C'est lundi...

C’est lundi, que lisez-vous? #10

C’est les vacances, lectures plaisir et je prends le temps de replonger dans la biblio d’auteurs que j’aime…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?

 Couverture de Xoco - Intégrale cycle 1 - Tomes 1 à 2couv-ira-dei-hd9782344027554-g

 Couverture de Wallman -3- Tome 3couv_257475Couverture de Bob Morane - Renaissance -1- Les Terres Rares

Couverture de Bob Morane - Renaissance -2- Le village qui n'existait pasCouverture de City Hall -5- Tome 5

Terminé le Wallman de Boichi qui est excellent, des lectures de la bibliothèque (dont deux séries que je suis et que j’ai chroniqué sur le blog) et deux nouveautés: Dragonball super et Ira Dei du duo Toulhoat/Brugeas.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment?

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Couverture de Red Skin -1- Welcome to AmericaCouverture de Red Skin -2- JackyUne bible - édition de luxe

Couverture de Le singe de Hartlepool - Le Singe de Hartlepool

Replay sur Sambre, une série de Dorison qui me tentait bien à sa sortie (fortement inspirée du design de Libery Meadows de Frank Cho), et un livre illustré par Rebecca Dautremer chez Gauthier Languerau (deux gages de qualité…) et qui me permet de parler un peu d’illustration hors BD. Enfin je fais mon retard sur la biblio de Lupano avec le multiaclamé Singe de Hartlepool que je n’ai toujours pas lu…

3. Que vais-je lire ensuite ?

la-quete-de-l-oiseau-du-temps-avant-la-quete-05-l-ordre-du-s9782749308487-lCouverture de Angel Wings -1- Burma Banshees

Couverture de Angel Wings -2- Black WidowCouverture de Angel Wings -3- Objectif BroadwayCouverture de City Hall -6- Tome 6

Deux nouveautés et la dernière série de Romain Huguault, auteur « aérien » que j’adore même si ce thème sur la guerre du pacifique m’avait moins tenté (récupéré à la bibli). Enfin, le tome 5 de City Hall (excellent!) m’a donné envie de continuer la série.

Et vous, que lisez-vous? Commentez et suggérez, ça m’intéresse!

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BD·La trouvaille du vendredi·Rétro

La trouvaille du vendredi #7

La trouvaille+joaquim


Xocco

BD de Thomas Mosdi et Olivier Ledroit
Vent d’ouest (1994-1995), 2 albums de 54 et 62 pages.

Couverture de Xoco - Intégrale cycle 1 - Tomes 1 à 2J’ai parlé la semaine dernière d’Olivier Ledroit pour son Art-book sur les fées. Une fois n’est pas coutume, je remets le couvert avec l’un de mes albums préférés: le diptyque Xoco. La série a été suivie quelques années plus tard pas un second cycle scénarisé par Mosdi mais illustré par le très moyen Palma (suite donc très dispensable).

New-York, période de la Prohibition. Alors que les gangs s’affrontent pour le contrôle de la ville, des meurtres atrocement sanglants sont perpétrés. La fille d’un antiquaire autrefois assassiné se retrouve au centre d’une poursuite qui va voir s’affronter différentes visions de la réalité et dont d’étranges indiens arrivés de leur Nevada pourraient avoir la clé.

Résultat de recherche d'images pour "xoco ledroit"Paru il y a 24 ans alors que Ledroit venait de clôturer sa participation aux Chroniques de la Lune noire (dont il continuera à réaliser les superbes couvertures jusqu’à aujourd’hui), Xoco lui permettait de partir dans un registre à la fois plus réaliste (des crimes pendant la Prohibition) et collant à son univers noir et gothique en illustrant une histoire fortement inspirée de l’univers de HP Lovecraft. Certainement sa meilleure œuvre (tant graphique que scénaristique), le double album adopte une technique en peinture directe (son premier il me semble) et aux traits beaucoup plus sérieux que ses albums d’Heroïc-Fantasy. Le film Seven, sorti en même temps que le second volume Notre seigneur l’écorché adoptait une esthétique très proche: une ville sombre, poisseuse, humide où la lumière semble fuir. le lien entre les deux ne s’arrête pas là car la mise en scène de la BD est extrêmement cinématographique, avec travelings, zooms et dézooms, textes hors-champ etc. L’esthétique art-déco irradie des décors très fouillés et surtout, Ledroit développe ce qui a fait sa marche de fabrique: la destruction de pages par un savant jeu de cases rompant totalement avec les codes de la narration franco-belge et entièrement fusionnées avec ses nécessités graphiques. L’inspiration vient probablement du Manga puisque même Sin City  de Frank Miller (qui a lui aussi révolutionné la construction des planches) sort à peu près en même temps.

