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BD en vrac #21: Teleportation inc. #2 – Undertaker #6 – Les 4 de Baker Street #1

La BD!

 

  • Teleportation inc. #2 (Latil-Sordet/Drakoo) – 2021, 46p., série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Drakoo pour leur confiance.

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On continue les montagnes russes chez Drakoo puisque après le très bon premier tome des Gardiennes d’Aether, le second et dernier Teleportation inc. confirme les craintes du précédent… Si les séquences d’action restent correctement montées et quelques touches d’humour font mouche, l’intrigue générale nous laisse totalement sur le carreau avec une complexité superflue et un projet qui manifestement a eu un gros problème de calibrage entre la simplicité destinée au public jeune (avec des couleurs flashy et des dialogues assez basiques) et une ambition de grand Space-opera que l’on sent poindre jusque dans une dernière planche qui laisse entendre un prolongement possible malgré l’annonce d’une série en deux volumes. Du coup la conspiration reste totalement vaporeuse, les échanges entre personnages sont artificiels et on survole ça avec un désintérêt à peu près complet. Les dessins de Sordet font à peu près le job malgré quelques problèmes de lisibilité de certaines scènes, mais c’est surtout le texte qui pèche avec une grosse faiblesse d’écriture, une absence de relecture et des sous-entendus qui passent complètement à côté. Un gros ratage en définitive.

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  • Undertaker #6: Salvaje (Dorison-Meyer/Dargaud) – 2021, 57p., série en cours, 3 cycles de 2 tomes parus.

couv_430404Quand je lis les commentaires récurrents sur les albums Undertaker je constate une attente un peu schizophrène de nostalgiques de Blueberry qui tout à la fois refusent d’imaginer une qualité égale tout se précipitant pour lire les aventures du croque-mort Comme si la série de Dorison et Meyer n’était que la suite de la série mythique. Il faut dire que Dargaud cherche les noises en ne cessant de s’inscrire dans la filiation du personnage de Giraud. Personnellement ça m’agace pas mal car j’essaie de profiter de cette série pour ce qu’elle est. Et en la matière on est avec cette conclusion du troisième cycle toujours dans du très haut niveau, de grands professionnels de la BD. Mon principal regret sur cet album est une légère évolution du dessin de Meyer, moins net, utilisant beaucoup plus de brosses « sales » et effets estompés, ce qui atténue la force de son encrage. Cela ne change pas fondamentalement les planches, toujours aussi bien découpées et lisibles. Dans cette histoire on apprécie le refus du manichéisme, chaque personnage étant gris, avec ses propres motivations, et en cela crédibles, à commencer par l’ami de Jonas Crow tout à fait sincère dans ses ambitions comme dans sa fidélité envers notre héros. En cela Dorison évite soigneusement de tomber dans le piège des déjà-vus des mille et un personnages de salauds de western. On attend longtemps de retrouver la trahison de Silverado… que nenni! Xavier Dorison est seul aux commandes et ne veut pas être taxé de copieur. Tant mieux! Seul le comportement de l’Undertaker fait un peu tiquer, totalement engagé dans la lutte pour la défense des opprimés en laissant ce qui faisait son sel, ce cynisme désabusé permanent. Hormis cette petite facilité, on reste dans de superbes moments d’aventure, de belles bagarres, de superbes salauds et des auteurs qui allient l’unité des diptyques et la continuité générale en nous projetant déjà vers le prochain tome où Jonas cherchera à rejoindre Rose…

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  • Les 4 de Baker Street #1 (Djian Legrand – Etien/Vent d’Ouest) – 2009, 52p., série en cours, 9 tomes parus.

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Edition parue pour les 48h BD 2020, incluant les premières pages du tome deux.

