand dada sur cette série, vous l’aurez compris) avec des méchants plutôt réussis et une radicalité bien pensée dans le déroulé de l’affrontement et les choix des protagonistes. Je l’ai déjà dit, Maudoux est un auteur qui se fait plaisir, assume l’insertion de thèmes pas forcément grand public et de références visuelles non digérées. C’est ce qui rend intéressante cette série de par l’impression d’entrer directement, sans filtre, dans l’imaginaire de quelqu’un de grand talent.

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles bring the kids"Visuellement les scènes de combat en armure, en noir et blanc tramé comme on en a désormais l’habitude, ne sont pas forcément toujours très clairs de par l’utilisation peut-être un peu abusive des reflets qui rendent les armures/personnages pas toujours compréhensibles. De ce fait les séquences en couleur sont beaucoup plus lisible. Personnellement j’adore les dessins très encrés et si visuellement cela reste magnifique et assez virtuose, la lisibilité en pâtit un peu.

Ce tome est dans la continuité des autres niveau qualité (très bon), mais ne parvient pas vraiment à nous surprendre (on est déjà au cinquième épisode de la série, le renouvellement commence à être compliqué), notamment avec une mise de côté des tenants diplomatico-militaires (l’esprit police-politique du début du volume est rapidement et étrangement délaissé alors qu’il introduisait une complexité morale). On ressent d’autant plus l’intelligence de la respiration du tome précédent malgré une évolution des personnages (inversion des rôles entre Mammouth et Scipio et… toujours Funerailles en retrait). Le lecteur passera néanmoins un excellent moment, plus grand public, en croisant les doigts que le prochain volume ne marque pas un essoufflement de la série.

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BD en vrac #2

La croisade des innocents (Cruchaudet)

Chloé Cruchaudet est une autrice tout en sensibilité qui est parvenue par ses précédents albums à nous parler de sujets très originaux avec beaucoup d’imagination graphique et scénaristique (je pense à Mauvais genre et Groenland-Manhattan), avec une technique mixte traditionnel-numérique. Assez conquis par cette artiste je me suis lancé dans son dernier album… qui m’a beaucoup surpris par con côté sombre. D’abord par le thème, celui d’enfants malmenés par la vie rude du Moyen-Age, entre imaginaire juvénile et impossibilité de rester enfant bien longtemps face aux exigences de la vie. Ensuite par le parti-pris graphique, un lavis gris, quasi monochrome qui nous fait plonger dans une sorte d’hiver sans fin. L’album qui nous relate la croisade des enfants est découpé en quatre saisons mais ce récit de voyage paraît ne s’enfoncer que vers le crépuscule. Je ne sais si l’album reflète l’état d’âme de Cruchaudet lors de sa réalisation mais je trouve dommage que son talent et sa capacité visuelle soit aussi ternie. Sur Mauvais genre, album très gris également, des touches vives venaient renforcer la partie graphique, ce que nous n’avons pas ici. Bref, le sujet pourra intéresser mais visuellement elle aura fait mieux.

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Harmony #4 (Reynes)

Couverture de Harmony -4- Omen

J’avais fait une chronique l’an dernier lors de ma découverte de cette série. Omen (ce tome 4) démarre le second cycle (prévu en trois tomes donc) de cette série qui mine de rien est en train de construire son chemin vers la gloire en parvenant à synthétiser originalement le thème mutant, celui de l’enfance et celui des civilisations disparues. On parle encore très peu de ce dernier élément mais la mise et scène et la progression scénaristique et dramatique sont toujours aussi plaisantes. Harmony commence à prendre de l’autorité et l’on découvre que les personnes « douées » sont nombreuses et organisées…

Si le premier cycle portait sur l’éveil des enfants dotés de pouvoirs, le second semble parti sur l’émergence du grand méchant aperçu au tout début de la série. Reynes sait nous rappeler les bribes de mythologie par quelques planches très didactiques et pas redondantes et le ressort conspirationniste est toujours présent, à mon grand plaisir. Un seul regret, que la série n’avance pas plus rapidement (et des couvertures pas forcément très réussies)! Un excellent tome dans une excellente série qui plaira autant aux jeunes qu’aux lecteurs chevronnés. J’ai hâte de lire la suite!