Image associéeThomas Mosdi n’est sans doute pas pour rien dans cette évolution plus cadrée de l’art de Ledroit, puisqu’il avait produit le scénario de la première série de Guillaume Sorel, également très teintée de Lovecraft (l’Ile des morts) et très travaillée en matière de découpage. Toutes les autres BD d’Olivier Ledroit ont le gros défaut d’être basées sur des scénarios de jeu de rôle, sans grande ambition, laissant libre court à la furie des pinceaux de l’illustrateur. Xoco est d’abord une histoire sur le voile des réalités, des démons d’entre les mondes et des pouvoirs des esprits (les chamans navajo). Une histoire solide, à la progression construite et laissant la place aux séquences dialoguées, aux atmosphères (dès l’intérieur de couverture un rapport de police nous immerge dans l’histoire). Probablement que Ledroit s’amuse plus en envoyant des légions de millions de dragons se fracasser sur des murailles titanesques… mais ses albums en pâtissent. Ainsi hormis la fin apocalyptique et très noire, la plus grande partie du récit est une enquête policière relativement classique. Résultat de recherche d'images pour "xoco ledroit"Ça reste sombre, violent, mais c’est de la très bonne BD, de l’excellent scénario: en clair, un film sur papier.

J’hésite souvent à penser qu’Olivier Ledroit gâche son talent et ne choisit pas vraiment les bons scénaristes qui le bousculeront… Sa tentative de scénario sur le très bon Les irradiés (jamais poursuivi faute de succès) m’incite à penser que cela aurait pu l’amener à diversifier ses histoires et sa technique. Il y a plein de raisons de ne pas aimer les BD de Ledroit, malgré des planches objectivement magnifiques… Si vous êtes de ceux-ci, lisez Les deux tomes de Xoco et savourez un artiste ambitieux, travailleur, exigeant. Un chef d’œuvre.

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Graphismes

Fées et amazones

Art-book d’Olivier Ledroit
Glénat (2015), 128 p.

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A l’ouverture de ce blog je m’étais promis de parler d’Art-book et d’illustration. Je n’en ai pas trop eu l’occasion hormis pour mon article sur le designer de Jupiter, le film des Wachowski et quelques billets sur des auteurs, comme Esad Ribic. J’ai eu quelques cadeaux à l’automne et vais enfin pouvoir prendre le temps de présenter des livres d’auteurs que j’aime, dont Olivier Ledroit, un de mes illustrateurs préférés. Ses personnages sont pourtant loin d’être les mieux dessinés du circuit et il garde un style un peu old-school très inspiré du comics. Mais depuis les Chroniques de la Lune noire et ses incroyables couvertures, ce peintre très travailleur a toujours cherché à proposer quelque-chose de radical, innovant, sans se reposer sur ses lauriers. Ses choix et son esthétique gothique parfois extrême ont fait du tort à son image et malheureusement ses BD ont rarement été considérées hors d’un cercle de fans et d’adolescents. Pourtant ses expositions montrent une recherche graphique permanente, à commencer par un art de la destruction de la planche et des cases que j’aime particulièrement et qui a inspiré pas mal d’artistes (dont Ronan Toulhoat) qui atteignent néanmoins rarement son niveau de maîtrise. Sa saga vampirique-gothique Requiem l’a cornérisé par des choix esthétiques discutables. Pourtant il y propose parmi ses plus belles planches, sidérantes de détails, de couleurs, de noirceur.