Un bon bouche à oreille a permis à cette série de se poursuivre jusqu’à aujourd’hui avec tout de même 9 tomes parus. Inspirée des irréguliers de Baker Street apparaissant dans les romans de Conan Doyle, la série a la bonne idée (dans ce premier tome tout au moins) de rester dans le hors champ du détective qui n’apparaît que discrètement au début et à la fin de l’album. Ce qui pourrait apparaître comme une variante jeunesse de Sherlock trouve pourtant une pertinence qui densifie tout au long de ce premier volume les caractères de ces trois moussaillons des rues, tous trois dotés d’un caractère bien trempé et lancés à la rescousse de la jeune chérie de l’un d’eux, enlevée par un réseau de proxénétisme. Si l’intrigue est sommes toutes classique, c’est la percussion du rythme et des cadrages qui impressionne, appuyés sur les dessins magnifiquement colorisés par Etien (bien avant sa participation à Avant la Quête) mais pas que… Utilisant leurs talents d’acrobates et l’innocence de la jeunesse dans les yeux des badauds du XIX° siècle, les quatre (… on imagine que dernier larron est le chat!) lancent leur enquête à un rythme effréné, n’hésitant pas à aller affronter le roi des mendiants et autres coupe-jarret, permettant de belles acrobaties et contre-plongées vertigineuses. Cette originalité de cadrage et le chatoiement colorimétrique permet une grosse immersion dans ce décors que l’on aime tant, le Londres victorien, sale, foisonnant de pègre, prostituées et d’une population de la plèbe aux grands bourgeois, les auteurs aimant à habiller les décors de mille et un détails. Au final on sort tout à fait enjoué de cette introduction avec un format qui promet des stand-alone qui autorisent une découverte au choix. 

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****·BD·Nouveau !·Rapidos

BD en vrac #20: Valhalla Hotel #2 – Crusaders #3 – Les 5 terres #6

La BD!

Salut les bdvores! Pour finir la semaine belle brochette d’excellentes séries blockbusters avec le second bâton de dynamite de Perna et Bedouel, le troisième épisode de la saga galactique de Bec et la conclusion du premier cycle du Game of Thrones de la BD. Faites vous plaiz’!

  • Valhalla Hotel #2 (Perna-Bedouel/Glénat) – 2021, 48p., série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

couv_423737Le petit Patrick et son pote Fabien aimaient jouer aux voitures et aux pitou. Du coup ils en mettaient plein dans leurs histoires de vieux militaires et de savants-fous nazis. Comme ils avaient toujours rêvé de monter dans un hélico ils mettaient le Huey popularisé par la guerre du Vietnam dans les pattes de leur héros et comme les bases secrètes c’est cool ils en inventaient une pour les méchants et une pour les gentils, remplie de plein d’armes rigolotes! La bataille c’est marrant mais en grandissant on se met à parler de choses plus sérieuses alors ils disaient que leur sheriff débile était un doux intégriste et comme le racisme c’est mal ils donnaient une copine noire bad-ass à leur héroïne policière. Tout ça donnait des histoires drôlement animées avec plein de gros mots qu’on dit quand les parents sont pas là et des méchants qu’on avait le droit de taper parce qu’ils étaient très très cons ou très très méchants (ou les deux). Et c’était tellement rigolo qu’on n’avait plus envie de lâcher le guidon de la moto et la gâchette de la M-60 et qu’on se demandait aussitôt quand allait sortir le prochain épisode…

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  • Crusaders #3 (Bec-Carvalho/Soleil) – 2021, 46., série en cours.

bsic journalismMerci aux éditions Soleil pour leur confiance.

couv_423739Alors que la contre-attaque des Lagran se prépare, des doutes commencent à apparaître dans l’apparente harmonie de la Grande Assemblée des Emanants, dont le passé n’est pas si pacifique qu’ils le montrent…

On enchaîne directement après la conclusion du tome deux, sans résumé (discipline qui aurait été pertinente sur une série aussi touffue) mais avec une introduction très pédagogique qui nous résume la problématique de ce peuple maléfique qui cherche la destruction. Peut-être conscient de ses démons, Christophe Bec simplifie donc résolument son intrigue dans un cadre que tout bon space-op pourrait développer et apporte la complexité qu’il recherche dans les termes et concepts physique autant qu’astronomiques tout à fait pointus. A ce titre on est entre le métaphysico-épique des Meta-Barons ou de Druillet et la hard-science d’un Adam l’ultime robot. Et c’est sacrément réussi et digeste en alliant le texte au graphisme puisque de la même manière on alterne entre grandioses paysages cosmiques en doubles-pages, titanesques artefacts technologiques sur planches quasi muettes et séquences de conciliabules stratégico-politiques verbeux. Cette structure est tout à fait agréable et permet à l’intrigue d’avancer tranquillement, avec quelques scories qui semblent oublier des cases intercalaires dans cette volonté d’aller vite. Si on peut tiquer par moment, l’effort du scénariste est réellement louable pour proposer une SF accessible. Bien entendu ceux qui n’ont aucune bases de culture scientifique partiront peut-être de loin mais l’effort est utile pour croire à l’histoire de Christophe Bec. L’avantage de partir si loin dans les concepts théoriques c’est que l’on garde l’apparence du crédible avec la liberté de la fantasy! Et les auteurs nous régalent toujours d’idées dantesques comme cette planète vivante de la taille d’un système… Jusqu’ici s’il manipule la matière et l’espace à l’envie le scénariste n’ose pas entrer dans la tout à fait casse-gueule idée de manipuler le temps. La logique voudrait pourtant qu’une série aussi conceptuelle s’aventure dans ce genre d’idées, au risque de retomber dans le banal. En attendant on se régale en endossant le rôle de spectateurs que les personnages humains de Crusaders assument depuis le début, un peu comme dans un films catastrophe où les personnages ne sont là que pour créer un transfert émotionnel du spectateur vers le (très) grand spectacle.