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Destruction Eve – Freak’s Squeele Funerailles #4 ( Maudoux)

La série Funerailles est découpée en triptyques dont le second commence avec cette flamboyante couverture absolument sublime! Certainement la plus belle illustration produite par Florent Maudoux et l’une des plus belles couverture de BD qu’il m’ait été donné de voir… L’intérieur est au niveau des autres albums de la série, dans des tons plus clairs, jaune-orangé qui répondent aux cheveux de la rouquine qui dirige la XIII° légion de Rem. Marquant une rupture pendant les 2/3 de l’album, en mode « origine story », Destruction Eve nous narre l’histoire de ce personnage inspiré par le manga Lady Oscar (que les quarantenaires connaissent…) dans une visée résolument féministe comme nous y a habitué l’auteur. Cela permet une respiration en même temps que de pouvoir connaître l’histoire de ce conflit nationaliste entre Namor et Rem du côté de la première. Pas bien plus glorieux au final que le prisme de Rem mais cette rouquine amoureuse des chevaux est assez sympathique et donne une sacrée consistance à ce qui n’était qu’un personnage secondaire jusqu’ici. Le scénario rejoint le tome 3 en nous donnant une autre version du destin de la XIII° légion et réunit les personnages en laissant toujours étrangement le personnage éponyme de la série de côté. Pour une cycle 3? Si l’on devait classer les très bons albums de cette excellente série je dirais que celui-ci tient le haut avec une plus grande clarté visuelle et narrative tout en continuant à présenter des thèmes originaux et une galerie de personnages et un univers incroyablement fouillé. Maudoux a été rôliste dans une autre vie et cela se voit (comme les auteurs du brillant Servitude, tiens tiens est-ce que ça aiderait à construire des contextes scénaristiques?) tant son monde est détaillé et le principal risque est qu’il s’y perde en oubliant son histoire.  Pour l’instant il tient la bride brillamment!

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Le sang des cerises -journal #4 (Bourgeon)

Les passagers du vent -84- Le Sang des cerises - Livre 1 (4/4)Je clôture enfin ma chronique des quatre épisodes du Sang des cerises, le dernier album de François Bourgeon, qui s’inscrit dans la série des Passagers du Vent. Je ne détaillerais pas les pages BD, toujours aussi détaillées, permettant à l’auteur de dessiner Paris, les Halles et cabarets mais surtout les trognes et les filles qui chantent dans les troquets. Le réalisme des visages est toujours aussi impressionnant et le dessin de Bourgeon a fait un saut que l’on n’imaginait pas.

L’historien Michel Thiebaut qui suit Bourgeon depuis les Compagnons du Crépuscule et a publié plusieurs ouvrages sur l’œuvre de l’auteur nous livre dans ce dernier épisode un récit des années charnières qui aboutissent en 1879 à la victoire électorale des républicains sur le président Mac Mahon et le parti monarchiste réactionnaire, marquant selon l’historien une étape aussi importante pour l’histoire de la République que 1789… Une interview de Bourgeon nous replace le contexte des personnalités artistiques de Montmartre et l’approche qu’en a eu l’auteur dans l’interaction avec ses héroïnes. Encore une fois, la lecture des bonus est un régal pour tout amateur d’histoire. Pour finir… j’ai craqué et acheté l’album en version couleur (qui comporte donc le fameux lexique final de traduction du breton et de l’argot) et je dois dire que si les grandes planches n&b se savourent pleinement, la colorisation de François Bourgeon est superbe et enrichit ses dessins de moultes détails. Les deux sont indispensables…

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Funerailles #3: Cowboys on horses without wings

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #3
BD de Florent Maudoux
Ankama (2016), 81 p. 5 volumes parus.

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Rien à redire sur la thématique graphique des couleurs, la maquette, tout est formidable, soigné, maîtrisé par l’auteur qui se fait toujours autant plaisir à proposer de beaux objets. En fin d’album un cahier revenant sur les inspirations de la série est proposé, qui éclairera les lecteurs en manque de références. Je noterais simplement à l’usage que finalement le format comics est un peu étroit pour la force des encrages de Maudoux (surtout avec les fonds de page noirs) et qu’Ankama pourrait envisager une fois la série terminée des versions grand format. Ce tome marque la fin du premier arc (sur trois à priori) « Shonen » et est suivi d’un arc « Shojo« .

