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Sushi et Baggles #5

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Lazarus #5:

Couverture de Lazarus -5- Génocide programméL’intervention de Forever dans la guerre a été décisive mais a entraîné son incapacité à être déployée sur d’autres opérations et surtout a provoqué une rupture psychologique suite à l’arrêt des prises des drogues qui la conditionnaient. Alors que Johanna dirige les opérations d’une main de fer, l’équilibre entre les familles est bouleversé par la destruction de certaines et l’utilisation des lazares des alliés de Carlyle dans la guerre.

On sent qu’un cycle s’achève et que la nouvelles situation mise en place au cours de ces cinq volumes permettra de développer la suite avec des personnages plus stables. Ce que je reprochais en début de série est donc partiellement résolu et ce monde en guerre est plus passionnant que jamais avec des interactions inter et intra familiales, le chaos psychologique du personnage principal et cette SF d’anticipation tout à fait géniale. Le parallèle avec Game of Thrones est plus pertinent que jamais, ces séries incarnant notre époque au pessimiste très ancré. La suite mettra-t’elle un peu de légèreté dans l’intrigue? Rien n’est moins sur vue la conclusion barbare de ce tome…

 

Ajin #12:

Ajin : Semi-Humain -12- Tome 12Ajin est définitivement l’héritier de la série mythique Akira (et publié chez le même éditeur au japon comme en France). Les influences sont nombreuses tant dans le dessin de Gamon Sakuraï, d’une précision et d’une nervosité directement issues du dessin d’Otomo que dans les thématiques et la vision très moderne d’un conflit géopolitique faisant du Japon le centre d’une crise majeure. Ce qui fait la puissance d’Ajin c’est sa radicalité, son ambition: Sakuraï dépeint rien de moins que la plus grosse attaque terroriste de l’histoire, une véritable guerre intérieure menée par l’un des méchants les plus réussis de l’histoire de la BD en la personne de Sato qui vise à bouleverser les relations entre humains et Ajin (thème des X-men…). Ce machiavélique bonhomme semble inarrêtable et l’auteur rivalise d’ingéniosité en exploitant la rupture scientifique apportée par l’apparition des Ajin pour livrer des séquences d’action et de suspens rarement vues en BD! Chaque tome s’enchaîne à une vitesse frustrante en étant autant un plaisir visuel que cérébral. Ce douzième volume (la publication française suit de très près la publication japonaise) poursuit la sidérante attaque de la base militaire par Sato et l’on jubile à chaque action de ce génie du crime. L’intrigue avance peu mais quel plaisir! Ajin est une série obligatoire pour tout amateur de Manga, tout simplement.

 

Eternity:

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La trilogie Divinity était un objet scénaristique fascinant, plaçant dans un cadre classique de superhéros et de création d’une mythologie des thématiques passionnantes que sont la création (du scénariste, du Divinity), le livre, le temps. Eternity, qui est la suite directe, propose une prolongation et une ouverture: aux confins de l’univers, l’Observateur gardien de l’équilibre du temps a été assassiné. L’univers court à sa perte. Dans le même temps l’enfant de Divinity et Myshka a été enlevé, obligeant le couple divin à se lancer à sa poursuite, découvrant des mondes colorés aux lois nouvelles, aux gardiens les questionnant sur leur rôle et leurs pouvoirs infinis. Si Divinity abordait la question du temps et des réalités, dans Eternity les auteurs se font plaisir à développer des mondes fantasmagoriques permettant une liberté créative totale (avec quelques idées un peu old school tout de même…), tout en restant au service d’une idée maîtresse exigeante. Il achève la réflexion lancée précédemment, sur la création (l’enfant, déjà), sur la liberté de l’individu dans un univers codifié et réglementé (l’observateur) et sur le rôle de la lecture dans l’imaginaire d’Abram, le héros divin, sage, que seul sa conscience et son imagination (son enfance passée dans les livres de science fiction comme écho au scénariste Matt Kindt) permettent d’orienter sur un chemin vertueux ou mortel.

Eternity est un magnifique album one-shot, introduit par un superbe prologue de Renato Guedes (vu sur X-O  Manowar #2) permettant de se dispenser de la lecture de Divinity, puis dessiné par l’excellent et très organique Trevor Hairsine. Un ouvrage à part, intelligent qui fait s’interroger sur l’idée de création artistique.