Résultat de recherche d'images pour "ledroit fees et amazones"Probablement conscient de l’impasse dans laquelle il se trouvait vis a vis du public, il a entrepris un virage vers un graphisme beaucoup plus lumineux avec Wika, dont deux tomes sont parus (le troisième ne devrait plus tarder): série médiévale-fantastique, proche de l’univers visuel des Chroniques, mais qui a permis à Ledroit d’axer son travail sur la thématique des fées (sujet sur lequel il a toujours fait beaucoup d’illustrations et sur lequel il a produit un gros art-book). Le livre que je présente ici est issu de ce nouveau thème sur lequel il travaille visiblement depuis pas mal d’années (un certain nombre d’illustrations sont datées de 2010).

La fabrication est très sérieuse: ouvrage grand format avec jaquette plastifiée détachable (la couverture elle-même ne comporte aucune illustration). Le papier est de qualité et les impressions lumineuses. Ce livre est issu d’une exposition sur le thème des fées dans l’univers de Wika.

Résultat de recherche d'images pour "ledroit fees et amazones"L’ouvrage prend la forme d’une sorte de carnet de voyage dans un XIX° siècle uchronique où après la découverte de l’Aether le monde des fées a fusionné avec le monde humain pour donner naissance à une civilisation steampunk où des créatures magiques sont omniprésentes. Plusieurs parties thématiques proposent de visiter Londres, New-York, Paris, Tokyo,… au travers de magnifiques pin-up-féériques. Il s’agit essentiellement pour Ledroit de variations sur le thème de la très pulpeuse fée, tantôt dotée d’ailes mécaniques (voir à vapeur), tantôt naturelles. Le travail des costumes et étoffes est formidable et certaines illustrations très poussées à la peinture sont véritablement magnifiques. Quelques erreurs d’édition (…pas forcément évitables) à regretter, comme cette magnifique peinture sur deux pages où la couture du livre arrive en pleine face… Un certain nombre d’illustrations ne sont pas colorisées ou ressemblent plus à des crayonnés poussés, ce qui me fait dire que l’on est plus dans le recueil d’illustrations sur une thématiques que dans un livre conçu par Ledroit à l’origine. On aurait aimé que toutes les images soient aussi abouties que les doubles pages: les albums de l’auteur sont parfois plus fouillés que certaines illustrations de ce art-book. Étant donné le prix relativement modeste pour un art-book on acceptera cela mais je reconnais que l’ouvrage entraîne une petite frustration.

Résultat de recherche d'images pour "ledroit fees et amazones"Son grand intérêt reste cependant la cohérence thématique et surtout la technique récente de Ledroit d’utiliser des dentelles et pièces métalliques peintes en doré ou argenté qu’il colle sur ses illustrations. Cela a déjà été vu que les albums de Wika et donne un cachet très particulier, physique aux impressions. Il effectue également des collages de papiers différents. Je ne suis pas totalement convaincu de l’intérêt de cet effet patchwork, mais bon, cela participe d’un tout. Fées et amazones est à ranger dans la catégorie des « petits » art-book destiné à fructifier sur l’imaginaire développé autour de la série BD Wika. Pour un regard plus général sur l’art de Ledroit depuis ses débuts on préférera ses ouvrages chez Daniel Maghen.

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BD·Nouveau !

Le loup blanc

BD de Julien Blondel, Robin Recht et Julien Tello
Glénat (2017), 64p. Série Elric: 3 volumes parus (sur 4)
9782723487061-l

L’éditeur a fait un joli travail avec un cahier graphique décrivant le processus de création en fin d’album, une galerie d’illustrations d’Elric par différents auteurs et une préface désormais rituelle d’un des papes de la littérature geek (Neil Gaiman ce coup-ci). La couverture est bien plus réussie que sur le tome 2. L’indication du nombre de volumes sur le premier cycle (en quatrième de couverture) est louable.