La guerre civile se met en place, entre Psamatée de la Mantis qui a pris le contrôle du clan de l’Araignée et du Conseil et une résistance qui voit en Pretorius l’héritier de son père, seul à même de redonner la vertu à la république de Rem. L’armée se trouve au cœur de ce conflit à venir et les allégeances se révèlent alors que les deux frères se retrouvent enfin…

Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3 cowboys"Funerailles est une série particulière, à la fois grand public et très personnelle, reflet d’un auteur qui mets ses tripes, ses passions, ses réflexions dans des albums parfois risqués. C’est sans doute la seule raison pour laquelle un auteur d’un tel niveau graphique n’apparaît pas dans les top des ventes de BD. Pourtant, si Freak’s Squeele était destiné à un public Young Adult et gavé de références télé qui pouvait restreindre l’audience, sa série dérivée a tout du blockbuster: un socle mythologique romain, une guerre, des conspiration, des nichons et un zeste de fantastique,…

Cet album marque une accélération dans l’intrigue avec la résolution de quelques drames installés au premier volume. La famille du héros Spartacus est réunie et rentre en clandestinité pour contrer la menace qui menace les fondations de la République. Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3"Le concept de cyclopes est révélé aux lecteurs de même que le fonctionnement des armures directement issues du manga Saint-Seya (référence totalement assumée et détaillée dans le cahier annexe). C’est d’ailleurs l’utilisation non filtrée de ses références par Florent Maudoux qui peut le plus perturber: si la majorité des auteurs digèrent leur culture personnelle pour la réutiliser plus ou moins à bon escient, ici le dessinateur assume sa Bible sans fard, il transpose les chevaliers et leurs armures dans son univers, il insère très explicitement la République romaine dans un univers techno-fantasy et agence sans complexe des armées de dark fantasy, de la technologie rétro-futuriste et l’esprit de caserne des films sur le Vietnam. Cela ajouté à des personnages toujours du côté des Freaks (bien plus que dans la série mère où ce terme s’appliquait plus à des super-héros) et un refus des canons esthétiques  classiques (même si la mère et le fils sont des incarnations de l’idéal physique), ce qui sort du shaker est une création qui ne ressemble à nulle autre.

L’aspect sombre (très sombre) des thématiques mais aussi du graphisme est également un parti pris. Les planches sont bien plus poussées que dans Freak’s Squeele avec une gestion de la colorisation et de différentes techniques impressionnante. Maudoux est seul maître à bord et se laisse aller à des expérimentations comme ces séquences de combats de gladiateurs où les cases basculent en noir et blanc tramé (rappel des inspirations manga de son style), rupture visuelle totale et réussie. Résultat de recherche d'images pour "funerailles maudoux tome 3"Le design de l’univers est plein de goût et les maisons seigneuriales issues de l’univers des insectes. C’est glauque à souhait mais diablement esthétique.

Ce troisième volume n’est ni plus ni moins réussi que les autres, simplement il semble adopter une trame scénaristique plus linéaire, ce qui fluidifie la lecture et permet de se concentrer sur les détails des dessins. Mon grand regret est (je l’ai dit en préambule) que le dessin est trop détaillé pour un tel format et que l’on doit se rapprocher des pages en pleine lumière (ne faites pas l’erreur de lire dans la pénombre, vous rateriez beaucoup) pour apprécier le talent de l’auteur. Mais si vous aimez les dessins encrés, les filles sexy, l’action virile et les combats en armures magiques, les conspirations entre familles nobles… qu’attendez-vous, vous n’en êtes encore qu’au tome 3?

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Pain in black

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #2
BD de Florent Maudoux
Ankama (2014), 86 p. 4 volumes parus.

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J’ai beaucoup aimé le premier tome, du coup j’enchaîne (toujours plus confortable de lire une série dans la foulée). Pour le descriptif matériel se reporter à la critique du tome 1. La tranche du premier volume arborait un profile de Spartacus, ici celui de l’Araignée et l’ensemble proposera une frise continue du plus bel effet. J’aime toujours quand l’éditeur porte attention au rangement des séries dans l’étagère.

Une idée en passant, vu que l’on est sur un format comics et que la série principale regorge d’annexes texte et images originaux, ce serait très agréable d’avoir des bonus, sur Funérailles…