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Sushi et Baggles #4

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Dr Stone #3

couv_344015Déjà le troisième tome de cette série très joliment dessinée par un Boichi en mode kawai qui semble se retenir pour ne pas dépoiler ses personnages féminins… On sent de plus en plus l’influence du jeu vidéo et ce tome plus qu’un autre reprend le fonctionnement des jeux de gestion avec l’acquisition de compétences et de niveaux progressifs pour la civilisation scientifique: d’abord l’age de pierre, puis du fer, puis du feu et enfin de l’électricité… Ce volume est centré sur la découverte par le héros du village de la jeune fille rencontrée au tome 2 et peuplé de natifs de l’après pétrification. L’humour et l’intérêt pédagogique retombent un peu par manque de révélations. On se rend compte que si le concept des découvertes scientifiques expliquées comme dans un Sciences et vie est sympa, il ne suffira pas à tenir en éveil le lecteur pendant des dizaines de volumes. A la vitesse à laquelle Senku avance dans l’histoire des sciences on commence à saisir que l’objet du manga n’est finalement pas la survie dans la nature mais plutôt la confrontation de deux civilisations surgies ex-nihilo, du world-building en manga. Il faudrait que ça rebondisse assez vite derrière sinon je risque de me lasser.

 

Couverture de Ninjak -1A- L'ArmurerieNinjak #1&#2:

Première relative déception depuis que j’ai commencé à lire des comics Valiant! Alors que Ninjak est un personnage central de l’univers partagé, très charismatique (une sorte de Batman moins perturbé et beaucoup plus fort physiquement), cette série est assez mineure pour son début, avec cette histoire d’infiltration d’une multinationale du crime dirigée par des super-assassins freaks. Les séquences d’infiltration sont très chouettes et l’univers des super-espions fun. On aurait pourtant aimé une origin story et l’on doit se contenter d’une avancée très progressive et décousue de la formation du héros entrecoupée de combats enCouverture de Ninjak -2- La Guerre des ombres mode boss de fin de niveau et parfois un peu WTF. Le dessin est inégal, entre les très bons Segovia et Man et les dessins médiocres de Juan José Ryp qui tranchent avec une certains classe à la James Bond qui sied au personnage. Les deux autres volumes permettront peut-être de rehausser l’intérêt, mais pour un début, sans être mauvaise, cette BD est assez dispensable. Dommage, j’espère que le reboot que Bliss sort en avril prochain sera plus ambitieux.

 

Lazarus #3: Conclave

couv_258057Le terrible chef de famille Hock a mis la main sur Jonah, le frère de Forever et traître à la famille Carlyle. Un Conclave, réunion judiciaire de toutes les familles, est réuni pour trouver une solution au problème de cette détention. Enfermés sur une luxueuse plateforme en mer, Carlyle et Hock manigancent pour éliminer l’autre en usant de toutes les manipulations techniques ou d’allégeance des autres clans. Alors que Forever retrouve dans les autres Lazares des proches, la question de son appartenance réelle à la famille Carlyle revient sur la scène…

Cette série perturbe un peu par ses changements brutaux d’environnement, tantôt les déchets, ici le gratin des familles, Forever restant le seul fil conducteur. Ce personnage impitoyable, fort et dans le doute est touchant et très bien construit, comme tous les personnages du reste. Ce volume est le plus intéressant depuis le début de ma lecture, à la fois graphiquement et thématiquement. Encore une fois on s’accroche devant les dessins en essayent de trouver de la précision dans les visages… Encore plus frustrant quand on voit les très jolies couvertures originales. Bref… Quand je découvre qu’une série TV est en préparation chez Amazon mon sang ne fait qu’un tour et j’imagine déjà dans cette future série le successeur à Game of Thrones!

Lazarus #4:

couv_276885Même constat que précédemment avec la mauvaise idée de casser à chaque début volume les très bons cliffhangers du précédent avec une rupture chronologique ou géographique complète. Du coup on mets quelques dizaines de pages à se raccrocher, le trait particulier n’aidant pas à repérer les personnages. Après un prologue intriguant on découvre un monde où la guerre déclarée entre Hock et Carlyle fait rage. Ce tome est un concentré d’action puisque Forever est plongée en pleine zone de guerre et va pouvoir faire parler ses incroyables talents guerriers. Je découvre que la série (ou plutôt le premier cycle) s’arrête dès le tome 5 alors que l’on commence juste à entrer dans le feu de l’action… Ce tome est néanmoins l’un des plus réussi depuis le démarrage.