Pas très fan des trucs de métalleux et gothiques je n’ai jamais lu leur bible, la saga de Michael Moorcock sur l’albinos et son épée buveuse d’âmes Stormbringer,  même si la réputation de cette œuvre m’intriguait, notamment dans le milieu rôliste (Julien Blondel a commencé comme auteur de jeux de rôle, comme le scénariste de Servitude…). En revanche la dark fantasy me plaît par son côté graphique, via l’univers de Frazetta principalement (qu’on retrouve chez Esad Ribic), Conan et le travail graphique d‘Alberto Varanda sur le jeu de rôle Bloodlust que je pratiquais quand j’étais plus jeune. En voyant arriver cette adaptation auréolée de la préface de l’auteur original et d’Alan Moore (sur le t2), étant grand admirateur du travail de Robin Recht et Jean Bastide je me suis laissé tenter.

planchea_309200Premier constat: c’est sombre, gothique, violent, barbare. Les trois volumes (sur les 4 du premier cycle) sont relativement différents. Le premier est clairement le plus impressionnant, par la puissance des planches portées par Bastide (qui n’officie malheureusement que comme coloriste sur les suivants), par la radicalité des scènes de sexe, de torture, de combat, par les pleines pages, le découpage, les décors, bref, on en prend plein la vue. L’œuvre et l’univers de Moorcock sont assumés sans aucune autocensure et c’est ce qui plait. Un univers païen, mélange du fruste minéral et de la flamboyance des architectures et des costumes orientaux. On retrouve le côté épique, foisonnant, gigantesque qu’Olivier Ledroit avait apporté aux premiers Chroniques de la Lune noire. Le second tome est en deçà, tant au niveau graphique que scénaristique. La quête d’Elric assisté d’élémentaires pour retrouver son impératrice Cymoril est assez linéaire. La violence reste présente (la scène du village est assez trash) ainsi que les démons. Mais le changement de dessinateur principal se ressent et le tout manque quelque peu d’inspiration.

elric20320104.jpgLe Loup blanc marque une certains pause dans la virulence de la série. Elric est exilé dans les jeunes royaumes avec sa seule arme-dieu. Il va entamer une amitié avec un prince-marchand et accepter la mission d’une princesse souhaitant se rendre dans un autre plan de réalité lié à Elric et à sa généalogie. Les explications sur le passé de Melniboné alimentent la narration générale mais le tout reste assez sage. Les décors hivernaux sont très beaux et maîtrisés, les rues et plans larges de la cité sont très détaillés et inspirant. Les costumes sont toujours aussi travaillés et l’on sent que l’équipe s’est régalée visuellement sur ces éléments de décors. Niveau graphique on reste dans l’école Lauffray et c’est plus qu’honnête, avec quelques fulgurances sur certaines pages. La perte de Bastide est indéniable mais le niveau est maintenu par une méthode de travail collectif expliqué dans les annexes très intéressantes. Elric fait partie des quelques rares séries à parvenir à maintenir une homogénéité graphique malgré la multiplication des dessinateurs (comme Avant la Quête) et c’est louable. Niveau intrigue on revient à de l’assez classique en héroïc-fantasy, l’ambiguïté du personnage, de son épée et de sa relation avec le démon Arioch ne survenant que sur les toutes dernières cases de ce troisième tome. On reste dans de la très bonne fantasy mais j’espère que le quatrième opus renouera avec la radicalité et la grandiloquence du premier.

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Comics·East & West·Nouveau !·Service Presse

Corpus Monstrum

East and west

Comic de Gary Gianni
Mosquito (2017), 124p. n&b, Dark Horse (US, 1996-2017 )

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Gary Gianni est un illustrateur « classique »: formé aux Beaux-arts, il a officié comme illustrateur de littérature d’aventure et fantastique (Jules Verne, ouvrages de Robert E. Howard,…) mais aussi sur pas mal de couvertures de Comics et de comics eux-même (Prince Valiant, Indiana Jones, ou encore Batman, que l’on peut trouver dans le recueil Black & White édité chez Urban).