Les deux frères ont été séparés, l’un envoyé à l’académie formant l’élite dirigeante  de Rem, l’autre au camp militaire où l’on prépare la chair à canon des légions de la République. Ne perdant pas de vue leur serment de faire tomber cette République, ils poursuivent leur apprentissage tout en tissant des liens avec de futurs alliés. Pendant ce temps, leur mère, ravagée par le désespoir de l’exécution de Spartacus, retourne dans le château familial où des révélations l’attendent auprès de la matriarche du clan…

https://i.pinimg.com/originals/75/f9/85/75f985837ed0773a3611e29498adafb3.jpgLa structure du récit de se second tome est assez simple, répartie entre Scipio d’un côté, Pretorius de l’autre, la veuve noire enfin. Les deux héros vont parfaire leurs capacités et démontrer qu’ils sont des leaders. L’album s’attarde plus sur Pretorius dont la conviction en fait une menace pour l’institution militaire qui ne considère les gueules cassées que comme de la piétaille bonne à aller mourir sur le champ de bataille. L’inspiration de cette partie est clairement celle des films sur le Vietnam, comme l’illustre le titre inspiré de la chanson des Stones (et rattachée à la guerre asiatique) et les jeux de mots (toujours!) sur le Nam’, qui est ici la République de Namor, éternel rivale de Rem. On a ici une ambiance de caserne qui colle bien à l’humour de l’auteur et correspond plus à la série mère que les séquences dans la haute société. La grande force de la série reste les personnages, divers, attachants et bien caractérisés. On est ici en terrain connu mais les différentes séquences de constitution d’un groupe de fidèles à Pretorius sont parfaitement menées et intéressantes.

https://i1.wp.com/chrysopee.dd1.free.fr/Img_PAO/Matos_BD/FreaksSqueeleFun%E9arailles_T2_pl1.jpgLa partie sur Scipio nous révèle de nouvelles informations concernant le fonctionnement de la République et voit l’arrivée d’un alter-égo, Aelius le héros parfait que le caractère rebelle de Scipio mets en danger malgré leur amitié. Cette partie nous propose surtout une magnifique séquence d’action magique sur des planches noir et blanc tramées (style manga) qui donnent un effet très original et permettent d’apprécier les encrages toujours aussi magnifiques de Maudoux. Les manigances autour de l’Araignée permettent enfin de comprendre la conspiration politique qui a lieu pour la prise de pouvoir sur la religion d’État et nous en apprennent plus sur les règles génétiques très particulières de cette société: il semblerait que les femmes n’accouchent pas toujours de jumeaux et que ceux-ci fusionnent parfois en un seul être tel Janus…

daed46f13a632f7d2087c202f8506ff6.jpgFlorent Maudoux élargit sa palette sur cet album en proposant une variété très riche (qui prépare son futur Vestigiales): une couverture peinte de toute beauté, des intérieurs tantôt colorisés, tantôt noir et blanc, des planches en effet crayonné, d’autres très encrées… tout cela est très riche et varié avec une qualité moyenne très élevée. Je remarque également l’utilisation d’effets de flous et d’une économie sur certains arrière-plans quand d’autres (architecturaux notamment) sont très fouillés. Ce n’est pas du tout problématique et l’aspect général est vraiment très beau, avec quelques séquences sexy pour agrémenter le tout.

Cette série est décidément remarquable d’équilibre, chaque tome étant très bien défini et abordant un genre spécifique tout en faisant progresser l’intrigue générale et la découverte de l’univers. Si j’avais quelques réticences sur Freak’s Squeele, Funerailles montre que Florent Maudoux est un remarquable scénariste et j’ai hâte de continuer ma découverte de la geste de Scipio et Pretorius!

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Fortunate sons

BD du mercredi
Freak’s Squeele : Funerailles #1
BD de Florent Maudoux
Ankama (2013), 80 p. 4 volumes parus.

couv_186772L’album reprend la maquette classique de la série, sur le même papier épais, format comics, mais sur une maquette et pages à base noires. Une carte du monde et de ses nations est insérée en intérieur de couverture et pose les base de cette intrigue géopolitique. Les tranches donnent un aspect très élégant à la collection une fois insérée dans la bibliothèque. Enfin, ces couvertures…. donnent envie d’avoir des exemplaires grand format sous verre!

Dans la légendaire république de Rem le jeune héros à la tête de l’armée et sa compagne pressentie pour prendre la direction du Culte donnent la vie à des jumeaux. Or la loi de la République organise une séparation stricte entre haute classe composée d’être « parfaits » et ceux qui sont dotés d’une tare. Les deux enfants vont se retrouver séparés par cette société d’apartheid rongée par la corruption. Mais le même sang qui coule dans leurs veines va les mener à affronter ces lois iniques et bouleverser l’ordre établi…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles tome 1"Ma découverte de l’auteur Florent Maudoux et son univers de Freak’s Squeele remonte à quelques années, en tombant sur les couvertures des premiers albums du Spin-off Funerailles, que j’avais trouvé vraiment sublimes. Intrigué par ce titre imprononçable je ne m’étais pas précipité après feuilletage, ne sachant pas si j’avais affaire à une BD pour ado, un manga, un comic,… L’an dernier j’ai entrepris la lecture de la série mère qui m’a laissé le même goût indéfini, ne sachant pas où situer cette série pourtant très rafraîchissante. Un attrait prononcé pour le langage djeun’z et la culture SMS cohabitant avec une mythologie très intéressante et une vraie personnalité graphique, bref, Freak’s Squeele m’a donné l’impression d’un cadavre exquis avec lequel j’ai finalement moyennement accroché.