*·**·****·Comics·East & West·Manga·Rapidos

Sushi et Baggles #3

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  • Radiant #10

Ce dixième volume clôture l’arc des chevaliers-sorciers qui a un peu déporté l’intrigue des Nemesis vers l’affrontement Nature/sciences entre le royaume de Cyfandir des chevaliers-sorciers et les barons-marchands alliés à l’Inquisition. On a donc droit à un épisode séparé entre la fin de la guerre par l’intervention de Merlin et le début d’un nouvel arc qui voit l’équipe du héros retourner à l’Académie Artémis. L’arc des chevaliers-sorciers avait un peu perdu l’humour de la série pour de l’action grand format et des manigances politiques. On retrouve Seth et ses remarques à la con une fois retourné sur la cité des sorciers. On sent que l’univers est vaste et que l’on vient tout juste de le découvrir. L’Anime juste diffusé aidant on imagine que l’on en a encore pour des dizaines de tomes à rechercher le Radiant et c(‘est tant mieux tant Tony Valente parvient à associer rythme, action, humour et une certaine réflexion écologique et sur l’altérite dans ce manga référence.


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  • Ether #1

Boone Dias est le Sherlock Holmes de l’Ether, le seul humain ayant réussi à pénétrer longuement dans ce monde parallèle où les lois scientifiques semblent remplacées par la magie. Esprit profondément cartésien, ce scientifique de renom considère que même dans l’Ether tout trouve une explication rationnelle! Lorsqu’on le convoque pour découvrir le coupable de l’assassinat de la Flamme d’or, la mythique héroïne défenseuse de la loi et de l’ordre de ce monde, il commence une enquête qui impliquera sa vie privée et questionnera les sacrifices auxquels il a consenti pour pouvoir devenir un cartographe de l’Ether.

Excellente variation sur Sherlock Holmes que cette nouvelle série dont le premier attrait est l’imagination débridée et délirante des auteurs pour créer ce monde magique. Malheureusement le dessin (qui fait penser à celui de Benjamin Blackstone) n’est pas au rendez-vous et ne facilite pas l’immersion du lecteur. La construction est également assez sophistiquée, nous immergeant dès la première page dans une intrigue déjà en place avec plusieurs flash-back qui nous racontent la rencontre entre Boone Dias et ce nouveau monde. Si vous accrochez aux dessins vous passerez un excellent moment qui vous donnera envie de prolonger l’aventure de cette enquête ésotérique. Si ce n’est pas le cas vous risquez de vous contenter de ce moment rafraîchissant à la croisée entre Hellblazer et Black Science.


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  • Sheriff of Babylon

Attention, one-shot touffu! Tant par un dessin au couteau qui joue énormément (trop?) sur la saleté et la surimpression de textures que par une intrigue que le scénariste fait tout pour faire avancer trèèèès lentement, cette intrigue ethno-géopolitique se mérite. Un peu à la manière d’un Black Monday Murders il faut faire ses preuves pour mériter cette lecture! La connaissance du terrain par l’auteur (ex agent de la CIA) se ressent, trop sans doute, en l’empêchant de décoller sur un scénario simple, accaparé qu’il est à faire ressentir la complexité locale, la chaleur, et à sortir des clichés américains. Sur ce plan l’album est une réussite – qui n’est plus si rare dans le milieu du comics Indé. L’organisation autour des trois personnages typés aurait dû aider le lecteur à suivre le récit mais la déconstruction et le côté tardif du sens de tout cela retarde d’autant l’immersion dans un album que l’on lit un peu trop extérieur pour vraiment l’apprécier. C’est dommage car ces personnages sont réellement intéressant et le héros, que l’on voit trop peu, est très réussi en faux candide au pays de Saddam. Une seconde lecture aidera sans doute à reprendre les bases pour peu que le dessin (très différent de la magnifique couverture malheureusement…) vous en donne envie. Dommage, la réalité d’une occupation de cowboys violents dans un pays dévasté par les tensions entre groupes est très intéressante. Dans le genre le Green Zone de Peter Greengrass, plus politique mais plus lisible, arrive à transcrire cette ambiance sans perdre le spectateur. Un album bien surévalué à mon goût.