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  • Les 5 Terres (Lewelyn – Lereculey/Delcourt) – 2021, 52p., premier cycle achevé.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

couv_423609Après deux albums par an on boucle ainsi le premier cycle de cette série TRES inspirée par Game of Thrones. Il faut dire que ce rythme est absolument parfait pour maintenir un esprit de série avec juste ce qu’il faut d’addiction et de repos pour savourer le scénario parfaitement huilé. Si le principal problème reste cette très grande proximité avec le roman/série de George Martin, le fait que les itinéraires convergent sur ce dernier tome et que nous savons déjà que nous allons partir pour une autre Terre suffit à maintenir un intérêt très haut! Bien sur certaines résolutions sont attendues. Mais les auteurs savent toujours instiller le choc après le calme, sans faute de goût et sans redondances, c’est déjà pas mal. Le discours du roi laisse présager de sacrés changements politiques après qu’il ait étouffé la révolte étudiante, aussi tout semble imaginable. L’Histoire romaine ou médiévale regorgent de matériau pour imaginer d’incessants retournements et la principale interrogation qui perdure depuis le tout début de la série et ces quelques apparitions des ours est de savoir comment cette saga jusqu’ici totalement centrée sur le peuple félin va bien pouvoir garder des liens entre les cycles sans redondance. Soit en changeant le modèle soit en tissant une méta-intrigue dont on n’a pas encore perçu les prémices… mystères… qui couvrent d’autres ficèles, parfois grosses… mais tout l’art narratif n’est-il pas un peu comme la magie, une illusion?

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****·BD·Nouveau !·Service Presse

Les 5 terres #3-5

La BD!
BD de David Chauvel, Jerome Lereculey et collectif
Delcourt (2021), 56p., série en cours, 4 volumes parus
Cycle 1 prévu en 6 volumes.

bsic journalismMerci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Reprise de la maquette déclinée à chaque tome avec carte du monde en intérieur de couverture et une double page détaillant le background d’un groupe/personnage en fin de volume ainsi qu’un résumé (tout à fait nécessaire!) des épisodes précédents. Les couvertures ne sont pas les plus accrocheuses de l’histories de la BD mais le principe décliné est intéressant et joue avec le lecteur (pour aller droit au but: si vous aviez peur comme moi de voir déflorer l’intrigue par les couvertures à venir, détrompez-vous, le cliffhanger de la mort des deux premiers n’a pas vocation à se reproduire à chaque tome). Un vernis occupe le logo-titre et les personnages de la couverture ainsi que les miniatures des couvertures précédentes et à venir en quatrième de couverture. Le prochain tome concluera ce cycle d’Angleon (… et on se demande bien comment!).

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Le roi est mort, vive le roi! En Angleon le règle tout puissant des félins semble s’achever et la disparition du roi lance une réaction en chaîne sanglante dont personne ne semble en mesure de voir les prochaines étapes. Devant les risques majeurs d’instabilité, les garants de l’Etat, hauts fonctionnaires, nobles ou ambitieux s’activent, dans l’intérêt du Pouvoir… mais également du leur…

Le démarrage de cette série ambitieuse a été on ne peu plus éreintant, si bien qu’à l’entame du troisième volume on se demande si les auteurs vont poursuivre dans cette logique du retournement permanent, au risque de tomber dans le ridicule. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que l’intrigue générale (ficelée dès le départ bien entendu) se pose quelque peu en élargissant les problématiques avec l’arrivée sur le trône du très jeune Mederion que pas grand monde ne voit tenir le poids de la couronne.

