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Cheval de vent cheval de bois

BD jeunesse de Wilfried Lupano et Gradimir Smudja
Delcourt (2017), 22p.

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C’est un jour important pour le roi: aujourd’hui c’est son anniversaire! Tout le royaume se presse pour le féliciter, le cajoler, pendant que le héraut récite l’interminable liste des cadeaux qui lui sont envoyés. Mais le roi n’en a que faire, ce qu’il veut c’est son gâteau et chevaucher son cheval de bois. Pendant ce temps deux jeunes miséreux parviennent à  prendre l’encolure du mythique cheval de vent qui parcourt la campagne et emporte le gâteau du roi! Une course effrénée va alors s’engager entre ce deux chevaux improbables…

Le duo expérimenté Lupano/Smudja nous livre avec cette BD jeunesse une fable à la Ubu sur la puérilité du pouvoir et de la richesse face au rêve de l’enfance et aux inégalités. Du Lupano qu’on aime, qui rougit toujours un peu plus l’univers si peu politisé de la BD franco-belge! Cet album court est un véritable régal pour les yeux. La finesse des détails, la chatoyance des chevaldeboischevaldevent-3.jpgcouleurs sur de grandes cases flattent les rétines. Smudja avait déjà montré sa technique et son amour des couleurs vives sur ses albums dans l’univers des impressionnistes (Van Gogh et Toulouse-Lautrec). Ici on est dans la grosse farce lue très vite, à l’intrigue simple (Lupano aurait pu développer quelque peu l’histoire du cheval de vent…), à la chute attendue. Rien de très original, mais une jolie histoire avec un brin de fantaisie qui plaira aux enfants (chevaucher un cheval de vent avec des masques d’animaux!) en leur parlant tout de même des méfaits du pouvoir absolu et des injustices. Pour les parents on se régalera visuellement et rigolera un peu aux situations grotesques du roi et ses gens.

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BD·C'est lundi...·Comics·Jeunesse·Manga

C’est lundi, que lisez-vous? #4

Un peu noyé sous la gestion du blog et des lectures tout azimut (grâce notamment à Iznéo et aux services de presse), j’ai manqué de temps pour suivre la chronique « c’est lundi ». Petit rattrapage donc…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

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Deux nouveautés (dont une pour Iznéo et la suite des Spectaculaires dont le premier tome a été chroniqué ici), et je suis très content d’avoir repris Hariti dont j’avais acheté le premier volume il y a plus de 10 ans (!!) et que je n’avais pas continué pour je ne sais quelle raison. Excellente série du coup, que je vais chroniquer bientôt sur les Trouvailles du vendredi. Enfin l’album du dingue Kim Jung Gi (découvert via Twitter avec ses dessins NB incroyables!),

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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Le dernier Tuniques Bleues (bien longtemps que j’en ai pas lu, mais j’adore cette série), un Lupano (fait-il des albums moyens?) et le Lepage en espérant qu’il se rachète après la déception d’Ulysse. Et puis je commence à rattraper les sorties de l’automne avec Nils 2 (qui nécessite de relire le 1 je pense).

3. Que vais-je lire ensuite ?

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J’ai tenté le coup de JL crise d’identité en voyant des critiques dithyrambiques sur le web, une BD pour la rubrique Trouvaille du vendredi et le manga de Shin’ichi Sakamoto, un des rares mangaka qui me fait très envie, après la claque Ascension. Du coup je me remets au manga avec l’apparemment hardcore Sun-Ken Rock…

Et vous? Toujours dans l’orgie de la rentrée ou vous avez fini de digérer? Donnez vos lectures du moment en commentaires, ça m’intéresse!

BD·BD de la semaine·Nouveau !

Shingoulouz.inc

BD de Wilfried Lupano et Mathieu Lauffray
Dargaud (2017)

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Les Shingouz ont encore frappé ! Alors que les agents spatio-temporels Valerian et Laureline sont à la recherche d’une Intelligence Artificielle criminelle, Monsieur Albert leur apprend que le trio d’extra-terrestres infernaux a commis l’irréparable: ils ont perdu la Terre au jeu…

La série « Valerian vu par… » entamée il y a déjà 6 ans par Manu Larcenet et son déglingue « Armure du Jakolass » revient avec un attelage improbable entre Lupano, (le scénariste très talentueux du moment) et maître Lauffray, chef d’une Ecole graphique, dont la rareté et l’irruption dans un registre humoristique attisent la curiosité. Et on peut dire que la réussite est complète si l’on en juge par le seul plaisir et la quantité de rires provoquée par cet album. Autant le Jakolass restait dans l’univers de Larcenet (gros pif, piliers de bar et antihéros), autant nous sommes ici totalement dans la thématique Valérian mais réinterprété par l’auteur des Vieux Fourneaux dont on retrouve ici toute l’énergie, les scènes improbables et surtout l’humour. valerian_color_small_40_41Rarement je m’étais autant poilé en lisant une BD (peut-être devant Calvin et Hobbes…). La profusion d’inventions scientifico-n’importe quoi ne laisse pas deux cases de répit. Entre le Thon quantique, les Shingouz propriétaires de la Terre et l’IA corruptrice du compte retraite des agents de Galaxity (Lupano en profite pour nous glisser sa critique de la finance et du système libéral déjà connue des lecteurs des Fourneaux), on rit sans arrêt, entre deux bavements dus aux planches de Mathieu Lauffray.

Pour une fois on peut dire que les pinceaux de l’artiste ne sont pas le premier motif de lecture de cet album. Pourtant son arrivée dans l’univers de la SF se passe avec le même talent que sur ses habituelles lovecrafteries. C’est beau, élégant, précis et Laureline est plus belle que jamais. valc3a9rian-vu-par-shingouzlooz-inc-wilfrid-lupano-mathieu-lauffray-p-9.jpgLes trognes des Shingouz donneraient presque envie de voir Lauffray bifurquer vers le cartoon et ressemblent étonnamment à leurs cousins du film de Luc Besson. Les similitudes ne s’arrêtent pas là puisque l’humour présent sur les deux oeuvres est très proches, du décors noix de coco-chemises à fleurs à la virée en yellow submarin. Entre 4-5 jeux de mots pourris mais diablement drôles (la Shingoozlooz ou la Walou & Fortunas), Lupano offre à son acolyte de magnifiques planches spatiales et planétaires (mention spéciale aux couleurs plus  flashy qu’à l’accoutumée chez Lauffray mais magnifiques). Les deux se font plaisir et le communiquent. A lire absolument, que vous aimiez/connaissiez l’univers de Valérian ou pas.

 

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Ce billet fait partie de la sélection  22528386_10214366222135333_4986145698353215442_nhébergé cette semaine chez Moka