Le personnage de Funerailles, qui a donné naissance à la première série dérivée, était l’un des point d’intérêt de la première série, par son design sombre, sa caractérisation complexe et le hors champ important qu’il recouvrait. Le fait qu’il soit le cœur de la série dérivée et que celle-ci soit présentée comme plus sombre m’a donné envie de la lire.

Image associéeNous avons donc ici une série d’inspiration médiéval fantastique avec une touche de steampunk ou même de SF, proposant un univers improbable où magie, créatures mythologiques et technologie télévisuelle cohabitent. On a les bases d’une saga de dark fantasy, avec ses guerres lointaines, ses héros en armures épiques, ses conspirations de confréries occultes et ses secrets enfouis dans les fondements même de la République. Le principe original (qui rattache avec le concept de Freak) est donc cette loi qui fait que la plupart des bébés naissent avec une défaillance physique plus ou moins importante et vivent dans les bas-fonds, travaillant pour l’armée ou pour la société qui les exploite. Une minorité est « parfaite » et vouée à la meilleure éducation. Sans déflorer l’intrigue (on l’apprend assez vite) une anomalie apparaît lorsque deux jumeaux naissent parfaits et risquent ainsi de briser la règle antédiluvienne en reproduisant ce qu’annonce une vieille prophétie…

Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles"Le premier volume s’attarde sur cette séparation de classes, sur l’apprentissage parallèle de ces deux enfants, l’un en haut, l’autre en bas, tous deux très doués, et sur leur rencontre. Autour de cela ce sont les manigances de certains personnages pour orienter et maintenir un ordre très réglé mais pas toujours accepté. Cette partie se lit d’une traite, remarquablement bien écrite avec un scénario sage mais très bien ordonné: une longue introduction expliquant le contexte, puis la naissance et l’apprentissage. Beaucoup de découvertes donc, très intéressantes et beaucoup de portes ouvertes, sur un ton effectivement moins déconneur que la série mère. Personnellement je préfère. Quelques traits d’humour et de subtiles éléments (les soldats de plomb rappelant les bonhommes de pain d’épice, l’immortel) raccrochent cette série à la première mais on reste globalement assez éloigné tant par le ton que par l’intrigue.

Les dessins de Florent Maudoux progressent par rapport aux déjà très bons premiers albums de Freak’s Squeele, notamment grâce à l’apport de la couleur. Dommage que nous restions sur ce papier épais qui atténue la précision des encrages vraiment remarquables. Le design général de cet univers est classique (fantasy épique) mais très élégant, avec ces palais aux architectures antiques et ces costumes voilés. L’immersion dans les bas-fonds donne lieu à un autre aspect de cette République et seul le côté techno dénote un peu, sans que cela soit gênant.  Le format comics, la base noire des pages et le style assez minutieux du trait de Maudoux rendent les planches assez sombres, ce qui n’est pas pour me déplaire même si cela peut nécessiter de se concentrer sur certaines cases pour bien comprendre et voir les détails. Résultat de recherche d'images pour "maudoux funerailles"Comme je l’avais remarqué sur Vestigiales Florent Maudoux est vraiment un des tous meilleurs dessinateurs actuels, à la marge de progression encore conséquente, ce qui laisse augurer du sublime pour la suite. Le format choisi pour la série est sympa mais je pense que l’idée de proposer des versions grand format serait intéressante pour profiter de ces très belles planches.

Je dirais donc mission accomplie pour ce premier tome de Funerailles qui m’a enfin accroché à cet univers en recalibrant le curseur aventures/graphisme/ambiance. Ce ne sera donc sans pas le même publique qui appréciera les deux séries mais les passerelles entre les deux ont un côté intéressant en proposant plusieurs aspects de ce monde que l’auteur a construit, très original et qui, sans proposer une BD Fantasy comme on en trouve chez soleil, permet grâce aux graphismes et un certain côté décalé de sortir du lot.

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