[SPOILERS]

Les 5 Terres - BD, informations, cotesLe troisième volume détaille le court intérim par l’ombre du roi chargé du haut de toute sa compétence de s’assurer de la stabilité du régime alors qu’un putsch se prépare. Alors que This trouve une solution inattendue à son crime (et qu’on apprend la vérité sur son identité dans le texte final de l’album), la chasse de la dernière fille du monarque commence, sans que l’on connaisse les motivations réelles des chasseurs. On est plutôt surpris de ne pas avoir un nouveau souverain mort et du coup perturbé dans nos habitudes (c’est bien entendu recherché). La seule fragilité du scénario pour le moment est le groupe des otages, sommes toutes sympathiques sur quelques séquences mais dont l’enjeu nous échappe un peu. Comme dans toute série TV on parlera d’intrigue secondaire jouant tout à la fois le rôle de remplissage et de diversion. On imagine que ces éléments participent d’une construction générale qui se tisserait entre les différents arcs/peuples. Attendons.

Le quatrième tome voit le jeune souverain tisser sa toile et commencer à montrer des signes de tyrannie malgré son souhait, dans son alliance avec la nouvelle Ombre, de provoquer une révolution institutionnelle et sociétale par une meilleure prise en compte du peuple. Bien plus politique, ce volume montre les affres du Pouvoir et comment les révolutions populistes se transforment souvent (toujours?) en autoritarisme. La capture d’Astrelia provoque un affrontement terrible dont le limier du roi ne sort pas indemne. Basculant d’un putsch noble à une révolte intellectuelle des étudiants, l’intrigue reste passionnante bien que les coups de théâtre baissent en intensité.

L’avant-dernier volume, le plus dramatique, voit son lot de morts à mesure que se dénouent un certain nombre d’intrigues. L’ombre maléfique de la reine-mère déploie ses ailes et renforce encore plus le miroir avec Game of Thrones et le personnage de Cersei. En même temps le frêle et mutique This, premier personnage vu au premier LES 5 TERRES t.1-6 (Lewelyn / Jérôme Lereculey) - Delcourt - Sanctuarytome commence discrètement à prendre de l’importance, les scénaristes jouant sur notre paranoïa tout à fait volontaire pour nous faire suspecter une manigance de derrière les fagots… Ce cinquième album conclut l’épisode des étudiants et laisse deviner un duel dantesque entre le chien et la fine lame du roi. Trois tomes sans décès couronné cela fait trop et on pressent une conclusion bien rouge pour ce premier arc…

Arrivé à ce stade les qualités de la série sont confirmées, appuyées sur des graphismes simples mais remarquablement storyboardés et réhaussés par des couleurs utilisant habilement des textures qui permettent des détails de décors assez chouettes avec une économie de moyens. Comme dit précédemment, la méthode industrielle issue des USA est tout à fait efficace et on se prend au jeu sans trop se poser de question sur l’originalité intrinsèque des albums. Portée par des dialogues verbeux très bien tournés dans le style sérieux, les 5 Terres a la force des grandes séries télé, respire un grand professionnalisme et on fait une confiance aveugle aux auteurs pour nous porter sur trente tomes sans trop réfléchir à la place que prendra cette saga dans notre bibliothèque! Elle a aussi les défauts d’une inspiration parfois trop imposante. Si GOT se reflète dans beaucoup de créations récentes, ce n’est souvent qu’une proximité de références. Ici la copie est trop évidente pour le nier…avec le risque pour les scénaristes de ne pas toujours parvenir à conserver leur originalité. Certains personnages sont des copier-coller (Cersei, Little fingers, Bronn,…). Les moments de violence sèche et politiquement incorrectes respirent GOT et perdent ainsi leur effet. Tout cela n’est pas bien grave tant que le plaisir est présent (et il l’est). Mais on attend des séries de qualité qu’elles se hissent là où elles le méritent. Les 5 Terres en a le potentiel. On attend avec impatience le dernier opus du cycle Angleon et un rebond de fraîcheur à attendre dès le prochain arc.

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*****·Nouveau !

Les 5 terres #1 & #2

La BD!
BD de David Chauvel, Jerome Lereculey et collectif
Delcourt (2020), 56p., série en cours, 5 volumes parus
Cycle 1 prévu en 6 volumes.