Manga

Sushi et Baggles #2

  • Dr Stone #1

couv_327863J’ai découvert le très grand dessinateur Boichi sur Sun-ken Rock puis sur Wallman. Sa nouvelle série l’associe à un scénariste dans une sorte d’utopie philosophique: plusieurs milliers d’années dans le futur, après que la Terre ait été rendue à la nature suite à la pétrification soudaine des humains et d’une partie des animaux, un groupe de jeunes gens revient à la conscience et mets en oeuvre le retour à la civilisation…

Très bon démarrage pour une série écologique où assez rapidement après l’apocalypse  (version très originale que cette pétrification générale) se mettre en place différentes visions de ce que devra être la nouvelle humanité, associant le personnage principal (une sorte d’Einstein du futur), une force de la nature et un combattant hors paire. L’originalité du manga, outre le fait d’aborder des scènes culinaires (comme dans tous les Boichi) est son côté pédagogique et scientifique avec plein d’explications de réactions chimiques, de fonctionnement des inventions, bref de toute la science mise en oeuvre pour recréer outils et matériaux. Un premier tome qui donne bien envie d’enchaîner!


  • Dr Stone #2

couv_338001L’aventure continue avec l’affrontement entre deux projets de civilisation, entre celle de la science et celle utopique d’un grand timonier dirigeant par la force. On découvre l’existence d’autres humains réveillés pendant que Senku projette de contrer la puissance brute de Tsukasa grâce à l’invention de la poudre à canon… Le projet de ce manga se structure autour de cette dualité intéressante de recréation de l’humanité sur de nouvelles bases. Le tout reste fortement axé autour des sciences pendant que Boichi nous régale de son trait toujours aussi élégant et de l’humour omniprésent. Manga qui ne m’intéressant pas spécialement au départ je trouve pour le moment que c’est plus construit et solide que Sun-Ken Rock, en restant un manga assez familial qui peut être lu assez tôt mais intéressera surtout les pré-ado je pense.


  • Lazarus #1:

couv_239447Beaucoup entendu parler de cette série du scénariste tendance Greg Rucka, du coup je me lance: dystopie absolue où le monde est régi par des grandes familles à la tête de multinationales, qui font la loi, la police, la guerre, bref, dirigent le monde en un système proche de la féodalité. Les humains sont répartis en trois classes: les familiers (la famille élargie), les serfs, travaillant pour la Famille, et les déchets qui sont considérés comme inutiles. Ce monde est absolument terrible et le scénariste nous fait suivre les pas du Lazare de la famille Carlyle, Forever, machine de guerre invincible formée dès son plus jeune age pour assurer la sécurité de la famille. Impitoyable, elle est néanmoins humaine et s’interroge sur sa place dans la famille et sur l’amour supposé de ce père génétique, le patriarche de la Famille qui entretien une relations ambiguë avec elle.

Si les dessins sont assez difficiles pour moi (style américain fait de numérique très noir et pas toujours précis (style que pouvait avoir Bec à une époque et qui allie photoréalisme et aspect très froid), je reconnais que ce monde sorti des cauchemars de Renato Jones est passionnant en même temps que terriblement dur. On part sur un format long dans le style des séries US et l’histoire (très axée sur la psychologie des personnages) et l’univers justifient de poursuivre la lecture.


  • Lazarus #2:

couv_250056Ce second tome intercale l’enfance de Forever faite d’entrainement très intense et d’amour filial avec son maître de combat et le projet d’attentat d’un groupe de déchets. On sort un peu de l’univers des Familles pour découvrir comment vivent (ou pas) les humains dans ce monde sauvage. La structure du récit et de la rupture attendue se mets en place, nous faisant comprendre progressivement que toute rébellion est vouée à l’échec. Hormis si un Lazare décide de rompre le ban… Vraiment dommage qu’un artiste plus esthétique ne soit pas aux dessins, la lecture donne vraiment très envie d’une adaptation ciné à laquelle cette histoire se prête absolument.

 


  • Beauty #1:

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Excellent pitch très original que celui de Beauty! Dans un futur proche un virus sexuellement transmissible contamine une bonne partie de la population, provoquant un effet étonnant: les corps rajeunissent, les traits s’affinent… les malades deviennent beaux! Dans ce contexte, un duo de flics de la section spéciale de la police chargée des affaires autour du Beauty enquête sur des décès par combustion spontanée de malades. Très vite ils constatent une conspiration au plus haut niveau, alors que leu vie privée se retrouve perturbée…

Ce premier tome est vraiment bon, alliant enquête de police, conspiration politico-pharmaceutique et action débridée. Graphiquement c’est très correcte même si la colorisation informatique classique de beaucoup de comics aplatit un peu la qualité du trait. Au-delà de l’intrigue efficace j’aime beaucoup ce qu’apportent les différents effets indésirables du Beauty sur la psychologie des personnages et sur les ambitions personnelles. Série à suivre.