L’éditeur Mosquito propose dans son Corpus Monstrum un recueil d’histoires des Monstermen, duo de chasseurs de spectres dont les aventures sont parues dans des épisodes spéciaux de Hellboy (Gianni et Mignola sont proches). Dark Horse a d’ailleurs sorti en juillet dernier aux Etats-Unis un album reprenant les aventures des Monstermen et d’autres histoires de fantômes, assorti d’une intéressante introduction. Il est dommage que Mosquito n’ait pas proposé d’éléments biographiques ou bibliographiques à l’instar de l’éditeur américain, permettant de comprendre le travail de Gianni. On remercie néanmoins l’éditeur isérois de proposer ainsi régulièrement des auteurs non traduits dans notre pays, avec toujours une ligne qui correspond bien à celle de ce blog: le graphisme.

corpus-monstrum2L’ouvrage propose donc cinq histoires de Gianni dans la plus pure tradition des « short ghost stories » américaines (type Tales from the crypt). Dès la première page la maîtrise technique  de l’illustrateur apparaît, mais aussi son univers baroque empruntant autant aux mythologies européennes qu’aux auteurs de de littérature fantastique américains (Poe, Lovecraft). Le style s’inspire beaucoup de la gravure et notamment de Gustave Doré, mais aussi par moment de l’Art déco. La précision des arrière-plans (perspectives et anatomies parfaites) contraste avec les premiers-plans en style hachuré. L’illustrateur s’amuse en outre dans des jeux d’image, utilisant des déformations ou par exemple cette pleine page reprenant une vue de haut d’une maison à la Cluedo…

L’ouvrage regroupe cinq histoires:

  • Silencieux comme une tombe (49 pages):gian_4

Une actrice de films d’épouvante disparaît alors qu’un démon est invoqué et sème la pagaille en ville. Le chasseur de fantômes Benedict et son acolyte St. George le cinéaste apparaissent pour la première fois ainsi que l’esprit grandiloquent de la série: le paquebot planté par la proue, le casque de Benedict,… La création artistique n’est jamais loin chez les Monstermen qui naviguent entre studio de cinéma et actrices du cinéma muet. Le déroulement est échevelé, plein d’action, sans queue ni tête mais permet à Gianni de se faire plaisir et nous avec.

  • Autopsie en si bémol (18 pages):

Cette fois Lawrence St George raconte ses mésaventures avec une bande de pirates à tête de poulpe. La courte histoire est emplie de références mais j’avoue ne pas avoir tout compris…

  • Un cadeau pour le vilain (12 pages):

Un riche seigneur convoque les Monstermen pour chasser des démons de son manoir. On comprend que les « explorateurs de l’étrange » du Corpus Monstrum (fraternité secrète) interviennent sur demande pour éliminer des spectres.

  • Le crâne et l’homme des neiges (24 pages):3

L’histoire la plus construite et la plus intéressants graphiquement comme scénaristiquement, qui s’ouvre sur ce qui est sans doute la plus belle planche du recueil: une lamasserie perchée sur un piton défiant les lois de la gravité. Le crâne d’un puissant nécromancien est depuis des lustres dans cet endroit reculé. Les Corpus Monstrum vont se rendre sur l’Everest pour le récupérer et y rencontreront le Yéti…

  • O pécheur, tombés bien bas (12 pages):

L’infâme Crulk (déjà vu dans la première séquence) tente d’attirer Benedict dans un piège dans les tréfonds de la terre.

corpusmonstrum-119Globalement s’agissant de « short stories » l’intrigue n’est que secondaire et souvent tarabiscotée. Ce qui intéresse l’auteur c’est de proposer des galeries monstrueuses, des illustrations fantastiques, d’illustrer le monde des fantômes. Entre surréalisme pour les jeux d’optique et de découpage de cases (qu’on peut trouver chez Ledroit par moment) et pandémonium médiéval à la Giotto. Les corps sont tordus, les lieux sont immenses (la lamasserie, le paquebot) et l’auteur n’oublie pas de convier des figures connues telles que l’abominable homme des neiges, le père noël ou la créature de Frankenstein. Corpus monstrum est une sorte de grand fantasme d’aventure, fantastique et surréaliste d’un maître de l’illustration à l’ancienne.

 

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Pour prolonger, la caverne de Batsi a fait un billet sur un auteur proche de Gianni, Bernie Wrightson.