L’équipage est armé pour une saga partie pour durer avec des cycles de six volumes (le premier portant sur Angléon, la terre des félins) aux sorties rapprochées puisque quatre tomes sont déjà sortis et que le premier cycle devrait se conclure à l’été prochain. Méthode américaine donc avec une séparation dessin/encrage/couleur/design, très efficace quand cela fonctionne et c’est le cas ici puisque contrairement à nos amis d’outre-atlantique cette organisation industrielle ne sacrifie en rien les détails et à la lecture on a le même plaisir graphique que sur n’importe quel bon album dessiné en solo. Le boulot est donc considérable et poussé très certainement par la conviction que le projet est bon et marchera… Le premier volume comprend un cahier graphique de six pages et le second une double page d’un récit revenant sur la fameuse bataille de Drakhenor. Outre une carte en intérieur de couverture le concept des couvertures est toujours le même, avec deux personnages centraux de l’album. Je ne vous détaille pas plus que cela mais l’idée, si elle est alléchante me semble assez dangereuse pour la tenue du mystère…

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mediathequeDepuis qu’il a posé sa marque lors de la légendaire bataille de Drakhenor, le roi Cyrus souverain d’Angleon fait régner la loi sur les mers et attire un respect craintif des quatre autres territoires. Mais son règne s’achève et l’héritier au trône affiche déjà ses ambitions guerrières. Or la Cour est un lieu complexe où les ambitions fomentent complots et trahisons avant que le roi n’ait rendu son dernier souffle…

Les 5 terres #1, la critique | une Case en plusLes cinq Terres est typique des séries à côté desquelles je passe en raison du battage médiatique fait à sa sortie. Le sentiment d’une lecture obligatoire a le don de me hérisser et le schéma transposant Game of Thrones chez les félins ne m’était alors pas paru particulièrement original… Et bien me voilà obligé de reconnaître ma terrible erreur tant ce démarrage m’a happé presque autant que la dite série HBO! Question originalité on a vu mieux en effet, mais certains ont dit cela de Servitude, qui est pour moi la meilleurs saga en BD depuis dix ans (et qui vient de s’achever) qui a su apporter son lot de création à un canevas que certains remontent aux Rois maudits de Druon.

Autre révision de mon jugement, le fait de proposer des personnages d’animaux anthropomorphes n’est aucunement une aliénation disneyenne mais bien une façon de faciliter la compréhension des caractères des personnages, sur le modèle qui a terriblement fonctionné chez Blacksad. Dans un monde complexe aux personnalités creusées, une BD ne peut décrire assez finement les tourments et personnalité des protagonistes et c’est là que le dessin prend brillamment le relais en jouant sur les expression que le monde de l’Animation nous a habitué à apprécier et en proposant différents animaux dont la seule apparence suffit à indiquer le tempérament. Le travail sur les costumes, coiffures et pelages est magnifique même s’il faut au début s’habituer à voir des tigres permanentés… La colorisation est vraiment superbe et subtile alors que le travail sur les regards, surprenant puisque là-encore repris aux regards particuliers de chaque espèces, est très efficace pour nous faire passer émotions et menaces!

Les 5 terres #1, la critique | une Case en plusSur le plan de l’intrigue, on est pris de la première à la dernière page par une atmosphère totalement fidèle à GOT avec ses ministres, nobles et assassins se croisant dans les couloirs d’un palais magnifique qui n’a que l’apparence de la bienséance. La galerie de personnages est importante, les interactions politiques et familiales complexes, aussi le format adopté ne paraît pas du tout disproportionné pour développer une intrigue sérieuse. Comme dans le modèle, les coups de théâtre sont légion, risquant de perdre leur force puisque prévus pour être systématiques à chaque album… a moins que les scénaristes, machiavéliques, manipulent le lecteur en le poussant vers des certitudes pour mieux le tromper! Diantre, que cela donne envie!

Pour ce démarrage je suis absolument conquis, si bien qu’ayant commencé la série en médiathèque je vais de ce pas acquérir les volumes parus! Le risque est réel de se contenter d’un copier-coller de Game of Thrones. Aussi réussie soit-elle, l’adaptation exige de la nouveauté pour tenir sur la durée. C’est la principale interrogation que je poserais, sans bouder son plaisir, un plaisir BD immédiat et plein.

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